Same Ol' [Joel]
MessageSujet: (#) Same Ol' [Joel]     Mar 4 Sep - 18:57
Same Ol'



« Sssshhhh... Tais-toi et écoute. T'entends pas ?
- Entendre quoi ?
- Le bruit de mon genoux qui t'brise tes noix de p'tit enculé d'merde. »

Le type n'a pas le temps d'écarquiller les yeux que Vega donne le fameux coup de genou pour lui briser les couilles et elle n'y va pas de main morte. Elle y met du cœur Vega. Vraiment. Et ça craque. Et l'autre étouffe un juron dans un souffle avant de porter ses mains à son entre-jambe puis de tomber à genoux par terre. Autour d'eux la foule commence à se faire plus dense : ils sont curieux. Vega penche la tête sur le côté et plisse les yeux avec un petit sourire. Le poing se serre puis se lève.

Arrêt sur image.

Comment elle en est arrivée là ? Elle est allée boire, comme d'habitude, et il a fallu qu'un connard vienne la faire chier, comme d'habitude. Enfin un connard, ça reste subjectif ça. Quoiqu'en général Vega soit plutôt bonne juge en ce qui concerne les gens. Donc un connard oui, qui a voulu lui faire du rentre dedans et si déjà, d'ordinaire elle est plutôt farouche et ne se laisse pas approcher facilement, quand elle a coup dans le nez c'est bien pire. Elle est plus vive Vega, plus susceptible et bien moins patiente. Ce qui fait que quand elle a dit 'aller se faire foutre en ajoutant « enculé » pour la forme, le type l'a traitée de petite pute. Alors forcément, c'est vite monté. Le sang de Vega n'a fait qu'un tour et elle s'est redressée, a fait face au type et ils en sont là. Lui a ses noix en miettes et elle lui colle un coup de poing bien senti en pleine mâchoire alors qu'il est au sol, figée dans la douleur du coup porté à ses parties. C'est moche de frapper quelqu'un à terre, c'est vrai, mais quand ce quelqu'un est un connard, ça passe mieux non ? En tout cas, Vega ne fait preuve d'aucun état d'âme à tel point qu'une fois qu'il est complètement et définitivement à terre, à moitié sonné par le coup qu'elle vient de lui donner en pleine tronche, elle se penche sur lui pour le choper par le col histoire de remettre ça.

« Alors, c'qui la p'tite pute maintenant ? »

Et quand le poing se lève, y'a des exclamations autour d'elle. L'espace d'une seconde, pendant que le poing plonge en direction du visage de l'homme, elle pense que les clients du bar réagissent comme ça à cause de ce qu'elle est sur le point de faire mais quand des mains se referment avec violence autour de son bras qui était sur le point de cogner l'autre et que d'autres mains la saisissent par la taille pour la faire lâcher le type, elle comprend Vega. Légèrement imbibée d'alcool ou pas (parce qu'elle n'a pas eu le temps de boire beaucoup finalement avant que ce con ne vienne lui gâcher sa soirée), elle comprend que c'est la milice qui est là.

« C'bon ! C'bon lâchez-moi putain j'le touche plus c'bon ! » qu'elle hurle presque.

Parce qu'elle ne supporte pas qu'on la touche de cette façon, c'est tout. Qu'ils soient miliciens ne change rien : on la touche pas, point. Vu la façon dont elle se débat ils finissent par la lâcher mais s'ils ne la tiennent plus ils n'en sont pas moins menaçants. Elle lève les mains.

« J'sais, mains en évidence et j'bouge plus. »

Elle esquisse un sourire mauvais et joueur parce que maintenant qu'ils ne la touchent plus, elle est moins sur la défensive et plus dans l'acceptation. Ils sont arrivés trop vite pour qu'elle puisse cogner et ensuite finir sa soirée tranquille. Tant pis, elle sait ce qu'il l'attend : cellule de dégrisement jusqu'au lendemain matin. Joie. Mais elle accepte parce que ça fait partie du jeu ma pov' Lucette.

« On y va. »

C'est lancé par un milicien qui s'approche d'elle.

