cold bitch, controlling conversator / lh
MessageSujet: (#) cold bitch, controlling conversator / lh     Jeu 30 Aoû - 22:38
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Une autre tâche dans son interminable liste mentale pouvait être enfin rayée. Evelyn s’accorde un instant pour souffler, se posant dans le fauteuil d’un des opérateurs qui était en pause, peu soucieuse de s’arroger la place de quelqu’un de façon indue. La vice-capitaine observe son propre reflet dans un écran éteint, satisfaite de remarquer que la cache-cernes qu’elle s’était procuré – à fort prix auprès d’un marchand qui avait eu la brillance de se stocker dans des essentiels avant l’interruption du commerce – avait les résultats escomptés. Plutôt qu’un teint blafard dû au manque de sommeil et à ses habitudes alimentaires désormais de plus en plus négligées, elle pouvait se vanter d’une peau presque parfaitement égale, un autre mensonge qu’elle préférait pourtant à la réalité. Son rôle de vice-capitaine était plus ardu à maîtriser qu’escompté, même si elle camouflait sous une façade d’autorité et d’assurance infaillible la peur presque irrationnelle de faire une énorme bêtise. Déjà quelques mois qu’elle occupait le poste et rien à signaler, ce qui aurait dû la rassurer, mais ça faisait plutôt naître en elle la crainte que l’erreur soit d’autant plus décevante en raison de sa relative expérience. Elle fait pivoter le fauteuil, les jambes croisées, pour observer un instant l’équipage qui s’active sur le pont dans un ballet chaotique, mais qu’elle savait efficace. La porte du pont glisse sur son rail et elle tourne la tête vers le bruit, n’ayant pas vu le capitaine depuis le matin et se demandant s’il faisait enfin son entrée sur le pont après quelque joute verbale avec le conseil. Or, c’est l’opérateur dont elle a subtilisé la chaise qui se présente et elle bondit hors de son perchoir pour lui laisser la place, échangeant avec lui quelques banalités et une excuse à demi-mot.

Quelques pas en direction de la console centrale et son terminal s’emballe – elle s’empresse de le presser contre son oreille, répondant par un monosyllabe qui ne faisait que témoigner de la rigueur des communications sur l’Argus One. Le temps, après tout, était leur ressource la plus précieuse. « Un inspecteur de la milice voudrait parler au capitaine », qu’on lui annonce simplement, et elle manque d’échapper un pouffement de rire narquois. Puis quoi, encore, un quartet de musique de chambre voulait égayer la salle de contrôle? Lorsqu’ils n’étaient pas en service, peut-être, mais ils avaient largement autre chose à faire que de perdre leur temps avec la milice. Surtout le capitaine. « J’arrive. » Inconsciemment, c’était peut-être la partie de son travail qu’elle préférait : être l’écueil sur lequel s’échouaient ceux qui osaient solliciter le capitaine sans passer par les canaux officiels, les audacieux qui arrivaient spontanément et qui espéraient visiblement qu’il n’avait rien d’autre à faire que de les amuser. Sans attendre, elle se met en marche, le pas rapide, jusqu’à l’endroit où elle savait l’inspecteur retenu – le dernier rempart accessible aux civils, et il en était un, qu’il apprécie ou pas – jusqu’à finalement reconnaître, de l’autre côté d’une porte qui s’ouvre sur son passage, le milicien qui avait communiqué avec elle. Un hochement de tête se voulant reconnaissant lui est aussitôt rendu et le garde comprend qu’il est temps de s’éloigner.

« Le capitaine ne peut pas vous recevoir pour l’instant. En quoi puis-je vous aider? » Son ton est froid, mais cordial, ses mains croisées derrière son dos. Son interlocuteur avait beau avoir pratiquement trente centimètres de plus qu’elle, il ne l’intimidait pas par sa carrure, ni par son titre. En l’absence du capitaine, elle était responsable de tout ce qui se tramait sur le vaisseau, après tout. S’il voulait parler à la personne responsable, c’était elle. S’il souhaitait parler précisément à Khan Andak, alors il faudrait attendre qu’il raccroche son uniforme pour la journée. Ailleurs.




