Hey connard | Crius
MessageSujet: (#) Hey connard | Crius     Mar 7 Aoû - 10:19
avatar
http://beyond-earth.forumactif.com/t836-ellie-tell-your-children-not-to-hear-my-word http://beyond-earth.forumactif.com/t838-ellie-pretty-reckless
Messages : 87
Âge : 44 ans
Occupation : Commissionnaire
Habitation : Tiantang, avec sa soeur
Arrivée : 03.07.2227
Pseudo : Frey
Avatar : Alison Mosshart
Crédits : Gif : Kim
« Alors l'vieux, on se cache dans l'coin ? Paraîtrait qu'on t'a coupé sous les couilles après un accident de forage ? » Tu t'appuyais sur le comptoir de la Ruche, un sourire aux lèvres. La figure de Serrano n'avait pas tant changé depuis qu'il avait quitté la flotte et si tes souvenirs d'adolescence commençaient à devenir de plus en plus fou, Crius restait égal à ce que tu avais gravé dans tes souvenirs. « Le retour aux source, heh ? Tu t'trouves de la clientèle sympa dans l'coin ? » Un regard aux mines des gens se trouvant dans la Ruche avant d'hausser les épaules. « Pas d'gamins à exploiter cet'fois, heh ? Paraîtrait qu'ils ne sont pas acceptés sur le Colossus. » En tant que mère, tu acceptais qu'on essaie de protéger au mieux sa progéniture et surtout de l'éloigner des travailleurs qui ne pouvaient garantir leur sécurité, mais interdire l'entrée de tout un vaisseau de vie à des marmots, c'était là le meilleur moyen pour qu'une connerie arrive.

Tu avais évité la Ruche à ton arrivée, peu encline à remuer trop le passé. Tu étais venue pour une bonne raison et te faire garrotter par des souvenirs inopportuns n'était absolument pas ta priorité. Les principes de Crius étaient également, de ton avis, l'une des raisons pour lesquelles ton aîné avec aussi mal tourné et tu ne pouvais t'empêcher de lui en vouloir. Encore un briseur de famille que vous n'étiez pas parvenu à empêcher de sévir. A dire vrai, c'était bien présomptueux de ta part de t'imaginer que tu aurais pu faire quelque chose. Vespillo aurait trouvé un autre modèle de péché ailleurs et se serait probablement inspiré de pire que Crius Serrano.

Au final, ce qui t'avait poussé jusqu'ici était la nostalgie. Elle frappait déjà et fort, surtout. Tu ne t'attendais pas à ce que Keller te manque sitôt. Ta famille, le magasin et l'ambiance avaient pour l'habitude de te bercer et même lorsque tu étais loin de tout cela, ton équipage et ton second donnaient le change. La violence omniprésente dans ta vie se tarissait et le brusque changement de politique de vie et de comportement était peut-être trop brutal pour toi. Trop propre sur soi, la population voyait en quelques vérités une agression soudaine et brutale et tu avais compris que dire ce que tu pensais ne devait être fait qu'avec parcimonie.

Aller retrouver les anciens était donc une tentative d'escapade, de te baigner temporairement dans un ersatz de tes souvenirs, le temps de pouvoir retourner sur Keller, avec tes deux sœurs cette fois-ci. Tu te hissais sur une chaise et tu observais le contenu des verres des gens se trouvant non loin. « Sers moi un truc potable. Si y a quelque chose qui se boit sur ce putain de vaisseau. »


I am also a we
I don't really care about anyone liking me. Most of you motherfuckers don't even like yourselves ▬ if karma doesn't hit you, I fucking will
MessageSujet: (#) Re: Hey connard | Crius     Dim 19 Aoû - 10:26
avatar
http://beyond-earth.forumactif.com/t440-this-is-why-we-can-t-have-nice-tings-cassiopee http://beyond-earth.forumactif.com/t449-pervert-but-in-a-romantic-way-crius-serrano-cassiopee
Messages : 113
Âge : 52 ans
Occupation : Gérant de son bar, la Ruche ( C5 )
Habitation : C5
Arrivée : 2217
Pseudo : Elorin
Avatar : Tommy Flanagan
Crédits : Kane & Frimelda & Elara

Hey connard

Crius & Elleen | Août 2227
« - Ramène tes fesses derrière le comptoir, que je te les montre, petite. » tu répliques sans te retourner, continuant à remplir le shaker derrière comptoir. Combien de fois on te l’a demandé depuis l’incident, si t’avais encore des couilles et tout ce qu’il s’ensuit ? Cela perd son charme au bout du troisième sous-entendu des familles. Tu n’as pas besoin de te retourner pour entendre la voix éraillée par la clope et la niaque, pour la reconnaître sans un coup d’œil. On te l’a dit : les Krishvin étaient de retour sur la flotte, les pirates qui débarquent et sèment les troubles sur leurs pas. Les blousons de cuir et la clope aux lèvres, l’allure patibulaire, elles attirent les regards comme des aimants, attirent les murmures et l’admiration des plus jeunes. Quels pirates n’ont pas une foutue histoire tragique pour se vanter ?
Elle a grandi, la petite. Comme tu as pris des mèches blanches parmi les gris, des rides parmi les cicatrices, des câbles parmi les nerfs. Il paraît que la puberté, les enfants, les deuils et la vie, cela vous transforme en femme. Bien sûr, elle a changé depuis le départ du roublard de Keller. Mais elle a toujours quelque chose de bébé Krishvin dans sa posture. « - Si t’as trouvé le moyen d’interdire un truc à un gamin sans le traumatiser à vie, fais-moi signe, je prends. » Tu ne te gênes pas pour les déculottées, pour tous ceux qui passent le nez dans ton alcôve. Tu t’es adouci, pas ramolli. Tu ne les exploites plus, ils vont à l’école. Mais il connaissait une fratrie qui ne se plaignait pas tellement des crédits distribués sous le comptoir.
Tu t’es retourné, enfin. Tu la fixes, avachi contre l’étagère derrière toi, le coude entre les bouteilles pleines et ta main sur ton poignet. Tu la jauges, la gamine montée en graine. Jolie teigne qui a trop sa place dans ton bar pour être honnête. Commissionnaire, t’ont dit tes petites abeilles. Elle qui a la liberté dans les ailes, elle s’agite dans le piège à miel. Pourquoi venir ici, quand on peut boire sur Keller ? C’est tellement propre et policé, le Colossus par rapport à la station. Tu as mis des années à t’habituer à ne pas frôler les joues de tes phalanges, à chaque regard échangé ; sur ce vaisseau, les règles tacites sont les mêmes, car tous partagent la même nostalgie, le même besoin irrémédiable de se contrôler. La même incompréhension et envie face à la flotte.
« - Rien qui ne vienne pas de la maison. » Tu te décides à lâcher après ton examen minutieux, te décollant de tes réserves et tu ouvres un petit cabinet pour en sortir une bouteille qui l’air mal en point. Tu mates, évidemment. Tu mates le corps autant que l’âme. Loin du magasin, Eileen se détache en contraste, comme si tu ne l’avais jamais vu. Elle est étrangère à la flotte. Cela faisait longtemps que tu ne t’étais pas rendu compte du décalage entre le simulacre de domestication de la Ruche, et la réalité, la violence de votre foyer. Cela fait longtemps que tu ne t’es pas pris l’uppercut de la nostalgie dans la mâchoire. Celle-ci s’agite d’un tic, mais tu continues de verser le liquide si clair qu’il devient lumineux. La contrebande autrefois si rare, interdite dans ton bar, depuis les nouvelles lois est réservée aux initiées. La rasade est loin des doses officielles de la flotte, clapotant à la limite du verre quand tu le pousses vers elle. « - T’en penses quoi ? » Et le regard d’intelligence que lui lance le vieux loup de l’espace, souligne plutôt la flotte, que la boisson.


