‘half in, half out’ game // marian
MessageSujet: (#) ‘half in, half out’ game // marian     Mer 17 Jan - 9:35


motherfucker, don't play with me
Does she know that you held me in the dark? Does she know that I had you from the start? Does she know that the bruises never change? My marks are on your heart, I had you from the start. Are you gonna keep her?
Ça palpite contre ta gorge. Ton pouls comme une alarme d’incendie – et tout va cramer, c’est certain. T’enrage, Rian. Tu serres puis desserres les poings. Une fois. Puis deux. À la troisième, tu pousses un cri rauque et balances ton pied dans un mur. On te dévisage. On sourcille, mais très franchement, t’en as rien à foutre. T’as rien vu. Rien remarqué. Parce que la colère te dépasse, parce que t’étouffes sous l’émotion. Tu manques d’air – sauf que non, alors pas la peine de tripoter ton inhalateur d’urgence. Tout va bien, il suffit d’inspirer lentement, de respirer à fond. Sauf que t’as pas envie de te calmer. Pas envie d’être « mature et raisonnable » - tant pis maman. Une déception de plus ou de moins hein? Et puis, elle n’en saura peut-être rien – là tu es en pleine désillusion, parce que tu sais TRÈS bien que ta mère apprend toujours tout. Et toi, qui t’amuses à balancer des coups au vaisseau, ça ne va pas lui échapper. Eh merde! Tu dois te ressaisir , ne plus y songer. Alors tu cesses de tourner en rond – et d’inquiéter les gens qui tentent de passer dans le corridor où tu te trouves. Tu dégages même la voie de droite – de rien, bande de chieur! Là, tu peux le faire. Jusqu’à ce que tu aperçoives une tête blonde. Là-bas. Plus loin. Qui émerge d’une cabine. Cette fois, ton poing s’abat assez fort contre la parois, pour arracher un sursaut au passant le plus proche.

D’accord, tu ne gères absolument rien.

Normalement, tu ferais affaire avec Jesper. Il saurait te calmer, lui – peut-être même que pour une fois, tu ne serais pas contre une petite fumette entre pote. Pourquoi est-ce qu’il n’est pas là hein?! Parce que, lui aussi, à la chance d’avoir une vie. Une existence qui n’a rien à faire que Marcus Riley s’éclipse en compagnie d’Elara Hartmann, pour la deuxième fois cette semaine. Non, Jesper à la belle vie lui – son père n’est jamais qu’un amuse gueule, tout le monde sait ça! Et toi, tu souffres – de ça et d’une nomination pour la drama queen du mois, oui. Tu devrais rentrer, ou mieux, courir jusqu’au gym le plus proche. Sauf que non, t’as aucune envie de fuir. Aucune envie de nier. C’est ce que t’as fais la première fois que tu les as remarqué. La première fois que t’as compris – mais que t’as préféré secouer la tête en riant. Bon, d’accord, l’alcool devait y être pour quelque chose. Sobre, t’es pas certaine que ta réaction aurait été la même. Et voilà l’un de tes problèmes actuels : tu es DOULOUREUSEMENT sobre. Ton foie te lances presque, tant il est clean – où est passer Jesper hein?! HEIN?! Pas là, évidemment. Alors tu peux te tripoter les cheveux, les tirer et te mâchouiller la lèvre inférieure jusqu’à en avoir mal, ça ne changera rien. Y’a qu’un goût ferreux qui te hante la bouche. Y’a qu’une angoisse cruelle qui te mord le ventre. Quoi faire? Attendre ici? Rentrer? Tenter de le contacter? Et pour lui dire quoi, hein? « Tu peux te retirer d’Elara, faut qu’on cause? » Oui, très subtil. Très fin, Rian – oh putain, tu vas le faire!

T’as tout juste le temps d’attraper ton terminal, que tu reconnais son pas. Tu effleures son nom, sa photo, du bout des doigts, mais c’est peine perdu. Parce que le grand, plus grand que nature ouais, Marcus Riley est de retour. Et que toi, pauvre conne, t’es postée devant ses appartements. Le pouls trop rapide. Les mains moites – assez pour que ton terminal t’échappe. S’échoue au sol dans un bruit TOUT sauf discret – t’as la bienséance de grimacer. Sauf que ça ne change rien, sinon repousser le moment décisif. Parce qu’il ralentit le pas. Parce que Marcus t’as remarqué et qu’il ne comprend probablement pas ce que tu fais là. Ce que tu veux – et pourtant, c’est pas faute d’avoir essayer de lui expliquer à plusieurs reprises. C’est que le bonhomme est un peu con quand même – « je n’ai pas mis de culotte avant de venir » ce n’est pas une suggestion pour aller au gym, bordel! Bon aller, tu respires un bon coup et tu te redresses, ton terminal encore glissant entre tes doigts. Et Marcus qui te dévisage toujours – pourquoi il a arrêté de marcher hein? Peut-être parce qu’il empeste le sexe?! Franchement, y’en a qui n’ont pas de coeur et voilà, il se mérite un regard plein de dédain – tu es injuste, Rian, mais tu t’en fou totalement. Ouais, tellement que tu croises maintenant les bras, agressive comme pas possible – mais tu te retiens de retrousser les babines pour qu’il voit tes dents. Plus tard, ça. « J’vois qu’t’as réussis à retrouver ton froc, super nouvelle ça. Faut qu’on cause, ouvre. »

Oui, bonsoir à toi aussi, Marcus, sauf que voilà, t’en as rien à faire de la politesse. Il peut l’ouvrir, la putain de porte?! Tu tapes même du pied, impatiente. Oh aller, tu hausses maintenant les sourcils – parce que bordel, elle l’a quand même pas épuisé au point qu’il ait besoin d’une pause avant d’atteindre sa cabine et d’ouvrir hein?! IL A PAS INTÉRÊT!! Est-ce que tu songes à lui faire goûter de ton genou, Rian? Oh oui. Seulement, tu es une gentille fille – pour l’instant hein – et tu ravales ton agressivité. Tu te contentes de serrer les bras, ceux croisés sous ta poitrine – ceux qui tentent maintenant de faire remonter ton buste dans ta gorge. Et malheureusement, même ça, ça ne suffit pas à te calmer. Alors dès que la porte est ouverte, tu n’attends pas même qu’il t’invite – ha ha ha elle est bonne celle là! – que déjà tu le bouscules pour le dépasser et pivoter, une fois au milieu de son espace de vie. Cette fois, ton regard n’est pas dédaigneux, il est assassin – et pas ceux normal, nan, le tien il dégouline de poison. Tu devrais te lancer à l’attaque, lui balancer tes accusations à la gueule – des faits surtout, parce que coucher avec Elara n’est pas un crime. SAUF pour lui, mais ça, il ne le sait pas encore – ça viendra. Et pourtant, tu attends. Qu’il referme la porte – pas de drama devant publique, hein Rian? T’essaies ouais, t’essaies même foutrement fort!
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MessageSujet: (#) Re: ‘half in, half out’ game // marian     Mar 23 Jan - 15:10
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‘half in, half out’ game
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Tu te sentais bien Marcus. Malgré la libération imminente de Goldstein, malgré les ecchymoses s'effaçant doucement de ton visage suite à une rencontre sur le ring avec Krishvin. Malgré plusieurs facteurs, tu te sentais bien, oui. Parce qu'il y a ce petit éclat dans le regard bleuté qui se retourne une dernière fois vers toi, un sourire sur ses lèvres. L'un que tu retournes, ta propre esquisse grignotant ta bouche tandis que tu lui fais un léger signe de la main. Un départ entre amis en simple spectacle pour peu que l'on ignore la chaleur au fond de tes billes. Le temps d'un battement, tu prends le chemin inverse, laissant la blonde retourner au chaos de son propre vaisseau. C'est vers tes propres quartiers que tu te diriges, jonglant avec l'idée d'une douche rapide avant d'attraper ton dernier repas de la journée. Enfin, tout ça, c'est un semblant de plan qui se retrouve bien vite en suspend alors que tu remarques une tête brune bien familière devant ta porte. À peine redressée comme si elle venait d'échapper quelque chose, les traces d'un juron contre ses lèvres. Seulement c'est l'expression qu'elle porte qui te force à considérer de faire le prochain pas dans sa direction. Un peu perdue, comme si elle n'avait pas réussi à échapper à une mauvaise nouvelle et tu hésites. Considère si c'est Reyes qui se tient devant toi, plus loin, ou tout simplement Rian. Rian la trouble fête, Rian la famille, Rian la femme qui ne veut plus être gamine. Ça devient de plus en plus difficile avec le temps, de savoir quel rôle se tient devant toi, quel rôle tu te dois de voir afin de mieux rejeter les autres. Jusqu'à ce qu'elle s'impatiente, visiblement, te balançant un regard que tu t'es déjà mérité certes, mais dont tu n'avais pas expérimenté le plein degré, à voir sa tête actuellement.

