Look what the cat dragged in || Olwen
MessageSujet: (#) Look what the cat dragged in || Olwen     Ven 24 Aoû - 15:11
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Angie, l’âme tranquille qui lui servait de colocataire, était en bonne compagnie et plutôt de jouer les troubles-fêtes au risque de perturber leur équilibre, la brune avait préféré partir en balade. De toute façon, elle aurait été bien incapable de profiter de son lit pour faire une sieste après la fin de son service. Ses pensées tourbillonnaient dans son crâne comme un hamster dans sa roue depuis quelques heures et menaçaient de la rendre dingue. Frustration ou fatigue ? Impossible de se prononcer mais Delaani se connaissait et ce n’était pas la première fois qu’elle se retrouvait avec l’impression de tourner comme un fauve en cage. Elle songea un instant à aller dans les espaces sportifs, se trouver un tapis de course et courir pour évacuer, bichonner par la même sa santé physique comme morale. Le problème, c’est qu’il y avait fort à parier qu’elle ne serait pas seule et elle ne se sentait pas d’humeur à faire la discussion ou bloquer celle des autres. Marcher restait la solution la plus abordable et surtout la plus efficace. Pas de distraction pour contraindre sa pensée ou d’immobilisme qui l’empêcherait de l’ignorer… telle était la recette magique de Delaani lorsque la frustration d’avoir l’impression de ne rien faire la prenait.

D’un pas décidé, elle quitta les abords de sa cabine occupée et laissa ses pieds décider de la destination. Elle traversa des couloirs bondés ou vides, traversa les entrepôts et croisa d’autres personnes qui, contrairement à elle, s’affairaient sans lui porter le moindre intérêt. La brune se contenta de traverser salle après salle, couloir après couloir, place commune après place commune jusqu’à ce que la boule qui électrisait tous ses nerfs finisse par se détendre et lui permette de se relaxer un peu. Elle marcha encore un peu jusqu’aux limites de l’Helios et s’arrêta avant d’y arrêter, sur la passerelle. À ses yeux, les jardins du vaisseau scientifiques n’étaient qu’une pale copie des vrais jardins que l’on pouvait trouver sur Terre. Il manquait de naturel et le ciel artificiel qui le surplombait avait tendance à exaspérer l’opératrice. Ce n’était pas un endroit désagréable en soi – il était même plus qu’agréable en comparaison d’un vaisseau comme le Colossus 5 qui était loin d’avoir été pensé comme un bâtiment d’agrément – mais jamais au grand jamais elle ne l’aurait reconnu après avoir tempêté autant contre lui.

Il n’y avait pas grand monde sur la passerelle. Rares étaient les gens qui s’y arrêtaient, considérant l’endroit comme un simple entre-deux, un point du chemin séparant leur point de départ de leur point d’arriver mais Delaani les aimait bien, ces passerelles. Elles étaient tranquilles quand elle avait besoin de s’isoler et elles offraient, à ses yeux, le meilleur panorama possible de l’espace. Elle s’y arrêta et s’accouda à la rembarre, apaisée par sa petite marche. Elle avait un peu chaud d’avoir marché d’un pas vif et un fin voile de sueur sur son front se rappelait à elle au moindre mouvement de l’air mais au moins ses pensées ne l’embêtaient plus. La passerelle était si tranquille qu’elle ne les entendait même plus du tout. Parfait… La brune resta là, plantée entre deux vaisseaux, à regarder les étoiles si fixes dans l’obscurité en écoutant sa respiration. Peu à peu, le calme finit par reprendre ses droits, remplaçant le tourbillon de pensées par mille et une questions sur les mystères des étoiles qui lui souriaient.

De grands pas furieux résonnèrent dans le tunnel, claquant sur le sol comme un défilé militaire solitaire. Quelqu’un devait passer une plus mauvaise journée qu’elle pour se faire autant remarquer. Curieuse, Delaani se retourna et s’adossa à la rembarre pour regarder ce que le chat avait ramené. La brune agita la main dans sa direction en réalisant qu’elle connaissait celui à l’origine de tout ce tumulte.

— Hey ! Salut, Olwen !

Hm… une chose était sûre, c’est qu’il n’était pas vraiment calme comme un petit matin de mai. Qu’est-ce qui avait bien pu le mettre dans cet état-là ?

— Tout va comme tu veux ?

Demanda-t-elle soudain plus soucieuse en décelant un éclat de fureur dans ses yeux sombres.


… mais au moins, se perdre dans l'espace, ça vous tenait occupé.                
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MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Dim 26 Aoû - 21:55
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Olwen avait à la fois en lui bien peu de sentiments et bien trop de colères. Cela avait toujours été ainsi, il n'y cherchait pas d'explication, savait que cela n'enlèverait pas la souffrance quelle qu'elle soit. Est-ce qu'il souffrait? La question méritait d'être posée.
Oui? Peut-être?
C'était comme des ténèbres en lui, une espèce d'ombre où rien d'autre ne pouvait filtrer, quelque chose pour remplir chaque vide, chaque aspérité qui composait son caractère. Parce qu'il y aurait dû y avoir d'autres choses : l'amour, l'affection, l'amitié.... mais seul le vide restait. Il pouvait éprouver des choses pourtant, savait quand il était triste, savait quand il était colérique, savait aussi ce qui était beau selon ses goûts, ce qui ne l'était pas. Et après?
Aujourd'hui, Olwen avait senti la colère commencer à l'écorcher de ses griffes. Comme d'habitude, il s'enferma dans un placard, le temps que cela passe.
Ca ne passa pas, cinq heures après, libéré du cagibi, il ressentait encore les fourmillements négatifs là, au bout de ses doigts.
Etait-ce contre quelqu'un, était-ce contre quelque chose? L'homme ne possédait pas la réponse. Parfois, pensait-il, cela devait être simplement qu'il ne pouvait porter plus de tristesse qu'il n'en avait déjà en lui sous peine d'en mourir. Alors, la colère prenait le pas.
Peut-être était-ce le cas aujourd'hui....

Il décida de marcher un peu, comme pour tenter de semer ce monstre illusoire. Un monstre qui ne possédait pas d'autre visage que le sien. Il voulait éprouver autre chose, Olwen, des choses plus positives, plus belles, mais rien ne venait jamais...
Une voix l'interpella alors, il en connaissait le son. Sa tête se tourna peut-être un peu sèchement, et les yeux sombres se dardèrent sur Delaani.
Elle semblait inquiète. Pour lui. Cela ne changeait pas de ce qu'ils avaient déjà connu tous les deux, à sa manière la femme se souciait de lui, désirait l'aider.
A sa manière aussi, elle l'avait déjà sauvé au moins une fois, peut-être deux. Après tout, ne l'avait-elle pas veillé alors qu'Olwen tentait de se remettre d'un empoisonnement à un suc vénéneux, comprenant que jamais plus il n'aurait l'usage de son bras comme avant?
Il y avait eu ça, puis il y avait eu la fuite de Bethany bien qu'après leurs chemins aient décidé de ne plus se croiser avant un moment. Et Delaani faisait partie des souvenirs de l'homme, des vestiges d'une époque et d'un foyer aussi, un foyer qu'il ne retrouverait pas.

Le visage fermé, douloureux à sa manière, Olwen secoua la tête. La fureur qu'il portait en lui était là, présente mais contenue. Elle le brûlait de l'intérieur, le consumait, faisant craindre à l'homme de soudain devenir cendres plutôt que chairs et sentiments.

”Désolé Delaani, je n'ai pas de conte pour toi aujourd'hui...”

Une voix un peu rauque, un peu rêche, comme un animal qui se contient ou du moins essaye. Sa silhouette même aurait pu être celle d'un prédateur oscillant entre la fuite et l'attaque car Olwen savait plus facilement être fauve qu'être homme.

”Je n'ai que ma colère: c 'est une mauvaise journée, et cela ne s'explique pas voilà tout...”


