treachery and gall / iw
MessageSujet: (#) treachery and gall / iw     Mer 17 Jan - 14:50
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Dire que le Regina Mercy n’était pas similaire au reste de la flotte – calme, aseptisé, serein même – était un euphémisme. C’était la grande soeur sage du turbulent Columbiad, la mère protectrice de l’Helios, l’épouse fidèle de l’Argus One. Rosa s’y rendait à l’occasion, rendre visite au peu de famille qu’elle pouvait avoir, les Woodrow de sa mère, ceux qui ne lui avaient pas encore tourné le dos. Or, c’est loin d’être apaisée, dans l’optique de rendre visite à sa cousine qu’elle dévale les couloirs. Le pas lourd, la démarche furieuse, ce n’est pas vers la cabine de Lyra qu’elle se dirige, mais vers le bureau de son oncle, capitaine de sa Majesté, dont la porte est gardée par un milicien qui semble vouloir bien faire en bloquant le passage à la douanière. « Halte, le capitaine n’attend personne. Il vous faut passer par les canaux officiels. » Les sourcils de Rosalija se froncent. De toute évidence, le cadet n’a pas compris qu’elle ne laisserait pas le protocole l’empêcher d’atteindre sa destination – croire autrement était de la pure folie. « J’en ai rien à battre de ta hiérarchie, couillon, tu m’ouvres cette porte que je parle à mon oncle et si tu m’fais attendre j’te jure que tu vas te r’trouver à récurer des chiottes, tu piges c’que j’te dis? » Elle n’avait pas besoin de crier si fort, de déranger l’ordre du vaisseau – heureusement qu’ils se trouvaient loin des zones de soins. Elle ignorait si elle aurait pu se retenir le cas échéant. Sa fureur était telle qu’elle ne voyait même pas clair alors que le cadet lui ouvrait la porte, visiblement intimidé, que ce soit par le ton hargneux de la douanière ou par le lien familial qu’elle venait de déclamer.

La porte s’ouvre et elle trouve son oncle à son bureau, à capitainer ou peu importe ce que les gens faisaient à son niveau. Elle n’attend même pas que le milicien ait la présence d’esprit de les isoler dans la pièce pour exploser. « Tu sais ce qu’elle m’a fait cette… cette… » Elle ne sait même pas comment la désigner, Rosa, cette mère qui lui a pourtant donné la vie, mais qui s’acharne à en faire un enfer stellaire. Toutes les injures qui lui passent par la tête sont trop sympathiques pour qualifier la harpie qui lui sert de génitrice. « Tu sais à quel point j’ai travaillé fort pour monter les échelons! J’la méritais cette promotion – j’la mérite toujours! Pis elle me l’a enlevée, juste parce qu’elle peut, pis parce que personne va contester! » Ses dernières syllabes peinent à se faire entendre à travers les sanglots de rage qui la secouent. Un instant furieuse, elle passe aux larmes en quelques instants. Tous les regrets qu’elle avait pu avoir remontent à la surface : le divorce de ses parents, le fait de ne pas être restée sagement avec papa plutôt que de se laisser trimballer par maman comme une vulgaire poupée, de n’avoir pour seul souvenir de son père quelques pistes audio de la musique qu’il composait et une photo soigneusement copiée à plusieurs emplacements pour éviter de la perdre définitivement. Jamais il ne lui aurait fait ça, lui. Son oncle non plus. « Elle t’avait dit? Tu l’aurais empêchée, hein? » Sa voix se brise un peu plus. Debout en plein milieu du bureau, droite comme un piquet, elle observe son oncle à travers des yeux saturés d’eau. Si tu mérites cette promotion tant que ça, tu auras une autre chance de l’obtenir, qu’elle lui avait dit en agitant, moqueuse, son terminal devant le visage de sa propre fille – RECALÉE, disait la mention, juste à côté d’un CANDIDAT CHOISI raturé à même l’écran. D’un geste tremblotant, elle tire son terminal de sa poche et envoie une copie de la décision à Isaac portant la signature trop aisément reconnaissable de Cindra Woodrow.

Jamais elle n’aurait cru, même l’espace d’une seconde, songer sérieusement à la défection, direction la Terre sans un seul regard par-dessus son épaule. Honte, colère, mépris et incompréhension s’amalgamaient dans ses tripes dans une concoction explosive qu’elle ne savait pas comment exprimer – même devant la seule famille qui trouvait grâce à ses yeux.




