bouteilles de gaz dans une cheminée (ledward)
MessageSujet: (#) bouteilles de gaz dans une cheminée (ledward)     Mar 18 Sep - 9:40
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Dans le coin de la cellule le plus opposé à Ledward, Jamie l’observe l’air mauvais. Ses yeux noirs colères suivent le moindre de ses déplacements et ses muscles déjà trop tendus guettent la reddition. Quelle putain de merde. La canine agace la pulpe de la lèvre, et déjà le sang perle. La langue essuie la lippe mais le goût métallique n’occulte pas tout à fait celui de l’amertume qui lui colle au palais. Ces pièces exiguës, Jamie commence malheureusement à les connaître. Les têtes à têtes avec Holloway, elle préfère qu’ils ne deviennent pas coutume. Une porte les sépare, mais malgré tout, la jeune femme met un point d’honneur à se tenir aussi loin que la taille réduite de la pièce lui permet. Assise un genou relevé sur le banc, l’autre qui pend dans le vide, elle observe avec toute sa hargne le flic. Il n’a encore rien dit, elle sait qu’il savoure un peu l’instant. Un ricanement rauque lui secoue brièvement la poitrine quand elle réalise qu’à sa place, elle ferait exactement la même chose. Sauf qu’il ne serait jamais tout à fait à sa place, parce que c’est un mâle et qu’il jouit de tout un tas de privilèges pour appartenir à cette caste. L’envie de lui coller un poing (ou douze autres) dans sa sale face satisfaite lui passe dans le sang, mais si elle est audacieuse, Jamie n’est en rien idiote. Contre lui, elle n’a aucune chance. Oh, elle pourrait  l’amocher assez salement, mais il aurait de toute façon le dessus. Et elle le hait pour ça, pour être un homme, vivre en toute impunité et pour avoir un tel ascendant sur elle – pour l’avoir laissé prendre une telle emprise. Connard. « T’puni, pour faire l’garde chiourme ? qu’elle lance finalement. C’la c’rém’nie pour l’morts du Jeanne d’Arc ‘jur’hui. » Jamie n’y serait pas allée. Mais elle a perdu des collègues dans cette merde. Pas des gens très proches, elle les connaissait à peine. C’était quand même suffisant pour l’ébranler. Ca, et les semaines passées sur Keller ont exacerbés ce sentiment de colère et d’impuissance. Elle n’y serait pas allée, mais aurait probablement suivi de loin. Elle est par contre sincèrement étonnée de le voir ici.


Quelques jours auparavant.

Ses sombres humeurs rentrées, avachie sur sa chaise, Jamie observe ceux qui s’inscrivent, comme elle, au combat du soir. Les coudes posés sur le dossier, elle détaille les hommes et les quelques femmes présents et accorde un hochement de tête à ceux qu’elle reconnait. Autour d’eux, c’est une véritable ruche. Les petites mains s’agitent à délimiter l’aire de combat, d’autres installent les canaux pirates qui serviront aux paris et à payer les concurrents. L’effervescence lui échauffe les sens et bientôt, les pognes démangent. Ses appétits de violences grimpent en flèche, et tandis que depuis les entrailles monte une chaleur, ses lippes creusent un rictus sombre en travers de son visage. Le sentiment s’installe pleinement dans chaque recoin de son esprit, de son âme abîmée et de son corps.

Ils sont interrompus par des hurlements confus mais qui ne laissent aucun doute sur les nouveaux venus. Des putains de miliciens. On les a vendus, et pour une fois, ce n’est pas elle. Un coup d’œil pour ceux qui se tiennent plus loin et elle devine que le petit trafic d’armes modifiées a attisé le flaire des flics. L’excitation laisse place à une angoisse sourde et comme le reste des crève-la-faim réunis dans l’arrière salle, elle chercher par tous les moyens une échappatoire. Se glace quand elle aperçoit Led qui s’avance.



stabat mater
MessageSujet: (#) Re: bouteilles de gaz dans une cheminée (ledward)     Sam 6 Oct - 19:26
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Ledward aurait dû se trouver ailleurs, aujourd’hui. Sans doute à pleurer les morts avec les autres, à écouter en direct les discours bien phrasés du gratin de la flotte, à compatir avec ceux qui avaient vraiment perdu du monde pendant l’attaque, mais Ledward avait cédé sa place. Devoir supporter l’hypocrisie générale pour un bout de tôle gravé qui serait oublié dans deux jours, ça le faisait chier. Il avait mieux à faire. Évidemment, il avait dû tourner ça autrement quand ses collègues étaient partis, mais l’avantage d’être lui, c’est que personne ne s’aventurait à argumenter trop longtemps avec lui. Il lui avait suffit de balancer qu’il restait garder le poste pour que les autres se contentent de le laisser là, certains réprobateurs, la plupart simplement blasés.