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MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Lun 27 Aoû - 20:28
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Le regard qu’il lui jeta aurait pu la pétrifier sur place. Sauf que les regards furibards, Delaani y était habituée et il lui en aurait fallu beaucoup plus pour en tenir rigueur, encore plus chez quelqu’un qu’elle connaissait et qui n’avait pas de raison de lui en vouloir. Le biologiste sembla la reconnaitre enfin et la rejoignit avec ce même pas furieux qui l’avait amené sur la passerelle. Quoique… vu de plus près, Olwen avait de quoi faire peur. La brune avait oublié – ou n’avait jamais vu – cette attitude sombre et souple chez le Bethanien qui poussait à se demander si vous n’alliez pas fondre sous son regard ou se prendre un coup. Delaani était bien contente de le connaître un peu et de pouvoir espérer le raisonner un peu par leur passé commun. Si elle avait dû travailler sous ses ordres, elle n’aurait peut-être pas rigolé tous les jours. Il devait terrifier ses subordonnés, songea-t-elle avec un sourire.

— Y’a des jours comme ça, t’y peux rien…

Fit-elle remarquer en haussant les épaules. Colère, tristesse, frustration… Chaque jour avait sa couleur et son émotion. On ne pouvait pas passer sa vie dans le soleil lumineux d’une joie constante. On finirait par s’ennuyer à la longue… ou avoir beaucoup de mal à trouver de nouvelles sources de bonheur. En changeant d’émotions selon le bon vouloir du hasard et des événements, on pouvait au moins profiter d’un bon moment à sa juste valeur. Delaani croisa ses mains sur son ventre, toujours accoudée à sa rembarre.

Cela dit, elle était vraiment curieuse de savoir quoi ou qui avait pu le mettre dans cet état. On ne se mettait pas dans un tel état de rage tous les jours. Est-ce qu’Olwen préférait ne pas lui dire ou est-ce que la colère l’avait tellement ravagé qu’il en avait oublié sa cause première ? Elle haussa des épaules.

— Et puis c’est pas grave… En fait, pour tout te dire, je m’inquiétais plutôt pour la passerelle. À marteler le sol comme ça, j’avais peur que tu le casses.

Glissa-t-elle avec une moue ironique pour essayer de détendre un peu Olwen. Elle pourrait le laisser partir, aller trainer ses gros sabots ailleurs mais s’il voulait parler pour vider son sac, elle préférait se rendre disponible pour lui. Et puis, ce n’était pas vraiment comme si elle était attendue là, à la minute. La brune lui fit un petit mouvement de menton en invitation à venir se rapprocher d’elle.

— Allez viens, pose toi avec moi. Raconte moi ta journée. Si t’as besoin de cracher sur quelqu’un, promis je ne dirais rien.

Elle lui glissa un sourire de connivence même si elle se doutait que son offre resterait très probablement sans réponse. Olwen n’était pas vraiment le genre à s’attacher à des différends avec les autres.

— Tu viens d’où comme ça d’abord ?


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MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Sam 1 Sep - 16:01
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Il ne se détend pas : l'humour glisse sur lui, sans l'atteindre....
L'humour, une perte de temps. Olwen n' a pas envie de s'y étendre ou de s'y intéresser quand il ne s'agit que d'une chose superflue pour lui, un parasite du corps et du langage
Les yeux de Delaani sont calmes, ses mots aussi. Olwen apprécie cela chez elle, ce calme, comme le fil principal de la tapisserie que pouvait représenter la femme. Il sait que les colères sont douloureuses pour trop en souffrir lui-même, n''a pas envie que la brune en soit vitctime aussi à trop en porter ou même à en porter rien qu'un peu simplement.
Finalement, il s'approche un peu plus, sent le sourire de Delaani, ne le voit que du coin de l'oeil. Parce qu'Olwen regarde les étoiles à présent, les étoiles et leur silence aujourd'hui.

”D'un placard”

Répondit-il simplement. Et cela était la vérité puisque dans ces lieux il ne représentait aucune menace pour les autres comme pour le matériel. Aussi, quand Olwen sortait d'une crise de colère, on pouvait également être certain qu'il sortait d'un placard dans le même temps.
Il ne sait pas comment raconter sa journée à la femme près de lui, pas plus qu'il ne sait expliquer ses colères. Elles font parties de ce qu'il est, dussaient-elles disparaître un jour qu'Olwen ne serait plus Olwen.
Elles le définissent et le condamnent tout à la fois tout autant que l'espace le condamne, lui qui se doute de ne pas vivre vieux sans une planète pour y poser sa peine et ses fardeaux.
Une planète que jamais il n'aimerait comme Bethany pourtant....

”Il n'y a rien à raconter, Delaani. Les gens vont et viennent, font des erreurs, des grosses parfois, vivent leur vie et moi je suis ici sans y être à ma place. Je suis un biologiste, d'une certaine façon je suis né pour cela et ce qui me fascinerait chez moi, là bas, là d'où l'on vient, les changements visibles mauvais comme bons chez la faune et la flore, les maladies possibles, ces choses que j'appellerai évolution simplement, ici elles ont un autre nom. Ici elles sont promesses de mort à venir.... Et ce n'est pas la faute des plantes ou des bêtes, l'espace n'est pas un lieu de vie, c'est un lieu de transition. Ils nous faut une planète, et chaque jour qui passe je ne comprends pas pourquoi des gens ont décidé que non, nous ne méritions pas cela, une planète, un foyer. “

Il y aurait pu avoir le choix de la Terre pour lui, comme ses parents mais la Terre ne représente ni foyer, ni souvenir, juste une illusion comme un clapier pour un lapin.

”Mon coeur battant est resté sur Bethany...”

Il ne sait pas ce que la femme va dire, la réaction qu'elle se permettra d'avoir. Cela ne refermera en rien la blessure de l'homme, à l'image de son bras, certaines choses ne peuvent pas guérir. Parfois Olwen se demande: quelle vie aurait-il pu avoir sans le triumvirat?
Une vie sans surprises, peut-être aurait-il trouvé le temps de tomber amoureux, de fonder une famille?

”Toutes les personnes de cette flotte, ce sont des vies volées par l'exil.... Ce ne sont plus des existences, c'est une attente.”


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MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Sam 8 Sep - 15:31
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Un placard ? Ne comprenant pas très bien si c’était une figure de style ou une réponse concrète, Delaani fronça les sourcils en dévisageant le biologiste. Elle l’imaginait mal se payer sa tête mais… un placard ? Qu’est-ce qu’il irait faire dans un endroit pareil ? Ah moins que ça ne soit la raison pour laquelle il était furieux. La brune non plus n’apprécierait pas d’être enfermée dans un placard à balais. Surtout si elle ne s’y attendait pas. Peut-être qu’elle aussi se mettrait à écumer les vaisseaux d’un pas ravageur jusqu’à ce qu’elle retrouve le malotru qui avait osé la claquemurer.

Pas bien sûr de la direction que prendrait leur discussion si elle choisissait d’insister sur ce point, l’opératrice préféra ne rien dire et se contenta de suivre le regard d’Olwen vers les étoiles. Au bout d’un petit moment, il reprit la parole, acceptant son invitation à partager son fardeau avec elle. La brune l’écouta sans l’interrompre, le laissant vider son sac et partager avec elle ce qui le taraudait autant.

Son cœur se serra un instant à la mention de Bethany, et ses derniers instants sur la planète passèrent devant ses yeux, avec Olwen en rôle secondaire. Elle chassa pourtant très vite l’image de son esprit. Delaani ne regrettait rien, absolument rien. Quoiqu’en pense le biologiste, elle pensait toujours avoir fait la bonne chose. Olwen aurait de toute manière plus souffert en voyant ce que devenait sa belle planète. Quant au reste…

— Et c’est ça qui te met d’aussi mauvaise humeur ?

Elle l’observa avec une petite moue désolée. Il n’y pouvait rien. À tout ce qu’il venait de dire, Olwen n’y pouvait absolument rien. Il se torturait avec des faits et des réalités qui échappaient à son contrôle.

