Life is going nowhere [Oluwadja]
MessageSujet: (#) Life is going nowhere [Oluwadja]     Lun 6 Aoû - 21:01
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Ce qui avait précédé l'arrivée de l'équipe de secours sur le vaisseau et suivi son évanouissement était encore flou. Toutefois, il se souvenait de façon certaine des secouristes. Il se souvenait avoir violemment repoussé Oluwadja pour lui imposer de s'occuper d'abord de ceux qui en avaient bien plus besoin que lui. A ce moment-là, il ne se doutait pas encore que les corps amassés sur le sol étaient déjà froids, ou mourants. Il avait dû sombrer de nouveau en essayant stupidement de se relever pour aider. Aider à quoi ? Il ne savait pas, tout semblait perdu, fini... Mais une sorte de poussée de stress et d'effroi avait lancé son élan. La douleur aussi, avait aveuglé son jugement.

Le lendemain, lorsqu'ils eurent enfin rejoint la flotte, la douleur l'empêchait toujours de réfléchir correctement. Les antalgiques donnés après les premiers soins ne faisaient pas tout et n'effaçaient en aucun cas la souffrance mentale qu'il ressentait après qu'on lui eut fait un bilan complet de ce qu'il s'était passé sur le Jeanne d'Arc. L'homme s'assit au bord de son lit et toucha son nez du bout des doigts. Il ne pouvait être opéré que dans une dizaine de jours lorsque l'œdème se sera dégonflé... Cela ne lui importait peu, tout comme la violente pique de douleur occasionnée par le toucher imprudent. Il n'avait écouté les médecins que d'une oreille absente et on l'avait forcé à prendre des calmants, après qu'il eut déclamé avec véhémence ne pas vouloir avaler ses médicaments ni se guérir car il se devait de partager la douleur de tout ceux qu'il avait laissé mourir.

S'accusant d'être le principal responsable de tout ce qu'il s'était passé dans les quartiers du vaisseau, le légionnaire avait bien dû mal à accepter la réalité. Quelque peu hagard à cause de la drogue qu'on lui avait donné, il fit quelques pas dans la chambre, éveillant d'autres blessures bénignes. Oh, il ne devait pas marcher, il était presque certain que le personnel hospitalier le lui avait ordonné, ou en tout cas cela ressemblait à un truc qu'ils pourraient dire. Quelle importance... Il était plutôt incapable de savoir ce qu'il devait faire, maintenant. Son réveil ne datait que de quelques heures et il ne pouvait faire autre chose que de se remémorer en boucle les événements de la veille. Il se détestait pour ce qu'il avait laissé faire, il se détestait aussi pour être incapable de surmonter les événements avec maturité... Aussi, il détestait être enfermé dans une chambre aussi glauque. Le sergent ouvrit la porte de la cabine et jeta un coup d’œil morne dans le couloir. Encore elle, décidément. Enfin, elle n'avait pas dû chômer ses dernières heures, il ne pouvait reprocher à la secouriste d'être présente dans l'hôpital compte tenu des circonstances. Loin de vouloir s'excuser pour son précédent comportement, Drake hocha la tête pour la saluer et tenta de traverser le couloir pour atteindre le distributeur qui se trouvait non loin tout en n'accordant aucun regard à son ex-petite amie avec cette capacité étonnante qu'il avait à ignorer autrui.




MessageSujet: (#) Re: Life is going nowhere [Oluwadja]     Jeu 9 Aoû - 19:42
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Comme bien souvent, l’équipe des secouristes était de permanence au Regina Mercy, prête à sauter dans la première navette à la moindre urgence de façon à porter secours à quiconque en aurait besoin, dans tous les coins de la Flotte, et même au-delà, si nécessaire. Aussi, lorsque l’alerte a été lancée et que les premières informations sont arrivées au compte-goutte, Oluwadja faisait partie de la brigade en place, prête à intervenir au plus vite. Même si tout paraissait encore flou. Le temps de se précipiter dans la navette, ils ne savaient rien de plus que le fait qu’il s’agissait du Jeanne d’Arc, que des intrus ont abordé le vaisseau et qu’il y a eu des échanges de tirs… difficile d’estimer alors le nombre de victimes, ou de blessés, mais clairement, ce sont toutes les forces vives du secteur médical de la Flotte qui ont été appelées à réagir au plus vite. Voilà qui n’annonçait rien de bon.

