« C'est dans l'alcool qu'on noie les rêves (Qordis)
MessageSujet: (#) « C'est dans l'alcool qu'on noie les rêves (Qordis)     Lun 2 Juil - 1:39
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C'est dans l'alcool qu'on noie les rêves.
Ana & Qordis

T’avais perçu l’ironie de la chose bien avant de t’installer au comptoir du bar, bien avant de pénétrer dans le bâtiment même. En vérité, t’avais ricané à peine le rendez-vous avait été pris : un verre à partager, au creux du Tiantang, l’endroit même où, cinq ans plus tôt, tu avais dû intervenir suite à des jeux d’argent ayant mal tourné. T’irais pas jusque à dire que t’avais sauvé la vie de Qordis ce jour là -en fait si, tu le dis, pour le simple plaisir de l’embêter- mais tu demeures persuadée de lui avoir rendu un fier service. Ce n’est que bien après que t’avais pris conscience de son rôle d’opérateur, de quoi faire de vous des collègues bien qu’éloignés. Ce n’est de toute manière pas vraiment le travail qui vous avait rapproché mais bien une passion commune pour le contenu de vos verres. Une boisson forte par ci, une autre par là et si tu t’étais presque sentie pathétique de trouver tes connaissances uniquement là où tu assouvissais tes besoins d’alcool, tu avais vite compris que Qordis était un peu plus qu’un alcoolique accro aux jeux. Capable d’une écoute que tu trouvais rare dans le corps militaire, qui plus est chez les hommes, tu t’étais bien souvent épanchée quant à ta journée médiocre, le dernier mensonge incroyable d’un suspect ou encore ta propension à chercher des objets spécifiques durant l’Australe. Et il n’avait jamais bronché, ne te coupant que rarement la parole et ne se plaignant pour ainsi dire jamais de la superficialité de tes propos. C’est naturellement que tu lui avais rendu la pareille, bien qu’incapable de comprendre la moitié de ce qu’il pouvait te dire dès lors que ça touchait d’un peu trop près les spécificités du pilotage ou des vaisseaux en général. Mais tu te taisais, t’écoutais, l’esquisse d’un sourire aux lèvres tandis qu’une lueur faisait étinceler son regard à lui, comme toute personne passionnée qui se respectait. C’était comme ça depuis toujours. Aujourd’hui toutefois, tu te demandais avec quel naturel vous arriverez à discuter.

Tout le monde en parle, bien sûr. Du Jeanne d’Arc, de la lenteur de l’enquête qui y est liée, des gens coincés sur Keller. Chacun y va de son petit commentaire, tout le monde persuadé d’avoir une meilleure solution que celle de son voisin. Difficile de blâmer qui que ce soit toutefois, chacun était à cran ou inquiet, pour des raisons qui ne concernaient qu’eux. Alors tu grinces des dents parfois, essentiellement devant la nonchalance de certains qui se voilaient la face pour mieux vivre leur quotidien, puis tu te plongeais vers le verre que tu tenais déjà entre les mains. Patiente, tu n’avais pas daigné y toucher encore, pour la simple et bonne raison que ta ponctualité légendaire t’avais poussée à venir sur les lieux à peine en avance. Tu avais déjà commandé et il ne suffirait alors que d’une seconde de retard de la part de Qordis pour que tu te mettes à profiter de ton bien sans lui. D’ordinaire, tu lui aurais probablement réclamé, par principe, qu’il t’en paye un autre ensuite pour se faire pardonner ses manières de rustre. Aujourd’hui, tu savais d’avance que tu ne t’abaisserais pas à ces plaisanteries. Dès lors que ton terminal t’indiques une heure pile toutefois, à savoir l’heure du rendez-vous, tu t’empares de ta bière et en savoure une première gorgée avant de la reposer pour mieux t’étirer. Un coup d’œil vers la porte, réflexe de toute personne qui commence à attendre son compagnon, et déjà tu découvrais la silhouette de l’opérateur qui se dessinait vers l’entrée. L’esquisse d’un sourire orne alors tes lèvres tandis que tu le suis du regard quand il progresse en ta direction. Tu n’attends pas de le voir s’installer pour lâcher un premier commentaire à son attention : « T’es en retard. C’est Charlie qui le dit. Constates-tu simplement, te réfugiant déjà derrière l’excuse de l’intelligence artificielle pour accorder du poids à tes propos. Pourtant, cette remarque ô combien banale se voit rapidement contrebalancée par d’autres mots, plus légers. Je te pardonne va. » Nul rajout quant à ta grande mansuétude. Car tu avais beau lui sourire, et il avait beau le faire en retour, tu sais que ce n’est pas tout à fait pareil.

Un court instant suit ce qui ressemblait à des salutations à ta façon, puis le barman arrive pour déposer un nouveau verre devant vous, plus précisément devant l’opérateur. Encore un signe, un détail, qui témoignait de ton humeur particulière. T’as pas envie de t’épancher sur le moment Ana (pour dire quoi de toute façon ?) pourtant tu n’as pas non plus envie de garder le silence auprès de celui qui t’écouterait pourtant prendre le temps de mettre des mots sur les sentiments qui te broyaient continuellement le cœur. C’est compliqué, mais tu imaginais qu’il saurait t’accorder de la patience. La seule question à se poser au final -et que tu ne cessais de te poser depuis le retour du Jeanne d’Arc- c’était de savoir à quel point tu étais prête à déranger ton interlocuteur avec ce sujet obscur dans le simple but de te soulager toi même. T’as pas fait de détours par le Regina Ana, parce que tu craignais de blesser en abordant le sujet, tu craignais même de faire du mal par ta simple présence. L’idée de faire de même avec Qordis ne t’enchantait pas et c’est sûrement pour cela que tu demeures sobre dans ta première interrogation : « Comment tu vas ? » Le coup d’œil que tu offres alors à ton compagnon témoigne de tout le sérieux que tu accordais à la question, ainsi que l’importance accordée à la réponse qu’il t’offrirait. Mais au moins, ainsi, tu ne te mouillais pas trop.

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† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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MessageSujet: (#) Re: « C'est dans l'alcool qu'on noie les rêves (Qordis)     Ven 6 Juil - 15:54
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Il te fallut quelques secondes pour repérer Anastasia au comptoir et tu lui offrais un sourire en te dirigeant vers elle d'un pas vif. Tu te glissais à ses côtés en lançant un regard critique vers la pinte de bière dont la mousse avait déjà en partie disparu sur les rebords du verre. « T'es en retard. C'est Charlie qui le dit. » Tu arquais un sourcil en faisant signe au barman qui acquiesçait en t'indiquant d'un signe de tête le siège sur lequel tu t'installais. Tu n'avais pas fait attention à l'heure, mais tu avais cru avoir été relativement dans les temps, par respect pour Anastasia mais également parce que l'attrait de la boisson avait été plus fort qu'un détour par chez toi pour te changer. « Je te pardonne va. » Tu posais une main sur ton cœur, toujours tout sourire. Tu te calais tranquillement sur ton siège en attendant que l'employé vienne déposer ta commande, l'habituelle consommation, un alcool blanc, fort mais sans réellement d'autre goût que celui de l'alcool, que tu t'obligeais à accepter pour faire plaisir aux médecins qui te reprochaient ta trop grande consommation de sucre. Tu pourrais probablement t'inquiéter que tes habitudes soient suffisamment marquées pour que tu n'ais plus besoin de signifier tes envies, mais tu préférais balayer cette pensée d'un revers de la main pour te concentrer sur ta voisine. Ton sourire, bien que s'étant sensiblement affaibli au moment où tu t'étais installé, ne quittait pas tes lèvres. « Comment tu vas ? » Tu clignais un instant des yeux, cherchant à savoir si la question est ingénue ou plus formelle, parce qu'elle avait besoin d'un peu de courage avant de se lancer dans ce qui la taraudait. Tes traits se marquent, tu essaies d'accentuer la risette mais c'est difficile, tu ne sais pas comment le tourner, comment le prendre et tu attrapais ton verre duquel tu vidais la moitié en quelques gorgées, oubliant même de trinquer. Comment tu vas ? Pas plus mal que d'habitude, la torpeur de l'alcool t'aidait généralement à ne pas trop te poser de questions et tu essayais de te maintenir occupé pour ne pas penser. « Ça va. Je n'ai pas de dettes urgentes, un peu mal à la tête mais ça va passer. »

