I got your love letters, corrected your grammar and sent them back. | Anastasia & Rhil
MessageSujet: (#) I got your love letters, corrected your grammar and sent them back. | Anastasia & Rhil     Mar 16 Jan - 22:34
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La cabine était plongée dans la pénombre, et il n’y avait pas un bruit dans la petite pièce. A voir la forme endormie dans le lit, l’état chaotique des draps, l’heure indécente, il était facile d’imaginer que le calme durerait jusqu’à leurs prises de fonction, au matin. La seule ombre au tableau, était le point rougeoyant qui faisait des allées et venues entre les lèvres de Rhil et le plan de travail installé contre le mur – la fumée de la cigarette faisait des volutes au-dessus du rétro-éclairage de l’interface qu’il étudiait, bien qu’il tente inconsciemment de tenir la cigarette et son odeur la plus éloignée possible du lit et de sa compagne. L’obligeant à certaines cabrioles et contorsions, puisque vêtu d’un bas de jogging, Rhil était installé à sa table, panneau transparent sur les genoux et jambes relevés sur le siège, consultant les dernières données de ses capteurs, vérifiant certains calculs, tranquillement, sans un frisson ni un bâillement.
Bien éveillé.

Il aimait travailler de nuit, et la présence d’Anastasia ne le troublait pas, déjà oubliée, depuis longtemps oubliée. Il y avait des choses que l’attention et la tendresse, le plaisir et l’illusion d’être aimé ne peuvent supplanter. Le travail, par exemple. La myriade d’étoiles autour d’eux, les astéroïdes à étudier, l’audacieux vide stellaire à décrypter, le besoin d’énergie insatiable d’une flotte lancée dans la galaxie. Les galaxies se déplaçaient de 700km/s dans l’univers, et l’esprit de Rhil souhaitait les suivre toutes. A un moment, rapide, l’odeur de sa peau, contre sa joue et la chaleur de son corps contre le sien ne suffisaient plus à apaiser le flot de ses pensées. Cela n’avait jamais suffi, mais il s’y était perdu, il avait espéré assourdi les questionnements de sa pensée sur-excitée, son dévouement pour ses recherches et le besoin vital, viscéral de trouver sa place quelque part, y compris dans les bras d’une amie d’enfance qui en avait autant besoin que lui. Il ne savait pas trop comment l’aimer, Anastasia, pourtant, il tenait à elle, pourtant il la désirait, mais il ne l’aimait pas, pas assez. Pas autant que le reste, et il y a une différence entre être indépendant, et voir leur relation comme accessoire. Il avait réalisé ça il y a plusieurs semaines déjà, et sa distance n’avait fait qu’augmenter, comme le pincement de culpabilité dans sa poitrine. Ce n’était pas assez. Il n’aimait pas se mentir à lui-même, il n’aimait pas mentir à son amie, même pour se consoler l’un l’autre. Il aimerait arriver à croire qu’elle le comble, et qu’il la rend heureuse, mais la solitude est plus pesante depuis qu’ils sont ensembles et il fuit dans le travail, s’immerge dedans jusqu’à l’oublier elle. Volontiers.

Tu ne peux travailler tout le temps, tu ne peux exiger de ton cerveau qu’il se concentre autant sans l’Astre. Sors, aime, vis, trouve-toi une vie – mais cela ne suffisait pas.Tu n’es pas assez. Pas assez pour elle, pour lui, pour toute la flotte. Et il fixait le vide de ses yeux fatigués au lieu de son interface, pensant à ce qui lui restait à découvrir et à sa solitude crasse, à Ithan, au besoin de clarté dans son esprit, et au nœud dans son estomac, à l’impression de ne pas avoir encore assez bossé pour aujourd’hui, lorsqu’il entend Anastasia être tirée du sommeil et l’interpeller. « - Merde. » souffle Rhil à mi-voix, déposant précautionneusement mégot et terminal sur le bureau pour se (re) concentrer sur elle, se tournant vers elle. « - Je t’ai réveillé ? » Encore une fois. Il s’inquiète à voix basse, et l’inquiétude est sincère bien que bicéphale, égoïste de se voir interrompu et qu’elle voudra le ramener au lit près d’elle, et de soucieux de sa nuit à elle, de savoir qu’il l’a encore, réveillée, ce qu’il pourrait voir dans son regard dans la pénombre. Ce n’était pas sa faute à elle, s’il était un mauvais petit-ami, ce n’était jamais censé retomber sur elle, mais oh boy. Il n’avait pas pensé à tout.

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MessageSujet: (#) Re: I got your love letters, corrected your grammar and sent them back. | Anastasia & Rhil     Mer 17 Jan - 15:45
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Ana & Rhil

Elle s’était endormie rapidement Ana, pressée contre le corps de son compagnon, sa tête nichée dans son cou, dans une quête éternelle de réconfort. Inconsciemment, ou peut être pas d’ailleurs, elle ne pouvait s’empêcher de demeurer proche de lui dans l’optique de le conserver à ses côtés. Comme si cette proximité le dissuaderait de se lever au beau milieu de la nuit comme il lui arrivait de plus en plus souvent de le faire. Elle y croit encore, mais de moins en moins. A force elle se lasse, agacée de continuer à espérer, incapable de se remettre en question non plus. C’est pas de sa faute à elle, c’est de sa faute à lui. Mais elle s’accroche encore, désespérément, comme dans l’espoir qu’il finirait par prendre conscience de ses efforts à elle. Elle espérait surtout qu’il se rendrait compte qu’elle méritait mieux que ça. Plus que ça. Mais pour l’heure elle ne s’en soucie pas, trop occupée à rêver, nue sous les draps dans lesquels elle s’est emmitouflée, ne se rendant même pas compte qu’elle pouvait profiter à elle seule de l’ensemble de la couverture. Car, comme d’habitude, cela faisait sûrement longtemps que Rhil s’était dégagé de son étreinte. Elle en prendra conscience tardivement dans la nuit, s’éveillant en douceur d’un sommeil somme toute réparateur, s’agitant légèrement sous les draps. Le bout de ses doigts glissent le long du lit, et c’est dans un léger soupir qu’elle constate qu’ils s’éloignent trop sans jamais se heurter à quoi que ce soit. Aucun corps nu à découvrir dans un toucher délicat. Dommage. Bien que cela ne l’étonne plus. Alors elle se redresse très légèrement, déposant son menton sur ses bras croisés devant elle, la tête tournée vers l’homme qui se trouvait penché sur son bureau à l’autre bout de la petite pièce.

Les prunelles glacées de la milicienne -milicienne putain, elle arrive toujours pas à s’y faire, à ce poste de merde si loin de ses ambitions premières- glissent le long du dos dénudé de Rhil. Elle observe les tatouages, ceux-là même qu’elle appréciait pourtant, des constellations qu’elle avait parcourues inlassablement du bout des doigts dans un sourire amusé. L’amusement avait fini par se dissiper, au fil des semaines, quand elle avait pris conscience du fait que l’astronome avait son métier dans la peau. A tous les niveaux. Et ce dos. Bon dieu elle en avait marre, de ne voir que ça, de passer plus de temps à contempler ses épaules que ses prunelles. Elle aussi, elle aurait aimé les voir ces étoiles, au fond de ses yeux à lui. Mais elle voyait rien. Anastasia en était venu à se dire que c’était ça, une relation. Les autres étaient peut être pas plus heureux, pas plus au clair sur leurs désirs. Pas plus adaptés l’un à l’autre. Elle s’était résignée, puis avait subi la distance plus conséquente encore que l’homme avait imposé et elle avait cessé de se résigner. Elle méritait mieux que ça, et à défaut d’avoir son mot à dire quant à sa carrière, elle l’aurait pour ce qui était de ses relations. « Rhil… » Qu’elle finit par soupirer, sans trop savoir pourquoi elle l’interpellait de la sorte. C’est pas comme si ça changerait grand-chose. Il a beau pivoter rapidement en sa direction, un trait soucieux barrant son faciès, elle sait que le regret qu’il semble éprouver à l’idée de l’avoir réveillée n’est qu’à moitié sincère. Evidemment, il ne désirait pas la priver de son sommeil. Toutefois si c’était à refaire, il recommencerait sans hésiter. Il se montrerait juste plus prudent, au pire.

Quant à savoir s’il était vraiment coupable, s’il l’avait vraiment réveillé, la jeune femme hésite. Elle fut tentée de lui mentir, pendant une bref seconde, comme dans l’espoir que la culpabilité ferait avancer les choses entre eux. Mais elle ne croit pas en ce projet, aussi finit-elle par hausser les épaules. « Non. Pas cette fois. Le reproche est là malgré tout, sous-jacent. Il rappelle que cela arrivait déjà bien souvent, que le travail nocturne de Rhil n’aidait généralement pas. Mais cette fois, ce n’est pas de sa faute. Ça empêche pas Ana de cogiter, de prendre conscience de la situation, du fait que tout ça c’était peut être pas possible dans le fond. Pas sur le long terme. Elle en vient même à se demander comment ils en sont arrivés là de toute façon. Elle a toujours su que son compagnon était un acharné du travail, mais il faut croire que vivre avec un tel homme ce n’était pas pareil que de se contenter de discuter avec lui et de passer quelques soirées en sa compagnie de temps à autre. Ami et amant ce n’était pas pareil. Ami et en couple, ce n’était pas pareil. Ce fut en tout cas après un court instant que la milicienne finit par se redresser doucement dans le lit, s’adossant contre le mur qui se situait derrière, ramenant ses genoux contre sa poitrine, les draps ne masquant que ses jambes. Elle l’observe pendant un instant, puis désigne son terminal déposé sur le bureau d’un signe de tête. J’imagine que tes capteurs n’apportent aucune nouvelle particulière et que tes calculs sont toujours aussi bons ? » C’était comme ça à chaque fois. Il pouvait pas se détacher de son travail mais cela ne lui apportait rien finalement. Tout était fait, il avait plus qu’à attendre, pourtant il ne pouvait pas s’empêcher de suivre l’évolution des choses, alors même qu’il ne pouvait rien y changer et rien analyser dans l’immédiat. Il pourrait tout aussi bien rester planté devant une de ces immenses baies vitrées, afin de contempler l’espace, que ce serait la même chose. Ça la dérangeait pas en soi Ana, mais c’était plus difficile à vivre quand elle passait totalement au second plan. Pourtant elle se trouvait tolérante. Malgré sa rancœur, malgré sa colère, elle concevait que Rhil puisse vouloir profiter d’un travail qui le comblait. Il avait cette chance et si elle avait réussi à ne pas le blâmer pour ça, contrairement à beaucoup d’autres qu’elle jugeait avec agacement sur ce même critère, elle avait de plus en plus de mal avec l’idée qu’il puisse ne jurer que par ça. Merde. N'était-elle pas importante, elle aussi ?

