Jamais sans mon thé ~ Ledward
MessageSujet: (#) Jamais sans mon thé ~ Ledward     Dim 12 Aoû - 12:39
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Tout était une question de mouvement. Le mouvement. Du mouvement. Ce mouvement. Elle le connaissait par cœur. Elle avait vu sa mère le faire. Elle avait vu sa sœur le répéter. Combien de fois était-elle tombée par terre, la respiration coupée à cause des crises d’asthme qu’elle faisait depuis son plus jeune âge? Sa mère refusa pendant longtemps de l’amener voir un médecin pour la soigner par autre chose que des plantes.

Alors lorsqu’elle avait vu cet homme s’arrêter sous ses yeux avec cette gêne respiratoire sans sortir son spray d’un bronchodilatateur pour calmer la crise, elle le regarda quelques secondes avant de se retourner pour y chercher ce qui pourrait lui permettre d’attendre les secours en fonction de la gravité de sa crise sans s’effondrer sur le sol, agonisant d’angoisse. Elle reconnaissait ce son qu’elle avait trop entendu enfant.

Helios développait les arbres, notamment fruitiers mais certains dômes possédaient des arbres qu’elle affectionnait encore plus. Ceux dont elle connaissait les noms, les anciens noms d’une langue morte qui n’avait plus lieu d’être. Les arbres avaient été reconditionnés de telles sortes qu’ils puissent se développer dans un lieu limité. Les racines étaient elles aussi confinées pour ne pas sortir de l’espace prévu afin qu’aucune d’elles n’empiète l’espace de l’autre, ni n’atteigne les parties inférieures du vaisseau là où la nature n’avait pas lieu d’être.

Pour calmer les crises d’asthme, plusieurs plantes étaient possibles, mais la flotte ne les possédait pas toutes, certaines n’existant que sur Terre ou sur Bethany, dans des souvenirs enregistrés à jamais dans le codex que sa mère avait tenu. L’Eucalyptus n’avait pas pour première priorité de traiter les crises d’asthme à proprement parlé, mais calmait tout de même les inflammations des voies respiratoires. L’arbre était connu pour être immense mais ce dernier avait été modifié de sorte qu’il soit petit. Les branches étaient atteignables en prenant un peu d'élan. La blonde sauta, manqua de tomber, se réceptionnant mal sur ses pieds mais avait dans sa main une branche d’une vingtaine de centimètres.

Kara vint se mettre à sa hauteur en boitillant légèrement, ignorant les regards des curieux alors qu’elle arrachait les feuilles et les fleurs pour finir par les frotter entre ses mains avec une certaine vivacité.

Je vais vous aider, dit-elle calmement en sentant ses mains où se dégageait rapidement une légère odeur citronnée. Respirez ça.

Le mouvement. Elle les joignit de telle sorte qu’il puisse voir ce qu’il y avait à l’intérieur où étaient les feuilles. La jeune femme lui laissa une courte seconde afin de mettre ses mains autour de son nez et de sa bouche, suffisamment espacées pour ne pas couper une entrée d’air. Elle avait souvent vu dans le regard de sa sœur, la peur de ne plus respirer, ce regard hagard avec la sensation de mort imminente qui est entraînée par l’asphyxie. Pourtant la toux et son irritabilité ainsi que sa fatiguée étaient souvent les signes d’alerte d’une crise mais sa petite sœur ne les traduisait pas de la même manière que son aînée et sa mère.

Respirez, regardez-moi, respirez, murmura-t-elle d’une voix douce.

L’horticultrice le guidait dans sa respiration comme sa mère avait toujours fait, le forçant à prendre de plus en plus de grande inspiration pour laisser ses poumons se libérer du mucus accumulé par un trop grand effort. Elle respirait en même temps que lui pour l’obliger à se concentrer sur autre chose que sur ce qu’il était en train de vivre. Elle restera ainsi jusqu’à ce qu’elle entende sa respiration se calmer suffisamment pour lui demander afin d'évaluer la nécessité d'appeler les secours ou non:

Ça va mieux ?  


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MessageSujet: (#) Re: Jamais sans mon thé ~ Ledward     Lun 13 Aoû - 0:16
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Ledward serra la main sur le jeton qui se trouvait dans sa poche lorsqu'il sentit le léger malaise commencer à poindre. Il avait décidé de traverser l'Helios pour retourner sur l'Argus, se disant qu'un peu de marche dans les jardins lui ferait peut-être oublier l'altercation qu'il avait eu quelques heures plus tôt avec son ex femme. Même après plusieurs années de divorce, la rancœur subsistait entre eux. Au point où des paroles, douloureusement honnêtes, avaient été prononcé d'un côté comme de l'autre, comme pour poignarder l'ancien amour, l'ancien amant, avec des mots aussi redoutables que les surins que Ledward avait déjà vu entre les mains de quelques voyous de moyenne classe.