Et puis, Delaani était loin de partager son avis. Pour avoir fait son bout de chemin, il ne semblait pas à l’exploratrice du dimanche qu’elle était que les gens de la Flotte vivent moins que les autres. Ils vivaient d’une autre façon, tournés vers l’avenir. En transition pour certains, mais d’autres n’aspiraient qu’à cette quête de nouveau qu’offrait la Fédération. L’exploration, la découverte, les mystères de l’univers… certains ne cherchaient que ça. Pas à se poser sur une planète pour y construire un repaire, une maison, une civilisation comme l’humanité avait passé l’Histoire entière à faire encore et encore. Certains aspiraient à quelque chose de neuf, de jamais fait.

Olwen ne faisait simplement pas partie de ces rêveurs stellaires.

— Enfin, Olwen… tu ne peux pas changer le destin de toute une population. Ils ont au moins un peu conscience des risques. Ils connaissent les implications d’une telle vie. S’ils sont ici, c’est qu’ils l’ont choisi. Comme toi tu as choisi de rester ici.

Il aurait sûrement aimé avoir d’autres options, mais la situation était ainsi.

— Si tu penses que l’espace est aussi hostile, si tu ne trouves pas ta place ici, pourquoi tu ne t’es pas installé sur une autre planète ?

Et son sujet de prédilection aurait sûrement été plus facilement satisfait sur une planète plus riche de vie que sur la Flotte où tout était calibré. Ici, la vie ne prospérait que si les Hommes le décidaient. Et puis, si c’était pour se faire du mal et passer ses journées à ruminer sur un Eden idéalisé et perdu, autant qu’il le fasse sur une planète qui saurait compenser sa perte.


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MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Dim 16 Sep - 14:37
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Insensible à ses mots, Delaani répondait par des phrases que l'homme jugeait vide de sens. Elle n'avait pas compris ce qu'il voulait dire. Un instant il songea à s'en attrister, puis abandonna. Que Delaani le croit déprimée, cela était peut-être plus simple. Le malaise d'Olwen, son mal être, portait pourtant des racines bien plus profondes, quelque chose d'indescriptible, d’ineffaçable tout autant.

Pour Olwen, ce n'était pas un choix d'être ici, c'était une fuite. Ils n'avaient pas eu d'autres options, tous: dans l'espace ou sur Terre, le sursis était le même. Mais le foyer, où était-il leur foyer à eux, eux qui venaient de si loin et d'horizons incapables de se ressembler? Des exodes, il y en avait tellement dans les histoires, dans les mythes, même ceux oubliés... Et maintenant?
Inspirer, expirer, vivre. Parler parfois, répondre aux autres, pour ne plus être seul, en avoir juste la sensation peut-être.
Il y avait une muraille autour d'Olwen, indestructible, imprenable.
Impossible à franchir. Cela se voyait dans ses yeux, dans ses gestes. Olwen, l'éternel étranger, quoi qu'il arrive, où qu'ils aillent également.

”Aucune autre planète ne sera Bethany, autant poursuivre un rêve alors....”

La nuit, il rêvait des pluies de cendres parfois, se réveillant avec un goût acre dans la bouche, presque terreux. Son imagination...
Cependant, aucune tristesse, aucune colère n'empêchait Olwen de faire correctement son travail. Il en allait de même pour les autres scientifiques, souvent cantonnés à l'Hélios comme si rien d'autre ne pouvait exister.
Ce n'était pas que rien d'autre ne pouvait exister, juste que tant de choses avaient déjà été détruites....

Il pleurait des larmes qui pouvaient pousser les habitants de la Flotte au dédain ou à la moquerie, de cela Olwen était conscient. Qu'importe, l'homme pleurait seul, en silence, sans regard, sans témoin. Il ne s'en plaignait pas, la tristesse il s'en accommodait, ses colères étaient cependant toutes autres. Jayne comprenait, cela ne guérissait pas Olwen, ne le changeait pas non plus, cela le soulageait simplement quand il en avait besoin. Il n'y avait pas besoin d'aller plus loin...
Est-ce que quelqu'un d'assez fort existait ou existerait un jour pour lui faire voir une lumière à nouveau? Olwen en doutait, l'acceptait comme il acceptait tant d'autres choses.
La solitude encore, la solitude toujours....

Du regard, il chercha les étoiles, les histoires qui pouvaient s'y cacher, celles se terminant bien et les autres aussi, qui finissaient dans la douleur et le sang. Dans la poésie....
Ses mains tremblaient un peu, de la tristesse encore, des sanglots refoulés qu'il n'exprimait pas. Olwen pleurait par les gestes....

”ne t'inquiète pas, je ne suis pas ici pour détruire quoi que ce soit”, souffla-t-il, et sa voix portait quelque chose d'une défaite. Parfois on le remarquait, parfois non. La solitude de l'homme encore, sa solitude toujours, rien ne venait l'en sortir vraiment pourtant il y avait quelque chose dans les yeux sombres, quelque chose pour dire que non, Olwen n'était pas homme dénué d'amour.
Bien au contraire....


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MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Jeu 20 Sep - 13:59
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Sa remarque lui tira un haussement de sourcils et elle tourna la tête vers lui avec un regard interrogatif, se demandant un instant si elle devait s’inquiéter. Parce qu’elle ne lui avait rien dit du tout. Aucune mise en garde, aucune inquiétude. Elle était prête à l’écouter s’il voulait mais jamais le forcer ou lui taper sur les nerfs. Mais si Olwen prenait les devants et répondait à des inquiétudes qui ne lui seraient jamais passées par la tête, c’est qu’il devait avoir l’habitude de les démentir. Delaani en vint à se demander s’il avait bien compris qu’elle plaisantait au sujet du sol. La brune n’était peut-être pas la plus grande supporter de la Fédération mais s’ils parvenaient encore à être dans l’espace sans avoir des morts à chaque ouverture de sas, c’est qu’ils avaient du matériel solide et pensé pour durer.

— Mais j’espère bien.

Répondit-elle avec un sourire affable en croisant les mains devant elle.

— Je n’ai pas encore fait le tour de la Fédération et j’aurais été furieuse contre toi.

Par toutes les étoiles, il avait l’air triste à en faire pleurer les ordinateurs. Rien de ce qu’elle avait tenté n’avait semblé marcher et Delaani commençait à prendre douloureusement conscience qu’elle ne cessait de taper à côté. Quelque chose lui échappait dans la cause profonde de l’humeur d’Olwen. Son attachement à sa planète natale était clair comme de l’eau de roche et elle l’avait bien compris mais s’il avait perdu sa maison, il avait encore la chance d’être en vie, même s’il ne semblait en mesurer tous les avantages. Sa logique était inconcevable pour la Terrienne. Mais… ce n’était pas elle qui souffrait de ses émotions. Si elle voulait égayer, même l’ombre d’un moment, le biologiste, elle devait changer d’angle. S’il ne voulait pas se projeter dans l’avenir, le passé saurait lui changer les idées. Et d’ailleurs, elle avait peut-être de quoi lui donner un peu de répit.

— Oh ! J’y pense !

Elle se redressa pour pouvoir farfouiller dans ses poches jusqu’à mettre la main sur son terminal. L’appareil s’alluma au premier effleurement – une petite victoire pour quelqu’un qui avait passé un an loin de la technologie de base – et elle n’eut besoin que de quelques instants pour ouvrir les fichiers qu’elle cherchait. L’image figée d’un paysage cendreux révélant un grand volcan en activité, soufflant son nuage de fumée dans le ciel de Bethany apparut à l’écran.

— Je repassais de vieilles vidéos l’autre jour…

L’archivage vidéo prenait une éternité mais elle avait enfin réussi à se motiver pour commencer.

— … et j’ai trouvé ça.