- BLACK PUMPKIN


† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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MessageSujet: (#) Re: I got your love letters, corrected your grammar and sent them back. | Anastasia & Rhil     Dim 21 Jan - 16:22
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Est-ce cela, une relation, un couple ? Attendre que l’autre s’endorme pour reprendre le cours de sa vie ? Attendre qu’il baisse les bras et se rendorme, vous laissant à votre solitude sans plus qu’un frisson ? Rester là par attention envers l’autre, qui ne mérite pas ça ? Etre terrifié de ce que ça sera, lorsque « ça » prendra fin ? Ne plus trouver de joie sincère dans la compagnie de l’autre, serrer les dents, faire des efforts – faire l’effort de voir ce qui les lie encore, leur complicité, plutôt que les sacrifices faits, des deux côtés. Rhil était douloureusement conscient qu’il y avait des efforts faits des deux côtés, mais même cela l’usait. Ce n’était pas censé être comme ça ! Ils n’étaient pas censés se regarder dans le blanc des yeux dans la pénombre, les corps nus, les draps encore chauds… les mâchoires crispées, à jouer sur les mots pour garder un statu quo désagréable et inconscients. Ce n’était pas censé être si triste, si vite. Ce n’est pas quelque chose que les chiffres et les lois du cosmos régulent. Rhil ne sait pas comment se comporter et la douceur de son cœur ne suffit pas, il en est conscient. Il n’a pas les mots, il patauge. Ce qu’il avait avec Elara n’était pas vraiment une relation, tout au plus une amitié câline, et jamais il ne s’était senti ainsi. Le corps en vrac, le coeur qui n’arrive pas à joindre les deux bouts, et les yeux vidés d’étoiles, cernés et fatigués.

Le soupire qui lui échappe, lourd de non-dits et de regrets, de solitude dans le noir qui l’effraye, est sincère et Rhil secoue doucement la tête, baissant les yeux. Ses doigts frottent le rebord du bureau, nerveux. « - Je sais, je suis navré… »  Je ne le referais plus : le mensonge au moins ne passe pas ses lèvres alors qu’il relève les yeux pour rencontrer son regard.  Il avait cru avoir une chance. Cette chance qui fait qu’il regarde Ana avec quelque chose entre la déception et le désespoir – d’eux, de lui. Une chance d’exister en-dehors de son boulot, de vivre dans le monde réel, de prouver qu’il n’était pas défini par la quantité de données qu’il entrait sur Hélios. Qu’il valait quelque chose. Qu’il valait quelque chose dans les yeux de quelqu’un, et qu’il… qu’il existe. Pour de vrai. Mais il s’ennuie. Il n’y a rien de pire que l’on puisse dire à sa petite-amie, si ? Pire qu’un.e autre, pire que j’ai cessé de t’aimer. Tu n’es pas assez. Je ne sais pas si ça, si nous, vaut le coup. Il la regarde, mais il ne la voit pas.

«  Eh bien, en réalité… » Il s’apprête à le faire ; ces longues phrases alambiquées, pleines de mots savants, de théories éprouvées par la flotte, d’équations et de calculs de trajectoires. Le changement qui s’opère en lui alors que son esprit gravite à la frontière de la passion qui bouffe sa vie sentimentale, sa vie réelle, est une transformation flagrante ;  il se redresse inconsciemment, et son visage perd son inquiétude pour se détendre, s’illuminer. L’astronome inspire une bouffée d’air, resserrant l’étreinte de son bras autour de son genou et… abandonne. Il pourrait la corriger, mais ce n’est pas une discussion qu’il a envie d’avoir. Evidemment que ses calculs sont justes. Il ne serait pas rentré à la cabine s’il en avait eu le moindre doute réel.
Il s’efforce de sourire en coin et d’interroger sur le ton de l’humour, presque malicieux. « -Tu préfèrerais que je me sois trompé et qu’on fonce dans un quasar ? » Il ne doit pas le prendre personnellement, qu’Ana semble lui reprocher de bien faire son boulot ( trop bien faire ) et que ses calculs soient justes ( insulte à son intelligence ). Il sourit doucement, la voix basse et douce au possible. Il sait bien qu’elle vit mal son job de milicienne, que peut-être elle lui en veut, jalouse de ce lui ressent pour son job. Rhil essaie de lui remonter le moral, de lui faire oublier son échec, mais au fil des jours il oublie de prendre des gants. Cela le pique dans sa fierté, son reproche sous-jacent, comme si… comme si tout était inutile, ou qu’il aurait mieux faire d’être mauvais à ce qu’il fait. Comme elle, s’immisce la vilaine pensée, et consciemment Rhil la chasse. Il ne le pense pas.  Il ne veut pas être comme ça, il aime beaucoup Anastasia, et elle vaut mieux que lui dans beaucoup de domaines. CQFD ; les relations humaines.

L’astronome se relève de son bureau et se glisse, assis sur le bord du lit.« - Ecoute… » Ses yeux se posent sur elle, et il esquisse un sourire, songeur. C’est égoïste de vouloir la prendre dans ses bras, effleurer la douceur de sa peau, essayer de la ramener près de lui. Comme si cela suffirait à lui faire oublier. C’est égoïste, parce que Rhil sait que cette envie n’a rien avoir avec elle, mais à sa peur à lui, qu’elle claque la porte sur leur liaison et leur amitié, l’oublie et le relègue aux objets trouvés, aux ovnis, aux intellectuels invisibles. Seuls. Il aimerait qu’elle se rendorme, mais il ne veut pas être seul. Rhil se mord l’intérieur de la joue avant d’essayer de l’atteindre, de ses mots et de sa main légère qui se pose sur sa cheville, comme si cela pouvait les réunir, son pouce plissant le drap qui la couvre. « - Je suis désolé babe… Vraiment. Mais c’est important. »  C’est tout ce qu’il a pour sa défense, pour ébrécher ce qu’il voit dans ses yeux, et pour .. ne pas tout à fait s’excuser. C’est important – même si elle ne voit que les révisions inutiles de sa journée, c’est important. Fixer une carte du ciel inachevée ou les baies vitrées des dômes toute la nuit durant est important. Plus qu’elle n’en a l’idée, sans doute, et c’est un spectacle dont Rhil est systématiquement incapable de se lasser. « - Pour moi. » pense-t-il à ajouter avec un temps de retard, une moue désolée. Et tout court.

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MessageSujet: (#) Re: I got your love letters, corrected your grammar and sent them back. | Anastasia & Rhil     Dim 21 Jan - 21:58
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Bien sûr qu’il est désolé. Il l’était à chaque fois. Mais faut croire que sa culpabilité était jamais suffisante pour étouffer son travail. Elle n’était pas suffisante pour lui faire oublier son travail. La gorge nouée par un trop plein d’émotions qu’elle ne voulait pas analyser, la jeune femme ne rétorque pas, se contentant de lorgner le terminal de l’homme qui reposait sur le bureau désormais. Elle imaginait très bien ce qui se trouvait dessus. Certes elle n’avait jamais rien compris aux calculs et aux dessins qu’elle pouvait y trouver, mais elle visualisait très bien la scène malgré tout. Des chiffres, partout, des graphiques aussi qui fluctuent à un rythme trop dérisoire pour que quiconque de normalement constitué n’éprouve le besoin d’y jeter un œil au beau milieu de la nuit. Mais Rhil n’était pas comme tout le monde et si son côté follement passionné avait eu le mérite d’amuser la milicienne fut un temps, cela n’était désormais plus le cas lorsqu’elle était censée tenir la comparaison. Il ne la comparait même pas à une autre femme, il n’allait même pas la tromper avec une autre pour combler le potentiel ennui qu’il pourrait éprouver en sa compagnie. Non. Il l’abandonnait pour des étoiles, des astéroïdes, des…. Des chiffres, bordel. C’était sûrement ça le pire. Elle n’arrivait pas à égaler des calculs. Quelle ironie. Faut croire qu’elle était définitivement nulle, dans tout ce qu’elle entreprenait. Et elle lui en veut, de lui faire ressentir ça. Elle lui en veut de raviver en elle ce sentiment de médiocrité absolue, de lui montrer à quel point elle échouait même sentimentalement parlant. Incapable de conserver à ses côtés son propre compagnon. Elle lui en veut d’ouvrir à nouveau la bouche, pour se justifier quant à ce qui pouvait vraiment apparaître sur son écran. La jeune femme ne voulait pas de ses explications, elle les connaissait par cœur en vérité mais cela n’avait jamais suffi à éteindre le brasier en elle. Elle avait simplement fait des efforts jusque là pour passer outre, se disant que c’était peut être de sa faute après tout. Mais elle est lasse, si bien qu’elle se crispe quand il commence, se détend à peine en le voyant se raviser. Elle espère l’espace d’une seconde qu’il a peut être compris, pour de bon, et que ça ferait évoluer leur relation. Il n’en est rien, bien sûr.

Rhil préfère opter pour une plaisanterie, qui n’a toutefois pas vraiment l’effet escompté. Elle ouvre la bouche Ana, comme pour s’offusquer, pour lui dire qu’elle n’avait pas voulu dire ça. Evidemment qu’elle a pas voulu dire ça. Pas plus qu’elle ne critiquait l’intelligence de son compagnon, admettant volontiers qu’il était doué dans ce qu’il faisait. Trop doué pour elle, sûrement. Mais malgré tout il pouvait pas s’empêcher de guetter, soit en obsessionnel du contrôle soit parce qu’il n’avait rien de mieux à faire. Et cette deuxième option était clairement la pire quand on considérait qu’elle était là, à ses côtés. S’il avait besoin de focaliser son attention sur quelque chose, pourquoi pas sur quelqu’un ? Pourquoi pas sur elle ? Mais finalement la milicienne ne dit rien, détournant légèrement la tête, fixant un point invisible sur le mur d’en face tout en ravalant un grognement agacé. Elle sait plus quoi faire, a la sensation d’être mise au pied du mur. Mais elle a pas envie de mettre des mots sur ce qu’elle ressentait, n’avait pas non plus envie de le blâmer lui, comme elle blâmait tous les autres. Une petite voix, au fond de son crâne, qui lui souffle que si elle avait le malheur de le perdre lui également, alors elle saurait pas vraiment quoi faire ensuite. Muette, plongée dans ses pensées, la milicienne est presque surprise de déceler les froissements des draps et de sentir un poids se rajouter sur le lit. Qu’est ce qu’elle aurait aimé que ce poids ne se volatilise pas au beau milieu de la nuit. Qu’est ce qu’elle aurait aimé le trouver à ses côtés en se réveillant. Elle voudrait lui dire. Elle voudrait lui demander aussi, savoir pourquoi lui ça ne lui suffisait pas. Pourquoi ça ne lui plaisait pas que de se réveiller à ses côtés et de simplement profiter de sa présence, la douceur de sa peau ou toute autre qualité physique ou mentale qu’il pourrait lui trouver. Pourquoi elle ne lui est pas utile, tout comme elle espérait qu’il lui serait utile.

Ecoute. Elle aime pas ce mot. Elle ne l’a jamais aimé. C’est comme si c’était elle le problème, elle la conne qui arrive pas à comprendre ce qu’on se tue à lui expliquer. Ecoutez Donovan, vous n’avez pas les qualités requises pour être légionnaire. Pas assez bien. Pas assez intelligente. Pas assez compréhensive, tolérante. Putain pourtant elle était tout ça. Elle ferme les yeux sur tellement de choses, se contrefout de tellement de choses, comment pouvait-on ensuite lui dire qu’elle n’arrivait pas à comprendre ce qu’éprouvaient les autres ? Elle comprend parfaitement. C’est juste qu’elle en a marre de constater qu’en face, on en a rien à foutre de ses sentiments à elle. Ça dérange pas, de niquer ses rêves, ses illusions, ses espoirs. Ça dérange pas, que de la laisser dormir seule avec ses pensées de merde. Alors pourquoi diable devrait-elle continuer à faire des efforts ? Pourquoi ? ça l’agace, ça la tue. Ça l’empêche pas de lever les yeux en direction de son interlocuteur, prête à encaisser une énième explication qui ne lui conviendrait pas. Elle a la gorge nouée, elle est en colère aussi mais il y a encore quelque chose qui la retient, qui l’empêche de cracher son venin. Parce que c’est pas vraiment de sa faute à lui, parce qu’il mérite pas autant de haine. Juste un peu. Un peu quand il s’excuse et qu’il lui souffle que c’est important. Important pour lui. Et elle le regarde quand il parle, elle l’écoute, elle sent aussi ces doigts qui effleurent une cheville par-dessus les draps. Piètre tentative pour recoller des morceaux sûrement explosés au sol depuis longtemps. Il essaye, même si elle arrive pas à savoir pourquoi il essayait justement. Quel intérêt pour lui, si de toute manière cette relation ne rimait à rien ? Avait-il peur de la perdre malgré tout ? Espérait-il qu’elle serait capable de supporter ses défauts à lui ? De laisser de côté son bien être à elle, déjà largement bousillé, pour demeurer à ses côtés ? Et d’ailleurs… Devait-elle vraiment se sacrifier, pour cet ami d’enfance devenu amant et compagnon ?