Une fois sur place… le chaos. Comme à chaque fois, essayer de garder son calme, faire en sorte que les militaires organisent les choses pour contenir la panique et permettre aux secours d’aller au plus près des blessés, essayer d’en sauver un maximum. Essayer de faire fi de l’ampleur des dégâts ou de leur caractère inhumain pour maintenir la vie quand c’est encore possible. Sauver des membres, des corps, des personnes.

Et bien sûr, le hasard a voulu qu’elle soit l’une des premières secouristes à rejoindre la zone des Quartiers du Jeanne d’Arc. Là, elle a croisé le regard de Drake Anderson. Sa présence sur le vaisseau faisait sens, étant donné son rôle de sergent légionnaire… elle a mis de côté le soulagement de le voir en vie pour agir en tant que secouriste, s’approchant de lui pour voir dans quel état était son nez, visiblement bien amoché. Mais il n’a pas souhaité qu’elle le touche. Elle aurait pu s’en offusquer, en être blessée, mais lui comme elle étaient en mode pro, et elle a rapidement compris qu’il préférait qu’elle s’occupe des autres, avant lui. Une décision toute à son honneur et elle l’a accepté avec un hochement de tête. Il y avait tant de personnes dont il fallait s’occuper qu’elle a perdu la notion du temps, et le sort de son ex lui est quelque peu sorti de l’esprit.

La suite ? Une fois arrivés à la flotte, faire en sorte de trouver une place pour chaque blessé selon leur état et le degré de l’urgence. S’occuper des morts, aussi, et annoncer la nouvelle aux familles, un rôle laissé à d’autres, fort heureusement. Les militaires étant bien souvent en première ligne pour ce genre de tâche ingrate. Oluwadja, elle, a rejoint le Regina Mercy pour continuer à prodiguer toutes sortes de soins aux patients les plus amochés et faire en sorte d’alléger leur douleur, autant que possible. Entre deux rotations, le sommeil a été de très courte durée et dès le petit matin la voilà sur le pied de guerre à changer les bandages et vérifier les différents dosages d’anti-douleurs… le genre de moment éprouvant qu’elle vit à 100% et qui lui rappelle pourquoi elle fait ce métier. Même si elle aurait préféré qu’une telle tragédie n’ait pas lieu, ça va de soi…

Les cheveux maintenus en arrière par un turban rouge sombre noué dans le bas de sa nuque, elle fait donc le tour des chambres qui lui sont assignées et prodigue les soins attendus, en ayant toujours quelques mots pour les victimes et les membres de la famille, lorsque certains sont présents. Alors qu’elle referme la porte d’une chambre derrière elle, elle entend un bruit de pas et lève son regard dans la direction en question… pour tomber sur Drake Anderson. Même s’il fait mine de ne rien montrer, il paraît clairement mal en point, et n’importe qui le serait au vu des évènements de la veille. Il la salue comme si de rien tout en continuant sa route, mais elle n’est pas dupe et secoue la tête avant de s’approcher.

« Tiens donc, et vous comptez aller où comme ça, Sergent ? » Elle dit cela d’un ton autoritaire mais emprunt d’amusement. Elle n’est pas là pour le froisser, elle sait qu’il ne doit pas être au mieux.