Elle garda le terminal dans la main, hésitant sur la manière de le présenter et releva les yeux vers Olwen. Depuis qu’elle l’avait retrouvé, une semaine ou deux après son arrivée sur la Flotte, elle s’était prise à repenser à son temps sur Bethany et les souvenirs qu’elle en avait gardé. Son séjour n’avait pas duré longtemps, un an à peine, mais avait été la meilleure introduction à la vie sur une planète extraterrestre qu’on pouvait imaginer. En faisant son archivage, l’autre soir, elle avait décidé d’extraire des morceaux de ses souvenirs. Delaani y avait vu un moyen d’offrir à ceux qu’elle avait connus là-bas et retrouvé ici un petit regard dans le passé. Cependant, elle avait dû en éditer une bonne partie et les limiter pour les télécharger sur son terminal et surtout camoufler leur véritable origine.

— Je ne sais pas si tu as connu Telmi Hargrave. Elle travaillait aux relations extérieures, c’est elle qui était chargée d’accueillir les civils que les soldats du Triumvirat ramenaient avec eux.

Et dont elle faisait partie, accessoirement.

— Un jour, elle a proposé une sorte d’excursion pour découvrir la planète et nous a trimballé dans les environs de Priam pendant toute une journée. Et surtout, elle a nous amené voir le Fumador. De loin… et bien en sécurité mais… il répandait ses cendres dans le ciel et c’était la première fois qu’on voyait un des volcans de Bethany d’aussi près… et… enfin… regarde. Je me suis dit que ça pourrait t’intéresser.

Conclut-elle en haussant les épaules, tendant le terminal au biologiste.


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MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Dim 30 Sep - 19:20
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Certains poèmes savaient les mélancolies profondes, certains tableaux dessinaient les chagrins aux peintures des douleurs. Olwen se souvenait de proverbes, de citations... Il se rappelait de paysages enfermés dans un cadre qui appelaient à la tristesse et à la contemplation. Ces choses qui existaient dans les musées terriens, dans l'imaginaire terrien aussi.
Bethany n'avait pas réellement eu la chance d'un tel patrimoine, en lieu de cela juste...juste des images, comme celle que lui montrait la femme à ses côtés.
Ses parents, nés sur Bethany, lui, né sur Bethany aussi et pourtant incapable d'en chanter l'Histoire. Au plus noir de la nuit, Olwen craignait parfois que l'exil lui ait enlevé sa faculté de rêver. Il rêvait encore pourtant, il rêvait toujours. Tous les tableaux qui n'avaient pu être peints, il tentait de les imaginer, tous les livres qui n'avaient pu être écrits, il essayait de se les réciter. Comment aurait été la littérature de Bethany, s'il y avait eu de quoi la développer?
Des colons autre que des scientifiques, des gens y étant nés avec d'autres aspirations...
Tout ce que le temps n'avait pu laisser faire.
L'homme serra les poings assez fort pour que chacun de ses ongles laisse une marque en forme de triste croissant dans la chair.
Tout en faisant cela, il regardait le voclan, se souvenait de l'odeur des cendres, de tout ce qui était perdu....
Il aurait aimé qu'on lui dise un jour que ses cheveux étaient gris désormais, à l'image des cendres du volcan. Qu'une femme le lui dise, oui, après des décennies à parcourir les chemins de sa planète jusqu'à s'y marier peut-être, fonder quelque chose, une famille, au delà de tous ses travaux scientifiques.
Il ne fonderait rien désormais, il n'espérait plus et son coeur s'était asséché beaucoup trop pour aimer.
Comme si une araignée géante s'y réfugiait après l'avoir entouré de beaucoup trop de ses toiles pour ne pas l'empoisonner.
Un coeur emprisonné, un coeur qui pourrissait.

”Enfant, j'étais persuadé qu'un passage secret existait au pied du volcan pour mener jusqu'au centre de la planète et que là, un palais grandiose s'élevait, avec un roi et une reine, et tous leurs sujets... Ils étaient les seigneurs du volcan et c'était mon devoir de les rejoindre.”

Peu importe le ciel au dessus d'eux, l'imagination restait le propre des enfants. Olwen était un adulte désormais : parfois il se confiait ainsi qu'il venait de le faire, parfois il restait silencieux, perdu dans ses propres ténèbres.
Il y avait un poids en lui, cela se voyait jusqu'à sa posture légèrement penchée là, du côté de son bras blessé.
Parfois, seul avec lui-même, Olwen se questionnait : si ma planète est pour moi comme une religion, est-ce que je souffre d'avoir perdu ma foi ou d'au contraire en posséder bien trop?
Les religions, cela n'existait plus vraiment....

”Merci Delaani.”

Rien à dire de plus, l'homme était sincère voilà tout. Il aurait aimé que le volcan arrive à se cacher au fond de ses yeux à lui, mais dedans il n'y avait rien d'autre que quelque chose de sombre, quelque chose qui ne montrait rien, pas même à ceux qu'il pouvait aimer.
Qu'il aurait voulu aimer autrement, qu'il aurait voulu aimer mieux.

”Et toi? Raconte-moi le paysage qui te manque le plus, peu importe où il se trouve...”



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MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Ven 5 Oct - 15:14
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Un fin sourire étendit les lèvres de l’opératrice, séduite à moitié par la fable imaginée par l’enfant qu’avait été Olwen. Elle aussi avait été fascinée par les montagnes et les volcans quand elle était petite. Elle se souvenait des romans partagés avec sa sœur, ceux qui parlaient de roi dragon sous la montagne et de nains riches et distingués qui produisaient mille richesses dans l’obscurité des boyaux de roche. Avant d’être tournée vers les étoiles, Delaani enfant avait vu ses rêves influencés par les profondeurs de sa planète natale. Enfin, c’était plutôt sa sœur qui l’entraînait dans des rêveries sur la Terre et ses secrets tandis qu’elle faisait mine de se laisser séduire pour faire plaisir à sa cadette. Elle savait que la planète bleue n’avait plus un recoin non exploré ni une once de mystère à leur offrir. L’univers en revanche était un terrain vierge inexploré et sans fin. Bien plus propice aux rêves d’aventures de la gamine qu’elle était.

Qu’Olwen lui confie ses illusions d’enfants la rassurait un peu. Pour être parfaitement honnête, elle avait un peu sorti cette vidéo en espérant y trouver un joker dans sa manche pour remettre la conversation sur un chemin moins cahoteux. Difficile d’ignorer l’éclat de chagrin qui grisait les yeux du biologiste, pourtant, la brune se croyait assez douée, suffisamment habile pour y faire face et tenir la distance. Elle avait pris conscience de son erreur en sentant la conversation lui échapper complètement, lui ôter tout repère, toute répartie pour la laisser les bras ballants, la tête vide à chercher quoi dire pour se rattraper. Si ce pâle souvenir pouvait lui permettre de se rattraper un peu, Delaani pourrait s’estimer satisfaite. Elle lui sourit pour toute réponse et fit glisser son doigt sur l’écran pour lui envoyer l’extrait vidéo. C’était tout ce qu’elle pouvait lui offrir de Bethany. Quelques extraits vidéo et des souvenirs en commun.

Elle se cala plus confortablement contre la rembarre en réfléchissant à sa question. C’est qu’elle en avait vu plusieurs, de paysages. Comment leur donner un ordre de préférence ? Devait-elle partir sur un critère esthétique ou affectif ? Delaani laissa mijoter la question une fraction de secondes pour faire remonter la réponse d’elle-même.

— Les levers de soleil sur Lamartine…

Finit-elle par souffler, les yeux perdus dans ses souvenirs que la seule mention avait faits rejaillir dans sa tête comme si elle y était de nouveau. Quitte à parler de colonies perdues pour toujours, autant y aller pour de bon. Delaani y avait vécu certains de ses meilleurs et de ses pires souvenirs sur la petite planète et pourtant, elle y serait retournée sans une seule hésitation si on lui en avait donné l’opportunité. Lamartine était devenue sa base, sa nouvelle maison dans toute la galaxie après qu’elle ait quitté la Terre. Elle pouvait encore se souvenir dans le moindre détail de la disposition de sa cabine et la manière dont le soleil entrait chaque matin, rougeoyant comme des braises à cause de l’atmosphère.