Elle cherche une réponse au fond de ses prunelles, au creux de ses lèvres,  gravée sur les constellations qui ornaient sa peau peut être. Elle ne trouve rien, malgré les allers et retours de son regard. Alors elle s’aventure plus avant, ses doigts remontant le long d’un des bras de Rhil, effleurant délicatement sa peau comme pour y chercher des sensations qui arriveraient à l’apaiser. Elle veut lui arracher un frisson, une envie. Quelque chose qui lui ferait peut être oublier le terminal qu’il avait délaissé sur son bureau et qui lui donnerait à elle la sensation fugace de ne pas être si insipide que ça. Les doigts arrivent au cou, effleurent la mâchoire. Le pouce redessine les lèvres, puis l’ensemble remonte jusqu’à la chevelure à laquelle elle s’agrippe en douceur. Elle le fixe un bref instant, baisse les yeux à hauteur de sa bouche, celle là même dont elle finit par s’emparer. Le baiser est langoureux,  elle en profite, avec l’impression que c’était peut être le dernier, tout simplement car elle n’était pas sûre que cela suffise. « Et moi ? Un souffle, contre ses lèvres desquelles elle s’était à peine écartée. Le visage recule encore un peu, suffisamment pour qu’elle puisse ancrer son regard dans le sien. Elle tremble légèrement Ana, des tremblements qu’elle tente d’atténuer en serrant les dents dès lors qu’elle ne parle pas. Je suis pas importante, moi ? » La voix se brise un peu, alors qu’elle aurait voulu la conserver forte jusqu’au bout. Une voix assurée, comme pour être une vile tentatrice, plus désirable que n’importe quel calcul à la noix. Mais elle y arrive pas, bouffée par ses émotions. N’était-elle pas importante, elle aussi ? Elle avait toujours eu l’impression de l’être en tant qu’amie, suffisamment pour qu’il accepte de la voir de temps en temps. Alors elle s’était dit qu’il n’y avait pas de raisons que ce soit différent une fois en couple. Il lui consacrerait ce temps qu’elle réclamait, vu qu’il l’avait plus ou moins fait jusqu’alors. Mais la situation faisait qu’elle réclamait plus. Et qu’il lui cédait moins.

« J’essaye Rhil. Putain j’essaye. Elle avait lâché sa chevelure, reculé le haut de son corps qui s’était brièvement pressé contre celui de son partenaire, un contact qui aurait peut être arrangé les choses mais elle sentait bien que cela ne servait à rien. Ils se voilaient juste la face. Surtout elle, peut être. Je… Je dis rien quand tu finis à des heures indécentes, je t’écoute quand tu me parles de ton travail. J’pense pas…. J’pense pas à moi. Elle essaye en tout cas, de pas penser à sa haine, de pas songer au fait qu’elle aurait aimé s’extasier de ses journées comme lui le faisait. Mais en bonne petite amie, elle avait fait des efforts pour lui, se contentant de s’exploser les phalanges durant une séance de sport pour décompresser, se contentant de cracher sa haine et son mépris sur tout le monde. Sauf lui. Car justement elle espérait qu’il la sauverait. Mais ça suffit pas. J’me dis que je serais en droit d’espérer de pouvoir me réveiller et de t’avoir encore à mes côtés quand ça arrive, mais non. Ça suffit pas. Pourquoi ça suffit pas ?! » Elle avait élevé la voix sur la fin, agacée, blessée. Putain de merde, pourquoi ça suffisait pas hein ? Pourquoi elle suffisait pas. Les tremblements s’intensifient légèrement. C’est douloureux, que de penser à ce nouvel échec. Échec professionnel. Échec relationnel désormais. Putain de gamine ratée. Et elle se sent con à s’en plaindre. Putain de gamine ratée, espérant qu’un prince charmant la sauverait de cette vie de merde. C’est déjà plus proche de la vérité, au fond.

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MessageSujet: (#) Re: I got your love letters, corrected your grammar and sent them back. | Anastasia & Rhil     Lun 29 Jan - 23:30
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Il a la gorge nouée lorsqu’il observe la milicienne avec attention, comme si lire dans ses pensées pouvaient combler la crevure dans sa poitrine. Il n’a pas besoin d’un long discours pour lire les yeux qui fouillent les siens et qui y cherchent ce qui n’y est pas. Dévotion. Amour. Une attention qui ne regarde qu’elle, ne voit que son chagrin et n’en est jamais la cause. Ce qui n’y luit pas, ce qui remplacé par d’autres émotions qui lui rongent le cœur. Anxiété. Solitude. Tristesse. Honte. Il ne sait pas ce qu’il attend, il ne sait pas ce qu’il espère. Aussi malheureux qu’elle, sans un frisson alors que les doigts d’Anastasia remontent sur sa peau, racontent à l’envers une scène qu’ils jouent si souvent, la seule qui parvient encore à les rapprocher, à créer entre leurs bras cette intimité et ce sentiment qu’ils s’échinent à faire jaillir, incapable de les consumer. Rhil soupire contre son pouce, baisse docilement la tête sous sa paume, sous sa commande. Se sentir entre ses mains, ne plus avoir à penser est un luxe éphémère, qui disparaît toujours, comme un rêve, mais il aimerait croire… il aimerait y croire. Que cela suffit, pour longtemps, et que la solitude n’est pas plus difficile à chaque fois que leurs corps se séparent.

Rhil s’abandonne contre ses lèvres, prolongeant le baiser qui le tire de sa torpeur. Qui a un arrière-goût de fin, de désespoir – il aimerait qu’il ne finisse jamais, qu’il dégénère, qu’il retarde le moment où les mots reprendront la place des soupires et des lèvres qui se réduisent mutuellement au silence. Que son cœur s’emballe et qu’il ne lui reste qu’un seule à penser, son corps qui se presse sous le sien, l’enlacer et la garder contre lui, rendre son baiser avec une sorte de violence. Mais elle s’écarte. Il se penche vers elle pour venir chercher un baiser qu’il n’obtient pas, comme elle trouve au milieu de la nuit le fantôme de son corps contre le sien, le vide qui prend de la place dans le lit étroit. Ils n’aiment qu’à des années-lumières tous les deux,essayant d’étreindre une image qui n’est plus là.

Revers de la médaille, retour de l’astéroïde, dur retour à la réalité. Rhil n’ose pas rouvrir les paupières pour rencontrer son regard, alors qu’Anastasia ramène le propos de leurs étreinte à elle. Sans doute l’imagination de l’astronome dépeint son visage plus défait qu’il ne l’est plus, ne l’imagine plus fragile qu’elle ne l’est. Il n’a pas le courage de la regarder en face. La chair est douce, les baisers s’éteignent, les étoiles restent.

La douleur qui s’étend dans sa poitrine est la promesse qu’il ne travaillera plus ce soir. Le regard de Rhil s’adoucit, s’embue presque de larmes, les prunelles miroitant des étoiles qu’il est le seul à voir alors qu’il la fixe. Il la fixe, mais vaincu. La main qu’il avait posé dans son cou descend sur son bras, remontant lentement comme pour contenir ses tremblements, son autre bras reposant autour de sa taille nue. ”- Je sais.” Il murmure tout bas, pas assez fort pour l’interrompre, acquiesçant avec gentillesse. Elle essaie. Il a essayé, même ses illusions comme ses efforts s’effritent ces dernières semaines ”- Je sais…” Sa voix se veut douce, apaisante. La voir trembler, la voir vider ce qu’il savait inconsciemment le trouble. Il n’avait jamais eu à se plaindre d’elle, et il a honte d’avoir cette formulation en tête.

Le plus simple serait de dire qu’il avait tort de s’être levé, levé pour travailler alors qu’elle étendu a à peine un mètre de lui. Ils avaient déjà eu cette conversation, mais plus le temps filait, moins Rhil était sincère dans ses excuses, et il n’avait jamais aimé mentir. Cacher ce qu’il était, ce qu’il aimait, ses émotions… et pourtant n pas correspondre à celui qui l’aurait aimé. La vérité était peut-être qu’il était incapable de faire les efforts qu’elle faisait - de ne rien dire. d’écouter. De ne pas penser à lui. Il pensait à elle - mais à lui aussi, sans le vouloir. Penser à elle ne suffisait pas. Rhil l’attire doucement contre lui, après qu’elle ait fini de vider son sac seulement. « - Je ne sais pas. » Il dépose un baiser sur ses cheveux roux, dans lesquels ses mains se perdent encore pensivement, savourant leurs boucles sous ses doigts. La garder un instant encore dans ses bras, comme si cela leur faisait du bien.

Il expire lourdement et baisse les yeux pour croiser son regard, posant son front contre le sien, cherchant un courage qui lui fait défaut. L’esprit rationnel de Rhil lui hurlait d’abandonner le navire. Il n’a pas envie de mettre les mots, de refermer la porte, de l’abandonner seule. De s’abandonner seul, surtout, s’il devait être honnête. ”- Je ne veux pas te perdre…” Il chuchote le secret contre elle. Pourquoi ça ne suffit pas ? Il vendrait tout ce qu'il a pour savoir pourquoi, pour que magiquement, ça marche, que ça soit simple et évident, que ça marche. Que ça suffise, bordel, qu'ils se suffisent l'un à l'autre juste une fois dans leur vie pour ne pas se senti... Mais il était déjà seul, seul avec ses pensées de merde, sa peur débilitante de ne pas savoir faire autre chose que bosser dans la vie, et être incapable de faire tout ce qu’il voulait auprès des étoiles. Lorsqu’elle s’était jetée dans ses bras, il ne pensait pas y ajouter la honte de la rendre malheureuse, il pensait que leurs moments ensembles, précieux, avant, seraient juste meilleurs, nombreux. Il ne pensait pas à un sentiment de médiocrité absolue partagé par deux.  Il était inadéquat au possible, à se demander s’il était humain ; Un humain devrait aimer la femme à ses côtés ne pas savoir se passer d’elle. Il pouvait lister le qualités qu’il lui connait, le nombre de fois où elle l’a fait rire, sourire, gémir. Il caresse sa joue de son pouce, tandis que les mots tombent de ses lèvres, confession sincère, rassurante. Ce qu’elle voulait entendre, peut-être, mais surtout la seule certitude non mathématique enfouie dans sa poitrine à lui. “- Tu es formidable, An’. En tant que femme, amie, petite-amie. Tu l’es, je le pense, vraiment.” Il la couve du regard, avec une tendresse, une affection non dissimulée. C’est dur de détourner les yeux, mais c’est plus dur de baisser les bras en recevant son jugement en pleine face.