code by bat'phanie


Oberon n’attendait plus rien de la vie, le cœur brisé par son premier et seul amour ; s’installer sur la Flotte c’était prendre sa retraite et couler des jours tranquilles. Mais il va bientôt apprendre que l’amour a plus d’une façon de s’exprimer dans la Fédération.
©️ FRIMELDA


MessageSujet: (#) Re: Hey connard | Crius     Lun 20 Aoû - 0:17
avatar
http://beyond-earth.forumactif.com/t836-ellie-tell-your-children-not-to-hear-my-word http://beyond-earth.forumactif.com/t838-ellie-pretty-reckless
Messages : 87
Âge : 44 ans
Occupation : Commissionnaire
Habitation : Tiantang, avec sa soeur
Arrivée : 03.07.2227
Pseudo : Frey
Avatar : Alison Mosshart
Crédits : Gif : Kim
Tu ne prends pas au mot les paroles de Crius, derrière le comptoir c'est son territoire et vos retrouvailles ne sont pas assez effusives pour te permettre d'enjamber tout ce qui vous sépare. Appuyée sur cette barrière métaphorique, tu l'observes qui s'affaire. Les mouvements te sont familier et tu te prends à projeter le passé dans les muscles de l'homme. Sa stature, sa position, son visage, les années marquées dans son visage et au fond de ses yeux font que celui qui a hanté tes nuits a irrémédiablement changé. Il était quelqu'un, Crius, l'homme qu'aspirait être Vespillo et, fiévreuse, tu t'inquiétais que ce rêve se réalise. Au final, tu ne sais pas si l'homme a dépassé le mentor. « Une bonne paire de claques et y marchent droit, les mômes. Quoi qu'j'pense qu'ici faut même pas penser à foutre une fessée à un chiard. » Éducation positive mon cul, tes gamins avaient besoin de comprendre les limites avant de les franchir ou ils risquaient de finir écartelés sur une place publique, vidés de leurs organes par un de ces enculés en rouge. Tu pouvais te considérer heureuse que tes propres enfants n'aient jamais eu trop de problèmes et que l'éducation que tu leurs avais donné – en plus de celle de Vegtam – en avait fait des mômes obéissants et forts. Tes frères n'avaient pas eu cette chance, le benjamin avait perdu un enfant il y a peu, dans l'attaque qui avait handicapé ton propre père et Vespillo se chargeait bien tout seul d'éliminer sa progéniture. « T'as vieilli Crius, mais pour c'que ça vaut, ça fait plaisir de voir quelqu'un avec un peu d'gueule. » Tu lui souris, un rictus tordu entre tes doigts. Tu le laisses t'observer sans broncher. Qui ne le fait pas ? Les regards se portent constamment sur toi, trop brute, trop sûre de toi, tu avances sans laisser aux autres l'opportunité de se demander si tu vas les laisser passer. Tu es moins polie qu'eux, un caillou brut, peut-être moins jolie mais tu es sûre qu'on ne te brisera pas au premier coup.

La promesse de quelque chose de plus fort, de quelque chose de vrai te fait te redresser sur ton siège et tu fais passer ta tignasse blonde sur le côté de ton cou que tu tends pour observer ce qu'il sort, pour le plaisir des yeux aussi. Tu ne t'abaisses pas à lui demander s'il aime ce qu'il voit, tu sais qu'il sait. Tu attrapes le verre et tu le montes face à tes yeux pour l'observer. Aucune goutte sur les parois. « J'aime pas. Y a pas d'vie, y a pas d'image, y a pas d'odeurs. On s'croirait dans la câle d'un vaisseau neuf, même le Colossus fait minable. Tout est trop propre. » Tu prends une gorgée du liquide miracle, celui qui t'empêchera de foutre une rouste au premier qui regarde trop tes fesses, celui qui, salvateur, parviendra à calmer l'humeur bouillonnante qui prend forme au creux de tes entrailles. « T'as pas intérêt à respirer plus fort que ton voisin si tu veux pas qu'il s'voit déjà agressé. » Tu secoues la tête à la négative, écoeurée par tes paroles, la grimace n'atteint pas tes yeux lorsque tu reposes le verre sur le comptoir. « Qu'est-ce que tu lui trouves à ce vaisseau ? » Ta langue claque contre ton palais. Pas le meilleur tord-boyau que tu ais pu goûter, mais il fait son office. Satisfaite, tu t'étales un peu sur le comptoir, les bras croisés, le sourire aux lèvres. « On s'y habitue ? » Que tu ne peux t'empêcher de demander, cherchant peut-être du réconfort dans une question qui te servira surtout à jauger l'homme qui te fait face. Tu as l'impression constante de te retrouver dans un de ces moments de flottement où tout le monde sait qu'il va se passer quelque chose, où on longe les murs en espérant être en sécurité quand tout va exploser. La flotte pour toi, c'est ça. Marcher sur des écrous en espérant poser le pied sur la passerelle.


