Mankind has only one science, it's the science of discontent - Jayne
MessageSujet: (#) Mankind has only one science, it's the science of discontent - Jayne     Mar 18 Sep - 16:15
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Cela était un bureau, tout comme cela aurait très pu bien être l'antre d'une bête, d'un animal étrange. Plus facile d'imaginer un fauve entre ces murs qu'un homme, la faute à une liberté incapable de s'y épanouir, la faute à un coeur brisé, la faute à ce chemin de douleur, ces quelques pas du bureau jusqu'au laboratoire avec les cloisons du vaisseau ensuite, l'espace derrière.
L'Espace, mais aucune planète....
Cet endroit, Olwen y régnait d'une certaine façon. De simples mètres carrés, pas beaucoup juste assez pour y travailler sans nuire aux plantes, à la faune. Dedans, l'homme y était un lion sans crinière, un prince sans couronne, un empereur sans royaume peut-être.
Il était rare que l'on vienne l'y déranger, certains osaient. Dans le bureau, dans le laboratoire aussi, et ils en connaissaient les règles, ils en connaissaient le danger.
Quelle laisse retenait le fauve ici? Aucune, si ce n'est sa propre tristesse, quand celle-ci devenait enfin plus grande, puis puissante que sa colère, quand il s'abattait enfin, vaincu dans une paix misérable et des souvenirs étranges.
Quand ses poings refermés se détendaient enfin, que la peau déchirée par ses propres ongles, des griffes, rien que des griffes, saignait alors mais que cela n'avait que peu d'importance.

On pouvait parler à l'homme derrière la bête, l'espérer. Et il vous écoutait, il vous répondait, portant parfois jusqu'au spectre d'un sourire sur ses lèvres. Les fantômes étaient sa couronne, son visage, son être entier. Les fantômes qu'il portait en lui, et jamais les pluies de cendres ne cessaient de tomber, là, dans ses yeux. Cela pouvait faire mal de le regarder, Olwen, lui taillé dans un chagrin trop grand pour un coeur humain, et de son coeur brisé pouvait naître alors des contes aux étoiles lointaines car il aimait à raconter histoires et aventures pour qui savait écouter.
Il n'en avait pas toujours le temps, son travail restait une priorité. Son travail....

Assis dans la chaise de bureau, les yeux mi clos, les bras douloureux d'un manque de repos, l'homme attendait. Il n'avait pas le temps de se traîner jusqu'à sa cabine, de dormir vraiment. Des heures supplémentaires, trop d'heures supplémentaires comme cela pouvait arriver parfois. Ironique pourtant, non? Parce que les heures ne devraient pas exister, parce que le temps ne devait pas exister, pas ici, pas sur un vaisseau qu'aucun soleil, aucun satellite n'entourait pour créer une temporalité. Ils comptaient avec des fantasmes du passé, un jour ces fantasmes même perdront de leur valeur, rien ni personne ne pourra plus expliquer ce qu'était vraiment un jour, une nuit, une seconde ou année. Qu'est-ce qui comptera alors, qu'est-ce qui existera?
Olwen craignait d'oublier tant de choses, et le temps qui ne devrait plus exister, il le bouffait encore et encore, il le recrachait....

Lorsque la porte claqua, lorsque Jayne Reynolds entra, une colère étrangère prit possession des lieux peut-être, Olwen ne savait pas encore.

”Capitaine....”

Les pupilles sombres s'animèrent de leur feu étrange pour se poser sur la silhouette de l'autre homme. Son capitaine, mais pas son ennemi peu importe ce que Jayne demandait, peu importe ce que Jayne faisait. Le poids des responsabilités, Olwen comprenait...
Dans les mains de Jayne, un rapport, son rapport. Son rapport à lui, Olwen, ce qui ne pouvait signifier que de méchantes choses. Il grogna, fauve se préparant au combat, fit craquer sa nuque aussi. Dans son dos, dans le regard de Jayne aussi, l'ombre du placard si les choses dégénéraient. Parce que les colères d'Olwen pouvaient être trop grandes, trop destructrices....
Parce que c'était à Jayne d'empêcher cela, parce qu'Olwen obéissait au capitaine tout autant qu'à l'ami.
L'ami capable de supporter le poids de son regard, de sa tristesse, pour lui en demander plus, toujours plus. Il n'y avait rien d'injuste en cela, Jayne aussi devait fournir beaucoup trop d'efforts pour un seul homme. Les choses marchaient ainsi, leur vie marchait ainsi....

”Laisse-moi deviner : mon rapport parfait ne convient pas, parce que il faut évidemment prendre en compte les erreurs des autres qui sont incapables de faire quelque chose sans faille.... Et la faute me retombe dessus.”

