bouteilles de gaz dans une cheminée (ledward)
MessageSujet: (#) bouteilles de gaz dans une cheminée (ledward)     Mar 18 Sep - 9:40
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Dans le coin de la cellule le plus opposé à Ledward, Jamie l’observe l’air mauvais. Ses yeux noirs colères suivent le moindre de ses déplacements et ses muscles déjà trop tendus guettent la reddition. Quelle putain de merde. La canine agace la pulpe de la lèvre, et déjà le sang perle. La langue essuie la lippe mais le goût métallique n’occulte pas tout à fait celui de l’amertume qui lui colle au palais. Ces pièces exiguës, Jamie commence malheureusement à les connaître. Les têtes à têtes avec Holloway, elle préfère qu’ils ne deviennent pas coutume. Une porte les sépare, mais malgré tout, la jeune femme met un point d’honneur à se tenir aussi loin que la taille réduite de la pièce lui permet. Assise un genou relevé sur le banc, l’autre qui pend dans le vide, elle observe avec toute sa hargne le flic. Il n’a encore rien dit, elle sait qu’il savoure un peu l’instant. Un ricanement rauque lui secoue brièvement la poitrine quand elle réalise qu’à sa place, elle ferait exactement la même chose. Sauf qu’il ne serait jamais tout à fait à sa place, parce que c’est un mâle et qu’il jouit de tout un tas de privilèges pour appartenir à cette caste. L’envie de lui coller un poing (ou douze autres) dans sa sale face satisfaite lui passe dans le sang, mais si elle est audacieuse, Jamie n’est en rien idiote. Contre lui, elle n’a aucune chance. Oh, elle pourrait  l’amocher assez salement, mais il aurait de toute façon le dessus. Et elle le hait pour ça, pour être un homme, vivre en toute impunité et pour avoir un tel ascendant sur elle – pour l’avoir laissé prendre une telle emprise. Connard. « T’puni, pour faire l’garde chiourme ? qu’elle lance finalement. C’la c’rém’nie pour l’morts du Jeanne d’Arc ‘jur’hui. » Jamie n’y serait pas allée. Mais elle a perdu des collègues dans cette merde. Pas des gens très proches, elle les connaissait à peine. C’était quand même suffisant pour l’ébranler. Ca, et les semaines passées sur Keller ont exacerbés ce sentiment de colère et d’impuissance. Elle n’y serait pas allée, mais aurait probablement suivi de loin. Elle est par contre sincèrement étonnée de le voir ici.


Quelques jours auparavant.

Ses sombres humeurs rentrées, avachie sur sa chaise, Jamie observe ceux qui s’inscrivent, comme elle, au combat du soir. Les coudes posés sur le dossier, elle détaille les hommes et les quelques femmes présents et accorde un hochement de tête à ceux qu’elle reconnait. Autour d’eux, c’est une véritable ruche. Les petites mains s’agitent à délimiter l’aire de combat, d’autres installent les canaux pirates qui serviront aux paris et à payer les concurrents. L’effervescence lui échauffe les sens et bientôt, les pognes démangent. Ses appétits de violences grimpent en flèche, et tandis que depuis les entrailles monte une chaleur, ses lippes creusent un rictus sombre en travers de son visage. Le sentiment s’installe pleinement dans chaque recoin de son esprit, de son âme abîmée et de son corps.

Ils sont interrompus par des hurlements confus mais qui ne laissent aucun doute sur les nouveaux venus. Des putains de miliciens. On les a vendus, et pour une fois, ce n’est pas elle. Un coup d’œil pour ceux qui se tiennent plus loin et elle devine que le petit trafic d’armes modifiées a attisé le flaire des flics. L’excitation laisse place à une angoisse sourde et comme le reste des crève-la-faim réunis dans l’arrière salle, elle chercher par tous les moyens une échappatoire. Se glace quand elle aperçoit Led qui s’avance.



stabat mater
MessageSujet: (#) Re: bouteilles de gaz dans une cheminée (ledward)     Sam 6 Oct - 19:26
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Ledward aurait dû se trouver ailleurs, aujourd’hui. Sans doute à pleurer les morts avec les autres, à écouter en direct les discours bien phrasés du gratin de la flotte, à compatir avec ceux qui avaient vraiment perdu du monde pendant l’attaque, mais Ledward avait cédé sa place. Devoir supporter l’hypocrisie générale pour un bout de tôle gravé qui serait oublié dans deux jours, ça le faisait chier. Il avait mieux à faire. Évidemment, il avait dû tourner ça autrement quand ses collègues étaient partis, mais l’avantage d’être lui, c’est que personne ne s’aventurait à argumenter trop longtemps avec lui. Il lui avait suffit de balancer qu’il restait garder le poste pour que les autres se contentent de le laisser là, certains réprobateurs, la plupart simplement blasés.