— Au début, je détestais la position de ma cabine à cause de la lumière qui s’y déversait chaque matin et puis… au bout d’un moment, j’ai juste arrêté de lutter pour m’installer à la fenêtre avec un mix protéiné et profiter du spectacle à chaque fois que je revenais.

Elle en profitait d’autant plus quand elle revenait tout juste de vadrouille, quand elle retrouvait ce sentiment de confort et d’appartenance après avoir affronté l’inconnu et l’instabilité.

— La position du soleil variait avec le temps mais il s’annonçait toujours de la même manière. Avec ce flash de lumière quand il se profilait en haut des collines. Puis il montait doucement, comme une boule orange dans le ciel – ça me rappelait toujours les couchers de soleil sur Terre et j’étais fascinée de voir que c’était pourtant le matin – avant de reprendre des couleurs normales. Mais tant qu’il n’était pas haut, toutes les ombres des bâtiments serpentaient, tellement sombres qu’on aurait dit de la peinture sur le sol.

Voilà. Elle avait envie de les revoir maintenant. Delaani secoua la tête pour chasser les souvenirs et avec eux le sentiment de nostalgie qui s’était glissé dans son cœur et retourna la tête vers Olwen.

— Ça me manque un peu.


… mais au moins, se perdre dans l'espace, ça vous tenait occupé.                
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MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Mar 9 Oct - 12:01
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Ainsi donc, c’était un lever de soleil qu’elle portait au cœur. Un peu, disait-elle, un peu vraiment, juste cela ? Peut-être, certaines personnes n’avaient pas besoin de plus après tout.  Olwen ne pouvait lui offrir le soleil, n’avait pas ce pouvoir. Il se contenta alors de lui saisir la main doucement et de la serrer.
Un peu, juste un peu, comme pour le coucher de soleil, ils portaient tous tellement de choses en eux. Ces choses qui au fond, n’étaient que des deuils… Etait-il dans la nature des choses de perdre lunes et soleils, de perdre la couleur d’un ciel et le parfum des cendres ?
Ils avaient choisi, cela était vrai. Ils avaient choisi pour espérer trouver autre chose, ou que leurs enfants le fassent après, ou les enfants de leurs enfants. Olwen n’avait pas d’enfant, rien pour porter son héritage. Pas même un élève, pour peu que véritablement l’homme ait quelque chose à transmettre.
Ses doigts lâchèrent ceux de Delaani comme un souffle de vent fugace. Cela n’avait pas duré longtemps, cela n’en avait pas besoin. Ils tuaient le temps après tout, ici, sans véritable astre pour le créer, le calculer, le quantifier.
Sans planète pour l’y établir.

« Un jour, des gens sur ce vaisseau seront heureux tu penses ? »

Une simple question sans animosité, sans mélancolie. Un fait, voilà tout. Au fond, avec la Flotte, quelque chose d’impensable déjà s’était mis en branle… Le scientifique en lui était curieux du regard que l’on pourrait porter, avec le temps, sur cette expédition, ses révoltes : celle qu’elle incarnait contre les décisions du Triumvirat, celle qu’elle subissait en son sein… Il y avait tant à dire, tant à chroniquer déjà. Et Olwen eut pitié des plantes obligées de cohabiter avec eux tous : elles non plus, elles n’avaient pas choisi.
Au moins, songea-t-il, je n’ai rien à laisser et nul ne se souviendra de moi. L’espace de quelques secondes, Olwen pensa à ses parents, au fils qu’il n’avait pas su être. Il n’avait pas su être beaucoup de choses dans sa vie en réalité, si ce n’est biologiste. Et triste, il savait très bien être triste. La simple idée le fit sourire sans malice, sans rancœur. Les choses étaient ainsi, voilà tout, et le resteraient certainement.

« Je crois que je n’ai jamais pris le temps de véritablement regarder les lever et les couchers de soleil. Ils sont des états de transitions, des états temporaires avec des données trop instables pour avoir un véritable poids. Pour moi, il n’y avait que le jour, que la nuit  et maintenant je suis ici, dans ce que l’on peut aussi appeler une transition…. »

Brusquement, l’homme porta à nouveau les yeux sur Delaani, les vissant aux siens avec une violence étrange mais faisant parti de lui. Parce  qu’Olwen n’était rien d’autre  que colères et passions, dans la fond, qu’aucune autre chose ne pouvait le définir. En dehors de cette violence dans ses gestes, ses émotions, l’homme n’existait pas.

« Tu as le regard plus aiguisé que moi pour certaines choses, Delaani, alors raconte-moi. Raconte-moi des choses belles que tu vois ici quand moi je reste enfermé dans ce qui me sers de laboratoire…. Quelque chose, n’importe quoi  une rencontre, quelques mots, des couleurs, peu m’importe. Je veux juste t’entendre raconter…. »

Et  puis les derniers mots, plus calmes à défaut d’être apaisés puisqu’apaisé, Olwen ne l’était jamais….

« S’il te plait. »



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MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Mer 10 Oct - 17:04
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Ce vaisseau n’était pas le pire endroit que son destin l’avait conduite à visiter. C’était le genre d’endroit sur lequel régnaient la paix et l’ordre et où les droits de l’homme et des femmes étaient respectés. On n’exploitait personne sans récompense à hauteur de l’effort et chacun était plus ou moins libre de prendre les décisions qu’il lui plaisait pour son propre destin. Sur la Terre, il s’agirait de constations évidentes plus que des critères mais l’espace était un univers différent, impitoyable et cruel. Delaani avait vu des endroits terribles, avait elle-même vécu des épreuves qu’elle n’aurait jamais imaginé endurer un jour. La Fédération promettait sécurité et stabilité et de ce qu’elle avait pu voir, cette promesse était respectée. Malgré la précarité et le danger de grandir dans un endroit confiné et seulement entouré d’un environnement mortel pour l’homme, les gens d’ici semblaient très bien s’en accommoder. Même la misère, qui existait partout sur Terre comme dans l’univers, était amoindrie ici.

— Je suis certaine qu’il existe déjà quelques imbéciles heureux qui trouvent leur bonheur ici.

Il y avait de quoi faire le bonheur de n’importe qui prêt à laisser la magie opérer. Son regard se porta sur le profil du scientifique. Olwen ne faisait pas partie de ces gens qui trouveraient leur bonheur ici. Il ne voulait pas. Il ne se laisserait pas faire. S’il n’avait donné aucune chance à qui ou quoi que ce soit de le consoler de la perte de sa maison et rien trouvé pour adoucir son chagrin, rien ne pourrait le pousser à le faire aujourd’hui. À quoi bon se battre avec lui et tenter de lui démontrer la chance qu’il avait d’être ici, les opportunités auxquelles il tournait le dos… Autant se battre contre un mur. Cette idée irritait autant qu’elle peinait l’opératrice. Quand elle le regardait, elle en venait presque à penser qu’il faisait partie d’un autre monde et qu’il avait atterri ici par le plus grand des hasards. Ce qui était sûrement le cas à bien y regarder mais il aurait pu tomber dans des endroits bien pire que celui-ci et qu’il ne veuille pas le reconnaître paraissait presque criminel aux yeux de la brune.

Pourtant, aujourd’hui, Delaani n’avait pas le cœur à se disputer et perdre son temps à produire des arguments qui tomberaient dans l’oreille d’un sourd. Aussi se contenta-t-elle de soupirer en sentant le ressentiment s’éloigner doucement. Peut-être qu’elle était aussi coulante avec lui parce qu’elle se sentait en partie responsable de son malheur, parce qu’elle l’avait forcé à quitter Bethany.

— C’est ce qui les rend si beaux. Ils sont éphémères et aucun ne se ressemble.