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MessageSujet: (#) Re: cold bitch, controlling conversator / lh     Ven 31 Aoû - 22:16
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Quelle affaire à la con. Une entreprise de Keller avait exprimé des plaintes contre les responsables des docks du Colossus qui semblaient leur avoir retiré les droits d'accès à certaines plateformes d'amarrage sans raison apparente. Mais surtout sans en avoir le droit. Les rapports avec Keller étant ce qu'ils étaient, la défense intérieure avait décidé d'envoyer un inspecteur pour comprendre l'histoire et mettre un terme aux doléances des uns et des autres et bien entendu, c'était Holloway qui s'était vu forcer la main pour prendre l'affaire, punition de plus pour un truc qu'il se souvenait même pas avoir fait, mais qui ressemblait bien à son style.

Sauf que l'inspecteur Holloway, il s'en battait les couilles de leurs problèmes de gamins, il s'occupait pas des affaires de troisième classe normalement, alors autant dire que le début de l'enquête avait commencé avec son lot de menaces, de cris et d'indignations de tous les côtés, Ledward étant d'un humeur de chien au possible. Son partenaire assigné du jour, un bleu qui savait pas où se foutre, avait été chargé de rester derrière pour calmer les mœurs une fois les questions posées et les réponses obtenues. Putain ce qu'ils pouvaient être con ces enfoirés de dockers, à pas vouloir comprendre que plus vite ils répondaient, plus vite il se casserait. Et les responsables étaient pires encore, tous à chercher à gagner du temps, à tourner autour du pot jusqu'à ce que Ledward leur mette la tête dedans. Pas de doute, il allait avoir du taff le jeunot. Lui aussi il devait avoir fait de la merde pour se retrouver avec lui.

C'est donc en laissant une liste de gens plutôt remontés, voir traumatisés derrière lui que Ledward finit par apprendre une bonne fois pour toutes que les ordres venaient d'encore plus haut. Sauf que plus haut, on changeait de débat, c'était directement le capitaine et sa clique et techniquement, ils avaient absolument pas le droit de faire du favoritisme, d'aucune sorte. Et remettre les pendules à l'heure à ces petits gars là, c'était pas exactement là même que de devoir secouer les prunes à des dockeurs miteux. Surtout le capitaine qui, soit dit en passant, avait toujours eu une aura de gros con aux yeux de Ledward depuis qu'il avait dû se le farcir pendant une ou l'autre enquête. Sauf qu'à l'époque il était pas capitaine. Putain de merde.

Il n'hésita pourtant pas à filer droit vers le pont, allant aussi loin que lui permettait son accréditation avant de finalement montrer son terminal à l'un des plantons du coin en lui disant que l'a milice avait besoin de poser des questions au capitaine. Bien entendu, comme on pouvait rien avoir facilement sur ce foutu vaisseau, on lui demanda d'attendre le bon vouloir de sa seigneurie sagement devant la porte, ce à quoi il répondit qu'il avait toute la journée à lui tenir compagnie si y avait que ça pour lui faire plaisir.

Finalement, il n'eut pas le temps d'attendre tant que ça, un petit quart d'heure à tout casser, avant que la porte interdite ne s'ouvre sur un petit bout de femme à l'air sévère qui allait, il en était sûr, lui casser les couilles plus efficacement que tous les autres réunis aujourd'hui. D'ailleurs, elle se lança directement dans le vif, pas de bonjour, pas de présentation, c'était tout de suite : le capitaine est pas là et vous me faîtes perdre mon temps. Mon cul, y s'plait à envoyer des larbins ouais. Pas n'importe quel larbin d'ailleurs, l'uniforme, la tête aussi, il les connaissait, comme les équipages de tous les autres vaisseaux de la flotte. Il souffla la fumée qu'il tirait sur son appareil depuis un petit moment déjà.