« J'connais le chemin, tu m'touches toujours pas. » qu'elle siffle entre ses dents en haussant les sourcils avant de suivre le type, les mains croisés derrière la nuque histoire de. Elle traîne un peu des pieds Vega tandis qu'elle suit les trois types qui l'accompagnent, les autres étant restés pour s'occuper de l'autre connard, et tandis qu'ils se rapprochent du Q.G où l'attend sa « chambre » pour la nuit, elle percute Vega : si ça se trouve, Joel sera là ce soir. Si ça se trouve, le reste de sa soirée ne sera pas si foutue en l'air que ça puisque s'il est là, elle pourra au moins discuter avec lui. De loin, mais elle pourra discuter et elle l'aime bien Joel. Ouais, elle l'aime bien. Même si c'est un gros flemmard qui a refusé d'aller courir et boxer avec elle quand elle l'a croisé en dehors du Q.G, elle l'aime bien.

« B'soir ! » qu'elle lance par ailleurs avec un petit sourire quand elle pénètre à l'intérieur de la pièce qui contient la dite cellule de dégrisement et qu'elle voit Joel qui est assis. « Tu m'avais manqué en vrai, j'l'ai fait exprès. » qu'elle ajoute dans un rire en s'arrêtant.

C'est là qu'une main la pousse dans le dos et elle perd son sourire en se retournant.

« J't'ai dit de pas m'toucher !
- Avance.
- J'avance c'bon tu m'touche pas ! »

Les poings se serrent. Cogner sur un milicien est une très mauvaise idée mais ça le démange là. Elle l'a prévenu, elle lui a dit et répété qu'il ne devait pas la toucher et elle l'aime pas lui. Elle aime bien Joel mais celui qui lui fait face, elle a bien envie de lui en coller une.



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MessageSujet: (#) Re: Same Ol' [Joel]     Jeu 13 Sep - 22:16
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« Patrouille 11 au QG, préparez une cellule, on a une p’tit bâton de dynamite en route. Terminé. » Joel jette un coup d’œil à son terminal. Il était tard et il n’avait pas vu le temps passer. Il aurait dû être à la maison, depuis le temps, mais l’enquête du Jeanne d’Arc lui mettait une pression folle et il ne pouvait rien livrer, faute de preuve, de nouveaux éléments, de pistes à remonter. Leona lui soufflait presque dans le cou pour que lui et le reste de l’équipe lui donne quoi que ce soit à se mettre sous la dent et leur meilleure hypothèse était tellement bancale qu’il n’osait même pas la soumettre au Conseil. Il laisse échapper un long soupir, posant ses pieds sur son bureau, attrapant de sa main droite sa tasse de café froid, l’autre occupée par le terminal. Il ne lève les yeux que lorsque la porte s’ouvre, glissant sur ses rails dans un son presque insolent. « Hey, Vega », qu’il marmonne, observant du coin de l’œil alors que la tempétueuse jeune femme est précipitée dans la cellule de dégrisement. Son attitude volcanique a le mérite de lui arracher un sourire, presque invisible sous sa barbe épaisse. C’était toujours drôle de voir des recrues traiter une menue demoiselle comme une criminelle invétérée. « Traumatise pas mes uniformes, s’te plaît, mine de rien ils se rendent utiles par ici », qu’il se moque gentiment alors que les bleus referment la porte de la cellule de dégrisement.