Répondit-elle, un pli barrant toujours l’espace entre ses deux sourcils à sa remarque sur les couchers de soleil. Lui les voyait avec l’œil du scientifique, comme des « données » alors qu’elle s’était toujours contentée de voir la beauté de la nature sans se demander leur origine ou leur fonctionnement. Elle se posait moins de questions que lui.

Delaani sursauta presque en le voyant changer d’attitude si vite et en se faisant harponner par deux prunelles sombres qui n’étaient qu’émotions contenues. Un sourire triste répondit à sa demande. Évidemment qu’elle voyait certaines choses que lui ne voyait pas puisqu’ils ne regardaient pas le monde en cherchant la même chose. Ce qu’elle voyait la confortait dans l’idée que tout endroit se valait et que celui-ci faisait partie – à son grand dam – des meilleurs qu’elle ait vus jusqu’ici. Sa proposition était justement la perche qu’elle attendait pour retourner sur le sujet.

— Je vois des familles qui jouent, qui parlent et qui rient. Des amis qui se retrouvent pour être ensemble et s’amuser, danser et boire sans s’inquiéter. Des gens qui tombent amoureux, qui se retrouvent et s’aiment. Je vois des gens logés et nourris qui peuvent s’offrir le luxe de penser à autre chose que de quoi sera fait le lendemain. Des gens qui rêvent à de nouveaux horizons et qui travaillent de concert pour y arriver. Je vois des gens qui s’unissent dans le malheur et partagent leur chagrin.

Ses yeux accrochèrent les siens avec force.

— C’est sous ton nez Olwen. Tu pourrais le voir toi aussi, si seulement tu le voulais.

Si seulement il essayait. Le ton de Delaani ressemblait presque à une supplique et peut-être que c’en était une. Le voir si malheureux, oscillant entre fureur et chagrin toutes les deux secondes lui faisait du mal. Il se faisait du mal avec cette attitude.


… mais au moins, se perdre dans l'espace, ça vous tenait occupé.                
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MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Mer 17 Oct - 12:33
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C'était étrange, quelqu'un qui tenait à vous. Ca faisait mal au coeur, presque, surtout quand rien en Olwen n'appelait à l'affection. Pourtant, il ne changerait pas, cela était en lui, le définissait. Il ne demandait pas aux autres d'être tristes avec lui ou même de comprendre, et peut-être était-il inconsciemment à l'image de quelque chaman antique? Peut-être absorbait-il tous les chagrins d'autrui afin que les autres puissent être heureux.
Les chagrins et les colères...
Avait-il emporté avec lui tous ceux de Bethany? Etait-ce un homme maudit que Delaani avait tiré par la manche? Il se souvenait de leurs mains, elle qui le tenait fort, beaucoup trop fort, pour ne pas qu'il s'échappe. Il se souvenait l'avoir regardé et elle, capable de lui rendre son regard. Il ne se souvenait plus pourtant, si ses ongles à elle s'étaient enfoncé dans sa peau à lui ou bien l'inverse. Que dans sa rage et son désespoir, il ait écorché une main ne voulant que son bien.
Non, il ne se souvenait plus...
Et dans la voix de la femme à ses côtés, une prière soudain. Sauf qu'Olwen n'était pas un dieu quelconque, ne savait comment les exaucer. Il savait en revanche lever la main, effleurer avec douceur -douleur?- la joue de son amie, remontant ses doigts jusqu'au coin des yeux pour y cueillir des larmes qui n'existaient pas. D'eux deux, sans doutes était-il celui pleurant le plus...
Il la touchait de sa main la plus gauche et malhabile, celle reliée à son bras handicapé. Une marque d'affection, il en avait pour elle même si ses yeux restaient sombres, même si sa bouche ne se tordait pas en un sourire quelconque.
Parce qu'au fond, Olwen ne s'exprimait pas comme les hommes...

”Si je ne vois pas cela, c'est que je vois autre chose, Delaani. Mais je te vois toi et cela a son importance. “

Sans doutes la manière la plus maladroite sous les étoiles des galaxies pour lui dire qu'il ne la repoussait pas, qu'il comprenait ses angoisses à son égard aussi. Et la voix d'Olwen pouvait être si douce parfois, comme au delà des mots et des murmures, comme un autre mystère pour ce qu'il était ou ce qu'il n'était pas. Quelque chose sous la tristesse et la hargne soudain, quelque chose pour que ces sentiments violents ne se transmettent pas à d'autres, aux personnes capables de compter. Delaani comptait, elle lui avait sauvé la vie et peut-être craignait-elle que cela ne soit pas assez, qu'elle doive le sauver à nouveau encore une fois.
Avec une affectueuse maladresse, il prit simplement la jeune femme dans ses bras, l'enlaçant mais ne la serrant pas, de la même manière qu'il aurait tenu un oiseau peut-être, avec assez d'espace pour le laisser s'envoler.

”Je vois les moyens et les possibilités, je vois mon travail, ce que je peux faire à mon échelle pour que toi et tous les autres, vous puissiez voir les gens heureux, en faire partie aussi peut-être. Sincèrement Delaani, le bonheur serait une perte de temps avec moi, je préfère rester là où je suis le plus utile...”

Olwen ferma les yeux un peu, le menton contre les boucles sombres de la femme. Peut-être était-il fatigué, lui qui possédait peu d'exutoire à sa colère, mais l'épuisement n'avait jamais été quelque chose que l'homme prenait au sérieux. Surtout pas sur lui-même...

”Je suis comme le volcan de Bethany, je pleure pour fonctionner, être utile. Mais mes larmes ne sont pas de cendre... C'est ainsi que je suis et je suis là, avec vous, avec toi, dans ce vaisseau. Tu as fait ce qu'il fallait ce jour là, c'est tout.”

Il souffla un peu d'air par le nez, l'équivalent d'un sourire chez lui et, dans ses yeux, la noirceur changea un peu pour suivre d'autres nuances, car Olwen façonnait ses expressions aux ténèbres.

” Peut-être y avait-il quelque chose dans cette plante qui m'a bousillé le cerveau en plus du bras, peut-être que c'était tout simplement en moi depuis le début, comme une éclipse. Je ne sais pas.... Je ne sais pas et ce n'est pas important. Peu importe comment je suis, je ne suis pas un danger pour toi, pour l'Hélios, pour chacun des vaisseaux qui nous transportent. Je suis juste différent... Tu as quand même le droit de me foutre un coup de poing si tu le veux.”


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MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Dim 28 Oct - 11:12
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Olwen était infernal. La Terrienne aurait pu débattre avec une cloison qu’elle aurait obtenu plus de résultats. Le regard qu’elle lui jeta était peu amène mais elle ne se dégagea pas pour autant de son contact. C’était déjà quelque chose. Delaani ne pouvait pas lui enlever ça, même si ses paroles lui donnaient envie de se cogner la tête par terre. Ce qu’elle lui reprochait, justement, c’était bien de fermer les yeux sur tout ce que la Fédération avait d’humain à offrir, tout ce à quoi il préférait tourner le dos en se mettant volontairement en retrait, en refusant consciemment de se donner les moyens d’être heureux. Qui avait à gagner à broyer du noir, vivre dans le passé et se raccrocher à des souvenirs ? Ce n’était pas une façon de vivre, pour qui que ce soit.

Désespérée de faire entrer un peu de bon sens en lui et désemparée, elle se laissa serrer en laissant ses yeux glisser au loin, dans le paysage d’étoile qu’offrait la passerelle, comme si elles allaient lui dire quoi faire ou quoi dire en morse. Quelque part, elle était aussi un peu surprise de cette tactilité dont elle n’avait pas souvenir d’avoir déjà vu chez lui. Elle se souvenait de leurs mains jointes dans le vaisseau qui quittait Bethany, de ses bras à elle qui l’entouraient lui pour le essayer de le calmer et de le retenir mais elle ne se souvenait pas qu’il ait jamais été aussi… normal ? La constatation avait le don de l’irriter d’autant plus qu’elle balayait les impressions qu’elle avait d’Olwen et de sa conception de vie. Et qu’elle avait d’autant plus l’impression que son retrait était des plus volontaires. Oui, quelque chose avait dû ronger son cerveau.

