Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.
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MessageSujet: (#) Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Mer 1 Aoû - 23:54
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Le regard perdu dans le reflet qu’offre le miroir, Elie lisse nerveusement sa robe, le soupir dépité qui lui passe depuis les poumons jusqu’à travers les lèvres. Bien sûr, il n’y a aucun faux pli. La robe épouse parfaitement ses courbes, et son dos nu révèle la chute de ses reins sans aucune fausse pudeur. Ses cheveux coiffés pour l’occasion et son maquillage parfait. Si toutes ses économies sont passées dans l’achat des tissu (et qu’elle a dû quémander l’aide de Theevi pour l’occasion), le résultat achève de la convaincre qu’elle aurait eu tort de s’en priver. Elle est renversante. Non, son angoisse gît ailleurs. Il est rare que les jours de repos de Tiaan et le siens coïncident ; Elie a attendu des mois entiers avant que cela ne se produise, et bien d’autres semaines encore avant d’oser. Les billes accrochent le petit coffret de velours que la dextre attrape et fourre dans son sac. Elle ajuste ses talons vertigineux, arrange sa veste et jette un dernier regard à l’image que lui renvoie le miroir, puis s’en détourne séditieusement. Marcher ne calme en rien son agitation, au contraire. Et plus elle se rapproche des douanes, plus elle augmente crescendo jusqu’à comprimer sa poitrine et déclencher mille fourmillements dans ses membres. Elle est en avance, bien sûr. Pour se laisser l’opportunité de tourner les talons, de changer de d’avis.

Elle reste. Elle attend. Maitrise a grand peine sa patience qui s’érode chaque minute qui s’écoule.

Et enfin, commence le défilé des employés qui achèvent leur journée. Elle reconnait certains collègues de Tiaan, des clients de son bar. L’un d’eux l’approche même, un sourire goguenard aux lèvres. « T’es bien apprêtée Duchesse ! C’est pour Krishvin ? Je peux t’le faire oublier, moi… » Un vague rictus décore ses lèvres. « Tu peux voir ça directement avec lui, elle rétorque en désignant une silhouette qui se dresse derrière l’homme. » Sans demander son reste, l’opportun déguerpit. Sous la cage d’os, le myocarde s’emballe brutalement à la vue de Tiaan. Comment, après tout ce temps, peut-il lui faire encore cet effet ? A-t-il seulement conscience de l’empire qu’il exerce sur elle ? Le sourire creuse son visage tandis qu’elle s’approche. Tiaan a l’allure fatiguée, les traits tirés. Juchée sur ses talons, elle dépasse presque ses épaules. Elle n’a qu’à lever la tête pour capturer les lippes et déguster cette chair qui lui a tant manqué. Les mains initiées des années auparavant enlacent la nuque. Tiaan lui a cruellement manqué, et chaque fois qu’ils se retrouvent, elle ne se rappelle que de l’amour éperdu qu’elle lui porte. « Tu m’as manqué…, elle murmure. Tu n’a pas le droit de dire que tu es fatigué. Tu as promis, elle minaude après, anticipant les réactions de Tiaan qu’elle devine trop bien. » Et derechef, elle mêle ses doigts aux siens et l’entraine à sa suite dans les dédales des stations. Ses craintes se diluent peu à peu en sentiment de doux confort. Elie voudrait ne plus jamais avoir à le laisser aller, et pourtant elle ne se lasse jamais de ces vives émotions qui la prennent toute entière chaque fois qu’ils se retrouvent, comme des fièvres adolescentes.

Le restaurant qu’elle a choisi se cache dans une artère moins fréquentée que les autres. Bien sûr, ce n’est pas vraiment un restaurant, mais une cantine discrète aux mets de meilleure qualité que les endroits où ils mangent habituellement. Du reste, l’ambiance tamisée et les tables isolées les unes des autres entretient suffisamment l’illusion et offrent toute l’intimité dont ils ont besoin. Un sourire extatique qui ne l’a pas quitté depuis les retrouvailles, les billes d’Elie coulent vers Tiaan. « Détends-toi, elle lui fait gentiment. On a rarement l’occasion se retrouver comme ça. » En réalité, Elie bouillonne de joie comme une gamine découvrant le meilleur des présents. Et pour mieux l’amadouer, elle attrape à nouveau ses mains, le pouce pour caresser distraitement le derme rugueux. Elie lui offre son sourire le plus enjôleur ; elle triche pleinement pour le rallier à sa cause. « Ce repas, c’est mon seul caprice, elle argumente finalement. On fera ce que tu veux ensuite. »




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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Jeu 2 Aoû - 22:47
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Tu profitais que l'officier responsable qui te remplaçait soit là légèrement en avance pour le laisser rentrer ses codes quelques minutes avant la fin de ton quart. Épuisé de longues journées répétitives et sans réels incidents qui puisse sortir les douaniers de leur torpeur. L'ennui commençait à se faire sentir et s'il était bien accueilli pendant quelques quarts, il finissait par rendre les soldats énervés et prêts à trouver la moindre source d'embrouille pour égayer leurs longues heures de travaux répétitifs. Elie avait souhaité que vous passiez ensemble vos jours de congés commun. Non pas que tu étais opposé à l'idée de passer du moment avec elle, mais tu aurais probablement préféré utiliser l'essentiel de ton temps libre à rattraper le sommeil en retard – ou plutôt refaire tes stocks d'énergie physique et sociale.

Tu suivais le flux des sortants, repérant Elie autant par ses habits que par sa position face aux sortants. Tu ignorais l'homme qui s'était arrêté pour discuter avec elle, te plaçant opportunément derrière lui et au vu de son départ précipité, cela avait suffit à le dissuader de faire plus d'esclandres. Lorsqu'elle passe ses bras autour de ta nuque et ses lèvres sur les tiennes, tu enroules tes bras autour de ses reins, autant par réflexe que pour pouvoir poser ton emprise sur elle. Ignorant le probable inconfort que pouvait provoquer ta joue contre la sienne après une journée de travail, tu la glissais sur sa peau douce, les yeux fermés, toute ton attention tournée vers elle. « Tu m'as manqué. » Tu ne réponds pas, ton étreinte se fait pourtant plus pressante. « Tu n'as pas le droit de dire que tu es fatigué, tu as promis. » Tu soupires contre son oreille. Tu étais fatigué et tu savais que ta compagnie serait d'une bien piètre qualité, ta capacité de discussion probablement au plus bas, mais tu avais promis et tu savais qu'Elie ne s'était pas fait aussi belle pour que tu la laisses sur la touche. Tu la relâches de ton emprise, mêlant tes doigts aux siens et tu prends le temps de détailler sa robe tandis que tu suis sa direction. « T-.. Tu es .. mh. B.. Belle. » Que tu finis par lâcher. Tu as envie de lui demander si l'habit vient de Theevi, de savoir comment se passent les relations entre Elie et ta sœur, de juste l'écouter parler et de ne pas avoir besoin de dire un mot, juste l'écouter, entendre la passion dans sa voix, les sentiments et les haussements de ton qui les accompagnaient. Pourtant tu n'ajoutes rien. Tu ne sais pas ce qu'il est de bon ton de demander et tu as bien conscience que les réflexes pris à la douane, les questions répétitives et les investigations parfois trop poussées avaient tendance à dépeindre sur l'attitude de certains de tes collègues. Est-ce que cela te touchait également, même si dans une autre mesure puisque tu n'avais jamais été très verbeux ?

Tu lances des regards autour de toi, curieux et un brin méfiant. Tu n'as pas pour habitude de sortir des sentiers battus, la routine te rassure presque dans sa sûreté. C'est les autres qui t'emmènent dans de nouveaux bars, tester de nouvelles boissons, visiter de nouveaux endroits, découvrir de nouvelles personnes. Tu te méfies trop de ce qui pourrait arriver pour aimer te laisser glisser dans l'inconnu. L'ambiance tamisée et l'éloignement de la cantine des artères principales te fait douter un instant, mais tu préfères t'imaginer qu'Elie n'oserait jamais t'emmener dans un endroit réputé illégal et tu laisses la tension qui s'était installée entre tes épaules se délasser progressivement, tes mains fondant entre les pognes de la femme qui t'accompagne. « Ce repas, c'est mon seul caprice. » Tu clignes des yeux, l'incompréhension mêlée à la curiosité et saupoudré de doute. Qu'est-ce que cette cantine avait de différent des autres qui justifie un tel empressement d'Elie pour qu'il se laisse aller ? « On fera ce que tu veux ensuite. »

Si tu voulais que quelqu'un te fasse confiance, il fallait que tu leurs fasses confiance et tu décidais de te prêter au jeu. « Ok. » Tu passais un doigt sous le col rouge de ton uniforme pour l'ouvrir et tu laissais celui-ci glisser pour te détendre autant physiquement que dans tes habits. Sur tes épaules pesaient toujours le poids de la lassitude et de la fatigue, mais la chaleur procurée par les mains d'Elie, son apprêtement et ses sourires permirent d'ôter une bonne partie de tes soucis de tes épaules. Tu lui offrais de pâles sourires en comparaison des siens mais tu tentais tout de même de répondre à chacun d'entre eux. « Qu...Qu'est-ce qu'il y a d-de spécial ici? »




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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Ven 3 Aoû - 0:35
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S’il ne répond rien, la pression qu’il exerce sur elle, contre elle, vaut bien tous les mots du monde. Nichée contre le torse de Tiaan, Elie s’enivre de la présence de son amoureux. Elle pourrait rester plantée là et contre lui toute la soirée. Un faible soupire s’échappe des lippes, autant de soulagement que de contentement. C’est Tiaan, là, tout autour d’elle. Et le monde pouvait bien s’arrêter de tourner que ça ne compterait jamais autant que cette étreinte.  Elle est chez elle. Chez elle, ce n’est pas sa cabine sur le Tiantang ou l’ensemble complexe de vaisseaux qui volent sans réel but. Chez elle, c’est Tiaan. « T-.. Tu es .. mh. B.. Belle. » Tu es magnifique. S'il ne l'a pas prononcé, elle l'a néanmoins entendu. Elie s’arrête pour lui faire face, un sourire rayonnant entaille son visage et lorsqu’elle s’approche de l’homme, c’est pour le tirer par le col à elle, un rire crépitant qui soulève sa poitrine. « Et toi, tu es bien trop sévère, elle le taquine, avant de planter un nouveau baiser sur sec sur sa joue. Mais je suis ravie de savoir que mes efforts pour t’aguicher sont payant. » Les yeux pétillants, Elie devine à l’avance la réaction probablement un peu gênée de Tiaan. Ca ne manque pas bien sûr. La terrienne a toujours été beaucoup plus frivole que lui, et loin de s’en offusquer, elle en a fait un jeu entre eux, un jeu bienveillant dont la victoire est ce petit sourire un peu tordu qui orne à présent les lèvres de son compagnon. La bouche contre l’oreille, elle murmure plutôt sur le ton de la confidence. « Mais j’aime les hommes qui portent l’uniforme… Une chance. » L’œillade taquine, Elie sait tout l’effet qu’elle fait au douanier. Elle ne fait, après tout, que lui rendre une partie de l’empire qu’il a sur elle.