Sauf que Ledward ne savait pas se promener. Il marchait d'un point A à un point B le plus rapidement possible, la nuque baissée pour ne regarder que les endroits où il marchait, le pas énergique et pressé. Sauf que voilà, aujourd'hui, c'était pas le bon jour. Ses poumons jouaient à la loterie depuis un petit moment, essayant de l'étouffer de plus en plus souvent, aléatoirement. Il ne prit pas garde au signe dans un premier temps. Il était peut-être juste essoufflé. Il pouvait tenir encore un peu. Cette situation l'énervait. Ne pas avoir le contrôle de son propre corps l'énervait. Ne pas avoir le choix l'énervait. Et il n'avait personne à qui s'en prendre, même s'il trouvait quand même moyen, comme toujours, de rabattre la faute sur l'inspecteur Morales. Connard de fumeur d'antiquité, tu m'as bousillé les poumons. C'était pas ce qu'on lui avait dit ? Que le tabagisme passif faisait encore plus de dégâts ?

Sa respiration se fit alors plus rauque, signe qu'il aurait du ralentir lorsqu'il le pouvait encore et il porta une main à son col avant de chercher à inspirer plus fort, s'arrêtant progressivement en luttant contre l'impression de plus en plus angoissante qu'il allait étouffer ici même, dans ce putain de vaisseau pour touristes. Ses pas s'arrêtèrent définitivement et il chercha autour de lui appui, un banc, un endroit où ne pas s'écrouler complètement comme un sac, mais avec un minimum de dignité. Au moment où il posa une main sur le mur le plus proche pour se maintenir debout, il commença à tousser.

Alors seulement, une voix lui fit redresser la tête, découvrant une blonde inconnue qui lui promit de l'aide avant de lui ordonner de respirer ses mains. Le premier réflexe de l'inspecteur, idiot mais humain, fut de vouloir la repousser de sa main libre, ne comprenant pas comment bloquer un peu plus l'air d'entrer dans ses poumons pourraient bien l'aider, commençant à s'imaginer qu'elle voulait achever de l’asphyxier. Finalement, il abdiqua à la raison et à sa faiblesse en acceptant de respirer les feuilles qu'elle tenait entre ses mains, l'air sifflant en passant à travers ses bronches irritées.

Il lui fallu quelques minutes encore pour que sa respiration, sagement calée sur celle de l'inconnue, ne s'apaise et ne reprenne un rythme normal. Lorsqu'il estima pouvoir respirer sans assistance, il se redressa et prit une grande inspiration, comme s'il avait, en quelques minutes de panique, oublier ce que c'était de pouvoir inspirer un grand coup. Il aurait pu ne pas s'en sortir si facilement, pour cette fois. Sans parler tout d'abord, il hocha la tête, puis ramena son poing droit devant sa bouche pour s'éclaircir bruyamment la gorge, tendis que de l'indexe gauche, il désignait les plantes qu'elle tenait dans la main.

-J'crois que... il toussa faiblement une fois. C'est pas permis, d'arracher les feuilles des arbres, acheva-t-il finalement d'une voix encore un peu étouffée.

Il secoua la tête de gauche à droite et lâcha un faible rire de soulagement avant de s'adosser au mur qui lui avait servit à se maintenir, se laissant glisser en position assise sur le sol. L'argus attendrait. Cette fichue affaire de désertion attendrait aussi. L'inspecteur Holloway prenait sa pause.

-J'passerais d'sus pour cette fois, j'pense, marmonna-t-il alors, pour achever sa plaisanterie douteuse. Il se massa la gorge, puis déboutonna le col de son uniforme. Merci. J'vous en dois une, j'crois bien. C'est quoi vot'nom ?
MessageSujet: (#) Re: Jamais sans mon thé ~ Ledward     Lun 13 Aoû - 11:55
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Il avait tenté de la repousser mais qui ne l’aurait pas fait ? Pourtant la blonde n’en avait pas tenu compte, posant ses mains autour de son nez pour le forcer à respirer, le guidant avec la même technique que sa mère utilisait sur sa petite sœur jusqu’au jour où cela ne fut plus suffisant, se retrouvant obliger à consulter un médecin pour ne pas perdre sa fille.