Tu sourcilles, la dévisages un peu plus si c'est possible et accélère enfin le rythme pour le rejoindre devant ta porte. « J'vois qu't'as réussis à retrouver ton froc, super nouvelle ça. Faut qu'on cause, ouvre. » Si tu es un habitué de la crudité de la brunette, son choix de termes te fait cependant ravaler toute réplique qui pourrait tenter de s'échapper. Il ne reste que de l'incompréhension visible à son attaque, étouffant doucement la pointe de méfiance l'accompagnant. C'est un fait, tu déchantes là. La descente est brutale. Un instant tu avais les traits doux d'Elara te souhaitant une bonne soirée et maintenant, tu étais face à un bulldog. Seulement, tu n'arrives pas – ou refuse – de faire la connexion entre ces deux points pour le moment. Tu te contentes donc d'un simple commentaire. « Ouais, bonsoir a toi aussi Reyes. Tu gardes les portes maintenant ? » que tu marmonnes, l'ennui clair dans ta voix. Seulement, elle s'en fiche, sait très bien que ce n'est pas son sergent qui se tient devant elle en ce moment. Non, c'est à Marcus qu'elle montre presque les dents, refuse de s'étaler davantage dans la petite scène qu'elle est en train de causer et c'est tant mieux. Par chance – si vraiment tu dois appeler ça comme ça – elle ne fait que taper du pied, accentuant son impatience. Tu l'observes quelques secondes, lâchant un son qui joue entre la moquerie et l'incrédulité, pour finalement ouvrir la porte. Et lorsqu'elle te bouscule sans honte pour s'approprier ton espace, pénétrant dans tes quartiers sans même attendre ton accord, tu ne peux que rester à l'extérieur une seconde de trop. Le regard perdu dans le couloir, pinçant tes lèvres pour prendre un respire.

Quelque chose te dit que tu auras besoin d'une cigarette à la fin de tout ceci.

Tu aimes être préparé Marcus. C'est sans doute pourquoi tu te diriges vers ces dernières dès que la porte se referme derrière toi. Que tu l'extirpes d'un tiroir, tes doigts tripotant le paquet en considération. Tu te tiens loin, imposant autant de distance que possible entre vous. Parce que tu sais qu'une Rian énervée – et tu n'es pas suffisamment con pour te dire qu'elle est seulement irritée en ce moment – a besoin d'espace pour se défouler. Et parce que tu ne sais plus vraiment comment être près sans te considérer comme l'étant trop. Que malgré les années, les limites sont encore trop brouillées pour toi. Aussi bien tenter de les retracer aussi loin que possible. De fait, tu te retournes et t'adosses contre un mur, ton regard retrouvant sa silhouette, s'égarant un instant contre ses joues rouges de colère. « Tu peux me dire ce qui se passe ? Hm ? Au lieu de me regarder comme si tu voulais m'arracher la tête. » Ce serait bien oui, malgré le ton que tu emploies. Toi qui la persifle sans honte en cet instant présent. La faute à son attitude, à son goût pour l'énormité des sentiments, quels qu'ils soient. Trop expressive, noyée dans ses émotions aux yeux de tous. Et pourtant, tu jurerais qu'elle hésite à cet instant. S'attendait-elle à ce que tu luttes ? Lui refuse l'entrée ou la jette tout simplement dehors sans la moindre explication ? Que tu l'accueilles avec la même férocité comme lorsqu'elle te teste, toi et les autres pour jouer de sa dominance ? Tu arques un sourcil, ta phrase muette. Je te connais Rian, comme si elle avait besoin que tu le lui rappelles. « Parle. » que tu finis par encourager, un peu sèchement. « Les silences dramatiques, c'est pas mon truc. » T'as jamais eu réellement la patience pour ça, de toute manière. Epsilon aurait sans doute honte de ton manque de douceur. Et pourtant, t'étais pas du family material et certainement pas avec Rian, malgré les années. Et pour diverses raisons. T'étais content de ce côté, de pas avoir à affronter Epsi.
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You love her despite the burden of atlas resting on her shoulders. And she loves you despite the death still clinging to your lips.

WHAT A PAIR YOU MAKE
MessageSujet: (#) Re: ‘half in, half out’ game // marian     Lun 19 Fév - 7:41


motherfucker, don't play with me
Does she know that you held me in the dark? Does she know that I had you from the start? Does she know that the bruises never change? My marks are on your heart, I had you from the start. Are you gonna keep her?
Les bras serrées autour de toi, tu retiens tout ton corps. Ton coeur de sortir de ta poitrine. Ton ventre de s’écraser au sol. Parce que tu enrages – encore, toujours – de tout. De lui, surtout. Mais il prend son temps, évidemment. Alors tu fermes les yeux, Rian. Et tu respires. Un. Deux. Trois – il faut que tu te calmes. Il faut qu’il referme la porte – qu’il la verrouille, si possible. Tu dois oublier, l’envie d’hurler, combien tu serres fort contre tes côtes. Que l’air commence presque à manquer – sauf qu’avec lui, tu es toujours un peu en apnée, n’est-ce pas? Se noiera, se noira pas. Am stram gram, Pic et pic et colégram.

Il peut bien longer le mur, se jeter sur ses cigarettes comme sur une bouée – tu es la tempête. Tu es l’ouragan et quand tu ouvres enfin les yeux, ce n’est certainement pas avec la douceur d’Elara. Il ne te reste pas une once de tendresse. Pas quand tu tâches de ne pas éclater, de ne pas exploser. De tout dégommer – déformation professionnelle, certainement. Parce que tu es bien trop douée en destruction, parce que parfois, c’est ce qui te fait le plus peur. Tu refuses de pousser le hurlement qui se noie dans ta gorge. Trop gênant. Humiliant. Tu ne veux pas être « celle-là », celle qui hurle, celle qui pique une crise. L’hystérique. Seulement, tu es « celle-là », celle qui contracte lentement la mâchoire alors que Marcus te dévisage. Qu’il t’étudis du regard, là à l’autre bout de la pièce – trop conscient du danger que tu représentes. De combien tu peux être nocive – toxique. Et tout est de sa faute – encore. Toujours. Parce qu’il est avec elle – Elara. Avec elle et pas avec toi. Une belle connerie. Une putain d’erreur. Parce qu’elle est similaire à l’ancienne – la femme gangrène, celle qui le dévorait de l’intérieure. Celle à qui tu l’as dérobé, quelques instants – trop longtemps déjà. Le temps qu’il comprenne, qu’il voit, son erreur. Que jamais ça ne fonctionnaire. Et pourtant, il s’entête. Recommence. Avec Elara. La douce, la tendre, la si gentille et conciliante Elara. Battu par son époux puis nichée dans les bras forts – mais déjà réservés, oui – de Marcus. Pourquoi doit-il être aussi stupide? Pourquoi ne voit-il rien? N’a-t-il pas suffisamment souffert – et elle alors? Tu ne comprends pas et tu le lui reproches. Ça et son manque d’originalité.