Peu à peu, elle observe Tiaan se laisser aller et abandonner les multiples tensions qui le raidissent sans cesse. La cantine offre un cadre agréable, non sans rappeler les bistrots terriens du début du vingtième siècle terrien. La lumière, tamisée, confère une ambiance détendue que la musique diffusée en fond sonore sublime. Jusqu’aux bornes servant à commander les repas et à les servir, qu’on a savamment dissimulés dans un coin reculé du réfectoire. La clientèle se fait aussi rare que discrète. Autour d’eux, quelques couples plongés dans leur discussion, une ou deux personnes seules dégustant lentement un repas. Plus loin, elle devine un vieux couple, tous deux les cheveux grisonnants et la peau parcheminée, les mains enlacées, comme eux. Ils ne disent rien. L’attention à nouveau portée sur Tiaan, un sourire plus doux, un de ceux de joie rentrée et contenue, elle lui répond. « Rien. Tout. On se retrouve rarement tous les deux. Je voulais pas être dans le bruit. Et la nourriture est meilleure ici. L’alcool, aussi. Y’a pas grand monde, j’aime bien l’ambiance. Mais, on peut aller ailleurs, si tu préfères. » Le palpitant poinçonné d’une soudaine inquiétude, Elie sonde et scrute Tiaan. Elle respire un peu mieux quand finalement il défait son col. « Ca me rappelle la Terre, confie-t-elle finalement. Je voulais qu’on passe une soirée un peu spéciale, et ça me rappelait la Terre. » Elle n’en dit pas plus, trop bien consciente que la planète mère n’intéresse que peu Tiaan. Elie ne parle jamais de son enfance, rarement de son monde d’origine. Quoi qu’on en dise, il s’agit de deux mondes distincts qui éloignent Keller et la Terre, autant par la distance que par les modes de vie. Parfois, elle se laisse aller, lui dépeint l’horizon et l’odeur iodée d’un bord de mer, l’effet apaisant du ressac de l’océan et le plaisir simple et tout à la fois merveilleux d’observer un coucher de soleil. Bien sûr, ces images n’évoquent rien pour Tiaan et Elie range ces souvenirs dans un coin de son esprit. « Ici, il parait que les repas rappellent l’Italie. C’est un pays réputé pour la qualité de sa nourriture, sur Terre, elle ajoute peut-être inutilement. Je voulais te faire découvrir. Je vais nous chercher à manger. »

Son terminal coincé dans la senestre, Elie s’éloigne, ses talons ne provoquant aucun bruit contre la moquette épaisse qui tapisse le sol. Déjà, elle sent sa vieille crainte ressurgir, mais déterminée, elle la confine au loin. Il sera toujours temps de s’y abandonner plus tard. Elle reste un moment, plus que nécessaire, devant les bornes, le temps d’assembler son courage. Mais quand elle revient, deux plats fumants dans les mains, elle rayonne à nouveau. « Ils appellent ça un risotto, je crois qu’il n’en ont jamais vu ! elle plaisante en déposant les assiettes devant eux. Du doigts, elle les désigne. C’est aussi pour ça que je voulais venir ici. On a rarement l’occasion de manger de façon aussi agréable. » Elle passe volontairement sous silence la petite fortune qu’elle dilapide pour la soirée. A la première bouchée, étonnamment, toutes les saveurs de son enfance explosent au palais et elle ferme les yeux, un gémissement de contentement qui lui échappe. « Oh, c’est comme quand j’étais petite ! Je veux pas savoir comment, ils ont même réussi à reproduire le goût des cèpes. » Elle ressemble à une gamine, Elie. Elle irradie de joie brute comme jamais. « Tu aimes ? ». Si ça compte ? Grandement. Ca lui importe de savoir que Tiaan arrive à se sentir à l’aise, en confiance. Au moins un peu.




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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Ven 3 Aoû - 22:53
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« Rien. Tout. On se retrouve rarement tous les deux. » Ta nuque opère à nouveau une torsion pour te permette d'observer à nouveau Elie, une certaine surprise teintant tes traits. Elle n'avait pas tout à fait tort mais tu n'avais que rarement prêté attention à ce genre de circonstances. La présence d'étrangers autour de vous ne t'avait jamais dérangé, la flotte était comme Keller ; tout le monde finissait par connaître tout le monde et personne à la fois. « Je voulais pas être dans le bruit. Et la nourriture est meilleure ici. L'alcool, aussi. » N'étant pas particulièrement friand des deux premières choses et habitué à d'autres alcools, souvent bien pires, les choix d'Elie ne te semblaient peut-être pas saugrenus mais ne faisaient pour l'essentiel pas partie de tes priorités. Tu décidais pourtant d'acquiescer, bien conscient qu'il s'agissait de points importants pour elle. « Y'a pas grand monde, j'aime bien l'ambiance. Mais, on peut aller ailleurs si tu préfères. » Tu secouais la tête à la négative, te raclant la gorge avant de répondre alors que ton col se défaisait sous l'injonction de tes doigts. « Non. Curieux. » Tu n'eus pas besoin d'attendre longtemps pour qu'elle te confie l'exacte raison – ou ce qui te semblait l'être – de votre présence. « Ça me rappelle la Terre. » Oh. L'ambiance y était probablement pour grand chose. Le peu de culture qu'elle était parvenue à t'inculquer était le seul repère que tu pouvais utiliser pour analyser l'ensemble de la cantine, ton regard se posant rapidement autour de toi, observant d'un œil cette fois plus attentif les diverses marques laissées par un décorateur probablement nostalgique. « [color=#669999Je voulais qu'on passe une soirée un peu spéciale, et ça me rappelait la Terre.[/color] » Tu notais qu'elle avait cherché, ou tout du moins réfléchi, à l'endroit où vous pouviez vous retrouver pour un moment « spécial » et tu te pris à chercher nerveusement ce que tu aurais pu manquer, une date anniversaire, un événement particulier que tu aurais occulté, quelque chose qui expliquait toutes ces attentions, cette robe et la mélancolie passagère. Tu fronçais les sourcils, l'un finissant par s'arquer tandis que tu ouvrais la bouche, avant de la fermer, laissant ta conjointe faire remonter ses souvenirs. Tout ce qu'elle te présentait te semblait bien souvent abstrait et même la banque de données de la fédération ne suffisait pas à te faire comprendre toutes les sensations et images qu'elle souhaitait partager avec toi. Quant à la littérature qui occupait tes soirées de liberté, la prose n'était que très rarement l'atout principal.

Les explications finies, tu observais Elie s'éloigner, son terminal en main, sans avoir pu décrocher un mot. Tu lui faisais confiance, mais tu ne pouvais t'empêcher de craindre ce qu'elle allait t'apporter. Tu te contentais généralement de peu, préférant l'utile à l'agréable, un peu frileux dans tout ce qui était nourriture et tu préférais garder ton argent pour d'autres activités – ou plutôt garder tes crédits tout court – plutôt que de les dépenser en curiosités culinaires. Keller avait tôt fait de t'apprendre à te méfier de tout ce qui n'était pas sous vide et dont l'emballage principal avait été entamé. Tandis qu'elle allait chercher vos repas, tu en profitais pour t'étirer et faire craquer tes joints et bailler un bon coup, ta gauche passant au dessus de ton front tandis que la droite se projetant loin vers l'avant. Une suite de bips de Charlie te signala que tu avais reçu un message, mais la voix désincarnée ne s'étant pas fait entendre, tu préférais considérer qu'il ne s'agissait de rien qui nécessitait ton attention immédiate. « Ils appellent ça un risotto, je crois qu'ils n'en ont jamais vu. » Un frémissement te parcouru. Si une connaisseuse était méfiante du repas, en tant que néophyte tu ne pouvais pas décemment te sentir rassuré. « C'est aussi pour ça que je voulais venir ici. On a rarement l'occasion de manger de façon aussi agréable. » Tu observais avec circonspection la bouillie dans ton assiette, te rappelant les grumeaux mélangés à de l'eau laiteuse lyophilisée qui faisait office de repas nourrissant lorsque vous étiez malades. Alors tu observais Elie faire le grand pas, le plongeon vers l'inconnu, poussant la témérité jusqu'à saisir ta propre fourchette, hésitant avec une cuillère, incertain de la façon dont il fallait s'y prendre pour manger le risoutôt. « Oh, c'est comme quand j'étais petite ! » Tu n'avais toi même pas d'excellents souvenirs de tes expériences culinaires étant enfant et même tes madeleines de Proust étaient plus en lien avec les souvenirs associés qu'avec la qualité nutritive ou gustative des goûters que tu avais eu. « Je veux pas savoir comment, ils ont réussi à reproduire le goût des cèpes. » Le goût des quoi, maintenant ?

« Tu aimes ? » Tu n'as toujours pas touché mais l'odeur te donne des hauts le cœur et la texture te rend méfiant. Pourtant face à la joie d'Elie, ses sourires et l'empressement qu'elle a eu à t'emmener ici et t'expliquer, tu décidais de faire tout de même l'effort de goûter. Tu plaçais une petite partie de la mixture au bout de ta fourchette et tu l'enfournais, retenant un moment ta respiration pour bloquer l'odeur et tu mis quelques secondes avant de mâcher.