Elle reste à son niveau, voulant tendre le bras pour le supporter puisque ses mouvements paraissent difficiles, mais elle ne sait pas trop si elle est bienvenue, et maintient son bras à hauteur, mais à distance. Elle comprend alors qu’il veut rejoindre le distributeur et lui lance : « Assieds-toi là plutôt. », en désignant une chaise dans la zone de repos à côté du distributeur. « Tu ne devrais pas quitter ta chambre. » Elle sort son badge de la poche de sa blouse et lui lance : « Tu veux quoi ? »

Elle ne peut pas oublier leur histoire commune, mais de nombreuses années ont passé depuis. Et même s’ils ont une relation plutôt neutre voire un peu froide depuis (peut-être plus par gêne de l’échec de leur relation que par réelle antipathie l’un envers l’autre ? Du moins, du coté d’Adja), il est impossible pour elle de simplement passer sa route. Elle reste médecin urgentiste, et elle apprécie prendre du temps pour ses patients, n’importe lesquels.
MessageSujet: (#) Re: Life is going nowhere [Oluwadja]     Ven 17 Aoû - 21:48
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Il fallait être un très grand optimiste pour espérer échapper à la vigilance de la secouriste... Drake refoula un grognement et répondit très simplement "Au distributeur." tout en refusant sans surprise de s'appuyer sur le bras offert. Ils n'avaient pas changé d'un poil, l'un comme l'autre malgré les années, et c'était peut-être ce qui rendait leur relation si délicate. "De l'eau pétillante..." Il appréciait toutefois qu'elle ne l'oblige pas à refaire tout le chemin inverse jusqu'à son lit et s'assit donc sur la chaise comme elle le demandait. Sa tête dodelinait sur le côté et il avait bien du mal à maintenir sa droiture habituelle. "Merci." souffla-t-il lorsqu'il fut en possession de l'objet voulu, qu'il déposa sur le côté de la chaise sans l'ouvrir. Il était sorti pour le simple fait de sortir, le distributeur et ses boissons n'étaient qu'un stupide prétexte. Comme il ne cessait de vouloir toucher son nez par réflexe, le sergent finit par s'asseoir sur ses mains pour ne plus les bouger, comme un enfant de quatre ans. Il s'enfonça un peu plus dans le siège, posant sa nuque engourdie contre le dossier.

"Elles sont moches, vos chambres." lança-t-il, brute et acerbe. Il pouvait se permettre quelques familiarités avec elle en prenant en considération qu'elle devait avoir l'habitude du sarcasme et de l'amertume souvent exagérés du sergent. "Encore plus horrible que ma piaule, il faut le faire." Le silence se réinstalla néanmoins. Il savait que le plus gros de leurs pensées était tournées vers le Jeanne d'Arc et il n'avait pas la force de laisser ces mots franchir la barrière de ses lèvres. Se sentir autant vulnérable et faible en face d'elle lui était désagréable, un peu moins qu'il ne l'aurait imaginé cela dit... Mais il s'en trouvait tout de même comme un minuscule hérisson prêt à lancer ses pics pour défendre une sorte de fierté fantasmée. Les médicaments abrutissants qu'on lui avait donné aidaient heureusement à le rendre un peu moins insupportable. Il pouvait se sentir flotter en fermant les yeux, rien de mieux pour sentir le début d'un tournis et d'une mauvaise migraine. Soudain, le légionnaire trouva tout ce qu'il avait fait sur le vaisseau si ridicule qu'il s'en mordit les lèvres, blanc de rage. En se sentant étouffer, comme si les murs du couloir allaient l'engloutir, il articula avec difficulté. "Il n'y a pas un endroit avec de l'air ? De la verdure... ? Dis-moi où, je ne veux pas te retenir plus longtemps." Nul doute que Oluwadja avait bien d'autres choses à faire que de discuter de la météo avec le patient le plus horripilant de l'hôpital. La présence d'un jardin florissant animé d'une légère brise était particulièrement douteuse, mais le sergent n'avait rien trouvé de mieux que de se raccrocher à de vagues souvenirs terrestres mêlés à ceux de ses visites sur l'Helios pour se réconforter, trop hagard pour être conscient de demander la lune.