I am also a we
I don't really care about anyone liking me. Most of you motherfuckers don't even like yourselves ▬ if karma doesn't hit you, I fucking will
MessageSujet: (#) Re: Hey connard | Crius     Jeu 20 Sep - 13:55
avatar
http://beyond-earth.forumactif.com/t440-this-is-why-we-can-t-have-nice-tings-cassiopee http://beyond-earth.forumactif.com/t449-pervert-but-in-a-romantic-way-crius-serrano-cassiopee
Messages : 113
Âge : 52 ans
Occupation : Gérant de son bar, la Ruche ( C5 )
Habitation : C5
Arrivée : 2217
Pseudo : Elorin
Avatar : Tommy Flanagan
Crédits : Kane & Frimelda & Elara

Hey connard

Crius & Elleen | Août 2227

De l’autre côté du comptoir comme de l’autre côté de ton histoire. Tu n’as pas trop de mal à te regarder dans le miroir, même à demi-nu ces temps-ci. Ta conscience, c’est une chienne, mais tu cracheras jamais sur ce que tu es – même sur tes erreurs. Quant à ta gueule, pour ton âge et surtout pour la vie que tu as mené, tu te défends pas si mal. Tu n’as pas eu les toubibs et les repas minimum alloués par la flotte, les salles de sport et les heures de sommeil toi. Elleen te ressemble en rien, mais elle est un miroir qui fonctionne comme un diamant. Qui réverbère chaque angle mal foutu, et qui coupe dès qu’on y touche. Ta trogne a soudain conscience d’être vieillie, à des années lumières de l’homme que tu étais. C’est tout ce que tu as voulu ces dernières années. Lasser ton fantôme reposer là où il est : dans la merde. La dernière fois que tu as vu la blonde, tu étais quelqu’un. Quelqu’un d’autre et c’est exactement pour ça que tu t’es exilé du seul port d’attache que tu n'aies jamais connu. Tu ne t’attendais pas à que cela te fasse aussi bizarre. Tu as déjà retrouvé des bouilles familières sur la flotte, on dirait un cimetière de vaisseaux pirates échoués sur le même astéroîde, dans la même fuite des mêmes passés. Mais revoit Elleen sonne un glas discordant. Peut-être parce qu’elle est devenue quelqu’un - là-bas et apparemment ici. Quelqu’un comme tu étais, peut-être. ” Je te rends la politesse, Krishvin. Comment va le reste de ta famille ?” Les noms, tu les as mal retenus. Tu te souviens des alcools et des rêves inachevés, de l’espérance de l’étoile filante et de l’existence de la fange stellaire. Elle a vieilli oui. Et c’est la personne la plus haute en couleurs que tu as vu aujourd’hui. Comptant que ta ruche est le repaire des grandes gueules et des gueules amochées de la flotte, c’est un constat amer et réconfortant à la fois. Pourquoi tu trouves que la morgue pirate sonne comme un chez toi ? Pourquoi, ça fait dix ans, il n’y a rien à regretter sur Keller, rien pour toi, aucun avenir, aucun foyer. Pourquoi tu t’obstines à t’accrocher vers le bas, Obéron ? T’as passé l’âge où la piraterie et dormir sur ton flingue a de l’allure rebelle et séduisante.  

Tu te mâchonnes l’intérieur de la joue, les yeux plissés, à la regarder jauger ton verre. Vous vous regarder par transparence, par le prisme de l’alcool. ” Jeune fille, si tu veux leur vanter mes charmes, n’hésite pas. La trogne de vieux brigand n’a qu’à demi la côte ici.” Cela marchait sur certains, ta gueule et tes poils poivre et sel , mais faut croire que pas les bons puisque tu finis toujours insatisfait.  

Tu hoches lentement la tête en l’écoutant, appuyé à ton tour sur le comptoir. Tes cannes cybernétiques croisées au niveau des chevilles, les coudes posées sur le métal patiné. Autrefois, on discutait le prix de pièces de vaisseaux et le coût d’un assassin comme ça. Tu gardes juste assez de distance dans le haut de ton corps pour rappeler que t’as brisé des nez ( il y a encore quinze jours ) sur tes comptoirs et pas encore tout à fait baissé ta garde. Juste un peu plus confiant qu’auparavant. Le soupire qui t’échappes est transformé en sifflement flûté.  “ - Me demande pas ça à moi. Je sais toujours pas?” Est-ce qu’on s’y habitue ? A bien y regarder de près : oui. Mais ça te fout la honte, et un peu les pétoches de l’avouer. Mais : tu as toujours un couteau sous ton comptoir, et le regard de celui qui a vu des astres être consumés par l’avidité de l’humanité. Tu la pointes du doigt “ - Dans ta liste, oublie pas la milice et les légionnaires. Et les uniformes.”  S’il y a bien encore une chose qui fait de toi un Kellari c’est que tu ne supportes toujours pas l’autorité et les ordres. Cela fait dix ans, mais tu rêves toujours d’éclater les belles mâchoires carrées et salir les épaulettes de giclées de sang. Le respect t’en as bavé pour l’obtenir, comme tout le monde, les civilités ça te fait frissonner. Et le torrent de boue des uniformes sans cesse similaires, la routine et la civilisation, tu la regardes toujours avec des yeux effarés. Dire que la fédération se dit rebelle. Trop policé, trop aseptisé. On ne pourrait récolter une maladie vénérienne même en trempant ses couilles dans toutes les catins, dans tous les wcs de la flotte.