Il avait donc pu profiter du calme pour régnait subitement pour tirer tranquillement sur sa clope électronique en revoyant les éléments qu’il avait récolté lors de sa dernière descente daté d’il y avait quelques jours, descente qui avait bien failli finir en catastrophe lorsqu’il s’était rendu compte de la présence de Jamie Farzan parmi les combattants. Pas qu’il éprouvait une affection particulière pour la délinquante, mais ça l’aurait fait chier de perdre une indic à cause d’une connerie de mauvais timing. Celle-ci avait de toute façon fini par payer pour autre chose et se trouvait donc avec lui, dans le poste, seule présence humaine pour lui tenir compagnie.

De temps en temps, un mouvement, un déplacement provoquait un léger bruit provenant de sa cellule, lui faisant immédiatement lever les yeux vers elle, une lueur mauvaise et moqueuse au fond des yeux. Si elle était là, c’était à cause de lui. Si elle n’était pas sur le Lady Grace, c’était grâce à lui. Voilà où ils en étaient alors que le poste radio diffusait en direct les discours, mis en sourdine par Ledward.

-C’est des conneries, marmonna-t-il en réponse. ‘Sont morts. Point. Y en aura d’autres.

Ledward ne se sentait pas du tout touché par ce genre d’étalage de deuil général. Il avait pleuré les morts à sa façon, avec de l’alcool, de la haine et enquête menée avec soin et acharnement. Le reste, c’était du cirque. Ça faisait juste traîner le bordel plus qu’il le fallait. Aucune solution proposée, aucune résolution. Juste des gens qui chialent et des connards en uniforme qui débitaient des platitudes. Une putain de perte de temps.

-Et ch’rais toi, j’me f’rais oublier, rajouta-t-il en lui lançant un regard noir.

Elle avait fait son lot de conneries, elle aussi.

Quelques jours plus tôt.


Ledward exultait. Il adorait ce genre de sortie. Ils étaient plusieurs miliciens sur le coup, mais c’était lui qui avait ferré le poisson et c’était lui qui allait mener l’opération. C’était vraiment sa partie préférée des enquêtes. Lui, son arme, la panique de ceux qui ne voulaient pas se faire attraper, la violence de ceux qui aimaient résister et pour finir, lui, tout puissant, bras armé de la justice, inflexible et ravi de rentrer dans le tas quand il le fallait.

La troupe était en place, le bar encerclé, plus qu’à cueillir les malandrins et distribuer des patates aux résistants. C’est avec un sourire carnassier qui représentait parfaitement son humeur qu’il lança le signal silencieux, déclenchant l’attaque simultanée. Malgré son envie d’être le premier sur les lieux, il laissa passer d’abord quelques gars des forces d’intervention avant de prendre la suite, son regard triomphant se posant sur la panique générale, repérant déjà le trafic illicite qui avait véritablement motivé son intervention. Il se battait les couilles des gars qui voulaient se taper dessus jusqu’à ce que mort s’en suive. Les armes par contre, c’était un autre problème.

Cependant, son expression se figea lorsque son regard se posa sur Farzan et un juron hérité de Merry Field s’échappa brusquement de ses lèvres. Son sang ne fit qu’un tour, son cerveau se mit à carburer. Quelle conne ! Elle pouvait pas se tenir tranquillement chez elle pour une fois dans sa putain de vie ?

-Priorité absolue sur les trafiquants ! Beugla-t-il alors, cherchant à détourner l’attention de son indic.

Sans attendre, il s’élança alors dans sa direction, l’attrapant à bras le corps comme s’il voulait se battre avec elle, mais dans le seul but de les faire passer tous les deux derrière le bar de manière crédible.

-Putain mais tu peux vraiment pas t’empêcher de merde ! Cracha-t-il alors en la lâchant. Reste là, si tu t’éloignes de moi t’es dans la merde.

Les sorties étaient toutes gardées, il était bien placé pour le savoir et une fouille des lieux allaient être effectuées directement après que l’endroit serait plus calme. Hors de question de la cacher là, mais impossible de la faire sortir simplement. Pourtant, ils allaient devoir trouver un moyen de le faire.

-Si t’as des trappes de s’cours c’est l’moment d’sortir le grand jeu chérie, sinon j’sais pas comment j’vais t’faire sortir de là, p’tain de merde !

RÉPONSE RAPIDE