Hopeless wanderers [Rosa]
MessageSujet: (#) Hopeless wanderers [Rosa]     Sam 18 Aoû - 10:13
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Elle voulait voir les poulets, quel homme était-il pour refuser? Il savait ce qu'elle voulait : bavarder. Pour lui peut-être, pour l'aider, pour elle aussi un peu, il l'espérait. Les relations humaines n'étaient pas le fort d'Olwen, cependant l'homme comprenait qu'une discussion était importante quand il y avait échange, que l'autre pouvait y recevoir quelque chose.
Rosa voulait le consoler (de quoi, sa solitude, sa mauvaise humeur permanente? Tout cela le définissait et la jeune femme le savait), la question était donc de savoir si elle aussi avait besoin d'être déchargée d'un chagrin quelconque. Elle en portait beaucoup, vivait avec également, et puis il y avait ses colères.
Etait-elle le fléau de leur génération, la colère? Lui-même avait les siennes, s'y noyait parfois. Il n'y avait rien à faire cependant, et Olwen l'acceptait.

Revoir Rosa était, au fond, une conclusion agréable à sa journée de travail. Avec elle, il se souvenait tout en possédant les barrières nécessaires pour ne pas se noyer dans sa mélancolie. Ils avaient été jeunes tous les deux, un gamin accompagné d'une morveuse. Rosa fut sans doute la première responsabilité qu'on lui donna dans la vie. Chaque soir après l'école, parce qu'ils vivaient voisins l'un de l'autre, lwen devait la raccompagner à ses parents. Pas “ses” parents lui avait-elle expliqué par la suite. Il n'y avait que sa mère, l'homme, il était pas son père.
Ah...
Lui, son père était son père et sa mère était sa mère. La vie était bien faite parfois....
Il l'avait amené à son lac finalement, la gamine, la morveuse. Il lui avait montré les fleurs et les animaux, les plantes même les plus dégoûtantes. Ca l'avait fait rire, ce qui ne manqua d'étonner Olwen : d'autres que lui pouvaient rire en voyant ce que la nature faisait aux plantes et aux animaux parfois? Il n'était pas si seul que ça alors, finalement....
Ou peut-être si, mais peut-être pas tout le temps.

C'est une fleur du lac qu'il lui donna par la suite, séchée, minuscule, tellement minuscule au fond. Pas aussi grosse qu'un poing, pas aussi grosse qu'un coeur humain. Juste une fleur du lac presque trop petite pour une promesse qu'Olwen avait peur de ne pouvoir garder même si c'était lui qui la prononçait. Cela lui avait juste semblé poétique pour le moment, cela lui avait semblé bien : “garde-la, on se reconnaîtra quand on se reverra.”
Olwen lui avait dit ça dans l'espoir qu'un jour les choses redeviendraient normales, que Bethany serait à nouveau leur terre d'accueil, leur foyer, pas un lieu duquel on leur ordonnait de s'enfuir, pas un lien dans lequel il se retrouvait clandestin, lui qui y était né pourtant, lui qui n'avait plus aucun droit d'y rester.

D'une certaine façon, retrouver Rosa comme il le lui avait prédit mais avec la dureté métallique d'une passerelle sous leurs pieds et la certitude à présent pour Olwen que Bethany était perdu, l'avait brisé encore un peu plus.
L'homme était heureux qu'elle soit là, Rosa représentait des souvenirs qu'il ne voulait pas perdre. Ceux du lac bien sûr, ceux des fins d'après-midi où, de mauvaise humeur, il devait lui donner la main pour la ramener chez elle. Et parfois Rosa était trop fatiguée, ou bien faisait semblant, alors il s'arrêtait, le temps de la hisser sur son dos, leurs deux sacs à la main, tanguant dangereusement du fait de cet équilibre instable de masses et de poids. Mais il la ramenait quand même.
Et Olwen se demandait, des jours comme celui-ci, alors qu'ils s'apprêtaient à se revoir : où pourrait-il la ramener après? Etait-ce vraiment leur foyer, ici, cette flotte?
Il restait son protecteur, n'abandonnait pas cette charge, ne le voulait pas. Cela voulait dire être là quand elle le désirait, cela voulait dire accepter de se faire consoler par elle lorsque l'envie lui en prenait. Et peu importe qu'Olwen ne puisse se sentir triste, après tout Rosa pouvait voir les choses autrement, peut-être était-elle plus proche de la vérité qu'Olwen ne voulait bien l'admettre. Il l'écoutait, ne suivait pas ses conseils mais l'écoutait.
Et quand elle désirait voir les poulets, ils y allaient.

Il quitta sa blouse blanche de scientifique important, verrouilla le laboratoire et rejoignit le dernier
lieu de villégiature connu des gallinacés. C'est que ça se déplaçait, ces bêtes là...

Rosa était déjà là, un seau de graines dans les mains. Il le lui prit, le calant contre son bras gauche avec la dextérité d'un homme habitué à utiliser plus un côté que l'autre. Des plantes, des poulets, des insectes aussi, mais ce n'était pas Bethany et la sensation des années lumières entre la Flotte et son monde natal lui creusa un noeud dans le ventre.
Comme d'habitude.