-'Specteur Holloway, lâcha-t-il. On m'envoie pour s't'affaire de docks. Y a eu des plaintes cont'vous, et par vous, j'veux dire le cap'taine.

C'était un raccourci un peu rapide, de la triche en quelque sorte. Les plaintes étaient pas entièrement contre le capitaine, mais contre l'organisation du vaisseau, mais c'était déjà une façon de voir comme elle allait prendre la nouvelle, et à quel genre de coopération il allait pouvoir s'attendre, bien que le plus évident semblait qu'il n'allait rien tire de bien agréable de cette femme. Dommage, elle était pas dégueu à regarder.

-J'viens pour régler s't'histoire, voir s'qui est vrai de s'qui l'est pas. Z'êtes sûr qu'il est pas dispo, le cap'tain ?

Quite à se friter avec quelqu'un, autant gagner du temps et le faire directement avec le chef en personne, il avait pas le temps de se farcir toute la hierarchie.
MessageSujet: (#) Re: cold bitch, controlling conversator / lh     Mer 5 Sep - 3:55
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Evelyn fronce presque imperceptiblement les sourcils au langage de l’homme, qui se plaît visiblement à couper ses syllabes au maximum, comme si ça lui ferait économiser du temps. L’arrogance qui émanait de l’inspecteur ressortait inexorablement par les narines de la vice-capitaine alors même qu’elle n’avait été en sa présence que pendant quelques secondes, ce qui laissait présager le pire pour la suite de la discussion. Ou plutôt, de l’interrogatoire, à en croire ce que lui disait le milicien glorifié – à savoir, mettre les choses au clair concernant l’histoire des docks, les détails de laquelle histoire échappaient à la brune, même si elle était au courant des restrictions en vigueur. Elle se garderait pourtant de l’admettre, se contentant de décocher vivement à l’homme un sourire aussi froid que forcé, même si elle aurait nié toute forme d’hypocrisie. C’était sa voix contre la sienne, après tout. « Je crois que nous nous sommes mal compris, ’specteur », qu’elle entame, avec une emphase marqué sur le titre qu’il avait lui-même écorché et qu’elle se faisait un plaisir de remettre sous son nez. « Le capitaine a autre chose à faire, et c’est à moi que revient donc l’ingrate tâche de gérer les obtus inspecteurs qui auraient des griefs à investiguer. » La dentelle avait depuis les premières secondes laissé place au fer de ses remarques incisives, malgré le ton doucereux et l’absence entière d’animosité au profit d’une courtoisie forcée. Il y avait quelque chose dans l’aura de l’inspecteur Holloway, dans ce qu’il dégageait sans doute bien malgré lui qui lui puait au nez et qui l’empêchait de faire son travail avec tout le stoïcisme dont elle savait pourtant faire preuve.

Elle soutient un instant le regard de l’homme, puis se voit dans l’obligation d’abdiquer temporairement. « Loin de moi toutefois l’intention de nuire à votre travail d’enquête. Suivez-moi. » Un ordre plus qu’une véritable demande, elle dépasse sans le moindre regard supplémentaire l’inspecteur, se dirigeant vers une salle, non loin, où ils ne bloqueraient pas l’entrée du pont de commandement – et seraient à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes. Elle n’avait pas le choix, Evelyn, d’obtempérer au moins partiellement. L’obstruction à la justice stellaire était un crime dont elle n’avait aucune intention d’être accusée, ni de près, ni de loin. Sans prendre la peine de s’asseoir, elle revient à la charge, soucieuse d’être en mesure de mettre rapidement l’inspecteur à la porte. « Que disiez-vous à propos des docks, donc? Des plaintes? » Elle se rappelait exactement ce que l’inspecteur avait dit. Il y a eu des plaintes contre le capitaine. Ça lui semblait gros, exagéré, voire impossible. La population avait bien d’autres niveaux de sous-fifres et de fonctionnaires à blâmer avant d’en venir au capitaine, et elle ignorait ce que l’homme pouvait bien avoir à faire à en venir directement aux plus hauts échelons de l’autorité du Colossus 5. « Avec tout le respect que je vous dois », c’est à dire aucun, « permettez-moi de vous demander : pourquoi ne pas vous adresser aux contrôleurs et aux autorités douanières responsables des docks? » Il avait sans doute une raison et se ferait invariablement un plaisir de la lui expliquer en termes bien idiots, histoire qu’elle comprenne. Ça l’irritait d’avance.