Tu passais un doigt pensif sur l'arête de ton nez, frottant entre tes deux yeux pour appuyer sur les sinus, autant par réflexe que pour inciter la migraine qui ne manquerait pas de poindre avec le temps de prendre place. Ta bouche légèrement entrouverte pour te permettre de mieux respirer, tu lançais un regard vers les autres clients du bar, estimant que l'humeur sans être particulièrement joyeuse n'était plus l'atmosphère lugubre d'il y a quelques jours. « Et toi ? » Tu n'avais pas pris le temps de te changer et tu avais toujours ton uniforme d'opérateur, te contentant de laisser la veste ouverte et des manches remontées pour signifier que ton service était fini, tu te passais une autre main devant les yeux, avant de reprendre quelques gorgées et de faire à nouveau signe au barman de venir te resservir. La discussion sur toutes les lèvres en ce moment tourne autour du Jeanne d'Arc et de ce qui s'y est passé. On pose des questions, on ergote, on crie on complot et tu sens que les frémissements, les regards en coin s'accentuent, que la politique du vaisseau commence à changer et que les paroles malheureuses de certains des dirigeants risquent de se retourner contre eux. L'amirauté, Priya, n'a fait qu'essuyer des revers depuis son arrivée à son poste et ses détracteurs s'en donnent à cœur joie tandis que les capitaines et les conseillers se tirent dans les pattes, entraînant avec eux des foules de gens incapables de croire ou d'écouter, étouffés par la peur ou la crainte d'une guerre qu'ils ne pourraient gagner.

Tu ne parviens pas à te joindre à eux cependant et ton malaise vient surtout de ton travail, de l'idée que tu aurais pu être de ceux qui n'étaient pas rentrés. Le Jeanne d'Arc tu avais navigué dessus à de nombreuses reprises et tu ne parvenais pas à effacer l'image du pont de commandement la dernière fois que tu l'avais quitté.

Tu clignais des yeux, souriant à Anastasia, attendant patiemment qu'elle continue, attrapant ton verre pour le finir tandis que le barman posait le suivant à côté de l'autre.



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MessageSujet: (#) Re: « C'est dans l'alcool qu'on noie les rêves (Qordis)     Sam 14 Juil - 19:53
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Il sourit, main sur le cœur en guise de gratitude pour ta miséricorde et ça ne fait que t’amuser en retour. Un bref instant. Avant que tes yeux ne s’abaissent pour lorgner la tenue de ton compagnon : son uniforme d’opérateur. Ce n’était pas la première fois qu’il le portait, en vérité vous étiez tous plus ou moins contraints de conserver votre uniforme même en tant que civil, simplement parce que le textile ne courait pas les rues. L’apparence décontractée de l’homme, ses manches retroussées jusqu’aux coudes, étaient de toute façon autant de signes qu’il n’était pas en service. De ton côté, il suffisait généralement de ranger le brassard bleu clair qui signalait ton appartenance à la milice pour qu’on cesse de te prêter attention. Partiellement du moins. Les criminels de la Flotte devaient probablement continuellement se méfier de toi et des privilèges que tu possédais, même sans être au travail. L’instant n’avait donc rien d’étrange pour toi, bien au contraire. Tu ne comptais plus le nombre de fois où vous vous étiez retrouvés autour d’un verre, après le service bien souvent mais parfois avant, sans que cela ne vous gêne outre mesure. Cette fois ci pourtant, l’uniforme de Qordis te renvoie aux événements récents, aux difficultés éprouvées par de nombreux militaires et leurs proches. Vous aviez beaucoup perdu, tous, d’une façon ou d’une autre. Toi aussi, bien que tu pouvais t’estimer chanceuse qu’aucun membre de ta famille ou de tes plus proches amis n’aient eu à souffrir de l’attaque sur le Jeanne d’Arc ou d’un séjour prolongé sur Keller. Tu n’en étais pas moins affectée et si tu te gardais d’en parler devant ceux qui avaient eu à subir le pire, tu étais bel et bien tiraillée par de nombreux sentiments. Colère, peine, honte. La rage contre vos assaillants, la peine pour les pertes et la honte quant à ton comportement en général. Ta façon d’avoir traité certaines personnes dans le passé, personnes aujourd’hui décédées, ou encore ton impassibilité totale le reste du temps. Tu n’avais rien fait. Beaucoup te diraient que tu ne pouvais de toute manière rien faire mais ta docilité, même de façade, te mettait mal à l’aise.

Alors tu détournes les yeux Ana, ravalant un soupir en prenant conscience de tout ce que tu pouvais éprouver simplement en lorgnant un uniforme maintes et maintes fois observé auparavant. Tu sais pas trop si, de ce fait, tu essayes de penser à autre chose en interrogeant Qordis pour savoir comment il pouvait aller, ou si finalement tu espérais simplement qu’il soit dans un état similaire au tien. Cela servirait ainsi d’excuse, de prétexte, pour t’épancher quant à ce qui pouvait triturer ton cerveau et bousiller tes nuits. Tu dormais mal et s’il était aisé d’expliquer que ton travail était prenant ces derniers jours, tu savais pertinemment qu’il ne s’agissait pas de l’unique cause de tes insomnies. Tu aurais cru qu’un retour à la normale aurait été bénéfique. Il n’en était rien. Pour l’heure toutefois tu te contentes d’esquisser un sourire quand l’opérateur précise qu’il allait bien. Il n’avait pas de dettes urgentes à régler et une fraction de seconde suffit pour que tu comprennes que le mot clé de cette phrase était bien le mot urgent, il n’avait donc pas à se plaindre si ce n’est son léger mal de tête qui finirait par passer. « Ouais, c’est ce qu’on dit tous. » Ironises-tu alors dans un sourire amusé, lui jetant un coup d’œil en songeant au nombre de fois où tu avais pu avoir mal au crâne sans daigner prendre le moindre médicament, estimant que le temps suffirait à estomper toute trace de douleur. Cela t’avait toujours amusé d’ailleurs, cette façon qu’avaient les gens -toi inclus- de ne jamais vouloir se soigner mais de toujours conseiller aux autres de prendre des médicaments ou d’aller voir un médecin. L’être humain, ce bel hypocrite. Tout le monde se croit probablement plus fort qu’il ne l’est vraiment, sûrement pour se rassurer ou pour paraître meilleur qu’on ne l’était en réalité. Tu comprenais cette logique pour bien souvent l’appliquer toi-même mais tu avais toujours eu de l’admiration pour ceux qui connaissaient leurs limites et n’en éprouvaient pas la moindre gêne.

