pretend like we are king and queen / ek
MessageSujet: (#) pretend like we are king and queen / ek     Jeu 13 Déc - 20:59
Evelyn Olsen
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Âge : 41
Occupation : Vice-capitaine du C5
Habitation : Regina Mercy
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Il n’avait pas été difficile pour Evelyn de retrouver ses repères sur le Regina Mercy : on perdait difficilement, après tout, vingt ans de réflexes et d’habitudes simplement parce qu’on avait changé de métier depuis six mois. C’est toutefois avec une certaine nostalgie qu’elle avait regardé le sarrau blanc propre que son collègue lui avait laissé, par courtoisie, préférant le laisser suspendu que l’enfiler. Elle était encore médecin, mais elle n’en avait plus le rôle. Au même titre qu’un non-capitaine ne portait pas l’uniforme blanc, elle se refusait le droit de s’enfermer dans la blouse immaculée, comme si ça n’était qu’un mensonge de plus.

Toutefois soucieuse de s’y remettre adéquatement, elle avait révisé ses procédures pendant la nuit, s’accordant trois généreuses heures de sommeil après tout cela. Elle n’avait jamais eu besoin de longues nuits, et elle préférait largement rentabiliser les heures supplémentaires que cela lui offrait autrement qu’en se laissant hypnotiser par la lecture en continu de Starflix. Appuyée contre le bureau, elle relisait sommairement le formulaire, rayant certaines questions qu’elle savait inutiles à poser lorsque la porte glisse derrière elle; un coup d’œil par-dessus son épaule lui confirme qu’il s’agit d’Emmerich, parfaitement à l’heure. « Bonsoir », fait-elle d’un ton neutre, replaçant derrière son oreille une mèche de cheveux qui s’était glissée dans son visage. Il y avait à peine quelques jours que l’homme était libre, mais il avait déjà l’air plus reposé, ses traits moins tirés par la fatigue et le stress. Quelques jours de repos, même s’ils avaient sans doute été riches en émotion, faisaient une différence appréciable sur sa santé, visiblement.

Evelyn se décolle du bureau, glissant son terminal dans sa poche, pour gratifier Emmerich de l’ombre d’un sourire. Elle lui présente la table d’examen, l’invitant à s’y installer. « Je sais que tu n’as sûrement pas envie de passer toute la soirée ici, alors j’ai fait une liste de priorités. Essentiellement, je vais essayer de voir comment se portent tes articulations après ce qu’elles ont dû subir. J’ai sorti ton dossier médical avec ton dernier examen annuel et j’ai demandé au laboratoire de sortir plus rapidement les résultats de ton examen post-sortie. » Elle tire l’écran de diagnostic, demandant à Charlie par la même occasion de lui présenter le rapport sommaire, qu’elle ne consulte pas immédiatement. « Mais avant tout : comment vas-tu? Le repos t’a fait du bien? » Elle lui décoche un petit sourire – pas grand-chose, juste une commissure relevée brièvement. Certes, leur rencontre était professionnelle, mais elle lui avait promis qu’elle ferait les efforts nécessaires pour être une bonne amie. Ça commençait par s’intéresser sincèrement à lui, globalement, sur le plan humain. Un défi lorsqu’on connaissait bien Evelyn. « Comment s’est passé ta réunion avec David? » lui demande-t-elle alors qu’elle pianote d’une main sur l’écran, consultant les plus récentes mises à jour au dossier. Elle espérait paraître désinvolte, mais la réalité était qu’elle n’avait pas eu beaucoup de détails de la part de David et que la perspective de la moindre anicroche dans leurs retrouvailles, d’un côté comme de l’autre, l’angoissait au plus haut point.




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MessageSujet: (#) Re: pretend like we are king and queen / ek     Lun 17 Déc - 21:12
Emmerich Krüger
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Pile à l’heure, Emmerich l’avait été toute la semaine. Ses entretiens professionnels, ses cours de remise à niveau, ses quelques visites chez ses parents ou ses rencontres avec son fils, il avait été l’homme exemplaire qu’il avait toujours été et redécouvrait chacune de ces activités avec un plaisir évident. Les stimulations intellectuelles plutôt que physiques, le silence lorsqu’il se retrouvait seul, les interactions humaines bien différentes de celles qu’il avait pu vivre sur le Lady Grace, la redécouverte de la flotte dans son entièreté et non pas seulement ce maudit vaisseau coupé de tout. Il savourait comme il se devait cette liberté, de jour, mais essayait simplement de ne pas se laisser entraîner trop souvent dans des cauchemars, la nuit.