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MessageSujet: (#) Re: cold bitch, controlling conversator / lh     Mer 5 Sep - 17:16
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À peine sa propre présentation faite, Ledward trouva une raison de plus de se renfrogner, rangeant sa tireuse à fumée dans sa poche à geste lent alors que ses yeux se plissaient imperceptiblement devant les libertés qu'elle prenait quant à la façon de s'adresser à lui. Se foutre de sa gueule alors qu'il venait de se présenter comme un inspecteur de la milice ne serait déjà pas passé en temps normal, mais lorsqu'en plus de ça elle en rajouta une couche pour l'insulter, la mâchoire de Ledward se crispa. N'importe qui d'autre aurait déjà fini attaché au premier meuble à porté, avec éventuellement un œil au beurre noir, juste pour la forme et une menace de garde à vue voir de cellule de dégrisement pour injure sur un officier en fonction.

-'Va vous falloir changer d'ton si vous voulez pas qu'des ennuis différents vous tombent d'ssus, menaça-t-il. J'suis sûr qu'y s'ra p'tet plus pressé d'me parler, l'capt'aine, si sa s'conde est en garde à vue pour manque de respect sur un garant d'la paix en uniforme.

Son regard resta rivé dans le sien, sans faillir, ombrageux sous ses sourcils froncés par la contrariété alors qu'il maudissait un peu plus ses supérieurs de l'avoir embarqués là-dedans. Cette bonne femme avait intérêt à se rappeler qu'elle n'était pas au dessus des lois malgré son poste et que si elle l'avait eu, c'était justement parce que quelqu'un d'encore plus important avait été exécuté pour faute grave. Il ne souhaitait bien entendu pas en arriver jusque là, il regretterait immanquablement la vue qu'elle lui procurait, malgré cette insidieuse envie de l'étrangler qui prenait de la place dès qu'elle ouvrait la bouche.

D'ailleurs, elle finit par reprendre la parole pour se plier malgré tout à ses exigences, à savoir qu'il avait des questions à poser et qu'elle allait devoir lui répondre si elle ne souhaitait pas être taxée d'obstruction à la justice. P'tain mais il est où s'connard de bleu ? C'est maint'nant qu'j'en ai b'soin, fait chier ! Ils allaient avoir besoin d'un arbitre, que ça soit pour compter les points ou séparer les belligérants si les choses empiraient. Le plus dur allait être de rester celui qui n'était pas en tort. Il n'avait que peu de succès sur cet exercice, généralement.

Il la suivit donc, ne manquant pas de la scruter au passage pour essayer d'en apprendre un peu plus sur le morceau auquel il s'attaquait, notant la raideur, mais aussi la précision de ses mouvements, leur économie presque mécanique, comme si chaque seconde gagnée pouvait être stockée, accumulée, puis utiliser à des tâches plus importantes, plus tard. De la contenance aussi, Ledward en était sûr. Il n'était pas le propre de l'humain que de rester constamment ainsi sans aucun moyen de se détendre. Son attitude criait l'obstruction qu'elle ne manquerait pas de lui opposer, mais aussi l'arrogante certitude qu'il ne valait même pas le quart de l'attention qu'elle lui accordait.