Tu étais ainsi plongée dans tes pensées lorsque Qordis finit par te retourner la question, non sans commander un nouveau verre d’alcool pour remplacer celui qu’il avait déjà terminé. Tu eus une brève pensée pour la descente de ton compagnon, sûrement meilleure que la tienne malgré ton penchant pour la boisson, mais bien vite tu préfères réfléchir à la réponse que tu pourrais lui offrir. Si tu allais bien ? Le simple fait que tu prennes ton temps pour répondre semblait être le signe que non et ce malgré l’apparence tranquille que tu affichais, tes doigts parcourant sans nervosité particulière le rebord de ton verre. Si tes gestes ne laissent transparaître aucun signe de stress, quiconque te connaissait un tant soit peu pouvait deviner que tu trouvais refuge dans des gestes répétés. Ils étaient lents, contrôlés et dépourvus de la moindre agressivité. Pourtant le simple fait que tu les poursuives était le signe d’une forme de mal être plus ou moins profond. « J’ai connu mieux, que tu finis par lâcher, observant le contenu de ton verre sans grande conviction. Tu prends encore un instant pour trouver tes mots, tant tu avais besoin qu’on comprenne véritablement ta pensée sans se méprendre sur tes ressentis les plus profonds, avant de poursuivre en daignant cette fois ci pivoter la tête en direction de ton camarade. Je suis plus chanceuse que bien des gens en ce moment. Mais j’arrive pas à m’en contenter. » Aleksandr allait bien, Rosa et Ethan allaient bien, tu allais bien. Tu n’avais pas à te plaindre. Pourtant ça ne te suffisait pas. Tu n’arrivais pas à oublier les morts, les blessés. Tu n’oubliais pas tes échanges avec ceux qui étaient revenus du Jeanne d’Arc en vie, avec ceux de Keller. Et tu sais pas trop pourquoi tu continues à ne pas dormir. Etait-ce un surplus de compassion et d’empathie ? Tant et si bien que tu souffrais au nom de ceux qui avaient le plus subi ? Ou bien s’agissait-il d’une nouvelle preuve quant à ton incapacité pure et dure à passer outre des événements difficiles ? Tu rumines, tu ressasses, tu fais croître rancœur et rage dans un coin de ton organisme tant et si bien que tu te demandes parfois où tu trouvais la place de caser toutes ces émotions en toi. Et au bout du compte, tu n’allais jamais mieux.

Tu as tout juste eu le temps de souffler ces mots que tu les regrettais déjà. Tu sais que Qordis n’était pas de ceux qui te critiqueraient simplement parce que tu te sentais mal alors que tu n’étais peut-être pas celle qui devait avoir le plus mal. Mais la culpabilité est présente. Alors tu grognes légèrement contre le verre que tu avais ramené contre tes lèvres, prenant une longue gorgée pour brûler ta gorge et, avec de la chance, la nocivité qui pouvait en émaner. Tu sais bien qu’il est stupide de te flageller ainsi, d’autant plus que tu es convaincue que ton sentiment est partagé par énormément de monde. T’étais pas seule, à culpabiliser pour rien, à te sentir mal simplement parce que tu n’avais rien pu faire. Alors, contrairement à d’autres, tu devrais peut-être trouver la paire de couilles qu’il fallait pour se relever. « Excuse moi, que tu soupires finalement avant de donner un léger coup d’épaule à ton compagnon, dans un nouveau sourire, aussi léger soit-il. C’est juste… Tu sais… Compliqué d’en parler avec d’autres. J’connais trop de gens qui ont été sur place, alors discuter de tout ça avec eux, surtout pour parler de moi, c’est délicat. » Tu hausses les épaules en guise de conclusion, comme à chaque fois que tu cherchais à dédramatiser la situation alors que tu n’en pensais pas moins, puis tu interpelles le barman pour réclamer un nouveau verre afin de remplacer celui que tu venais tout juste de terminer.

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MessageSujet: (#) Re: « C'est dans l'alcool qu'on noie les rêves (Qordis)     Dim 15 Juil - 22:05
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Le silence s'éternisait et tu entrepris de te placer plus confortablement dans ton siège, n'accordant qu'un bref regard vers Anastasia pour t'assurer qu'elle était toujours consciemment avec toi ou si elle était partie dans un monde bien à elle. Il ne t'avait pas semblé que l'alcool lui embrumait le regard, aussi laissais-tu courir le temps, attendant patiemment qu'elle te dise ce qui la taraudait. « J'ai connu mieux. » Tu ne fus pas réellement surpris de la réponse, peut-être plus de l'hésitation palpable qui en découlait, comme si elle n'osait pas, ne se permettait pas d'aller réellement mal. Tu l'observais en coin et lorsque son visage te fit face, tu l'imitais. « Je suis plus chanceuse que bien des gens en ce moment. Mais j'arrive pas à m'en contenter. » Tu lui souriais, incapable de réellement trouver des mots pour la réconforter. Tu aurais probablement pu lui tapoter le bras ou l'épaule pour lui signifier que tu étais bien là, bien présent à ses côtés et qu'elle pouvait utiliser ton épaule pour s'épancher, mais tu préférais laisser ton silence dire tout cela à ta place. Éviter les gestes maladroits, également. « Excuse moi. » Tu secouais la tête en agitant une main mollement. Inutile de présenter des excuses pour quelque chose de compréhensible. Ou qui semblait l'être. On t'avait souvent reproché ton indolence et tu ne parvenais pas à faire autrement qu'hausser les épaules en souriant. A quoi bon s'inquiéter tant ? Lorsque l'heure est venue, les étoiles en décident, il n'y avait rien qui pouvaient les empêcher de te rappeler.

Tu ne t'inquiétais donc pas de la même manière qu'Anastasia, ou même que la plupart des stellariens, mais l'essentiel d'entre eux n'avaient jamais réellement connu de dangers. Les soldats étaient formés pour préparer une guerre qu'ils ne devraient pas mener et la position des élus étaient généralement pacifiste. L'arrivée de Priya avait entraînée plus de drames qu'il n'y en avait eu pendant la période où Wilkinson était encore amiral. Tu t'étais fait à l'idée de mourir et à chaque fois que tu frôlais la mort et que tu l'évitais, que ce soit par chance ou par maîtrise, tu avais l'impression assez malsaine d'être de plus en plus invulnérable. « C'est juste … Tu sais... Compliqué d'en parler avec d'autres. » Tu clignais des yeux, ton sourire flottant toujours au bord de tes lèvres et tu t'enfilais quelques gorgées. Tout était plus mesuré sur la flotte, la franchise n'échappant pas au lot et les gens préféraient éviter de parler ouvertement de ce qui les gênait, ou le faisaient par écrans interposés. Tu t'amusais, parfois, à aller lire les discussions et critiques qui pullulaient sur starchat, comme si l'assurance d'un relatif anonymat permettait de réellement dire le fond de sa pensée. Il n'y avait pas d'anonymat sur la flotte, Charlie et les opérateurs y veillaient suffisamment. Détourner les systèmes de sécurité relevait d'un tout autre type de problèmes et dénotait généralement d'un savoir faire qui était rarement acquis sur la flotte elle même.