”Dure journée?”

Quelle journée ne l'était pas, pour Rosa? Olwen la voyait empoigner chaque minute, chaque seconde, comme une nouvelle guerre à mener. Tout pour elle donnait l'impression d'un combat. Etait-ce remarquable? Oui, car l'homme la voyait également toujours sortir victorieuse.
Et même si au fond, Olwen était perdu, cela ne l'empêcherait pas de porter Rosa quand même. Il ne savait pas où l'emmener, mais il pouvait au moins la porter....


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MessageSujet: (#) Re: Hopeless wanderers [Rosa]     Jeu 30 Aoû - 22:10
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Elle ne parlait pas souvent de Bethany, Rosa. Jamais, même, complexée par le trop peu de souvenirs qu’elle avait des quelques années qu’elle y avait passé, constatant à regrets qu’elle était bien plus Stellarienne qu’autre chose. Ces remords n’avaient rien à voir avec sa fierté d’être fille des étoiles – elle aurait simplement préféré être les deux, garder une bribe d’héritage colon en plus d’embrasser l’espace de tout son être. Il y avait peu de choses qui la ramenait en arrière, qui faisait ressurgir des souvenirs oubliés de son enfance, mais l’un de ces déclencheurs les plus infaillibles venait de la rejoindre dans l’un des dômes de l’Helios, dans le caquètement jovial des poulets qui se laissaient allègrement nourrir à grandes poignées d’elle-ne-savait-quoi, mais qu’ils semblaient aimer presque autant que les barres protéinées qu’elle leur avait donné quand elle les avait trouvés. « Pas particulièrement. » Elle lui décoche un sourire en guise de bonjour, glissant ses mains enfin libres dans ses poches, observant Olwen prendre le relais. Tous les jours étaient difficiles, depuis un moment, mais elle remontait la pente, ne pouvait que relativiser : la journée actuelle était soit pire ou meilleure que la précédente ou l’autre d’avant, mais elles étaient toutes difficiles, quoi qu’elle en dise.

Elle ignore la poule blanche qui lui picore le bout des bottes, plongeant la main dans le seau que tenait le scientifique avant de se pencher pour laisser quelques-uns des volatiles se nourrir à même le creux de sa paume. L’Helios était ce qu’ils avaient de plus proche de leur habitat naturel, et ça valait autant pour les gallus gallus que les deux homo sapiens qui en prenaient actuellement soin. Ça n’avait pas la splendeur du lac, la majesté de la silhouette du volcan qui avait inspiré le nom de la capitale qui avait été leur maison, la fraîcheur de la partie occultée et d’une brise refroidie par la proximité de l’eau. Or, il fallait faire avec, avant que Qiang ne soit atteinte et qu’ils se trouvent un autre lac à explorer, trente ans plus tard, l’âme juvénile malgré tout. « Ça me calme de les voir aller », qu’elle fait en se laissant tomber sur le sol, peu soucieuse de tacher son pantalon ocre d’un peu de terre ou de sable. Il avait déjà été largement sali de graisse de machinerie pour qu’un peu de poussière ne l’embête pas outre mesure. « J’me suis dit qu’il fallait te faire sortir un peu, mais j’allais pas t’emmener dans un bar ou un endroit bruyant, non plus. » Rosalija lui décoche un sourire en levant la tête, soucieuse de lui faire comprendre que c’était surtout avec son bien-être en tête qu’elle lui avait proposé la sortie. « T’as l’air d’avoir besoin d’un petit remontant, ces temps-ci. » À vrai dire, c’était l’état naturel d’Olwen et elle en était parfaitement consciente – il était comme ça même gamin, d’autant qu’elle se souvienne, et elle savait bien qu’une conversation ne suffirait pas à le débarrasser de cette constante introspection. Ça ne la dérangeait pas, Rosa, mais elle aimait savoir que si elle devait aller mieux, les autres allaient bien aussi, inconsciemment.




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MessageSujet: (#) Re: Hopeless wanderers [Rosa]     Sam 15 Sep - 12:41
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Pareil à la caresse triste d'un velours, le regard d'Olwen glissa sur Rosa. Il y avait toujours quelque chose de profondément trop sombre dans les yeux de l'homme, plus sombre que l'espace même peut être puisque là, aucune étoile n'y brillait, et il était difficile de soutenir ces yeux là, de les sentir sur soi.
Rosa le pouvait, Rosa y arrivait sans y voir la moindre insulte. Une des nombreuses raisons pour lesquelles Olwen avait pour elle comme une forme sacrée d'affection. Elle était son amie, comprenait de tristes choses de souffrances aussi.
La sincérité de la jeune femme, impossible pour lui d'en douter. De temps en temps (souvent) il se rappelait de la petite fille qu'il était obligé de porter sur son dos parce qu'elle avait mal aux pieds. Ce n'était pas de mauvais souvenirs, il y en avait peu avec elle, avec Rosa.