D'un geste sec, pas encore énervé, bientôt cependant, très bientôt, il ouvrit le tiroir du meuble, saisit une lourde clé à l'intérieur et la balança à son aîné. La clé du placard, si les choses dégénéraient.

”J'ai tout fait ainsi qu'il fallait que ce soit....demande moi de faire le travail de dix hommes s'il le faut d'accord, mais de cent, je ne peux pas.”


There should be a science of discontent. People need hard times to develop psychic muscles.
by wiise
MessageSujet: (#) Re: Mankind has only one science, it's the science of discontent - Jayne     Lun 8 Oct - 12:46
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La colère qui éveille Olwen, dés lors que Jayne pénètre dans son laboratoire, n’étonne même pas le Capitaine de l’Helios. À vrai dire, il est habitué aux frasques du scientifique depuis un moment. Depuis Bethany, où les deux hommes se côtoyaient déjà, évoluant dans un cercle scientifique similaire, bien que n’étudiant pas les mêmes domaines. Sauf qu’aujourd’hui, le pouvoir de la hiérarchie s’est immiscé entre eux. Pas totalement au point de fausser tous leurs rapports, mais suffisamment pour que Jayne puisse parfois imposer sa volonté à Olwen. Un Olwen qu’il sait capricieux, colérique, au sang chaud. Qui s’emporte vite. Un léger sourire, en coin, étire les lèvres du quarantenaire, dés lors qu’il peut sentir l’agacement dans la voix de son interlocuteur. Bien sur qu’il vient ici pour lui parler de son rapport. Il est vrai que lorsqu’il daigne lui faire honneur de sa présence, la chose est rarement bon signe. Cependant, il sait aussi qu’Olwen accepte difficilement les critiques sur son travail. Des années de passion et de quête de perfection. Passionné comme l’a été Jayne à l’époque où il était encore docteur en physique, son rôle de capitaine ayant désormais pris le relai. Meneur d’homme, plus doux que d’autres, plus politique certains, toujours dans un politiquement correct et une étique sans faille. Ou presque.

« Bonjour à toi aussi » Lâche Jayne dans ce même sourire en coin qui ne l’a pas quitté. « Ca y est tu as terminé de râler ? » Renchérit-il, taquin. Jayne le connait trop bien, depuis trop longtemps, pour rester enfermé dans les formalités. Il sait qu’il peut être un peu différent avec Olwen, un peu plus lui même. Le rôle de capitaine va de pair avec bon nombre de responsabilités, d’attentes, de la part des uns et des autres. La plupart du temps, Jayne doit surveiller son comportement et ses paroles. Mais il a été bien éduqué, dans la haute société de Bethany, alors la chose lui vient rapidement, naturellement, ne lui demandant que peu d’efforts.

Il s’approche, avale de la distance les séparants. Observe le plan de travail, les diverses expériences. Il a toujours été fasciné par le travail d’Olwen mais aussi la passion qu’il met dans sa tâche. Il le sait capable du meilleur comme du pire, brillant dans son domaine. « Ton rapport n’est pas parfait, sinon je ne serai pas là » Dit-il sans même le regarder, observant un type rempli d’un liquide verdâtre et d’autres feuilles trônant ici et là. « Je sais que tu préfères largement travailler en solitaire, mais tu sais que ça ne marche pas comme ça, ici, on n’est plus sur Bethany » Là où tout allait bien, ou presque, là où ils évoluaient dans un certain luxe, que Jayne a pourtant retrouvé ici, rien qu’à voir l’intérieur de sa cabine. Mais là où leur marge de manoeuvre était immense, là bas, ici, ils se doivent de travailler en équipe. C’est une obligation nécessaire, à laquelle il se retrouve à confronter Olwen, qui déteste ça. Vieil ours solitaire, agressif, n’hésitant pas à sortir les griffes lorsque quelque chose ne lui convient pas. « Je ne viens pas te demander de travail surhumain, je pense qu’on en fait tous les deux déjà beaucoup. Il faut juste que tu prennes en compte les autres valeurs et variables que j’ai pu te fournir. Tu es excellent dans ton domaine Olwen, tu le sais, mais il faut que tu t’ouvres un peu aux autres. Ça fait juste des années que je te le dis » Dit-il dans un large sourire, relevant finalement le regard vers lui. Un regard qui n’est en rien agressif. Le timbre de sa voix étant la plupart du temps apaisé et doux. Jayne est comme ça, guidant et commandant par une justesse et une justice. Il estime qu’il n’a pas à se montrer froid ou agressif et son mode de fonctionnement marche ainsi depuis des années. L’Hélios étant régit par une véritable unité. Il n’a d’ailleurs aucun mal à imaginer le vaisseau totalement indépendant. Oui, la chose lui a déjà traversé l’esprit à de multiples reprises, surtout lorsqu’il n’approuve pas les décisions de l’amirale en place. Alors là oui, divers scénarios se forgent dans son esprit.  