Les échanges ayant suivi l'attaque du Jeanne d'Arc, le mystère soigneusement entretenu et la position des élus avait surtout été une guerre de pouvoirs et d'opinions. Ce qui s'était passé sur le vaisseau où tu travaillais avait été assez clair et les inquiétudes, partiellement fondées de la part des stellariens avait surtout été du grain à moudre pour les hautes instances. Si ceux qui avaient abordé ton lieu de travail avaient voulu faire du mal à la flotte, il est fort probable que le nombre de pertes à déclarer pour l'utopie de la fédération soit désastreuse. « J'connais trop de gens qui ont été sur place, alors discuter de tout ça avec eux, surtout pour parler de moi, c'est délicat. » Tu opinais du chef. Tu n'avais pas cherché à en parler avec tes collègues qui avaient été présents sur le Jeanne d'Arc, ou très peu, te contentant de demander des choses concrètes qui relevaient surtout de ton propre travail. S'ils souhaitaient t'en parler, tu les écouterais mais tu n'avais pas l'impression d'être suffisamment considéré comme digne de confiance pour te permettre d'être une oreille attentive à ce genre de malheurs. Tu te passais un doigt pensif sur l'arrête du nez en observant vers ta droite, puis vers ta gauche et, tout sourire, tu retournais vers Anastasia. « Je crois que tu peux y aller, je n'en vois aucun de présent. » Tu passais le bout du doigt sur le rebord du verre, longeant les légères rayures provoquées par le temps et les utilisations avant de continuer sur le bord du comptoir. « C'est normal de vouloir en parler, faut bien qu'ça sorte. T'pas besoin d'voir vécu un truc pour en avoir peur. » Tu te tapotais la tempe en riant. « Le cerveau a parfois d'drôles de manières d'assimiler les choses, hein ? » Un léger reniflement et un papillonnement d'yeux fut tout ce que tu laissais entre tes deux remarques. « C'est l'empathie, ça. Puis l'instinct de survie. T'connu des gens dessus, t'as eu peur pour eux, t'pas envie de perd'c'qu'ils t'apportent. Haha. J'avais la même pour ma m'man quand elle faisait des courses. »



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MessageSujet: (#) Re: « C'est dans l'alcool qu'on noie les rêves (Qordis)     Sam 25 Aoû - 21:45
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Elle n’ose qu’à demi-mot Ana, hésitante quand il est question d’exprimer ses propres émotions, surtout en cette période troublée. Elle aime philosopher, discuter de ce qu’aimaient les gens ou non, évoquer ses préférences et ses dégoûts en retour. Elle n’aime pas particulièrement parler de ce qui lui ronge le cœur et lui file des insomnies une fois la nuit tombée. Elle n’aime pas évoquer ses cauchemars, ses angoisses, ses remords. Elle se sent faible, fragile, et ne s’autorise cet état qu’en présence de rares proches. Et encore, même dans ces conditions ce n’était pas le plus simple. Alors elle a beau tenter d’expliquer ses ressentis à son interlocuteur, cela reste un sujet délicat à aborder, la crainte d’être jugée pour sa faiblesse -ou son égoïsme au vu des circonstances- toujours logée quelque part. Une angoisse inutile, vue la réaction de Qordis lorsque la milicienne conclut en expliquant qu’elle ne pouvait parler à grand monde des événements récents, incapable qu’elle était d’être trop égoïste et de demeurer insensible à la souffrance de ceux qui avaient vécu l’enfer. Si les sourcils sont brièvement froncés tandis que l’homme semble jeter un coup d’œil autour de lui, un sourire vient bien vite remplacer cette première expression faciale lorsqu’il explique ne voir personne correspondant à la description  qu’elle donnait. La milicienne secoue la tête et lève les yeux au ciel, faussement irritée par l’humour de son interlocuteur, avant qu’elle ne rabaisse les yeux en sa direction, écoutant avec un peu plus de sérieux ce qu’il pouvait avoir à lui dire. Qordis c’est pas le plus beau parleur de la Flotte, il a pas ce charme élégant ni de visuel ni lorsqu’il ouvre la bouche. C’est quelque chose de plus brut qui émane de lui, quelque chose qui n’a jamais dérangé la milicienne bien évidemment mais qui avait suffi pour la convaincre même inconsciemment qu’il n’était pas de ceux capables de faire preuve de psychologie. Elle constate à cet instant précis qu’elle s’est trompée à son sujet.

T'pas besoin d'voir vécu un truc pour en avoir peur. Tu dis rien Ana, mais ça se devine que ces quelques mots te touchent, quelque part. Tu pensais pas avoir donné l’impression d’avoir eu peur des événements s’étant déroulés sur le Jeanne d’Arc en eux même, convaincue que t’étais d’avoir été simplement effrayée des dégâts constatés sur des proches. Pourtant, maintenant qu’il le dit, tu te rends compte que ton empathie pour tes proches servait également de façade. T’avais eu peur pour eux, bien évidemment mais ce qui t’avait profondément sonné, c’était bel et bien l’assaut en lui-même. Cette possibilité qu’on puisse s’en prendre à la Flotte, là où votre fuite en avant n’avait finalement jamais été particulièrement éprouvante en plus de vingt ans. T’avais jamais rien subi, rien vécu, et tu prenais conscience du fait que le danger était réel et qu’il pouvait t’atteindre. T’étais soldat, on t’avais préparé à ça, mais tu t’es laissée endormir. Le réveil n’en avait été que plus brutal. Du coin de l’œil, tu perçois alors Qordis en train de se tapoter la tempe en rigolant, rappelant à quel point le cerveau pouvait être complexe. L’esquisse d’un sourire pour seule approbation, tu te replonges dans tes pensées, cherchant à analyser tes propres émotions en ce moment précis. Tu t’interromps toutefois définitivement lorsque ton interlocuteur en arrivera à sa conclusion, expliquant que cette empathie pour tes proches était on ne peut plus naturelle et ta curiosité atteindra son paroxysme lorsqu’il évoquera sa mère. Tu savais pas grand-chose d’elle, n’ayant jamais trop cherché à interroger l’homme quant à son passé sur Keller. Tu aimais parler vaisseaux et pilotage, mais sans chercher à connaître les détails des courses qu’il avait pu mener sur la station par exemple. Par pudeur, probablement. Cette fois ci cependant, ces quelques mots sonnent comme une invitation que tu ne rechignes pas à saisir au vol.

