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MessageSujet: (#) « It's hard to think about them (Marcus)     Mer 4 Juil - 18:08
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It's hard to think about them.
Ana & Marcus

T’as jamais aimé garder les passerelles Ana, t’as jamais aimé cette tâche qui vous incombait désormais et si tu t’étais mise à pester contre les douaniers, plus pour la forme qu’autre chose, tu avais finalement décidé il y a peu de mettre un terme à tes grognements incessants. Non pas parce que tu avais révisé ton opinion quant à l’intérêt de la tâche, mais bien parce qu’il existait des problèmes plus grave. Ça t’avait sauté à la gueule Ana, bien que tu n’aies pas été directement concernée. Le Jeanne d’Arc est revenu, avec son lot de morts et de blessés. Tu avais été folle d’inquiétude, te demandant si ton propre frère avait fait partie des légionnaires présents durant l’attaque, avant que ce dernier ne te rassure d’un message à ce sujet -votre premier échange depuis longtemps- te permettant ainsi de te préoccuper du reste. Tu avais reconnu quelques noms au détour des couloirs, pas grand-chose, si ce n’est ce type, sur lequel tu n’avais cessé de cracher à cause de son rang de pilote dans la légion. Tu l’avais jamais aimé ce gars là, mais tu ne lui avais jamais souhaité de mourir pour autant, surtout ainsi. Puis ça avait défilé, parmi les blessés et non les morts, ce qui avait eu le mérite de te soulager quelque peu : Anderson. Valarr. Riley. T’es pas censée aimer ces mecs là, t’es pas censée les porter dans ton cœur, mais ces derniers mois ont prouvé que t’avais été prête à faire des efforts, à laisser une chance à ce qui pouvait se trouver derrière le rang de ces hommes, ou derrière leurs sarcasmes. Et malgré quelques problèmes, t’avais pas regretté de baisser quelque peu ta garde. Des efforts qui auraient pu partir en fumée, en même temps que la vie de ces militaires, s’ils avaient eu moins de chance. Ils auraient pu mourir, tous. Ils le savent parfaitement, au fond vous le savez tous, vous avez signé en toute connaissance de cause. Vous savez qu’il y a des dangers. Mais toi-même tu avais sûrement commencé à croire que le danger n’existait plus. Milicienne n’ayant jamais eu à quitter la Flotte, la menace se résumait à quelques ivrognes ou à quelques individus plus audacieux une fois l’an. Tu t’es brutalement souvenue que la réalité était bien plus cruelle et que l’univers ne se résumait pas aux divers vaisseaux qui constituaient la Flotte.

Alors t’avais hésité. A aller les voir sur le Regina, bien que consciente qu’on te refuserait probablement le droit aux visites. T’avais hésité à prendre de leurs nouvelles, tentée au possible. Puis tu avais finalement décidé de t’abstenir, tout simplement. Tu craignais trop leurs réactions, à te savoir dans les parages alors que vous n’avez jamais été vraiment amis -ou alors vous ne l’étiez plus- et tu ne désirais pas non plus être l’élément qui raviverait des souvenirs négatifs chez chacun d’entre eux. Tu voulais pas poser les questions qui fâchent, tu voulais pas non plus être la cinquantième personne à le faire. Peut-être que tu ne voulais pas non plus avoir mal en les voyant dans un sale état, tant par compassion pour leurs plaies que par frustration d’avoir été tenue éloignée de tout ce bordel. T’es pas arrogante au point de croire que t’aurais pu faire une différence quelconque et tu te sais chanceuse, au fond, de ne pas avoir été présente au moment du drame. Mais ta rancœur ancestrale se manifeste ainsi : la colère d’avoir été une fois de plus au second plan, de ne pas avoir pu être là, avec les autres. Oui, tu serais peut-être morte. Oui tu n’aurais probablement pas été plus utile. Mais t’aurais été là, sur le terrain, à essayer de faire de ton mieux. C’était peut-être ça que t’espérais de la vie finalement : une opportunité. Aussi mortelle soit-elle. Mais elle n’arrive pas et tu demeures impuissante sur tes passerelles. Tes pensées vagabondent un peu plus à chaque seconde tant et si bien que ton travail, tu ne dois pas très bien le réaliser. Mais tes collègues ne te reprennent pas, parce que tout le monde comprend, parce qu’il est probable que le tiers d’entre eux pleure un mort le soir ou prie pour qu’un blessé se rétablisse. L’angoisse et les interrogations sont monnaies courantes et si, en tant que miliciens, vous vous accordiez à ne rien laisser transparaître devant les civils, vous n’étiez pas aveugles entre vous pour autant.

