dented will and broken bones // Elarus
MessageSujet: (#) dented will and broken bones // Elarus     Sam 25 Aoû - 16:33
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dented will and broken bones
Look now: my heart is a fist of barbed wire.
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Tu ne pouvais t'empêcher de toucher ton bandage. Un simple recoin ou une pression plus ferme, de quoi te faire grimacer. Quelque chose pour essayer d'expliquer la douleur des souvenirs. D'en faire quelque chose de tangible entre tes doigts, à nouveau. Comme les corps vous accompagnant dans le transport au retour sur la flotte. Ceux que certains refusaient de regarder. Par outrance, par horreur, dans un simple espoir de reconnaître le moins de visages possible dans les cauchemars à venir. Tu ne pouvais pas les blâmer, toi qui en avais suivi quelques-uns à la trace. Ceux de tes hommes. Celui de Vince, inerte, qu'on s'occupait et surveillait. Ceux accompagnant Anderson, en seul survivant, qui faisait résonner autant l'incompréhension et la colère sur ce qui avait pu se produire. Une raison de vengeance, une de plus. Il y avait ceux troués, criblés et éviscérés, à demi carbonisés par les balles. Il y avait celui de Krishvin, peinture sanglante qui t'avait donné un haut-le-coeur lorsque tu t'étais approché. Photographié dans ta mémoire, un bout de film que tu avais l'impression de pouvoir reculer au ralenti, y associerait chaque balle avec la chaire déchirée s'il n'y en avait pas tant. Et tu grimaces, appuyant plus fort, comme pour creuser ta propre blessure, jusqu'à ce qu'une main s'empare de la tienne. Un « tsk » typiquement maternel alors qu'elle tente de faire taire... quoi au juste ? Le sait-elle ? Sans doute, oui, pour avoir vécu avec ton père. Un déjà-vu qui s'empare de sa silhouette courbée avec l'âge, serrant ta main dans la sienne. Des taches de vieillesse qui semblent prendre de l'ampleur tandis que tu les fixes un instant, elle qui caresse tes jointures parfois rouges, parfois pelées.

Ta tête retombe mollement et tu forces un soupire, tes doigts serrant les siens brièvement. Ton regard, lui, sonde les alentours sans réellement voir, tes billes sombres se perdant contre l’ecchymose décorant l'orbite. La blague de tout ceci est encore impossible à comprendre, le sera toujours. Tu revois les visages de ceux prêts à être laissés derrière. Revois le vaisseau au loin avec l'imminente réalisation qu'ils n'y arriveraient pas, sans qu'il ne se passe finalement quoi que ce soit. Et tu as à nouveau le goût de grattouiller un recoin, celui qui demeure soulevé maintenant, force de le picorer. Ton index gratte, par réflexe et envie, dans le creux de la main de ta mère, mais elle ne dit rien. L'adrénaline s'en est allé, peu à peu et c'est la fatigue qui commence à prendre le dessus. L'épuisement tant physique que moral qui souffle à tes paupières de s'alourdir, tandis que ton esprit s'agite et combat l'idée de devoir dormir. Pourtant, tu n'as pas besoin de rester éveillé. Tu as répondu aux questions déboulées les unes sur les autres à ton arrivée. Pourtant le rideau est à nouveau tiré, suffisamment pour qu'une nouvelle silhouette s'y glisse. Tu relèves les yeux sur celle-ci, mélange d'émotions brillant dans ton regard et tu pinces les lèvres, cherchant tes mots un instant. « C'est une visite officielle ? » que tu finis par murmurer, la voix rauque mâchant tes mots à moitié. La blague, intime, tombe forcément à plat, malgré la douceur imprégnée et le silence tombe. S'épanche un moment où tu la regardes en silence et elle, tu le devines, en fait de même. Ta mère patiente, pour finalement en déduire que sa présence est de trop et se volatilise avec un dernier tapotement contre ta main et une promesse de revenir. Un dernier sourire envers Elara, puis toi et le rideau est à nouveau tiré, vous laissant seuls. Ou du moins, un semblant de l'être.

Tu n'as pas bonne mine, mais tu es dans un bien meilleur état que bien d'autres. Tu hausses une épaule sous son regard, le mouvement léger. Comme si tu cherchais à balayer le tout avant que la honte et l'échec ne prennent le dessus et tu baisses les yeux, explore le tissu terne remonté jusqu'à ta taille. « Tu sais ce qui s'est passé. » que tu souffles, non comme une question mais une constatation. Une insulte traverse tes lippes, grognée tout bas envers tout ceci. Envers eux, masqués et anonymes, sauf pour une gamine. Il y a l'ombrage du regret lorsque tu redresses les yeux. Une demande de pardon informulé qui refuse de traverser tes lippes, à défaut de pouvoir l'offrir à tous. À la place tu tends la main en silence, paume vers le haut en une demande muette, malgré l'envie d'écraser la plaie.
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You love her despite the burden of atlas resting on her shoulders. And she loves you despite the death still clinging to your lips.