Il avait donc pu profiter du calme pour régnait subitement pour tirer tranquillement sur sa clope électronique en revoyant les éléments qu’il avait récolté lors de sa dernière descente daté d’il y avait quelques jours, descente qui avait bien failli finir en catastrophe lorsqu’il s’était rendu compte de la présence de Jamie Farzan parmi les combattants. Pas qu’il éprouvait une affection particulière pour la délinquante, mais ça l’aurait fait chier de perdre une indic à cause d’une connerie de mauvais timing. Celle-ci avait de toute façon fini par payer pour autre chose et se trouvait donc avec lui, dans le poste, seule présence humaine pour lui tenir compagnie.

De temps en temps, un mouvement, un déplacement provoquait un léger bruit provenant de sa cellule, lui faisant immédiatement lever les yeux vers elle, une lueur mauvaise et moqueuse au fond des yeux. Si elle était là, c’était à cause de lui. Si elle n’était pas sur le Lady Grace, c’était grâce à lui. Voilà où ils en étaient alors que le poste radio diffusait en direct les discours, mis en sourdine par Ledward.

-C’est des conneries, marmonna-t-il en réponse. ‘Sont morts. Point. Y en aura d’autres.

Ledward ne se sentait pas du tout touché par ce genre d’étalage de deuil général. Il avait pleuré les morts à sa façon, avec de l’alcool, de la haine et enquête menée avec soin et acharnement. Le reste, c’était du cirque. Ça faisait juste traîner le bordel plus qu’il le fallait. Aucune solution proposée, aucune résolution. Juste des gens qui chialent et des connards en uniforme qui débitaient des platitudes. Une putain de perte de temps.

-Et ch’rais toi, j’me f’rais oublier, rajouta-t-il en lui lançant un regard noir.

Elle avait fait son lot de conneries, elle aussi.

Quelques jours plus tôt.


Ledward exultait. Il adorait ce genre de sortie. Ils étaient plusieurs miliciens sur le coup, mais c’était lui qui avait ferré le poisson et c’était lui qui allait mener l’opération. C’était vraiment sa partie préférée des enquêtes. Lui, son arme, la panique de ceux qui ne voulaient pas se faire attraper, la violence de ceux qui aimaient résister et pour finir, lui, tout puissant, bras armé de la justice, inflexible et ravi de rentrer dans le tas quand il le fallait.

La troupe était en place, le bar encerclé, plus qu’à cueillir les malandrins et distribuer des patates aux résistants. C’est avec un sourire carnassier qui représentait parfaitement son humeur qu’il lança le signal silencieux, déclenchant l’attaque simultanée. Malgré son envie d’être le premier sur les lieux, il laissa passer d’abord quelques gars des forces d’intervention avant de prendre la suite, son regard triomphant se posant sur la panique générale, repérant déjà le trafic illicite qui avait véritablement motivé son intervention. Il se battait les couilles des gars qui voulaient se taper dessus jusqu’à ce que mort s’en suive. Les armes par contre, c’était un autre problème.

Cependant, son expression se figea lorsque son regard se posa sur Farzan et un juron hérité de Merry Field s’échappa brusquement de ses lèvres. Son sang ne fit qu’un tour, son cerveau se mit à carburer. Quelle conne ! Elle pouvait pas se tenir tranquillement chez elle pour une fois dans sa putain de vie ?

-Priorité absolue sur les trafiquants ! Beugla-t-il alors, cherchant à détourner l’attention de son indic.

Sans attendre, il s’élança alors dans sa direction, l’attrapant à bras le corps comme s’il voulait se battre avec elle, mais dans le seul but de les faire passer tous les deux derrière le bar de manière crédible.