Assise à côté de lui, elle ne le lâchait pas des yeux, inspirant et expirant à un rythme lent et maîtrisé. L’homme finit par retrouver une respiration pouvant être considérée comme normale et son premier réflexe fut de se lever et de prendre une grande bouffée d’air. Kara se tourna légèrement, toujours assise, pour le suivre du regard, ses mains se posant sur ses cuisses, pour se joindre, serrant un peu plus les restes de feuilles écrasés. La jeune femme lui demanda s’il allait mieux, ce à quoi, il répondit par un simple hochement de tête, expectorant une toux grasse lié à sa crise. Sa main se tendit vers elle, pointant du doigt la branche qu’elle avait arrachée un peu plus tôt. Ses paroles la firent tomber de haut. Ses yeux s’écarquillèrent d’incompréhension, un air de panique s'y installant.

L’horticultrice avait immédiatement vu sa tenue noire, lui indiquant qu’il faisait partie des forces de l’ordre, plus précisément des miliciens mais elle ne pensait pas qu’il allait être tatillon sur son choix de l’aider ce qui impactait d’abîmer l’environnement et qui était contraire aux règlements. Elle était passée outre. Et bien qu’une toute petite voix dans sa tête lui disait d’aller se faire voir, la jeune femme était incapable de dire tout haut ce qui la traversait à cet instant. Tel un poisson hors de l’eau, elle était dans l’impossibilité de parler, sa bouche s’ouvrant et se fermant toute seule. Elle eut le souffle coupé mélangé à un bref rire nerveux, ses yeux bleus tombèrent sur ses paumes tachées d’une pellicule d’un vert transparent légèrement collant. Elle referma ses mains pour jouer par automatisme avec sa bague.

Euh… Je …

Redressant la tête, le milicien lâcha un rire à moitié étouffé, se laissant tomber au sol, appuyé contre un muret. Kara secoua doucement la tête, esquissant un petit sourire en l’entendant dire qu’il ferait l’impasse sur ça, pas vraiment rassurée. Avait-il essayé de faire une blague ? Cette dernière n’avait pas trouvé son public. Alors qu’il détachait le col de son uniforme, il la remercia. Elle répondit d’un simple signe de la tête suivi d’un haussement des épaules. Il lui en devait une, selon ces dires.

Ce n’est pas la peine,  répondit-elle simplement en tourna la tête de sorte de pouvoir le voir assis par terre à côté du banc. Euh.. Kara ...

L’idée de faire les présentations ne lui vint même pas en tête. Et encore moins de faire la présentation complète de son patronyme. Lui demander son nom en retour alors qu’elle n’attendait rien de lui ne lui traversa même pas l’esprit. Bien qu’avoir un milicien sous le coude pouvait toujours être utile mais l’horticultrice n’était pas de ces personnes qui agissaient pour avoir en retour des faveurs. Elle n’attendait rien des autres parce qu’elle n’avait pas le courage leur demander, pliant l’échine à satisfaire tout le monde pour ne pas faire de vague. C'était les autres qui profitaient d'elle et elle n'en était pourtant pas heureuse car parfaitement consciente de sa condition.

Vous devriez aller sur le Regina pour voir un médecin. Vous allez vous sentir mieux mais ça risque de recommencer et vous risquez de vouloir m’arrêter pour arracher d’autres branches …

Kara n’allait pas lui expliquer que c’était dans l’urgence qu’elle avait agi et qu’il aurait fallu un inhalateur pour vraiment décrasser ses poumons. Le milicien allait pouvoir respirer convenablement dans l’heure qui suit mais au moindre effort, il allait replonger. Elle voulait lui proposer de l’accompagner jusqu’au vaisseau médical mais bien que l’idée lui traverser l’esprit, elle n’osa pas la lui soumettre.
 


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MessageSujet: (#) Re: Jamais sans mon thé ~ Ledward     Mer 15 Aoû - 19:56
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Visiblement, sa tentative d'être fin tomba aussi plat qu'une affaire de vol de biscuit. Ledward n'en prit pourtant pas ombrage pour cette fois, occupé à inspirer ce qui lui semblait être l'oxygène le plus pur qui soit jamais passé par ses bronches. Ça faisait toujours aussi mal, cette histoire. Heureusement que ça n'arrivait pas souvent. Il aurait bien pensé à consulter, à aller voir une pneumologue ou autre, mais la dernière fois qu'il en avait vu une, il l'avait giflée. Ça calmait généralement l'enthousiasme du corps médical. Il avait foutu son affaire en l'air à cause de ça d'ailleurs, on la lui avait retiré aussi vite qu'il avait abattu sa paume sur la joue de celle qu'il interrogeait.