Tu te fous de mes ténèbres
comme de tout, et comme du reste...
C'est ça, le temps qui passe
Fais fi des signes du ciel seuls les faits
sont ton bréviaire
MessageSujet: (#) Re: Mankind has only one science, it's the science of discontent - Jayne     Mar 9 Oct - 13:32
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Les deux hommes se regardent, ne s’affrontent pas. Il y avait peu d’ombres sur le visage de Jayne, elles étaient toutes sur Olwen. Jayne brillait, brûlait, une énergie qu’Olwen, lui, ne possédait pas, trop près de choses bien plus noires, tellement noires.
Et d’une certain façon, les deux hommes s’accordaient bien, s’acceptaient, se supportaient, s’appréciaient.
Finalement, Olwen se redressa, debout, bien campé sur ses deux jambes, portant ses muscles nous aux nerfs de ses détresses. Il s’avança jusqu’à faire face au capitaine, ses yeux sombres dans ceux plus lumineux de l’autre. Curieux contraste, curieuse amitié…  Il tendit la main, reprit le rapport pour le parcourir lui-même du regard, plissant les yeux juste un petit peu trop, lui qui ne portait toujours pas de lunettes.  Non, Jayne avait raison, ils n’étaient plus sur Bethany. Le nom lui fit mal au cœur, car Jayne, tout comme lui en le prononçant, avait l’intonation des gens de là bas. Combien d’hélas  encore à subir dans leur vie ? Olwen grogna, saisissant un stylo pour barrer et annoter certaines formules et quelques résultats, reliant des lignes quand il le fallait, en hachurant d’autres, refaisant toute la géographie des données même en y reconnaissant les erreurs. Il ne pouvait pas tout corriger cependant, juste faire au mieux. Mais ce n’était pas cela que Jayne lui demandait…

« Tu oublies une chose, mon ami : j’effraie beaucoup trop les autres pour qu’ils acceptent de travailler avec moi. »

Il n’était pas  rare  en effet que les plus jeunes (ou non) et les plus influençables (ou non) des membres de l’Hélios soient incapables de parler à Olwen sans bégayer, quand ils ne fuyaient pas tout simplement à son approche. Oui il avait des coups d’éclats, des coups de colères, des coups de voix aussi, oui il fallait du courage pour le comprendre, pour l’affronter, car ce qui existait sous le chagrin de l’homme n’était rien d’autre que la colère. Ni l’un ni l’autre ne pouvait s’expliquer, avoir une réelle logique, en cela Olwen était effrayant. En cela et en d’autres choses aussi….

« Des  années, hmm, hé bien ça  n’a pas servi à rien puisque je me suis ouvert  à toi. On verra le reste dans la prochaine décennie… »

Des taquineries  avec quelque chose à la limite de la méchanceté, lorsque pourtant Jayne lui offrait une bienveillance salvatrice. Il lui rendit le rapport à nouveau, bien plus un papier chiffonné et raturé qu’autre chose à présent. Un geste fait avec naturel, non avec calcul, pas pour choquer, pas pour se moquer de l’autorité que  représentait Reynolds, bafouer quelque chose, mais simplement parce que cela était dans la logique de tous les autres gestes qu’Olwen pouvait avoir.

« Si je me conduis bien, que je fais des efforts sans mordre personne et que j’écoute le travail des autres, tu ne viendras plus me voir pour m’engueuler. Ca me ferait un trop gros trou dans mon emploi du temps…. »

Quelque chose dit avec tout le sérieux du monde parce que cela était vrai : l’amitié de Jayne lui était précieuse, hors le capitaine possédait bien des responsabilités et Olwen imaginait peu quelqu’un vouloir venir le voir, lui, de sa propre volonté sans un motif quelconque. Du moins quelqu’un d’aussi équilibré que Jayne.
Brusquement, dans les yeux sombres d’Olwen, il y eut le gamin e Bethany, le gamin qui voulait toujours bien faire en craignant chaque erreur, le gamin incapable de se lier aux  autres, ce même gamin que Jayne avait connu. Avait-il si grandit que cela, Olwen ? Non.

« Et si je n’y arrive pas, Jayne ? Si j’occupais la place de quelqu’un de plus méritant que moi, qui mériterait d’être ici mais ne le sera jamais ? »

Il n’avait pas peur de ce qu’il était, l’homme, non, en revanche il craignait avec une ferveur quasi religieuse tout ce qu’il ne serait jamais. Parce  qu’il ne possédait  rien de la lumière du capitaine Reynolds, parce qu’en vérité, en lui, absolument rien ne semblait brillait. Juste la colère et, en marécages obscurs, divers tristesses qu’il portait depuis ce qui semblait être le jour même de sa naissance. Quelque chose  dont rien, jamais rien, n’avait pu le faire guérir….
 


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