-Putain mais tu peux vraiment pas t’empêcher de merde ! Cracha-t-il alors en la lâchant. Reste là, si tu t’éloignes de moi t’es dans la merde.

Les sorties étaient toutes gardées, il était bien placé pour le savoir et une fouille des lieux allaient être effectuées directement après que l’endroit serait plus calme. Hors de question de la cacher là, mais impossible de la faire sortir simplement. Pourtant, ils allaient devoir trouver un moyen de le faire.

-Si t’as des trappes de s’cours c’est l’moment d’sortir le grand jeu chérie, sinon j’sais pas comment j’vais t’faire sortir de là, p’tain de merde !
MessageSujet: (#) Re: bouteilles de gaz dans une cheminée (ledward)     Jeu 1 Nov - 23:52
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« S’non quoi ? elle rétorque immédiatement, les mires ombrageuses dirigées dans celles de l’homme, un odieux sourire pour lui balafrer le visage. T’comptes m’péter la gueule ? » Elle n’a pas vraiment bougé, à peine elle s’est redressée. Si elle joue avec le feu, c’est qu’elle sait l’impasse dans laquelle ils se trouvent. S'il l’envoie sur le Lady Grace, il ne pourra pas la sauver d’une condamnation plus lourde. Et vu les efforts fournis pour qu’elle ne se fasse pas gauler lors de la dernière rafle, il semblait que Halloway tenait à garder son indic’ dans les parages plutôt que de l’accompagner en taule – aussi satisfaisant cela puisse-t-il être pour lui. « T’montres pas b’coup d’respect pour ceux qu’sont morts l’bas. C’tait d’collègues, elle ajoute plus bas. » Bien sûr, l’argument n’aura aucun impact sur le flic, mais ça lui semblait important à Jamie, de lui rappeler que pour certains, ça en avait, de l’importance, d’assister à cette cérémonie. Pas pour les discours et la statue, mais pour le symbole, pour la communion avec les autres. Bien sûr, il y aurait d’autres morts, mais dans ces conditions tragiques ? En réalité, Jamie ne sait pas vraiment comment se situer. Elle se sait fragiliser par Keller – c’est très personnel et égoïste comme réaction. Mais comme tous les enfants nés de la crasse humaine, elle porte l’égoïsme comme la meilleur défense.

Quelques jours auparavant.

Jamie a reculé dans un coin de l’arrière-salle. C’est stupide comme réaction, ils sont encerclés de partout et il n’existe qu’un passage dérobé et pour l’instant inaccessible tant que la débandade règne. L’espace d’un instant, son regard croise celui de Ledward et elle peut savourer brièvement la satisfaction de voir son expression faciale s’effondrer, passer d’un totale plaisir à un mécontentement profond. C’est petit et mesquin, mais terriblement satisfaisant. Son propre petit plaisir s’évapore aussitôt que ses pognes l’attrapent. Comme un automatisme, elle rue et se débat pour se défaire de l’emprise, mais il resserre au contraire sa prise. « Lâche-moi, elle grogne en haletant péniblement. F’lait y p’ser avant d’vnir, y’a pas d’sortie, elle rétorque, un sale rictus qui lui pend aux lèvres. Sors moi d’là. A cause d’tes con’ries, j’vais prendre cher sur l’L’dy Grace si j’dois y retourner. » Ce n’est pas tout à fait vrai bien sûr, et en réalité, qu’ils soient maintenant derrière le comptoir l’arrangeait vaguement. De mémoire, dans la salle de stockage, il y avait une trappe qui menait vers les conduits d’aération puis dans un secteur inférieur. Rien de discret, ni de facile d’accès, et encore moins une information qu’elle souhait divulguer au flic. « J’pas t’cher aux armes, tu d’vrais p’voir m’faire sortir d’là nan ? J’suis même pas encore ‘scrite. Lach’moi m’tnant, ou j’t’explose… » Les pognes de Ledward lui font l’effet d’un fer chauffé à blanc, et déjà une angoisse nauséeuse lui tord le ventre et lui presse la poitrine. Jamie inspire et expire lentement, pour juguler son malaise, mais elle le sait : ce ne sera jamais suffisant.



stabat mater
MessageSujet: (#) Re: bouteilles de gaz dans une cheminée (ledward)     Dim 4 Nov - 19:22
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-Ça t’ferait pas d’mal d’t’en prendre une ou deux dans la gueule ouais, gronda-t-il devant son insolence.