L'horreur. Le goût trop fort par rapport aux nourritures fades dont tu avais l'habitude, la texture spongieuse et les arômes que tu ne connaissais pas te firent tousser et il te fallu mettre le dos de ta main devant ta bouche pour que tu ne postillonnes pas partout. Tu finis par déglutir et tu cherches des yeux un verre pour passer l'horrible goût du cèpe ? de ta bouche. « Non, c'est b-bien. » Tu tousses et tu remets de la chose sur ta fourchette, observant surtout ton plat plutôt qu'Elie qui serait probablement déçue par ton incapacité à apprécier ce qui avait bercé son enfance à elle.




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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Lun 6 Aoû - 20:54
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Les yeux plissés de plaisir, Elie savoure cette première bouchée. Si l'apparence n'est pas engageante et la texture loin d'être agréable, l'explosion de saveur qui inonde le palais ravive de vifs souvenirs oubliés de paysages grandioses et de rire et de vent chaud dans les cheveux. Elle en caresse les contours et ne s'accorde pas le luxe d'y plonger pleinement. C'est l'instant présent qui compte, s'attarder sur de vieilles réminiscences tirées d'une autre vie, révolue, est inutile. Alors attentive, elle relève les billes vers l'homme en face d'elle qui remue la mixture, l'air de ne pas savoir quoi en faire. Finalement, il en prend une bouchée. Malgré ce qu'il affirme, il peine à masquer sa réaction vive et sans aucun doute mitigée. Et ça la frappe soudain. La canine incise douloureusement la pulpe de ses lèvres. Elle pourrait s'injurier pour sa bêtise crasse et son égoïsme brut. Tiaan n'a jamais connu que la nourriture fade de l'espace, il ignore tous des subtilités gustatives d'un plat aussi simple. Alors qu'il tente de la rassurer, et triture son plat plutôt que de manger, Elie devine sans peine qu’il ne cherche qu’à la préserver. Les doigts attrapent la dextre tenant le couvert, et bientôt elle rencontre les pupilles de Tiaan. « Ne te force pas pour moi, elle glisse doucement. Je suis désolée, j’aurais dû y penser. » Elle retire lentement sa main, plonge elle-même à nouveau la fourchette dans le plat, qui d’un coup ne lui donne plus autant envie que quelques secondes auparavant.

Souvent, elle s’imagine leur relation comme deux aimants, qui s’attirent irrémédiablement autant qu’ils se repoussent férocement, selon le côté qu’on présente à l’autre. Ce n’était pas le premier impair de l’un ou de l’autre. Leur histoire s’était construite sur cette découverte parfois brutale de l’altérité, de leurs différences, ancrés en eux comme l’ADN. Parfois, l’image d’un oignon aux multiples couches superposées lui parait être une meilleure métaphore. Il leur faut, avec patience, éplucher peau après peau pour atteindre le cœur. Simplement, Elie aurait aimé que cette fois, tout se passe pour le mieux, qu’elle ne trébuche pas éternellement contre cette barrière culturelle qui les sépare perpétuellement (certes pour mieux les rapprocher par la suite) depuis plus de dix ans. Sa main gauche, tremblante, trahit l’adrénaline qui inonde ses veines alors qu’elle tente vainement de se sortir de cette situation. Mais comme souvent (comme toujours), il n’y a pas de solution de facilité. Alors, elle pose la fourchette, et s’essuie les lèvres et lui renvoie un sourire. « Je reviens. » L’aller-retour entre les bornes de commandes et la table lui prend moins d’une minute. « J’y réfléchirai mieux la prochaine fois que je veux te faire découvrir quelque chose qui vient de Terre, elle dit la voix peut-être un peu tremblante d’émotion mais qu’elle veut légère, en vidant le contenu des plats dans les boites à emporter. Je te parlerai de la Toscane un autre jour. » Les billes le scrutent à nouveau, tentant de déchiffrer les pensées de Tiaan, un sourire pour chasser le malaise. L’exercice reste ardu, malgré les années passées. Il semble à Elie que Tiaan est un mystère impossible à défaire, une équation d’une complexité incroyable dont la résolution promet au moins un siècle de satisfaction. Pourtant, elle est prévenante, Elie, elle se garde bien de le brusquer et déploie tous les trésors de sa patience pour mieux l’apprivoiser. Résolument, elle tombe chaque fois un peu plus amoureuse de lui, à chaque découverte, chaque petite victoire. Cette fois, ça entaille profondément sa résolution. Elle le masque avec difficulté, conserve un sourire de façade mais ses pensées, elles, s’agitent. Si elle est autant touchée, c’est à cause de cette petite boite logée dans son sac, dont il lui semble qu’elle irradie comme pour se rappeler à elle. Tiaan la rend fébrile. Plus exactement, ne pas savoir deviner sa réponse, malgré les mille scenarios qu’elle se déroule depuis l’achat des alliances. Tu veux manger ailleurs ?, signent les mains, on peut prendre à emporter et aller chez toi, rester tranquille. Ou rentrer directement ?. Inutile de s’attarder, après ce début de soirée avorté. Si une angoisse déraisonnable lui ronge l’esprit, Elie s’interdit de gâcher ces précieuses heures avec Tiaan. Alors, elle contrôle sa respiration, cesse de s’agiter nerveusement.




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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Mar 7 Aoû - 14:55
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Tu relevais la tête lorsque sa main rencontrait la tienne, l'empêchant de continuer de massacrer le contenu du plat dans l'espoir vain que le risotto disparaisse de lui même. Tes yeux dans les siens, tu attendais, les muscles un peu trop tendus pour être réellement serein, qu'elle ouvre la bouche, t'explique ce dont était composé le plat, son histoire, une anecdote sur son propre passé. « Ne te force pas pour moi. » Un peu surpris, mais acceptant avec joie sa miséricorde, tu te persuadais de tout de même essayer encore quelques bouchées afin de lui faire plaisir, mais aussi ne pas gâcher le plat. « Je suis désolée, j'aurais dû y penser. » Tu laissais la chaleur de sa main s'échapper, à ton tour observateur de son expédition culinaire. Tu finis par poser tes couverts, le goût amer et acre du cèpe ne quittant pas tes papilles. Tu croisais les bras devant toi après avoir repoussé l'assiette, tes yeux suivant chacun de ses mouvements avec attention.

Tu vois ses mains trembler, mais tu n'amorçais aucun geste vers elle pour stopper le mouvement, la rassurer, l'aider. Elle finit par se relever, t'offrir un sourire qui est aussi tremblant que ses mains et elle quitte la table. Ton regard ne quitte son assiette qu'au bout de quelques secondes pour observer son dos qui se rapproche des machines. Curieux, tu te demandais si elle allait revenir avec un autre plat, quelque chose de fade et sans goût pour te faire passer le goût et que tu l'accompagnes dans son dîner. « Je reviens. » Finalement c'est avec des boîtes dans lesquelles elle mis votre repas qu'elle te rejoignit. « J'y réfléchirai mieux la prochaine fois que je veux te faire découvrir quelque chose qui vient de Terre. » Tu secouais la tête, sans chercher à y glisser une signification. La Terre ne t'a jamais réellement intéressé, les questions qui te brûlent les lèvres dessus sont surtout à propos de sensations que certains auteurs décrivent, de choses qui semblaient communes pour les écrivains dont la plume était parfois inégales et les explications que tu demandais à Elie te laissaient parfois dubitatif sur l'utilité de certaines métaphores. A moins que certaines double lectures soient nécessaires et en tant que néophyte du sujet, tu étais incapable de les saisir. « Je te parlerai de la Toscane un autre jour. » Tu réponds à son sourire par un bref signe de tête pour marquer ton assentiment.

Le silence s'étire, que tu ne cherchais pas à briser. Ce fut finalement non pas avec des mots mais avec ses mains qu'Elie tenta d'attirer à nouveau ton attention. C'est avec attention et patience que tu observes les mouvements de ses mains, la fébrilité transpirant de tous les pores de sa peau. D'un geste de la main tu lui fais signe de se rasseoir. « Qu'est-ce qu'il y a ? » Tu t'essayais au verbe, plutôt qu'aux signes, même si Elie avait initié la discussion dans ce sens, tu préférais user de tes mains que lorsque la discussion demandait un rythme plus soutenu, des mots que personne d'autre ne devrait entendre, ni voir. « T-T-Tu es n.. nhh... nerveuse depuis t-t-t-tout à l'heure. » Tu fronçais à nouveau les sourcils, passant mentalement toutes les dates, les heures, les jours, dans ta tête. Il ne te semblait vraiment pas que ce soit l'anniversaire d'une quelconque situation, ni encore moins de quelqu'un et sa nervosité et ton incompréhension, accompagnés de la fatigue qui t'écrasait les épaules et l'esprit, t'énervaient. « Il y a une urgence ? Q.. quelque chose ? »




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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Mar 7 Aoû - 16:53
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De fébrile, Elie devient intenable. La tension logée dans tous ses muscles dispute la présidence de ses émotions à l’appréhension dissimulée dans chacun de ses mots, parlés ou signés, de ses gestes, de ses regards. Et bien sûr, Tiaan la connait autant par le corps que par l’esprit, il ne lui faut que quelques minutes supplémentaires pour deviner son malaise prégnant et crescendo. Le voilà inquiet, sinon passablement agacé. Il la fait rassoir, elle obtempère et s’oblige au calme. Ce n’est certes pas suffisant pour endormir l’instinct de l’homme. « Qu'est-ce qu'il y a ? » Elle relève vivement le visage, croise et fuit le regard de Tiaan dans le même temps. Une décharge d’adrénaline lui traverse le corps depuis la poitrine et se déverse dans tout son organisme. Dans la cage d’os, myocarde s’emballe dans un rythme parfaitement erratique et il lui semble que son souffle s’amenuise à mesure que l’oxygène tente d’accéder à ses poumons. « T-T-Tu es n.. nhh... nerveuse depuis t-t-t-tout à l'heure. » « Non. » La réponse, sur un ton catégorique, est immédiate. Fausse. C’est un mécanisme de défense puéril d’Elie qui ne supporte pas, jamais, que ses faiblesses, même les plus humaines, soient ainsi ouvertement exposées. Bien sûr, qu’elle est nerveuse. « Il y a une urgence ? Q.. quelque chose ? » Un rire teinté d’hystérie lui passe les lèvres, à moins que ce ne soit les prémices d’un sanglot. L’émotion, vive, lui noue la trachée. Les yeux cherchent les yeux, les trouvent. Elle y déchiffre l’incompréhension de Tiaan, une certaine crispation, sa fatigue.