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MessageSujet: (#) Re: treachery and gall / iw     Lun 5 Fév - 0:16
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D'un mouvement agile du stylet, la déclaration est signée, envoyée sur le terminal de ton second, un homme aux épaisses lunettes. L'air pincé, il t'observe parcourir un autre document du regard, à la recherche de la prochaine chose à lui faire corriger, à pointer comme inexact, comme un peu trop approximatif. Un soupire, un mot est surligné, une expression barré, une phrase remaniée. « Mh. Les yeux se relèvent alors, croisent, amusés, le regard bleu du second. Visiblement, vous vous améliorez, lâches-tu alors que son texte est bariolé de corrections diverses et variées. Merci Capitaine. », grince-t-il des dents, sûrement peu habitué à ta sévérité, à ton extrême rigueur dans tous les domaines. Tu n'es après tout que désireux d'excellence, de travail impeccable, irréprochable. « Bien, vous avez du trav – Capitaine Woodrow, la voix mécanique de Charlie s'agite, t'interrompant, attirant ton regard. Rosalija est devant votre bureau – l'image de la caméra postée à l'extérieur de ton bureau s'affiche, montrant un visage aux airs furibond cracher sa bile, son venin contre le pauvre milicien, remplissant simplement sa tâche. Charlie, le son, claques-tu, laissant l'ordre donné immédiatement suite à un très distingué, très apprécié :   ... m’ouvres cette porte que je parle à mon oncle et si tu m’fais attendre j’te jure que tu vas te r’trouver à récurer des chiottes, tu piges c’que j’te dis? Un sourire se dessine alors que tu imagines tout à fait la jeune recrue blêmir, bafouiller et s'excuser platement. Aucun problème, Charlie. N'avertis pas la milice. Bien, capitaine. Maxwell, un regard à ton second, vous êtes encore là ? » Sous l'humour un peu froid dort l'ordre qu'il peut déguerpir, aller gentiment te servir. Un mouvement de main le balaye déjà, l'invitant à sortir.

Et alors qu'il s'efface, Rosa pointe le bout de son nez. Son visage rouge de colère ne laisse aucun doute sur la teneur de ses (res)sentiments, de la fureur qui lui bouffe le coeur. Les yeux sont agrandis de haine alors qu'elle la crache devant toi : « Tu sais ce qu’elle m’a fait cette… cette… »  Les sourcils se haussent, interrogateurs : « Assieds-toi, je t'en prie. », l'invites-tu, toujours prêt à l'écouter, à la soulager du poids qui pèse sur elle. Tu t'es toujours efforcé d'être le plus présent possible, le plus tendre avec ta nièce. Les liens de sang sont bien peu de choses et pourtant, il te ramène éternellement vers ceux qui sont restés, t'ont accompagnés. Il paraît que la famille ça ne trahit pas, ça ne salit pas. « Tu sais à quel point j’ai travaillé fort pour monter les échelons! J’la méritais cette promotion – j’la mérite toujours! Pis elle me l’a enlevée, juste parce qu’elle peut, pis parce que personne va contester! »  Tu l'as même appuyé cette promotion, y ajoutant une lettre de recommandation, tentant de faire jouer tes relations. Tu as toujours eu un œil attentif, tendrement incisif sur la brune. Si Lyra n'a pas vraiment embrassé une carrière militaire, préférant l'amélioration continue de la flotte, c'est tout le contraire de Rosa. Et peut-être que c'est un peu stupide, insipide de se retrouver un peu en elle, de croire tellement en son ascension. Lorsque tes yeux se posent sur elle, tu vois des possibilités démultipliés, des ambitions mesurées qui, pourtant, l’emmèneront loin. Qui l'auraient emmenés loin. Tu n'es pas dupe, tu n'as pas réellement de poser la question ; tu sais le nom de la seule personne qui peut sacrifier, blesser son enfant parce qu'elle le peut, parce qu'elle le veut. Et les larmes coulent, sillonnent des rivières d'horreur, de malaises qui te font contourner ton bureau, venir doucement prendre la jeune femme dans tes bras : « Je suis là, Rosa. Glisses-tu en douceur, toute en lenteur d'une voix posée, prêt à crevasser, à tuer tout ce qui la fait souffrir, tout ce qui pourrait la détruire. Tout va bien, tout ira bien. Les doigts s'emmêlent à la chevelure épaisse, aux boucles, la laissant tremper de ses pleurs ton uniforme, même se moucher dedans, si cela peut calmer, apaiser son chagrin. Explique-moi. » Demandes-tu, tout bas, dans le creux de son oreille comme lorsqu'elle était enfant, comme lorsqu'il fallait un peu combler l'absence d'un père. Ce que tu n'as jamais pu vraiment faire. Puisque même si la tendresse est évidente, l'amour de l'oncle envers sa nièce réelle, Lyra a toujours été ton unique fille. Et c'est con mais cruel de voir qu'il y a toujours eu une différence, une distance. Lyra est une moitié de toi, un absolu, une vérité pour lequel tu es prêt à n'importe quoi. Même à tuer. Même à te tuer.