L’envie de lui refaire le portrait l’avait effectivement effleuré plus d’une fois au cours des quelques années où il avait eu le malheur de la connaître. Plus particulièrement lorsqu’elle lui avait gâché la joie de son dernier raid contre les combats illégaux et plus important : le trafic d’armes qui se faisait dans ce genre d’occasion. Encore une putain de bonne journée qui s’était transformée en cauchemar. Et la véritable raison pour laquelle il était venu la chercher pour la mettre en garde à vue, avec une excuse parfaitement valable, mais qui ne lui aurait même pas fait lever le petit doigt s’il s’était agit de n’importe qui d’autre. Le but était de lui faire passer une leçon.

-Qu’est-ce t’en as à foutre ? C’taient pas les tiens à s’que j’sache.

Les collègues, ouais, mais y en avait parmi les miliciens comme parmi les légionnaires qui avaient bien plus soufferts que lui de la perte de ces hommes. Il avait comme tout le monde été entièrement bouleversé d’apprendre l’ampleur du drame, encore plus lorsqu’on l’avait emmené sur les lieux pour participer à l’enquête, mais chacun avait sa façon de gérer son deuil et la sienne ne correspondait pas à ce que la flotte proposait, en ce moment.

-Et parl’mieux, j’pige rien de s’que tu racontes, marmonna-t-il en toute mauvaise fois.

Quelques jours plus tôt.

Une fois passé de l’autre côté du comptoir avec Jamie putain de Farzan, Ledward la lâcha en, l’incendiant au passage, s’attirant comme toujours une réponse pleine d’impertinence de la part de cette stupide criminelle. Sans même y penser à deux fois, il lui envoya sa main dans la figure, y mettant toute sa force et se faisant mal en la heurtant au passage.

-T’as ‘térêt à changer d’ton avec moi, pasque j’suis l’seul à pouvoir t’sortir d’là sans qu’tu finisses tes jours su’l’Lady.

Quant à ses geignements sur le fait qu’elle n’avait pas touché aux armes, Ledward s’en battait les couilles comme de la dernière mise à jour du menu de la cantine. Elle était dans le pétrin et il n’avait pas envie de perdre une indic utile à cause d’une connerie de combat illégal. Il se redressa pour jeter un coup d’oeil au déroulement des opérations, qui se passaient exactement comme prévu, avec efficacité, mais dans la violence des tentatives de résistance. Putain de dégénérés pas assez coriaces pour lutter contre les forces de l’ordre. Ils pouvaient pas faire une sortie pour une fois ?

-Y’a forcément un truc, une cache une planque un machin dans l’quel tu peux t’foutre en attendant qu’on décampe, s’pas possible autrement, l’bar est encerclé, marmonna-t-il en se baissant une nouvelle fois vers elle.

Heureusement, le capharnaüm lié à l’intervention continuait et couvrait leurs paroles. Cependant, la situation allait être rapidement maîtrisée et s’ils ne trouvaient pas rapidement quelque chose, Ledward n’aurait pas d’autre choix que d’arrêter Jamie.

-Où c’est qu’c’est qu’le barman garde son stock ? Y a forcément d’quoi s’cacher là-bas, j’pourrais t’couvrir.