En tout cas, il n'aurait sans doute pas eu beaucoup plus de succès dans un interrogatoire avec cette femme. Elle cherchait ses mots, apparemment pas du genre bavarde tandis qu'il appuyait sa tête contre le mur qui le soutenait, l'observant attentivement. Refuser un service de la part d'un milicien en uniforme, c'était quand même pas commun. Il se demanda instantanément quel genre de personne elle était, ce qui l'avait rendu si prompt à l'aider et d'où elle tirait ses connaissances. Il ne croyait pas en la générosité gratuite, malgré tout ce qu'il avait pu voir ici, sur la flotte. Ou peut-être était-ce à cause de ce qu'il avait vu ici ?

En tout cas, à présent un avait un prénom à mettre sur la tête blonde ce cette femme. Kara. Un diminutif peut-être ? Ou bien un prénom à part entière, juste court. Tout comme lui, elle laissa son nom de famille de côté, il n'y avait rien de formel dans cette rencontre et Ledward ne comptait pas inspecter son terminal pour vérifier que tout était en règle. C'était de toute façon pas son taff. Idem pour jouer les plantons sur les plateformes. Ses collègues non inspecteurs avaient récupéré le job ingrats des douaniers pour le coup, à faire la circulation et il était ravi d'y avoir échappé. Ou du moins, d'y échapper tant qu'il ne dépassait pas trop les bornes.

Sa proposition d'aller voir un médecin sur le Regina lui arracha un grognement négatif, tandis qu'il secouait la tête doucement de gauche à droit. Non, il n'avait pas besoin d'aller voir un médecin. En revanche, il ricana devant sa remarque sur le fait qu'il risquait de devoir l'arrêter pour de bon, s'il ne le faisait pas, à force d'arracher toutes les feuilles des arbres de l'Helios.

-Si ça recommence, j'me plaindrais plus. Vous avez d'sacrés réflexes. Vous êtes médecin vous aussi ? Hasarda-t-il.

Ça expliquerait en partie comment elle avait su qu'un peu de plante qui sent bon allait l'aider à respirer. Quoi qu'à la réflexion, les médecins du Regina n'étaient pas vraiment adepte de l'idée de vous coller des feuilles sur la gueule pour que ça aille mieux. Ils préféraient les tubes, les machines et les piqûres pour êtres sûr que les gens veuillent pas y revenir. Ça avait marché pour Ledward. Il n'aimait pas particulièrement le vaisseau hôpital de la flotte.

-Non 'tendez. Laissez-moi d'viner.

Il tourna un peu plus la tête pour la scruter de haut en bas, cherchant des indices dans sa posture, dans ses vêtements, sur son visage ou ses mains jointes sur le reste de feuille. Pas d'uniforme pour l'aider. Ou en tout cas, pas un qu'il reconnaissait. Pas particulièrement la tête de quelqu'un de fatigué de voir des connards aux urgences parce qu'ils se sont explosés le doigt de pied sur un coin de table. Pas particulièrement l'attitude de quelqu'un qui parle aux inconnus de manière générale. Pas un médecin donc. Mais quelqu'un avec des connaissances en plantes. Dont les plantes qui soignent.

-Z'êtes... chercheuse biologiste ? Spécialisée dans les plantes ?
MessageSujet: (#) Re: Jamais sans mon thé ~ Ledward     Ven 17 Aoû - 12:17
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Le milicien émit un grognement, lui faisant comprendre qu’il n’avait pas l’intention d’aller voir un médecin, de se faire soigner. Peut-être que son état n’était pas si grave mais que la blonde avait été alertée par les premiers symptômes la renvoyant à l’état presque catatonique dans lequel sa sœur était tombée ? Il était devant elle lorsqu’il s’était arrêté, coincé par sa respiration, tombant là où il s’était posé mais il ne l’avait pas vu, trop absorbé par sa situation et ignorant, sans surprise, la jeune femme assise sur ce même banc qui l’avait regardée, invisible. Qui l’aurait vue après tout ? Kara avait été la plus à même d’agir par ses connaissances mais par sa proximité. Il eut un bref rire qu’elle ne comprit pas au sujet de son arrestation. Rien n’était drôle dans ses paroles mais elle n’en tint pas compte. L’homme la gratifia d’un compliment sur ses réflexes auquel elle associa un faible sourire à la limite de la gêne, fuyant son regard pour observer l’arbre où il manquait à présent un petit morceau.

Elle ramena ses jambes contre elle, les entourant de ses bras, secouant la tête négativement lorsqu’il lui demanda si elle était médecin. Elle aussi ? Que voulait-il dire ?

Je … Amorça-t-elle comme réponse mais le quarantenaire l’interrompit, préférant deviner son métier, ayant pour premier indice qu’elle n’était pas dans le médicale.