Il n’était juste pas capable de donner plus. Il saturait. La solitude lorsqu’elle est là l’étouffe. Mais en définitive, ce n’est pas ça qui l’emporte. – il ne mérite pas ses efforts. C’est pas à dire qu’elle deviendrait légionnaire si elle quittait son lit, qu’elle grimperait les échelons, et leur prouverait à tous ce qu’elle valait une fois débarrassée du scientifique à son bras. ”- Mais je ne sors pas avec toi, pas vraiment. Tu ne me dis rien, tu m’écoutes, tu vas te défouler quand je suis pas là. Ce n’est pas… toi, Ana. Et je vaux certainement pas la peine que tu caches tout ce que tu es. L’Anastasia que je suis censé aimer, c’est juste pas la même avec qui je traîne depuis...” Il se recule, enfin, se pinçant le nez, comme pour cacher le tremblement qui agite sa main, la douleur qui part de son petit doigt jusqu’à son poignet, lancinante, symptôme de son émotion, de sa peur. Sa voix se précipite, de peur qu’elle l’interrompe et il confesse comme on se jette d’un sas, il bat en retraite, en courant. “- Je suis juste pas capable de donner plus. Et je veux… j’ai pas le courage de te faire ça, encore.”

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MessageSujet: (#) Re: I got your love letters, corrected your grammar and sent them back. | Anastasia & Rhil     Mar 30 Jan - 23:47
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Ana & Rhil

Je sais. Non tu sais pas. Si tu savais, tu prendrais ça en compte non ? Tu te dirais qu’elle méritait mieux que ça, mieux que ton indifférence, mieux que ta manie de la laisser se heurter à un putain de mur, mieux que d’être abandonnée seule dans sa merde. Elle peut pas parler Ana, alors même qu’elle s’était jetée dans cette relation dans ce but, pour avoir quelqu’un auprès de qui être importante. Mais la relation lui semble être à sens unique, elle supportant Rhil, elle l’écoutant, elle lui souriant avec douceur et se réjouissant pour lui. Mais elle peut pas parler, car il n’écoute pas, car il n’est jamais vraiment là. Je sais. Tu sais mais tu t’en fous, à moins que tu ne profites juste de la situation. Ça lui donne envie de te faire fermer ta gueule, avec la même férocité que ça lui brise le cœur actuellement. Elle a envie de chialer, de frapper, de se barrer. Elle a envie de rester aussi, frissonnant au contact de ces doigts qui glissaient le long de son bras, de cette main doucement mais fermement maintenue à hauteur de sa taille. Comme si ça pouvait suffire, à moins que ce ne soit simplement par habitude, se raccrochant à ce simple contact car c’est ce qui les a toujours lié jusqu’alors. Seul ciment de leur relation actuelle. Mais ça l’empêche pas de vider son sac, de lui dire à quel point elle faisait des efforts, à quel point elle méritait mieux que ça. Et il y a cette question, qui pulse dans ses veines sous forme d’une agitation colérique, qui vrille son crâne sous la forme d’un court circuit qui la déglingue un peu plus à chaque fois : pourquoi est ce qu’elle n’était pas suffisante ? Pas assez forte, pas assez douée, pas assez désirable. Elle se demande un instant ce qu’elle a pu faire, durant sa courte existence ou lors d’une vie antérieure, pour mériter d’enchaîner les claques mentales à cette allure. Un échec si vite suivi d’un autre. Et elle voudrait faire taire son cerveau, celui là même qui la blâme d’office, qui l’accuse de tous les malheurs du monde. C’est pour ça qu’elle crache à la gueule des autres, pour essayer de faire taire cette voix qui lui dit que c’est sa faute à elle. Elle doit gueuler, pour combattre ce murmure insidieux.

Je ne sais pas. Est-ce vraiment plus honnête ? Est-ce que tu le penses Rhil ? Ou est ce que ton cerveau fourmille de défauts à lui balancer à la gueule ? T’as peut être les reproches sur le bout des lèvres, te retenant de les lui offrir sans plus de cérémonie simplement parce que tu prends encore un peu ton pied à la ramener contre toi, à déposer un baiser délicat sur le sommet de son crâne. Bien sûr que ça marche, bien sûr que ça lui arrache un frisson. Mais dieu qu’il est douloureux. Qu’est ce que ça peut lui faire mal que d’aimer à ce point ce contact. Tu sais qu’elle adore ça en plus, quand on passe une main dans ses cheveux, quand on joue avec ses boucles, quand les doigts pressent la nuque. Elle voudrait rester comme ça pour l’éternité… Si seulement ça comptait, si seulement elle avait encore la sensation que ces simples caresses avaient encore une valeur quelconque. Mais ça n’en avait plus vraiment. Et le contact se dissout déjà, partiellement, son front rencontrant celui de son compagnon. Elle ose plus vraiment respirer, encore moins ouvrir les yeux. Elle s’abreuve simplement de son souffle, se nourrit du moindre effleurement, la moindre sensation. Elle tente de garder le contrôle, de se maîtriser aussi. Je ne veux pas te perdre. Un sourire se dessine lentement sur le visage de la jeune femme, attristée au possible. C’est jamais bon ce genre de phrases pas vrai ? Et elle est désormais bien placée pour savoir qu’on n’obtient pas toujours ce qu’on veut dans la vie, même en le désirant très fort. Allait-il la perdre ? Oui, bien sûr. Un jour. Peut être pas ce soir, tant elle se fait berner à chaque fois, tant la peur de se retrouver seule et de le perdre en retour la retient. Mais plus le temps passe plus elle est en colère, plus elle lui en veut, plus elle le perd d’une certaine manière, se perdant elle-même au passage.

Anastasia relève alors les yeux vers lui, n’osant pas bouger. Elle se doute qu’il n’a pas fini, qu’il ne va pas se contenter de ça. A moins qu’elle soit simplement incapable de formuler à voix haute ce qu’elle pouvait éprouver ou penser. Il devait être courageux, pour elle, pour eux. Parce qu’elle en était désormais incapable. Elle savait juste se plaindre, pointer les défauts de l’astronome dans l’espoir de le voir les changer en un claquement de doigts. Mais elle n’a pas le cran de renoncer, pas alors qu’on lui avait refusé d’être légionnaire. Elle pouvait pas échouer de nouveau. Une voix lui souffle qu’elle ferait bien d’oser faire le premier pas malgré tout, que ce serait peut être plus simple de le planter là, sur quelques insultes mensongères qui n’auraient pour objectif que celui de l’apaiser momentanément. A moins que ce ne soit juste pour lui éviter de pleurer. C’est plus simple que de se faire larguer non ? Mais Ana n’a pas le temps de se poser plus longuement la question, déjà elle frissonne de nouveau en sentant ce pouce caresser sa joue. Elle comprend alors qu’il va parler, sent son cœur se comprimer dans sa poitrine à cette idée. Elle pivote alors la tête, embrasse le cœur de sa main comme dans l’espoir de le faire taire. Elle veut pas l’entendre parler, car cela n’a plus rien à voir avec ses habituelles excuses. Y a un changement, une tension de l’air, teintée d’une tristesse et d’une détresse absolue. Elle comprend bien que c’est pas que la sienne, perçoit qu’il est mal lui aussi. Mais mal de quoi ? Mal à cause d’elle ? Mal à l’idée de la blesser ? Elle sait pas trop mais ferme les yeux, les plissant avec force tandis que ses lèvres demeuraient contre la paume de Rhil, encaissant les paroles qu’il lui chuchote alors.

« T’as pas le droit de me dire ça… » La voix est rauque, brisée, rendue incertaine par des sanglots qu’elle refoulait vaillamment. Elle a envie de pleurer et si l’éclat au fond de ses yeux en témoigne, si ça lui comprime la gorge et la poitrine, elle ne s’autorise pas cet écart. Pas maintenant. Elle se contente de tourner la tête, de l’observer, d’étouffer une nouvelle crise de larmes en découvrant la tendresse et l’affection qui fait scintiller ses yeux à lui. Putain, pourquoi maintenant ? Pourquoi est ce que c’est maintenant qu’il lui dit ces si jolies choses, maintenant qu’il la regarde avec toute la tendresse du monde. Pourquoi est ce que c’était si dur de l’aimer ainsi au quotidien, et pas seulement lorsqu’elle était à bout ? La milicienne a la sensation qu’on se fout de sa gueule, ou plutôt elle se croit dans un film romantique, au moment cruel de la séparation. Il est toutefois bien plus difficile de vivre ces instants que de les regarder via un écran. C’est pour ça qu’elle lui en veut encore, de la regarder ainsi, de l’effleurer ainsi, de lui dire à quel point elle était formidable. Bordel. Formidable. C’est ce qu’on dit à une femme qu’on aime plus ? C’est censé la rassurer ? T’es belle, t’es géniale, mais je veux plus t’avoir dans mes pattes ? Elle se croit dans un drame, mais surtout elle attend la suite. Parce qu’il dit pas ça pour rien, bien sûr. Il lui dit pas ces belles choses simplement pour lui faire plaisir, ni même juste parce qu’il le pense. Il le dit pour passer la pommade, comme si ça permettrait de limiter les dégâts quand il ferait exploser son cœur en mille morceaux. Quelques mots pour éviter une multitude d’éclats. Elle voudrait lui dire que ça change rien, que l’organe qui palpitait au creux de sa poitrine allait saigner de la même façon. La prévenance et la bonté ça sert à rien. Ça servait plus à rien. C’était trop tard. Trop tard. Quelle ironie. Elle le sentait venir depuis des semaines pourtant.

« Mais… Elle avait souri de nouveau, tristement, une teinte narquoise au coin des lèvres. Ce n’était qu’un souffle, un chuchotement qui lui échappe pile quand il reprend la parole. Faut dire qu’elle s’est montrée attentive Ana, son regard ancré dans le sien ne déviant que pour capter un mouvement infime de ses lèvres, un battement de cœur qu’il louperait ou encore une irrégularité dans sa respiration. N’importe quel signe pouvant lui indiquer qu’il allait poursuivre son discours, entamant cette nouvelle tirade de cette façon ô combien prévisible. Mais. Ouais parce que tu pouvais pas être simplement formidable Ana hein ? Ça aurait été trop beau. Alors elle encaisse la suite sans broncher, cette façon qu’il a de dire que c’est de sa faute à lui. Mais un peu de la sienne à elle également. Ça la fait renifler presque de mépris, détournant la tête en ravalant un grondement rageur. Elle le laisse finir malgré tout, tente d’ignorer ses tremblements à lui. Ne pas l’humaniser, ne pas songer au fait qu’il avait des sentiments lui aussi. Elle en avait marre, de songer à lui, de le faire passer avant. Alors ses sentiments il pouvait aller se faire foutre avec. Quoi, tu me blâmes de pas être moi-même ? Nouveau ricanement avant qu’elle ne secoue la tête, comme pour signaler qu’elle n’arrive pas à y croire. De nouveau elle le regarde, un mélange de colère et de détresse au fond des yeux. Elle n’aurait pas dû, le regarder. Ça lui rappelle qu’elle n’était pas venue trouver refuge dans ses bras pour rien. Aussi mauvaise ait pu être cette décision, elle l’avait choisi lui malgré tout, parmi tant d’autres. Et en le regardant, elle se souvenait de chacune de ces raisons, chacune de ces qualités ou traits de sa personnalité qui l’avaient pousser à l’embrasser un beau jour. Tu sais que c’est normal ? Ce que je demande, ce que je réclame, ce que tu peux pas me donner… C’est normal Rhil. Du moins ça lui semblait. Etais-ce trop demander que de le désirer rien que pour elle les rares fois où il était justement là ? Etais-ce trop demander que d’espérer de lui qu’il quitte le travail pour ne pas avoir à s’y replonger avant le lendemain ? Il n’y a pas que ça dans la vie. Je veux pas qu’il n’y ait que ça. Finit-elle par rajouter, détournant brièvement les yeux pour fixer le terminal. Non il n’y avait pas que le travail, elle voulait y croire, plus que tout. Ne serais ce que parce que s’il n’existait rien d’autre, alors ça n’en valait pas la peine. Elle ne voulait pas se contenter d’être milicienne, surtout pas. Mais visiblement peut-être étais ce la seule chose qui comptait pour lui. Le travail. Ce travail qu'il aimait tant. Nouveau rire de sa part, moins méprisant, plus triste. Un gloussement irrépressible tant elle se sent conne. Alors on fait quoi maintenant ? » On se souhaite mutuellement une belle vie, comme si de rien était ?