Elle risquait d’être coincée dedans un bon moment, le temps que l’endroit soit ratissé au peigne fin, mais c’était ça ou sortir avec les menottes aux poignets.
MessageSujet: (#) Re: bouteilles de gaz dans une cheminée (ledward)     Lun 12 Nov - 15:33
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« T’ttends quoi, ‘juste ? » Le rictus qui lui barre le visage est la pire des injures, tandis que, altière, elle se redresse, le défi logé au fond des prunelles sombres. Il agace ses soifs épouvantables de violence, et déjà, son poing aux phalanges abimées se contracte. Les muscles gueulent après l’abandon tant elle est sur ses gardes et se défouler tout en dévissant le tarin de Halloway lui ferait, en vérité, le plus grand des biens. Les mes comme lui provoquaient elle cet affreux mélange de colère, de crainte, de rancœur qui la rendent presque nauséeuse. Pourtant, jamais elle ne détourne son joli visage ni même ne baisse les yeux. Elle a des comptes à régler avec lui, peut être que leur rencard en tête à tête serait le moment opportun. « Si, y’étaient, elle répond sombrement, la mâchoire crispée et l’orgueil poinçonné. » Des hommes et des femmes dont elle ne sait rien mais qui à cet instant précis valent à ses yeux milles fois plus que le connard qui lui fait face de l’autre côté de la porte. La tête légèrement penchée sur le côté, Jamie jauge et scrute son vis-à-vis, l’air de savoir à quelle sauce exactement le bouffer. La sensation lui parcourt le corps et la fait frissonner, et déjà, c’est l’adrénaline qui monte et gicle au rythme du myocarde dans chacune de ses veines.

Quelques jours auparavant.

La gifle l’assomme pour moitié et déclenche une vive douleur dans la mâchoire, mais le réflexe se fait immédiate et de sa chaussure, elle tire la fine lame qu’elle ballade toujours avec elle. Pointée vers les reins de l’homme, elle sait que la pointe le démange juste assez pour qu’il sache qu’elle n’hésiterait pas à le planter s’il le faut pout qu’il la lâche. « Fil’d’pute, lach’moi. » Des connards, elle en a saigné pour moins que ça, et à cet instant précis, il lui faut son maximum de contrôle de soi pour ne pas lui coller au mieux une dialyse ou une incontinence à vie ou alors un aller simple pour le four crématoire. Depuis leur coin légèrement à part, personne ne les remarque pour l’instant. Les mires observent l’homme avec application et vigilance, mais les tympans, eux, entendent tout de l’interpellation violente.

La suggestion de Ledward lui glace le sang, mais elle obtempère bon gré mal gré (surtout mal gré) et lui désigne d’un geste du menton la salle dissimulée derrière eux. Il ne leur faut que quelques instants pour s’y rendre, et à le voir aussi précipité, Jamie n’a que le temps de bafouiller « Ferm’pas » qu’ils sont confinés dans la pièce exigüe et qui ne s’ouvre que de l’extérieur. L’instant la fait profiter de l’instant pour s’échapper de Ledward et de mettre les quatre pas de distances que lui permet le réduit entre eux. « Vr’ment trop con, p’tain. C’pas possib’ ça. On est coincé ‘ci, l’porte s’ouvre pas d’dans. T’pouvais pas m’écouter ?! C’quoi c’baltringue… »



stabat mater
MessageSujet: (#) Re: bouteilles de gaz dans une cheminée (ledward)     Mer 14 Nov - 19:58
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Ledward inspira longuement, puis se leva avec brusquerie, puis contourna son bureau pour aller chercher la station portable qui se trouvait sur le poste de quelqu’un d’autre. Il lui dicta ses ordres, articulant pour se faire comprendre, puis lorsque la station fut allumée sur la chaîne qui lui revenait, il prit le premier siège qui lui tomba sous la main pour traîner dans un grand bruit jusque devant la cellule où se tenait Jamie. Elle allait pas le faire chier longtemps avec cette histoire de commémoration. Il avait pas envie d’y aller. Il y serait pas à sa place. La tristesse des autres le gênait, l’énervait, sans qu’il parvienne à bien saisir pourquoi. Elle regrettait de pas y aller ? En temps normal il lui aurait dit qu’elle aurait dû y penser avant de faire de la merde, mais il ne pouvait pas nier le fait que l’occasion était importante.

-Tiens, s’ça t’fais chier d’pas pouvoir y aller, t’peux quand même l’écouter, maintenant ferm’la. Respecte. Charlie, monte le son. Ne prend pas d’ordre de la détenue Farzan, Jamie.

La voix de Charlie lui confirma que ses commandes avaient été entendu, puis il augmenta effectivement le son jusqu’à ce que les discours et commentaires des journalistes présents sur les lieux de la commémoration soient suffisamment forts pour couvrir la voix de quelqu’un qui parlait normalement. Ledward s’en retourna alors à son poste de travail, plus maussade que jamais. Cependant, entre ça et taper la discutions avec l’autre, il préférait encore ça.

