Les plus belles fins sont celles qui ont une histoire (tc)
MessageSujet: (#) Les plus belles fins sont celles qui ont une histoire (tc)     Dim 16 Sep - 18:14
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Devant son miroir, Elie achève maladroitement d’attacher ses cheveux. Le reflet lui renvoie une image qu’elle peine à reconnaître. Parce qu’elle a lourdement insisté (supplié), le médecin a accepté de lui retirer une partie des pansements qui recouvrent son visage, et surtout son nez en échange de la promesse qu’elle gardera le collier cervical et ne forcera sous aucun prétexte. Mais malgré le maquillage, on devine toujours les blessures. Son nez lui est déjà moins douloureux depuis l’opération et sa pommette a largement dégonflé. Pour le reste, les ecchymoses ont une sale couleur violet-marron et lui mangent sans peine sa beauté. Qu’importe. Elle glisse la fermeture de sa robe, enfile ses talons, imperméable aux murmures curieux qu’elle perçoit sur son passage – ils sont de toute façon incessants depuis la mort de Tiaan.

Comme on l’a demandé aux proches des victimes, ils sont là un peu en avance. La rousse tressaille en apercevant les jumelles accompagnées de Theevi et d’Aks. Ce dernier lui renvoie un drôle de regard gêné, et sans s’approcher, hoche simplement la tête en sa direction. Elle croise d’autres personnes plus ou moins connues, plus ou moins proches, mais n’adresse la parole à personne. Peu à peu, la place se remplit de monde, des milliers d’inconnus venus rendre hommage aux morts du Jeanne-d’Arc. A leur tour, les officiels s’installent, et dans un ensemble, lorsque l’immense horloge affiche onze heures, tout le monde se tait. Le silence se fait impressionnant alors qu’on ressent plus qu’on entend les innombrables respiration et les souffles contenus. L’instant de communion est lourd et poisseux. L’émotion devient palpable et déjà le rang des familles s’agite de ceux pris de sanglots tandis que Priya commence son discours. Elie, les émotions rentrées et le regard dans la vague n’écoute que d’une oreille lointaine le récit de l’Amirale. La minute de silence l’a plongée dans une introspection profonde et se reconnecter avec le monde lui apparaît comme insurmontable. C’est étrange, qu’elle se dit, toutes ces personnes touchées par les événements, même ceux qui n’ont perdu personne, tous ces gens réunis pour cet hommage. A quel moment une somme de chagrin individuel devient un poids collectif ? Parce que n’était pas que des membres de la Flotte qui ont perdu la vie, mais que c’est aussi un symbole qui a été attaquée ? Contemplative, Elie observe Rosenstein monter au perchoir, suivie d’autres personnes encore. Elie se demandait : est-ce que tout le monde va vraiment tourner la page après cette cérémonie, et passer à autre chose ? Devaient-ils ? Si elle est honnête, la rousse n’en a aucune envie. Pas envie d’oublier cette peine qui lui bouffe les intérieurs depuis des mois, les remugles de chagrin qui font surface à chaque moment de sa vie. Avancer, est-ce que c’était oublier Tiaan ? Et cette statue qu’on leur dévoile, le seul souvenir que tous auraient de lui ? Elle en a tant, elle, à partager, à gueuler. Tiaan, ce n’était pas juste ce nom sur ce caillou. Ni ces médailles posthumes. Le temps passe, à la fois terriblement lentement et affreusement rapidement. La gorge pressée d’émotions, Elie n’a pas retenu longtemps les larmes, qui dévalent le long de son visage. Pour l’ultime adieu de la Flotte à leurs morts, les discours se font tour à tour sobres et émouvants. Et, alors que les dernières notes du chœur résonnent dans les esprits, la place se vide peu à peu. Ne restent que ceux qui souhaitent prolonger un peu plus l’hommage. Elie en est, bien sûr. Droite, engoncée dans sa robe et les yeux brillants de larmes, elle observe une grimace tordue pour lui barrer le visage, le monument. Depuis le passage à tabac, elle voit beaucoup moins bien de l’œil droit, aussi met-elle un peu de temps à retrouver le nom de Tiaan gravé parmi les autres. « C’est l-l-là, fait sa voix chaude à ses côtés, et elle serre ses doigts autour des siens, puis hoche la tête. »