« Elle t’avait dit? Tu l’aurais empêchée, hein? » , sa voix se tord, brisé par le désamour maternel, par la pire des trahisons. Doucement, les doigts s'attachent à sa nuque, massent doucement pour tenter d'un peu la calmer, l'apaiser. Et tu l'observes pianoter sur son terminal, faisant vibrer le tien. Aussitôt, l'objet est saisi à bout de bras, la décision te saute aux yeux ainsi que la signature de Cindra. La colère s'agite au fond des tripes, dessinant des montagnes de malaise, de haine. Tu n'as jamais compris les parents qui s'évertuent à foutre leur gosse plus bas que terre, que l'enfer. Tu n'as jamais compris pourquoi Cindra ne supportait pas sa fille, ce qu'elle lui avait fait pour attirer ses foudres. Rosa avait, pourtant, de quoi rendre fier n'importe quel parent, n'importe qui. Mais non, elle n'était jamais assez bien pour sa mère, jamais assez forte, jamais assez méritante. « Elle ne m'a rien dit, lâches-tu d'une voix âpre, où danse l'amertume d'une injustice, d'une colère sans nom et sans fond. Si elle t'en avait parlé, tu aurais brisé son terminal sur son visage pour lui apprendre à aimer correctement, sainement son enfant. Tu imagines bien que je suis aussi … Tu cherches les mots, quelque chose de poli mais injurieux, qui laisse peser le fond de ta pensée. Disposé à la haïr que toi. » Le calme ne peut tromper la fureur glaciale, infernale qui s'agite dans le creux du ventre, qui laisse s'embrasser des vengeances mal placés, déclinés en mille coups que sa mère mériterait. « J'aurai su, j'aurai tout fait pour qu'elle n'ait pas accès à ton dossier. » Tu as pensé, naïvement, que cette fois, Cindra ne s'en prendrait pas à sa fille. Pas sur ce terrain là. Que cette fois, elle aurait laissé quelqu'un d'autre traiter la demande de Rosa. « Quitte à lui bousiller son terminal. », murmures-tu à son oreille, plus bas, pour essayer de la faire sourire, de lui rendre un peu de bonheur, de baume au cœur. Au fond, tu t'en veux de ne pas avoir été assez prudent, de ne pas avoir pensé à cette possibilité.