— Ne me tente pas, ça me démange depuis tout à l’heure…

Grogna-t-elle en se dégageant doucement de son étreinte. Elle le toisa quelques secondes avant de s’avouer vaincue et de soupirer bruyamment. À quoi bon s’échiner ? De toute manière, il n’en démordrait pas. Et puis, elle trouvait une certaine consolation à l’entendre dire qu’elle avait fait la bonne chose en lui venant en aide sur Bethany, et en le sortant de là avant que la Triumvirat ne prenne le pouvoir sur la planète de cendres. Pas qu’elle en ait douté une seule seconde, même s’il avait eu tellement l’air à l’agonie qu’elle en était venue à se demander si elle n’avait pas oublié une partie de lui sur Bethany, mais c’était agréable à entendre. Quoique... quand elle voyait comment il profitait de cette seconde chance, elle se demandait si ça valait le coup.

— Et je te ferai remarquer que t’accorder un peu de bon temps et aller voir des gens ne t’empêcheraient pas de faire ton travail.

On avait même tendance à croire que l’homme est un animal sociable. La plupart des grandes réalisations de l’humanité relevait du travail collectif. Quand elle voyait l’état dans lequel lui était arrivé Olwen, elle se disait qu’un peu de compagnie humaine lui ferait du bien. En particulier de nuit. De préférence dans son lit. Il évacuerait pas mal de stress sans marteler le sol comme un éléphant.

— Tu serais même peut-être plus efficace à résoudre tes problèmes, à envisager des moyens et des possibilités différentes.

Delaani parlait sûrement dans l’oreille d’un sourd mais il était dans son caractère de ne pas en démordre lorsqu’elle avait une idée fixe. La brune croisa les bras, toujours peu convaincue. Tant pis. Peut-être que son cerveau avait bel et bien été rongé par une toxine végétale, ou peut-être pas. Quoi qu’il en soit, il était comme il était et tout aussi horripilant qu’il lui semblait être à cet instant, elle ne pourrait pas le changer sans dépenser une montagne d’efforts qu’elle n’avait pas très envie de produire.

— Ok.

Se contenta-t-elle de dire en signe de réédition. Elle se réappuya sur la balustrade et laissa son regard dévier vers les étoiles, avant de sourire, sentant une irrépressible envie de rire la prendre.


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MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Mar 6 Nov - 15:54
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Le bon temps des autres n'était pas celui d'Olwen, il s'apaisait dans des rêves bien plus que des loisirs. Parfois, des gens venaient en partager avec lui, parfois il se contentait d'être seul, essayant d'oublier les cloisons qui l'enfermaient et le protégeaient d'un Espace implacable. La colère l'empêchait de nier, de devenir fou, être monstrueux ce n'était pas la même chose que de perdre la raison, pas tout le temps.
Les yeux sombres restaient posés sur Delaani, il comprenait qu'elle ne le comprenne pas, elle. Il ne lui en voulait pas, ne discutait pas non plus, trouvant inutile de s'épuiser sur des choses incapables de changer.
Finalement, qu'elles soient petites ou grandes, les colères d'Olwen feraient mieux de rester cachées avec lui dans le placard...
Sur Bethany, l'homme avait eu une planète entière où se cacher, lui, son anormalité. Ici, il n'y avait que les quelques mètres carré du cagibi, sinon quelque chose d elui se trouvait toujours pris aux regards accusateurs des autres.
Non olwen ne pouvait changer sa propre nature. Il pouvait en plaisanter, venait de le faire à l'instant, restait condamné par elle malgré tout.
La tristesse lui chatouillait le bout des doigts, cela était mauvais. Delaani l'avait blessé plus que de raison finalement, mais qu'importe? Si la jeune femme était ainsi avec ses certitudes, il ne pouvait lui demander de changer également. Olwen ne voulait de cela pour lui, pourquoi alors le vouloir pour elle?

L'homme préféra se reculer, comme à la recherche d'ombres qui n'étaient pas là pourtant. Cela passerait, cela passait toujours et son coeur continuait à battre. Il ne souriait pas pour autant, Olwen, essayant de ne plus penser à ce mélange de tristesse et de fureur en lui.
Il était adulte, il pouvait le faire.

”Désolé de n'être pas comme tu le souhaites.”

Un meilleur homme, un meilleur ami, un meilleur être humain simplement. Cela était idiot, d'autres que lui portaient des fautes bien plus importantes, cependant Olwen s'excusait quand même. Il n'y avait que cela à faire, et non il n'irait pas boire dans un bar, non il ne lirait pas la gazette de la flotte puisque cela ne le reposerait en rien.
Bien au contraire, cela lui apporterait des sources de stress plus qu'autre chose...
L'homme préféra se détourner, laissant à Delaani de l'espace pour elle. Quelque chose dans le visage d'Olwen était détendu à présent, triste toujours mais cela semblait faire parti de ses traits, ne changerait pas.
Il était songeur, l'esprit ailleurs, à essayer de trouver les rêves capables de le porter. Dans son esprit poussait une fleur, parfois la couleur des pétales changeait, parfois, elle fanait avant même d'éclore et il lui fallait alors tout réimaginer d'elle et de son processus de pousse. Cela le calmait, l'apaisait. Plus jeune, il imaginait des abres mais aujourd'hui Olwen n'avait plus que des fleurs.
Espaces réduits, imagination réduite, tout ça tout ça....

”Du coup, tu ne veux plus me voir? Je dois partir?”

Mieux valait demander que s'imposer. Que lui jeter sa colère au visage aussi par mégarde lorsque la jeune femme ne le méritait pas. Peut-être qu'une fois enfermé dans son bureau, Olwen pourrait dessiner la fleur qu'il avait là, dans la tête depuis quelques instants? Peut-être que oui, cela le calmerait?


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MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Mer 7 Nov - 22:19
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Son envie de rire disparut comme un amas de matière dans un trou noir. Les mots d’Olwen ne l’étonnaient pas plus qu’ils ne la blessaient. Était-ce qu’il avait compris de son petit numéro ou avait-elle une fois de plus laissé les mots et son entrain naturel trahir le contenu de ses pensées ? Delaani sentit son cœur se serrer à l’idée de l’avoir blessé par ce qu’il avait compris, par sa manière de s’exprimer et de faire. Ce n’était pas la première fois qu’elle laissait sa bouche faire sa vie – et le bon sens voulait que ce ne soit pas non plus la dernière fois – et il fallait croire qu’elle n’apprendrait jamais. C’était même pire avec qu’elle connaissait, ceux avec qui elle n’avait pas peur – à tort d’ailleurs – de parler sans réfléchir, de ne pas mesurer la portée de ses paroles ou d’anticiper une autre manière d’interprétation.

Qu’il soit ainsi ou autrement, peu lui importait. Même si ça la démangeait de convertir le monde entier à vision de l’univers, la Terrienne n’était pas assez folle pour se croire capable d’influencer d’une manière ou d’une autre la nature d’une autre personne qu’elle-même. De toute manière, elle serait la première à se plaindre si tout le monde était comme elle. Olwen était comme il était et même si l’impression de le voir passer à côté de quelque chose par nostalgie, ou par la loyauté qu’il pensait peut-être devoir à sa planète natale – allez savoir – la tuait intérieurement. Elle n’avait à vouloir le changer. La brune se redressa et se décala de la rembarre pour se rapprocher de lui, cherchant quoi dire pour le détromper.

Avant qu’une idée lumineuse ait trouvé son chemin jusqu’à son esprit pour la sauver, le biologiste reprit la parole et les bras lui en tombèrent.

— Mais non, Olwen.