Contrairement à elle, il ne manqua pas de se diriger vers la première chaise qu'il trouva pour s'y installer, sortant machinalement sa cigarette électronique de sa poche alors qu'il rivait une nouvelle fois les yeux sur elle. Rien ne devait lui échapper, car elle ferait en sorte de ne rien lui offrir facilement. Autant pour la putain de coopération. Encore une qui avait pas l'air de capter que plus vite on répondait à ses questions, plus vite il décampait.

-M'dame la Vice-Capt'aine, avec tout l'respect qu'je vous dois, entendre de moins en moins, vous d'vez vous douter que si j'suis là c'est qu'j'ai d'jà payé une p'tite visite à tous les intermédiaires.

Il tira sur sa cigarette électronique, ses gestes restant lents et mesurés pour le moment, conservant son agressivité pour un autre moment.

-Y s'trouve qu'les plaintes viennent d'une compagnie Kellarienne et qu'vu les récents événements, faudrait voir à pas trop j'ter d'l'huile su'l'feu a'ec eux. Il découvrit son terminal pour lui donner le nom de l'entreprise qui avait déposé les plaintes, puis le fit disparaître sous sa manche avant de reporter son attention sur elle. L'capt'aine aurait pas eu des accrochages avec, y a pas longtemps ? Pa's'que v'là s'qu'y disent : y disent qu'on leur refuse partiellement l'accès aux docks sans raisons.

Inutile d'être un génie pour savoir ce qu'un accès limité à l'amarrage sur la flotte pouvait provoquer comme conséquence pour une entreprise marchande. Moins de marchandises déballées. Moins de profit. Une moindre chance de s'imposer à faire du profit sur la flotte. Le capitaine avait cependant pour devoir d'être impartial, ce qui, pour le moment, ne semblait pas vraiment avoir été respecté.

-Et vos subordonnés là, y m'ont tous dit qu'les consignes v'naient d'plus haut, qu'y z'y pouvaient rien.

Et plus haut, c'était le capitaine ou la vice-capitaine.
MessageSujet: (#) Re: cold bitch, controlling conversator / lh     Ven 14 Sep - 22:20
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« Les réactions des autres sont relatives à sa propre attitude, inspecteur », note-t-elle simplement alors qu’elle achève de mener Holloway à l’écart. L’abus de pouvoir était tout aussi inacceptable dans ses fonctions d’agent de la paix que dans celles de vice-capitaine d’Evelyn, et il ne l’aurait pas à ce jeu-là. Les bras croisés, elle l’observe alors qu’il s’installe sur la chaise, consciente qu’elle devrait jouer habilement ses cartes si elle voulait préserver le capitaine des questionnements de l’inspecteur sans avoir l’air de vouloir lui mettre des bâtons dans les roues. « Je vois », fait-elle simplement alors que Holloway lui renvoie sa délicate formulation, peu impressionnée par sa répartie malgré tout. Le fait que les plaintes viennent de Keller était relativement logique, à bien y penser. La machine bien huilée du transport interflotte avait été récemment réévaluée à la lumière des incidents qui avaient touché le Colossus 5, et les Stellariens s’étaient montrés fort compréhensifs à cet égard. Quant à Keller et à leurs accès aux docks, il fallait vite qu’elle trouve une façon de contourner ce souci… parce qu’elle n’était pas au courant.

C’était un problème.