Lentement, tu la pousses à s'asseoir dans l'un des deux sièges face à ton bureau, essuyant ses larmes au passage : « J'aurai dû demander à ce qu'elle n'y ait pas accès. Pardonne-moi, je ne pensais pas qu'elle irait jusque . » Quel mère oserait, au fond ? Tu pianotes sur ton terminal, annulant tes rendez-vous de l'après-midi, sortant d'une cache du bureau une bouteille de brandy terrien. « Je le réservai pour – et peut-être qu'il ne vaut pas mieux le dire, qu'il vaut mieux s'abstenir d'avouer que tu n'attendais que sa promotion pour l'ouvrir avec elle. Ça n'a pas d'importance, tu en as besoin maintenant, conclues-tu, en ouvrant la bouteille dénichée sur le marché noir, tirant deux tasses pour verser l'alcool dans les objets pour venir t'asseoir à ses côtés. Rosa, ta mère n'est pas une mère. » Tu lui tends le verre, accompagné d'un mouchoir, pesant doucement tes mots. « Je sais que c'est peut-être facile à dire mais elle ne te mérite pas. Tu es belle, intelligente, débrouillarde, ambitieuse, talentueuse, travailleuse et oui, cette promotion devait être à toi. Un silence, une gorgée de l'alcool. Mais elle serait bien trop heureuse de te voir dans cet état, bien trop contente de voir comme elle t'atteint. » Et tu imagines la gueule satisfaite de Cindra, son visage clairement apaisé de voir qu'elle lui a fait du mal, qu'elle peut encore lui en faire. « Je te propose de lui prouver que peu importe ce qu'elle te fait, peu importe ce qu'elle pense de toi, qu'elle te soutienne ou pas, tu réussiras. Et ce même si, je dois mettre ma carrière sur la ligne. » Et dans le bureau, il y a la promesse silencieuse de toujours être là pour elle, de toujours soutenir ses moindres pas. « Et après, ma chère, nous allons faire ce que nous savons faire de mieux, un sourire doux scindant, détruisant le masque froid : s'assurer que Cindra te le paie d'une manière ou d'une autre. » Puisque dans la famille Woodrow, la vengeance est un plat qui se mange froid, voire glacial.
MessageSujet: (#) Re: treachery and gall / iw     Lun 12 Fév - 22:01
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Les événements se déroulent dans une succession d’instants saccadés et de ralentis furieux, jusqu’à ce qu’elle reprenne conscience du temps et de l’espace, la tête confortablement enfouie dans l’uniforme impeccable de son oncle. Elle pleure, Rosalija, comme une gamine, comme elle aurait pleuré si elle avait eu l’âge de comprendre que de s’embarquer sur la flotte signifiait ne plus jamais revoir son père. Les sanglots l’agitent incontrôlablement, pendant un temps, puis s’estompent naturellement, comme réconfortée par l’antagonisme de son oncle vis-à-vis de sa mère. Elle se doutait bien qu’Isaac n’était guère au courant des machinations sadiques de sa génitrice, et que si ça avait été le cas, il l’aurait défendue bec et ongles, comme il le lui assurait. Il faut que le capitaine mentionne quelque destruction de propriété pour qu’elle affiche enfin l’ombre d’un sourire, utilisant la manche de son propre uniforme à col rouge pour éponger ses yeux humides. Un reniflement, puis un autre, et elle se cale profondément dans le siège qui fait face au bureau de son oncle, s’octroyant quelques instants pour retrouver son calme. « T’excuse pas, t’as rien à voir avec ça », fait-elle finalement, secouant la tête. « Elle aurait trouvé une façon de me recaler, avec ou sans accès à ma candidature. » Rosalija n’en appréciait pas moins le sentiment, l’intention. Elle savait qu’il l’aurait fait, si l’occasion s’était présentée, et elle lui en était reconnaissante. Son oncle avait toujours su naviguer les eaux troubles de gérer deux filles, l’une légitime, l’autre simplement affiliée. Rosalija s’était largement rabattue sur son oncle lorsqu’elle avait compris qu’elle ne reverrait plus jamais son père, tout en s’assurant de laisser une distance acceptable entre elle et la famille Woodrow, se contentant de jalouser de loin la chance qu’avait Lyra. Elle n’avait que de bons sentiments pour sa cousine, mais ne pouvait s’empêcher de ressentir la proximité – physique et émotionnelle – qu’elle entretenait avec son père.