Joel s’était plaint, à la base, lorsque le schisme avec Led s’était opéré, puisqu’une partie de l’équipe d’enquête avait été déplacée près des cellules où les trouble-fête passaient la nuit. La plupart des miliciens n’avaient pas à passer une partie de la nuit ici à travailler; ils patrouillaient, ou alors ils partaient avant même que les bars ne commencent à s’agiter. Lui, le plus souvent, s’auto-imposait de bosser jusqu’à ce que la fatigue prenne le dessus. À l’époque, ses voisins – une charmante joueuse de taik et un journaliste avec qui il avait eu l’occasion de collaborer à l’occasion – l’invitaient parfois à dîner, sûrement par politesse, mais ils étaient partis, maintenant, ce qui n’avait pas manqué de créer un certain vide chez Joel. Les deux miliciens repartent sans demander leur reste, emportant les affaires de l’extractrice pour les mettre sous clé, laissant Vega et Joel séparés par un mur de verre. « T’as pris des risques en t’nant pour acquis que j’serais là. Mieux vaut passer en journée », qu’il commence, taquin malgré son air impassible. « Et sobre. » Elle avait déjà eu de pires moments, sans nul doute; Joel l’avait déjà vue bien moins cohérente après qu’on l’ait poussée dans une des cellules réservées à ceux qui abusaient un peu trop des maigres plaisirs disponibles sur la flotte. Posant son terminal sur le bureau, il se penche en arrière, comme pensif. « 50 crédits que demain matin j’vois une plainte passer avec ton nom d’sus. » Un petit sourire étire la commissure de ses lèvres. Il était pince-sans-rire, mais il ne pouvait pas s’empêcher de remettre ses frasques sous le nez de la jeune femme. Sa façon à lui de lui tirer les vers du nez concernant ce qui l’avait fait atterrir là.




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MessageSujet: (#) Re: Same Ol' [Joel]     Dim 16 Sep - 12:03
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La tension est palpable mais le milicien a bien compris qu'au moindre geste déplacé, les choses vont dégénérer. Vega a été claire et tout dans son attitude jusqu'au regard incisif qu'elle porte sur le milicien montre qu'elle est prête à prendre le risque de cogner sur un milicien si celui-ci a encore un geste qu'elle estime déplacé envers elle. Un petit regard en coin quand Joel demande à Vega de ne pas traumatiser ses uniformes. Elle grogne un peu dans sa barbe en arquant un sourcil alors que l'autre milicien, celui dont elle a envie de refaire le portrait désigne la cellule d'un geste du menton. Elle s'y glisse donc, en observant le milicien du coin de l'oeil, les poings toujours serrés au cas où. Mais il a compris le type, il a même très bien compris puisqu'il referme la porte sans avoir reposé ses mains sur Vega. Et elle de se laisser tomber sur ce qui va lui servir de couche pour la nuit dans un râle avant de croiser les bras derrière la tête. C'est sur Joel qu'elle reporte son regard à travers le verre qui les sépare quand il lui dit qu'elle a pris des risques en prenant pour acquis qu'il était là. Elle hausse les épaules Vega, parce qu'elle n'a pas vraiment fait en sorte de se retrouver là, elle a juste espéré qu'il serait là une fois qu'elle a été arrêtée. Et dans le fond Joel doit bien s'en douter mais il joue le jeu et c'est qu'elle aime Vega chez lui : qu'il joue le jeu avec elle. « Mieux vaut passer en journée. » qu'il ajoute. « J'bosse la journée. » qu'elle répond en marmonnant. « Et sobre. » Et ça, ça la fait rire Vega tandis qu'elle décroise ses bras et qu'elle vient les poser sur ses cuisses en se penchant un peu en avant pour observer Joel. On pourrait dire que les femmes ne sont pas censées se tenir comme ça mais elle se contrefout des bien-pensants et ce qui devrait être fait ou non. Surtout quand elle a un peu bu. Car ce soir elle a juste un peu bu. Elle a terminé dans un état bien pire à plusieurs reprises dans cette cellule. Là, elle a quand même les idées bien claires. Assez pour pouvoir faire la conversation avec le seul milicien qu'elle apprécie en réalité. « 50 crédits que demain matin j'vois une plainte passer avec ton nom d'sus. » Et Vega de sourire plus largement en levant les mains.

« Tu m'connais trop bien maintenant. C'comme si y'avait une connexion entre toi et moi t'vois ? » qu'elle ajoute en mimant un fil invisible entre elle et Joel avec son index. « Mais j'sais pas s'il va porter plainte. M'a traitée d'pute, y'a des témoins. » qu'elle explique, son visage se durcissant soudain à l'évocation de l'insulte. « C'te p'tit enculé... C'quoi votre délire ? A vous les mecs j'veux dire. » qu'elle précise en plissant les yeux. « Jusqu'à preuve du contraire t'as des couilles, une bite,donc  t'es un mec et j'voudrais que tu m'éclaires sur votre façon d'penser... Si on dit non, pourquoi ça fait d'nous des putes ? J'comprends pas. Si j'veux m'faire un mec et qu'il m'dit non j'vais l'insulter. » qu'elle précise pour la forme. Si d'ordinaire elle a déjà un franc parler, avec l'alcool en plus, elle est impossible à arrêter.