“- Je suis venu chercher deux choses, et j’en ai trouvé qu’une.” Un rejeton et une seconde chance. On croirait pas qu’on puisse trouver la seconde plus facilement qu’un peu d’ADN trop vite monté en graine. Du bout de l’ongle, tu grattes une merde invisible sur le comptoir, l’avant-bras étendu sur le ”- Vois ça comme des vacances. Tu sais ce que c’est, des congés ?” Sans avoir à craindre un couteau dans le dos. Tu changes de sujet et de ton, la moquerie narguant dans ta voix. Il y a des étoiles dans tes yeux, et du défi aussi. La vérité c’est que tu aimes le Colossus et ta famille d’extraction, que tu n’as rien laissé derrière toi à part de la poussière d’étoiles et quelques flaques de sang séchées. Mais pour autant, les idéaux de la Fédération te laisse aussi froid qu’un hologramme porno. La manière dont elle se tient accoudé à ton comptoir à vif, toute en truculence et alacrité l’atteint comme une gifle. Pas sûr qu’il ferait des vieux os, relâché dans l‘espace sauvage. Il ne sait pas s’il doit s’en flatter ou en crever. “ Keller est littéralement une décharge intergalactique.” ll murmure pensif dans sa barbe. On a du mal à quitter les foyers dysfonctionnels et malsains il paraît, et la station est un peu comme ça, un foyer qui vous transforme en bête. On dit qu’un Kellari ne tombe jamais loin des étoiles et Crius s’est juré de prouver le contraire, de devenir un homme nouveau – le regard intense, qui contre-dit la douceur de ses propos et de sa voix rappelle pourtant le proverbe et que dans l’air mal recyclé des sous-sol du C5, d’où on ne voit jamais les étoiles, on retrouve un peu de Keller.


code by bat'phanie


Oberon n’attendait plus rien de la vie, le cœur brisé par son premier et seul amour ; s’installer sur la Flotte c’était prendre sa retraite et couler des jours tranquilles. Mais il va bientôt apprendre que l’amour a plus d’une façon de s’exprimer dans la Fédération.
©️ FRIMELDA


MessageSujet: (#) Re: Hey connard | Crius     Lun 8 Oct - 22:35
avatar
http://beyond-earth.forumactif.com/t836-ellie-tell-your-children-not-to-hear-my-word http://beyond-earth.forumactif.com/t838-ellie-pretty-reckless
Messages : 87
Âge : 44 ans
Occupation : Commissionnaire
Habitation : Tiantang, avec sa soeur
Arrivée : 03.07.2227
Pseudo : Frey
Avatar : Alison Mosshart
Crédits : Gif : Kim
« Je te rends la politesse, Krishvin. Comment va le reste de ta famille ? » Comment elle va ? Mal, c'est bien pour ça que tu es là. Réduite de 3 membres en l'espace de quelques semaines, scarifiée, amputée, handicapée, tu avais laissé un père en piètre état et un frère aîné furieux. L'idée du retour te faisait déjà frémir, tu te demandais parfois ce qui avait merdé, pourquoi Avayne et Vespillo ne se comprenaient que par des couteaux tirés et des menaces à moitié mises à exécution. Était-ce de la jalousie, de l'envie, un manque flagrant de normes sociales ? Probablement un sombre mélange, parce que les deux avaient leur propre morale, teintée et entachée. « Comme le reste de la tienne, Serrano. » Ton index passe sur le bord du verre et tu écoutes le son, qui irrite et qui pique, comme toutes ces questions auxquelles tu n'as ni réponse, ni envie d'en trouver. Il ne sait pas non plus quoi répondre, le vieux pirate. Il ne sait pas, il ne veut pas savoir oui, il veut se vautrer comme les autres dans l'ignorance rassurante de celui qui n'a pas trop à réfléchir. Ça te débecte, où sont passés les grands hommes que tu as connue ? T'en a croisé quelques uns, des vieux de la Belle, de ceux que tu avais respecté, avec qui tu avais travaillé et pour lesquels tu perdais de plus en plus de respect. C'pas bien de voir la décrépitude, parfois faut juste garder en tête l'image qu'on avait, ignorer le reste, comme pour Theevi, celle de la petite sœur volontaire et passionnée, comme pour Tiaan, le petit frère nerveux et colérique. Mais c'était aussi se voiler la face.

« Tu sais ce que c'est des congés ? » Tu fronces les sourcils et tu secoues la tête. On t'avait vaguement parlé d'horaires de boulot, de droits du travail, de grève, de procuration, de salaire, mais sur Keller tu n'en connaissais que la version abstraite. Les mots, tu les utilisais machinalement, sans que ça ait vraiment de sens. A la boutique, vous payez les extras au service rendu, en dehors t'as jamais eu de bulletin de salaire, t'étais ta propre chef maintenant et tu savais combien tu devais à ton équipage, c'était tout ce qui importait. « Non, c'est encore une invention sociale ? Y m'ont parlé de … grève. Chez nous on appelle ça une mutinerie et ça finit par le sas. » T'as envie de cracher ton mépris sur le comptoir, mais t'es pas sûre que l'amollissement de Crius te le permette. Alors tu renifles juste et tu t'enfiles ce qui reste à boire d'un coup, tu repousses le verre vers lui. « Keller est littéralement une décharge intergalactique. » T'entends à peine et tu dois retourner plusieurs fois les quelques sons que tu as entendu pour former une phrase qui te semble correcte. Une once de chauvinisme que tu ne pensais pas avoir fait alors surface en toi. La Belle, c'est tout ce que tu as connu, mais aussi tout ce qui t'as vu grandir et t'a nourri d'opportunités que tu ne parviens pas à trouver ici. Tout est tellement stratigraphié que la seule chance de sortir de son rang est au moment de l'arrivée. La Fédération qui se veut être le porte-étendard des rêves a laissé mourir ses idéaux pour une relative tranquillité qu'elle perd dès qu'elle se fait bousculer. A sa façon, elle est comme ces colonies dont tu as entendu parler, refermées sur elle-même de peur de devoir retourner à la maison. « Ici c'est juste des néons pour une ruelle à Hurleurs. Ça attire les yeux, ça a ses promesses, t'en rêve quand tu passes devant. Puis t'as le rouge. » Tu ris, comme un aboiement, parce que c'est trop dramatique, y a pas de guet-apens sur la Flotte, tout est trop propre, trop ouvert, trop montré. Personne n'oserait mentir, vraiment mentir et même les militaires n'avaient probablement rien croisé de pire qu'un Crius en rogne. « Non en vrai, c'juste une décharge, les Hurleurs c'est quand t'en sors, t'es marqué. »