« Tu peux me dire ce qui se passe ? Hm ? Au lieu de me regarder comme si tu voulais m'arracher la tête. » Cette fois, tu renifles. Avec agacement – un peu d’humour aussi, celui noir. Comme ton regard. Parce qu’il te gronde encore, tente de jouer l’adulte – de faire de toi l’enfant. Sauf que non. Pas cette fois, tu refuses. Tu avances alors, trois pas vers lui – les sourcils froncés un peu plus fort à chaque pas. Comme si sa proximité suffisait à répandre un goût amer sur ta langue. « Oh, c’est pas ‘comme si’, je ne demande pas mieux » que tu siffles presque. Que tu grondes, petite fille fait chienne. De celle qui morde. L’écume au bord des lèvres, sans vaccin possible pour la rage qui gronde dans son ventre. Celui douloureux depuis que tu as posés les yeux sur lui. Et même son petit regard, celui complice – presque intimide – et qui te rappelle qu’il connaît déjà tout ce que tu lui étale sous le nez, ne suffit pas à te calmer. Ça n’efface rien. De ta frustration. De l’injustice actuelle. De ce que tu ressens – et tant pis si chez toi tout est trop sensible, trop réelle. Parce que toi, au moins, tu ressens. Il est d’ailleurs temps qu’il le sache, qu’il le comprenne. « Parle. » qu’il jappe à son tour. Oh, tu plisses les yeux, alors que tu dénoues lentement tes bras de ton corps – de crainte que tout ne retombe. Que tout ne s’écroule. Là à tes pieds. La vérité dissimulé dans tes tripes, un beau sac de nœud. « Les silences dramatiques, c'est pas mon truc. »

Cette fois, tu éclates de rire. Ça t’échappe, l’hystérie roule sur ta langue. Dans ta gorge. Tu la vomis autour de toi – de lui – de ce vous qui n’est jamais qu’une vague entité. Un fantasme. Le tien. Tu ris d’une voix rauque, la tête doucement rejeté vers l’arrière. Ton ventre s’ouvre, tout grand, tout rond. Et tout en tombes – trop lentement. Puis, tu cesses de rire, la voix encore chaude – cruelle : « Naaaaan, c’vrai ça! Ni les silences, ni les relations, hein Marcus? Sauf que finalement, le relationnel, tu sais faire, vu qu’tu t’tapes Hartmann... » tu craches son nom en grimaçant. Ça n’a rien de personnel – en réalité, tu apprécies même la charmante demoiselle. Seulement, Marcus est un sujet sensible, lui et toute son anatomie. Et tu es une adepte du principe que « si tu ne peux pas l’avoir, personne d’autre ne l’aura. » Sauf qu’on t’as devancé. Sauf qu’il n’a pas attendu, pas reçu le mémo. Pauvre con. Son corps, c’est une chose, mais Elara ne joue pas à ce genre de jeu. Elle n’est pas de votre espèce – celle qui sait diviser le corps du coeur, qui voit l’espace les séparant. Tantôt celles en années lumières – Epsilon et toi – puis celle d’un cheveux – celle entre Marcus et toi, autrefois. Avant qu’elle ne soit évincée, cette autre contre laquelle il ne ferait jamais suffisamment chaud pour lui. Parce qu’il n’y a qu’une fine marge de manœuvre entre lui et toi – pour toi, Eirian. Pas pour lui. Parce que tu n’es rien – qu’une erreur, oui – à ses yeux. Une petite sœur adoptive, la rebelle qui refuse son sort. Son titre. Pas cette fois. Pas encore. Ça suffit à te faire avancer jusqu’à lui. Un sourire douloureux aux lèvres. « T’as vraiment rien appris d’ta séparation hein…? » Tu te fais presque douce. Presque.

Il voit évidemment clair dans ton jeu, il te connaît si – trop – bien, Eirian. Il sait ce que tu comptes faire dès que tu étires le bras. Dès que tu t’empares d’un livre, qui déjà vole dans sa direction. La colère éclate, comme une soudaine averse – seulement dans l’espace, il ne pleut pas Rian. Et alors? Si Marcus est incapable de ne pas sauter tout ce qui est blond, fragile et adorable, eh bien toi tu es tout autant incapable de ravaler tes élans violents. Ceux qui lui lancent maintenant la veste qu’il a laissé trainer sur le bord de son lit – ouais bon, tu fais avec ce qui te passe sous la main. « Tu peux me dire ce que tu FOU avec ELLE?! J’croyais que c’était fini cette putain d’période?! » Cette fois, tu ne souris plus. Fini. Tu ne joues pas, ne ravale plus rien alors que tu le laisses apercevoir combien ils t’effraies, son halo et lui. Marcus dans toute sa gloire – héros éternel. Sauveur attitré de la petite sœur, de la femme battue et puis quoi encore?! « Blonde, fragile, distinguée et ayant besoin que tu la sauves, ça ne te sonne aucune cloche? DING DING DING, Marcus!! Tu ferais une saloperie d’copier coller d’ton ex-femme, qu’ce serait pratiquement la même chose!! » Cette fois, c’est contre son torse que tu déverses ta colère. Le repoussant contre le mur. Fort. Parce qu’il a le toupet – le putain de culot oui – de te dévisager comme s’il ne comprenait pas. Comme si c’était toi, qui hallucinait. Comme si tu ne faisais pas de sens – alors qu’ici, tu es la plus lucide. La plus enragée aussi, mais c’est jamais qu’un détail.

Le souci avec les vérités, surtout les plus acides, c’est qu’une fois qu’on a commencé à les vomir, il devient impossible de s’arrêter. La bouche pleine d’acide à batterie, tu relâches alors tout. Avec un empressement qui te contracte le ventre. Qui fait trembler ta voix. Le regard un peu paniqué. « J’refuse de te laisser recommencer! Pas ENCORE!! » Tu ris encore. Sans joie. En secouant la tête alors que tu empoignes son chandail et le repousse, encore – mais sans grand effort cette fois – contre la paroi derrière lui. « Pourquoi faut que tu sois aussi con hein?! Pourquoi faut qu’tu tombes dans les mêmes pièges, Marcus?! Tu ne culpabilises pas déjà assez comme ça?! » Tu crèves d’inquiétude. Tu te noies dans ta rage, Rian. Et pourtant, tu t’acharnes. La voix écorchée et le regard luisant – de sa douleur, de celle que tu partages, qu’il en soit conscient ou pas. Parce que celle qu’il a jadis trompée en ta compagnie, était ton amie aussi. Parce qu’elle te faisait confiance – son erreur, mais aussi la tienne, de t’être attachée à elle. Et si lui, culpabilise de ce qui c’est déroulé – trop vite – entre vous, toi tu culpabilise pour l’inverse. Pour cette absence de regret – de remord. Trop habituée à ne pas être celle qu’on espérait de toi – ni papa, ni maman. Pas même Epsilon. Trop afamée de lui. De ce vous qui flotte perpétuellement dans ton esprit. « Pourquoi fallait que tu ailles la voir, ELLE?!! » que tu te lamentes. Sans honte. Les traits cripsés. Douloureux. « Alors que j’ai tout fait pour te libérer de la première! Pourquoi tu cours d’un trou noir à l’autre?! »

Cette fois, tu recules, non pas sans avoir pousser un grondement. De frustration. De douleur. De convoitise. Parce que ce qui est à elle, te revient de droit : Marcus. Parce que tu n’es qu’une petite fille, parfois, Eirian. Une petite sauvageonne, alors que tu repousses tes cheveux de ton visage. La colère dans les tripes. La peur dans le ventre. Qu'il te rejette. Enfant trop sauvage. Ta respiration presque sifflante.
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MessageSujet: (#) Re: ‘half in, half out’ game // marian     Mer 28 Fév - 2:51
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Tu repousses la sensation de ta cabine aux allures soudainement trop petites. C'est sa faute à elle, sa spécialité : occuper le plus d'espace possible, quitte à ce qu'il n'y en ait plus pour personne. Forcés à longer le mur tandis qu'elle rôde, qu'elle se heurte encore et toujours à n'importe qui dans une pseudo lutte de territoire. Dans le but de faire quelque chose sien, de se proclamer reine. Dommage pour elle – pour vous – tu es une créature possessive également. Ce qui est tien est tien et quand bien même elle tourne en rond, le regard mauvais et les crocs bien en vue, tu refuses de te laisser intimider dans tes propres quartiers. Pire, tu la bouscules à ton tour, cherche à en finir au plus vite. Elle et ses états d'âmes, elle qui tente de s'approprier tout sur son chemin afin de faire subir, de soumettre à ses déboires. Tu n'es pas Jesper, elle le sait. Tu as toujours été trop dur, trop maladroit et gauche pour ces cinémas que tu jugeais inopportuns et sans grande importance. L'un que tu es convaincu qu'elle performe présentement devant toi, dramatique jusqu'au bout des ongles. Son : « Oh, c’est pas ‘comme si’, je ne demande pas mieux » ne fait que creuser davantage ta conviction. Tu ne vois pas la détresse qu'elle retient contre elle. Du tout. Tu y es aveugle en ce moment, ton regard teinté d'une certaine fatigue et tu l'avoues, tu n'as pas réellement la patience de tout ce qu'elle semble jouer devant toi. Tu pourrais blâmer ton épiderme marquée d’ecchymoses dont le jaune se mêle enfin au bleuté. Tu pourrais blâmer tes côtes encore sensibles t'ayant soutiré un sifflement de douleur lorsqu'Elara y avait égaré ses doigts plus tôt. Quand bien même tu tentes la complicité, la vérité c'est que tu n'as aucune envie que tout s'étire, qu'elle décide de te faire jouer aux devinettes. Tu n'es pas d'humeur Marcus, plus maintenant. Toi qui étais pourtant sur une bonne lancée, tu n'as pas la force de participer à son petit numéro.