Isaac s’interrompt brusquement et Rosalija reprend ses esprits, dardant ses prunelles d’obsidienne sur la bouteille que l’homme extirpait du bureau. Un petit sourire étire ses lèvres, puis elle fronce les sourcils, prise d’une curiosité amusée malgré les yeux humides, bouffis qui trahissaient sa peine. La douanière accepte le verre avec gratitude, y trempant aussitôt ses lèvres, concentrée sur les paroles encourageantes de son oncle. « C’est pour ça que je lui montrerai pas », se convainc-t-elle, faisant tournoyer le liquide ambré dans la tasse. « Je sais que tu lui diras pas, non plus. » L’inverse était impensable. Rosalija savait que quelque soit le secret qu’elle pourrait annoncer à Isaac, il le couverait jalousement, le garderait pour lui quoi qu’il en coûte. Les promesses du capitaine lui font chaud au cœur, mais aussi serrer la mâchoire. Il n’avait pas à sacrifier le travail d’une vie pour la vengeance d’une nièce dont il ne partageait même pas le sang; seulement les liens du mariage. Pourtant, elle n’arrivait pas à refuser directement l’offre implicite de l’homme, égoïstement, s’imaginant qu’elle irait bien plus loin avec un allié comme lui à ses côtés. « Autant attendre qu’elle crève. Ça sera plus simple. » Elle lâche le constat sur le ton de la banalité, comme si ça ne lui faisait ni chaud ni froid de s’imaginer à la morgue, à identifier le cadavre encore tiède de sa génitrice. C’était le cas, après tout. Rosa aurait ensuite le champ libre pour renouer avec son demi-frère sans les interruptions empoisonnées de Cindra, sans l’ombre de la grande dame que le reste de la flotte pensait qu’elle était qui planait au-dessus d’elle. Elle imite toutefois le sourire de son oncle, dans lequel elle décèle à la fois le meilleur et le pire de lui. La dévotion poussée à l’extrême, l’inaptitude à encaisser les injustices. Elle avait un peu de ça, elle aussi, sans nul doute inspirée par le parcours exceptionnel de son oncle. « Je passerais pas une opportunité de la faire rager, par contre », admet la douanière dans un sourire en coin, brièvement carnassier avant de retomber aussitôt à plat. Elle soupire. « Je trouverai bien quelque chose. » De quoi lui faire regretter de lui avoir mis des bâtons dans les roues. De quoi lui faire mordre la poussière.

Soucieuse de se changer, même brièvement, les idées, elle attrape la bouteille de brandy posée sur la table pour l’observer sous toutes ses coutures. De l’alcool d’une qualité qui n’était pas facilement accessible sur la flotte. Rosa décoche un sourire malicieux, entendu, à son oncle. « C’est clairement du marché noir, ça », souligne-t-elle avec une certaine espièglerie. Des similaires, elle en voyait souvent. Elle pince les lèvres en reposant la bouteille sur la table, reniflant discrètement le contenu de son verre avant d’en reprendre une gorgée. Rosalija semble songer un instant, les yeux en l’air, les coudes posés sur ses genoux. « Elle serait furieuse de voir ça. » Cindra avait toujours eu, comme Leona, un problème avec le laxisme évident de l’amiral vis-à-vis du marché noir. Sachant que son oncle était un ami proche de la vice-amirale et qu’il la suivrait les yeux fermés dans un trou noir, la bouteille se révélait être une surprise pour la douanière. Pourtant, lui faire la morale, à titre d’agent de la paix, ne lui traverse même pas l’esprit. Pas l’ombre d’un instant. « On devrait lui laisser la bouteille vide sur le pas de sa porte avec une note. Juste assez passif-agressif pour qu’elle soit de mauvaise humeur pendant quelques jours. » Ça n’était que l’amuse-gueule de ce qu’elle préparait pour sa mère, avec ou sans l’aide d’Isaac. Le tour était bien trop sympathique pour la démone qu’elle était au fond.




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MessageSujet: (#) Re: treachery and gall / iw     Mar 27 Fév - 18:09
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Rosa, un peu comme Lyra, a toujours su faire jouer, danser la corde sensible chez toi. Il paraît que la chaire de sa chaire rend toujours un peu d'humanité à ceux qui les ont engendrés. Dommage que le mot ne soit pas passé à Cindra. Elle l'a sûrement bouffé entre la conception et la naissance de la jolie brune, ou simplement zappé. Et tu ne peux pas pardonner, fermer les yeux sur une autre blessure de l'autre ordure. Parce qu'au fond, c'est une vieille ritournelle, une éternelle chanson entre la mère et la gamine, un jeu d'usure où elle s'assure de pourrir, détruire un peu plus, toujours un peu plus sa fille. Si l'amitié est était sincère avec Cindra, elle semble s'envoler, se briser.  Comme si, sous le poids des sanglots de Rosalija, tout était mort.