I am also a we
I don't really care about anyone liking me. Most of you motherfuckers don't even like yourselves ▬ if karma doesn't hit you, I fucking will
MessageSujet: (#) Re: Hey connard | Crius     Mer 10 Oct - 21:21
avatar
http://beyond-earth.forumactif.com/t440-this-is-why-we-can-t-have-nice-tings-cassiopee http://beyond-earth.forumactif.com/t449-pervert-but-in-a-romantic-way-crius-serrano-cassiopee
Messages : 113
Âge : 52 ans
Occupation : Gérant de son bar, la Ruche ( C5 )
Habitation : C5
Arrivée : 2217
Pseudo : Elorin
Avatar : Tommy Flanagan
Crédits : Kane & Frimelda & Elara

Hey connard

Crius & Elleen | Août 2227
Le son que tu émets n’a rien de ragoûtant, pourtant c’est un rire avorté, qui te ressort par le nez comme une rasade de Xingji avariée. Mettre du sel sur les verres de Tequila et y tremper vos lèvres explosées par les coups du karma dans les dents. L’humour kellari. Le reste de la famille de la famille de Crius se portait mieux que celle de Elleen – porté disparu, ton enfant soit, profitait d’une vie sans l’ombre du nom Serrano sur ses basques, soit profitait comme le reste de ton sang, du silence des astres. Les noms sont des sceaux marqués de rouge sur Keller, pire que les casiers judiciaires qu’ils se traînaient dans l’espace connu. Crius était un loup solitaire, la solitude lui faisait mal, et le ronge. Il n’a pas de famille, il est incapable d’en mériter une – la réplique de la kellari cogne sur une vieille douleur, mais elle ressemble aux douleurs fantômes de tes cuisses mutilées. Ça te tient éveillé la nuit, mais tu fais avec. Les Krishvin étaient une horde, un gang, un équipage, qui croyait qu’ils étaient plus forts quand ils étaient les seuls à pouvoir s’insulter. Sur Keller, ils n’avaient pas tort, même si garder la face protégée par le comptoir, et le dos par le mur marchait tout aussi bien sans l’effort des vendettas et les cœurs chafouins.

Les cicatrices sur ton visage se tordent de dégoût au mot grève, au mot mutinerie. Tu n’as peut-être jamais mis les pieds dans un vaisseau pirate, tu n’as jamais été un pirate, au sens où les gamins en rêvent, mais tu as les valeurs de Keller en toi. Elles sont reprises à la Ruche, et la porte referme un monde différent, une alcôve dans le C5. C’est ce qui te sert de morale et d’honneur, de principes. « - Difficile quand c’est les militaires qui sont censés imposer l’autorité qui font grève » Cela avait été une sacrée nuit cette fois-là. Tu avais brisé des os à nouveau, des petits cons qui se croyaient tout permis maintenant qu’aucun milicien n’était derrière leur cul. Comme si tu avais besoin d’un uniforme pour faire respecter tes règles. Tu craches sur ton propre bar, et l’essuie aussitôt d’un revers de chiffon, avant d’un même geste fluide, remplir à nouveau le geste de la pirate.  « - On a un jour de congé, par semaine. Où tu n’es pas censé bosser, mais tu encaisses tes crédits quand même. Du repos. Tu pourrais voir ta villégiature dans l’enclave fédérée comme ça. Te détendre, te faire un massage, voir les choses d’un œil neuf. » Cela sonne mauvais en mouve, et il a un œil torve, l’air peu amène, malgré le ton inspiré. La Ruche, son affichage au néon suranné est criard, mais elle ne s’éteint pas. Tu n’as pas de jours de congés, et quand tu fermes à pas d’heures, tu retournes écrire et nourrir tes tortues. Qu’est-ce que tu es censé faire d’autres ? Tu as travaillé depuis que t’es gamin, comme tout le monde, parce que dans le monde réel, tu n’as pas de la nourriture et un logement offert en échange de ta simple existence.

L’image d’Elleen te tire un sifflement admiratif et un moment de silence, pensif, poétique. « - Je vais te voler l’expression, princesse. » Tu lui fais un clin d’œil et tu laisses couler. Des néons pour une ruelle à Hurleurs. Personne ne peut oublier les Hurleurs, ça prend trop aux tripes, mais les ruelles, le sentiment de malaise, les yeux derrière le dos… Tu dors mieux sur la flotte, vrai. T’as le couteau sur l’oreiller, mais la main sur le ventre.  « - Où tu as vu un mégot par terre ici ? » Même au C5, t’as les odeurs des emmerdes et de la merde, de la graisse et des fusibles qui sautent, mais t’en voit pas assez la queue. « - Nah, c’est juste les néons, à la Mezz’o. »  Les bagarres et les hologrammes aguicheurs, les promesses idéalistes et les programmes électoraux. Mais personne ne meurt, jamais, les morts on les pleure, on fait des jolis discours, et ils retrouvent la poussière d’étoiles à l’extérieur des sas, comme si de rien n’était. Ce n’est pas sale, même quand, comme toi, on se prend l’explosion des déchiqueteurs dans le cul. Tu grinces, parce que t’as beau être content de ta virginité rachetée, t’es un peu envieux aussi, de vos souvenirs en commun. « -  Ici, le rouge c’est les dockers. On se contente du marché noir, des rixes à coups blancs. Le marché noir d’ici fait vivre Keller là-bas. Et les vieux nostalgiques dans mon genre. » Tu conviens d’une voix plus basse, appuyé du coude sur ton comptoir. Tu portes la main sur ton cœur, te frotte légèrement la poitrine. « - Marqué, d’ici ? » Tu relèves, circonspect. Tu n’es pas sûr d’avoir compris. La flotte passe dans l’espace, on s’agglutine dessus, on apporte ses compétences, ses regrets et ses espoirs. Mais elle marque pas. A la limite, elle sert de cache-misères aux cicatrices.  « - Je peux pas dire. Je ne connais personne qui soit ressorti de la Fédé’, tot’heart. » Ton accent des passerelles rouillées de Keller mange la douceur de tough, durcit la terminaison, parce que Elleen, elle n’a que l’apparence de sweet, le doux amer des simulacres de bonbons qu’on leur donnait sur Keller. Ils ne l’accueilleraient pas en reine là-bas, plutôt en monstre incompréhensible. La fédé est une promesse à sens unique. Tu as envie de revoir Keller, mais tu écartes le souvenir d’un reniflement singé. « - Bah. Comète qui passe n’amasse pas glace. Tu étriperas la fédé’ plutôt le contraire, tu te sens appelée par les sirènes de la civilisation ou quoi, à t’inquiéter ? » Il arque un sourcil, le regard perçant du vieux se concentrant en un éclat unique, vif, qui percutes les yeux d’Elleen, inquisiteur.