MessageSujet: (#) Re: Life is going nowhere [Oluwadja]     Sam 18 Aoû - 17:07
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Être en la présence de Drake lui réussit peu, en général. Vu leurs fonctions respectives, il arrive qu’ils se croisent sur des missions, et c’est souvent des échanges assez froids qui s’en suivent. Les directives militaires ont tendance à agacer la Nillo, elle trouve bien souvent qu’elles freinent la rapidité d’intervention nécessaire aux secouristes. Si elle était honnête, elle admettrait que c’est la plupart du temps plus subtile que ça… mais il n’empêche. Et puisque ce cher Anderson est sergent légionnaire, c’est souvent envers lui que se dirige son agacement. Enfin, là, il n’est pas question d’une mission, et c’est simplement dans le rôle de médecin qu’elle agit, aussi, même si elle prend des gants, elle préfère rester auprès de lui. Elle sait sa dévotion dans son travail et se doute que ses pensées doivent converger bien plus loin que simplement son état physique.

Elle hoche la tête à ses réponses, sélectionne une bouteille d’eau pétillante dans le distributeur, passe son badge d’employé qui lui permet d’avoir une réduction et tend ladite bouteille au concerné. Elle repasse ensuite le badge pour se prendre un café. Elle a bien besoin de ça. Elle lui murmure un « De rien. » et reste un instant debout, à souffler légèrement sur son expresso. Elle laisse ses pupilles sombres glisser sur Drake qui n’est clairement pas au top de la forme et dont l’inconfort est facilement visible.

« Il vaut mieux ne pas y toucher. » souffle-t-elle légèrement, même si elle sait que d’autres ont déjà dû lui dire. Preuve en est sa tentative pour s’éviter un mauvais réflexe.

Alors qu’elle s’essaie à prendre une première gorgée du liquide brûlant, les mots du légionnaire claquent, dans le léger silence qui s’est installé. Rien qui ne doive la surprendre. Il n’a pas vraiment changé… ou peut-être que si, le temps l’a rendu un poil plus aigri, sans doute. Elle sait cependant que c’est sa manière de procéder, un peu sa façon à lui de se faire entendre tout en se protégeant. « Ah, j’imagine. C’est vrai qu’un peu de couleur serait bienvenu ! » Elle refuse de se crisper dès les premiers mots de leur échange, et laisse courir. Il n’est pas le premier à faire ce genre de remarque, mais les murs blancs et dénudés ont toujours été synonymes – à tort sans doute – d’hygiène. « Je peux toujours faire passer le message pour voir si on peut y remédier, mais ça reste un hôpital avant tout... » Seul le service pédiatrie a la chance d’avoir un décor plus vivant.

Elle sait parfaitement que cette critique n’était là que pour la faire réagir et elle préfère faire preuve de rondeur. Elle n’a aucune idée de ce qui peut se bousculer dans l’esprit de son vis-à-vis. Elle s’adosse légèrement au mur proche de la chaise de Drake et hésite à mettre les pieds dans le plat, questionner sur son ressenti, discuter pour peut-être alléger sa rancœur ou sa frustration. Elle le connaît pourtant, il n’est pas homme à s’épancher – et elle n’est sans doute pas la mieux placée pour ça – mais peut-être que… Elle le sent bouger sur sa chaise et tourne les yeux vers lui, debout, elle le surplombe et voit ses cheveux toujours impeccablement coiffés qui s’agitent un peu, suivant le mouvement de sa tête. Elle prend une nouvelle gorgée de son café et va pour questionner mais il est plus rapide.

« Hum… si, il y a le Square. » Bien sûr, Drake Anderson étant Drake Anderson, tout dans sa formulation exprime son souhait d’écourter au plus vite leur discussion. Oluwadja ne sait guère si c’est pour éviter réellement de la retenir trop longtemps ou s’il préfère éviter sa présence plus longtemps. « Tu ne me déranges pas, je suis en pause de toute façon. » C’est plus ou moins vrai, mais ça ne le regarde pas. « Je vais te guider. N’oublie pas ta bouteille. »

Elle préfère, il n’est pas dit qu’Oluwadja Nillo va laisser un blessé en convalescence et sans surveillance risquer de se perdre. Qu’il soit légionnaire ou non. « On l’appelle le Square. En vérité c’est plutôt une espèce de petit jardin thérapeutique. »