Olwen se tourna vers son amie un peu plus. Peut-être s'en était-il allé trop loin dans ses propres ténèbres, peut-être la jeune femme l'avait alors rattrapé là, comme ça, avant qu'il ne s'égare sans plus pouvoir revenir de sa tristesse? Elle pouvait sentir ces choses là, Rosa. Elle pouvait les sentir chez lui, d'autres ne comprenaient pas.
Ne le comprenaient pas, et comment leur en vouloir? La mélancolie d'Olwen était trop profonde, trop égoïste, elle lui bouffait l'âme et sans elle, l'homme n'aurait pas d'autre identité que celle d'une coquille vide. Parfois, cette tristesse le menait à la colère, cependant cela faisait partie de lui tout autant.
Il leva la main, sa main libre, la posa sur la joue de la jeune femme. Sa manière d'être tactile était toujours étrange, il y avait quelque chose d'immobile en lui, de hiératique. Le voir bouger pouvait être comme une surprise, Olwen, bien plus statue qu'homme. Il bougeait pourtant, et sa main pouvait se faire douce, chaleureuse, amicale. Elle l'était, sur la joue de Rosalija, alors que le pouce caressait le coin des yeux de la jeune femme.

”Merci de prendre soin de moi, alors.”

Sincères, les mots, sincère, l'homme, et que dire de plus? Incapable de rejeter les efforts de son amie, incapable de la repousser, Olwen appréciait au contraire sa compagnie.

”La poule blanche vient de trouer ta botte....”

Ce qui pouvait être vaguement inquiétant : la mutation d'un gallinacé en sociopathe était-elle possible? En ce cas quelles conséquences pour la faune, la flore, les humains et leurs bottes? Non, Olwen était juste fatigué, il extrapolait, nourrissait simplement son esprit de théories fumeuses. Elles l'occupaient, lui donnaient de la compagnie.
Sauf qu'il avait de la compagnie, là, maintenant, il avait Rosa.
Bientôt quarante ans, et l'homme ne savait toujours pas comment se conduire avec les autres, comment être présent, simplement. Là, exister.
Est-ce qu'il existait? Oui, car son absence provoquerait un creux dans l'esprit de la jeune femme, dans ses souvenirs. Dans ceux d'autres personnes aussi...
Il ressemblait à une ombre peut-être, Olwen, mais il laissait des traces, bonnes ou mauvaises.


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MessageSujet: (#) Re: Hopeless wanderers [Rosa]     Mer 26 Sep - 23:21
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Peut-être qu’elle le considérait comme le frère qu’elle n’avait jamais eu. Il y avait de quoi; il l’avait supportée pendant des années, gamine rebelle et revêche en constant affront de sa mère et d’un second mari qui avait bien malgré lui remplacé son père, annihilant derechef tout incitatif à se tenir convenablement. Il y avait quelque chose d’apaisant dans la mélancolie d’Olwen, comme contagieuse, mais dans le bon sens; comme si Rosa réalisait soudainement qu’il n’y avait pas que sa personne dans la vie, que d’autres avaient besoin de son attention, et surtout, qu’elle ne se comporte pas comme une petite peste. Le biologiste – tout aussi gamin qu’elle à l’époque – avait passé de longues heures à la distraire, à la surveiller, à la trimballer lorsqu’elle se plaignait d’avoir les pieds endoloris par leurs aventures. Il n’avait pas tout à fait deux ans de plus qu’elle, mais il était sage, posé, infiniment plus mature qu’elle. Trente ans plus tard, il ne lui fallait pas plus que le contact familier des doigts d’Olwen sur sa joue pour la ramener en enfance, parmi les souvenirs les plus chers qu’elle couvait, jalousement. Son sourire s’illumine et elle pousse sa joue contre la paume de son interlocuteur, inconsciemment, comme un chat qui ne rechigne pas à se faire caresser sous le menton.

« Oh. » Elle avait baissé la tête et les yeux pour constater les dires du biologiste, la poule encore affairée à démolir ses bottes de travail sans trop s’en faire. Rosa hausse les épaules, se penchant pour attraper la poule dans ses bras. Le volatile ne se débat pas, plutôt attiré par les boucles brunes qui encadrent le visage juvénile de la docker. Même si son dernier contact avec les animaux – exception faite des présents poulets – remontait à quand elle vivait encore sur Bethany, Rosalija ne semblait pas singulièrement fébrile au contact de ceux-ci, comme si les piaillements incessants, plutôt que de l’irriter, la calmaient. « Elle est plus douée à passer à travers ma botte que je peux l’être à percer ton éternelle aura de mystère », s’amuse-t-elle, posant un regard chaleureux sur Olwen. Il n’y a guère de reproche dans la voix douce de la brune, rien qu’une bienveillance toute fraternelle qu’elle casse avec un peu d’humour. « T’sais que tu peux me dire des trucs, si t’as besoin. Autrement, rester ici en silence ça m’va aussi. J’ai juste pensé qu’un peu de compagnie, ça t’ferait du bien. » Ils ne s’étaient pas vus pendant les années charnières, et ça contribuait sans doute à la relation un peu enfantine entre les deux. Sans être superficielle, il n’y avait pas de tabous, vraiment, juste une appréciation de la compagnie de l’autre, quelles que soient les circonstances, une douceur qui rendait même les sujets difficiles et les conversations éreintantes un peu plus tolérables.