code by bat'phanie


Oberon n’attendait plus rien de la vie, le cœur brisé par son premier et seul amour ; s’installer sur la Flotte c’était prendre sa retraite et couler des jours tranquilles. Mais il va bientôt apprendre que l’amour a plus d’une façon de s’exprimer dans la Fédération.
©️ FRIMELDA


MessageSujet: (#) Re: Hey connard | Crius     Jeu 18 Oct - 23:46
avatar
http://beyond-earth.forumactif.com/t836-ellie-tell-your-children-not-to-hear-my-word http://beyond-earth.forumactif.com/t838-ellie-pretty-reckless
Messages : 87
Âge : 44 ans
Occupation : Commissionnaire
Habitation : Tiantang, avec sa soeur
Arrivée : 03.07.2227
Pseudo : Frey
Avatar : Alison Mosshart
Crédits : Gif : Kim
« Difficile quand c'est les militaires qui sont censés imposer l'autorité qui font grève. » La grimace t'attire l’œil et la remarque pique ta curiosité. Tu t'appuies sur le comptoir et tu le dévisages quelques secondes avant de lui offrir un sourire plein de dents, attendant l'histoire comme tu l'aurais fait dans n'importe quel tripot lorsqu'un tenancier se sent d'humeur bavarde. « Balance l'histoire, chéri. » Le crachat te fait à peine réagir, pas comme si l'hygiène faisait partie de tes chevaux de bataille et tu attends avec une impatience mal contenue cette anecdote que tu pourrais certainement ressortir si l'envie vous prenait sur Keller de cracher sur les Fédérés ou sur votre frère. « Villégiature ? Mec, tu commences à 'voir un vocabulaire fédéré, c'pas possib'. L'aut'jour y a un gars qui m'a parlé de ca... cath... cathartique ? » Tu fronces autant le nez que les yeux pour essayer de te souvenir de ce mot qui avait sonné comme une insulte, autant à ton intelligence qu'envers ta personne. « Ça sert à quoi t'ça ? Y a pas assez d'boulot pour qu'les gens y doivent faire une pause ? » Tu renifles. T'as toujours travaillé tous les jours, qui plus est que la boutique ne fermait jamais et que tu voulais gagner toi même ton argent. T'as jamais eu trop à te plaindre, tu es née au sein d'une famille « aimante » qui veillait que vous mangiez tous à votre faim et que vous ayez quelque chose sur le dos sans craindre outre mesure pour votre vie ou vos affaires. Il y avait eu d'autres problèmes, d'autres horaires, mais ce n'est pas tant la mort que vous aviez à craindre plutôt que la mesquinerie des frères et sœurs qui cherchaient constamment une vengeance ou une crasse à faire aux autres.

Tu souris vaguement au princesse. Tu le laisses faire, parce que Crius est une figure dans ton esprit, de celles qui peuvent se permettre ce genre d'écarts parce qu'ils avaient d'autres choses à te proposer. Qu'un autre tente de le faire serait une autre histoire et jusqu'ici seul chéri avait eu l'honneur d'en ressortir sans une torsion des couilles. « Tu m'offres un verre en échange ? » Tu te passes un doigt sous le nez tandis que tu renifles et tu roules des épaules en jetant un bref regard derrière toi – habitude, réflexe qui t'a sauvé assez souvent la mise. « Marqué d'ici ? » Tu dévisages Crius, cherchant à trouver dans son regard la lueur de compréhension, mais il faut croire que la flotte n'émousse pas seulement les sens et les valeurs. « Hep, chéri. Les kellari qui rejoignent la fédé, t'crois qu'sont vus comment là bas ? On les oublie pas, même s'ici ils veulent nous oublier, heh ? » Tu souris, trop plein de dents, un sourire trop pointu pour être vraiment agréable et tu le sais. « Z'essayez de faire une mini Belle, quoi ? Ca vaut le coup ces combats ? » Les combattants de la famille, c'était les frères et sœurs qui t'entouraient. Si tu traînes au Mezz'o, c'est pour trouver de la viande fraiche, des contrats, tendre l'oreille. Combattre ? Bah ! Tu sais que tu te ferais déchirer en quelques instants, ta seule fierté serait de survivre un peu plus longtemps que la moitié des gens balancés en pâture dans l'arène. Mais ici ? Ici est-ce que tu brillerais ? Est-ce que ce serait comme aller frapper des vaisseaux de chercheurs, de fuyards, de ceux qui pensaient avoir échappé à leur destin et font l'erreur de tomber sur ton chemin, toi la pirate ?

« J'tatonne, je goûte, je teste. J'm'inquiète pas, mon beau, ça sert à rien, ça fait pas avancer, c'est se mett'un p'tain d'handicap et y a d'aut'types d'okrenii dans l'coin, t'crois pas ? J'ai pas l'intention d'êt'ici quand ceux d'là bas en auront marre d's'vanter d'c'qui s'est passé 'vec vot'vaisseau d'ravitaillement. » Qu'ils auront oublié que parmi les passagers, il y avait ton frère. Lorsque tu aurais trouvé qui et comment avait fait ça, tu ne chercherais pas un pourquoi mais plutôt la façon que tu allais les étriper et enfoncer leurs yeux dans leurs narines. Aider la Fédération ? Non. Venger ta famille ? Putain, oui.