Elle attend de voir s’il arrive à se remettre sur pied et calque son niveau sur le sien. « On va tourner à droite. », il faut savoir se repérer dans le dédale des couloirs, même si ce n’est pas bien loin. Tandis qu’ils progressent, elle hasarde : « Tu te sens comment, Drake ? Sincèrement ? » Il n’est pas dit qu’il lui réponde, mais elle aura essayé.
MessageSujet: (#) Re: Life is going nowhere [Oluwadja]     Dim 16 Sep - 21:47
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"Oh. Gâcher ta pause avec le sergent Anderson... Je reconnais là une de tes idées saugrenues." L'ombre d'un ricanement s'évanouit bien vite sur ses traits. Pour une fois, il avait une excuse tout faîte pour ne pas sourire : cela lui faisait mal. Une autre réplique se jeta au bout de ses lèvres, retenue de justesse. Drake préféra se concentrer sur l'unique bonne nouvelle du tableau et la possibilité de respirer de l'air frais dans quelques minutes. Ses doigts s’agrippèrent à la bouteille d'eau. "Ah oui... Au moins tout n'est pas à jeter dans ce vaisseau." déclara-t-il, acerbe.

La marche s'avéra moins difficile que ce qu'il s'imaginait. Il n'avait rien de cassé dans ses membres moteurs et une fois les rouages dégourdis, mettre un pied devant l'autre était tout à fait faisable. On ne pouvait pas en dire autant de son équilibre nauséeux, ni de sa vue brouillée. C'est pourquoi il ne cracha pas sur la présence rapprochée de quelqu'un sur lequel s'écrouler plutôt que de s'étaler par terre dans le vide. "Non je ne vais pas bien. Je deviens claustrophobe avec votre baraque là. C'est encore loin la sortie ?!" se plaignit-il en guise de réponse. Et il en trouva toute une ribambelle de plaintes, uniquement pour repousser le moment de répondre correctement à ce qui lui était demandé. Oh, rien ne l'obligeait à répondre, mais fuir devant Oluwadja, c'était comme se faire rouler dessus dans la boue, ou du moins c'était l'image humiliante qu'il s'était faite de la chose au fils des ans.

Les lèvres pincées, le légionnaire inspira lentement dans les plantes parfaitement reproduites qui jonchaient le sol et les murs du jardin. Il se rassit sur un banc dont la texture imitait le grain d'une pierre. Le silence coula entre eux deux, jusqu'à ce que le sergent finisse par se jeter frileusement à l'eau. Le seul point positif était qu'il savait que ses paroles ne sortiraient pas d'ici et que la jeune femme était peut-être l'une des seules personnes de la flotte capable de cerner sa personnalité. "J'ai perdu mon sang froid, ça n'a fait qu'empirer les choses." Il n'était pas certain qu'être resté calme eut mené à une fin différente, il ne le saura jamais. "Sérieusement ? Je croyais que j'étais bon pour ce genre de situations." Elle était bien placée pour le savoir. Ils s'étaient rencontrés lorsqu'il sortait tout pimpant de l'Académie, fier comme un paon. "Pour la guerre, je veux dire." La réalité était qu'il n'avait jamais assisté à un aussi grand affrontement. Les précédentes tensions avec les pirates n'étaient pas comparables avec ce qu'ils venaient de vivre. "Regarde-moi, ce n'est pas du tout le cas." souffla-t-il.



MessageSujet: (#) Re: Life is going nowhere [Oluwadja]     Mer 10 Oct - 23:33
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Oluwadja sait qu’elle ne doit pas se laisser décontenancer par les petites phrases de Drake. Même s’ils ne se côtoient plus vraiment en dehors de leurs fonctions, elle sait comment il fonctionne. Elle sait que ça fait parti de son tempérament et un peu de son charme, aussi. Un peu. Le genre à toujours critiquer tout, très vite. Parce que c’est toujours plus facile d’attaquer les autres que se défendre soi-même. Mais cela ne l’affecte pas. Elle sait qu’il a de nombreuses raisons d’être ainsi, avec l’attaque de la veille, c’est son état physique autant que son amour-propre et son mental qui ont été touchés. Alors elle préfère ne pas réagir à ce qui ne mérite aucune réaction, de toute façon.