Alors elle se laisse aller contre le dossier. Frotte la paume de ses mains une fois, puis une autre contre sa robe. Elle s’attarde un battement de cœur, et sa main tremblante fouille un instant dans le sac. Les doigts accrochent le fourreau sombre. Une fois encore, elle hésite. Dans ses tempes, le sang pulse furieusement et douloureusement. De tous les scenarios, toutes les projections, aucune n’était aussi catastrophique. Les paupières se ferment quelques secondes ou bien une minute. Et finalement, elle attrape la boite, la serre entre ses doigts, tellement qu’ils en blanchissent. Et elle tremble, Elie, plus que jamais. Pourtant, le fond de son regard est déterminé quand elle accroche à nouveau Tiaan. Doucement, avec précaution, elle ouvre le coffret, et le pose face à lui, au centre de la table. Deux bagues s’y trouvent, jumelles. L’argent, sobrement ciselé, accroche les lumières et renvoie quelques reflets. Le travail d’orfèvre est précis, bien que simple. Et à leur image. Le silence s’étire quelques instants encore. Et finalement, elle ose, la voix agitée de tremolos d’émotion.

« J’imaginais pas vraiment ce moment comme ça... (un rire nerveux, un autre, lui échappe). Mais on en parle depuis si longtemps et on ne franchit jamais le cap. Tu changes ma vie, Tiaan Krishvin. Tu la remplis d’innombrables moments de joie, de surprise, de complicité. Tu la remplies de messages cachés au détour des pages de livres, et de moments volés, de silences et de questions innombrables, de rires et de soupirs. Tu me rends idiote, et stupide, et curieuse, et meilleure. Et je veux d’une vie entière passée à tes côtés. Et je ne veux plus que ce soit une simple idée, une projection, un futur qui ne se réalise jamais. Je veux que ce soit vrai et maintenant, je veux que l’éternité nous appartienne, je veux être tienne pour les jours à venir. Je veux que ce soit tout de suite, et pour toujours. » Les mots lui échappent et déferlent, rapides, comme s’ils étaient contenus depuis trop de temps. Ils sont contenus depuis trop de temps. Elle les a imaginés, pensé, des heures, des jours et des mois durant. Elie les a gardés en elle pour leur donner une teinte, une saveur, une forme. Et finalement, ils s’échappent sans rien garder de tout ce qu’elle préparé. Elle déverse ses espoirs et ses craintes les plus intimes, les mieux masquées. Le mariage, ils l’ont évoqué, souvent. Elle en a rêvé. Tiaan la laisse perpétuellement fébrile et pantelante. Et ce n’est jamais assez. « Je veux d’un futur à tes côtés, je veux d’un futur commun, et des rêves ensemble. Je t’aime. Et je veux que ce soit pour toutes les années à venir. » Je veux tes bras chaque matin autour de moi, et ton souffle dans mon cou, et tes sourires, ton silence, tes yeux sur moi. Je te veux, tout entier. Elle ne ne le dit jamais. Elle se contente de lui sourire pauvrement, suspendue à sa réaction. Elle regorge de tant de sentiments, plus vifs les uns que les autres, elle ne connait pas assez de façon de lui dire. Le temps défile atrocement lentement, et elle reste là, pleine de ses doutes, ses craintes, ses espoirs, son désir. Il la prend au cœur, à la gorge et plus bas encore. Elle déborde d’attentisme fébrile.  




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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Mer 8 Aoû - 15:30
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« Non. » Tu laisses couler. Tu continues de questionner. Le rire qui suit, les sanglots, tout ça n'augurent rien de bon et, instinctivement, tu te recules dans ta chaise. L'hystérie qui accompagne les mauvaises nouvelles, les questions sans réponses, les où est mon fils et les j'vous jure que c'pas moi sont ton lot au travail. Tu n'aimes pas voir ces rescapés qui atterrissent sur la flotte, ces âmes en peine qui se retrouvent à subir le flot de questions de douaniers qui en ont vue d'autres et qui ne parviennent plus tous à faire preuve d'empathie ou de sympathie. Les histoires sanglotantes et les violons du pathétique ont résonné des dizaines de fois entre les murs des salles d'interrogatoire. Tu connais ce genre de rire et il ne convient pas du tout à Elie. L'agacement s’accroît, teinté d'un certain malaise, mal être, angoisse.

La sienne résonne, tu observes et décortique chacun de ses gestes. Qu'est-ce que tu as à craindre ? La solitude, certainement. Est-ce qu'elle a trouvé un autre et souhaitait te l'avouer au cours d'un dernier repas partagé ensemble ? Tu fronces les sourcils et sans le vouloir, tes poings se ferment, se crispent, alors qu'elle glisse sa main dans son sac. Tu ne dis rien, tu attends qu'elle dise ce qu'elle avait sur le cœur. Déployant des trésors de patience que tu n'étais pas certain d'encore trouver après le travail, tu restes là, entouré de monde qui ne vous intéresse pas. Tu accroches son regard, tu ne le détournes pas un instant et la patience commence à s'étioler, trop rapidement, alors que tu sens que ça gronde en toi. Il te faut t'arracher à ses yeux pour tourner tes yeux vers la boîte qu'elle pousse vers toi.

Et tu ne dis rien. Tu te tais. Tu ne comprends pas tout de suite, trop mangé par la peur, tu en avais oublié la confiance que tu avais décidé d'accorder à Elie et tu fermes les yeux. Tu ne dis rien. Tu laisses tes poings fermés et tu ne dis rien. Tu ne sais pas si tu te sens gêné, stupide ou mal à l'aise parce que tu ne dis rien alors, qu'enfin, la voix d'Elie se met en route dans un flot intarissable. Les bagues, tu les as assez vues comme élément final des livres que tu lis pour savoir ce qu'elles signifient. Le mariage, une demande, quelque chose de plus officiel. Ce n'est pas une notion à laquelle tu es habitué. Tes parents ne l'étaient pas, même s'ils avaient décidé de partager le même nom et aucun de tes frères et sœurs n'avait décidé de garder un partenaire unique et de s'unir officiellement. Bien que tes deux cadets soient parvenus jusqu'ici à conserver leur moitié, il semblait y avoir un commun accord sur la non union.

Tu rouvrais les yeux.

Il paraissait que c'était à l'homme de faire la demande et tu voyais en le premier pas d'Elie une sorte d'ironie dont tu n'étais pas certain de réussir à saisir le sens. Votre relation avait perdu beaucoup de la fougue des premiers jours et vous vous étiez installés dans une routine qui te convenait. Approchant de la quarantaine, tu n'avais jamais pris le temps de considérer que les rêves pouvaient se réaliser et qu'Elie pouvait réellement vouloir plus. « Je veux d'un futur à tes côtés, je veux d'un futur commun, et des rêves ensemble. Je t'aime. Et je veux que ce soit pour toutes les années à venir. » Tu ne sais pas quoi faire. Tu n'as pas envie de gâcher le moment par un bégaiement, que tu n'étais même pas certain de réussir à extirper. Tu te sentais horriblement mal. Mal de ne pas avoir réussi à voir ça arriver, mal de ne pas avoir pris en compte les sentiments d'Elie et mal de ne pas savoir comment répondre.

Gêné, tu passais une main devant ta bouche et tu détournais les yeux, prenant une grande inspiration, ignorant le sang qui battait au creux de tes oreilles et le goût du sang au fond de ta gorge. Tu observes l'ambiance, les gens autour de vous, l'atmosphère feutrée de ce qui semblait être un point de rendez-vous parfait. Tu observes tous ces calculs et tu te sens mal dans ton uniforme défraîchi alors qu'elle a pris le temps et le soin de se faire belle.

Tu as un moment de rancœur et tu passes une main devant tes yeux avant de revenir à Elie. Tu l'observes un moment en silence avant d'attraper la boîte, observant d'un œil critique les deux bagues. Tu n'en avais jamais eu à ta taille, tout môme tu en piquais à ta mère ou aux jumelles pour les essayer, elles étaient trop larges, elles tombaient de tes doigts et tu en avais perdues plus d'une à force de courir les mains ballantes.

Le regard du douanier s'attarde également sur l'argent, les formes et tu te demandes combien elle a déboursé pour ça. Tu en retires une et tu observes Elie au travers avant de te pencher pour attraper sa main au dessus de la table et de la lui glisser au doigt avec attention. Il te fallu quelques secondes pour te souvenir de quel doigt il s'agissait. Sans un sourire, tu relevais la tête vers elle, enserrant ses doigts entre les tiens pour qu'elle ne puisse reculer.