« Naaaaan, c’vrai ça! Ni les silences, ni les relations, hein Marcus ? Sauf que finalement, le relationnel, tu sais faire, vu qu’tu t’tapes Hartmann... » Si tu la dévisageais alors qu'elle riait tout haut, prêt à secouer la tête devant peu importe ce qui lui prenait, tu restes dorénavant interdit. Décontenancé par le nom qu'elle avait osé prononcer. Hartmann. Trop fort et trop clair à la fois, comme si les syllabes raclaient ta peau. « C'pas de tes foutus affaires. » que tu grognes, le visage fermé et le regard plus sombre, dur. L'avertissement est clair, tu n'as pas envie de parler de ça. Pas avec elle, ici et maintenant. Jamais, même. Ce qui se passait entre Elara et toi vous appartenaient, à personne d'autre. Tu évitais justement Trasam et Summers dans la même optique, ouvertement inconfortable à ce que ces deux-là aient une fenêtre sur ton intimité. Pire, qu'ils aient jugé utiles de t'informer de la chose en te faisant passer un certain contrôle, test et menaces en tout genre. Toi qui te faisais surveillé avec possiblement le même jugement que la pourriture de Goldstein, c'était plus blessant, plus insultant que tu ne voulais bien l'admettre. Si en plus Rian cherchait à se mettre de la partie... Non, c'était inconcevable et tout simplement interdit. Seulement, elle s'en fout de ce que tu peux bien ressentir sur le sujet. Se fiche que tu vois le tout comme une plaie qu'elle a forcé à s'ouvrir, juste pour y faire un peu plus de ravages, comme toujours. « T’as vraiment rien appris d’ta séparation hein…? » « Ferme-la, Rian.. » que tu répliques immédiatement, la voix étouffée par une soudaine émotion qui n'est pas la colère. Parce que sa remarque frappe un peu trop près de la cible. Parce qu'elle appuie, assurément, là où ça te fait le plus mal. Et c'est plus fort que toi, tu détournes le regard. L'égare en hauteur pour récupérer rapidement ta contenance, la gorge serrée.

Tu veux qu'elle fiche le camp. Elle et son sourire presque sympathique, elle et son air ton tendre qui s'égare sur ton visage. Tu veux qu'elle foute le camp et qu'elle te laisse en paix, qu'elle arrête de vouloir tout piétiner autour de toi, parce que tu te retiens pour ne pas en faire de même. Elle n'a aucun droit de ramener pareille chose sur la table, de l'utiliser comme arme et de la pointer contre toi. Tu prends un respire, trop grand assurément, grimaces à cause de tes foutues côtes et t'abaisses lorsque tu vois un bouquin voler dans ta direction. L'un des seuls que tu possèdes, souvenir que ta mère et toi aviez apporté de Mars. Tu avais seulement conservé les lectures préférées de ton père, laissant le reste à ta mère, ce qui se résumait à trois simples livres. Dont l'un qui avait certainement frôlé ta tête. « Espèce de -!! » Ton insulte étouffée par sa propre insurgence : « Tu peux me dire ce que tu FOU avec ELLE?! J’croyais que c’était fini cette putain d’période?! » Tu ne reconnais pas – n'a jamais même vu le regard qu'elle te lance en ce moment. Et ça te coupe le souffle une nouvelle fois, te force à ravaler douloureusement ton propre venin que tu t'apprêtais à lui cracher au visage. Tu ne peux que l'observer en silence, l'air perdu contrastant avec la dureté de tes traits, se mélangeant au maelström qui bouille dans ton regard. Celui que tu détournes, une nouvelle fois, alors qu'elle parle encore de ton ex-femme. Comme une claque au visage, c'est cependant lorsque tu heurtes le mur que tu pousses un grognement de douleur, ta main se portant vaguement à tes côtes, à la chaire encore endolorie. Tu souffles un juron, refuses de lancer plus qu'un regard noir à son égard à l'instant.

Tu fronces le nez, grimace une nouvelle fois sous l'inconfort du mouvement et te redresses, attentif au moindre mot qu'elle te balance malgré tout, elle qui poursuit son grand discours maintenant qu'elle a ravivée la plaie, cherche à l'infecter comme elle seule sait le faire. Ses mains contre ton chandail, le tissu chiffonné au creux de ses paumes. Tes propres mains autour de ses poignets, les serrant sans doute trop fort alors qu'elle t'insulte, le paquet de cigarettes tombant au sol, oublié. « Pourquoi fallait que tu ailles la voir, ELLE?!! Alors que j’ai tout fait pour te libérer de la première! Pourquoi tu cours d’un trou noir à l’autre?! » Tu ne sais pas quoi répondre, honnêtement. Pris de court au point que tu penses même lui rire au visage, elle qui avait soufflé sur ton mariage brisé comme un château de cartes. Oh, tu étais tout aussi coupable, tu le savais. T'y noyais même avant de comprendre que c'était déjà voué à l'échec depuis bien trop longtemps. Mais pas elle, non. Elle et sa légèreté, ses blagues et sa dérision, tout ceci n'avait été qu'un simple jeu. Il y a eu un court moment où tu avais songé à la chose, avant. Un moment où tu avais pensé à Rian de façon intime. Honteux d'un désir cherchant à être plus profond pour elle qui était une constance, que tu avais sagement gardé hors de portée avant le dérapage. Un désir d'être compris, de savoir l'être par elle. Ton souffle contre son cou, ta peau rêche contre la sienne, le regard trop tendre. De la vouloir soudainement dans des moments calmes, ceux qui se trouvent entre deux souffles, lorsque le contact de l'autre peut faire la différence entre la solitude grugeante et l'appartenance. Ce même désir, tu y avais mis feu et contemplé les cendres en comprenant que rien ne semblait sérieux pour elle. Un fantasme, tout au plus, qu'elle avait réalisé.

Tes mains sont encore autour de ses poignets et tu te dis vaguement que tu pourrais y laisser des marques, avant de finalement la repousser. « Dégage Reyes. » que tu grondes. Tu ne veux pas qu'elle te touche, ne veux pas qu'elle soit aussi près de toi. Et tu ne sais pas si elle comprend ou si c'est seulement toi qui la bouscules pour qu'elle te laisse de l'air, qu'elle cesse d'envahir ton espace, parce qu'elle recule. Te laisse prendre quelques respires, ta main frottant l'arrière de ton crâne dans un faible espoir de te distraire, de t'aider à garder le contrôle. « Bordel, pour qui tu te prends ?! » que tu laisses échapper malgré tout, l'incrédulité se mêlant à la hargne du moment. « Me libérer… » que tu répètes, secouant la tête, méprisant à souhait. Devais-tu la remercier de t'avoir sauver de ton mariage ? Celui-là même que tu pourrissais toi-même de l'intérieur par tes propres insécurités ? Celui que tu t'efforçais de chercher à faire fonctionner, déversant efforts et énergie – mais jamais assez, tu le sais – autant que tu le pouvais pour empêcher que ce dernier ne tombe en pièces ? Pour couver l'espoir que ta femme, ex, oserait te toucher à nouveau avec un semblant de chaleur, d'envie ? Pour qui se prenait-elle ? Repartir pour seulement revenir et tout chambouler à nouveau ? Remuer ce qui était déjà brisé seulement pour que tu te lacères contre les morceaux ? Tu as cette expression mauvaise collée au visage, du dégoût au coin des lippes alors que ta main retombe simplement pour lui signaler la porte. « Je veux que tu sortes. Sors d'ici, Reyes. » que tu ordonnes simplement, refusant de la regarder. « Dégage ! » que tu répètes à nouveau, la repousse et la malmène même en direction de la sortie. Tu ravales le reste de tes paroles, celle que l'amertume et la haine font gronder dans le creux de ton ventre, que tu retiens pour plutôt récupérer le livre ainsi que le paquet, rangeant l'un sagement à sa place, tripotant l'autre dans l'espoir imminent de pouvoir te calmer.
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You love her despite the burden of atlas resting on her shoulders. And she loves you despite the death still clinging to your lips.