I am also a we
I don't really care about anyone liking me. Most of you motherfuckers don't even like yourselves ▬ if karma doesn't hit you, I fucking will
MessageSujet: (#) Re: Hey connard | Crius     Mer 31 Oct - 19:43
avatar
http://beyond-earth.forumactif.com/t440-this-is-why-we-can-t-have-nice-tings-cassiopee http://beyond-earth.forumactif.com/t449-pervert-but-in-a-romantic-way-crius-serrano-cassiopee
Messages : 113
Âge : 52 ans
Occupation : Gérant de son bar, la Ruche ( C5 )
Habitation : C5
Arrivée : 2217
Pseudo : Elorin
Avatar : Tommy Flanagan
Crédits : Kane & Frimelda & Elara

Hey connard

Crius & Elleen | Août 2227

Tu connais ce sourire plein de dents. Tu en vendais les réponses, comme la putain des ragots et des bonnes affaires que tu étais. Paie à mon bar, et Obéron te guidera vers la sortie du dédale de métal, loin des monstres aux figures humaines pleines de cambouis, loin des lumières des néons faussement rassurantes. Le sourire du petit chaperon rouge qui veut entendre les histoires du grand méchant loup sur ce qui se cache dans le noir. Tu adores ce sourire.
Tu adores aussi pisser à la raie de l’autorité (sous toutes ses formes, même en uniforme), alors en toute honnêteté, tu es partant. Tu t’appuies à tour sur le comptoir, confidence en tête à tête. Avant : tu tapotes le bout de son verre du bout de son doigt, et ta voix sonne presque comme une mélodie ou un slogan sarcastique, qui vient à point à qui sait attendre : « - Tu te paies ton propre verre, chérie. » Cela dit, tu réfléchis à la manière de présenter la chose, te frottant le menton et la barbe machinalement. L’instinct de survie picote.  Tu ne peux pas baisser ta garde, enjoliver, broder un morceau de bravoure, te lancer dans une histoire rocambolesque et grandiloquente et surtout, surtout tu n’es pas censé confondre la réalité avec les différents tomes que tu as écris sur les élections et les tensions ( sexuelles ) qui les ont entouré. « - Juste avant les élections, il y a eu….des tas de débats comme aime les fédérés et à un moment, les militaires et aux personnes compensant leur complexe d’infériorité en donnant des ordres se sont sentis insultés. Ils ont fait grève pour « prouver que la flotte ne tournerait pas rond sans eux ». » Tu singes les guillemets dans les airs, moqueur avant de reprendre ta place sur le comptoir. « - Comme si aucune société ne pouvait exister sans des flics. En résumé, personne en est mort, et ces salopards ont eu une augmentation pour rien foutre. Et après ça joue les saintes-nitouches surprises du désastre du JA…» Tu baisses la voix, comme si tu présenter tes hommages sans pisser sur une tombe. Tu attires à toi la bouteille et tu vous sers deux verres, vous laissant un instant de silence, désagréable. Tu es très loin d’être le meilleur pour donner des leçons à un type de job que tu as passé ta vie à arnaquer : miliciens, douaniers, légionnaires… Tu es peut-être aujourd’hui un bon citoyen respectueux des lois et de ton prochain, mais cela n’empêche pas que ta vie de vaurien t’incite à ne frôler les murs et rester loin de la surveillance de l’autorité. Par principe. Et tu les juges bien naïfs, ceux prêts à assurer votre sécurité à tous. Ici, c’est un zoo, une réserve protégée tout va bien. Dehors ? Face à la Terre, face aux pirates ? Les grands méchants loups n’en feront qu’une bouche, JA CQFD.

« - Maintenant, cathartique, c’est un bon mot. » Si elle savait : le vocabulaire fédéré, tu le joues mieux que les cris de torture maintenant. Des notes et des mots dont tu composes une mélodie, une épopée sentimentale, une extase fantasmatique. On ne va pas lui en parler. Tu la pointes du doigt, comme si tu dévoilais un secret : « - Tu peux l’utiliser pour justifier ton besoin de foutre ton poing dans la gueule d’un con. »
Tu la vois bien, regarder par-dessus son épaule. Etrange ironique, quand tu sais que la seule arme théoriquement présente dans la pièce se trouve droit devant elle, à quelques centimètres de son foie, séparé uniquement par 1) le comptoir 2) un caisson à double fond 3) un torchon. Mais tu as tes mains au-dessus du bar, comme face à un ivrogne à contrôler, un nouveau venu des espaces profonds à apprivoiser. Il n’y a peut-être pas assez de boulot pour le monde, mais tout le monde a un boulot, le genre d’informations qui t’a vraiment appris que tu étais dans un nouveau monde, à ton arrivée. Tout le monde a sa place. Tu n’as pas besoin de te battre pour ça, et ils ne se posaient même pas de questions. Seule contrepartie – certaines personnes doivent récupérer les ordures et les naissances sont limitées. Au moins eux, contrairement à toi ne sèment pas des chiards inconnus, tu me diras.
Tu accuses le coup. Tu n’as jamais pensé à ce que c’était là-bas. Tu n’as jamais pensé à retourner sur Keller. C’était un voyage sans retour pour toi, sans retour en arrière, ni pour la station, ni pour ton ancien toi. Tabula rasa et blâmons l’environnement plutôt que ta propre personnalité. Soudainement, tu te sens dépossédé. Ton doudou est arraché. Tu avales une rasade pour désinfecter la douleur, tu entends tes oreilles siffler. « - Vous êtes tous inoubliables, bandes d’enfoirés. » Tu grinces avec un reniflement. La moitié d’entre eux t’as laissé une jolie cicatrice quelque part sur le cuir, alors bon. T’as la tête et le corps pleins de souvenirs. Mais tu te sens vaguement insulté.