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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Mer 8 Aoû - 21:54
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Les secondes défilent séditieusement, forment les minutes et le temps s’écoule atrocement lentement. Tiaan ne dit rien. Elie le scrute, incapable de déchiffrer la succession d’émotions qui lui traverse le visage. Tiaan ne dit rien. Elle reste assise, droite et muette, dans l’attente d’une quelconque réaction de la part de l’homme. Il observe les deux bagues, l’air de celui qui se méfie d’un piège ou d’une mauvaise surprise. Et il ne dit rien. L’angoisse la bouffe littéralement. Il lui faut toute sa concentration pour ne pas céder à celle-ci et s’effondrer en larme ou partir. L’impression d’avoir, par ses caprices, ruiné cette soirée qu’ils auraient simplement pu passer ensemble s’impose petit à petit. Et bientôt, elle regrette. Il ne dit rien, parce qu’il ne sait pas comment refuser, il ne dit rien parce qu’il ne peut pas partir et la laisser comme ça (il ne ferait jamais quelque chose d’aussi cruel.) Il ne dit rien parce qu’il est au pied du mur et qu’il cherche une échappatoire. Et ce n’est pas que son silence. C’est son allure crispée, sa mâchoire contractée et ses yeux qui la fuient. Et lorsqu'enfin il la regarde, Elie trésaille, un réflexe qu’elle ne peut contrôler ; elle frémit lorsqu’il lui attrape la main ; elle cesse de respirer lorsqu’il lui passe la bague au doigt, qu’il mêle ses doigts aux siens. L’espace de quelques secondes, la pression quitte ses épaules et son ventre. Jusqu’à ce qu’elle lève les yeux vers lui, et n’y débusque aucun sourire, pas même un frémissement. Juste ce visage fermé et impossible à déchiffrer. Tiaan ne dit rien. S’est-il senti obligé, acculé ? C’est impossible, soudain, de conserver la face. Le sourire qu’elle maintenait jusqu’ici se tord tandis qu’un sanglot rauque lui échappe. Si elle conserve sa main dans la pogne de Tiaan, elle s’y accroche avec l’énergie du désespoir tandis qu’elle s’effondre enfin. Trop éprouvée par la soirée, elle laisse les larmes dévaler le long de ses joues. Soudainement, c’est le regret qui siège au sommeil de l’imbroglio confus de ses émotions. Elle regrette d’en avoir trop dit. Bien sûr, de deux, c’est elle qui a toujours été la malicieuse, la frivole, celle qui ne garde jamais pour elle ses pensées. Tiaan a toujours enduré avec patience son caractère expansif. Peut-être est-ce la fois de trop. Ce mariage, sûrement aurait-il dû rester parmi leurs rêves, ceux qu’ils évoquaient nichés l’un contre l’autre. Ceux dans lesquels elle se projette volontiers. Elle ne sait même pas pourquoi elle pleure, si c’est de soulagement, de tristesse ou de joie. Elle voudrait simplement qu’il la prenne dans ses bras et la rassure. Qu’il lui dise qu’elle n’a pas tout ruiné. Qu’il n’est pas fâché. Que c’est d’accord. L’angoisse va et vient mais s’étiole. Combien de temps restent-ils ainsi ? Impossible à dire, il lui semble que c’est une éternité plus tard qu’elle relève enfin son visage. Avec une armée de précaution, elle déloge sa main, et se saisit de l’autre alliance, attrape finalement la main de Tiaan. Ses yeux cherchent ceux de Tiaan. « Je peux ? elle balbutie maladroitement. »




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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Dim 12 Aoû - 22:53
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Elle pleure et ses larmes te tordent les tripes autant que le cœur. Qu'est-ce que tu es censé faire ? Tu aimerais avoir parfois à tes côtés quelqu'un qui pourrait t'expliquer ce que les terriens pouvaient attendre de toi. L'enseignement de tes lectures restait confus et, inconsciemment, tu te disais que la façon dont les romances et les relations étaient traitées n'étaient pas si proches de la réalité. Rien n'expliquait comment réagir face à une véritable situation, que dire, que faire, où te mettre ? « Je peux ? » Tu observes un instant son regard, ses formes avant d'acquiescer et de lui laisser ta main, écartant légèrement les doigts pour lui laisser passer la bague à l'annulaire. Visiblement tu ne t'es pas trompé, mais avec ces larmes, la détresse que tu sens venir par vagues d'elle, tu n'arrives plus à être sûr de rien. Les gens vous observent et tu finis par te lever, moins pour eux que pour elle, la cacher aux regards, tu te places entre Elie et le monde, tu lui prends le visage entre les mains et tu frôles ses lèvres des tiennes, tu essuies ses larmes de tes doigts. Tes lèvres effleurent son front et tu la prends contre toi, tu la soulèves, la hisse debout et pour qu'elle ne s'écroule pas, tu passes tes bras autour d'elle et tu la berces, instinctivement, comme tu l'as fait à chaque fois que ta sœur est venue pleurer, comme ta mère le faisait pour toi, comme tu l'as toujours vu faire.

Tu passes une main derrière sa tête et l'autre dans le creux de ses reins et tu la serres ainsi contre toi en espérant ainsi étouffer ses larmes et ses pleures. Ta femme. Tu ne parviens pas encore à saisir le sens de ces mots. Épouse, femme, elle vient d'officialiser votre relation d'une manière que tu n'avais jamais imaginé autrement que dans des rêves un peu trop sucrés. Tu poses ta joue contre le haut de son crâne et, pendant un long moment, tu te tais, trop occupé à penser, à laisser les mots couler dans ta tête. Tes paupières se font lourde et tu patientes encore un moment avant de prendre une grande inspiration et de lâcher dans un souffle. « Oui. » Pour tout, pour rien, pour vous, tu y crois. Cette bague donne un nouvel éclat à votre relation et si tu ne t'imagines pas encore les innombrables procédures qui vont suivre, tu as l'impression de pouvoir toutes les surmonter, toutes les vagues qui pourraient tenter de vous renverser. Tu imagines l'avenir autrement que sous la forme d'un lac sans vent, ni remous, tu as l'impression que l'horizon s'ouvre à vous. Tu fermes les yeux, parce que les larmes de ta femme te font quelque chose aussi et tu te refuses de joindre les tiennes aux siennes, comme s'il fallait que l'un d'entre vous garde la face, protège l'autre du monde.




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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Lun 13 Aoû - 14:15
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A présent qu’il lui tend sa main, Elie se sent stupide. Elle pourrait rire. D’ailleurs, un rire un peu étranglé lui passe les lèvres. Avec précaution, la main tremblante, Elie enfile la bague à l’annuaire, les yeux plongés dans ceux de Tiaan, étincelants d’émotion contenue, avant d’y mêler ses doigts. Elle serre si fort la pogne que la peau en devient blanche, mais peu importe. Chaque seconde qui passe le rend plus tangible sous le derme. Son mari. Elle ne fait qu’effleurer les prémices de cette idée, pour l'instant. Contre lui, c'est son corps entier qui se libère de ses peurs. Le réflexe la fait se presser contre lui, glisser ses mains contre son torse et coller l'oreille contre la poitrine. Dans la cage d'os, le palpitant joue une mélodie au rythme confus et rapide. Plus l'étreinte se prolonge et moins la cadence s'emballe. Bientôt, c'est un battement trouvant sa source dans la respiration profonde de Tiaan qu'elle écoute. Les yeux fermés, Elie se laisse bercer. Avec une rare acuité, elle sent la main chaude de Tiaan contre la peau nue de son dos, contre sa nuque, son souffle dans sur sa tête, l'odeur de tabac froid, celle de sa peau plus fugace, la peau rêche de ses doigts contre sa peau qui la fait légèrement frissonner. Peu à peu, les tensions du corps disparaissent pour ne laisser qu'un sentiment de bienêtre absolu. Il lui semble qu'elle respire mieux.

« Oui ».

Dans le ventre, l'explosion de chaleur irradie et explose dans tout le corps, jusqu'à la poitrine. Doucement, elle se défait de l'étreinte, ses yeux pour chercher – et trouver instantanément – ceux de Tiaan. La tête lui tourne un peu mais n'empêche jamais le sourire qui éclot timidement sur ses lippes et qui creuse lentement dans son visage. Elle la voit, cette émotion rentrée et contenue de Tiaan, elle la devine dans ses iris troublées, le coin de sa lèvre un peu tordu. La main trouve rapidement un chemin, et du bout des doigts, elle retrace doucement les contours du visage, s'attarde sur les pommettes, la joue, la courbe du menton. Armée de mille précautions, elle l'attire à elle. Les lèvres taquines, elles frôlent d'abord le creux du cou, le coin de la bouche avant de trouver les lippes (de s'y attarder et d'y mordre doucement), et de s'approcher de l'oreille. « Je t'aime, elle murmure. Je t'aime, elle répète. » La senestre maintient leur front l'un contre l'autre, et ce moment leur appartient, la dextre elle enserre toujours celle de Tiaan. Elle rit un peu, même. Elie Krishvin. Ca sonne comme la plus douce des poésies. C'est une promesse, un futur et une myriade de possibles qui s'ouvrent devant eux. A la place, elle préfère retourner se nicher tout contre lui. Inconsciente des quelques regards attendris qui musardent de leur côté, la terrienne ferme les paupières et savoure l'instant, absolument certaine qu'elle ne ressentira ce flot d'émotions vives et intenses qu'une seule fois. Le désir, la crainte, le soulagement, la fébrilité, la nervosité, l'excitation se mélangent pour former cette masse chaude dans sa poitrine, là, juste sous le myocarde. Et l'instant se prolonge sans que rien ne vienne percer cette bulle de réconfort qui les unit. Elie ne voudrait être nul par ailleurs que présentement, lovée dans les bras chauds et rassurant de Tiaan, son fiancé, son époux, la conviction et la certitude que rien ne pourra leur arriver. Il faut pourtant briser l'étreinte. Sans jamais le lâcher de la main, Elie récupère les deux boites.

Parce que c'est celle de Tiaan la plus proche, c'est là qu'ils se réfugient, à l'abri des oreilles indiscrètes et des regards curieux. A peine la porte refermée, elle se réfugie à nouveau contre lui, un soupir d'aise qui lui échappe. Cette fois, les mains se perdent sous les tissus. Il semble que ce moment demande son peu de solennité, sinon d’intimité. Pourtant, lorsqu’elle relève son visage, c’est un rire qui la traverse, un rire joyeux et libéré de toute l’angoisse des dernièrs mois, des dernières heures. Elie se défait finalement de l’étreinte de Tiaan, et, en habituée, se dirige vers l’un des placards de la cabine, en sort deux verres, et après avoir fouillé, une bouteille de vin (probablement de celle que Tiaan ponctionne parfois lors de son travail aux douanes.) Quand elle s’approche de lui, lui colle l’un dans la main, l’autre dans sa pogne, son regard brille d’émotion. Elle cogne doucement les rebords l’un contre l’autre. « A nous, monsieur Krishvin, elle fait le timbre plus coulant, la voix encore un peu rauque. »




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C'est pour Elie que tu laisses du vin dans ta cabine, le tanin ne te convient guère et tord généralement ton estomac douloureusement. Tu fais l'effort d'y goûter, de tremper tes lèvres et de l'accompagner, la chaleur de sa peau et de son corps berçant tes pensées et tes craintes. Tu l'aimes, tu veux le lui dire, mais tu ne veux pas briser l'instant. Tu souris aux deux verres, tu souris à ton nom, au sien. Tu l'attires contre toi, t'assurant qu'aucun des verres ne se renverserait, tu as appris à tes dépends que le vin tâchait et que les tâches restaient. Comme un souvenir marqué dans le tissu de vos souvenirs. Tu la prends dans tes bras et tu lui piques ses lèvres, passant une langue au goût de raisin sur les siennes.