« Comment tu faisais ? Pour gérer ça au quotidien, avec ta mère. Que tu demandes alors, avec une certaine prudence. Tu ne craignais pas la colère de Qordis -te demandais même s’il lui arrivait de s’énerver- mais tu ne désirais pas pour autant être celle qui assombrirait l’expression de son visage plus que de raison. Tu n’en étais pas moins curieuse, presque admirative en un sens. Parce que tu le sais Ana, que t’as vécu dans le luxe. T’as jamais eu à te plaindre, toi et ton enfance heureuse, toi et ton frère, tes parents aimants. T’as jamais eu à t’inquiéter outre mesure et ton seul fardeau était celui de ton échec à l’Académie, rien de bien lourd en somme malgré le fait que tu t’étais laissée bouffer par ces simples événements. Alors tu te demandes comment lui avait pu faire, pour gérer l’angoisse à chaque fois qu’il voyait sa mère risquer sa vie. Tu songeais à tes insomnies récentes, à ton inquiétude dévorante vis-à-vis de Rosa et tout ceci t’épuisait considérablement aussi savais tu pertinemment que tes nerfs ne tiendraient jamais sur le long terme. En cet instant précis, tu serais donc prête à tuer pour recevoir des conseils qui te permettraient de penser à autre chose, prête à tenter même des exercices de respiration futile. Pourtant une voix intérieure te soufflait déjà que ce ne serait pas si simple et que les propos que t’offrirait Qordis ne sauraient t’être véritablement utiles pour juguler tes propres angoisses. Cela ne coûtait toutefois rien de demander. Mais tandis que tu attendais une explication, tu éprouves soudainement le besoin de lui en offrir en retour. Tu daignes t’épancher, inconsciemment rassurée par cette oreille attentive qu’il te prêtait. J’ai eu peur pour les gens que j’aime. Mais maintenant ce qui me pèse, c’est mes remords vis-à-vis de ceux que je n’aimais pas. Tu fronces les sourcils, songeant une fois de plus à Krishvin, celui là même qui incarnait le mieux ton trouble du moment. J’ai détesté tellement de ces hommes Qordis. Pour des raisons futiles au fond. Sauf que maintenant ils sont morts et j’me sens tellement conne, moi et ma stupide rancœur. Toi et ta haine, nocive, gratuite. Sauf qu’il est trop tard maintenant. » Que ce soit pour t’excuser ou tenter de rattraper le temps perdu en combats inutiles. Et ce constat te pesait désormais, remplaçant l’angoisse liée à l’incertitude des premiers instants.

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MessageSujet: (#) Re: « C'est dans l'alcool qu'on noie les rêves (Qordis)     Dim 26 Aoû - 0:35
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« Comment tu faisais ? Pour gérer ça au quotidien, avec ta mère. » Pour être honnête, tu ne le gérais pas vraiment. Tu attendais sur les docks, la boule au ventre, que son vaisseau se repose, accompagné en général des membres de son équipage ou des membres de CRASH !! qui venaient s'assurer que le vaisseau était en état. Si ton sourire s'abaisse un peu, c'est surtout que tu cherches un moyen de lui répondre qu'il n'y avait pas de remède autre pour l'inquiétude que l'abrutissement ou de le subir. « Bah. » Tu te frottes la nuque et tu l'observes d'un air gêné. « Tu le fais pas, Ana. Tu espères, tu attends, mais ça veut dire qu't'y tiens. Ou alors tu craques, t'abandonnes, tu t'noies dans aut'chose pour pallier, j'crois. » Où est-ce que tu étais quand ta mère était morte ? Toujours au même endroit, sur les docks. Tu ne sais même plus dans quel état tu étais, est-ce que tu étais complètement dévasté par une trop grande consommation d'alcool ou, pour une fois, frais et dispo ? Tu te souviens surtout de la sensation d'irréel lorsque son nom a disparu de la liste des participants, comprenant que pour une fois les pièces détachées qui virevoltaient dans le lointain n'étaient pas ceux d'un coureur anonyme mais ceux du vaisseau dans lequel tu avais grandi. « Tu peux êt'dans l'déni mais ça changera rien à l'issue, quoi. Ca t'fera just'tomber d'plus haut. »

Anastasia reprend rapidement le fil de ses pensées et tu penches la tête, attentif. « Mais maintenant ce qui me pèse, c'est mes remords vis-à-vis de ceux que je n'aimais pas. » Tu fronces les sourcils, un instant confus. Cette tournure de phrase cloche, elle ne ressemble pas à celles qu'on a l'habitude de te sortir les derniers temps. On regrette souvent les gens morts que l'on ne connaissait pas, mais rarement ceux avec qui on n'avait aucune affinité. « J'ai détesté tellement de ces hommes Qordis. Pour des raisons futiles, au fond. » Tu hausses les épaules. La haine ne t'est pas tant étrangère qu'on s'amuse souvent à le penser, mais tu ne t'y accroches pas suffisamment pour la considérer comme une amie. « Sauf qu'il est trop tard, maintenant. » C'était bien le moment de se réveiller pour y penser, en effet. « Ma m'man m'disait d'dire aux gens c'qu'on pense d'eux tant qu'y sont encore vivants. » Il y a probablement des tas de choses que tu regrettais de ne pas lui avoir dit tant que tu en avais encore le temps, mais à l'époque certaines choses ne se prêtaient pas à la parole et tu n'étais peut-être pas assez mature pour pouvoir encore tout partager. « Faut croire qu'faut attendre l'mort d'quelqu'un pour y penser. » Tu souriais toujours et tu fais signe au barman de vous resservir tous les deux. « Mais t'sais quoi ? T'aurais vraiment dit qu'chose d'autres à c'gens qu't'détestais ? Qui qu'ce soit. Quand tu sens qu'chose d'tellement fort qu'tu peux nommer ça d'la rancœur, 'fin... j'veux dire... » Tu hausses les épaules. Tu pourrais sortir d'autres banalités pour la réconforter, lui dire qu'il y a des gens avec qui ça ne passe tout simplement pas, mais tu n'es pas certain qu'il s'agit vraiment de ce qu'elle souhaite entendre. « Parfois, quand ch'uis dans l'espace ou sur une passerelle, j'dis aux étoiles. » Certains de tes collègues en avaient bien ri, mais le bonheur que te procurait l'expérience levait un rempart suffisamment efficace pour ne pas t'en inquiéter. « J'aime l'idée qu'y peuvent l'entend'comme ça. 'pi même si ça fonctionne pas, ça fait du bien d'le sortir, t'vois. D'le dire à qu'chose ou qu'un. Sans jugement. »



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MessageSujet: (#) Re: « C'est dans l'alcool qu'on noie les rêves (Qordis)     Lun 27 Aoû - 13:53
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C'est dans l'alcool qu'on noie les rêves.
Ana & Qordis

Evidemment. Il n’existait pas de solution miracle, pas de moyen de passer outre les angoisses. Il fallait juste attendre, subir plutôt, dans le cas de la milicienne. Et espérer ne pas finir trop bousillé à la fin par les sentiments nocifs qui nous avaient étreints. Anastasia avait toutefois espéré plus, un bref instant, tant et si bien qu’elle ne peut retenir un léger soupir, son menton allant alors se loger dans le creux de la paume de sa main. Elle devait faire avec, comme à chaque fois, tentant d’ignorer le fait que cela lui pesait. La jeune femme coule toutefois un regard en direction de son interlocuteur, signifiant ainsi son intérêt pour ses paroles : ce n’est pas parce que ses propos ne l’arrangeaient pas qu’elle devait simplement les balayer d’un revers invisible de la main. Qui plus est, le sujet était trop sérieux et intime pour qu’elle ne songe à se réfugier dans ses pensées, comme si les paroles de son compagnon ne méritaient pas le moindre intérêt. Ça l’empêche pas de glousser légèrement, un rire presque jaune, tandis qu’elle rétorque sur le ton de l’humour : « Ouais bah faut que j’fasse gaffe, j’ai déjà trouvé refuge dans l’alcool, j’aimerais bien ne pas cumuler les vices. » Elle tenait toutefois trop à ses crédits pour cela, du moins c’est ce qu’elle se dit. Evoquer ce genre de problèmes face à Qordis ne la gênait pas le moins du monde d’ailleurs, n’hésitant pas à parler de vices. Parce que c’est ce que c’était au fond, surtout lorsque l’on songeait au pourquoi du comment ils en étaient arrivés là. Elle avait jamais vraiment aimé se faire traiter d’alcoolique bien sûr, toutefois la présence de Qordis changeait la donne : il était dans le même bateau qu’elle, si ce n’est pire étant donné son amour des jeux d’argent qu’elle ne partageait pas.