Elle s'éponge les yeux de la manche de son uniforme rouge, tentant d'effacer maladroitement les traces de sa peine. En silence, tu compatis. Peut-être un peu trop tendrement, tu te trahis sur les rives de son sourire. Elle se cale doucement, lentement au fin fond de son siège, accompagnée de reniflements, apaisant les secousses qui l'agitent encore, qui te pousseront, sans doute, un jour au meurtre. Il est vrai que ton calme, ta froideur sont trompeurs, dissimulant la colère des hommes prêts à tout pour les larmes, les drames qui frappent les femmes aimées. Il est vrai qu'on t'imagine mal te venger, risquer ton métier pour le chagrin des tiens. Pourtant, jamais larmes de femmes n'ont cognées, trébuchées, sonnées en toi plus fort que celles de tes filles (naturelles ou artificielles).  « T’excuse pas, t’as rien à voir avec ça » , un regard de tes yeux fauves tombent dans les siens, rouges et bouffies, trahies. Tu penses que si, tu en es le responsable, le coupable. Et il était de ton devoir de t'assurer que Cindra paie, comme tous ceux qui osent porter la main sur les tiens paient. « Elle aurait trouvé une façon de me recaler, avec ou sans accès à ma candidature. » Pas si tu t'en étais mêlé, pas si tu avais fait jouer tes relations, réclamant les vieilles faveurs qui te sont dues, te créant des dettes nécessaires. Au final, il aurait peut-être suffit d'un peu de précaution et d'une bonne dose de corruption. Pourtant, comment on dit déjà ? Rien n'est trop beau pour tes filles.

Elle trempe ses lèvres dans la tasse, goûtant lentement l'alcool.  « C’est pour ça que je lui montrerai pas » Un hochement de tête, un mince sourire s'étire, agrandit le mélange de fierté et de tendresse pour la brune. Au fond, Lyra n'a pas totalement suivi tes pas, n'a pas vraiment suivi ta trace mais Rosa, elle, te suit à très, très grandes enjambées. Et peut-être qu'un jour, la jeune femme sera à ta place, peut-être qu'elle embrassera le commandement d'un vaisseau. Au fond, peut-être que l'affection dédiée à tes fils s'est détournée, tournée vers Rosa. Peut-être que tu transposes ton propre destin sur la belle. Et tu sais comme les peines, les épreuves façonnent les coeurs, décrivent des chemins cachés.  « Je sais que tu lui diras pas, non plus. » « Bien sûre. » , réponds-tu, du tac au tac, de la maladresse à la tendresse, cachant sous la sobriété des monts de confiance, de confidence. « Autant attendre qu’elle crève. Ça sera plus simple. »  , décroche la brune, comme si tout était perdu d'avance, comme si rien ne pouvait mieux constituer une vengeance que l'attente où Cindra serait envoyé vers son dernier voyage, vers les étoiles qu'elle ne mérite pas. « Ce serait lui faire un trop grand cadeau. », la mort de Cindra lui offrirait trop de douceur, de chaleur pour les vices dont elle était l'éternelle causes, les peines qu'elle distillait, semait. Et la tasse est portée à tes lèvres, charrie le goût de l'alcool. Comme à sa sœur, tu refuses la moindre concession, la moindre absolution. Violaine n'a pu que s'acheter une tranquillité, une paix à des années lumières de toi, ignorant qu'un jour tout se paie, tout se récupère. Un jour, tu reviendras et tu lui arracheras tout ce qu'elle a construit, tout ce que tu n'as pas détruit. Et tant pis, si dans vos destructions mutuelles, tu dois rajouter celle de Cindra à la longue liste des choses à faire avant de mourir, de périr.