Malgré tout, elle ne réprime pas un petit rire narquois, les bras croisés sur sa poitrine, s’appuyant contre le mur face à l’inspecteur. « Entre vous et moi, je trouve insultant que vous soyez collé à un dossier de si… » La pause qu’elle marque est stratégique alors qu’elle lui adresse un petit sourire désolé, la tête penchée sur la droite. « … moindre importance pour les intérêts de la population. » Pour rester polie. Ses bras se décroisent, laissant entrevoir un certain réchauffement vis-à-vis du questionnement de l’inspecteur. « Je conçois que les intérêts commerciaux de certains marchands soient lésés en raison de certains événements, mais tout cela est entièrement hors de notre contrôle. Une grande partie de nos docks sont encore en réparations ou en quarantaine jusqu’à ce que les ingénieurs puissent en assurer l’intégrité, et entre temps, nous avons même dû faire dévier des navettes vers l’Hélios pour le transport des Stellariens. Quant aux marchands kellariens, certains cargos essentiels ont priorité sur le reste et les petits luxes et des cargos moins conséquents devront malheureusement attendre que nos installations soient à nouveau entièrement opérationnelles pour pouvoir s’amarrer aussi souvent qu’ils le souhaitent. » Son regard est assuré, pas dur, mais confiant – elle ignorait elle-même d’où elle extrayait le courage d’inventer de telles choses. Elle avait souvent entendu que les meilleurs mensonges étaient ceux qui comportaient une part de vérité; sans doute était-ce vrai.

Elle lâche un soupir dépité, balançant un pied dans le vide avec lassitude, le regard baissé, avant de l’ancrer contre le mur, en équilibre sur une jambe. « Le capitaine ne fait pas d’affaires directement avec les commerçants, tout passe à travers les commissaires, qui ne sont pas de notre ressort malheureusement. La seule résistance que l’on peut percevoir est celle imposée par nos restrictions logistiques, que nous tentons de régler le plus rapidement possible. » Elle espérait que cela suffirait à calmer les ardeurs de l’inspecteur, qui semblait prêt à lui sauter à la gorge – ce qui aurait été davantage à l’avantage d’Evelyn que de Holloway, qui aurait eu bien du mal à opposer son comportement dangereux à quelque perception d’insolence. Quelque part, elle trouvait réellement dommage que l’inspecteur ne soit pas en train de plancher sur quelque chose de plus important que des considérations commerciales, justes ou non.




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MessageSujet: (#) Re: cold bitch, controlling conversator / lh     Dim 16 Sep - 16:46
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Putain j’vais m’la faire. D’une façon ou d’une autre. Il ne savait pas encore ce qu’il pensait par là. Cependant, c’était bien là la seule pensée cohérente qu’il réussit à aligner lorsqu’elle se permit de l’insulter une fois de plus en lui remettant la tête dans la merde de cette affaire à la con. Ouais, il aurait pas dû se retrouver là, sauf que s’il y avait effectivement anguille sous roche, sa présence serait entièrement justifiée et il se ferait un plaisir de passer lui-même les menottes aux responsables et de préférence, à Olsen en première. T’inquiète poupée, si t’as fait des conneries j’s’rais l’premier à l’savoir. Ne pas montrer sa colère et ses envies de violence était particulièrement difficile, il n’avait jamais vraiment réussi à les masquer. Aussi, son regard orageux lançait des éclairs et les muscles de sa mâchoire se contractaient par intermittence, mais le reste de ses mouvements étaient pour le moment soigneusement contrôlés. Ou plutôt réprimés.

-C’t’à moi d’juger s’il s’agit d’une affaire d’moindre importance ou pas, grinça-t-il.

Et vu les efforts qu’elle faisait pour le faire chier, y avait moyen que ce qui ressemblait à la base à une affaire de seconde zone se révèle être une magouille de plus sur ce vaisseau de malfrats. Il ne s’en étonnerait même pas. L’expérience sur Merry Field lui avait de toute façon depuis longtemps appris que quand on trouvait de la merde en bas, y en avait souvent à tous les étages. Dire qu’il s’attendait à ce que ça soit différent sur la flotte. Il souffla un nuage de fumé sans chercher à l’envoyer dans une direction particulière. Les choses étaient effectivement légèrement différentes. Il y avait plus de subtilité dans les affaires du coin, moins de rentre dedans. Ça ne rendait les choses que plus dégueulasses à ses yeux, plus hypocrites.