« Alors, du nouveau dans tes recherches? Tu bosses sur quoi, présentement? » qu’elle lui demande, le poulet toujours calé dans les bras. Il y avait un certain mystère, pour elle, dans tout ce qui était scientifique. Mise à part Elara – à qui elle n’avait toujours pas reparlé, après l’avoir invectivée publiquement sur une passerelle menant au Regina Mercy – elle n’avait pas vraiment d’amis proches qui avaient opté pour les sciences. Ça la fascinait toujours de savoir ce qui pouvait être au cœur des enjeux de la flotte, même si trop de détails faisaient en sorte qu’elle était rapidement perdue dans un dédale intellectuel. Elle avait de bons instincts, Rosa, mais elle était loin d’être cérébrale au point de briller dans les domaines techniques.




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MessageSujet: (#) Re: Hopeless wanderers [Rosa]     Mer 3 Oct - 12:46
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Elle était quelque chose de lui, cette femme avec une poule dans les bras. Rosa représentait ce qui arrivait quand Olwen se montrait humain et non ombre, cela avait son importance. Qu'avait senti l'homme réellement, des années plus tôt quand on lui avait présenté cette gamine? Rien de spécial à vrai dire, acceptant qu'elle fasse partie de sa vie à lui le temps de rentrer de l'école ou de quelques escapades loin des autres.
Même si cela signifiait la porter.
Ca lui amenait des questions dans la tête, des questions sans mots, qu'il formulait à peine, qu'il ne lui posait jamais : Chez toi, il y a quelqu'un pour te mettre sur son dos ou te prendre dans ses bras?

”Ma mère m'a fait lire un recueil de nouvelles de cet écrivain qui était pas mal apprécié sur Terre, Oscar Wilde. Quelque chose qu'elle tenait de ses parents à elle, c'était eux les colons... “

Tout en parlant, Olwen s'était agenouillé aux pieds de la jeune femme, touchant du bout des doigts ses bottes pour en évaluer les dommages. Il avait déjà eu ce genre de gestes avant, sur ses chaussures, sur ses chevilles aussi alors que Rosa, pour suivre les grandes foulées de l'adolescent, trébuchait aux cailloux de Bethany.
Une fois, cela avait été Olwen le blessé: une simple foulure à la cheville mais quelques kilomètres pour rentrer. Hors de question que Rosalija le porte... Avec patience, l'adolescent avait alors expliqué à la fillette comment lui trouver un bâton assez grand et le nettoyer pour en faire une canne acceptable.  Il se souvenait qu'elle n'avait pas eu peur, il se rappelait être rentré à cloche pieds, une main sur son bâton d'infortune, l'autre dans celle de la fillette, simplement.

”Dans l'une des histoires, il y avait un bal et une femme mystérieuse dont le narrateur ne pouvait percer le moindre secret malgré tous ses efforts. Il y mettait tout son temps, son énergie et sa santé, obsédé par cette femme et ce qu'elle représentait. Mais il ne pouvait rien trouver, tu sais pourquoi? Parce que de mystère, cette femme n'en avait pas. Un sphinx sans secret, et le fait de s'en rendre compte la rendit alors bien moins attirante pour le narrateur, qui en vint à la juger et la condamner de ce manque de goût... “

Il se releva, le mouvement ébouriffant quelque peu les mèches tantôt noires, tantôt grises, jusqu'à presque lui cacher les yeux. Entre l'homme et la femme, la poule caqueta, furieuse de quelque chose sûrement propre aux gallinacés.

”Je suis comme cette femme, je n'ai de mystère que celui que vous me donnez. En dehors de cela, il n'y a rien à part un homme incapable de supporter d'être déraciné. J'ai raté plusieurs marches dans l'escalier me permettant d'être autre chose, je crois....”

Elle disait vrai cependant : Rosa était là pour l'écouter. Olwen considéra la jeune femme un instant, en silence. Jusqu'à ce que la commissure de ses lèvres ne s'étire alors.
Un peu, un tout petit peu.
Aucune importance, son amie saurait voir le sourire, comprendrait que ça allait quand même. La tristesse d'Olwen était celle habituelle, n'appartenant qu'à lui. Il n'y avait rien de plus, il n'y avait rien de moins.
Si un jour les choses se devaient d'être différentes, oui, il lui en parlerait. Elle avais ses avis, Rosalija, et Olwen les estimait.