 « Je passerais pas une opportunité de la faire rager, par contre », le sourire se fait plus carnassier, plus affamé sur les traits de poupée de Rosa. Des promesses se tissent, s’immiscent qui font échos aux tiennes. Et pourtant, elle semble abandonner, se tasser dans un soupire :  « Je trouverai bien quelque chose. » . Et ce quelque chose semble se trouver sous ses yeux lorsqu'elle saisit la bouteille, examine le liquide ambrée. « C’est clairement du marché noir, ça » , glisse la malicieuse, la chaleureuse démone, s'attirant un œil complice, prémisse de ses liens qui lient à jamais des destins. Un sourire faussement innocent lui répond, comme si, soudainement, tu ne te souvenais plus de tout ça, de toute cette histoire là. Tu ne fais pas tellement exception, pas tellement de concession à l'acquisition de tout ce que tu juges nécessaire au marché noir. De ton éducation, d'une vie faite de privation, tu as encore des attaches bels et biens matériels, un confort luxueux auquel tu n'es pas prêt de renoncer, que tu ne veux pas totalement abandonné. Et comme beaucoup, tu joues les outrés par devant mais par derrière, tu es sans doute celui qui en profite le plus de ses boissons exotiques, de ses fruits gourmands, de cette table à ton nom au restaurant clandestin. « Peut-être, j'ai un trou de mémoire, un haussement d'épaule, l’espièglerie de ta nièce semble contagieuse, périlleuse. La faute à la vieillesse. » Un clin d'oeil et l'aveu est silencieux, tendrement précieux. De Leona, tu es proche. De ton amie de toujours, tu traces les esquisses des même blessures, de la même amertume. Pourtant, comme avec Adam, le marché noir reste une pente glissante, un sujet de discorde ; A quoi bon vivre sa vie sans plaisir, sans désir du meilleur ?

La bouteille se repose sur le bureau et Rosa semble réfléchir, ébranlée les mécaniques de son cerveau pour, finalement, lâcher simplement : « Elle serait furieuse de voir ça. » Et il ne te faut pas trente secondes pour comprendre l'évidence sous la cervelle de la brune. Sa mère a toujours été partisane des vies frugales, limitées par la rigueur militaire, marquées par l'absence de chaleur. Sans doute, était-ce pour ça qu'elle se révélait aussi frustrée, aussi disposée à maltraiter son aînée. Il paraît que c'était le lot des femmes mal épuisées au lit, qui ont des choses à combler dans leurs vies. « On devrait lui laisser la bouteille vide sur le pas de sa porte avec une note. Juste assez passif-agressif pour qu’elle soit de mauvaise humeur pendant quelques jours. » et les yeux viennent rencontrer les siens, déceler l'idée, la passion pour l'orage, les rages de sa mère. Un sourire fin, assassin lui répond, en diapason à la courbe de ses yeux fourbes : Aujourd'hui ou demain, vous aurez la peau de Cindra.

« Charlie. Oui, capitaine Woodrow, grésille la voix de l'IA sur ton terminal, tout dévoué à exécuter tes moindres désirs, ta plus petite envie. Nous allons avoir besoin de toi, souffles-tu doucement, lentement, laissant glisser l'alcool ambré dans ta tasse à moitié vide. Une fois l'ordre exécuté, je veux que tu l'effaces de tes archives, est-ce bien clair ? Oui, Capitaine, même si je ne vous conseille pas de laver ma mémoire, cela peut nuire à mes performances. Fais-le, glisses-tu, implacable, en roulant des yeux. J'ai besoin que tu imprimes une note que nous allons te dicter. Un raclement de gorge : Puisque nous sommes des êtres très sympathiques et que nous nous soucions de votre (non)-plaisir, veuillez accepter ce modeste présent, en espérant que cela vous aide à vous détendre et peut-être à traiter les autres avec humanité, équité et justice. Malheureusement, on a tout sifflés, déso, on est pas déso. Tendrement vôtre. Votre si aimé, si adoré marché noir. Un silence, sur le terminal s'affiche le texte en vert. Tu veux ajouter quelque chose ? » Le regard se concentre sur la brune. Sans doute, sera-t-elle plus imaginative, plus vindicative que toi. Rien ne vaut les chagrins de son enfant pour assassiner un parent.