Il écouta ses justifications sur les récents événements qui avaient conduit certains docks à êtres fermés, ou inutilisable pendant un temps, ou toute autre excuse qui justifierait que les commerçants ne puissent avoir accès à certains emplacement d’amarrage. Ça aurait pu se tenir, si d’autres compagnies s’étaient ainsi plainte. Cependant, un rapide tour des docks du Colossus lui avait suffit pour voir que certains vaisseaux estampillés du logo de certaines entreprises n’avaient visiblement aucun problème à trouver un point d’ancrage sur le vaisseau hangar de la flotte. Il avait fallu également se renseigner sur quelques unes de ces entreprises, pour essayer de comprendre s’il ne s’agissait pas simplement là d’un rapport de proportionnalité. Les grosses compagnies kellariennes avaient forcément plus de vaisseaux à déplacer, mais à tailles égales, il ne fallait pas encourager l’implantation de telle ou telle entreprise aux dépends d’une autre.

-C’est pas l’travail des commissaires, d’gérer les docks. C’est ç’ui des gens d’votre vaisseau, lui opposa-t-il en faisant tourner son engin entre ses doigts. J’me doute bien qu’le capitaine Andak a aut’chose à faire que d’traiter avec les commerçants, puisqu’il a pas celui d’venir me parler en personne, mais j’pense qu’vous m’ferez pas l’affront d’me dire qu’vous voyez pas qu’y a visiblement un problème.

Toujours assis sur sa chaise, il se pencha légèrement en avant, posant les avant bras sur la table, son index tapotant le boîtier de sa cigarette électronique, signalant son impatience. Il ne faisait toujours aucun geste brusque, conscient que s’il commençait, il aurait du mal à se calmer.

-J’vais voir les dockers : y m’disent qu’ils en savent rien. Bon, j’peux comprendre, c’est pas leur taff. J’vais voir les autorités portuaires : y m’disent qu’ils en savent rien non plus, là ça commence à sentir l’arnaque. J’vais voir les douaniers : y m’disent qu’ils ont autorisé le passage de l’entreprise sur la flotte sans restriction particulière, là ça sent le roussi. Il fit une grimace et un vague geste de la main. J’pose un peu plus de questions, j’me montre un peu moins poli et enfin on arrête d’me prendre pour un con et on m’dit qu’si j’veux des explications, j’dois m’pointer chez le capitaine en personne. P’tet qu’vous en savez rien, ou p’tet que vous vous foutez d’ma gueule depuis l’début, j’sais pas, mais j’sais qu’mes réponses, c’est l’capitaine qui les a. Il haussa les sourcils, comme attendant quelque chose. Y fait pas affaire avec les commerçants, mais visiblement, y s’fait accuser d’faire en sorte qu’ils en fassent pas tout court.

Il se remit à l’aise contre le dossier de sa chaise et tira un peu sur sa cigarette tout en mettant son pied droit sur son genoux gauche, sa main libre étant restée sur la table, à plat.

-Croyez moi qu’ça m’amuse pas plus que vous d’venir faire chier des compatriotes pasqu’y a des plaintes extérieures, mais y m’faut faire respecter la loi et la loi dit qu’aucune forme de favoritisme ou l’inverse doit être fait envers une compagnie ou un autre venant d’Keller. C’est d’la justice pure et simple. Une justice qu’est pas respectée et si les douaniers bloquent pas, c’est qu’le problème vient d’ici. Il fit une pause significative. Alors est-ce que j’peux parler au capitaine maint’nant ? Vous pouvez pas tout justifier par les réparations des docks. Tout s’que vous faites, c’est perdre vot’temps et m’faire perdre le mien, à rien savoir.

Il se battait toujours autant les couilles de cette affaire de dock, en revanche, il prenait à cœur la réception que lui avait donné cette femme. C’était jamais bon signe d’envoyer un inspecteur sur les roses dès le départ. Maintenant elle allait apprendre qu’il était du genre tenace.
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