je t'oublierai. je t'oublie déjà.
regarde comme je t'oublie. regarde-moi.
MessageSujet: (#) Re: Les plus belles fins sont celles qui ont une histoire (tc)     Lun 17 Sep - 22:07
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L'instant était grave et les mines tout autour de lui étaient sérieuses. On se rendait rarement compte d'à quel point le métier de légionnaire était dangereux, d'à quel point chaque sortie dans l'espace revenait à mettre sa vie en équilibre sur un fil tendu. La fédération avait connu la paix pendant trop longtemps et aujourd'hui, de nombreux soldats, mais aussi de nombreux civils en avaient payé le prix, sans qu'il n'ai rien pu faire contre ça à part pratiquement rejoindre les noms sur cette douloureuse liste mise à l'honneur, en ce jour.

Comme la plupart des autres militaires, Vince était venu en uniforme de parade pour rendre hommage aux hommes et aux femmes tombés sur le Jeanne d'Arc. Comme si ça allait changer quoi que ce soit pour eux. Comme si de la où ils étaient, ils pouvaient voir que les survivants avaient dépoussiéré les habits les plus dignes de leur garde robe pour venir leur rendre un ultime hommage. Qu'en auraient-ils pensé, tous ? Vince était presque sûr d'avoir la réponse pour certains d'entre eux. Egel aurait ricané de les voir ainsi emplumés, leur aurait dit de plutôt boire un coup pour lui à chaque fois qu'ils passaient à la Ruche. Drefan aurait parlé de vengeance, de revanche, aurait fait un discours à faire bouillir les sangs comme il savait si bien les faire. Adriele aurait trouvé une blague pleine de cynisme qui l'aurait fait mourir de rire. Jedediah aurait pleuré d'émotion. Il avait l'impression de les voir, tous, eux et les autres, avec leur propre caractère, avec leurs propres habitudes, leurs manies, leurs expressions, taquineries, sérieux, leurs relations, leurs sorties leurs colères, leurs instants de joie, leurs défaites, leurs victoires, et pour finir, le silence.

Car pour le moment, la seule chose qui restait d'eux était ce silence pesant, cette minute à respecter qui rappelait un peu plus à chaque seconde à Vince que plus jamais il ne pourrait les entendre, qu'il était désormais condamné à passer devant leurs casiers vides, devant leurs ancien poste sans jamais les revoir, les entendre, se laisser entraîner dans des paris à la con avec eux ou simplement se donner à fond à l'entraînement pour savoir qui paiera sa bière le soir. Et c'est dans cette minute de silence que Vince se sentit le plus seul, qu'il lui fallu serrer les dents le plus fort pour garder sa tristesse prisonnière de sa gorge qu'il sentait de plus en plus obstruée par la tristesse qui lui broyait le coeur.

Cependant, Vince n'était pas seul. Il n'avait pas voulu l'être et lorsque des doigts glissèrent délicatement entre les siens, il sentit sa peine s'alléger un peu. Toujours aussi droit, presque au garde-à-vous, Vince ne tourna pas complètement la tête vers Rosa qui se tenait à ses côtés, mais il serra doucement sa main pour lui faire comprendre qu'il appréciait, que c'était ce dont il avait besoin, là tout de suite, alors qu'il avait l'impression plus prenante que jamais de dire adieu à ses amis tombés. Si sa gorge se dégagea, il ne pu cependant empêcher des larmes de plus tracer des lignes humides sur ses joues alors que l'abattement se lisait sur son visage.