Il fut à l’heure pour Evelyn également et l’examen médical qu’elle avait accepté de lui faire passer, se glissant à travers la porte coulissante lorsque celle-ci s’ouvrit devant lui. Il fut légèrement étonné de voir qu’elle ne portait pas de blouse médicale pour l’occasion, mais ne fit aucun commentaire dessus, se contentant de lui rendre son salut sur le même ton en s’avançant vers elle. Il était content de la revoir, mais dans le même temps il appréhendait un peu cette rencontre. Ils s’étaient proposés de faire des efforts pour que leur relation soit moins désagréable que lorsqu’il avait été mis au ban, mais entre ce qu’ils voulaient et ce dont ils étaient capable, il y avait un pas qu’il redoutait de découvrir trop grand pour être franchi aussi simplement.

Il s’installa sur la table d’examen lorsqu’elle le lui demanda, hochant la tête lorsqu’elle devina qu’il n’avait pas spécialement envie d’être ici pour toute la soirée à se faire examiner, reconnaissant qu’elle ai pris la peine de faire en sorte de l’arranger.

-Merci.

À son sourire, il se détendit déjà un peu plus, lui en rendant un plus large, satisfait de voir qu’ils partaient déjà sur de bonnes bases. Il n’oubliait pas la conversation entre deux tons qu’ils avaient eu la dernière fois, mais ferait la part des choses également pour que leurs interactions se passent bien. Et ça commençait par répondre à sa question.

-Bien ! Bien. Je suis content de retrouver une vraie vie. Je dors moins bien que je le voudrais, mais je pense que ça reviendra avec le temps. Il faut que je m’habitue un peu.

Reprendre le travail était objectivement la meilleure chose qui lui était arrivé en six ans. Il avait presque oublié à quel point il aimait la précision, la patience, mais aussi la réflexion que demandait son activité professionnelle. Il aurait voulu pouvoir se relancer immédiatement dans ses préparations de chantiers, dans les contrats qu’on lui donnait auparavant, mais il était assez raisonnable pour savoir qu’il avait effectivement besoin de cette remise à niveau qu’on lui avait imposé et à laquelle il se rendait sans se plaindre, avec le même intérêt qu’il avait pu montrer dans ses jeunes années.

L’évocation de David fut un sujet plus délicat à traiter pour lui. Bien entendu, il était naturel qu’elle soit curieuse à ce sujet, d’autant plus à présent qu’elle s’était rapprochée de leur fils, cependant les retrouvailles avaient été plus tendues qu’il ne l’aurait souhaité. Il ne s’était pas attendu à ce que son fils soit devenu un milicien et pour être franc, il n’était toujours pas prêt à l’approuver sur cette décision. Cependant, elle ne lui appartenait pas.

-Eh bien... émouvante, bien sûr. J’avais tant rêvé de le revoir et il a tant changé, commença-t-il en regardant ses mains, l’émotion toujours forte d’avoir pu poser les yeux sur un visage qu’il ne pensait plus revoir. Mais j’ai été... surpris, de voir qu’il était devenu milicien. Donc j’imagine que ça aurait pu mieux se passer.

Il n’était pas utile de lui raconter les détails, sauf si elle souhaitait les entendre d’elle-même. En attendant, il la savait suffisamment perspicace pour comprendre que l’annonce de la profession de David avait causé quelques tensions entre eux. Rien d’insurmontable, un moment désagréable à passer, mais nécessaire sans doute pour continuer sur de bonnes bases. Il était également reconnaissant à Evelyn de ne pas lui en avoir parlé avant qu’il voit David. Même s’il n’avait pas eu le temps de se préparer à ça, au moins l’avait-il appris de la bouche de son fils. Il hésita légèrement avant de poser la question qui le tiraillait alors.