- BLACK PUMPKIN


† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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MessageSujet: (#) Re: I got your love letters, corrected your grammar and sent them back. | Anastasia & Rhil     Dim 11 Fév - 14:51
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Il sait. Il n’y est pas indifférent. Il ressent et il tient à elle. Il écoute et cherche à entendre ce qui ne se dit pas. Il sait. Ça pique sa langue à chaque baiser, rougit ses joues lorsqu’il se fixe son reflet, ôte la dernière joie à leur relation, brise tous leurs efforts en marche arrière jusqu’à ce que, quoiqu’il y est entre, cela se retourne contre, comme une baffe bien sentie. Le rappel qu’ils sont seuls – que Rhil est seul et qu’il sait, mais que sous menace d’un astéroïde il ne parviendrait pas à le prendre en compte. Il dit qu’il essaie, qu’il essaie de prendre en compte ses sentiments à elle, ses aspirations et ce qu’elle voudrait, mais, c’est toujours la même chose. Il sait que c’est sa faute et ça le tue. Pour une fois, il aurait voulu que ce ne soit pas sa faute. Qu’on en revienne pas à la case départ ; imperfections, culpabilité, jamais assez, pas à sa place, je veux rentrer à la maison, je veux être à la hauteur.
Rhil est incapable de se taire maintenant qu’il a pris la parole, que ses yeux arrêtent d’éviter sa petite-amie. Son cœur saigne par ses lèvres, et ses paroles l’empoisonnement un peu plus, lui rappellent qu’il va pleurer, qu’il sera seul. C’est la foire au masochisme et il est submergé par la peur alors qu’il la regarde avec tout ce qu’il a de douceur et de fermeté en lui.  La peur de se retrouver seul, de la perdre, de perdre la dernière pièce de son cœur quelque part entre deux étoiles et d’oublier ce qui compte. Il doit bien y avoir quelque chose quiconque, dans la flotte, dans sa vie, non ? Apparemment pas pour lui.

Il sent sa colère contre lui, elle vibre presque, oscillant entre sanglots et rage, et il n’a pas besoin de beaucoup d’empathie pour le sentir jusqu’à ses os, similaire à la douleur qui le transperce de bout en bout. Elle plus douée à la colère que lui à la tendresse. Il sent la chaleur de ses lèvres contre sa paume, et elle doit sentir le tremblement dans sa main, le contact glacé de ses doigts alors qu’il étouffe de chaud dans sa poitrine. Mais. Peut-être aurait-il dû lui dire ça plus tôt. Il pensait lui avoir assez dit. Il le pense, il le ressent lorsqu’il la regarde, mais il ne ressent pas ce que d’autres appellent l’amour. Juste de l’affection, beaucoup, de la tendresse, pas mal, de l’amitié, surtout, du désir, encore. Rhil referme les paupières un bref instant comme dans l’attente d’une gifle qui ne vient pas heurter sa mâchoire à l’en briser. Il ne la blâme pas et son visage se crispe. Une expression, fugitive, d’agacement passe sur ses traits fatigués. Une incompréhension de plus sans doute, à enterrer avec les autres. Il a l’impression qu’à chaque inspiration qu’il prend, son cœur est harcelé de coups, de douleurs lancinantes semblables à toutes les fois où ses côtes ont été brisées. C’est autre chose qui se brise en lui petit à petit quand il la regarde à nouveau, douceur dans le regard, chagrin dans le coin de ses lèvres. L’espoir. La détermination. Les ricanements d’Anastasia enfoncent le couteau dans la plaie et Rhil secoue la tête. Cela fait mal mais il préfère sa rage et ses sarcasmes, les reproches qu’elle a au bord des lèvres – comme il peut facilement les formuler lui-même, à son encontre à lui, il devine trop bien ces blâmes et sa trop large part de responsabilités.
Cela n’aide pas – au risque de voir des larmes farouches déborder des yeux clairs. Devoir choisir entre glisser ses doigts entre ses boucles pour la réconforter, un pouce passant sous ses prunelles fières, ou faire semblant de ne pas voir ses limites qui se brisent et les tremblements qui affaiblissent la milicienne. Ils ne sont pas censés s’endormir l’un dans les bras de l’autre, unis par les larmes qui maculent leurs joues humides et l’épuisement de leurs cœurs meurtris, les larmes que l’un à fait saigné à l’autre.

« - Je sais ! » Pour une fois, une seule, la colère déforme ses traits et sa voix résonne contre les murs étroits de la cabine. Il hurle et le désespoir perce dans sa voix. Il inspire, sans parvenir à reprendre les rênes sur ses sentiments, les émotions qui font voler son calme en éclat.  « - Je sais que c’est normal putain Anastasia ! Je m’en sens comme une merde depuis des semaines ! C’est normal, et il n’y arrive pas. Anormal, sans cœur, pitoyable, connard, profiteur. Si seulement il y trouvait son compte, mais même pas. Il sent juste de plus en plus las, de plus en plus seul, et tout ce qu’il ressent en la regardant, c’est à quel point elle-même en souffre. C’était pas l’idée, et cela tourne en boucle alors que Rhil se frotte le visage à deux mains, les paumes frictionnant son visage comme pour le punir ou l’absoudre, ramener le sens à son existence, le contrôle à ses nerfs. Il est plein de sentiments conflictuels. Tous lui hurlent de fuir, tous lui hurlent qu’elle ne mérite pas ça. Est-ce à lui pourtant de dire ces mots-là ? De sonner le glas d’une relation dont il s’échappe déjà depuis tant de jours ? De la rejeter, de lui rappeler un échec, encore ? Comme s’il en avait envie. Mais même c’est pas toi, c’est moi, ça sonne aigre, forcément, même si c’était vrai à 100% et peut-être que c’est un mélange des deux. Disons que Rhil se murmure que ce n’est qu’un mauvais accord, qu’ils ne sont pas foutus séparément. Si cela peut l’empêcher de pleurer dans ses insomnies. Il a un rire étranglé, dérisoire. « - J’espère que c’est normal, j’voulais croire que… Il soupire, cherche ces mots, sa joue intérieure broyée entre ces temps. « - Je voulais croire qu’il n’y avait pas que ça, pas que le boulot, que je pouvais… être normal » Le sarcasme, comme moyen de défense. Il se frotte l’œil de sa paume, de son poignet, écrasant une larme audacieuse. Ne pas pleurer.
 « -  Je ne vais pas changer Ana. J’aimerais changer pour toi, crois-moi. J’ai essayé. » J’espérais que tu sois capable de me changer, qu’une relation m’attirerait loin des abysses spatiaux, des nuits blanches et d’une productivité à faire pâlir les nuits blanches. Que cela donnerait sens à ma vie, sourire à mes lèvres, chaleur à mon corps, qu’il trouverait… qu’il serait important, en tant qu’homme pas en tant que scientifique. Et il espère, il croit qu’il est important pour elle.

Mais cela ne lui suffit pas et il ne lui suffit pas. C’est pas qu’il voit ses défauts à elle, c’est qu’il voit les siens. Il n’aurait pas pensé être assez courageux pour mener cette conversation, le cœur lourd, qui pèse trois tonnes, attiré vers son estomac à le rendre malade. Il tremble, même dans sa voix qu’il veut ferme, et douce, rappelant l’affection qui les lie depuis l’enfance. Il déteste ses dents qui s’entrechoque, et ses yeux qui brillent trop vivement – mais ça le bousille de la voir dans cet état, de lui faire du mal. Lorsque la tension qui le contracte se relâchera, sans doute se laissera-t-il bercer par le mal de cœur et les sanglots jusqu’à un sommeil pour une fois sans éveil. « - Je suis bon qu’au boulot, Ana, vois la vérité en face. Tu mérites mieux, et je vais crever seul. C’est pas normal que tu fasses autant d’efforts. » Il ne la blâme pas, mais cela ne peut pas être sain de cacher ce qu’elle éprouve, ce qu’elle est, pour faire « marcher » un couple dysfonctionnel. Cela ne peut pas l’être, sinon autant renoncer à toute humanité. Cela le rend fou de l’imaginer. « - C’est ce que tu veux me dire, tu l’as sur le bout de la langue depuis des… jours, mois, je sais pas. Peut-être qu’il y a rien d’autre pour moi, j’ai essayé… est-ce que tu es heureuse ? Avec moi ? » Il redoute le non, il redoute l’inéluctable, mais brutalement, dans la pâleur de ses traits blafards et ses mains qui serrent les draps pour s’empêcher d’enlacer Anastasia et la serrer contre sa poitrine…. Il redoute le oui, le mensonge, même pieux. Il ne peut plus continuer.



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MessageSujet: (#) Re: I got your love letters, corrected your grammar and sent them back. | Anastasia & Rhil     Mer 14 Fév - 16:29
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Ana & Rhil

Elle perçoit les tremblements, parfait reflet des sentiments qui l’animent. Il y a cette douleur, cette culpabilité sûrement éprouvée de chaque côté. Parce qu’ils ne sont pas méchants dans le fond, surtout pas lui, pas même elle malgré sa haine et sa rancoeur. Ils aiment pas se faire du mal, pas entre eux, et ces dernières semaines passées à tirer sur la corde tendaient bien à montrer qu'ils tenaient l’un à l’autre. Ils sont pas méchants, alors ils prennent leurs responsabilités, portent chacun le poids de cet échec, s’attribuent la douleur de cette relation nocive. Coupable, pour pas blâmer l’autre. Coupable, parce qu’on leur a suffisamment répété que c’était de leur faute. Elle était pas assez forte pour les porter tous les deux, pas assez forte pour faire avec ce que Rhil avait à lui offrir. Et il n’était pas assez bien, pas assez intéressé par ce qui l’entourait en dehors de ses précieuses étoiles, pour avoir quoi que ce soit à offrir. Alors ils encaissent, assument leurs responsabilités. Mais c’est Ana qui craquera en première, poussée à bout par les compliments qu’il lui a offert puis par le fait qu’il renonçait. Il renonçait à elle, tout simplement, et ça la tue. C’est si difficile ? C’est si difficile de vouloir se battre pour elle ? Etait-elle si terrible ? Si exigeante ? Elle voudrait lui dire qu’il n’était qu’un ingrat, lui signaler qu’il était chanceux de ne pas se voir traité comme tous les autres. C’est la gueule de cons dans les ruelles qu’elle explose, pas la sienne à lui. La tendresse, elle la lui réserve, camouflant la haine pour ne pas le blesser et parce qu’elle espérait qu’il saurait définitivement supprimer cette rancœur de son existence. Elle a envie de lui dire Ana, que non seulement il avait de la chance mais qu’en plus il n’aidait pas. Combien de fois s’était-elle sentie mal, après avoir frappé, cogné, craché. Combien de fois aurait-elle voulu le sentir à ses côtés, le voir l’enlacer pour calmer les tremblements rageurs et apaiser les battements frénétiques de son cœur. Mais il n'avait pas été là. Elle avait voulu un antidote, au poison qui coulait dans ses veines. Elle n’a rien trouvé. Et ce soir elle repartirait avec des blessures supplémentaires, des plaies à vif. Mais aucun bandage.