Le filtre entre la pensée et la parole a totalement disparu.



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MessageSujet: (#) Re: Same Ol' [Joel]     Mar 2 Oct - 22:31
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Il rigole un peu, discrètement derrière la pilosité en fouillis qui lui obscurcit le visage, rendant son amusement plus posé qu’il ne l’était vraiment. Il y avait quelque chose d’irrespectueux dans tout ce que Vega disait et faisait, mais ça le faisait rire, conscient que c’était inoffensif malgré le caractère volcanique de son interlocutrice. Même castagner gentiment un milicien ne ferait guère d’elle un voyou à ses yeux. Joel voyait chez elle quelque chose de singulièrement revendicateur là où on voyait souvent de l’anticonformisme, ou pire, l’envie pure et simple de faire chier. « Les témoins t’serviront à rien », qu’il note d’abord, tapotant son stylet sur sa tablette dans un geste automatique, absent. Il accuse un bref silence, observant l’extractrice à travers la vitre immaculée – les nouveaux composés anti-traces des vitres de la flotte s’étaient révélées drôlement pratiques dans le cas des cellules. « Insulter les gens, c’est d’la stupidité, mais les frapper c’est un délit », qu’il explique. « Deux poids, deux mesures. » Malgré la mèche courte de Vega, le type qui l’avait apostrophée avait sûrement mérité son immédiat châtiment. Le système de justice étant ainsi fait, les jurés pouvaient aussi bien trouver Vega coupable d’une peine de type 1 que l’absoudre entièrement; les circonstances étaient ainsi faites, et elle pouvait avoir de la chance… ou non. Si on ne pouvait pas parler de justice populaire, l’expression justice sociale pouvait prendre une toute autre signification sur la flotte.

Si Joel arque un sourcil à la question inattendue de la femme, il ne dit rien, initialement, le cliquètement de son stylet sur son terminal s’arrêtant abruptement. Il la laisse parler, sans savoir s’il était supposé monter un argumentaire pour faire suite à sa question ou juste hausser les épaules. À vrai dire, il connaissait trop de gens pour qui c’était le mode opératoire pour ne rien avoir à répliquer au commentaire de Vega. « J’pensais que la barbe suffisait à confirmer », ricane-t-il en laissant échapper un petit éclat de rire sec. « Déjà, tu t’trompes en pensant que c’est à cause de la fille qu’un mec peut dire un truc du genre. » Il descend ses pieds du bureau, fait rouler sa chaise sans prendre la peine de se lever jusqu’à un distributeur. Une fois une bouteille d’eau achetée, il la passe à Vega par la trappe destinée à retirer les menottes des interpellés une fois qu’ils sont bien en sécurité dans la cellule. Si inoffensive soit-elle, il n’avait pas le droit de la laisser sortir, quand bien même il était seul dans les bureaux. « C’est une question d’amour propre, j’pense. Les gars sont insultés par un rien, ils s’imaginent qu’en insultant en r’tour ça leur sauve la face. Faut pas chercher plus loin. » Peut-être que c’était une opinion peu flatteuse à avoir à l’égard de son propre sexe, mais il n’en demeurait pas moins que Joel avait trop souvent vu des collègues faire le même cirque à cause d’un simple refus poli. Ils n’étaient pas tous comme ça, après tout, et lui-même ne se considérait pas dans cette catégorie d’hommes aigris par le rejet d’une jolie fille – sûrement, en premier lieu, parce qu’il ne recherchait pas spécialement la compagnie. Pourtant, il n’avait pas particulièrement envie de les défendre. « T’es jeune, encore, les types de ton âge ont trop d’hormones et l’ego démesuré. Faut pas les laisser t’atteindre comme ça. »