WHAT A PAIR YOU MAKE
MessageSujet: (#) Re: dented will and broken bones // Elarus     Sam 1 Sep - 17:39
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Les dernières quarante-huit heures avaient été éprouvantes. Les pires de son existence, sans doute. À peine était-elle rentrée de sa seconde expédition sur Byblos, qu'on l'avait enfermée dans un bureau avec le reste du conseil. Et les heures de sommeil qu'elle avait laissé sur la planète désertique, elle n'avait pas vraiment réussi à les rattraper malgré les repos forcés qu'on lui avait imposé. Car Elara n'avait pas souhaité baisser les bras, remettre à plus tard : pas quand il s'agissait de la sécurité des stellariens. Pas, surtout, lorsqu'il s'agissait de son frère. Encore moins lorsqu'elle savait que Marcus faisait aussi partie du lot.

Le Jeanne D'Arc avait disparu des radars.

Toute communication avait été coupée, et le point rassurant qui le représentait sur les cartes : évanoui. Il avait fallu agir vite, se coordonner, essayer de comprendre, de trouver une solution et par dessus tout ne pas paniquer. Ne pas éveiller les soupçons, laisser filer des rumeurs. Si d'abord elle avait pensé à Rosalijah, connaissant les lieux de travail de la brune, elle n'avait été soulagée qu'un bref instant en apprenant que son amie d'enfance ne faisait pas partie de l'équipage et des stellariens perdus. Car le sourire rassuré qui était né sur les lèvres d'Elara avait lui aussi soudainement disparu en lisant tour à tour les noms d'Orion et de Marcus parmi les légionnaires déployés sur le vaisseau. Son coeur s'était serré, et elle avait flanché un peu devant s'assoir face à la nouvelle. Non seulement venait-elle de perdre son frère, mais aussi celui pour qui son coeur battait : et si rien n'était sûr, elle l'avait vécu tout comme au début, se ressaisissant douloureusement. Elle ne pouvait pas se laisser aller, pas quand elle faisait partie des têtes pensantes de la flotte. Alors au lieu de ployer sous le désespoir, l'angoisse rongeante et la profonde terreur de perdre deux de ses plus proches âmes Elara s'était relevée. Elle avait débattu, réfléchit, prévu, préparé aux côtés des autres conseillers de jour et de nuit, ne fermant l'oeil que quelques instants sans cesse réveillée par une inquiétude qui la consommait malgré la fatigue : et s'ils ne revenaient pas ?  Les cernes s'étaient creusées, incapable de passer du temps ailleurs que dans les bureau du conseil, se sentant coupable à la moindre pause qu'elle prenait : s'arrêter, c'était perdre un temps précieux jusqu'à ce que l'annonce fatidique ne tombe.

Le Jeanne D'Arc avait été attaqué.

Elle s'était figée, dans les soupirs de stupeur de ses collègues. Isaac l'avait sans doute remarqué et avait attrapé sa main sous la table à l'abris des regards : la possibilité qu'Orion et Marcus soient tombés prenait de l'ampleur, et Elara vacillait entre tomber elle aussi ou rester droite. Alors elle avait silencieusement hoché la tête malgré les évènements qui continuaient d'être contre elle (contre eux) et avait longuement inspiré. Rien n'était encore acté et tout était à faire. Et même si au-dessus de ses épaules planait une angoisse si lourde qu'elle en complexifiait chacun de ses gestes et de ses décisions, Elara avait ravalé ses larmes et s'était mise au travail elle aussi. Cette fois, la flotte avait été mise au courant et avec le retour du vaisseau les familles également. Pourtant la blonde n'était pas avec ses parents, à attendre la boule au ventre un oui, ou un non. Elle était là-haut, dans l'Argus One à éplucher les rapports édulcorés de photos (déjà) et des noms de ceux qui étaient rentrés les pieds devant. Dans la terriblement longue liste, il n'y avait ni d'Orion ni de Marcus et Elara était sortie un moment souffler son soulagement, pleurer les larmes qu'elle avait retenu et respirer enfin sans que l'angoisse ne comprime ses poumons. Ils étaient en vie, et c'était tout ce qui comptait à présent alors la blonde avait séché ses larmes et s'était remise au travail l'esprit un peu plus libre mais des questions se bousculant encore dans celui-ci. Allaient-ils bien ? Etaient-ils blessés ? Avaient-ils été ensemble ? Pouvait-elle les voir ? Et si l'inquiétude n'était plus aussi étouffante, elle ne la quitterait enfin que lorsqu'elle irait les voir. Finalement, plusieurs heures après le retour du Jeanne D'Arc on décida enfin qu'il était temps pour elle de retrouver ses proches et à peine Priya avait-elle libéré le conseil qu'Elara s'était engouffrée dans la première navette. Entre vertiges, excitation, appréhension. Le manque de sommeil se faisait toujours sentir, tout comme le manque de nourriture l'estomac trop noué pour avaler plus que le minimum mais avant de se reposer, il fallait qu'elle les voit. Qu'elle soit sûre. Bien sûr, elle était allée voir Orion en premier retrouvant ses parents complètement déboussolés mais un maigre sourire aux lèvres. Suffisamment pour qu'elle comprenne à peine un pied dans son petit espace que son frère allait bien. Et après plus d'une heure à ses côtés, des infirmiers leur avaient fait comprendre qu'il était temps que le légionnaire se repose seul alors les trois Hartmann restant étaient partis non sans une dernière accolade : ses parents sur le départ, elle leur avait dit qu'il fallait qu'elle voit d'autres personnes (une seule en tête, véritablement) et s'était éclipsée en demandant où se trouvait le sergent Riley.