”Sur tout et n'importe quoi. Pour le court terme, nous aidons à garder en vie la faune et la flore et parfois nous agissons au jour le jour....Sur le long terme, j'étudie les évolutions. Nous ne sommes pas fait pour vivre dans un vaisseau, nous, les humains, de même que les plantes ou les animaux. Pourtant nous y sommes, et de fait les réactions des uns et des autres peuvent perdre toutes logiques. Des organismes peuvent se parasiter, parfois cela donne de bonnes choses, parfois non. C'est cela que je surveille, la manière dont évolue la vie dans ce vaisseau...”

Un haussement d'épaules, enfin.

”Et puis à titre personnel, je fais pousser le chou-kale de Bethany. Sauf qu'il est complètement rachitique....” 


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MessageSujet: (#) Re: Hopeless wanderers [Rosa]     Jeu 18 Oct - 22:03
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Elle lui avait assuré qu’elle était là pour écouter s’il voulait parler, quel que soit le sujet; qu’il parte sur une tangente littéraire, métaphorique ne l’étonnait pas le moins du monde. Rosa n’avait pas ce côté intellectuel. Elle ne l’avait jamais développé, et ce n’est qu’avec de lourds efforts qu’elle avait réussi les cours scientifiques du cursus académique stellarien. De sa mère, elle avait appris que la rigueur était la meilleure arme, et qu’il n’y avait que le travail, pas le génie inné qui comptait – son père, bohème, lui avait enseigné à ne faire qu’un avec son côté artistique, dramatique, à canaliser sa créativité. Olwen parle d’un livre qu’elle n’a jamais lu et dont elle ne connaît ni l’auteur, ni le synopsis, et pourtant elle s’y intéresse, car c’est lui qui le mentionne, et que ça vaut forcément la peine d’être entendu. En plus, elle lui avait fait une promesse. « C’est un peu réducteur de t’définir comme ça. Pis, c’est pas plus mal, le mystère. Comme ça, tu m’apprends encore des choses sur toi, ça garde les choses intéressantes, tu vois? » Naturellement, inconsciemment, elle lui rend son sourire au centuple, les yeux brillants, comme si de toute manière le plus grand des défauts ne souillerait pas l’image qu’elle se faisait d’Olwen, ne tarirait en rien son admiration et son affection.

Rosa aimait qu’Olwen ne se perde pas dans de longues explications techniques de son travail. Peut-être parce qu’il savait qu’elle ne comprendrait pas, de toute manière, s’il se faisait trop pointu, qu’elle ferait semblant en hochant la tête avec un je vois vague. Elle changerait de sujet. « Je me suis toujours demandé comment la gravité artificielle affectait les plantes. Si le fait de pas avoir un vrai soleil était problématique, aussi. » Elle renchérit, curieuse d’en apprendre davantage. Là où Elara avait l’habitude de se lancer dans de grands discours scientifiques auxquels elle n’avait jamais prêté réellement attention, Olwen avait une pédagogie qui parlait davantage à l’ancienne militaire. Simple, efficace, vulgarisée sans être infantilisante – accessible, en somme. Son regard s’illumine à la mention de la colonie, même si c’est pour en évoquer l’un des légumes les plus quelconques. « Sérieux? » Il y a un soudain enthousiasme dans sa voix alors qu’elle pose la poule par terre, réagissant enfin aux impatients caquètements de l’animal. « De tous les trucs, y’a fallu que tu choisisses le chou-kale? » fait-elle, comme abasourdie, lâchant tout de même un petit rire vif. « J’en rêve quand même. Tu m’fais quand une salade de la nostalgie? » qu’elle le taquine, amusée. Elle n’avait jamais été fanatique de légumes, préférant de loin glucides, friture et tout ce qu’il y avait entre les deux, mais la perspective l’enjouait. « Enfin, quand y’en aura assez. C’est quoi le souci? Il veut pas pousser? » Il l’avait dit lui-même : la vie n’était pas faite pour s’épanouir dans une boîte de conserve au beau milieu de l’espace.




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MessageSujet: (#) Re: Hopeless wanderers [Rosa]     Ven 19 Oct - 19:11
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Boire en son amitié comme une source d'eau fraîche, espérer ne pas se perdre aux ombres comme il le faisait si souvent...et après? Des questions comme des murmures, des réponses comme des silences. Lui, elle, ils ne possédaient ni l'un ni l'autre.
Est-ce que les choses changeaient tellement? Olwen restait plus grand que Rosa, gardant cette distance protectrice même si des années leur avaient été volées, même si oui, rien n'était pareil. Du gris dans ses cheveux à lui, des tristesses dans ses yeux à elle.
Elle n'avait pas été triste alors qu'il lui montrait les fleurs et les arbres, quelques insectes dégoûtants de Bethany aussi. Elle n'avait pas été triste, capable d'autres sentiments que la colère, elle...
Maintenant, les choses étaient ainsi, le chagrin n'était pas que l'apanage d'un seul homme et si la souffrance était un coeur humain alors Olwen n'en était pas l'unique empereur.
Le sourire de Rosa l'apaisait un peu, l'homme n'était pas un monstre insensible après tout. Est-ce que cela guérissait sa solitude? Non.