D’autant plus que les incertitudes ne s’arrêtaient pas là. Il y avait les Stellariens laissés sur Keller, que le conseil ne désirait pas rapatrier tout de suite. Tu comprenais au fond, c’est une décision somme toute logique bien qu’elle t’inquiétait car cela signifiait que personne n’était capable de mettre des mots sur ce qui était arrivé au Jeanne d’Arc. De ce fait, personne n’était capable de prévoir de quelconques nouvelles attaques. Tu comprenais, ce qui t’empêchait pas d’enchaîner les insomnies. Tu partageais la cabine de Rosa, tu dormais dans ses draps et chaque soir tu constatais qu’elle était pas là et tu savais pas quand elle reviendrait. Si elle revenait. T’as beau te dire que ce n’était qu’un séjour prolongé sur Keller et que la douanière savait se défendre, t’en restais pas moins anxieuse. Parce qu’il y a ces incertitudes, sur tout. Ce doute persistant quant aux gens à qui vous pouviez faire confiance ou non. Et t’es pas prête à faire confiance à la station. Pas en ces circonstances. Ce fut alors dans un soupir que tu voulus discret que tu délaissas une fois de plus ta position à l’entrée d’une passerelle, prenant le chemin pour te rendre dans la direction opposée, traversant ainsi le passage pour t’assurer que personne ne l’obstruait d’une façon ou d’une autre. C’est ainsi que tu tombes sur lui, bien que tu te demandes pourquoi diable il rôdait dans cette partie du nœud. Cette interrogation, superficielle, est bien vite balayée par la sensation qu’il allait bien. Tout du moins, de dos, tu comprends qu’il possède encore tous ses membres et même si tu appréhendes l’apparence de son visage, tu t’arrêtes malgré tout à quelques pas de lui. Suffisamment bruyante et peu discrète pour ne pas le surprendre, t’évitant probablement au passage de te prendre un coup mal placé en guise de réflexe. « Riley. » Juste un mot. Son nom. Comme d’habitude. Pourtant cette fois ci cela te paraît futile, stupide aussi. Riley. Ouais. Pourquoi pas Marcus, pour une fois ?

T’entrouvres les lèvres une fois de plus, pour souffler autre chose. Une banalité affligeante sûrement, tant tu as l’impression de marcher sur des œufs. Mais ta raison se voit broyée par le reste, par ces sentiments, par cette tristesse mêlée de rage qui te bousillait le cœur. Par un nom. Krishvin. Nan. Pas Krishvin. Tiaan. Lui non plus t’étais pas censée l’aimer. Tu lui avais fait mal, du moins tu le crois, et il t’avait fait mal en retour. Sûrement plus que la plupart des gens. Tu devrais pas être affectée, pas ainsi et pourtant c’est son souvenir -et la vision que tu as du lien qu’il entretenait avec Marcus- qui t’empêche actuellement de dire quoi que ce soit. Son souvenir qui noue ta gorge. Tu l’as détesté pendant si longtemps, avant de daigner réfléchir, avant de daigner ouvrir les yeux et commencer à te dire qu’il n’était qu’un homme. Avec ses failles, ses défauts, son histoire. Un homme complexe, suffisamment pour t’inciter à la curiosité, quand tu n’avais pas simplement trop peur de baisser ta garde. Peur. Ouais, t’avais eu peur de lui sur la fin, pas vrai ? T’avais commencé à avoir peur après qu’il t’ait cassé la gueule, après avoir craint qu’il ne puisse plus s’arrêter. Putain de merde Ana, tu t’en veux hein ? Tu t’en veux tellement. Tu te sens conne à en pleurer, conne au point de vouloir le gueuler sur tous les vaisseaux. T’as eu peur d’un homme, mort pour la Flotte. Mort en soldat, sûrement, bien que tu n’aies jamais eu la moindre confirmation à ce sujet. Les derniers sentiments que tu as pu éprouver à son égard t’écœurent. Les mots aussi, même lointains. Putain. Ça paraît con maintenant hein, que de parler de sa femme adultère. Con, de te moquer de son bégaiement juste pour voir une lueur furieuse faire étinceler son regard. Tu pourras jamais lui dire Ana. Tu pourras jamais lui dire que si t’avais beau le confronter, t’en étais pas moins convaincue qu’il méritait son grade. Soldat sûrement aussi méritant à tes yeux que Riley, de ceux qui imposent le respect sans même le vouloir ou s’en rendre compte. C’est peut-être pour ça que tu montrais encore plus les crocs, que tu mordais encore plus fort : car ce n’était pas n’importe quel adversaire. Tu pourras pas non plus lui dire à quel point tu te fichais de son bégaiement, t’aurais même été prête à l’écouter parler un long moment si cela te donnait l’occasion de découvrir des aspects plus positifs de sa personnalité. Et tu t’en veux pour ça aussi : pour t’être confortée dans des sentiments négatifs, pour avoir fait mal. Tu t’en veux pour tout. Parce qu’il était mort, comme d’autres, et que tu demeurais là, pauvre cloche, vulgaire gamine avec ses sautes d’humeur. Tu te sens pitoyable, tout ce que tu éprouves te paraît futile et égoïste. Et t’es là, muette devant Riley. Non, pas Riley. Marcus. Tu sais pas combien de temps t’as attendu, silencieuse, les yeux dans le vague. Tu sais pas à quel point tes tremblements, témoignant de sentiments indescriptibles, ont pu être perçu. Peut-être que c’est pour ça, en vérité, que t’étais pas allée les voir sur le Regina. Pour ne pas te confronter à ta propre médiocrité une fois face à eux. « Je suis contente que tu sois debout Marcus. » Un souffle, alors que tu relevais les yeux vers lui, le visage fermé, les dents serrées à peine eus-tu prononcé ces quelques mots. Impossible d’être plus spontanée, plus sincère. La vérité émane, entre deux douleurs à hauteur de la poitrine.

- BLACK PUMPKIN


† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


Rosa, love of my life:
 

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