Quoi qu’il en soit, Ana ne peut qu’hocher la tête lorsque son compagnon évoque les dangers du déni. Elle ne s’inquiétait pas pour ça, se sachant suffisamment lucide pour ne pas vouloir porter d’œillères quant aux événements récents. C’était pas le déni qui la guettait, pas plus qu’une infinie tristesse qui lui boufferait les mois à venir. C’était simplement la sensation désagréable d’un immense gâchis : un sentiment bateau qui pouvait toutefois vous retourner les tripes. Gâchis, que d’avoir détesté ces hommes, gâchis que de rester lovée contre sa rancœur ancestrale, gâchis que toutes ces vies perdues. Ça se mêle sûrement à la colère, quelque part en elle bien que pour l’heure la milicienne préfère évoquer ses remords, tentant d’exprimer ses ressentis face à Qordis. L’opérateur ne se démonte pas devant son discours et en vient bien vite à lui répondre. L’idée même de dire aux gens ce qu’elle pensait d’eux lui arrache un ricanement amusé. Elle n’était pas la plus douée pour dire aux gens qu’elle aimait qu’elle tenait à eux, quant à ceux qu’elle n’aimait pas… C’était plus facile de leur cracher à la gueule bien sûr, elle l’avait fait un nombre incalculable de fois. C’est ce qui la faisait se sentir si mal aujourd’hui. Le ricanement se mue cependant en l’esquisse d’un sourire, presque nostalgique, tandis qu’elle hochait la tête pour approuver le reste des paroles de l’opérateur : fallait toujours attendre qu’il soit trop tard pour penser à tout ça. Sinon, ce serait pas drôle, pas vrai ? Un bref coup d’œil jeté en direction des verres vides qui se remplissaient de nouveau, bien qu'elle ne daigne pas encore toucher à sa propre boisson, avant que l’attention ne se refocalise sur Qordis. Si elle aurait dit quelque chose à ces gens ? « Non, bien sûr que non. De leur vivant j’aurais probablement jamais changé mon comportement vis-à-vis d’eux. C’est que maintenant qu’ils sont morts que ça semble stupide. » Qu’aurait-elle pu dire de toute façon ? Hey Krishvin, t’sais t’es un bâtard de première mais j’me rends compte que t’as des qualités aussi. C’est sûrement ça qui rend ta cruauté encore plus insupportable d’ailleurs, parce qu’on sait alors que t’as choisi de l’être. Glorieux.

Anastasia s’apprêtait alors à soupirer une nouvelle fois et à s’excuser de nouveau par la suite également. Parce qu’elle savait qu’il n’y avait rien à dire pour la préserver de son état. Elle savait que si elle avait pu revenir en arrière, elle aurait agi de la même façon, parce que c’est ainsi que l’être humain fonctionnait. Il avait fallu attendre la mort de ces hommes pour qu’elle prenne conscience de l’inutilité de sa hargne quotidienne. Tout ce qu’elle pouvait espérer désormais, c’est d’en tirer les leçons adéquates. Le soupir ne franchira toutefois pas le barrage de ses lèvres car Qordis reprenait déjà la parole, en un aveu surprenant qui lui fait hausser les sourcils autant qu’il lui arrache un sourire attendri. C’était mignon, sa façon de parler aux étoiles pour évacuer ses émotions, pour mettre des mots sur ses sentiments. Au fond elle pourrait tout aussi bien faire ça devant le miroir, l’idée reviendrait au même. Elle comprenait simplement que l’opérateur se tournait vers l’espace, car il venait de là, indéniablement, et son attachement était profond. La milicienne se retrouve ainsi à hocher la tête avec douceur. « J’comprends l’idée. J’crois que j’aurais besoin de parler à quelque chose qui représenterait un peu plus la personne à laquelle je pense, mais j’comprends. Il pouvait parler aux étoiles, alors qu’elle-même savait qu’il faudrait quelque chose de plus personnel, de quelque chose qui raviverait plus efficacement les souvenirs. Fallait que ça la prenne aux tripes simplement en y pensant, sinon elle n’en voyait pas l’intérêt et aurait simplement l’impression de lancer des bobards dans les airs. J’pourrais aussi m’épancher auprès de certaines personnes mais eh, les plus importants sont coincés sur Keller. Qu’elle ricane de nouveau, l’angoisse pourtant parfaitement perceptible derrière cette façade de moquerie. Elle aurait aimé en parler à Rosa, pouvoir compter sur son soutien tout en lui apportant le sien en retour. Elle aurait aimé se vautrer dans les draps d’Ethan, le pirate insouciant qui n’aurait pourtant jamais jugé ses états d’âme, malgré sa grande gueule. Elle pouvait pas. Elle espérait pouvoir le faire quand ils reviendraient, car ils étaient obligés de revenir. Et pour ne pas y penser trop longtemps, rien ne valait une nouvelle gorgée de xingji. Une fois le verre reposé, la jeune femme soupire de nouveau, ses mains glissant derrière sa nuque et les doigts venant s’entremêler à cet endroit précis.  Trop de tension. » Qu’elle ironise pour toute conclusion en jetant un coup d’œil autour d’eux. Pas besoin d’être la personne la plus empathique du monde pour percevoir l’électricité dans l’air et y être sensible.

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MessageSujet: (#) Re: « C'est dans l'alcool qu'on noie les rêves (Qordis)     Mar 28 Aoû - 19:39
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« J'ai déjà trouvé refuge dans l'alcool, j'aimerais ne pas cumuler les vices. » Cela te renvoie en plein visage toutes tes fautes et tous les problèmes que tu accumulais dans ton coin. Ton sourire tremble un instant, ta lippe bouge, tu détournes le regard, parce que pour être honnête, tu aimes te bercer dans l'illusion que tu gères. Ce n'est pas le cas, tout le monde en a conscience. Tu essaies vainement de faire des efforts, mais il s'agit plus de quelques faits anecdotiques où tu refuses un verre pour te féliciter avec un autre. L’illusion te berce et tu continues de t'enfoncer dans tes vices, sûrement et sans que personne ne cherche réellement à t'arrêter. Tu retrouves un sourire contrit, parce que tu sais qu'au fond, elle n'a pas voulu te blesser Ana, votre relation était basée sur ça, une entente commune sur un sujet un peu branlant qui vous mettait tous les deux sur la sellette. La belle armée stellarienne, composée de brutes, d'alcooliques et de dépravés.