”Tu mets le doigt dessus : ce qui caractérise cette Flotte c'est que tout y est problématique. Nous devons mentir aux plantes, aux poules, à nous même, notre organisme, pour faire croire que tout est comme si. Comme si il y avait un vrai soleil, une vraie gravité, un vrai environnement.... “

Cela donnait le vertige, ces mensonges, ils vivaient sur cela, tous, et constituaient l'un des nombreux démons d'Olwen. Comme une mauvaise ivresse dont on ne pouvait se débarrasser, comme une mélancolie, une malédiction, pourtant il y avait un sourire dans les yeux de l'homme, alors qu'il parlait. Pas sur ses lèvres, ceux là étaient par trop rares, dans ses yeux seulement. Comme une promesse, pour protéger Rosa...

”Tu te rappelles de Bethany? Tout était aussi entre le mensonge et la vérité, là bas : les paysages, ce qui pouvait y pousser, ce qui pouvait y vivre, répondait aux exigences de la planète. Certaines choses venues de Terre ont pu s'y adapter pour s'y épanouir également et cela marchait. Parce qu'il y avait une logique sur laquelle se greffer... Ici, nous ne sommes pas un environnement. Cette station, Helios, ce ne sera jamais la Nature....Bon sang regarde, il s'agit juste de choses rangées au mieux pour que le plus possible tienne. Mais il n'y a rien de défini, de définissable.... A partir du moment où l'on ne peut recréer un environnement clair, mentir sur le soleil, la gravité, ces petits détails....on en est plus à ça près.”

Et la colère était là, toute proche, féroce, dans le sourire dans ses yeux, dans la tension soudaine de son corps, de ses muscles, quelque chose d'imperceptible prêt à le dévorer.
Jusqu'au rire de la jeune femme, comme pour museler la Bête, la consoler de sa guerre. Pour un instant, cela était comme se noyer dans les ténèbres...
Olwen regarda Rosalija, muet de mots qu'il aurait mieux fait de dire pourtant. Mais il ne pouvait pas...
A leurs pieds, la poule s'échappa vers d'autres horizons, incapable de comprendre le mensonge du vaisseau.

”Je peux t'en faire une dès maintenant si tu acceptes de manger avec moi. Le problème n'est pas la quantité, j'en ai, cependant ils sont petits, ne ressemblent en rien à nos souvenirs. N'y ressembleront jamais en fait. Ils sentent que dans la Flotte, la place est beaucoup trop précieuse peut-être....”

D'un léger signe du bras, Olwen invita la jeune femme à le suivre si tel était son désir, immobile, prêt à essuyer un refus, prêt à l'accepter aussi.
Il avait peu à offrir : un dîner simple, une conversation étrange à défaut d'être fournie, une oreille, une épaule. Des bouts d'humanité face à l'humain entier qu'il ne semblait jamais être.

” Et toi, Rosa, de quoi as-tu besoin de parler? Moi aussi je suis là pour t'écouter....”


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Mentir. Pour une raison qui lui échappe, la flotte n’a jamais paru plus humaine aux yeux de Rosa qu’en cet instant où Olwen rage de la problématique reliée à leur existence dans le vide stellaire. Tout le monde mentait, pourquoi la carlingue rapiécée qu’ils habitaient ferait-elle autrement? Les Stellariens mentaient sur leur identité, reniaient leur mal-être, se donnaient de faux airs, refusaient d’admettre leur impuissance. Alors ils faisaient mentir la flotte et elle s’exécutait, conçue pour obéir, personnifiée par Charlie, ce qui la rendait encore plus vivante pour qui savait porter attention aux détails. Rosa ne dit rien, mais voit tout, perçoit aisément l’indignation dans le non-verbal de son interlocuteur. La colère passionnée, la déception; le scientifique qu’il était contribuait aux impostures de la flotte bien malgré lui, et elle se doutait qu’il était sans doute difficile de conjuguer devoirs et convictions. « Tu les fais pousser où? » l’interroge-t-elle avec curiosité. Ils s’accrochent à ce qu’ils connaissent, une bribe d’un passé révolu sous la forme d’une salade qu’Olwen l’invite à partager avec lui.