Les discours qui suivirent, il les détesta. De grands dirigeants qui parlaient dans le vent, qui n'avaient jamais connu les victimes, qui se permettaient de parler au nom de tous et de faire comme s'il partageait sa douleur alors qu'ils n'en connaissaient pas le dixième de son intensité. Mais il resta calme, uniquement focalisé sur la main toujours dans la sienne alors qu'il devinait les noms de ses amis, au loin, sur le support qui leur était dédié. Il ne souhaitait pas s'approcher plus près. Il ne souhaitait pas associer leurs noms à une quelconque liste gravée sur un monument dont on oublierait trop facilement la gravité du drame qu'il représentait. Il souhaitait simplement pouvoir leur dire adieu et c'est ce qu'il fit, à sa façon, en restant droit et digne à se souvenir de chacun d'entre eux avec, pour le soutenir, la femme qu'il aimait.
MessageSujet: (#) Re: Les plus belles fins sont celles qui ont une histoire (tc)     Lun 17 Sep - 22:48
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Le lieu résonnait et répandait le désespoir et le pathos, alimentant la peur et accentuant plusieurs semaines d'attente. Comme un coup de poing final, une conclusion à une histoire, cette cérémonie rendait la disparition de plus de 40 personnes plus concrète. C'était comme chercher à les oublier, à les remercier une dernière fois et passer à autre chose. C'était ça, le deuil, l'acceptation. Tu en avais entendu assez parler, on te l'avait ressassé, répété et tu en avais joué. Parce que Dot n'était pas là à tes côtés cette fois, pour te rappeler à l'ordre et pour te tenir le bras. Tu le frottes machinalement, inconsciemment et tu te retiens de croiser les bras, fébrile. De tous les visages que tu vois autour de toi, tu n'en reconnais pas la moitié.

Est-ce que certains en profitent, est-ce que la mort sur la Flotte devient une histoire de politique ? Oui, très certainement, tu étais le premier à l'utiliser. Tu évites les regards et tu rentres la tête dans les épaules. Tu n'aimes pas l'ambiance, tu n'aimes pas les discours, tu n'aimes pas ce qui se passe ici. C'est trop voyant et en même temps tous ces gens, tes collègues, ne sont plus qu'un nom gravé sur un mémorial qui sera oublié dès l'arrivée sur Qiang. Tu n'étais pas avec eux et tu remercies les étoiles chaque jour pour ça. Dorothy faisait partie des passagers, pourtant. Vous aviez d'autres projets et ton ambition aujourd'hui n'arrive pas tout à fait à éteindre l'amertume provoquée par leur disparition. Tes doigts se tordent et se détendent. Tu essaies de rester droit, de ne pas bouger, de faire bonne figure. Tu n'as pas envie de sourire et les larmes, bien qu'inexistantes, te semblent si difficile à produire.

Tu déglutis et tu détournes le regard alors qu'un discours se clôt. Le Jeanne d'Arc avait eu ça de bon qu'il t'avait permis de réaliser en une fois la plupart de tes rêves, d'avancement, de liberté, évincer certaines personnes, effacer des souvenirs, attirer une certaine sympathie. Pourtant, tout ça a un goût de cendre, comme Dot. Tu prends une grande inspiration, ignorant le capitaine qui bafouille sur scène, tu observes tes bottes. Propres, elles sont propres. Impeccables même. Personne pour s'en moquer.

Tu inspires et tu observes sur ta gauche, puis sur ta droite, tu te redresses. Tes yeux sont toujours secs des larmes que tu n'arrives pas à verser. Au loin, tu reconnais certaines silhouettes, des collègues, ici l'ex-femme du directeur et un peu plus loin la haute silhouette d'un des légionnaires, accroché à la pogne de Rosalija. Rosa, gentille Rosa, connasse. Une bouffée de haine t'étranglait sans que tu saches trop pourquoi. Comme si la voir présente, comme si elle était responsable de ce qui s'était passé, comme si, d'une certaine façon, son sacrifice, à elle, était pire que celui de Dot. Tu détournes la tête et c'est vers Hartmann que tu concentres à nouveau ton dégoût. Elle et sa complaisance, sa modestie, son putain de manque d'empathie. Bercée par les illusions de la Flotte, qui a envoyé son mari violent sur le Lady sans pour autant accepter les demandes répétées des familles de ceux perdus sur Keller.