En experte des lieux, elle le guide jusqu’au Square, tout en s’assurant qu’il parvienne à marcher correctement, à ses côtés. Elle lance sa question comme ça, de manière à prendre la « température », d’une certaine façon, et voir s’il accepte de lui parler, rien qu’un peu. « Ne t’en fais pas, c’est tout proche. »

Il est agité et elle lui jette des coups d’œil un peu soucieux. Elle sait que c’est un militaire, habitué à toute sorte d’épreuve… mais une attaque comme celle du Jeanne d’Arc peut rester traumatisante, pour n’importe qui. Elle ne sait pas ce qu’il a vu et ce qui s’est passé pour lui. Elle, elle n’a vu que les conséquences, et c’est suffisant pour lui retourner l’estomac et perturber son sommeil. Elle ne sait pas comment on peut en arriver à de telles extrémités, tuer les gens… rien ne l’excuse. Jamais. Elle sait que ces images, comme bien d’autres d’interventions précédentes vont venir la secouer dans des moments de repos. Comme à chaque fois. Quand elle arrête de travailler, quand elle arrête de penser, c’est dans ces moments-là qu’elle est la plus fragile. Secouriste ou militaire, ils ne sont pas des surhommes, et c’est sans doute leur humanité qui fait leur force. Elle en est convaincue.

Rapidement, ils débouchent sur le jardin en question. Ici des plantes, des fleurs, là des arbres, le tout dans une grande serre de verre. Elle le laisse s’avancer et fait un peu comme lui, profitant de l’endroit pour respirer à plein poumon et profiter de la fraîcheur du lieu. C’est dépaysant et c’est bien à ça que sert ce jardin thérapeutique, un break dans le quotidien du Regina et un lieu où profiter d’un autre décor, autant pour le personnel que pour les malades. Tandis que Drake s’assoit sur l’un des bancs de pierre, elle s’affaire à effleurer du doigt certaines fleures tout proche, à genou devant elle. Elle ne sait pas si elle aura une réponse à sa question. Elle l’espère, et elle est prête à lui laisser du temps pour ça.

Il n’est pas dans son intérêt de le brusquer d’une quelconque manière. Sans doute qu’il ne s’en rend pas compte, mais elle est déjà dans la posture du médecin qui se contente d’écouter et de mettre le patient dans un climat propice à l’échange. Même s’il se dit contre. Et pour son grand plaisir… ça marche.

Elle est là pour lui. Elle n’est pas l’ex qui va chercher tout ce qu’elle peut pour le pourrir, le mettre dans une situation désobligeante et lui vouloir pour des choses du passé. Non, ils ont largement passé ce stade. Là, elle est simplement l’une des secouristes du Regina Mercy, qui discute avec… une connaissance, dirons-nous. Une connaissance qu’elle a envie d’aider. Parce que c’est dans son ADN et parce qu’elle n’est pas du genre à renier ses relations du passé. Même si celle-ci n’a guère été glorieuse.

Elle l’écoute avec application, lui tournant toujours le dos. Pour ne pas l’interrompre et peut-être parce qu’il se sentira plus à l’aise ainsi. Elle est toujours en train de laisser ses doigts glisser sur les pétales d’une tulipe – ou quelque chose qui y ressemble – et s’attarde sur ses paroles autant que son ton de voix. Clairement, il a l’air dépassé par les événements, par ce qui s’est passé.

Et lorsqu’il dit « regarde-moi », elle se redresse et se tourne vers lui. Elle laisse un léger silence avant de prendre la parole, tout en s’asseyant à ses côtés. « Je pense que personne n’est bon pour la guerre. Personne ne devrait l’être. » C’est cliché, peut-être, mais c’est ce qu’elle pense. D’autant que sans être experte, elle se doute qu’il n’y a pas un schéma bien précis sur ce que doit être un affrontement en tant que de guerre, sur comment cela doit se dérouler de A à Z, encore moins sur un vaisseau civil comme le Jeanne d’Arc.