Alors elle le suit, dans un sourire entendu, déposant le seau à graines à l’endroit désigné en chemin. « Moi? » fait-elle en écho à la question de l’homme alors qu’ils sont en marche, ses mains fourrées dans ses poches. Elle ne s’attendait pas spécialement au retour de la question, même si c’était logique, en quelque sorte – ils avaient un dialogue et c’était normal que l’homme s’intéresse aussi à elle. Jusqu’à tout récemment, Rosa évitait d’épancher ses états d’âme, toujours sur le fil entre fureur, deuil et grisaille, ce qui n’avait pas pour habitude de dynamiser une conversation. Cette fois, elle se surprend à avoir envie de raconter quelques détails inoffensifs, amusants. Alors elle sourit, haussant les épaules. « J’sais pas. J’aime parler, mais j’ai pas besoin de parler, tu vois? ‘fin… » Elle inspire, marque une pause, dodelinant de la tête comme si elle était embêtée par ce qu’elle allait dire. « La vie est belle, quoi. J’ai plus aucune responsabilité, j’ai rencontré quelqu’un, les choses commencent à s’arranger avec Aileas… » énumère-t-elle, le regard malgré tout plongé vers le sol. Elle aurait pu ne rien avoir de tout ça, mourir sur Keller ou perdre Vince avant même de savoir qu’elle était bien avec lui, ne jamais avoir l’occasion de recoller les pots cassés avec sa demi-sœur. Après la culpabilité, elle s’offrait un peu de réconfort. « Rien n’est parfait, mais ça fait du bien de pas avoir à me vider de mes larmes avant de pouvoir m’endormir. » Elle esquisse un petit sourire qu’Olwen pourrait aisément manquer puisqu’elle fixait toujours le petit trou que la poule avait picoré dans sa botte, même s’ils étaient en mouvement.

Ses doigts de la main droite glissent sur son terminal et elle caresse l’objet l’air absent, se laissant porter par les pas d’Olwen. « J’ai un truc à te donner quand on sera chez toi », fait-elle brusquement, sans réfléchir. Ça lui avait traversé l’esprit parce qu’elle avait l’impression que le scientifique pourrait bénéficier d’un peu de réconfort, et qu’elle avait quelque chose qui l’aiderait sûrement.




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MessageSujet: (#) Re: Hopeless wanderers [Rosa]     Jeu 8 Nov - 16:21
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Ainsi, côte à côte, ils marchèrent à travers ce mensonge comme auparavant ils avaient marché par delà les ombres d'une forêt. Olwen crut un instant que quelque chose viendrait, lui serrerait le coeur mais il se trompait. Alors, avec un signe de tête envers lui-même, l'homme accepta de ne pas tout le temps souffrir. Parfois, il n'y avait juste rien.... ”Une petite jardinière dans mon bureau pour l'expérience, répondit-il lorsque Rosa lui posa la question. Son bureau, c'était là aussi qu'il menait la jeune femme puisque Olwen avait l'habitude d'y prendre ses repas.

Ceux-ci ne restaient pas toujours solitaires : parfois, quelqu'un se joignait à lui, avec ou sans invitation. Ainsi, la vie d'Olwen n'était pas aussi triste qu'on pouvait l'imaginer, seuls ses souvenirs portaient une douleur.
Du coin de l'oeil, tout en marchant, l'homme continue d'observer la jeune femme. Le mouvement de sa tête, la vague de ses cheveux qui suivait, lui cachant un peu le visage, la protégeant de ce qu'elle pouvait penser tout autant de ce qu'on pouvait penser d'elle. Olwen leva la main, simplement pour lui presser le coude avec douceur. ”Oui, la vie est belle et tu le mérites, commença-t-il. “N'aies pas peur de venir me voir, même quand tu es heureuse. C'est toujours mon rôle, de veiller sur toi...”. De fait, il y avait de l'affection dans la voix du biologiste, une émotion telle que sa simple manière de prononcer les syllabes et les mots en semblait changé. Et puis elle, peut-être souriait-elle, le visage baissé comme cela, les yeux sur ses bottes un peu.
Cette fois-ci, ce fut le menton qu'Olwen lui attrapa, la forçant sans violence à lever la tête. Oui, c'était bien un demi-sourire sur ses lèvres à elle, de la même manière que lui-même pouvait en porter parfois.
Quant à Olwen, il souriait simplement, et cela était rare. Une émotion humaine sur un visage humain qu'il prenait peu la peine de revêtir. Un vrai sourire, pas une ombre, une façon pour lui de lui montrer que tout allait bien. Qu'il ne mentait pas.  
Les deux amis reprirent leur marche. Quand Rosa parla à nouveau, Olwen ne pu s'empêcher d'être surpris : quelque chose pour lui? Olwen ne s'aimait pas assez lui-même pour se faire un cadeau, alors les autres...
Il hocha la tête, tout autant curieux qu'incapable de savoir quoi répondre. Heureusement, ils étaient arrivé à présent, et l'action d'entrer dans la pièce lui servant de bureau l'occupa assez pour ne plus y penser.
Olwen était parti, laissant la porte du placard fermé. Le fameux placard ou bien trop souvent il avait à s'enfermer.... L'homme y jeta un coup d'oeil bien sûr, mais n'était pas en colère ce soir. Le placard ne lui faisait pas peur. ”Assieds-toi, il y a un tabouret”, commença-t-il, débarrassant le bureau de ce qui pouvait s'y trouver pour y faire de la place.
Il avait redressé les épaules, Olwen, semblait un peu plus fier, content même. Content de faire goûter à Rosalija le fruit de son travail. Qui n'était pas un fruit mais du choux, d'ailleurs...