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MessageSujet: (#) Re: Same Ol' [Joel]     Sam 6 Oct - 19:06
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« Hm... Mouais... » qu'elle marmonne tout bas quand Joel affirme qu'insulter les gens est de la stupidie mais que les frapper est un délit. « Moi j'dis, ça dépend d'quel point d'vue on s'place. » qu'elle ajoute encore en marmonnant. De son point de vue à elle, le délit c'est de faire chier les femmes qui n'ont rien demandé. Les coups c'est pour remettre les idées à leur place quand les mots ne suffisent pas. Quand elle sera sobre, elle comprendra ce que veut dire Joel mais pour le moment non. Elle plisse les yeux en fixant Joel, en attendant qu'il daigne répondre à sa question universelle, en tout cas, elle lui paraît telle quelle en cet instant. Et plus que légitime : pourquoi insulter la femme qui refuse ? Pour-quoi ? Elle a bien une théorie mais préfère entendre l'avis d'un homme. Petit sourire en coin de la part de Vega quand Joel dit que la barbe suffit à confirmer le sexe auquel il appartient. « Tu s'rais étonné... » qu'elle murmure tout bas. On voit de tout et chacun fait ce qu'il veut. Puis, après la petite touche d'humour, voilà qu'une vraie réponse se profile et Vega se penche un peu plus en avant, coudes sur les genoux. Curieuse. Attentive. Malgré le brouillard que fait naître l'alcool dans son esprit. Alors comme ça, elle se trompe et ce n'est pas à cause de la fille ? Hm ? Elle arque un sourcil pour inviter Joel à poursuivre puisqu'elle ne saisit pas. C'est bien le refus de la fille qui entraîne l'insulte alors... Joel descend ses pieds du bureau et fait rouler la chaise jusqu'à un distributeur. Et Vega, elle a l'esprit tellement embrumé qu'elle ne comprend le geste de Joel que quand il vient glisser la bouteille par la trappe, geste que Vega apprécie. « P'tain c'est cool. Merci. » qu'elle dit en se redressant et en venant se saisir de la bouteille. Vega ne se sent cependant pas de rester debout bien longtemps. Maintenant qu'elle a été assise, l'alcool commence à bien alourdir son corps alors elle se laisse presque tomber le cul au sol, dos collé à la vitre. La bouteille d'eau est ouverte, elle en boit une bonne gorgée et la fraîcheur du liquide sans goût est appréciable. « C'est une question d'amour propre, j'pense. » que Joel finit par dire pour poursuivre son explication. Elle pose la bouteille à côté d'elle au sol avant de tourner son regard vers Joel. Ses explications font plus ou moins sens. Malgré tout, ça continue de la titiller Vega. Le type aurait pu la traiter de connasse limite. Mais non, il a choisi le terme « pute ». Et c'est ce mot-là qui fait mal en fait. « T'es jeune, encore. » qu'il ajoute et elle écarquille les yeux.

Il l'imagine jeune ? D'où ?

« J'suis pas si jeune qu'ça, t'as vu joué ça où toi ? Elle a atteint les trente piges la nana. » qu'elle répond en haussant le ton. « Mais j'te r'mercie, c'est plutôt sympa à entendre. Que j'fais jeune. Mais j'peux t'assurer mon p'tit père... » qu'elle dit en plissant les yeux. « Que l'type à qui j'ai broyé les noix, il avait pas vingt piges. Alors tes histoires d'hormones hein... Mon cul. »

Voilà.

« J'vais te dire ma théorie moi... » qu'elle souffle avec un air conspirateur sur le visage exacerbé par l'alcool. « L'mec, l'aurait pu m'traiter d'connasse mais il a choisi le mot pute. T'sais pourquoi ? J'vais t'dire pourquoi. Parce que c't'un gros connard de mes deux. » Elle hoche la tête de haut en bas comme si ce qu'elle est en train de dire fait particulièrement sens. Dans son esprit à elle, ça fait sens et ça lui suffit. « Parce que la vérité, c'est qu'y'a des connards, des gros, gros connards, et y'a d'autres gars qu'sont pas si connards que ça. Genre toi... T'es pas un connard. Toi t'es l'mec qui m'file une bouteille d'eau alors que j'me suis faite arrêter. T'es dans les bons toi. Ouais. A la tienne. »

Elle laisse échapper un petit rire avant de reprendre la bouteille et d'en reboire une gorgée.