Devant le rideau, elle attendait. Hésitante, alors qu'elle était si proche de celui qui n'avait pas quitté ses pensées des jours durant. La nuit aussi, quand elle ne parvenait pas à dormir. Mais enfin face à ce qui se dessinait comme leurs retrouvailles, elle n'était plus si certaine d'en être capable. Le pire en tête, Elara piétine un peu puis soupire un allez qui se veut déterminé. Doucement, ses doigts se ferment sans force autour du tissu qu'elle tire timidement de peur d'interrompre quelque chose, de se tromper d'endroit, de le réveiller d'un repos mérité. De peur aussi, de voir les machines le maintenir en vie, ou un draps relevé trop haut. Mais il n'en est rien : c'est son regard brillant qu'elle croise en se faufilant à l'intérieur. Billes noires encadrées de bleus, déjà, au milieu d'un visage abîmé qu'elle lui reconnait mais qui cette fois se teinte de plus de gravité. Il semblait... bien aller. Mais elle ne trouvait pas les mots, coincés dans une gorge nouée et fatiguée Elara reste muette. Le souffle coupé par un soulagement trop grand alors que ses propres yeux se mettent aussi à briller silencieusement. C'est une visite officielle ? Entendre sa voix lui pince le coeur, même un murmure. Parce qu'elle avait longuement cru qu'il ne lui resterait que quelques messages vocaux sans queue ni tête dans son terminal. Dernière trace de lui, qui finalement ne le serait pas. Et elle n'arrive pas à rire à sa plaisanterie, ni même à sourire, les lèvres qui se pincent à son tour pour réfréner un spasme qui ne présageait que des sanglots. Une femme âgée, qu'elle reconnait comme étant sa mère, se lève et s'éclipse sans qu'Elara ne trouve la force d'avancer. Clouée debout, l'impression que le moindre pas pourrait lui faire perdre l'équilibre. Il hausse les épaules l'air de rien, finalement comme toujours mais elle n'arrive pas à défaire son regard du sien piégée dans sa propre torpeur elle ne sait pas quoi faire. Tu sais ce qui s'est passé. Evidemment. Elle avait eu accès à tous les rapports, avait du voir les photos, prendre des notes aux côtés des autres conseillers pour une prochaine réunion trop proche et à la fois pas assez. Il grogne, insulte dans le vent puis relève un regard qui lui arrache le coeur et peint son visage d'un air triste alors qu'elle penche la tête sur le côté, dans ses yeux le pardon qu'il cherche. Quand il tend la main vers elle, elle s'y précipite autant que sa fatigue le lui permet mêlant ses doigts aux siens. Elle capture sa main sur laquelle elle dépose ses lèvres fébriles sans jamais la lâcher. Je sais. souffle-t-elle dessus tout bas. Puis elle hoche doucement la tête, répète encore Je sais. comme pour répondre à ses maux qu'elle arrive à discerner. Elle n'ose pas le serrer dans ses bras, se contente de s'assoir de peur de lui faire mal ne sachant pas encore l'étendue de ses blessures. Et c'est de plus en plus difficile de ne pas lâcher prise, de retenir ses larmes tandis qu'elle pose sa main à lui contre sa joue, si grande qu'elle l'englobe toute entière. Puis elle ferme les yeux, un peu, profite de ce contact qu'elle avait pensé ne plus sentir. Tout va bien maintenant. pourtant sa voix se brise quand elle parle enfin, la gorge nouée qui laisse cette fois passer un sanglot sans le retenir alors elle serre les dents et fronce des sourcils dans une tentative de rester forte encore un peu. Tout va bien maintenant est bien le contraire de ce qu'elle pense, de ce qu'elle sait, mais elle a besoin de s'y attacher pour ne pas s'écrouler sous toutes les conséquences de cette attaque. Et tout ce qu'elle veut à présent, ce n'est plus que Marcus alors quand elle ouvre ses yeux plein de larmes, elle essaie de sourire un peu à ce qui malgré le chaos persiste. Eux. Dis moi comment tu te sens. parvient-elle à dire d'une traite, glissant sa main qu'elle ne lâche pas à nouveau contre ses lèvres.

Regina Mercy, 14 juin 2227.
Elara parle en 996699




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SHE WAS BRAVE, NOT BECAUSE SHE WASN'T
SCARED BUT BECAUSE SHE WENT ON SO STRONGLY
☾☾ DESPITE THE FEAR ☾☾


eux:
 

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