Delaani secoua la tête et posa sa main sur son bras. Les mots se bousculèrent sans trouver d’ordre adéquat dans son esprit et elle hésita à ouvrir la bouche, se demandant si elle devait vraiment parler de nouveau si c’était pour empirer la situation.

— Ne pars pas.

Demanda-t-elle en redressant les épaules, lui dédiant un petit sourire.

—Et ne m’écoute pas. Qu’est-ce que j’en sais de ce qui peut te rendre heureux ou non ? Tu es mieux placé que moi pour le savoir.

Peut-être qu’elle projetait ses propres angoisses, ses propres regrets sur lui au lieu de le voir tel qu’il était aves ses rêves et ses aspirations propres. Comme si ça allait changer quelque chose pour elle. Sa main quitta le bras d’olsen et elle recula d’un pas pour se reposer contre la rembarre.

— Reste regarder les étoiles avec moi si tu veux. Promis, j’arrête de la ramener.


… mais au moins, se perdre dans l'espace, ça vous tenait occupé.                
Douglas Adams
MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Jeu 8 Nov - 14:51
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Qu'il était facile de s'égarer, d'aller au plus loin de tout, au plus loin de nous aussi. Qu'il était facile... Les doigts de Delaani sur son bras à lui, avec douceur Olwen plaça sa propre main contre celle de la jeune femme. Cela le rassura, elle, sa présence, ses geste, lui qui avait toujours l'habitude d'aller loin, beaucoup trop loin....
Olwen tourna la tête, regardant son amie dans les yeux. Cela surprenait parfois, sa manie d'ancrer son regard dans celui d'autrui, comme une violence implicite, un manque de savoir vivre caché, sournois. La nature d'Olwen était celle d'un homme sauvage forcé à la civilisation.
Avec douceur, il détacha les doigts de Delaani de son bras, son stupide bras à lui, et puis il les porta à ses lèvres, les embrassa. Plus un souffre qu'un baiser en vérité...

”Je ne veux pas te rendre triste, Delaani : tu es mon amie et je sais qu'il faut parfois du courage pour apprécier un homme comme moi. Regardons les étoiles, cela me plait...”

Et, lorsqu'Olwen lui lâcha la main, ce fut aussi délicatement qu'il le pu, de la même manière qu'il aurait aidé un oiseau à s'envoler. Sans le retenir, sans vouloir l'attraper à nouveau, sans le regretter. Car chacun de ses gestes étaient ainsi, qu'ils soient portés par la colère la plus profonde comme par d'autres sentiments : sans regrets. C'était ainsi qu'il vivait : s'empoisonnant de ténèbres, pas de rancoeurs.

”J'aimerai être assez romantique pour me dire que quelqu'un m'attend dans les étoiles, mais bon...”

Un demi-sourire lui plissa les lèvres un peu, juste un peu. Une ombre plus qu'un geste, comme toujours, ainsi portait-il ses émotions, par les ténèbres. Et, petit à petit, Olwen se mit à parler. Voix grave, comme toujours, et dedans ce qui pourrait être l'accent de Bethany, pour peu que cela ait un sens.
Cela n'en avait pas. Une planète natale perdue, quoi que l'on dise, quoi que l'on fasse, on ne pouvait rien y changer.

”Comme un but au voyage, quelqu'un pour me montrer que la musique est belle, qu'on peut encore danser dessus. Une princesse lointaine dans les étoiles, après tout, pourquoi pas une princesse, hein? On peut toujours rêver..”

Et peut-être qu'il finirait sa vie ainsi, Olwen, un vieil homme avec la tête tournée vers les étoiles. Et puis des fleurs dans la main aussi, car n'était-ce pas son rôle? Des fleurs, des plantes, ce genre de choses... Tout autour d'eux, les étoiles n'étaient rien d'autre que de multiples points lumineux avec un coeur peut-être, mais pas de vie. Une tristesse de plus à porter, Olwen le faisait sans émotion.
Le silence revint, comme un manteau confortable sur leurs épaules à tous deux. Quelque chose du gamin qu'il avait été semblait survivre dans la présence d'Olwen, une jeunesse pas partie, juste cachée.

”Tu connais pas de princesse par hasard, hein? Dommage...j'aurai essayé. “


There should be a science of discontent. People need hard times to develop psychic muscles.
by wiise
MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     Ven 9 Nov - 12:37
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C’était elle qui aurait dû avoir ces mots, songea-t-elle en l’observant porter ses doigts à ses lèvres, avec, pour elle, un regard pénétrant et fixe. Son regard sauvage – celui de quelqu’un qui ne trouve pas son reste dans la société humaine – lui rappelait celui que Qordis pouvait avoir. Moins doux, moins rêveur, mais tout aussi singulier et séduisant. Peut-être qu’elle préférait juste la compagnie de ceux qui osaient sortir du moule. Mais même s’il n’était pas comme tous ceux qui se raccrochaient à leurs bonnes manières et aux coutumes de leur havre, ça ne voulait pas dire qu’elle devait se comporter comme une sauvage sans s’excuser. Et des deux, la Terrienne aurait sans doute été la plus à même à se morigéner de chagriner l’autre, même si c’était pour la bonne cause. Il ne lui en voulait pas d’essayer de lui implanter ses propres idées sur ce que devait être le bonheur, sur ce qui devait être recherché dans la vie… C’était déjà ça.

Sans un mot, Delaani se rappuya sur la rembarre, essayant de laisser un peu d’espace mental à Olwen. Elles les préféraient tous les deux ainsi : à profiter des étoiles sans se prendre la tête sur ce qu’il convenait de faire de sa vie. Un sourire étira ses lèvres en l’entendant parler de romantisme. Si quelqu’un s’y connaissait dans ce domaine, c’était bien la brune. La pire fleur bleue de toute la galaxie. Même si elle pouvait être imbuvable comme personne, ça ne l’empêchait pas de frissonner en lisant des romances, d’imaginer ou d’espérer pour elle, pour les autres, mille et une possibilités ravageant la raison. Dans ce domaine, il fallait dire qu’elle avait été plutôt gâtée jusque là. Et si Olwen manquait de romantisme, elle en avait suffisamment pour deux.

— Ça, tu ne sais pas. Tu as peut-être fais des ravages dans le cœur de quelqu’un sans le vouloir. Et ce quelqu’un t’attend peut-être.

Elle tourna la tête vers lui juste à temps pour voir l’ombre d’un sourire détendre ses traits. Quelque chose dans son attitude lui fit pressentir qu’il en avait plus à dire sur ce sujet – même s’il se croyait manquer de billes de ce côté-là. Pour ne pas rire de ce manque de foi total, la Terrienne dut se mordre la lèvre et s’échina à reprendre le contrôle de son visage avant de regarder vers Olwen.

Hm. Peut-être que tout espoir n’était pas perdu pour le scientifique. Il avait de charmants rêves pour quelqu’un qui voyait le bonheur comme une perte de temps. Mais est-ce qu’une telle personne existait dans l’univers ? Une princesse pour Olwen, lointaine, perdue, joyeuse ? Déjà, il aurait fallu le pousser à quitter la Flotte, visiter de nouveaux endroits, rencontrer de nouvelles personnes, chercher sa princesse. À son ton, elle sentait bien qu’il ne s’agissait que d’un mirage, une idée séduisante qu’il ne chercherait pas à concrétiser, aussi belle soit-elle.

— Désolée, je peux re-regarder mon carnet d’adresse, si tu veux…

Lança-t-elle sur le ton de la plaisanterie avant qu’une pensée, tout à fait sérieuse, ne lui traverse l’esprit et qu’elle coule un regard vers lui, un sourire flottant sur les lèvres.

— Ou je peux essayer de t’en trouver une…

Est-ce que trouver la perle rare pour le scientifique sur cette agglomération de vaisseaux se dessinait comme une mission séduisante et digne de son attention ? Oui. Tout à fait.


… mais au moins, se perdre dans l'espace, ça vous tenait occupé.                
Douglas Adams
MessageSujet: (#) Re: Look what the cat dragged in || Olwen     

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