« C'mieux quand on trinque avec de l'alcool. » qu'elle dit en affichant soudain une mine contrariée avant de planter son regard dans celui de Joel, un petit rictus en coin sur le visage. « T'aurais pas un p'tit truc plus corsé dans tes tiroirs ? »

Elle ose.
Ou l'alcool ose.
Ou les deux.



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MessageSujet: (#) Re: Same Ol' [Joel]     Ven 19 Oct - 21:50
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C’était une question de respect élémentaire, d’empathie. Joel savait que l’alcool aurait bientôt achevé de déshydrater la gorge de Vega; que l’eau ingurgitée maintenant rendrait le réveil moins pénible. Il n’avait jamais réellement parlé à Vega en dehors de circonstances similaires, et il connaissait sa tendance à l’exagération, à l’hyperbole, même s’il ne savait pas si c’était constant ou simplement motivé par l’alcool qui courait dans ses veines. La mention de son âge lui arrache un petit rire gentiment moqueur, mais ne dit rien pour l’instant, la laissant déverser son fiel à sa guise. Il avait entendu pire et entendrait pire encore, et son insistance avait quelque chose d’attachant, comme si elle tentait de se faire paraître plus grande et plus forte qu’elle ne l’était réellement à grands coups de paraphrases et de vulgarités. Connard par-ci, connard par-là… « J’étais déjà au boulot quand t’es rentrée à la p’tite école. T’es une grande gamine, mais une gamine quand même », insiste-t-il une fois qu’elle lui fait sous-entendre qu’un peu de gnôle serait la bienvenue, ignorant la demande autant que le reste. « Tant et aussi longtemps que tu t’retrouveras ici, trop tard le soir et de ce côté de la vitre, tu resteras une gamine, parce que les gamins savent pas contrôler leurs émotions. » Il sourit à travers sa barbe, le ton léger, amusé. Quelque part, il espérait que Vega s’énerve, histoire de prouver son point. C’était beaucoup trop facile de lui tendre la perche et il y avait bien des chances, selon lui, qu’elle morde à l’hameçon. Il n’avait pas l’intention d’être méchant, mais il y avait une part de vérité dans ce qu’il avançait. « J’vais faire comme si tu m’avais rien d’mandé. T’sais que ça pourrait t’apporter encore plus d’ennuis? » souligne-t-il, hochant la tête, conscient que Vega n’en avait probablement rien à faire. Lui non plus, en réalité, sachant pertinemment que s’il ne disait rien, personne ne saurait jamais rien de cette interaction; autant dire que c’était comme si elle n’était jamais arrivée.

Il étire le bras pour ouvrir son tiroir et en sort une petite boîte de sachets de thé qu’il agite brièvement devant la vitre avant de la relancer d’où elle vient. « J’ai que ça, ou des clopes. J’bois pas vraiment », admet-il finalement en poussant le tiroir du bout des doigts. Il avait beau paraître bourru et négligé, sa longue barbe hirsute et ses cheveux en bataille trahissant une certaine forme de laisser-aller, il y avait dans les gestes et dans le ton de Joel une délicatesse certaine, évidente pour qui y prêtait un peu attention. Une dualité qui lui réussissait bien. « Au risque de faire moralisateur, peu importe l’insulte, ça change pas grand-chose. La forme, p‘t-êt’, mais pas le fond. C’est la façon dont on y réagit qui en dit l’plus long. »