Choux qu'Olwen présenta à Rosa dans un plat un peu trop grand pour lui, mais qu'importe. Il était déjà émincé, il y en avait assez pour deux cependant. Quant aux couverts, ceux-ci furent facilement dénichés eux aussi, très vite les deux amis purent se retrouver “à table”, face à face. ”Le moment de vérité”, annonça Olwen, la fourchette levée, attendant de voir qui de Rosa ou de lui-même aurait le courage de goûter en premier.


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MessageSujet: (#) Re: Hopeless wanderers [Rosa]     Aujourd'hui à 1:55
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Savoir qu’Olwen validait son égoïsme avait quelque chose de salvateur, de réconfortant. Elle n’était peut-être pas si égocentrique que ça, à bien y penser, si elle se sentait coupable d’avoir envie de profiter d’autant plus de la vie maintenant que son environnement s’était rapproché de la mort. Elle avait perdu Tiaan, Dot, d’autres encore – et pourtant elle avait plus de raisons de vivre désormais qu’elle avait pu en avoir avant tout ça. Puis, savoir qu’il y avait encore ce côté grand frère chez le scientifique, malgré les années qu’ils avaient passées sans pouvoir se voir, qu’elle ressentait encore ce confort lorsqu’elle était avec lui, ça lui faisait plaisir. Encore plus quand il le disait sans complexe, lui qui n’avait pas l’habitude d’exprimer ce qu’il ressentait avec tant de clarté, d’évidence. Rosalija relève son sourire vers l’homme lorsqu’il l’y enjoint, comme pour le remercier de son soutien sans toutefois ajouter le moindre mot de plus. Elle voulait garder les gentils mots d’Olwen à l’esprit, son sourire, si rare et précieux. Ne pas les entacher d’autre chose pour un tout petit moment encore; et lorsque l’écho s’était tu, elle avait repris, simplement, après avoir savouré les paroles candides, mais plus touchantes qu’elle ne le laissait paraître. Ça l’amusait de voir qu’à l’aube de la quarantaine, ils demeuraient proches des enfants qu’ils étaient autrefois, Rosa toujours la gamine curieuse, et Olwen toujours le mentor patient, quand bien même avaient-ils pratiquement le même âge, à quelques mois près. Étrange ce qu’un tempérament pouvait créer, l’illusion ou l’assurance de la maturité.

Ils étaient entrés dans le bureau juste après qu’elle ait affirmé avoir un cadeau pour lui. Plus qu’un cadeau, ou alors moins; c’était surtout une pensée spontanée, quelque chose qui n’était pas tangible, mais qui avait une signification particulière pour Rosa. Tellement que ce serait comme lui donner un bout de son âme dans un écrin de soie, en sachant qu’Olwen en prendrait soin. Selon les directives de l’homme, elle cherche vite fait ledit tabouret, qu’elle trouve non loin de la table, pendant qu’il prépare leur repas improvisé. Rosa n’avait pas particulièrement faim, mais elle se découvrait un petit creux désormais qu’elle voyait le vert un peu terne du chou kale de Bethany, comme dans ses souvenirs, même si les feuilles étaient plus petites, moins charnues que celles qu’elle avait en tête. Quoi qu’il en soit, elle était certaine que la nostalgie et les bons soins d’Olwen suffiraient à leur donner bon goût – peut-être, aussi, un trait de vinaigrette, pendant qu’ils y étaient.

« Bon appétit! » lance-t-elle avec entrain en voyant la mine vaguement inquiète de son interlocuteur. Elle était certaine que la verdure serait parfaitement délectable, ou du moins, autant qu’un bout de salade pouvait l’être. Rosa mastique une première bouchée avec hâte, analysant les goûts avec presque autant de finesse qu’elle le faisait avec un nouvel alcool. « C’est plus doux que dans mon souvenir », admet-elle. « C’est parce que c’est des jeunes pousses? Ou juste le sol, peut-être? » Elle n’y connaissait rien en légumes, ni en fleurs, ni en plantes – rien en biologie en général, à vrai dire. Sauf peut-être un peu d’humain, les premiers soins, ça elle savait. Le reste, elle laissait ça à ceux qui souhaitaient s’y dédier. « C’est vraiment un voyage dans le passé. Je pensais pas être ravie un jour de manger des légumes, mais je dois admettre que ça fait plaisir », s’amuse-t-elle finalement, reprenant une seconde bouchée de salade improvisée.

Le repas tirant à sa fin, ponctué d’une agréable, mais légère conversation, Rosa laisse un silence planer avant d’extirper de sa poche son terminal. Elle navigue un instant dans ses fichiers, puis gesticule en direction d’Olwen. « Pose ton terminal là que je te transfère quelques fichiers. » Le temps de choisir quels morceaux elle partageait avec lui, sa respiration s’alourdit, comme prise d’émotion, sans pour autant que ses yeux ne s’humidifient. « C’est la musique de mon père. Celle qu’il compose. J’aime bien l’écouter dans les moments difficiles, ça me donne un peu de courage. » C’était dur pour elle de partager quelque chose d’aussi personnel, quand bien même elle adorait Olwen comme un frère. Or, elle savait qu’il saurait apprécier le geste et la musique, lui qui était solitaire et pensif.




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