Quelques jours auparavant.

Loin de se sentir vraiment menacé par la pointe qu’il sentit coller à ses reins, Ledward se contenta de jeter son bras en arrière avec impatience pour la faire arrêter de le menacer. Ils n’avaient pas le temps de jouer à ces petits jeux et il était pour le moment son seul moyen de sortie, donc il doutait fortement que même elle soit assez cinglée pour le poignarder. Sans compter que suriner à mort un inspecteur de la milice, c’était passible de sassage et il avait des raisons de penser qu’elle préférerait éviter d’en arriver là. Ce qu’il ne manqua pas de lui rappeler.

Sa proposition de se trouver un endroit pour la planquer ne manqua pas de trouver du succès et s’il comptait au départ simplement la balancer dedans pour venir la chercher plus tard, il eut soudainement un manque de confiance plutôt conséquent en sa capacité à se planquer convenablement, il la suivit donc jusque dans la pièce qu’elle finit par lui indiquer avant de refermer rapidement derrière lui pour avoir plus de temps et de tranquillité pour la cacher correctement, entendant une seconde trop tard le bafouillement de la criminelle.

-Fait CHIER ! Éructa-t-il alors.

Elle pouvait pas le prévenir avant ? Non bien sûr, il avait fallu qu’elle attende le dernier moment pour lui dire, qu’il soit trop tard. Elle s’échappa aussitôt le plus loin possible de lui et fit sans doute le bon choix, car le regard de pur haine qu’il lui envoya en disait long sur ce qu’il lui aurait fait s’il avait pu la garder sous la main. À la place, il frappa violemment le côté de la porte du plat de la main, se tournant en même temps, présentant son profil plutôt que sa face à Jamie. Il aurait été seul, sortir de là aurait été simple, très simple. Il aurait simplement envoyé un message à ses collègues pour que l’un d’entre eux vienne ouvrir, sauf qu’il n’était pas seul et que Jamie allait se faire coffrer, entre deux plaisanteries grivoises, si jamais il utilisait cette solution.

-Pourquoi j’m’emmerde, franchement, marmonna-t-il, frottant sa main endolorie à l’aide de l’autre. Quand l’bordel s’ra calmé, mes p’tits gars fouilleront les lieux, ils finiront forcément par ouvrir cette pièce. Donc là, y’a deux solutions. Soit j’demande de suite à un gars d’venir ouvrir, soit on attend comme des cons qu’les autres nous cueillent. Dans les deux cas, va falloir s’trouver une bonne excuse et vite, prévint-il. Des suggestions ? Et puis merde, qu’est-ce tu foutais là ? T’pouvais pas rester chez toi à glander, comme tout l’monde ?
MessageSujet: (#) Re: bouteilles de gaz dans une cheminée (ledward)     Jeu 15 Nov - 0:51
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Malgré elle, Jamie suit la cérémonie. Parce que l’écran devant elle attire irrémédiablement les yeux et son attention et que le son est si fort qu’elle ne peut l’ignorer.  A quelques détails près, elle regarder la cérémonie comme elle le vouait : presque seule, presque tranquille. En vrai, ça lui tort les entrailles de chagrin, de rage, de rancœur et de ressenti. Elle s’agite et contient bien malgré elle ce trop-plein qui monte en elle par le cœur et les tripes. C’est quand Stralen monte à son tour pour prendre la parole et s’effondre qu’elle atteint son point de rupture. Quelques larmes coulent le long de ses joues et elle s’oblige à inspirer et expirer pour ne pas craquer. Pourtant, elle sent cette pute d’angoisse se loger dans les recoins de son esprit, ce monstre, cet odieux monstre qui gratte, tord et dézingue tout en elle pour prendre la place. Alors elle compte d’abord, machinalement, les respirations, les secondes, peu importe. Elle comte pour s’obliger à penser à autre chose, chasser les souvenirs brutaux qui en rappellent d’autres. Elle ferme les yeux, et bouche les oreilles pour fuir la réalité. Elle voudrait pouvoir couper le son, éteindre l’écran, attraper sa veste et sortir pour aller à la salle de sport la plus proche, cogner jusqu’à s’en faire saigner les phalanges, avoir si mal dans le corps qu’elle oublie les blessures de l’esprit. Quand elle rouvre les mires, elle est toujours dans sa cellule miteuse et étroite, l’écran sous les yeux, le son trop fort.