WHAT A PAIR YOU MAKE
MessageSujet: (#) Re: ‘half in, half out’ game // marian     Mer 28 Fév - 21:18


motherfucker, don't play with me
Does she know that you held me in the dark? Does she know that I had you from the start? Does she know that the bruises never change? My marks are on your heart, I had you from the start. Are you gonna keep her?
T’as jamais su t’arrêter, Rian. C’était mignon quand t’avais cinq ans, un peu moins, deux ans plus tard mais maintenant, c’est un problème. Pour les autres, mais surtout, pour toi. Oh, tu peux bien tenter de respirer encore – mais c’est fini. Tu en as trop dit déjà. La gorge écorchée vive. De la bile jusque sur la langue. Son venin mêlé au tien. La trace de ses mains contre tes poignets – et tu espères, non pas sans honte d’ailleurs, que sa prise sur ta chaire y laisse des marques. Qu’un bout de Marcus te sois réservé. Comme un badge à trainer partout avec toi : il m’a touché, il tient à moi. Il ne t’aime peut-être pas – tu en es persuadé en réalité – mais il à de l’affection pour toi. En avait, du moins. Jusqu’ici. Jusqu’à ce qu’il te repousse, toi la vilaine de l’histoire. La sale gamine. Celle qui a foutu le bordel dans sa vie une première fois. Celle qui croit bêtement l’avoir aidé – libéré. Seulement ce n’est pas là ton rôle Rian – jamais. Tu t’es trompé de script, t’as piquer celui d’une autre. T’as jamais été l’héroïne de quoi que ce soit, pas même de tes propres films. Probablement parce que malgré toutes tes belles conneries, tu es réaliste – tu n’es pas une héroïne. Pas suffisamment bonne ou droite. Parce qu’il y a une faim perpétuelle dans ton ventre. Celle qu’il a créé en te cédant la première fois. Cet appétit là ne peut pas survivre dans le corps d’une gentille fille. Impossible. Pourquoi nier hein?

Tu recules donc, un soubresaut dans le corps. « Dégage Reyes. » Tu obéis – preuve ultime que tu n’es pas si mauvaise que cela, hein? Foutaise. T’es une cause perdue, Eirian. Parce que même si tu recules, les mains enfoncées dans tes cheveux, tu ne bats pas réellement en retraite. Non, tu combats. La nausée qui déferle sur toi. La panique, celle qui remonte depuis ton ventre. Qui dévaste tout – ne laissant que des doutes, que des craintes, partout entre tes côtes. Ton coeur palpite trop vite, trop durement. L’air manque un peu – la crise d’asthme n’est probablement pas loin, mais tu nies. Refuse. Parce que devant Marcus – qu’importe qu’il vibre dorénavant de colère – tu es déjà trop exposée. « Bordel, pour qui tu te prends ?! » Le coup est net. Direct et tu fronce les sourcils, encaissant le tout sans dissimuler quoi que ce soit. Ni ta douleur. Ni ton amertume. Parce que tu ne te détournes pas – plus – de lui. Il doit voir. Il doit comprendre. Tu l’as blessé, ce n’est que justice qu’il le fasse en retour, qu’il te repousse dans le rôle de l’inconnue – de l’intruse. Cependant, tu refuses de retomber dans votre ancien jeu de faux semblants. Terminé. Tu n’en as plus la force. Tu ne veux plus jouer. Et tant pis si ça fiche en l’air la trêve mise en place – tu n’as jamais réclamé quoi que ce soit. Jamais rien signé, Rian! Parce que tu aurais refusé. Tu as déjà été tellement patiente, tellement docile, ne le voit-il pas?! Non. Il ne voit que l’ennemie. Que tes doigts, ceux que tu as enfoncés dans ses plaies – toi qui croyait que son divorce avait guéris, tu t’es trompée. Tu avais tort. Tellement tort, Rian. Et tu le regrettes. Assez pour lui lancer un regard teinté de regret, de remord. Pas pour le geste, mais pour le lui avoir rappelé – pour ne pas avoir deviné qu’il en souffrait encore. « Je ne voulais pas- » mais sa douleur s’écarte, mécanisme naturel chez lui – chez tout le monde? - et c’est la cruauté qui la remplace. « Me libérer… » deux mots seulement et déjà tu sens ton ventre s’enfoncer. Un spasme comme un coup. Une balle à plasma. Jesper à eut ton genou, Marcus aura ton coeur. Ton ventre. Celui qui chauffe douloureusement maintenant qu’il rit presque de toi.

Te serais-tu surestimé, Rian? Tu sais que oui. C’est là, dans sa voix. Dans l’inflexion de ses deux mots, l’incrédulité pour poison. Celui qui s’enfonce dans ton système et paralyse tout ce qui compte – la logique s’effondrant au sol avec le reste. La honte remue derrière les barreaux de ta poitrine, y racle le bout des doigts et ta respiration tremble un instant. Qui crois-tu être hein? Eirian est peut-être la petite sœur adoptive de Marcus, la Rian qui c’est pressée à lui ce fameux soir, n’a jamais été qu’un corps. Mais cette version de l’histoire, du dérapage de Marcus Riley et de son superbe mariage, tu la connais très bien. Trop bien. Tu répètes l’exercice plusieurs fois par mois, allongée dans ton lit, quand tu broies du noir. Quand tu désespères de lui. De ce vous qui ne vient jamais. Qui refuse de naître, mais qui te gonfle le ventre. Qui te remplis d’un espoir venimeux. Une infection qui couve en ton sein – l’amour. Celui maladroit, celui qu’Orion n’a pas sut t’apprendre. Parce qu’avec lui, tout était plus simple, mais moins réel. Tu connais ton crime, Rian. Et pourtant, alors que tu le fixes avec douleur, tu répètes l’exercice.

C’est toi qui l'a invité dans ta cabine. Toi qui lui a offert à boire – pour oublier la dure semaine. Pour fêter quelque chose – mais quoi, tu l’as oublié. Et lui? Peut-être. Mais l’alcool était à toi. Tu as fais mine d’en avoir pris un peu trop – mais pas lui. Parce que Marcus ne joue pas, qu’il n’avait aucune raison de feindre quoi que ce soit. Homme droit. Homme bien. Marié et dévoué à son travail. Presque parfait, parce que tu connais son épouse, parce que tu le connais lui. Et qu’une fois dans la cabine, installée près de lui, sur ton lit – le bout pour lui, le reste pour toi, parce qu’il est trop respectueux Marcus – il était plus détendu. Loin d’elle et de leurs problèmes. De cette union qui ne fonctionnait déjà plus. Un fait : la femme s’étant confiée à toi avec inquiétude, des mois plus tôt. Une année pleine et ronde, même. Ça ne s’arrangerait pas. Jamais – ta conclusion personnelle. Oh, vous aviez déjà abordé le sujet, Marcus et toi, mais il ne la quitterait jamais. Parce que le mariage est sacré. Parce qu’on ne tourne pas le dos à quelqu’un à qui on a tout promis. Et t’as pas compris, Eirian, que c’était ça le pire. Que même s’il se libérait de ses chaines, il en garderait à jamais le goût métallique contre la peau. Qu’il en chercherait la texture ailleurs.