Ses lèvres contre les tiennes, tu déposes en tâtonnant ton verre, ta veste coule de tes épaules, l'uniforme trouve le dossier d'une chaise. Tu t'éloignes un peu d'elle pour détacher ton terminal de ton avant bras, ignorant les marques qui l'entourent. Tu retrouves bien vite ta femme. Ta femme. Ca résonne dans ta tête, comme une nouvelle vérité qui t'émeut et te touche. Tu es incapable de t'en défaire. Tes deux mains parcourent son corps et ta joue contre la sienne, tu l'attires vers le fond de la cabine. « Un p..p-p-peu de mmm...m-musique ? » Tu la laisses choisir, mélomane du dimanche tu es incapable de choisir un morceau qui conviendrait au moment. Tu préfères laisser entre les mains expertes de ta femme – femme – le choix de vos playlists.

Tu reprends ton verre, tu goûtes. Décidément, Elie a des goûts qui t'échappent, mais c'est ce qui vous rapproche. Perclus d'inconnus, vous recherchez dans l'autre une familiarité qui n'existe pas, passant les différences avec attention, vous attachant à combler ce dont l'autre manque pour modeler votre relation à votre aise. Cela te fait du bien de fréquenter quelqu'un qui n'a jamais connu Keller. Pas de jugement, pas de réponses hâtives, tu peux si tu le souhaites en parler, mais tu n'en ressens ni le besoin, ni l'envie. Tu l’entraînes avec toi vers le lit, tes mains passant outre le tissu pour chercher le contact de sa peau. « M..merci. »




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(warming up.)

Pour ce sourire, Elie pourrait faire n’importe quoi. Pour cette étreinte encore plus. Tiaan la déleste de son verre et l’attire tout contre lui, et Elie se laisse prendre dans le cocon rassurant qu’il forme de ses bras autour d’elle. Et pour ses lèvres contre les siennes… C’est tous ses intérieurs qui s’échauffent instantanément. Les doigts exaspèrent la peau sous les vêtements et les lèvres attaquent plus férocement celles de Tiaan. Sous ses paluches, tout son corps frémit fébrilement. Et lorsqu’il rompt l’étreinte, Elie ne retient même pas sa plainte de protestation. Mais rapidement, elle s’y retrouve à nouveau, et se laisse attirer contre son torse, brièvement. A son tour de s’échapper et de parader. La conscience de ce qu’elle lui fait, ce qu’elle provoque ne lui aiguise que plus encore l’esprit. Un regard coulé vers l’homme derrière elle, elle laisse un petit rire s’échapper avant de saisir le terminal de l’homme, comme s’il n’y avait rien de plus normal. A vrai dire, c’est pour Elie, pour eux, quelque chose qui tient presque de l’ordinaire : le Charlie de Tiaan regorge de ses notes et commentaires disséminés au fil de ses lectures, et de mémos vocaux, de mots d’amour. C’est chaque fois avec la même pointe de plaisir malicieux qu’elle découvre qu’il les conserve tous – elle est en réalité sincèrement touchée et émue. Elle récupère son verre et sirote lentement le vin, les yeux qui musardent du côté de Tiaan et les doigts qui, experts, se baladent sur l’interface, sa langue pour se perdre lascivement sur les lippes. Bientôt, en fond sonore, s’élève dans la cabine la trompette de Miles Davis. Bien vite retournée dans le giron de Tiaan, Elie se laisse entrainer sur le matelas. Le baiser se fait d’abord chaste, mais rapidement, l’esprit échaudé par les mains qu’il promène sur la carne, elle se fait à son tour plus impérieuse. La pulpe des lèvres pour lui taquiner les pommettes ou la gorge, elle s’attarde contre les lippes et à tous les endroits de peau offert par les vêtements, ces satanés vêtement qui les empêchent. Pressée contre lui, elle trouve dans sa poitrine l’écho du cœur qui bat à tout rompre et débusque au fond des pupilles le même éclat qui lui répond depuis plus de dix ans. La voix chaude et pleine de l’homme déclenche des frissons aussi longs que grisants. Alors, elle rit un peu, et penche la tête sur le côté ; interroge. « Merci ? »

Avec délicatesse, la main s’élève et trace lentement les contours de son portrait, s’attarde ici et là, contre l’arrête du nez ou le creux du menton. Elie s’émerveille chaque fois de le redécouvrir et d’en connaître dans le même temps les moindres détails. Lorsqu’elle l’embrasse, c’est avec une incroyable douceur. Mais les mains qui plongent vers les tissus se font, elles, plus avides et audacieuses. Là, en dedans, près du ventre ou peut-être dans la poitrine, il y a un braiser qui croît et qui ne demande qu’à être allumé. Tiaan lui a manqué. Terriblement. Et si les âmes s’appellent, leur corps se conjurent. Tout ce qu’elle voudrait lui dire, mais qu’on n’avoue jamais à haute voix, c’est le corps qui le confesse. L’habitude dans les gestes, elle le déleste de son chandail, et laisse ses mains promener paresseusement contre le derme chaud, retrace du bout des doigts les cicatrices, et les baise d’une bouche taquine et avide. C’est comme, enfin, de retourner chez elle après une longue absence. Une main libère les cheveux savamment attachés et les laisse former le long de son visage comme une coulée de lave. La frustration grimpe proportionnellement à l’envie de sentir Tiaan plus longuement contre elle et à l’imagination qui les figure déjà libérés des tissus qui empêchent leur corps.






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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Lun 20 Aoû - 20:10
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Vos deux corps enlacés se réchauffent mutuellement, les soupirs rejoignent le bruit de la chair contre la chair et le moment semble durer, reflet de votre relation. Les trompettes qu'a laissé Elie en fond sonore passent et la musique s’enchaîne alors que tu ne la lâches plus. Ton bras passé autour de ses reins, tu observes l'ascension de sa poitrine nue à tes côtés, tu as envie de l'effleurer de tes doigts, de ne plus laisser tes yeux diriger toutes vos étreintes. Tu peux, maintenant, elle est ta femme. Officialiser ça ? Tu n'y penses pas, ça ne t'intéresse pas, ce sera pour suivre une demande d'Elie si une véritable cérémonie se déroule. Est-ce que tu devras prévenir ta famille qu'elle s'agrandit ? Pas de môme, pas de descendance, juste une épouse.

Tu détournes un instant les yeux pour observer le plafond et tu tends le bras pour attraper ton paquet de clopes qui traîne sur le rebord qui surplombe ton lit. De celui-ci sort également un briquet qui te permet de l'allumer et tu retournes te lover contre ta femme. La musique, sans être réellement à ton goût, suffit à te bercer et ce n'est que la brûlure au bout des doigts qui t'empêche de sombrer complètement, bienheureux. Tu te souviens d'une question d'Elie, mais pas ce sur quoi elle portait, alors tu gardes ton poignet sur son épaule et ton nez niché dans le creux de son cou. Tu laisses les clopes sur le côté, à portée de main, tes priorités déjà tournées ailleurs.

Il te faut le temps de finir ta clope et de l'écraser dans un gobelet en métal où s'ébattent les cendres et les mégots abandonnés dont tu ne t'es pas encore débarrassé pour être capable de te reconcentrer sur la femme entre tes bras. Un baiser léger sur le coin de sa mâchoire introduit ton émergement. « T'aime. » Que tu laisses échapper tout contre sa peau. Tu aimes le velouté de son visage, la douceur de son derme, la chaleur de son corps. Tu ne cherches pas ses yeux et tu déposes un nouveau baiser, sur la tempe cette fois. Tu ne cherches pas à briser une nouvelle fois le silence confortable qui s'est installé entre vous. Tu n'es pas certain d'avoir de mots assez forts pour te permettre d'extérioriser ta pensée.




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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Lun 20 Aoû - 22:18
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L'esprit, apaisé, papillonne au fil des pensées éparses qui la traversent sans se fixer. Alanguie contre le corps chaud de Tiaan, Elie se laisse aller dans ce flot de pensées rassurants. Ses sens, comme endormis, ne lui renvoient que la masse chaude sur laquelle elle est affalée et une lointaine odeur de tabac. Distraitement, elle promène ses doigts contre la peau et s'amuse des frissons qu'elle provoque avant de rouler tout à fait contre le torse de son mari. Déjà, ce mot a une saveur et l'idée, une forme et une consistance. Un soupir d'aise élève et affaisse tour à tour sa poitrine. La paix de l'esprit, tranquillisé de toutes ses craintes absurdes, vogue un temps dans cet état de détente absolue. Il accroche des détails insignifiants comme les volutes de fumées qui s'élèvent vers le plafond, le sourie un peu béat sinon repus et satisfait de Tiaan, cette ride au coin de l'œil, le reflet des alliances. L'image floue de son dernier amant (ou alors était-ce une amante ?) lui passe à l'esprit sans même d'y accrocher, image fugitive et inconsistante. Le baiser la sort vaguement de sa torpeur mais plutôt que de séparer les dépouilles collées l'une à l'autre, Elie se contente juste de remonter son visage au même niveau que celui de l'homme. Et de lui rendre un long baiser, la langue pour lui agacer le palais.