Alors elle s’agace, elle siffle, elle peste. Ça tremble de nouveau, d’une colère péniblement contenue, car malgré tout elle ne voulait pas qu’il devienne la cible de sa haine. Elle voulait pas qu’il la rejette, pas entièrement, pas de façon définitive. Elle aimait pas qu’on l’abandonne Ana, bousillée par l’idée même qu’on puisse ne plus vouloir d’elle. C’est déjà assez dur comme ça, elle veut pas en plus l’entendre lui balancer les pires reproches qu’il puisse lui faire, elle veut pas l’entendre lui dire qu’elle n’était finalement qu’une conne qu’il aurait dû maintenir à l’écart. Elle veut pas entendre les vérités, veut pas savoir à quel point elle avait changé et à quel point elle avait pu s’éloigner de l’idéal qu’il s’était fait d’elle depuis le temps. Je sais. Il avait haussé le ton. Un cri qui aurait pu la figer de stupeur, il y a de cela quelques années. Elle se serait immobilisée, soucieuse, consciente du fait que cela ne ressemblait pas à l’homme qui lui faisait face. Mais aujourd’hui, c’est différent. L’empathie laisse place à la méfiance, à la crainte d’être poignardée de nouveau, d’une quelconque façon. Alors elle se crispe, ravale péniblement la colère que ce simple hurlement avait pu raviver en elle. Elle se tenait prête à la guerre Ana, ça faisait des mois qu’elle se tenait prête à cogner, mordre, siffler. Il y a une lueur mauvaise au fond des yeux, un éclat de rage, les doigts glissés sous les draps qui enserrent fermement ces derniers. Elle aime pas, qu’il hausse le ton. Elle aime pas être celle à qui on faisait des leçons, bien qu’elle avait conscience d’être justement cette conne moralisatrice depuis tout à l’heure. Ils étaient pas méchants…. Mais elle l’était plus que lui, indéniablement.

Muette, tendue, Anastasia se contente de garder le silence. Puis elle détourne les yeux, lorsque le blond reprend la parole pour lui dire qu’il savait tout ça, suffisamment pour se sentir mal, depuis des semaines. Un mal être que, loin d’apaiser, elle n’aura fait qu’accentuer. La gorge nouée, le bout des doigts tapotent sur le lit, en rythme, comme pour apaiser les battements de son cœur. Elle l’écoute bien sûr, et elle ressent sa présence à chaque inspiration qu’il prend, si proche d’elle et à la fois si loin. Et la colère reflue, tandis qu’elle fixe le mur et qu’il commence à lui dire à quel point ça le tuait, que de pas être capable de faire comme tout le monde. Ne pas être normal. Et elle, elle l’était ? Normale ? C’est quoi la normalité, c’est quoi ce terme qu’elle lui balance à la gueule depuis tout à l’heure pour essayer de se rassurer. Elle aurait pu faire comme n’importe qui, admettre qu’ils n’étaient pas compatibles pour une telle relation, lui serrer la main, partir sans éprouver rancœur ou mal être. Mais non. Fallait que ce soit de sa faute à elle, ou de la sienne à lui, qu’importe. Mais quelqu’un devait être blâmé pour cet échec. Echec. Putain elle détestait ce mot. Elle en serre les dents à les en faire grincer, la mâchoire crispée sur le point d’exploser. J’aimerais changer pour toi. Et ça fait mal, parce qu’elle le croit. Malgré son envie de le voir faire plus d’efforts, son désir de le voir se tuer à la tâche avec elle tout comme il ne comptait pas ses heures supplémentaires au travail, elle le croit. C’est sûrement pour ça qu’elle daigne le regarder à nouveau, le cœur serré. « Je sais. » Un souffle, peut être comme une excuse, un signe de sa compréhension. Elle est pas seulement en colère, et elle n’arrive pas à le détester véritablement. Elle est juste déçue, triste, incertaine quant à ce qu’elle devrait faire ensuite. Elle veut pas le perdre, ce point de repère auquel elle s’était désespérément accrochée, à défaut de mieux.

Tu mérites mieux. Ah ouais ? Et ça se trouve comment ça ? Comment on le trouve, ce mieux. Et puis elle le sait, que le mérite ça rentre jamais en compte. Elle méritait cette place chez les légionnaires après tout, et elle l’a pas eu. Alors ça lui fait mal, que de l’entendre lui dire ça. Ça lui donne envie de lui en retourner une aussi, mais cette colère se voit entièrement étouffée par l’angoisse qui lui bouffe soudainement les entrailles lorsque Rhil évoque le fait qu’il crèvera seul. Parce que ça fait écho à sa peur actuelle. Elle voulait pas être seule pour subir son échec professionnel, et finalement à cela se rajoutait un échec sentimental. Le genre de combo gagnant qui lui donnait désormais la trouille. Elle aussi a peur, de mourir seule. Une angoisse qui prend naissance dans ce lit, et qui ne la quittera jamais vraiment même dix ans après. Alors c’est parce qu’elle comprend soudainement ce qu’il veut dire que l’une des mains de la milicienne part se loger à hauteur de la taille de son compagnon, effleurant une hanche dans un geste délicat. La tendresse de l’instant est cependant interrompue, le tracé qu’elle exécutait avec douceur prenant fin, le geste se retrouvant en suspens. Est-ce que tu es heureuse ? Et ça brûle, ça marque, comme au fer rouge. C’est un mélange complexe, une bouillie difforme de sentiments et d’émotions qui se forme au fond de son crâne. Le simple fait qu’il se pose la question, qu’il s’en soucie, suffit à lui faire éprouver une pointe de tendresse, qui se mêle à de la déception car il ne semble ne s’en soucier que maintenant. C’est d’autant plus dur qu’elle connaît la réponse, que cela lui semble évident. « Non. » Un souffle, alors qu’elle ancrait de nouveau son regard dans le sien, tendue et tremblante à la fois. Elle le sait, depuis des semaines. Mais elle s’était dit que ce n’était qu’une étape, un mauvais cap à passer. Ça irait mieux, c’est pas ce qu’on arrête pas de lui répéter depuis la remise des diplômes ? ça ira. Alors elle y croit, elle s’accroche à cet espoir de merdre, y compris lorsque cela concernait sa relation avec Rhil.

Et elle craque Ana. Elle craque, secouée de tremblements à cause des sanglots qui lui nouaient la gorge et qui finissent par lui échapper, incapable qu’elle était de se retenir plus longtemps. Fallait que ça sorte. Et si elle aurait pu cogner n’importe qui, elle ne voulait pas de ça avec lui. Alors elle pleure, comme une gosse, levant bêtement les yeux au ciel comme pour ralentir la course des perles salées qui roulaient le long de ses joues. « J’sais pas… J’sais pas comment faire Rhil. La voix est tremblante, vacillante. Elle se mord la lèvre pour arrêter d’hoqueter comme une parfaite idiote, ramène ses mains contre son ventre, ce qui témoigne sûrement de son envie de se rouler en boule dans un coin pour continuer à pleurer jusqu’à ce qu’elle s’endorme, jusqu’à ce qu’elle soit lasse d’éprouver tout ça. Elle en a marre, de sa faiblesse. Toujours cette putain de faiblesse, même lorsqu’elle explosait le nez de quelqu’un et qu’elle continuait de frapper. Faible lorsqu’elle saignait, faible dans sa fureur. Ça passe pas, ça passe jamais. Elle sait plus quoi faire de ce qu’elle est, de ce qu’elle éprouve, de ce qu’elle pense. Ça la bouffe de l’intérieur. Elle voudrait être heureuse putain, mais elle sait plus ce que ça fait, se demande comment elle s’en est sortie pour l’être jusque là. Tout devait me réussir. J’devais… J’devais réussir. Légionnaire. Puis le reste. Tout. Et j’arrive pas. POURQUOI JE REUSSIS PAS ?! Elle avait hurlé à son tour, les mains remontant contre son visage, devenant poings contre lesquels elle fait reposer sa tête. Les sanglots s’y étouffent, à moins qu’ils ne se répercutent, comme un écho. Elle réussissait pas. Comment on pouvait être heureux, quand on réussissait pas ? Sur aucun plan, à aucun niveau. Echec. Echec. Echec. C’est de sa faute à lui, qu’elle se dit. Pourtant elle s’en veut, de ne pas avoir réussi à le changer, de ne pas avoir réussi à passer outre ce défi ci. Il aurait dû être à sa portée, il l’avait été en tant qu’ami, alors pourquoi pas là ? Pourquoi pas maintenant ? Elle sait pas. Ça la tue. Et elle s’en veut encore plus, de paraître si pathétique. Elle s’en veut de tout ramener à elle aussi, une fois de plus. Alors les poings retombent le long de ses cuisses, elle détourne la tête. Je suis désolée. Je suis tellement désolée Rhil… » Nouveau sanglot, nouvel hoquet, alors qu’elle sait plus comment faire pour s’arrêter. Arrêter de pleurer, de trembler, pour réussir à se taire. Arrêter d’avoir peur, d’être en colère. Arrêter de pas savoir quoi faire, d’être terrifiée dans cette cabine. Mettre fin à cette angoisse. Etrangler son orgueil aussi, qui lui porte préjudice aujourd’hui. Bousille donc cette confiance que t’avais en toi Ana, peut être que ça ira mieux. Si t’espères plus rien, ça pourra qu’aller mieux non ?

- BLACK PUMPKIN


† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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MessageSujet: (#) Re: I got your love letters, corrected your grammar and sent them back. | Anastasia & Rhil     Lun 19 Fév - 20:06
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Rhil ne sait plus où il en est, il ne ressent que le vague à l’âme au bord des lèvres, et la lassitude au coin des yeux, les ondes de colère qui déchirent l’air entre eux, comme pour le faire pourrir de l’intérieur. Ce qu’il ressent lorsqu’il la regarde c’est un mélange de peur et de désarroi. C’est une battante, elle. Il l’a assez vue frapper des sacs jusqu’à n’en plus pouvoir, et à une époque ils s’entraînaient côte à côte. Puis ils se sont mis à frapper pour les mêmes raisons, les mauvaises. Fuir sans en avoir l’air, chercher une raison de vivre dans les coups qu’il faut bloquer, gueuler un bon coup, venger sa frustration. Elle est en colère, contre lui, contre elle-même et Rhil ne sait pas comment présager de l’explosion à venir. Il ne veut pas que ça devienne laid, ce qu’il y a entre eux, que ce soit pire encore. Il ne veut pas que cela se termine comme ça, dans les cris, les reproches et la longue liste de ce que l’un reproche à l’autre pour enterrer ce qu’ils se reprochent à eux, ce que tout le monde leur reproche. C’est sale, c’est laid, et leur amitié ne mérite pas ça, si ?