Non, toi tu t’es contenté de penser à elle – l’épouse malheureuse, celle pleurant parfois sur ton épaule, celle que tu enviais avec tant de force que tu t’en ai saigné tout l’intérieur. Tu t’es dis que ce n’était pas réellement un crime. Pas réellement une faute. Parce qu’elle n’en voulait plus. Parce qu’ils ne se faisaient que du mal. Parce que toi, tu l’aimes déjà – trop – tant. Et tu as abandonné. C’est toi qui l’a séduit. Toi qui t’es avancée, feignant d’être plus ivre que tu ne l’étais. Innofensive, parce qu’incapable de manier cette tension existant entre vous – mais celle-là, tu refuses, même dans le pire des scénarios, de l’avoir inventé. C’est toi qui c’est pressée à lui, riant avec lui quand il t’a gentiment repoussé. C’est toi qui est revenue à la charge quand il t’a affirmé que tu avais trop bu – un mensonge qu’il a deviné dans l’éclat de ton regard. Jusqu’à ce que ta bouche trouve la sienne et que tu l’effraies, avant de ne piquer sa curiosité. Avant de ne lui offrir ce qu’il ne trouvait plus ailleurs. L’entière et complètement acception de l’autre, un amas de tendresse. Ta main pleine de chaleur contre le creux de son épaule, ta paume remontant contre son cou, pour cueillir sa bouche. Pour y faire fleurir la passion. Le désir. Celui qui c’est emparé de son regard, celui qui c’est dérobé quand il a enfin fermé les yeux, quand il t’a même aidé à te hisser sur lui. Ses mains contre tes hanches, les siennes osant à peine bouger – sa faute s’y ancrant, jusqu’à ce que tu enfonces la main entre ses côtes. Que tu remues son ventre, que tu glisses plus bas. Qu’il s’éveille contre toi, qu’il se déploie. Homme perdu en mer, ayant enfin trouvé une bouée. Mais c’est un sauvetage raté Rian.

Parce que dans cet exercice, Marcus n’a pas abaissé les barrières en te découvrant devant lui. Il ne t’a pas réellement vu toi – il n’a vu qu’une source de chaleur. Qu’un corps. Il n’en voulait même pas à priori, c’est toi qui l’a forcé. À sortir, à s’avancer, à venir se fracasser contre toi. Tu gommes la lueur chaude de son regard pour un éclat plus dur – le désir presque sauvage. Celui sans logique. Toi ou une autre, hein Eirian? Tu n’es plus une amie en voie de devenir davantage, celle qui lui promet bien plus, qui lui offre tout ce qu’il n’a plus, dans la douceur de ton ventre. Non, dans cette version, dans cet exercice, tu es la succube. La démone qui se fait sirène, l’attire contre ton corps pour lui arracher son armure. Tu le souilles. Pire, tu lui imposes même du plaisir, ton vice s’enfonçant jusque dans sa poitrine. Pour noyer tout ce qui y vit. Pour qu’il ne puisse s’en sauver. Dans cette version, son couple était encore en mesure d’être sauvé, il n’était jamais qu’abimé. Jusqu’à toi. Jusqu’à ce que tu arraches tout. Tu es la catastrophe. Tu n’as rien de naturelle. Tu es le mal, celui qui rode toujours trop près. Celui qui c’est emparé de lui, l’a rendu faible. C’est toi qui l’a brisé, toi qui a provoqué sa chute. Et tu te berces d’illusions si tu crois qu’il a une quelconque envie de venir s’allonger auprès de toi, dans les débris de sa vie rangée. Parfaite. Parce que toi, tu es tout l’opposée. Tu es la faute. Le regret. Le je n’aurais pas du, je n’ai pas compris, j’ai pas voulu. Tu es l’erreur – humaine, soit – celle qu’on ne doit plus commettre.

Peut-être que l’exercice n’est pas qu’une tentative de sabotage, pas seulement un doute qui te mordille le ventre quand tu vas mal. Parce qu’il est près de toi – trop loin que te hurle ton âme – et que tu ne vois que du dégoût dans son regard. C’est jusque dans la position de son corps, celui qui ne veut pas de toi. Ta proximité comme un risque – la maladie, c’est toi Eirian. Il ne te reste plus rien de ta colère à ce moment. Plus rien de ta rage ou de ta frustration. Il ne reste que de la peur. Qu’une crainte immense, l’espace autour de vous ridiculement petit s’il devait s’y comparé – d’être rejetée. Pour de bon. Non. Alors tu ignores le mouvement de sa main, bien trop inquiète de réaliser qu’il refuse de te regarder. « Je veux que tu sortes. Sors d'ici, Reyes. » Tu ne veux pas, tu ne peux pas. « Non... » que tu souffles, un pas dans sa direction. « Dégage ! » Cette fois il te repousse et tu recules. Seulement, tu reviens à la charge et voilà qu’il t’attrape, qu’il te reconduit presque à la porte. C’est l’humiliation qui te secoue, celle qui te rappelle qu’à accepter ton pauvre – pauvre – sort, tu n’iras nulle part. Tu n’es pas l’une de celles qu’il désire, tu n’as pas leur fragilité. Tu es une guerrière, Rian. Tu ne peux pas le laisser faire. Tu ne peux pas accepter ton sort – tu es la méchante dans cette histoire, il est temps que tu en endosses le rôle, n’est-ce pas? « J’AI PAS FINi!!! »  Le mal est déjà fait. Tu ne sais pas, mais tu échappes à ses mains. À ce corps qui déjà, te fuis. Bat en retraite – la peur d’être contaminé par ta souillure, trop forte, hein Marcus? Oui, il ramasse ses affaires et toi, tu peine à le voir. Il devient flou, la faute à tes yeux humides – ceux que tu refuses d’assumer. Non, tu n’es pas au bord des larmes Eirian. Pas toi. Et pourtant…

Tu trembles légèrement, là près de la porte, alors qu’il récupère ses affaires. Aussi tendu que toi. Pire, peut-être? Et le regret te percute alors qu’il range presque tendrement le livre. Tu t’exprimes donc d’une voix étouffée, presque un chuchotement – la honte trop grande. « Je suis désolée pour le livre… » parce que tu sais combien il compte. Bien plus que toi, hein Rian? Oui. Et si tu le supplies mentalement de te regarder, tu ne réclames plus rien. Non, tu fixes la forme flou qu’il devient, gommant le dégout de ses traits, faisant de Marcus un brouillon d’autres sentiments – des meilleurs, si possible. Sauf que non. Tu le sais, tu es bien trop pragmatique pour ça. Tu ne peux pas te mentir, tu ne veux pas. Alors tu serres les poings et inspire profondément pour redresser le menton, tes dents s’enfonçant dans l’intérieur de ta bouche. Jusqu’à ce qu’un goût de fer te chatouille la langue. Alors, tu parles. Inflexion saccadée. Empressée. D’en finir? De tout déballer – il vaut mieux tirer vite fait sur le pansement que de le retirer lentement. Avant qu’il ne te chasse pour de bon – encore. « J’ai eu tort- je sais que tu veux que je sorte, je le ferais! Mais laisse moi juste- Laisse moi terminé! » que tu jappe presque. La panique tourbillonnant dans ton ventre. Parce que ce sera fait, la chute sera encore plus douloureuse. Parce que tu t’empales toute seule sur tous tes espoirs vains – ceux qu’il ne partagera jamais. Seulement tu n’es plus une enfant Rian. Tu dois assumer. Alors tu fais face, du sang dans la bouche – une constante qui te rassure presque, qui te donne la force d’achever ce que tu as commencé en venant.

Tu avances de quelques pas, pas assez pour qu’il ait peur d’être contaminé à nouveau, mais suffisamment pour que même le regard noyé, tu saches reconnaître ses traits. Parce qu’il faut que tu y vois le dégoût que tu lui inspires. Parce que l’humiliation doit être pleine pour que tu apprennes. Pour que tu abandonnes – si seulement, tu sais comment. « Je n’ai pas fait ça pour te faire du mal, Marcus » ta voix est écorchée, tremblante. Parce que la vérité fait mal en émergeant de ta gorge. Elle se fêle alors que tu continues, le regard rivé sur son torse, parce que tu ne sais pas parler en le regardant droit dans les yeux. Pas quand il te hait. « Elle n’était pas heureuse, toi non plus. Je voulais t’aider, mais je ne pouvais pas... » mais il ne doit pas couper court à ton discours, alors tu bouscules les mots, parle plus vite. Les mots parfois effacé par ta panique, par ta voix qui flanche : « Je t’ai regardé t’épuiser à la rendre heureuse, mais rien n’y faisait!! Il n’y avait RIEN à faire! RIEN! Ce n’est pas de ta faute, pas même de la sienne – vous n’étiez pas fait l’un pour l’autre ET je n’aurais pas dû te séduire ce soir là. Je ne t’ai pas libéré, tu as raison, mais je te voulais tellement, Marcus! Tellement... » Le dernier mot t’entaille presque la langue, mais c’est la larme qui roule sur ta joue, qui t’arrache un tremblement. Dans ta respiration. Dans tout le corps. Tu baisses les yeux, l’humiliation trop visible contre la courbe de ta joue.