Et elle suffoque.

Quelques jours plus tôt.

Au regard que lui renvoie le milicien, Jamie lui renvoie le même chargé des intérêts. Qu’est-ce qu’il croit ? Qu’elle est ravie de la situation ? Qu’elle s’en réjouit ? Qu’elle l’a provoquée ? Elle tenait sa chance se de barrer sans qu’on la pince, et surtout sans qu’on ne découvre le passage aménagé de la remise. Alors, le dos contre le mur froid, elle observe, le visage légèrement penché, Halloway rager et et l’insulter. Jamie, étrangement, se sent plus calme qu’elle ne l’aurait pensé. Parce qu’il est autant dans la merde qu’elle en réalité. Certes, avec plus de chance de s’en sortir facilement, parce qu’épaulé par ses collègues. Mais, parce que c’est le seul pouvoir qu’elle a sur lui, parce qu’elle se sait de toute façon dans la merde, Jamie décide de ne pas lui faciliter la vie. C’est aussi parce qu’elle a des comptes à régler avec lui, et que son foutu orgueil prend le dessus bien trop facilement. Elle sait tout ça, Jamie, elle en est consciente. Il faut encore qu’elle fonce tête baissée. Alors, elle se laisse glisser au sol, un sourire sardonique pour toute réponse. J’m’entraine à dézinguer des connards de ton genre, qu’elle rêve de répondre. « J’peux t’r’tourner la question, elle rétorque à la place, au comble de l’insolence. Qu’est-ce’tu vas p’voir inventer pour tes p’tits c’pains ? »



stabat mater
MessageSujet: (#) Re: bouteilles de gaz dans une cheminée (ledward)     Lun 19 Nov - 0:05
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Plus d’une fois, Ledward du lutter contre cette impulsion de merde qui le poussait à se lever pour aller jeter le poste contre un mur, attraper l’une des matraques utilisées par les miliciens pour le démolir jusqu’à ce que plus un son, plus une image ne sorte de l’innocent objet qui ne faisait que ce qu’on lui avait demandé. Il y avait une raison pour laquelle il n’avait pas voulu assister à cette cérémonie et une raison pour laquelle il aurait aimé être entièrement seul alors que tout le monde y était. Seulement, il avait fallu que Farzan fasse comme toujours sa grande gueule, sans même savoir de quoi elle parlait et c’était alors la fierté d’Holloway qui avait parlé. Et putain ce qu’il regrettait. Cette même fierté était la seule chose qui l’empêchait de faire tout ce qu’il avait en tête pour le moment.

C’est aussi cette fierté qui l’empêcha de se boucher les oreilles et le força à subir à haut volume cette interminable suite de discours, de débiles bien pensant qui prenaient la parole et de commentaires vides des journalistes qui se jetaient sur le moindre mot prononcé pour rajouter encore une couche de tristesse artificielle en plus, pleine de compassion automatique. L’inspecteur détestait les événements publics. Il préférait mâcher sa colère et son chagrin seul que de le partager avec les autres. Ses émotions n’appartenaient qu’à lui et elles ne pouvaient être exprimées à leur juste valeur par des mots.

Il essayait donc de se concentrer sur une enquête qu’il lisait, mais ses yeux ne bougeaient pas, lisant encore et encore le même mot sans le comprendre alors que ses mains se crispaient douloureusement autour de la tablette de travail qu’il tenait. Ce furent des bruits inhabituels provenant de la cellule de Farzan qui lui firent lever la tête, puis abandonner son entreprise de travailler. Putain mais elle chialait, la môme ! Et elle avait du mal à respirer, aussi. Il poussa un soupir d’agacement avant de se lever à nouveau, sans se presser, pour s’approcher de la cellule.

-Charlie, arrête la diffusion.

Le silence se fit alors immédiatement dans le poste de milice, uniquement troublé par la respiration hasardeuse de Farzan.

-T’vois qu’c’est une idée à la con s’te commémoration. J’suis pas méd’cin moi, on fait comment maint’nant hein ?