-Est-ce qu'il t'as parlé ?
MessageSujet: (#) Re: pretend like we are king and queen / ek     Ven 4 Jan - 22:09
Evelyn Olsen
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Elle continue d’organiser les outils et les appareils nécessaires à son examen, laissant un faible sourire étirer ses lèvres alors que Emmerich lui admet avoir su profiter de la liberté qu’il avait récemment retrouvée. Si elle s’était retrouvée ambivalente, au départ, il fallait admettre qu’elle jugeait la longueur de sa sentence disproportionnée – qu’il ait réussi à garder ne serait-ce qu’un soupçon de santé mentale pendant ces interminables années lui donnait bon espoir pour la suite. Quant à sa question sur sa réunion avec David, la réponse ne l’étonnait guère. Evelyn avait simplement espéré – en vain, visiblement – qu’Emmerich ne laisse pas son préjugé défavorable vis-à-vis de la milice entacher des retrouvailles qui avaient bien trop attendu. « Un peu », admet-elle en décrochant finalement son regard de l’écran qu’elle fixait pour le poser sur l’ingénieur, tentant de déceler quelque forme de regret sur son visage. Elle aurait pu le lui dire d’avance, lui laisser digérer l’information et l’accepter avant qu’il ne voie David pour la première fois en six ans. Sur le coup, elle pensait bien faire, mais finalement, peut-être aurait-elle dû préparer le terrain… « Il est déçu, mais ça lui passera. Je sais que tu lui as trop manqué pour qu’il se laisse abattre. » Il n’avait pas eu l’amour inconditionnel d’une mère, et maintenant, il n’avait pas le soutien inconditionnel de son père. Sans doute tout cela le touchait-il plus qu’il ne le laissait voir, même si elle se savait en bien mauvaise position d’exiger que David ne se confie à elle.

Un bip sonore indique que le terminal a fini d’extraire les renseignements demandés et elle ajuste l’écran de façon à ce qu’Emmerich puisse voir. Sans doute n’était-ce que du charabia médical, pour lui, mais elle avait toujours fait preuve de transparence, autant que possible. « Alors, voyons voir les résultats préliminaires… » Elle pointe une première valeur. « Ça, c’est ta vision. Elle a baissé, mais ça reste dans les valeurs normales pour un homme de ton âge. Ensuite l’audition… je ne vais pas te mentir, ça augure mal. D’ici dix ans tu auras sans doute besoin d’appareils auditifs pour fonctionner normalement. Pour l’instant, évite les écouteurs à tout prix. » Elle hoche la tête alors que son doigt parcourt les valeurs suivantes, son visage se crispant légèrement. « Les tests sanguins sont pas mal, considérant. Je crois que c’est juste une question d’avoir une alimentation plus adéquate, mais il y a tendance à la hausse depuis ton retour. » Ça en disait long sur les repas offerts sur le Lady Grace. Un bref regard sur le reste et elle change l’écran, qui montre alors des radiographies prises quelques jours auparavant – ses yeux s’écarquillent, son air affichant une incrédulité évidente.

Croisant le regard d’Emmerich, elle lâche un soupir vaguement désemparé. « Tu vas devoir te mettre en caleçon. Promis, c’est pour la science. » Elle tente une blague pour détendre l’atmosphère. En d’autres circonstances, elle n’aurait pas usé de gants blancs pour demander à un patient de se mettre en tenue d’Adam; or, consciente de leur passif, elle essaie de minimiser la possible gêne d’Emmerich (même si, soyons francs, elle était sans doute la plus embarrassée des deux). Elle avait toujours été meilleure dans son rôle de médecin que dans la vie en général, et ce genre d’humour, même douteux, soulignait bien cette particularité. Evelyn s’empare du bras gauche de l’homme sans prendre la peine de mettre des gants, le pliant et le dépliant à répétition en posant ses doigts à différents endroits. « Ça fait mal? Inconfortable? » Simultanément, elle le compare à l’autre, y revient, consulte nerveusement la radiographie, les yeux plissés. Elle s’éclaircit la gorge. « Je vais être franche avec toi, c’est pire que ce que j’imaginais », fait-elle, la voix moins assurée. Reconnue pour son pessimisme, ce genre de paroles n’était guère rassurant dans la bouche d’Evelyn.




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