L'instinct ou plus de sept ans de relation lui font trouver Tiaan dans ses réflexions. « Tu vas leur dire ? »  À sa famille, qu'elle a toujours devinée plus importante qu'il ne veut bien l'avouer - du moins plus prégnante. Si Elie s'en inquiète ? Uniquement si cela devait assombrir les pensées de Tiaan. Elle ne sait d'eux que ce qu'il a bien voulu lui en dire. Il a brossé brièvement le portrait de sa fratrie aussi soudée par le nom que désunie dans l'affection. Elle ignore ce qu'ils savent d'elle - s'en moque éperdument. Tiaan ne lui a jamais proposé de l'accompagner sur Keller, elle n'a jamais demandé (elle ignore même si cela est possible). Avare de confidences sur sa planète d'origine, Elie n'insiste jamais vraiment lorsqu'elle s'aventure à le questionner. Elle sait l'essentiel, devine sans peine le reste. Elle-même ne compte sur les doigts d'une main les personnes à qui dévoiler le secret. Mais pour l'instant il lui plait de le conserver entre eux, qu'ils profitent des jours à venir pour prendre conscience de ce tournant dans leur relation. Ils en avaient parlé. Elle lui avait confié ses envies de mariage, dépeint la cérémonie dont elle rêvait. Une petite église de Toscane non loin de la mer, en comité réduit. Seuls ceux qui importent. Et eux. Le soleil, le bruit de la mer et un léger vent. La suite, elle ne la garde que pour elle, mais l’image très précise de sa robe, sobre, blanche, un dos nu, et lui dans un fabuleux trois pièces s’accroche un instant sur sa rétine. Elle devine le vent chaud qui lui agite une mèche de cheveux. Il fait beau, bien sûr, mais c’est l’automne et la chaleur n’est pas écrasante. Certaine fois, dans ses rêveries, la main de Tiaan vient caresser ventre légèrement arrondi lorsqu’il vient l’embrasser par derrière. Un beau tableau qui ne reste qu'un fantasme parmi d'autres. Elie ne le dit jamais, elle ne dit jamais comme parfois la Terre lui manque. Elle enterre ses doutes et ses craintes. Si elle regrette son départ ? Jamais. Mais malgré les années, elle ne s'habitue pas vraiment à cette sensation d'étouffement qui la prend parfois. Un symptôme courant pour les natifs de la Terre paraît-il, particulièrement vivace chez Elie pour qui les grands espaces occupent une place importante.  Ses doigts se mêlent à ceux de Tiaan, elle sort de sa rêverie et s'accroche à sa réalité. « On pourrait garder ça pour nous un moment. Juste pour nous ? Mais tes collègues verront l’alliance. Ils te feront des remarques… »





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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Mar 21 Aoû - 15:21
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« Tu vas leur dire ? » A qui ? La question est vaste et touche plus d'une personne, cependant difficile de réellement cacher quelque chose sur la flotte, surtout si tu gardes ton alliance au doigt. Tu pars donc du principe qu'elle parle de ta famille. Tu la serres contre toi, tes yeux cependant évitant son visage. Est-ce que tu vas leur dire ? Est-ce que ça les intéresse ? Est-ce que ça les regarde, même ? Votre relation s'était distendue et si elle avait été mauvaise pendant de longues années, les confidences se faisaient surtout pour s'assurer une protection des uns et des autres plus que par réelle envie de partager ses pensées. « Mh. » Tu ne sais pas, tu ne sais même pas si tu garderas la bague au doigt lorsque tu te rendras sur Keller. Certains ne connaissaient même pas sa signification.

Tu penses à tes sœurs, à Avayne qui semble mariée à son travail, mère de nombreux enfants sans père, à Elleen qui a trois enfants dont tu ne connais pas le père. Elle t'a une fois déclaré qu'elle savait qui ils étaient, Vespillo avait ricané mais personne n'avait jugé bon d'approfondir le sujet. Les conquêtes de ton aîné – consentantes ou non – impliquaient suffisamment qu'il ne risquait pas de se poser. Etait-il même capable d'aimer suffisamment quelqu'un pour cesser de vagabonder ainsi ? Quant à Vegtam, c'était bien le seul capable de se poser un instant avec une femme. Tu n'as jamais réellement fait attention à elle, elle fait partie du paysage et tu préfères passer du temps avec les gamins. Hostiles, revanchards, prêts à tous les défis, tu as l'impression de te revoir à leur âge. Ils finissent cependant par s'amollir et leurs questions sur la Flotte, sur ta vie, te fait parfois renacler. Tu n'as pas envie de leur cacher et tu aurais aimé qu'ils aient la chance de vivre ailleurs, de pouvoir choisir plus que ça, de les prendre avec toi, parfois. Puis cette pensée disparaît rapidement lorsqu'on te demande de l'aide, qu'on te parle, entre adultes et que tu te rends compte qu'il est temps pour toi de t'en aller. « Je verrais. »

Tu ne lui retournes pas la question. On ne quitte pas la flotte, on transmet encore moins vers la Terre. Son arrivée au sein de la Fédération implique qu'elle coupe tous les liens avec les personnes loin d'elle et si quelques uns de tes hommes se risquent à retourner voir leur famille ou à transmettre des salutations de membres de la Flotte, personne ne veut trop parler. Les messages ne transitent pas, ou plus, avec le reste de l'univers. Une vie en autarcie où les rares personnes capables de s'en éloigner sont ceux-là même qui n'ont rien le droit de dire.

« On pourrait garder ça pour nous un moment. Juste pour nous ? » Cela t'étonne, tu aurais cru qu'elle souhaiterait en parler au monde entier. Tu attrapes sa main et tu poses la tienne contre la sienne, vos deux alliances l'une contre l'autre. Tes doigts se glissent entre les siens et tu fermes la pogne. « Mais tes collègues verront l'alliance. Ils te feront des remarques. » Tu t'inquiétais moins des remarques de tes collègues que de la peur d'Elie. Tu te redressais pour pouvoir mieux l'observer. Que les autres parlent ne te t'émouvait que très peu. Tu avais l'habitude de certaines remarques et moqueries cruelles, que ce soit sur ton incapacité à t'exprimer correctement sans buter, tes origines ou ta simple façon de te comporter. Tu considérais tout simplement que c'était le cas pour tout supérieur de subir ce genre de petits jeux et il est probable que tu y aurais participé si tu n'avais pas préféré pendant toutes ces années te murer dans un long silence. « Ca t-t-t-te d-d-dérange ? »




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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Mar 21 Aoû - 22:23
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Il garde le silence suffisamment longtemps pour qu’Elie devine qu’il n’a encore rien tranché de la question. Sa réponse ne fait que le confirmer. Un sourire tendre lui ourle les lèvres et plisse ses yeux. « C’est Theevi qui m’a cousu la robe. Elle m’a aidé aussi pour les bagues. » Le ton est celui de la conversation, mais elle s’attarde un instant sur la réaction de Tiaan. Le concours de Theevi lui a été essentiel, et c’est d’ailleurs la seule personne qu’elle a mis dans la confidence. Si elles ne s’apprécient guère, les deux femmes ne se détestent pas non plus. La cadette Krishvin aurait pu refuser son aide, ou alors dévoiler les plans d’Elie à son frère. Elle n’en a rien fait. Au contraire, la couturière s’est montrée particulièrement encline et attentive à toutes les demandes d’Elie. Mais Theevi sait. Et Elie ignore qu’elle effet cela aura sur son homme, de même qu’elle ne sait rien des relations qu’elle entretient ou non avec ceux restés sur Keller par le biais de Tiaan. Vaguement dérangée par le mouvement de Tiaan qui se redresse, Elie glisse pour se coller tout contre lui et continuer de profiter de la chaleur qui émane de leurs corps entrelacés. Le regard agrippe le reflet de la lumière sur les alliances (gamine, ravie, elle sourit), puis elle cherche les billes de Tiaan, y débusque une inquiétude passagère. « Pas du tout. J’aime l’idée que ce soit notre secret pour quelques temps, c’est tout. Et… Non, c’est stupide. J’veux pas que ça te mette mal à l’aise au travail ou avec tes collègues. » Tiaan ne parle que rarement du travail, mais les douaniers qui fréquentent régulièrement son bar le font pour lui. Elle sait sans peine les longues journées qui s’écoulent les unes après les autres, souvent routinières, les interrogatoires douloureux parfois, que subissent les nouveaux arrivants (le même qu’elle a connu probablement). Si elle supplie Tiaan (quand elle suppliera Tiaan…) d’officialiser leur union, Elie sait qu’il n’invitera peu de monde sinon personne (Theevi sûrement, et peut-être  Rosalija qu'elle a vu plusieurs fois en sa compagnie). Jamais il ne parle d’amis, vaguement de connaissances. Et même s’il traine parfois avec ses collègues, elle n’imagine aucun d’eux être conviés. Pour l’heure, elle est honnête. Chaque fois qu’elle se dit que Tiaan est son mari (un miracle ordinaire), une boule de chaleur gonfle dans sa poitrine. Elle aime l’idée que pour un temps, ce soit leur bonheur à tous les deux. Même s’il ne doit que durer les quelques jours de permissions qu’ils partagent exceptionnellement – Elie a noté tous ceux de Tiaan puis s’est ensuite arrangée avec ses collègues pour échanger les quarts prétextant ne pas avoir vu son homme depuis longtemps (ce qui était vrai) sans donner la véritable raison. Ce secret lui rappelle les débuts de leur relation, qu’ils ont gardé longtemps pour eux avant que ça ne crève les yeux qu’ils ne se tournaient plus autour, que sans que personne ne remarque rien, ils étaient déjà autre chose l’un pour l’autre. « Je ne pourrais de toute façon pas le cacher bien longtemps. Je n’ai rien dit à personne, mais tout le monde au bar verra aussi la bague. Et, je n’ai vraiment pas envie de l’enlever ou la porter autour du cou. » confient les lippes dans un murmure.





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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Mer 22 Aoû - 19:48
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« C'est Theevi qui m'a cousu la robe. » Tu n'aurais eu aucune peine à t'en douter. Tu ne connaissais que très peu de couturiers sur la flotte et tu aurais probablement ressenti une pointe de colère à l'idée qu'Elie préfère aller voir ailleurs. Tu savais que ta sœur n'aimait pas particulièrement ta femme, comme tu détestais allégrement son amant, mais tu espérais bien que les deux restent suffisamment civiles pour pouvoir se supporter et s'entraider mutuellement. « Elle m'a aidé aussi pour la bague. » Tu es plus surpris, non pas qu'elles se soient associées dans l'idée, mais que ta sœur n'ait pas craché le morceau à qui que ce soit. L'alliance et la robe n'étaient pas un travail improvisé sur le tas les derniers jours et tu voyais suffisamment régulièrement ta sœur pour qu'elle puisse finir par vouloir tout t'avouer. Tu clignais des yeux, un peu surpris, avant de sourire, ravi que les deux femmes dans ta vie se soient mises de concert pour travailler et soient parvenues à suffisamment s'entendre pour garder le secret et réussir leur coup.