Un coeur vient douloureusement se planter à côté du marché noir, en signe d'ultime provocation, de protestation. Comme pour signifier que ni elle, ni personne ne tueront les branches d'un commerce souterrain tentaculaire, spectaculaire.  « Je doute que le sien se souvienne de ce qu'est un coeur. » Puisque, visiblement, celui de Cindra était sec et vide, et, il semble que l'alcool te rend volontairement mauvais, totalement disposé à insulter ton amie. Et peut-être que ce n'est pas la seule idée qui vient lécher tes pensées : « Tu es disponible ce soir? J'aurai quelque chose à te montrer. » Ou plutôt quelque chose à lui faire entendre.
MessageSujet: (#) Re: treachery and gall / iw     Mar 13 Mar - 22:08
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Dans un sens, elle est surprise par l’intransigeance d’Isaac à l’endroit de sa belle-sœur. Ils avaient toujours été proches, et voilà qu’il semblait réviser son opinion une bonne fois pour toute, préférant pester contre la femme sans mâcher ses mots. Rosalija ne s’en formalise pas. L’objet des insultes d’Isaac a beau être sa mère, elle ne s’était jamais comportée comme telle, après tout; le respect habituellement accordé à celle qui avait donné la vie ne lui revenait donc pas d’office. Ça lui semblait fort juste, à vrai dire, que de nier à Cindra la déférence et l’amour que dénotait généralement le doux sobriquet maman. La fausse innocence d’Isaac a au moins le mérite de la faire sourire, faute de faire disparaître la rougeur de ses yeux et de ses pommettes teintées par les émotions qui la balancent d’un extrême à l’autre, de haut en bas sans motif prévisible sinon les encouragements vindicatifs de son oncle. Rosa joue le jeu, consciente que ça n’était pas spécialement nécessaire, mais soucieuse de soustraire aux microphones scrutateurs de Charlie quelque aveu que ce soit, même si ça n’était que pour amuser leurs deux esprits. « Il faut que tu fasses plus attention à toi », lui suggère-t-elle avec la même espièglerie, le même malicieux amusement. « Tu as le droit de prendre du repos, toi aussi. » Elle avait toujours perçu son oncle comme un bourreau de travail, quelqu’un qui faisait passer les intérêts du vaisseau dont il était capitaine – et de ses habitants – avant toute autre chose. Ce commentaire, s’il s’inscrivait dans la lignée de leur échange facétieux, n’en était pourtant pas moins sincère – tout comme l’admiration à peine dissimulée dans le visage de la brune lorsqu’elle entend imprimer. La volonté d’Isaac d’utiliser des ressources aussi précieuses que du papier – recyclé et ne contenant que d’infimes traces de bois, dans l’état actuel des choses, mais tout de même une élément rare sur la flotte – la rendait positivement hilare. Cindra ragerait devant cet affront culotté, devant l’effronterie du mystérieux bandit qui osait lui glisser sous le nez non pas une, mais bien deux provocations bien senties.

Les mots aussi sont bien choisis. Soigneusement énoncés de la voix grave du capitaine, ils sonnent encore plus imposants, encore plus saisissants. Rosalija écoute avec une attention presque indécente; jamais elle n’avait suivi un discours de si près, pas même les leçons des professeurs des écoles professionnelles où elle avait acquis sa formation de douanière. Si elle signifie d’un mouvement de la tête qu’elle n’a rien à ajouter à la succulente provocation énoncée par le capitaine, elle se ravise aussitôt, levant un doigt en l’air comme pour interrompre quelque commande à Charlie qui aurait pu suivre. Hésitation. « Non, en fait. C’est parfait comme ça. » Rien qu’elle aurait pu dire pour enfoncer davantage le couteau dans la plaie future n’aurait pu contribuer à enflammer davantage la note tout en conservant leur anonymat – ou du moins, le sien. Autant oser faire un maximum de dégâts tout en demeurant en sécurité. L’effet n’en serait que plus dévastateur pour Cindra, qui se dirait qu’elle a d’autant plus de détracteurs qu’elle l’aurait imaginé. Le cœur signe le message avec une ironie qui n’échappe pas à Rosa.

« Ce soir? » Elle réfléchit rapidement. Rien, a priori. Sa vie sociale n’était pas de plus mouvementées. D’occasionnelles sorties entre amis, lorsque leurs quarts respectifs le permettait. Du temps avec sa cousine par ci, un verre entre militaires par là. Ce soir, toutefois, rien – et même si elle avait eu des plans, ils auraient été jetés par les hublots aussitôt, son humeur bien trop morne et sa curiosité bien trop piquée par l’invitation d’Isaac. Elle fait non de la tête, brièvement. « C’est quoi? » insiste-t-elle déjà, intriguée, soucieuse de savoir dans quelle aventure l’embarquait son oncle. Il n’avait pas l’habitude faire dans le mystère, dans le mystique, dans l’ambigu. « Tu m’emmènes quelque part? » Les endroits où aller n’étaient pas si nombreux que ça sur la flotte, surtout ceux d’intérêt dans leur conversation.




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