« J’aimerais te dire que je regrette… que je m’en veux… mais je ne te mentirais pas. » Seulement ton orgueil prend le relai et ta main chasse le sillon, efface la preuve incriminante. « J’ai attendu un an avant d’avoir les trippes de le faire, de te toucher, de te goûter. Je suis désolée si je t’ai forcé la main, si tu ne voulais pas, si ce n’est plus qu’un mauvais souvenir pour toi, crois moi! » C’est là ton unique remord – de l’avoir forcé. Mais tu esquisses un sourire forcé, redressant le visage pour renifler avec quelque chose de pathétique – si tu te voyais aller, tu ne te supporterais pas. Cette fois, pourtant, tu retrouves son regard. T’y force. Ultime et dernier effort avant de ne battre en retraite – pour réparer tout ce qui saigne à l’intérieur. « Ça n’excuse rien mais… je veux juste que tu saches que je ne voulais pas te détruire. Je voulais te rendre heureux… que tu arrêtes de te saigner contre elle. J’ai été égoïste, je pensais pouvoir t’apporter plus. Mieux. » Ça y est, tu pleures Eirian et un rire nerveux t’échappes alors que tu t’essuis les joues à deux mains. Que ton corps recules, à son tour, en direction de la porte. Prête à fuir. « Merde… c’est la période du mois, hein? Ha ha… merde... » Il n’a pas même à avancer que tu redresses déjà une main, tremblante mais ferme. Pour l’en empêcher, qu’il y songe ou pas – mais tu oses espérer que oui. Parce que tu ne sais pas abandonner. Parce que tu sais déjà trop bien que ton amour à sens unique ne peut pas disparaître ainsi. Les mots ne guérissent rien, mais ils expliquent. Ils purgent.

« J’ai attendu… putain, je suis conne » que tu ris, la voix humide. Mouillée de larme, une main te couvrant les yeux alors que ton dos percute la porte à l’aveugle. Et tu secoues la tête, abandonnant toute idée de te dissimuler à sa vue pour plutôt trouver la poignée, dans ton dos. « J’croyais que si j’te laissais du temps, tu m’aimerais, tu vois? C’est con. » Tellement stupide et pourtant… c’est encore en toi. C’est dans le regard que tu poses sur lui. Parce que tu l’aimes sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Parce que tu n’as jamais cherché à te détacher de lui. Parce que tu ne vois véritablement que lui, pour remplir ce vide qui te grignote l’intérieur. Stupide petite fille. « Sauf qu’tu peux pas, hein Marcus. J’suis pas assez délicate… pas assez bien ou bonne pour ça. » Et tant pis si tu l’accuses, parce que ce n’est pas que lui que tu enfonces dans le blâme, mais toi aussi. « J’suis la mauvaise fille… j’suis celle qui t’a entrainé vers le fond. Mais tu sais – enfin non, ha ha, tu ne veux pas savoir mais à ce stade, j’en ai rien à foutre – ça fonctionnera pas davantage avec Elara. » Tu t’essuis le nez du revers de la main, le regard à la fois dur et navré. Pour lui. Pour la réalité qui est sienne – incapable d’aimer ce qui est tendre sans en être malheureux. À chacun sa malédiction, Rian.

« Elle est pas pour toi, t’as jamais voulu de cette vie. Elle peut pas te sauver, ni t’aider à racheter tes fautes. Mais vas-y, recommence tout… mais je ne ferais plus semblant. Que c’est correct. Que c’est normal. » Ta main tire sur la poignée et tu t’avances, pour l’ouvrir, ton corps pourtant plaquer au métal. Pour ne pas le toucher lui. Pour en rester loin. « Ruine toi, mais je ne regarderait pas. » Sur ce, il est temps de filer. C’est facile, Eirian, il suffit de sortir, de mettre un pied devant l’autre. Garde la tête baissée, regarde droit devant toi. Pas la peine d’étaler tes joues humides à toute la flotte, si on te questionne, tu t’es cognée quelque part – on se fichera de ta gueule, mais vaut mieux pour ça que pour un débordément émotionnel. Tu ne dois plus songer à Marcus. L’éviter, même. Quelques temps. Non pas que le temps soigne quoi que ce soit, mais il permet d’endurcir. De remettre en état les barrières et les armures. De toute manière, Marcus non plus, ne veut pas te voir. C’est mieux ainsi. Et alors que tu glisses contre le métal de la porte, que tu longes la porte en direction du corridor extérieur, tu t’es presque convaincu de la chose. Sauf que non.
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MessageSujet: (#) Re: ‘half in, half out’ game // marian     Dim 8 Avr - 18:59
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‘half in, half out’ game
we wear the same shadows, darling, we are burned by the same flames and there’s a desperation in the way you sometimes speak my name
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Tu as l'impression d'un bourdonnement sourd entre tes oreilles. Des vérités trop crues qui déferlent, s'entassent et se bousculent dans ton esprit, trop bruyantes pour être réellement comprises. Pas encore, pas maintenant. Non, pour le moment, ce n'est que du bruit. De la statique qui t'irrite les tympans, qui te fait serrer les poings, la mâchoire, sous une colère que tu cherches à contrôler, qui menace de s'étioler pour enfin s'échapper. C'est une tension qui monte, petit à petit, tandis que les paroles de Rian font écho. Celles que tu rejettes, pestilentielles et virulentes, tout comme sa personne que tu repousses. Tu ne veux plus rien entendre, ne veut même pas la regarder. Tu n'en as que faire qu'elle reste droite sous ta dérision, qu'elle accepte sans broncher le dégoût qui t'envahit à ses proclamations. Celui que tu lui lances sans remords, simplement désireux de blesser en retour. Aucun droit, non, elle n'en a aucun. De s'octroyer pareil rôle, de présumer et dérober une telle importance qu'elle juge pouvoir prendre les décisions à ta place. Juvénile et immature, voilà ce qu'elle était. Elle t'inspirait présentement ces stéréotypes grotesques d'un coeur trop jeune, facilement saignant. Enfantine et possessive, comme tu ne souhaitais jamais la percevoir. Et pourtant, la voilà qui tatouaient ces choses sur sa poitrine, coeur ouvert dans un dernier espoir de… de quoi ? Se justifier ? Gagner ? « Je ne voulais pas- » Tu n'en que faire de ses raisons en réalité. Tu n'es pas juste, tu n'es pas raisonnable, ne démontre aucune envie de faire des efforts pour l'être en ce moment. Tu n'es pas juste, Marcus, jamais, crachant dans le regret baignant dans son regard, celui-là même que tu refuses de soutenir pour mieux te moquer. Pour mieux goûter ta propre amertume sur ce grand service qu'elle t'a soi-disant rendu.

Le tout se transforme en une version que tu peines à reconnaître. L'une que tu te demandes, dans la colère du moment, si tu ne faisais qu'embellir depuis tout ce temps. Il y a cette tension dans tes épaules, ton corps détourné du sien, celle qui tente de s'échapper dans les syllabes écorchées que tu jappes. Tu ne veux plus la voir. Tu veux qu'elle dégage, qu'elle sorte de ta cabine à défaut que ta rage ne t'emporte et que tu ne t'emballes davantage. Tu veux qu'elle s'éloigne pour pouvoir reprendre le contrôle, pour ne plus l'entendre, elle et son discours qui tente de peindre ses actions comme une sainte, comme une fin heureuse enfin possible. La fin justifie les moyens. Tu as un rictus mauvais à cette pensée, toi qui la malmènes, toi qui la pousses littéralement pour qu'elle daigne enfin te laisser en paix. C'est trop demandé, assurément, elle qui te souffle non. Toi qui riposte pour finalement l'entendre cracher à son tour : « J’AI PAS FINi! » Elle qui force sa présence, fait de toi un lion en cage, prêt à arpenter la pièce pour l'en marquer comme ton territoire. C'est vers tes affaires que tu te diriges, ton air mauvais contrastant avec la tendresse manipulant le livre. Tu ignores son excuse, refuse même de l'accepter, sans doute aussi immature présentement. Tes doigts glissent contre la couverture du livre, avant de retrouver ton autre main pour cajoler le paquet entre tes mains. Celui que tu finis par déposer, peu désireux de l'écraser entre tes paumes. Le bourdonnement est encore présent et tu prends un respire, l'un qui se transforme en soupire dans ses supplications. Tu connais Rian, malgré une partie de toi – trop sauvage et méfiante – qui cherche maintenant à s'écrier que c'est faux.