Alors oui, il est surpris de la tendresse de ses doigts contre sa peau, il est surpris de ce contact qui tente d’amenuiser leur distance, qui ne suffit pas à sauve leur relation partie en cendres. Mais il inspire profondément sous ses doigts et peut-être que pour quelques secondes, c’est un bandage qui étouffe la douleur de ce qui joue là au beau milieu de la nuit. Et la manière dont elle s’immobilise annonce… non, le mot qui sortira de ses lèvres n’est que la manière dont ils vont souffrir. Oui ou non, le résultat ne sera pas plus heureux. Il esquisse ce qui se voudrait être un sourire. Ca n’y ressemble pas, ni dans les faits, ni dans l’intention. Ses lèvres et son menton ont la tremblote, et le sourire est dur à maintenir, parce qu’il n’y croit pas trop, c’est surtout la réaction dérisoire. Sa petite-amie n’est pas heureuse avec lui. Ce n’est pas une surprise mais ça fait mal quand même quand il soutient son regard. Rhil n’a pas besoin qu’elle lui fasse un dessin pour savoir que non seulement elle n’est pas heureuse, mais qu’il la rend lui tout seul, encore plus malheureuse.

Il n’est pas heureux non plus. Depuis qu’il a décroché de l’Astre, il ne sait pas trop ce qu’heureux peut être avoir l’air d’être. Il n’a que des ersatz, dont la liste est longue : le sport, le combat, le travail, le sexe, l’adrénaline. Mais ce n’est pas le bonheur, comme l’Astre était juste le meilleur moyen d’arrêter de chercher ce que ça pouvait bien être et de constater toujours le goût de l’échec, cendre dans sa bouche. Hey, tu n’es toujours pas à la hauteur, et ta vie passe pour rien, c’est du gâchis et tu as fait perdre son temps à ta copine au passage. Merci à toi aussi.
Non. Non et ça devrait être le dernier mot. Les cris, la rupture, le départ, les larmes versées dans la discrétion. Pour lui en tous cas. C’est ce que Rhil attend, en secret. Qu’elle se lève et qu’elle le laisse seule et que son regard retombe sur son terminal sans plus d’envie. Ce n’était qu’un morceau de technologie, dont les calculs étaient dénués de chaleur, de joie, de sourires, de cicatrices et de tâches de naissance. Nietzsche avait peur que l’abysse ne regarde celui qui s’y penche, mais l’astronome sait qu’il n’y a rien à attendre d’autre que le silence de la part des étoiles. Programme : la porte qui chuinte ou qui claque, la solitude, l’obscurité, et l’insomnie dans laquelle verser des larmes qu’il n’a pas envie qu’on lui essuie. Il n’a pas envie qu’on le plaigne, qu’on le réconforte – tout est de sa faute, il se ressent anormal, seul, et un échec tout entier. Encore une fois.
Rhil n’a pas envie de se battre avec Anastasia. Leur relation a ses failles, ses défauts, et surtout de mauvaises intentions par maladresse.  Ils n’ont jamais été ensembles par amour, pas vraiment, peut-être espéraient-ils inconsciemment découvrir ce que c’était, ce dont tout le monde parlait. Que cela grandirait sans avoir besoin de faire autre chose qu’attention à l’autre, et passer du temps ensemble, ajouter aux rires et au temps passé ensembles les nuits et les baisers. Ce n’est pas si facile. Cela ne s’accumule pas. Mais ce n’est pas la lutte, c’est la compréhension fragile, le tâtonnement des doigts sur sa hanche puis Anastasia qui s’écoule. Il ne pensait pas qu’elle serait la première à craquer, pas avant les fissures dans son cœur qu’elle martèle depuis son réveil avec l’ardeur d’une folle furieuse.

Je sais. Parce que tout ce drame, il se résume en ce mot qui fout les nerfs du blond en pelote : je sais et je ne sais pas. Je sais qu’on se fait du mal, que tu es aussi mal que moi, aussi seul que moi. Je sais pas quoi faire, je ne sais pas comment on est censé faire. Il s’est perdu lui aussi peut-être, pire que dans l’astre, dans cette relation. La gorge nouée, pendant un moment il la regarde pleurer, hoqueter sans bouger un muscle. Regarde, ce que tu lui as fait, ou au moins ce que tu n’as pas pu empêcher. Jusqu’à ce qu’elle craque, à bout, ce soir entre tous.  Il est à court de mots, et il la regarde glacé de l’intérieur, trembler et hoqueter comme une enfant.  Rhil sursaute en l’entendant crier à son tour et cela le tire de sa tétanie, il s’avance sur les genoux sur le lit pour se rapprocher d’elle, poser sa main sur ses poings serrés près à l’uppercut. Dommage que le karma soit pas tangible hein.   « - Je suis désolé Ana… » Rhil réussit à articuler avec difficulté, alors qu’elle s’excuse – c’est tout ce qu’il a à dire hein ? Pas de mensonges, pas de ça ira, il déteste cette promesse – si je pouvais voir que ça ira un jour, je ne serais pas en train de pleurer, idiot. La colère d’Anastasia n’est pas dirigée contre lui, même lorsqu’elle s’excuse en bredouillant. Il aurait préféré. Il aurait aimé pouvoir changer, faire quelque chose, autre chose qu’avouer que putain pour un génie, il ne savait pas grand-chose : juste ce qui fait mal. Les problèmes de vie c’est pas des maths, il n’y a pas de formule à appliquer, pas de théorème où il suffit de réfléchir et la solution apparaît. Il n’a pas de solution ;
Et lui dire qu’il est là pour elle serait cruel. Pourtant, paradoxalement, peut-être serait-il là pour elle, plus, mieux, comme avant. Rhil tend les bras vers elle pour l’enlacer, l’attirer contre son épaule, et refermer ses avant-bras pleins d’étoiles autour d’elle. Il soupire, douloureusement, mais il ne tremble plus. La larme silencieuse passe de sa joue aux cheveux d’Anastasia, tandis que ses doigts se glissent entre les boucles rousses, cherchant à l’apaiser. A s’apaiser aussi dans le geste familier et répétitif de la caresse sur son crâne, qui effleure sa joue, sa nuque, pour revenir se faufiler entre les mèches désordonnées. Il sent les larmes couler sur ses joues, dans sa barbe, dans ses cheveux à elle. Il devrait s’estimer heureux de ne pas renifler comme un gamin, de ne pas sangloter comme Anastasia, de ne pas avoir la voix qui tremble lorsqu’il reprend doucement. « - Si je savais comment faire, Ana, ce serait… je sais pas.

Il attire leurs corps vers le lit de la cabine, pour basculer l’un contre l’autre, mais son étreinte ne se desserre pas, étouffant les tremblements dans l’œuf. « - J’ai peur, aussi. » Parce que le silence n’est pas une vertu cardinale chez lui, que l’espace entre les étoiles est impossible à meubler, il parle à voix basse, le timbre rassurant, et les mots incohérents. Peut-être aurait-il dû lui parler avant. Ils parlaient mieux, avant tout ça, tous les deux. « - Je sais pas, Anastasia, je sais pas.» Un aveu douloureux pour lui le petit génie. Il ne sait pas comment faire pour être heureux non plus, il ne sait pas pourquoi la vie a décidé de se retourner contre Anastasia. Il comprendra jamais rien au corps militaire, pourquoi ils ont rejetés la jeune femme ; il ne comprendra pas ce qu’est être normal, ne pas se sentir seul à crever la nuit, ne pas se sentir ravager par la honte et l’angoisse, la culpabilité dès qu’il arrête de bosser pendant un instant.   « - Cela ne va jamais, ce n’est jamais assez, rien, je suis pas assez, et j’ai peur. J’ai pas de leçon à te donner. »Il murmure contre ses cheveux qui lui chatouille le visage, cueille ses larmes et ses doigts caressent ses boucles et sa peau, sans cesse, comme pour ensorceler ce dernier moment et les calmer jusqu’au sommeil. « - J’avais de l’espoir tu sais, d’être valable, un jour ou l’autre, de savoir… mais cela ne marche pas, c’est pire, toi aussi… j’y arrive pas… j'peux pas avancer, t'es pas... t'es pas mon job, et je suis pas ce que tu veux non plus...  » Il renonce à elle à eux, à une vie normale, à l’espoir de se sentir valable un jour ou l’autre.  Il n’a pas envie d’abandonner, ce n’est pas dans son caractère – il en aurait mis sa main au feu pour le prouver en tous cas. Et là il n’arrive pas à pronocner l’irrémédiable, il s’aveugle en fixant la paroi derrière eux, les ombres des plantes.  Il s’accroche à elle, un peu, surtout, parce qu’il ne veut pas la perdre. Et qu’il est lâche. Pourtant le non l’a déjà achevé, leur relation mort-née agonise et Rhil inspire profondément et cette fois il sent son corps trembler, il sent sa voix lâcher, se faire creuse et vide., étouffé alors qu'il se cache le visage contre son cou, comme pour étouffer un sanglot ou l'envie d'hurler, ou l'envie de fuir. Pour se forcer à articuler. « - Je veux pas qu’il y ait que ça, mais nous… c’est pire que s’il n’y avait que ça… Je…je suis désolé, c’était pas… c’est pas ce que je veux.» Il se recule un peu, et respire mieux cette fois, la voix calme comme s'il avait pris sa décision et il hoche la tête pour lui-même avant de la regarder avec gravité.. « -Je peux pas être ta seconde chance, Ana. Je suis pas un homme-trophée, ni un job de légionnaire, je suis pas capable de tout ça. Tu perds ton temps. »

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MessageSujet: (#) Re: I got your love letters, corrected your grammar and sent them back. | Anastasia & Rhil     Jeu 22 Fév - 15:25
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Ana & Rhil

C’est contradictoire. Tout en elle est contradictoire, paradoxal au possible. Parce qu’elle frissonne lorsqu’il se rapproche, partagée entre l’envie de reculer pour leur éviter de se faire un peu plus de mal et celle qui consistait à se blottir dans ses bras, incapable qu’elle était de faire le grand saut. Elle avait pas envie de partir, craignait d’affronter ses démons toute seule. Elle avait pas été assez forte pour s’octroyer le travail de ses rêves, elle craignait de ne pas l’être non plus pour faire face à cette réalité. Parce qu’elle se fait plus confiance Ana, prenant conscience du fait qu’elle avait peut être imaginé et idéalisé ses forces depuis tout ce temps. Elle était pas si bien que ça. Pas capable de mener sa vie toute seule. Alors rompre, se séparer de Rhil, lui semblait être impossible à faire. Malgré le mal, malgré le fait qu’il n’était pas suffisant et qu’elle n’était pas non plus suffisante pour lui -une pensée qui lui donne la nausée et ravive sa colère vis-à-vis d’elle-même chaque fois qu’elle y pense-, elle ne voulait pas qu’il la laisse. Pourtant, cela semble presque évident, que ce n’est qu’une rupture amoureuse -si tant est qu’ils aient été amoureux l’un de l’autre- et que cela ne les empêcherait probablement pas de se retrouver. Ce ne serait simplement plus sous les draps, plus durant des étreintes charnelles censées apaiser leurs maux et leurs douleurs. Mais elle a peur, autant que lui bien qu’elle ne s’en rende pas compte. Et elle sait pas comment gérer ça, comment gérer de nouveau sa vie. Elle est belle tiens, la femme forte et indépendante, réduite à s’accrocher à une relation vide de sens afin d’avoir l’impression d’être importante. Au moins pour une personne. Echec. Le mot la marque au fer rouge, balaie le reste de ses pensées pour prendre toute la place au fond de son crâne. Ça suffit à faire redoubler les sanglots, ceux là même qu’elle ne savait pas réprimer ou contrôler, comme tout le reste. Et elle s’excuse, d’être ce qu’elle est, de pas être suffisante, de pas être assez forte. Elle s’excuse d’être lamentable au point qu’il doive porter l’ensemble de la situation sur ses épaules, au point qu’il doive encore la rassurer et l’apaiser, comme on tente de calmer une gosse après un cauchemar. T’es pathétique Ana, et tu t’en voudras dans quelques heures de l’avoir été. Pour le moment en revanche, tu te contentes de te laisser aller, parce que t’as l’impression de n’avoir pas eu l’occasion d’exploser de la sorte depuis une éternité.