Le ricanement d'Anastasia te fait à peine réagir. C'est une réaction dont tu commences à avoir l'habitude et tu te contentes de lui sourire en retour, l'air de dire « heh ! Ouais, c'était drôle. ». « De leur vivant, j'aurais probablement jamais changé mon comportement vis-à-vis d'eux. » Ton sourire s'agrandit. « C'est que maintenant qu'ils sont morts que ça semble stupide. » Ouais, c'est bien ça le problème. On ne se rend compte qu'après avoir perdu quelque chose qu'on y tenait un peu. Peut-être pas de la façon dont on pense, celle d'affection positive et récurrente d'amitié. « 'fait, c'pas tant eux qui t'manquent mais c'que t'as perdu 'vec leur départ, hein ? Genre p'voir vraiment laisser lib'court à t'ça ? » Tu tapotes l'emplacement de ton cœur. Certains étaient bouffés par la haine et la rage et c'était leur moteur pour avancer, pour d'autres, il s'agissait plus de vivre au jour le jour un bonheur nouveau. « T'peux pas êt'malheureuse pour tout, Ana, ça va t'bouffer, à trop regarder en arrière, tu vas rester là et jamais aller p'us loin. » Tu avais aussi tes regrets, sous la forme de personnes ou d'actions, mais tu ne t’appesantissais pas dessus, persuadé que rester trop concentré sur ce que tu aurais dû ou pu faire aller t'empêcher de le faire maintenant.

Lorsqu'elle reprend enfin la parole, tu pointes tes deux index vers elle. « C'l'idée, Ana. » Tu parlais aux étoiles parce que tu croyais en elles, tu savais qu'elles étaient là au dessus de toi et t'avaient toujours accompagnées. D'un autre côté, si Ana préférait parler à son peigne pour mieux se rassurer, c'était à elle de le voir. Les gens avaient tendance à s'identifier ou se retrouver dans toutes sortes de choses qui leur permettaient de prendre du recul ou de respirer plus aisément. Qui étais-tu pour juger ? « J'pourrais aussi m'épancher auprès de certaines personnes mais eh, les plus importants sont coincés sur Keller. » Pan, dans les dents. Tu eus un sourire en coin. De ton côté, tu ne te considérais pas comme plus qu'un ami, mais tes amis étaient importants à tes yeux et tu comprenais que, pour Ana qui vivait les choses d'une manière plus intense, il était peut-être nécessaire de le faire avec de véritables proches. « Mh ! » Le fait que la plupart des douaniers et commissionnaires – et quelques légionnaires – étaient toujours coincés sur Keller ne te laissait pas beaucoup d'espoir pour eux. Le temps de les voir revenir, il était probable que certains se soient retrouvés éviscérés dans une ruelle, par un des membres du commando les ayant attaqués ou juste par des Hurleurs. « Ch'uis pas sûr que c'est c'qu'y voudront entendre en rentrant. 'fin. Z'auront besoin de gens forts pour les aider, ouais. »



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MessageSujet: (#) Re: « C'est dans l'alcool qu'on noie les rêves (Qordis)     Sam 8 Sep - 23:07
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C'est dans l'alcool qu'on noie les rêves.
Ana & Qordis

« 'fait, c'pas tant eux qui t'manquent mais c'que t'as perdu 'vec leur départ, hein ? Genre p'voir vraiment laisser lib'court à t'ça ? » Et ça te fait réagir Ana, comme plus ou moins tout ce qu’il disait depuis le début de votre conversation. L’espace d’une seconde, une fois de plus, tu te sens bête d’avoir continuellement cru que si Qordis était capable d’écoute, il n’était pas celui qui serait en mesure de t’offrir des réponses, pas plus qu’il ne serait capable de vraiment partager tes états d’âme. C’est pas spécialement contre lui, faut dire que t’étais plus ou moins convaincue que les hommes étaient incapables de la moindre psychologie, mais t’en prenais pas moins conscience que tu te trompais totalement à son sujet. Tellement que tu parviens  qu’à hocher doucement la tête, avant de songer avec plus de précision aux personnes perdues et à ce qu’elles avaient pu t’apporter, même de négatif. T’avais vu chez eux un exutoire, bien souvent. Puis par la suite, chez certains, t’avais commencé à entrapercevoir des qualités qui te faisaient envie : la nonchalance, le je-m’en-foutisme. Même ceux que t’avais jamais aimé, au fond, ils étaient des exemples par instant. Ils avaient quelque chose à t’apprendre, un mode de vie sur lequel te calquer pour, peut-être, finir par mieux vivre ta vie. Mais désormais t’auras plus jamais l’occasion d’investiguer, de te questionner à force de te confronter à eux. Tu peux même pas te dire que ça leur aura réussi, tout ce que tu avais pu leur envier, vu qu’ils étaient morts maintenant. Quel putain de gâchis. Et alors que tu te perdais dans ce que tu éprouvais, incapable par ailleurs de mettre des mots dessus, ce fut de nouveau Qordis qui te ramena à la réalité, te malmenant un peu plus sans le vouloir en te rappelant que tu ne pouvais guère continuer de t’appesantir sur le passé. Tu progresserais jamais et tu le sais, désormais trop consciente de cette sensation de surplace qui te prenait aux tripes lorsque tu songeais à ta vie et à ce que tu en faisais dans l’immédiat (à savoir : pas grand-chose d’après toi).

« Je sais, c’est juste… Les mots se meurent. Compliqué. Cette excuse facile que tu t’autorisais de moins en moins. C’était trop simple que de vanter la complexité d’une situation, encore plus quand beaucoup d’autres avaient réussi à passer outre un obstacle qui te bloquait la route depuis trop longtemps. C’était pas compliqué non, ou du moins ça l’était que pour toi, tant et si bien qu’invoquer la difficulté de la tâche comme excuse te semblait de plus en plus pathétique. Et illusoire. Alors tu finis pas la phrase initialement prévue et te rabat sur une autre option. Un espoir, en vérité. Ce sera peut-être le déclic. » Ptet qu’il aura fallu attendre que des gens meurent pour que tu prennes conscience du fait que t’avais qu’une vie, qu’elle serait probablement plus courte que tu ne l’avais prévu et que t’avais de ce fait pas de temps supplémentaire à perdre à ressasser le passé et les échecs qui l’accompagnaient. T’avais plus le temps pour ces conneries et si penser à tout ceci en ces termes te donnerait presque un élan de volonté, tu doutes déjà que celui-ci perdurera. Ça t’empêche pas d’y croire un peu, puis de sourire en entendant Qordis te parler des étoiles, celles là même à qui tu pouvais te confier si jamais. Tu comprends l’idée et il te le confirme avec un entrain qui ne ressemblait qu’à lui et qui suffit à étirer ton sourire, tout en ravivant un éclat optimiste quelque part au fond de tes prunelles. Cela ne dure pas toutefois, ton angoisse revenant au galop, te rappelant à quel point tes proches te manquaient. A quel point t’avais peur pour eux, autant que leur absence ne faisait qu’accroître ta propre solitude. T’as même pas conscience Ana de ton manque complet de tact lorsque t’évoques la sensation de manque que leur absence te fait éprouver. Tu comprends toutefois, avec un temps de retard et au vu du simple mhh soufflé par ton interlocuteur, qu’il l’a peut être mal pris. Tu préfères toutefois ne pas t’excuser de suite, feignant de ne pas avoir compris dans l’espoir de pouvoir placer un compliment plus tard, qui ne paraîtra pas hypocrite cette fois.