Posant sa tête de sorte qu’il ne puisse voit que ses yeux, elle croisa les siens en train de la scruter, l’air songeur en pleine réflexion sur la nature de son métier. Cet homme n’était pas un simple milicien, Kara ne pouvait l’expliquer. Peut-être parce qu’il aimait résoudre des questions mais partir de cette idée n’était pas suffisant. Alors qu’il pouvait simplement avoir la réponse en lui demandant. Elle lui laissa le temps de peser les pour et les contres pour évaluer son travail. Sa réponse tomba et parce qu’elle était cachée, un sourire amusé se dessina sur ses lèvres. Elle eut un faible mouvement de tête pour lui dire qu’il avait faux.

Ma mère … Commença-t-elle à dire en se redressant légèrement pour lui répondre, s’arrêtant en regardant le sol. Inutile de lui raconter sa vie, elle n’avait pas à l’embêter avec ça. Je suis horticultrice mais j’ai quelques connaissances sur les plantes médicinales. Ma sœur avait … a le même problème que vous. Sauf qu’elle se soigne.

Tu ne peux pas t’en empêcher de t’étaler. Qui va sincèrement s’intéresser à toi ? Retourne à ton domicile et fait toi oublier. Kara n’avait pas envie de bouger pourtant, elle se sentait bien à observer les lieux, à laisser son esprit partir loin dans des contrées inconnues, loin de ce qu’elle était, à imaginer une vie sur une planète riche en végétation, avec une petite maison au bord d’un lac. Seule. Ce détail qu’elle n’avait pas pris en compte avant ces dernières semaines.

Avec de l’eau chaude, reprit-elle en osant reposer son regard bleu sur lui, une bassine, un drap et quelques feuilles du troisième arbre en partant sur la … Gauche, que je ne vous ai pas montré, (elle venait de faire un geste dans la direction de l’arbre) vous … Pouvez reculer le moment où vouloir … Et devoir aller sur Regina ne sera plus un choix mais une obligation. Il existe d’autres méthodes mais, seul, c’est … La plus simple.

La plus simple, oui, lorsqu’il était possible de récupérer tout ce matériel. Il n'y a que toi pour avoir ça ... L’eau chaude d’une douche n’était pas le plus efficace, le bol n’était pas facilement trouvable et les plantes … En dehors d’un contact travaillant sur l’Helios, il n’était pas évident d’en récupérer. Et qui se soignait de cette manière quand les médicaments et les soins médicaux étaient à la pointe de l’excellence ? Des étranges personnes comme pouvait l’être la blonde et feue sa mère. Elle n’irait pas jusqu’à lui expliquer d’autre procédé comme la fumigation mais qui relève de l’étrangeté, du spectacle, rappelant à l’imagination de vieilles histoires provenant de la Terre dont les coutumes étaient étranges à une époque où la médecine n’était pas officielle. Et l’odeur de la fumée, bien que plaisante aux narines de l’horticultrice ne pouvait pas plaire à tout le monde.

Est-ce que vous arriverez à rentrer chez vous ? Demanda-t-elle alors qu’il ne s’était toujours pas relevé du sol.

Le milicien n’avait certainement pas fini sa journée mais il était impensable pour Kara qu’il reprenne le travail après une crise. Mais la blonde n’avait pas son mot à dire et ne chercherait pas à le dissuader. Qui était-elle pour lui imposer sa façon de penser, de voir les choses ? Qui était-elle pour lui dire quoi faire ? Elle n’était personne.

 


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MessageSujet: (#) Re: Jamais sans mon thé ~ Ledward     Ven 31 Aoû - 22:11
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Eh bah merde alors, pas médecin, pas chercheuse, il avait peu d'indice, mais ça n'était pas l'une de ces deux options, elle devait au moins travailler dans les plantes, soit en tant que maraîchère ou horticultrice. En tout cas, c'était une étrange personne, Ledward pouvait en juger à présent qu'il avait complètement repris ses esprits. Elle n'avait pas l'air particulièrement sensible à son humour, mais ça n'était pas inhabituel, en revanche elle semblait regretté qu'il l'ai pas juste remercié et se soit barré directement. Pas qu'elle était pas causante, mais comme il l'avait déjà remarqué, elle était pas ce qu'on pourrait appeler à l'aise en sa présence.

Elle essaya de commencer à lui raconter une histoire partant de sa mère, mais changea d'avis et Ledward se déplaça de façon à pouvoir mieux l'observer. Il n'aimait pas ne pas voir correctement ses interlocuteurs, autant par méfiance que par habitude. Bingo, elle était horticultrice, un point pour Ledward, mais il aurait sans doute pu le deviner plus vite, les chercheurs de la flotte avaient tous cette attitude idiote des gens qui croient tellement en savoir qu'ils se pensent dispensés de communiquer avec le reste de la plèbe. Elle, elle avait pas l'air de se pensée dispensée. Juste pas à l'aise.