« J'veux pas que ça te mette mal à l'aise au travail ou avec tes collègues. » A vrai dire, tu ne vois pas de réelle raison pour que le mariage te cause plus de problèmes qu'il n'en résoude et tu observes avec attention le visage et les formes d'Elie. « P-pourquoi ça d-d-d-devrait ? » Tu t'attendais à être le plus réticent dans le partage de ce mariage et tu cherchais les yeux de ta femme, cherchant à reconnaître des émotions ou des hésitations, de retour dans la peau du lieutenant et non pas du mari.

« Je ne pourrais de toute façon pas le cacher bien longtemps. » Tu acquiesçais, si elle gardait la bague au doigt, les gens allaient rapidement le remarquer. Elie est une belle femme et les mains font partie des premières choses que l'on aperçoit chez elle lorsqu'elle officie derrière le bar. Cela ne te dérange pas qu'elle l'enlève si elle se sent plus en sécurité ou si elle considère que cela aidera son service, mais tu aimes savoir dorénavant que pour le monde elle est dorénavant ta femme. « Je n'ai rien dit à personne, mais tout le monde au bar verra aussi la bague. » Tu meumonnes ton assentiment sans pour autant ouvrir la bouche, tu observes celle de ta femme, tu cherches du tanin encore, tu aimes la couleur que cela lui fait. « Et, je n'ai pas vraiment envie de l'enlever ou la porter autour du cou. » Tu passes une main sur sa hanche, laissant courir tes doigts tendrement. « T-T-Theevi en p-parlera d-d-dès qu'elle le pourra. P-p-p-pour la robe. » Que tu ajoutes avec un sourire. Ta main remonte pour se poser sur sa joue. « Je devrais p-p-parfois l'enlever d-du doigt. » Pour des raisons de sécurité, principalement, mais également d'hygiène.




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MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Jeu 23 Aoû - 0:12
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La main caresse encore doucement la joue de Tiaan et elle baise les mots qui lui échappe. « Je me doute. Tant que tu n’arrêtes pas de m’aimer… » Elle décide qu’ils pourront se préoccuper de tout ça demain, ou plus tard. Un autre jour. Pour l’heure, ils n’ont que leur bonheur sur lequel se concentrer (dans lequel se vautrer) et encore de longues heures ensemble. Le sourire taquin qui lui ravage le visage, la rousse se colle tout contre lui, les mains pour lui aiguiser les sens et les appétits, les lippes pour les enflammer. Ils n’ont rien d’autres à se soucier que de s’aimer. Et Elie a une soif épouvantable de ce corps et la certitude que rien ne peut les empêcher de faire l’amour, encore et encore et que jamais elle ne pourra se lasser de le sentir en elle. Elle rend bien volontiers les armes des tourments artificiels de l’esprit pour mener une autre bataille autrement plus agréable. Plus tard, longtemps après, repus de stupre, le corps éprouvé et l’âme apaisée, ils s’endorment l’un contre l’autre.

Quand elle émerge, elle nage instant l’esprit à fleur de conscience. Lorsqu’elle ouvre les yeux et découvre Tiaan encore assoupi, un sourire tendre borde ses lèvres. Il lui semble qu’il n’est jamais aussi détendu que lors qu’il dort, et un long moment, Elie observe ce visage serein, libéré de tous les poids du quotidien. Puis, soudain, ça la percute, d’abord dans l’esprit, puis dans le corps. Elle ne se réveille plus seulement aux côtés de Tiaan. Elle se réveille au côté de son mari, et c’est d’une saveur prodigieuse et incroyable de le réaliser. Elle se propage dans son corps et forme une boule d’émotion dans sa gorge et presse un peu sa poitrine. Du bout des lèvres, du bout de la pensée, elle le décompose. Elie Krishvin. Elianna Krishvin. Certes, Tiaan ne sait rien de son véritable prénom, mais il lui semble soudain bien plus supportable accolé au patronyme de l’homme. Elle rit, amusée de sa propre légèreté d’esprit – de sa niaiserie. C’est que, c’est pour elle l’espoir du point final à des mois d’angoisses lourdes et d’attente sans fin. Elie ne lui dira jamais, bien trop soucieuse de le préserver, elle ne dira jamais à Tiaan combien elle rêve et espère que leurs projections pour le futur se réalise un jour. Lui donner un enfant, vivre ensemble. Combien elle souffre qu’ils ne fassent qu’imaginer ce futur. Cette demande, c’est le début de la suite de leur vie. Et la fin de son agonie.

Le plus délicatement possible, elle se détache de la dépouille endormie de l’homme, y attarde un battement de cœur avant de quitter le lit. Tiaan a toujours eu besoin de beaucoup plus de sommeil qu’elle. Silencieuse, elle attrape dans la penderie une chemise qu’elle enfile sur son corps nu et auquel elle accroche un bouton avant de fouiller dans ses affaires en quête de son terminal. Charlie lui indique l’heure, presque midi. Distraitement, elle tapote une réponse au message de Theevi, qui impatiente n’a pas su attendre la fin de la soirée pour avoir un retour à défaut d’un compte rendue détail. Mais tout à son bonheur personnel et égoïste, Elie se contente de la remercier encore une fois pour son aide et laisse son message libre à interprétation pour l’autre. Puis ses yeux se posent sur les boites de risotto de la veille, à peine entamé, et enfin elle prend conscience de la fin qui la tenaille. Parce qu’Elie s’éparpille dans tous les recoins de la vie Tiaan, elle a laissé, bien sûr, des vêtements dans sa cabine. Alors elle achève de boutonner la chemise, enfile le premier pantalon qu’elle trouve et file au réfectoire le plus proche. Elle ne tente plus les expériences culinaires et commande deux plats à emporter dont elle est certaine qu’ils plairont à son mari (elle pourrait couiner de plaisir rien qu’à cette pensée et se gifle mentalement pour être aussi fleur bleue), et après réflexion, trois cafés. Un qu’elle paie et avale presque immédiatement, deux qu’elle prend avec elle. Cette nouvelle routine l’émerveille et l’enchante. C’est surtout que son corps est saturé d’endorphine que le myocarde pulse chaque fois un peu plus dans les veines. La vibration du terminal lui indique une probable réponse de sa belle-sœur, dont elle ne s’inquiète guère. A peine arrivée dans la cabine, elle dépose le tout sur la table et retourne contre Tiaan (qui ne doit plus vraiment dormir tant il a le sommeil léger et tant un rien l’en tire.) « Réveillez-vous, monsieur mon mari, elle dit en riant et en déposant un baiser sur la joue un autre sur les lèvres, un moyen un peu facile de faire taire le grognement mécontent qu’elle sent poindre. Il y a à manger. Et du café. »






je t'oublierai. je t'oublie déjà.
regarde comme je t'oublie. regarde-moi.
MessageSujet: (#) Re: Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne.     Jeu 23 Aoû - 18:47
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Tu es réveillé une première fois par le froid, l'impression qu'il manque quelque chose, quelqu'un. Abruti par la fatigue et conscient que Charlie te réveillerait s'il y avait une urgence, tu préfères te rendormir alors que tu entends le bruit de pas non loin de toi. Tu ne sais pas combien de temps est passé alors que tu es extirpé de ton demi-sommeil par le bruit de la porte de ta cabine qui s'ouvre. Tu aimerais refermer les yeux, te retourner, mais le sommeil te fuit à présent et tu es juste pâteux, dans le flou et incapable d'avoir une pensée suivie. Tu captes l'odeur de café et tu entends les bruits de pas, d'objets qu'on pose et l'attente à ton chevet. Tu aimerais te retourner pour pouvoir te rendormir, mais peine perdue, trop de facteurs entrent en jeu et t'empêchent de ne serait-ce qu'y penser.

« Réveillez-vous, monsieur mon mari. » Il te faut quelques instants pour comprendre que tu n'es plus dans un rêve mais bien aux côtés d'Elie. Il t'en faut un autre pour comprendre que c'est à toi qu'elle parle. Ton interrogation, ton soupir mécontent également, est stoppé par ses lèvres sur ta joue, puis sur tes propres lippes. « Il y a à manger. Et du café. » Tu grognes ton assentiment et tu passes une main devant tes yeux, cherchant à chasser le sommeil de tes paupières qui ne demandent qu'une chose ; rester closes. Avec un autre soupir, tu passes en position assise. Tu sens une certaine raideur dans tes épaules et tu fais craquer ta nuque avant de passer tes jambes sur le bord du lit. Tes deux mains posées sur le rebord du matelas, tu observes un instant le sol avant de parvenir à te lever.

Position verticale, tu cherches des yeux des affaires à enfiler à la va vite, de quoi cacher ta nudité et supporter la solitude que ton corps peine à accepter. Tout te crie de retourner sous la couette, tu as encore le temps. Tu te frottes les yeux avec la paume de tes mains, les enfonçant dans les orbites tandis que tu les rejettes en arrière. Il te faudrait passer la tête sous l'eau, pour avoir une meilleure tête, mais surtout pour te réveiller complètement. Sans faire attention au repas, tu attrapes au jugé un des cafés et tu pars à la recherche de ton paquet de clopes qui a glissé derrière le matelas pendant la soirée. Il te faut l'extirper du bout des doigts et tu grondes entre tes dents, déjà courbaturé. Le café fait lentement son chemin, la clope t'aide à poser les deux pieds sur terre et tu vas te glisser contre Elie que tu prends dans tes bras. Tu attrapes ton terminal où tu peux voir deux messages non-lus, de Theevi. Tu déposes un baiser sur le front d'Elie et tu t'éloignes pour attraper ta boîte, profitant pour lire rapidement les messages concis que ta petite sœur t'a laissé. « J-je c.. crois qu.. qu'elle veut qu-que t-tu lui répondes. » Que tu souffles en reposant ton Charlie sur le bord d'un des rares meubles de ta cabine. Tu retrouves rapidement ta femme, le repas dans la main, sa chaleur contre la tienne. « Va ? »




Nosey little fucker, aren't ya ?

I never had a chance to be soft. I was always bloody knuckles and shards of glass.

I wanted people to be afraid of hurting me.
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