« C’est normal que tu t’en veuilles, mais tu n’es responsable de rien. Je suis sûre que tu as fait de ton mieux. » Oluwadja est consciente, cependant, que celui doit lui peser pour qu’il ose admettre son ressenti. Exprimer son doute quand à ses actions voire même sa carrière. « Tu n’es pas là par hasard, Drake. Tu es Sergent légionnaire, tu as fait tes preuves. Personne ne pouvait prévoir ce qui s’est passé sur le Jeanne d’Arc et je suis convaincue que tu as fait ce tu pouvais… » Elle espère simplement qu’il n’en regrette pas d’être toujours en vie. « C’est une réaction classique face à ce genre de traumatisme, de culpabiliser, de vouloir retourner dans le passé, faire les choses différemment… tu n’avanceras qu’en acceptant que ce s’est passé n’est pas de ta faute. »

Le moment n'est pas aux petites piques ni à l'humour. Non.
MessageSujet: (#) Re: Life is going nowhere [Oluwadja]     Aujourd'hui à 2:31
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Le sentiment d'être écouté avait ce pouvoir de libérer temporairement les fardeaux. Il l'avait sûrement oublié à force. Car en restant muet, il ne donnait même pas l'opportunité aux autres de l'écouter. Comme d'habitude, Drake n'avait pas bien prêté son oreille de sourd à la signification précise des paroles de la secouriste. Cependant elles n'avaient pas complétement fait faux chemin. Il lui suffisait de comprendre globalement que son ressenti émotionnel n'était pas complétement incongru par rapport au choc enduré  pour qu'il se calme, à défaut de se sentir bien. Il s'accrocha à cette sensation pendant un petit moment, gardant le bec cloué. Bien sûr, tout ceci entrait par une oreille et ressortira aussitôt par l'autre une fois qu'ils seront sortis du jardin. Il se connaissait assez pour savoir que ses ruminations dans la solitude de sa cabine pouvaient mener à des résultats extrêmes et qu'il ne lui suffira que de quelques heures à se ronger le train pour se replonger tout seul dans un état végétatif. En attendant, profiter d'un réconfort pour le moins inattendu semblait tentant.

Elle avait raison -c'était agaçant, d'ailleurs- dans tout ce qu'elle venait de dire. Mais la raison s'était réfugiée loin, très loin dans l'esprit du sergent. "Et si je n'ai pas envie d'avancer ? Plus envie. Indéfiniment." demanda-t-il, passant sa langue sur ses lèvres craquelées. C'était capricieux, de réagir ainsi, oh il le savait. Une bonne personne -c'est à dire compétente - aurait dit merci, aurait prit sur elle, se serait lentement relevé et fait en sorte que les morts ne disparaissent pas dans le néant pour rien. Seulement lui, pour la première fois de sa vie, il avait envie d'être mauvais, de A à Z, de se rouler dans la fange de son désespoir et de ne jamais en sortir. Il n'acceptait toujours pas de s'être réveillé et restait comme bloqué dans le temps. Mauvais sergent Anderson, mauvais. "Je crois que je vais vomir." Dans le jardin, ce serait bien con.

Nauséeux, le légionnaire régula sa respiration en s'aidant de l'air "frais". Pour rien au monde voulait-il repartir à l'intérieur, encore moins pour retourner dans le lit le plus glauque de toute la Flotte. Une capsule balancée dans l'espace lui semblait plus attirante que ce lit et cette antichambre blanchâtre. Il tira sur sa manche pour essuyer la sueur glacé de son front. L'effet des paroles d'Olu diminuaient à vitesse grand V. Le seul moyen d'oublier à quel point il était perdu et toute l'horreur absolue qui en découlait, c'était d'être méchant. "Tu n'as rien d'autre à faire que de jouer au psy avec un de tes ex ?" Ou l'art de dire merci.




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