D'ailleurs, elle en disait peu, mais au moins elle répondait à ses questions, simplement. Tant mieux, pas qu'il se fichait de sa vie personnelle, mais il savait d'avance qu'il n'aurait pas la patience de supporter une longue conversation. Il préférait les conversation efficaces. Il voulait un truc, on le lui donnait et il voulait bien se montrer un minimum plus agréable que d'habitude. Ou pas. Les aléas du métier. Il écoutait cette femme par politesse, parce qu'il lui était redevable, mais aussi parce qu'il avait posé la question, donc à lui d'écouter jusqu'à la fin.

C'est ainsi qu'il apprit que sa sœur avait des problèmes pour respirer elle aussi, puis qu'elle par contre, elle avait l'intention de survivre donc elle se soignait. Le reproche passa au dessus de sa tête, il se fichait bien de son avis sur la façon dont il gérait sa propre santé. Il s'était foutu les pneumologues de la flotte à dos au début de l'année, il avait pas envie de subir un examen désagréable avec un type désagréable qui serait en rogne parce qu'il avait fait son taff. Il avait pas envie de se retrouver à vouloir casser la gueule au personnel hospitalier, ça faisait tâche.

-Ouais, j'y penserais, dit-il en jetant un coup d’œil vers l'arbre.

Si ça pouvait retarder le moment où il irait sur le vaisseau, il voulait bien s'enfoncer les feuilles dans les narines tous les soirs. Cependant, sa solution supposait qu'il avait certains objets, hors il ne les possédait pas et n'aurait clairement pas envie d'aller faire des emplettes pour en récupérer. En plus, prendre les feuilles sur les arbres, c'était pas permis. Filer des baffes à des suspect non plus, mais c'était pas le même genre de truc à assumer, et se faire mettre à pied pour avoir fait cueillette, c'était quand même bien plus la honte.

Lorsqu'elle lui demanda s'il pourrait rentrer chez lui, il se releva et s'épousseta, regardant autour de lui avant de se frotter les mains entre elles. Ouais, il pourrait rentrer chez lui, mais il n'allait pas le faire. Sa journée n'était pas fini, des trucs à faire qui ne pouvaient pas attendre demain devaient être réglé avant la fin de son service, puis l'idée qu'on lui colle quelqu'un pour faire quelque chose à sa place lui filait des aigreurs.

-Ouais, mais c'pas l'heure encore. Il regarda autour de lui. Elle lui avait quand même bien sauvé la mise, il se voyait déjà étouffer sur le sol jusqu'à être emporté de force au regina. Ça le faisait chier de partir sans lui filer un truc pour la remercier. Est-ce qu'vous avez b'soin de què'qu'chose ? Tant qu'j'suis là, pour vous remercier, insista-t-il.
MessageSujet: (#) Re: Jamais sans mon thé ~ Ledward     Jeu 13 Sep - 16:37
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Les conseils donnés par l’horticultrice semblaient lui passer par-dessus. Il les avait pourtant écoutés sans broncher mais ne devait pas être le genre de personne à recevoir des conseils et encore moins se soucier des avis d’autres personnes, notamment des personnes en dehors de son cercle de vie. Normal et peu surprenant.

Kara n’allait pas lui dire qu’elle avait le matériel décrit quelques secondes plus tôt car cela serait sous-entendre qu’elle avait aussi les plantes nécessaires pour et qu’elle aurait fait quelque chose d'interdit. Le dire à un milicien ne serait pas très malin de sa part. Et pourtant, la jeune femme ramenait régulièrement des feuilles et autres fleurs qu’elle avait récolté. Elle se croyait parfois invisible tant elle ne se faisait pas remarquer.

Le milicien se redressa sans trop de difficulté, arrangeant sa tenue tout en lui confirmant qu’il n’aurait pas de mal mais qu’il n’avait pas encore fini sa journée, ce dont la jeune femme se doutait. Il insista, voulant la remercier en lui rendant un service ou autre. La blonde tenait toujours ses jambes contre elle, la posture naturellement droite, un regard dans le vague. Que pouvait-elle bien lui demander en retour de son aide ? Peut-être pouvait-elle lui demander de faire l’impasse si un jour, un de ses confrères l’arrêtaient la main dans le sac, enfin la main sur l’arbre ? Bien qu’elle pouvait profiter de l’aide d’un milicien, cela ne lui traversait pas l’esprit. Elle n’avait besoin de rien. Et il n’était pas en son pouvoir de lui ramener son ex-époux et effacer ses dernières semaines. Et si elle lui proposait d’aller boire un verre après sa journée ? C’était un service comme un autre. Après tout, c’était une main tendue qu’elle devait attraper.