« - Un Kellari reste un Kellari. Qu’est-ce que tu veux qu’on fiche ici ? On reprend nos affaires, on boit, on organise des combats. C’est comme… délocalisation de la Belle en pays fédéré. Plus de lois, plus de fun à les outrepasser. Pour certains. » Tu hausses les épaules et tu fais la moue. Les combats… Tu y vas parfois, mais surtout pour observer dans l’ombre. Tu te retiens de parier, tu sais que ce serait un pas qui chute, les marchés noirs, les affaires, les complots. Tu ne peux pas faire ça. Mais tu aimes voir ceux qui se battent en sang, tu aimes voir leurs corps éprouvés, leurs cris, la violence survoltée des lieux, comme si la porte des tripots clandestins fermés, vous étiez dans une capsule qui vous transporter hors de la civilisation, hors de la Flotte. Tu pouvais bander à voir ça et tu frissonnes un instant. « - Eh bien, il n’y a pas de combat à mort. Mais… c’est sympa. La plupart des combattants sont d’anciens de la Belle, alors tu sais… C’est… pas mal. » Cela n’a rien avoir avec Mezz’o et le monde impitoyable de Keller, non. « - Ca sent comme Keller : sang, cambouis, alcool et clope. » Tu te redresses et tu déplaces ton poids d’un pied à l’autre. Tu esquisses un signe de tête, le regard acéré :   « - Ils disent quoi là-bas ? Ragot contre ragot. »



code by bat'phanie


Oberon n’attendait plus rien de la vie, le cœur brisé par son premier et seul amour ; s’installer sur la Flotte c’était prendre sa retraite et couler des jours tranquilles. Mais il va bientôt apprendre que l’amour a plus d’une façon de s’exprimer dans la Fédération.
©️ FRIMELDA


MessageSujet: (#) Re: Hey connard | Crius     Mar 13 Nov - 16:50
avatar
http://beyond-earth.forumactif.com/t836-ellie-tell-your-children-not-to-hear-my-word http://beyond-earth.forumactif.com/t838-ellie-pretty-reckless
Messages : 87
Âge : 44 ans
Occupation : Commissionnaire
Habitation : Tiantang, avec sa soeur
Arrivée : 03.07.2227
Pseudo : Frey
Avatar : Alison Mosshart
Crédits : Gif : Kim
Le rappel à l'ordre te fait l'effet d'un coup sur le nez, tu le fronces, tu te recules, te redresse pour observer le vieux. Il n'a pas perdu la main mais il a brisé une partie de ton entrain. « J'paierais quand j'aurais fini de consommer, ouais ? Sers m'en un autre. » Tes sens sont nouveau à vif et tu l'observes qui réfléchit. Tu l'imagines bien rassembler ses informations, les peser, les écarter, les enjoliver dans son esprit de vieux dégueulasse. Il a beaucoup perdu de sa superbe autant que ses jambes, le Serrano et ce n'est pas que dû à sa fuite de Keller. « Cet endroit existerait pas sans les flics, ouaip', mais c'parce qu'y sont des p'tites bêtes qu'ont trop peur de voir le mal leur arriver d'ssus alors qu'y z'en sont aussi capab'. » Il est l'heure pour la philosophie de comptoir et il faut dire que Crius est un bon focaliseur pour ce genre de discussions. Tu n'as jamais été la meilleure pour rassembler des informations et tu avais toujours laissé ce genre de boulots à des types comme Crius ou comme les petits revendeurs d'informations qu'on retrouvait un peu partout sur la Belle. « Crius, mon beau, arrêt' l'vocab'local, j'comprends pas la moitié d'c'que tu dégueules. » Toutes ces expressions, ces mots compliqués, ça te saoulait et tu ne comprenais pas la moitié de ce que la plupart des gens racontaient lorsqu'ils essayaient de t'éduquer sur l'histoire de la fédé. Tu en avais rien à foutre, t'étais là pour autre chose et ça te faisait chier de devoir faire semblant pour qu'on ne te dévisage pas plus. Il se rattrape cependant en t'expliquant à moitié ce que voulait dire un des mots qui te travaillait. « Genre en coller une c'cathartique ? J'crois que je commence à b'en aimer ce mot. » Un que tu n'oublieras probablement pas lorsque tu t'en retourneras vers la Belle, que tu prononceras à demi-mot, pour faire plaisir aux jumeaux ou que Kolvish rigole un peu. Pas trop non plus, qu'on ne t'accuse pas d'être devenue comme eux.

« Vous êtes tous inoubliables, bandes d'enfoirés. » Tu prends ça comme un compliment malgré le ton grinçant de l'homme. Tu lui souris, tes yeux s’étrécissant d'un plaisir mal contenu. C'est que Keller te manquait de plus en plus et que la moindre mention de celle-ci faisait naître en ton cœur un soubresaut de chauvinisme. « Un Kellari qui vient se cacher dans le ventre de la Fédé abandonne Keller, mon beau, c'est ce qu'on pense là bas. » Tu n'étais pas la plus radicale, mais certains dans ta famille pensaient que partir sur la flotte, c'était renier sa vie, aller auprès du diable, se cacher et cracher sur leur origine. « Essayer de reproduire Keller ici, c'est comme cracher dans un verre que t'as demandé et qu'on t'offre. Ni fédéré, ni Kellari. » Tu l'écoutes pourtant, tu observes ses gestes et tu fais tourner le liquide dans ton verre. Tu ne quittes pas un instant l'homme des yeux, le sourire trop dur pour être honnête. T'as la tronche du capitaine face à un membre d'équipage pris en faute, un qui revient après avoir tenté d'aller voir ailleurs si les étoiles y brillaient plus. « Y disent quoi sur quoi ? Sur le JA ? Sur la Fédé ? Sur toi ? Va falloir être plus précis, parce que les ragots y en a un paquet et ça gronde et ça résonne dans tous les dédales. Quand je suis partie ça grouillait, y avait trop de silences et ça va péter, bientôt. » De certains diraient que c'était la rage qui avait troublé tes sens mais tu étais persuadée que le Jeanne d'Arc avait fait beaucoup plus que tuer ton frère et handicaper la Fédération, elle avait ravivé des viviers et des haines qui dormaient depuis des années, lovées dans le coeur de la Belle.


I am also a we
I don't really care about anyone liking me. Most of you motherfuckers don't even like yourselves ▬ if karma doesn't hit you, I fucking will
MessageSujet: (#) Re: Hey connard | Crius     

RÉPONSE RAPIDE