Ce ne sera pas compliqué, d’ailleurs, que de trouver quelque chose de gentil à souffler à ton interlocuteur. Celui-ci était définitivement bien plus lucide que toi, ne se permettant pas d’ailleurs de te sortir des banalités affligeantes, préférant te rappeler l’essentiel : t’auras pas le luxe de pleurer sur ton sort lorsqu’ils reviendront. Et il a bien raison. « J’le serais. Forte. S’ils n’avaient pas été sur Keller, s’ils n’avaient pas eu à subir leurs propres problèmes, tu te serais probablement permise de te confesser quant à ce que tu éprouvais. Mais tu n’en ferais rien au vu des circonstances actuelles et tu ne doutais pas du fait que tu ne flancherais pas devant eux le moment venu. T’as toujours fait de ton mieux pour soutenir les autres, pour être présente, pour faire l’effort de mettre de côté préjugés ou principes dès lors qu’il était question de tes plus proches amis. T’étais pas parfaite, et t’étais suffisamment égoïste pour songer à prendre du temps pour toi. Ça t’empêchait pas d’encaisser les dépressions et remises en question d’autrui lorsque c’était nécessaire et cette fois ci, plus que jamais, tu le ferais. T’en étais convaincue. Merci. Que tu souffles alors dans un sourire plus léger, qui témoigne de tes difficultés à prononcer ce simple mot (ce qui ne retirait en rien à sa sincérité). Un remerciement que tu accentues en glissant ta main contre celle de Qordis, enserrant ses doigts entre les tiens en une légère pression, avant que tu ne lui rendes son espace. T’as jamais songé à te faire payer ? Deviens psy ou un truc du genre, j’suis sûre que tu serais brillant. Que tu taquines dans un sourire amusé. Impossible bien sûr, on ne s’improvisait pas spécialiste des maux de l’âme et de l’esprit en un claquement de doigts et Qordis n’avait pas la moindre formation en la matière (peut-être n’avait-il pas l’envie non plus d’ailleurs), mais ça t’empêchait pas de sous-entendre qu’il aurait pu être doué là dedans. Tu regrettais pas d’avoir décidé de partager ton temps avec l’opérateur, encore moins de lui avoir confié tes états d’âme. L’espace d’un instant, tu songes à ta chance : d’être ainsi continuellement bien entourée.  Puis, à force de divagations, tu finis par songer plus précisément à ton interlocuteur du moment, celui là même qui venait de Keller (un autre monde, finalement), celui là qui parlait aux étoiles ou à l’espace en général quand il en avait l’occasion. Un homme qui, comme Ethan d’après toi, pourrait avoir envie de plus que ce que la Flotte pouvait finalement proposer. T’aimerais partir Qordis ? » Que tu demandes alors pour assouvir ta curiosité. Avec les événements sur Keller, ceux qui avaient touché la Flotte également, voudrait-il retrouver une certaine liberté ? Si la Flotte n’était même plus capable d’apporter la sécurité que tous recherchaient ici.

- BLACK PUMPKIN


† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


Rosa, love of my life:
 
MessageSujet: (#) Re: « C'est dans l'alcool qu'on noie les rêves (Qordis)     Hier à 22:47
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« Ce sera peut-être le déclic. » Tu hausses les épaules, tout à l'observation de ton verre. Un déclic, ça ne se dit pas, ça ne se voit pas, ça se vit et de ça se ressent. Tes yeux parcourent les traces de tes doigts, l'humidité, la goutte qui retournait rejoindre le reste, les marques sur le comptoir. Tu te sens un peu partir alors tu te redresses, le temps de laisser à Anastasia le loisir de retourner ses pensées, mastiquer sa peur et son inquiétude. T'es incapable de faire pareil, de rester aussi longtemps avec tes pensées, de retourner trop longtemps une idée, ça te bouffe, ça t’écœure et ça te stresse. Tu n'aimes pas penser ou réfléchir, c'est comme observer le vide sans rien attendre en retour. « J'le serais. Forte. » Tu retournes la tête vers elle et tu l'observes, détaillant les traits tirés de son visage, les légères contractions de son visage, le mouvement de ses yeux et tu souris. « J'doute pas, t'es là 'jourd'hui, c'est qu'tu l'es sacrément. »

Lorsqu'elle t'attrape les doigts, un compliment au bord des lèvres, tu la laisses faire. Surpris, tu sers légèrement la main en retour. Tu es quelqu'un de profondément tactile, mais tu as déjà eu l'occasion – bien malgré toi – de te rendre compte que ce n'était pas le cas de tous sur la Flotte. Tu avais appris avec les années à te tenir à l'écart, de faire attention à l'espace personnel de chacun et de veiller à ne pas effleurer de trop les gens qui t'entouraient. « Merci. » Tu lui souris et tu la laisses s'éloigner à nouveau, ravi du bref contact, sans arrière pensée, juste de rencontrer quelqu'un d'humain. « T'as jamais songé à te faire payer ? Deviens psy ou un truc du genre, j'suis sûre que tu serais brillant. » Tu laisses échapper un gloussement, vous savez tous les deux que tu en ferais un bien piètre. Peut-être que chaque profession était percluse des troubles qu'elle essayait de réduire, mais tu n'aurais ni la patience, ni l'envie, de passer tes journées à écouter les problèmes des uns et tenter de trouver une obscure raison à leur mal être. Tu préférais répondre par le sourire, le répandre, t'oublier et oublier ce que n'allait pas. Le déni, la mauvaise foi, ça te bouffait tout cru et te formatait tellement. « T'aimerais partir Qordis ? » Tu te racles la gorge et tu te renfonces dans ton siège, carrant les épaules pour mieux te tenir, le dos plus droit, l'attitude plus sûre, cherchant quoi dire, comment. C'est difficile, tu ne sais pas trop parler, tu ne sais pas t'exprimer en public et tu as peur de le faire maladroitement, qu'elle interprète autrement tes idées ou tes envies. « Partir d'ci ? 'fin, d'bar ? Nah, ça va. » Tu ricanes un moment puis tu hausses à nouveau les épaules. Partir, hein ? Après le Jeanne d'Arc ? Ouais, tu voulais te casser, mais ce n'était pas le genre de choses qui se disaient et pour aller où ? Pour l'instant, tu étais encore trop fiché fédéré et il faudrait que tu fasses profil bas pendant un moment. Pour peu que les relations rouvrent avec Keller, ce serait peut-être plus simple, pour y voir plus clair. « Partir d'la flotte ? P't'êt'. » Tu n'aimais pas y penser. Y réfléchir c'est chercher une raison à ton malheur et ton mal être. Tu avais certes l'impression d'avoir fait le tour, tu ne volais pas autant que tu voulais, tu avais des amis mais pas de proches autre que ceux du Canopus et tout ce que tu tentais d'entreprendre était balayé par la hiérarchie. Tu rêvais des étoiles. « Voir d'autres étoiles, qui brillent autrement ? Ça m'ferait sacrément plaisir, ouaip'. » Tu hausses – encore – les épaules, tentant de faire passer ça pour de la dérision alors que ton regard louvoie. « Mais toi, Ana, t'voudrais rester ici tout'a vie ? »



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MessageSujet: (#) Re: « C'est dans l'alcool qu'on noie les rêves (Qordis)     

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