Tu évites de croiser des regards et tu laisses la foule te guider, la masse compacte qui s'avance vers le mémorial où les gens se rassemblent et, machinalement, tu cherches le prénom de ta femme. Qui saura qui elle était, pour toi, pour les autres, pour sa famille, pour cet enfant qui n'est jamais venu ? Dorothy Quinn. Tout le monde l'appelait Dot, putain. Tu croises les bras et tu te passes la main sur le visage en expirant, puis dans tes cheveux. Tes habits te semblent étriqués et tu as du mal à respirer, tu essaies de bouger mais les gens se pressent, ils veulent voir et tu étouffes. Tu te décales, tu te glisses, où tu peux, sans t'éloigner de trop, juste pour ne plus voir ce nom, qui t'attire toujours et encore l’œil. C'est vraiment trop con.

Tu souris à quelqu'un qui te présente ses condoléances, un pauvre sourire que tu as travaillé pendant des semaines, mais tu ne réponds rien. C'est mieux, ça fait mieux, ça fait anéanti, mais tes yeux sont toujours secs.



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MessageSujet: (#) Re: Les plus belles fins sont celles qui ont une histoire (tc)     Dim 7 Oct - 19:29
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Sid passait par là car elle avait tout simplement l'impression que c'était son devoir. Oh, elle n'avait connu personne sur le Jeanne d'Arc - il était décidément voué à rejoindre les cieux, ce vaisseau - et n'avait probablement rien en commun avec les silhouettes éplorées du premier rang. Enfin, éplorées. De là où elle était,  consciente qu'elle n'était que de passage, elle était suffisamment loin pour être invisible aux yeux des endeuillées mais pas assez pour ignorer les larmes qui s'accumulaient dans le satin déchiré de leurs cils. Néanmoins, la plupart semblaient s'être donné une contenance : posture digne, montons haut au ciel, sourires de misère. En lisant les noms des disparus - c'était plus réel, tout d'un coup, quand chaque lettre formait le patronyme de quelqu'un qui ne l'entendrait plus de la bouche d'un être aimé - elle avait réalisé qu'un très jeune officier avait un jours partagé ses cours de biologie. Il avait été assis à côté d'elle et n'écoutait jamais rien. Oh, malgré tout, elle avait su qu'il irait loin.

Il avait un regard qui aurait pu enflammer de nouveau les étoiles.

Mais à part ça, elle n'avait perdu personne. Non, elle ne faisait tout simplement pas parti du même cercle social que ces gens-là. Aucun mal à ça. Cela ne l'empêcherait pas de rendre son hommage comme toute Stellarienne qui se respectait. Sid se tenait à l'écart, mains jointes derrière ses reins. Que du silence à présent. Puis, l'amirale prit la parole. Diplomate comme à son habitude, elle prononça un discours impeccable de justesse qui avait sans doute été rectifié une bonne dizaine de fois. La bonne dose d'apaisement, un zeste d'émotion, un regard meurtri et hop ! Une vraie enchanteresse. Qu'est-ce que Sid était soulagée de ne pas travailler aujourd'hui et de ne pas avoir à commenter ni la cérémonie - c'en serait indécent, même pour elle - ni les discours mielleux qui suivirent. Sid eut un instant de sympathie pour le pauvre capitaine Stralen qui resta bouche bée. Lui n'avait sans doute pas besoin de discours pour faire son deuil. Sid essayait de ne pas avoir un regard trop critique sur les événements, mais c'était plus fort qu'elle. Elle se reprit en se disant qu'après tout, elle n'était pas là pour écouter ce qu'on avait à lui dire, mais bel et bien pour glisser un dernier salut à ceux qui étaient partis avant eux. Pendant un moment, elle se laissa aller à penser à sa mère.

Mourir en héros ou en finir lâchement... ce n'était qu'une formalité avant l'obscurité.

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