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MessageSujet: (#) Re: Same Ol' [Joel]     Dim 21 Oct - 9:46
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« Grande gamine. » qu'il dit. Grande gamine. Peut-être dans le fond. Peut-être qu'elle le restera toujours parce que dans le fond, elle n'a jamais pu l'être vraiment : une gamine. Jusqu'à ses six ans elle a été une gosse et après ça, ça a été fini. Plus d'innocence. Plus d'enfance. Plus de couleurs. Juste du sombre. Juste de la douleur. De la noirceur. Alors oui, quand elle a pu goûter aux couleurs elle y a goûté. Et oui, peut-être qu'une part d'elle sera toujours autant impulsive qu'une gosse. Peut-être. Alors elle ne relève pas Vega. Elle n'a plus l'envie de relever. L'euphorie commence petit à petit à se transformer en un brouillard épais et lourd qui lui pèse et sur les épaules et dans le crâne surtout. Bien plus encore quand Joel lui affirme que ce qu'elle vient de demander pourrait lui apporter davantage d'ennuis. Elle le sait dans le fond et pourtant elle demande. Pourtant elle tente. Elle ose. Pour ne recevoir en retour qu'une boîte de sachets de thé et des clopes. Elle voudrait bien une clope tiens. Sauf qu'au moment où elle est sur le point de le dire, Joel reprend la parole et Vega relève son regard vers lui. Et, au fil des secondes, alors que les mots sont prononcés, les sourcils de Vega se froncent aussi sûrement que son corps entier se crispe. L'alcool qui a d'abord été source d'énergie, de vigueur, d’impulsivité et qui a commencé à se transformer en brouillard désagréable se fait à présent plus invasif, transformant de nouveau les couleurs en noir, éveillant une colère sourde mais pas moins violente chez Vega. « C’est la façon dont on y réagit qui en dit l’plus long. » Alors, ce regard plutôt amical et sympathique qu'elle avait pour Joel bien que teinté d'un peu de contrariété par les quelques mots prononcés s'assombrit. Il s'assombrit grandement. Parce qu'il la juge, elle. De quel droit ? De quel droit il estime que sa réaction en dit long sur elle ? Plus long que sur l'autre enfoiré qui l'a insultée pour un refus ?

De quel droit ?

Alors Vega se ferme. Et Joel ne l'a sans aucun doute jamais vue comme ça, imbibée ou pas d'alcool. Jamais. Son corps n'est plus qu'un bloc alors que les poings se serrent et qu'elle le regarde par en-dessous, et il ne fait nul doute que si la vitre ne les séparait pas, elle lui en mettrait une.

« T'as raison, ça fait moralisateur. » qu'elle siffle presque entre ses dents d'une voix serrée qui vibre de cette colère sourde qui coule dans ses veines, qui se faufile dans chaque particule de son corps.

Un sourire mauvais étire les lèvres de l'Abeille.

« C'est tell'ment facile pour toi d'parler comme ça, assis là, dans tes bottes de milicien d'l'autre côté d'la vitre. » qu'elle ajoute en tapotant un peu sur la dite vitre avant de plaquer son poing contre cette dernière. « T'sais que dalle. Sur moi, t'sais que dalle. T'sais que j'bois trop et que j'cogne mais c'tout. T'sais pas. »

Non, il ne sait rien. Le sourire s'efface pour laisser place à une sorte de grimace à la fois colérique et douloureuse. Il y a peut-être même de la tristesse là, juste-là.

« T'sais pas qu'j'ai dû fermer ma gueule pendant des années. T'sais pas qu'on m'a traitée comme d'la merde jusqu'à c'que j'aie dix-sept piges. T'sais pas les mots, ni les coups qu'j'ai subis sans pouvoir rien dire sinon j'me serais fait buter comme ma frangine avant moi. » Et la voix tremble quelque peu sur les derniers mots prononcés.

Il sait maintenant que sa sœur est morte. Où, quand, comment ? Vega ne le dit pas. Pourquoi elle lui dirait ? Qu'en a-t-il à foutre d'elle de toutes les façons ? Il fait le type sympa, compréhensif, mais en fait, il n'est qu'un milicien comme les autres qui la juge parce qu'elle a le coup de poing facile sans rien savoir d'elle. En tout cas, à cause de ce qu'il vient de dire, en cet instant, c'est comme ça qu'elle le voit.