Il fourra ses mains dans ses poches et soupira une nouvelle fois. Il n’avait aucune idée de quoi faire pour l’aider. C’eut été quelqu’un d’autre, il aurait sans doute essayer d’entrer dans la cellule pour la soutenir un peu plus physiquement, mais il avait déjà eu affaire à ses crises de violences à cause d’un contact, que ça soit le sien ou un autre type et il était certain que ça n’allait pas l’aider.

-Bon. Écoute. On peut rien faire pour eux. Rien. Même ceux qui y étaient pouvaient rien faire. C’est injuste et la vie est une chienne, mais personne y peut rien. Tout s’qu’on peut faire c’est pas s’laisser crever de tristesse. Eux y z’auraient bien voulu avoir du rab’ dans l’existence, alors faut just’qu’on la vive à fond pour eux. J’voudrais dire qu’on rest’ra pas les bras croisés en laissant les coupables s’barrer sans vengeance, mais j’crois pas qu’ça soit trop l’état d’esprit d’la chef. Alors s’te plait, crève pas d’chagrin, ça les f’ra pas rev’nir et t’es même pas sûr d’les rejoindre. En plus j’crois bien qu’y en a qui comptent sur toi, ici.

Quelques jours plus tôt.


Farzan mériterait qu’il lui casse la gueule. Farzan mériterait qu’il lui casse la gueule jusqu’à ce que même sa mère la reconnaisse plus, jusqu’à ce qu’elle flippe de croiser sa tronche démolie dans un miroir, jusqu’à ce qu’elle tremble rien qu’en entendant le nom « Holloway » à cause de cette impertinence emmerdeuse qu’elle se permettait d’avoir avec lui. Les systèmes allaient devoir se remettre à jour entre eux, parce que visiblement elle était restée sur une version obsolète. Sauf que Ledward, il allait pas faire tout ça. Il allait pas lui casser la gueule. Il allait pas la briser encore plus qu’elle ne l’était pour le simple plaisir de se faire respecter. Il n’allait pas le faire, parce que s’il avait quitté Merry Field, c’était pas pour devenir tout ce qu’il avait détesté là-bas, mais bien pour empêcher que tout dégénère comme sur cette putain de colonie. Cependant, Farzan avait réellement besoin d’une petite mise au point. Contenant sa colère et ses envies de violence, il fouilla ses poches, découvrant qu’il avait bien entendu laissé sa cigarette électronique chez lui pour ne pas l’abîmer pendant l’intervention. Putain de merde.

-Non, j’crois que tu peux pas m’retourner la question non. T’as l’air de croire que j’suis dans la merde, mais t’es loin du compte, fillette. J’ai environs dix moyens de me sortir de là tout seul sans avoir de problèmes, dont la plupart te foutent dedans. J’suis pas ton pote. J’suis pas ton égal. J’suis le seul type ici qui puisse te sauver les miches alors tu baisses d’un ton.

Il serait si facile pour lui de simplement appeler quelqu’un et de lui dire qu’il avait coincé une criminelle dans un placard. Ou tout bêtement, avouer la vérité : il avait essayé de la planquer pour pas qu’elle se fasse arrêter parce qu’elle était son indic. La seule véritable raison pour laquelle il ne disait rien de son arrangement avec Farzan était qu’il préférait garder ses tuyaux pour lui.

-J’crois même que tu t’crois plus importante qu’tu l’es vraiment, Farzan. T’es pas ma seule indic. J’peux m’passer d’toi. Ça m’ferait probablement chier p’tet une heure ou deux, puis j’passerais à autre chose. Mais toi ? Tu f’ras comment hein ? Arrête de t’battre contre moi, arrête de jouer aux connes et aide toi, plutôt. T’es sûre qu’y a pas moyen de s’tirer d’ici sans r’passer par la pièce principale ?

Si elle pouvait fermer sa grande gueule cinq minutes ça les aiderait tous les deux à s’en sortir plus rapidement et plus facilement. Si elle voulait jouer les malines plus longtemps, tant pis pour elle, mais il ne serait pas celui qui en paierait les conséquences les plus lourdes.
MessageSujet: (#) Re: bouteilles de gaz dans une cheminée (ledward)     

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