Je … Commença-t-elle à dire avant de s’arrêter, le regard fuyant, rosissant légèrement à cette idée saugrenue.

Ma pauvre fille. Incapable de rester seule plus longtemps. Pathétique, pitoyable. Fais comme d’habitude, n’ose pas demander. C’était encore trop compliqué. Elle voyait déjà le pire arriver. L’ennui d’une conversation fade et vide de sens qu’elle ne pourrait qu’offrir tant ils n’avaient rien en commun surtout qu’il n’avait pas la gueule d’une personne très bavarde. Au moins, il pourrait rire de son manque d’endurance concernant la boisson. Elle possédait pourtant de l’alcool fort chez elle mais ne l’utilisait que pour ses élixirs, teintures et autres liqueurs médicinales.

Je ne vais pas vous faire perdre votre temps, finit-elle par dire après quelques secondes et un hochement de tête. Vous ne m’êtes redevable en rien, surtout que je n’ai, dans l’immédiat, rien à vous demander.

Et surtout qu’elle ne lui demandait rien en retour. C’était plus lui qui avait besoin de son aide et non l’inverse. Kara s’attendait à ce qu’il le prenne pour crédit comptant et profite de cette réponse pour s’éloigner, satisfait de ne pas avoir besoin d’aller au Regina malgré une santé défectueuse.  



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MessageSujet: (#) Re: Jamais sans mon thé ~ Ledward     Jeu 20 Sep - 17:49
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L’idéal aurait quand même été qu’elle ait quelque chose à lui demander. Une amende à faire sauter, un type lourd qui l'emmerderait ou bien même un ou l’autre petit délit sur lequel il aurait pu fermer les yeux pour la remercier. Il aurait pu y rester, ici, c’était bien normal qu’il lui propose de la dédommager comme il le pouvait. On pouvait le traiter de con, mais pas d’ingrat. Cependant, il semblait qu’il avait en face de lui une honnête citoyenne qui vivait dans la tranquillité et n’avait pas besoin des services d’un inspecteur de la milice. C’était tout à son honneur, mais ça n'arrangeait pas ses affaires, pour le coup.

Il fouilla dans ses poches à la recherche de sa cigarette électronique, posa les doigts dessus, puis changea d'avis. Il avait une très grosse envie de tirer dessus, mais le faire devant sa sauveuse alors qu’elle venait de l’empêcher de s’étouffer n’était peut-être pas l’idée du siècle. À la place, il serra les points un instant et sortit une main pour la passer sur sa nuque, visiblement contrarié. Il fumerait une fois plus loin.

-Bon, ça m’fait chier d’vous laisser partir comme ça, sans rien pour vous r’mercier.

Il faisait preuve d’autant de manières que d'habitude, c’est-à-dire très peu, et il s’en souciait autant que d'habitude, c’est-à-dire pas du tout.

-Sortez vot’ terminal, j’vais vous donner mon numéro, pis si jamais z’avez b’soin d’quoi que ce soit, vous m’appelez ou vous m’envoyez un message.

C’était le minimum qu’il pouvait faire. S’il n’y avait rien à faire pour le moment pour lui rendre son service, au moins il aurait bonne conscience en lui donnant le moyen de lui demander la pareille, si jamais elle avait besoin. Ou au moins une partie de ce service.

-Vraiment n’importe quoi, si un collègue a moi vous emmerde, si vous avez un truc lourd à déplacer, si vous avez b’soin d’parler même. Il fit une pause. J’sais pas si j’suis la compagnie la plus agréable que vous pourrez avoir, mais j'essayerai si y a b’soin.

Il ne voulait pas lui mentir en disant que son épaule était la plus confortable pour pleurer, mais au moins elle était solide. Cependant, elle aurait sans doute des amis ou d’autres personnes plus à même de lui offrir du réconfort en cas de besoin donc il ne s’inquiétait pas vraiment qu’une telle opportunité lui soit donnée de montrer pourquoi sa femme avait divorcé et sa fille avait suivi le mouvement.