Devenue poupée de chiffon, plus docile qu’elle ne l’a jamais été, la milicienne s’abreuve des excuses de son compagnon, comme pour se rassurer. Ce n’était pas entièrement de sa faute. C’était un peu de la sienne à lui aussi. Les torts étaient partagés, elle n’était donc pas si minable que ça. Et elle se laisse faire, une fois de plus, lorsque l’astronome se rapproche d’elle et se décide à l’enlacer. Elle s’accroche à cette étreinte, collant son front contre l’épaule ainsi offerte, continuant d’y sangloter un instant, avant de trouver le courage, ou l’audace, de nicher son visage dans le creux de son cou. Ce n’avait peut-être pas été de l’amour, du moins rien qui ne soit parfait, rien qui ne soit vraiment ravageur, mais elle pouvait pas s’empêcher de croire que ça avait dû y ressembler malgré tout. Suffisamment pour que l’odeur du blond, la chaleur qui émanait de lui et le sentiment d’apaisement qui l’habitait lorsqu’elle effleurait sa taille du bout des doigts, la rassurent. Peut-être que tout n’était qu’une question d’habitude, la jeune femme ayant appris au fil des mois à se raccrocher à lui, à profiter de ce qu’il pouvait offrir bien que cela n’ait jamais été suffisant. Alors elle s’agrippe encore, toujours, inlassablement. Elle frissonne en sentant cette main dans ses cheveux, qui descend jusqu’à sa nuque. Bon dieu, qu’est ce qu’elle aimait ça. Elle a toujours aimé ça. Et il y a ces larmes, bien qu’elle soit incapable de savoir s’il s’agissait des siennes ou de celles, silencieuses, de Rhil. Elle ne sait d’ailleurs pas pourquoi il la fait ainsi basculer sur le lit, sans jamais la relâcher. Elle est confuse, sûrement que lui aussi. Tous deux partagés entre la nécessité de se séparer et leur besoin viscéral de ne pas rester seuls, surtout avec leurs propres démons. Des démons qu’ils n’avaient jamais réussi à braver, ou à chasser mutuellement. Ils ne s’aidaient pas, dans le fond, se contentant de croupir tous les deux dans la même geôle. Elle devrait, trouver le courage de se barrer, de claquer la porte au pire, si cela peut lui faire du bien et faciliter les choses. Mais elle n’y arrive pas.

Elle y arrive encore moins lorsque, toujours lovée contre l’homme, ce dernier lui avoue avoir peur. Malgré tout, ça l’apaise. Elle sait pas si c’est dû à leur proximité, à ces caresses incessantes ou à ces mots qu’il lui offrait et sur lesquels elle se focalisait pleinement pour éviter d’avoir à penser. Mais elle cesse de pleurer, progressivement, malgré quelques hoquets de temps à autre, malgré le cœur qui bat à la chamade et les tremblements qui mettent encore un moment à s’apaiser. Elle l’écoute, sûrement plus attentive que jamais. Elle grimace dans son cou aussi, consciente de ce que ça lui coûte que de lui avouer tout ça. Elle s’en veut un peu plus, mais s’abstient du moindre commentaire. Elle n’était pas son travail, en effet. Elle avait compris, sûrement depuis longtemps, qu’elle n’égalerait jamais les étoiles tatouées sur le corps du blond. Elle serait jamais aussi bien que l’immensité de l’espace, que tous les calculs qu’il pouvait faire. Anastasia en vient à se demander pourquoi, cherchant une fois de plus pourquoi elle avait merdé, en quoi elle n’avait pas été assez bien. Trop sanguine ? Trop vulgaire ? Trop brûlante de rancœur pour tenir la comparaison avec les calculs froids auxquels il s’adonnait tous les jours ? Etait-ce aussi simple que ça ? Le feu et la glace, incompatibles pour des raisons évidentes qui leur auraient pourtant échappées. Peut-être. Car lui n’était pas assez présent, pas assez… Pas assez tout. Bloc de glace, ô combien solide mais ô combien éloigné du feu follet qu’elle incarnait. Et elle le détruisait, à se raccrocher à lui, à ainsi chercher à puiser quelque chose pour se rassurer. Elle le tuait, et Anastasia comprend à cet instant précis qu’elle ne voulait pas de ça. Elle voulait pas lui faire mal, encore moins alors que cela ne menait à rien et ne l’aidait nullement en retour. Elle voulait pas. Mais elle sait pas abandonner Ana, elle sait pas renoncer, à rien. Incapable de se détourner de ses échecs, de ses sentiments aussi nocifs soient-ils. Et de ce fait, elle était incapable de renoncer à lui, de le laisser partir ou même de lui tourner le dos. Pourtant elle se rend compte que c’est ce qu’il y a de mieux à faire. Mais y a toujours eu un monde entre la théorie et la pratique, pas vrai ?

Rhil doit sûrement s’en rendre compte lui aussi, car la milicienne perçoit bien le changement de ton. Elle entend bien la voix qui se brise, ce visage qui semble creuser son cou à la recherche d’une ouverture dans laquelle s’engager, pour fuir. Elle comprend les efforts, les tentatives pour faire ce qu’elle était incapable de faire, et instinctivement cela la pousse à remonter une de ses mains jusqu’à la nuque du blond. Elle masse celle-ci, tendrement, accroche quelques mèches de cheveux au dessus, en douceur. C’est une invitation, un pardon, un signe de sa compréhension, un encouragement. Tout ce bordel à la fois. Ça fait mal, quand même, de l’entendre dire que c’était pas ce qu’il voulait. Que tu n’étais pas ce qu’il voulait. Mais il ne s’agissait que de la formulation de non-dits présents depuis bien longtemps. C’est pas surprenant en soi, c’est pas aberrant. Mais ça fait mal. Ça fait mal de l’admettre, de renoncer, de pas savoir quoi faire ensuite. Alors elle prend une profonde inspiration, deux même, avant de laisser glisser sa main le long de la nuque puis du cou de Rhil tandis qu’il s’éloignait progressivement, si bien que ses doigts finissent par ne plus le toucher. La milicienne l’observe, sans un mot, ayant définitivement fini de trembler ou de pleurer ou de faire une crise quelconque. La respiration est apaisée et bien qu’elle demeure relativement tendue contre lui, elle ne se détourne pas, ancrant son regard dans le sien. Un léger ricanement monte de la poitrine, sans vraiment lui échapper, alors qu’elle l’écoute lui dire qu’il n’était pas un homme trophée. L’avait-elle vraiment considéré ainsi ? Elle sait pas. L’idée qu’il puisse lui dire qu’elle perdait son temps ne lui plaisait pas non plus, la renvoyant au fait qu’on décidait de tout à sa place. N’était-elle pas libre de se battre si elle le souhaitait ? De s’accrocher ? De se faire du mal ? …. Si. Mais elle lui faisait surtout du mal, à lui. Sûrement qu’il essayait de la mettre un peu en colère, suffisamment pour qu’elle cesse de s’agripper à lui. Casse toi Ana. Chuis pas assez bien pour toi. Et tu l’es pas assez pour moi. Casse toi. Casse toi. C’est le message qu’elle interprète, le sous-entendu qu’elle capte.

« D’accord. Un souffle, après un silence interminable qu’elle aura passé à l’observer, guettant quelque chose au fond de ces prunelles qu’elle connaissait si bien désormais. Un hochement de tête, comme pour se donner du courage ou appuyer ses propos, et la voilà en train de se défaire doucement mais fermement de l’étreinte de son compagnon. Elle pivote pour se mettre sur le dos, fixe brièvement le plafond avant d’inspirer profondément, achevant son mouvement pour atterrir de l’autre côté du lit. Elle se redresse, délaissant ce dernier, encore entièrement nue. Il lui faut peu de temps pour récupérer ses vêtements de la veille, pour les enfiler simplement bien qu’une certaine précipitation semble imprégner ses gestes. Un quelque chose de subtil, qui tend à prouver qu’elle veut vite en finir. Je repasserai, pour prendre ce qui peut encore traîner. Ils se faisaient confiance, et il n’avait donc pas fallu attendre longtemps pour que la milicienne impose quelques une de ses affaires dans la cabine de l’astronome, tant cela lui semblait naturel, et nullement dérangeant. Ce n’était que du matériel de toute façon, qu’elle s’évitait ainsi de trimballer chaque fois qu’elle voulait passer la nuit avec lui. Elle récupère son terminal à elle, qui traînait non loin du lit, l’attachant sommairement à son avant bras. Elle se racle la gorge, celle-ci étant incroyablement sèche, et ignore le reflet que lui renvoie un miroir. Elle voulait pas voir à quel point elle pouvait être pathétique. Et une fois qu’elle est prête, prête à juste rentrer chez elle, à mettre tout ça derrière eux, prête à claquer la porte, elle demeure là. Elle demeure, immobile près de l’entrée, son regard s’attardant partout comme à la recherche de quelque chose d’important qu’elle aurait oublié. Le courage s’étiole, son assurance également. Elle se dit que c’est qu’une blague, que ça peut pas se finir comme ça, que c’est… Non. Une inspiration, un frisson, et elle relève les yeux vers le blond. Elle sait pas si elle lui en veut et si c’est le cas elle ignore à quel point. Les prunelles de glace dévient un bref instant, et observent le terminal de l’astronome toujours sur le bureau. Alors il y a l’esquisse d’un sourire, amer et triste à la fois. Mais c’est cette vision qui tend à lui rappeler pourquoi ils faisaient ça, pourquoi ce soir, pourquoi cet échec de leur relation. Bonne nuit, Rhil. » Un dernier coup d’œil en sa direction, toujours aussi triste quoi qu’un peu plus tendre tant elle se refusait à juste le blâmer lui. Elle voulait pas le perdre, au fond, bien qu’elle ne souhaitait pas non plus le revoir dans l’immédiat. Trop compliqué, trop douloureux. Alors elle finit par s’éloigner définitivement sur ces quelques mots, s’approchant de la porte et la laissant coulisser, après l’avoir déverrouillée, pour mieux quitter la cabine. Elle sait pas combien de temps elle aura passé adossée contre un mur à peine plus loin, partagée entre l’envie de pleurer à nouveau et celle de tabasser quelqu’un juste pour éprouver un sentiment qu’elle jugeait moins pathétique : la colère. Avec le temps, elle oubliera également le sentiment de honte, de douleur infinie, la façon qu’elle avait de baisser les yeux le temps de retrouver sa cabine afin que personne ne puisse voir son évidente détresse. Mais elle aura beau conserver de bons rapports avec Rhil par la suite, elle n’oubliera jamais vraiment cette rupture. Echec.

- BLACK PUMPKIN


† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


Rosa, love of my life:
 
MessageSujet: (#) Re: I got your love letters, corrected your grammar and sent them back. | Anastasia & Rhil     

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