« Alors non, j'me laisse pas faire. On m'traite mal ? J'me défends. Parce que j'ai pas pu l'faire pendant longtemps et que maintenant j'peux. C'tout. Alors ta belle morale, t'peux t'la garder. »

Et c'est là que la main vient essuyer le coin des yeux, parce qu'au fil des mots, des larmes de rages sont apparues. Le geste est vif, parce qu'elle n'aime pas montrer la moindre faiblesse et elle ne veut surtout pas lui en montrer à lui. Pas à lui. Alors elle se redresse Vega, s'éloigne de la vitre, s'éloigne de Joel, et va s'asseoir par terre dans le fond de la cellule de dégrisement, le visage résolument détourné de celui du milicien.

Oui, qu'il se la garde sa morale et qu'il lui foute la paix.



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MessageSujet: (#) Re: Same Ol' [Joel]     Jeu 25 Oct - 22:56
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Vega s’était cloîtrée comme un lys campijolien, cette fleur native de Merry Fields dont les pétales se refermaient dès que la moindre trace d’ombre se profilait. Capricieuse, la plante ne donnait pas à tous l’occasion de l’admirer, et rien d’autre qu’un rayon de soleil ne la faisait réellement s’offrir. L’extractrice était comme ça, aussi – c’était la première pensée que Joel avait eu en l’entendant changer de ton, d’attitude, pour lui opposer une hostilité qu’il avait sans doute méritée, mais qui ne le bouleversait pas le moins du monde. Il avait assez vécu pour en connaître tout un rayon sur l’horreur de l’esoace habité, des corporations sans scrupule et la noirceur de l’âme humaine. La mort et la peine, il y était désensibilisé, Joel, au point où les seuls regrets qu’il éprouve, c’est de ne pas être touché plus que ça par le plaidoyer autrement déchirant de Vega. Le cynisme prenait toute la place, se lovant contre la fatigue comme le yin et le yang qui définissait l’inspecteur. « C’tragique. Vraiment. » Il le pensait sincèrement; la perte de sa sœur était un événement qu’il n’aurait pas voulu ressasser, mais il l’avait fait, inconsciemment, et il ne pouvait rien y changer. Il avait accusé un bref silence, sa main frottant nerveusement sa barbe – ou alors était-ce de l’impatience? Son regard ne vacille pas alors qu’il constate la mâchoire crispée et l’air meurtri de la jeune femme avant qu’elle ne se dérobe, optant pour le fond de la cellule. « T’as pas l’monopole d’la misère, Vega, et peu importe qui tu frappes, ça y change rien. D’où tu penses que t’as l’droit d’cogner sur quelqu’un aujourd’hui plus qu’avant? R’garde où ça t’mène, c’t’idée qu’tu peux faire c’que tu veux maintenant. T’es pas bien avancée. »

Il avait gardé un ton égal, bas; il n’était pas du genre à élever la voix. Or, ça aurait aisément pu faire paraître ses intentions comme encore plus moralisatrices qu’escompté. Quoi qu’il en soit, il demeurait convaincu lui-même par les remontrances qu’il faisait à l’extractrice. Elle n’avait pas l’exclusivité de la peine et la sienne ne lui donnait pas carte blanche de succomber à ses pulsions violentes, même en juste retour d’une insulte déplacée que l’inspecteur n’aurait pas toléré non plus, avoir été présent. Le meurtre de Rina le hantait, lui collait à la peau comme l’odeur de Merry Fields sur un esclave affranchi et s’il aurait dû mieux comprendre la détresse de Vega, il se refusait à comparer les deux événements. Vega lui faisait penser à Ledward lorsqu’il avait compris qu’il valait mieux se faire justice soi-même et c’est cette réalisation qui le perturbe le plus, le poussant à se lever, non sans tirer une cigarette roulée à la va-vite de son paquet. « J’vais t’laisser cuver. » Elle lui tournait le dos de toute manière, alors il part sans demander son reste, tirant sur la cigarette odorante dès qu’il est hors du quartier général. Il y avait longtemps qu’il ne s’était pas laissé emporter de cette manière – même si le mot semblait exagéré dans ce cas-ci, il était indéniablement remué. Il avait suffi des quelques minutes pour se rendre chez lui pour que son fil de pensées se transforme en regrets.




--- i thought by now
i'd find rough justice is a long lifeline, back and forth between the desert and the sea, who i was and i will always be
MessageSujet: (#) Re: Same Ol' [Joel]     

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