En tout cas, il pouvait désormais retourner vaquer à ses occupations, vivant, et la conscience tranquille. Alors là-dessus, il attendit qu’elle soit prête pour lui donner son numéro de terminal, puis le lui dicta, avant de regarder à droite et à gauche, cherchant à savoir s’il voulait continuer de remonter les bretelles des gens sur sa liste ou rentrer au commissariat de la milice pour commencer un rapport et rassembler ses pistes avec celles de son coéquipier du moment. La paperasse ne le tentant pas, il prit le parti de continuer ce qu’il comptait faire avant de suffoquer.

-Bon, s’fut un plaisir. Merci encore, conclut-il en mettant deux doigts sur sa tempe.

Sur ce, il tourna les talons, puis s’en alla dans la direction qu’il avait choisi d'emprunter.


MessageSujet: (#) Re: Jamais sans mon thé ~ Ledward     Sam 22 Sep - 19:31
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Faire taire cette voix qui s’esclaffait dans son for intérieur, comment y arriver ? Rabaissante, humiliante, elle voulait l’obliger à réagir pour la faire devenir autre chose, pas cette insignifiante personne qu’elle était. Pour pouvoir répondre à cet homme à la gueule cassée et loin d’être désagréable à regarder qu’il pouvait lui offrir un verre ou mieux encore qu’il y avait un bon moyen de la remercier et que cela se passait dans sa cabine.

Sa réponse ne devait pas lui plaire, peut-être parce qu’il n’aimait pas devoir un service à quelqu’un alors qu’elle insistait à son tour pour qu’il ne se sentent pas redevable envers elle. Il ne serait même pas surprenant qu'en la croisant ici ou ailleurs, il ne s’apercevrait pas de sa présence. Il confirma son intuition lorsqu’il annonça que cela l’emmerdait de partir ainsi. Kara aurait voulu s’excuser de le laisser dans cet état mais le milicien lui intima de sortir son terminal pour lui donner son numéro afin de le contacter lorsqu’elle aurait besoin de lui, insistant sur le service qui pouvait être tout et n’importe quoi. La blonde laissa échapper un petit rire à l’idée qu’il puisse être une oreille attentive à ses problèmes si elle avait besoin de parler. Incertaine de l’avoir blessé, elle garda un léger sourire sur les lèvres. L’homme lui confirma ses pensées en ajoutant qu’il n’était pas certain d’être une bonne compagnie mais qu’il était prêt à essayer.

C’est certain que vous n’êtes pas du genre à parler, lança-t-elle prenant soudainement conscience de ce qu’elle venait de dire, élargissant son sourire pour prétendre qu’elle plaisantait alors qu’elle avait vraiment l’impression qu’il était un homme d’action avant d’être un homme de parole. Certainement peu bavard, il paraissait plus rustre que certaines personnes qu’elle pouvait apercevoir lors de ses habituelles observations. Merci, ajoute-t-elle incapable de trouver autre chose à dire pour faire oublier sa précédente phrase.

Elle sortit maladroitement son terminal de sa poche et enregistra le numéro, lui donnant le sien en retour en le faisant sonner pour qu’il l'ait à son tour même si la jeune femme ne comptait pas l’utiliser. A la limite, ivre, l’idée pourrait lui traverser l'esprit mais pour se faire remonter les bretelles parce qu’elle n’était pas foutue de se tenir avec deux verres dans le nez, l'idée était moyennement intéressante. Le milicien la salua et tourna les talons et s’en alla aussi simplement.

Chier, souffla-t-elle en le regardant s’éloigner.

La jeune femme ramena ses jambes contre elle et posa sa tête sur ses genoux, continuant de le regarder jusqu’à le voir disparaître, reconcentrant sur le carré de fleurs non loin d’elle. Elle resta ainsi un bon quart d’heure, perdue dans ses pensées jusqu’à ce qu’elle regarde son téléphone, l’attrape pour ordonner d’une voix douce :

Charlie, rappelle-moi, en rentrant, d’ajouter dans mon codex le nouveau moyen d’absorption de l’eucalyptus. Merci.  

Elle était certaines que dans ces conditions, les effets déjà connus des feuilles d’eucalyptus marchaient mais n’avaient jamais eu l’occasion de le tester. Kara aurait été désolée si cette démarche n’avait pas été efficace et aurait fini par trouver la plante que sa mère utilisait pour sa sœur, qui était à quelques minutes de marche de son banc habituel. Elle n’aurait pu laisser un homme dans cet état mais n’oubliait pas le travail de sa mère pour accroître ses connaissances à ce jour obsolètes dans un monde technologique qui a toujours le regard vers l’avant. Mais des connaissances qu’il fallait perpétuer pour ne pas oublier que la pharmacologie moderne avait eu une base solide et qu’elle en avait le savoir.

Terminé


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MessageSujet: (#) Re: Jamais sans mon thé ~ Ledward     

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