Tu pourrais tout simplement lui ouvrir la porte, la forcer à l'extérieur si tu le souhaitais vraiment. Qu'importe si elle avait fini ou non, après tout ? Elle était allé trop loin pour que tu puisses l'écouter avec soin, pour que tu ne puisses pas voir l'insulte dans ses raisons. Et pourtant, sans doute passes-tu trop de temps à pondérer ta propre agression envers ses possibles aveux, parce qu'elle s'élance déjà. « Je n’ai pas fait ça pour te faire du mal, Marcus » Tu as l'impression de te reconnaître, te revoir à travers ses paroles. Celles que tu avais certainement utilisées à un moment ou un autre, à plusieurs reprises peut-être, pour t'excuser à elle. À force d'utiliser toutes les excuses, elles devenaient familières. Et tout comme elle avait réagi, tu réponds d'un rire court et froid, un sourire narquois se logeant un instant contre tes lippes. Et tu hoches la tête, le mouvement trop lent, trop exagéré pour démontrer que tu la prenais réellement au sérieux. « Bien sûr. C'était pour me rendre service, évidemment. » que tu offres en sarcasme, relevant enfin les yeux vers elle, refusant de lui concéder quoi que ce soit. Pourtant elle ne démord pas, se refuse à un nouvel affront tandis qu'elle bouscule les aveux. Ses mots s'entassent, se heurtent pour occuper le moment, cherche à secouer cette sensation de bourdonnement entre tes deux oreilles. Elle secoue les émotions, cherchent à les faire sortir et si l'incompréhension était prête à se faire reine en ton esprit face à son désir, tu as toujours eu plus de facilité à laisser la colère s'installer.

Un petit silence s'épanche et tu prends un long respire, considère laisser la chose de côté. Ravaler ce qui gronde et la laisser s'exprimer. Seulement tu n'es pas juste, Marcus. Tu es cruel. Tu peux être si cruel. Et sur ce plan, tu ne t'es jamais battu honorablement. C'est ce qui te fait avancer vers elle, envahissant son espace. Tu te penches pour chercher son regard, celui qu'elle refuse de te céder, alors qu'elle proclame monts et merveilles dans ses intentions. « Alors quoi ? Hm ? Tu pensais m'aider ? Tu pensais que tu devais faire quelque chose ? Me rendre service, me libérer comme tu l'as si bien dit ? C'est ce que c'était, un plan ? J'suis une œuvre de charité pour toi, Reyes ? » Tu ignores la larme qui roule sur sa joue à tes paroles, refuse pertinemment de la suivre du regard, ne la voyant que comme symbolisme de la douleur que tu réussis à lui apporter à ton tour. C'est la rage et la rancœur qui parlent, qui te poussent à croiser les bras pour ne pas attraper les siens et la secouer, en quête de réponse. « J’aimerais te dire que je regrette… que je m’en veux… mais je ne te mentirais pas. » Tu secoues la tête, un grognement s'extirpant tandis que tu recules à nouveau alors qu'elle poursuit sa croisade, cherche à te faire ouvrir les yeux sur quelque chose que tu t'obstines à y être aveugle par ce trop-plein de rancune. « J’ai attendu un an avant d’avoir les tripes de le faire, de te toucher, de te goûter. Je suis désolée si je t’ai forcé la main, si tu ne voulais pas, si ce n’est plus qu’un mauvais souvenir pour toi, crois moi! » Tu refuses de revenir à cette nuit. Celle que tu chassais déjà depuis longtemps. Celle qui revenait bordée de questions, avant d'être écartée avec force alors qu'elle abordait le terrain d'une blague foireuse. Tu t'es trop appliqué déjà à y rayer la moindre importance.

« Ça n’excuse rien mais… je veux juste que tu saches que je ne voulais pas te détruire. Je voulais te rendre heureux… que tu arrêtes de te saigner contre elle. J’ai été égoïste, je pensais pouvoir t’apporter plus. Mieux. » Tu ne retiens que l'égoïsme dans ses paroles, celui dont elle s'accuse et que tu approuves dans un battement, sévère et sans pitié. Quand bien même ses larmes s'écoulent avec plus de franchise, forcent ses mains à se réfugier contre ses paupières dans l'espoir de les freiner, de les faire disparaître. Et toi, tu restes immobile Marcus, les bras toujours croisés. Lion qui apparaît dompté, prostré dans un coin. Tu fronces les sourcils, l'observant silencieusement. Elle et sa main tendue dans sa direction, celle qui cherche sans doute à te repousser si jamais tu voudrais t'approcher. Tu n'arrives pourtant pas à caresser l'idée, trop remonté pour être l'homme de la situation et lui offrir un minimum de réconfort. Tu ne vois pas comment tu pourrais faire alors tu dérobes ton regard d'elle, l'égare au sol, ta respiration se calmant peu à peu. Sa nouvelle confession te fait pourtant l'effet d'une brique à la poitrine. Une de plus dans un fort que tu as nommé culpabilité. De ne pas comprendre, de ne pas avoir compris. De t'être voilé la face, peut-être, inconsciemment. Tu ne peux pas avouer à ton tour ce souhait de construire que tu avais enterré. Il est trop profond et tu n'as que tes mains. Les mots seraient impossibles à s'échapper. Tu restes stoïque, silencieux, tes dents s'enfonçant dans tes lèvres pincées alors que tu encaisses cette information. N'est-ce pas ce que tu fais depuis tout à l'heure, après tout ? Elle qui se déverse et toi recueilles les rafales, ne sait qu'en faire faute d'être également une tempête.

Tu ne réagis que lorsqu'elle remet Elara sur le tapis, secouant à nouveau la tête pour ramener tes billes sombres sur elle. Tu ne veux pas qu'elle parle d'elle. Elle n'a rien à voir là-dedans, dans cette histoire où tout s'écroule par l'égoïsme. Le tien effritant ton mariage depuis le début, une fois, puis deux, jusqu'à ce que celui de Rian s'y mêle. Qu'importe qu'il se mourrait depuis longtemps. Tu te raisonneras certainement plus tard, y verra une fatalité au lieu d'une autre, une que tu avais certainement commis depuis ta première erreur. Ton incapacité à offrir ce que ta femme désirait tant, avant tout. « Elle est pas pour toi, t’as jamais voulu de cette vie. Elle peut pas te sauver, ni t’aider à racheter tes fautes. Mais vas-y, recommence tout… mais je ne ferais plus semblant. Que c’est correct. Que c’est normal. » Tu pinces les lèvres, ce même essoufflement revenant te serrer le coeur un peu trop fort. Un peu trop près du but, encore une fois. « Tu voulais que ça s'écroule… que tout tombe en lambeaux... depuis le début. » Tu accuses le tout comme des faits et pourtant, ta voix un peu tremblante, la question demeure dans ton regard devenu luisant. Cette curiosité même à savoir s'il lui avait tout simplement impossible de réussir à être heureuse pour toi, même un peu, pendant toutes ces années. Qu'elle ose te regarder et te dire le contraire. « Ruine toi, mais je ne regarderait pas. » Un ultimatum ? Une fatalité ? Cette fois tu la dévisages, cille un moment avant de ne réellement entendre la tonalité définitive qui traînait dans sa voix. Voilà donc où vous en étiez rendu. Tu te raidis, toujours trop droit, toujours désireux d'être immuable devant tout tandis que tu répliques à ton tour, ta propre conclusion en offrande : « C'que tu comprends pas Reyes, c'est qu'elle ne cherche pas à me sauver, elle. » Une dernière cruauté en adieu, celle-là même que tu n'as jamais réussi à refréner peu importe ton affection. À ton ex-femme, à Rian. Toujours porté à frapper pour blesser autant qu'on te blesse, Marcus. Et pourtant, quand la porte se ferme enfin derrière sa silhouette, elle et son sourire triste, ses yeux rougis de larmes, tu as l'impression de recevoir le dernier coup.
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You love her despite the burden of atlas resting on her shoulders. And she loves you despite the death still clinging to your lips.

WHAT A PAIR YOU MAKE
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