I want to dream in technicolor. [Jymay]
MessageSujet: (#) I want to dream in technicolor. [Jymay]     Dim 1 Juil - 21:11
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http://beyond-earth.forumactif.com/t112-blood-on-my-name-jyresse http://beyond-earth.forumactif.com/t198-the-soul-of-shame-jyreese#1096
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Âge : 35 ans même s'il en paraît plus, abîmé qu'il est par ses deux années passées sur le Lady Grace.
Occupation : Sergent légionnaire & pilote. En période probatoire.
Habitation : Sur le Columbiad dans une cabine assez spacieuse pour lui et sa fille adoptive, Sanah.
Arrivée : En 2200. Il avait à peine 8 ans quand il a quitté la Terre. On a suivi maman et papa. Les souvenirs de la Terre s'effritent au fil du temps. Un peu trop à son goût.
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I want to dream in technicolor.



Il roule sur la droite. Il attend. Il roule sur la gauche. Il attend. Il roule sur le dos. Il attend. Il attend encore et encore que le sommeil vienne. Les secondes sont interminables et terminent par se transformer en interminables minutes. Au bout d'un moment qui lui semble terriblement long, il termine par se redresser et se frotter le visage. Il prend une profonde inspiration parce qu'il a conscience que s'énerver ne va rien arranger et que cela risque bien de lui déclencher une crise. Ce qu'il ne veut pas. Depuis qu'il est rentré de Byblos, les crises se font déjà plus fréquentes, et c'est d'ailleurs la principale raison pour laquelle il ne peut pas y retourner pour le moment alors s'énerver ne fera qu'aggraver le risque de provoquer une nouvelle crise. Et alors qu'il prend sur lui pour rester calme, il réalise qu'il vient de trouver la réponse à la question silencieuse qu'il ne cesse de se poser depuis qu'il est revenu : pourquoi les insomnies ? Il aurait pu mettre cela sur le compte de sa dispute avec Wilhem mais les choses se sont arrangées entre les jumeaux. Jyreese, en rentrant de Byblos, a décidé d'aller s'excuser pour la façon dont il a traité son jumeau avant leur départ, il a enfin pu parler davantage librement, se confier totalement et nul doute que cela l'a libéré d'un certain poids et depuis, les choses vont aussi bien que possibles entre les jumeaux Ordo. Il aurait pu aussi mettre cela sur le compte de ce travail dont il se lasse, cette vie dont il se lasse et peut-être que cela joue mais maintenant qu'il a du mal à respirer, maintenant qu'il réfléchit à la façon dont ses crises d'asthmes sont plus fréquentes depuis son retour il peut faire le lien oui. Il le peut. Pas de retour possible sur Byblos à cause de sa santé et c'est ça qui le ronge dans le fond parce que quelle bouffée d'oxygène ça a été ce voyage... Même si physiquement cela a été éprouvant, même s'il a bien failli y passer, Byblos a été la pause dont il avait besoin. Il a pu, l'espace d'un moment, devenir un autre homme, sans pour autant redevenir celui qu'il était avant car il ne le redeviendra jamais mais cette lueur d'espoir qu'il espérait il a réussi à la voir. Il a réussi, lui, à se voir un peu autrement. Un peu. Et c'est déjà tellement mieux que rien... Et puis il est rentré. De nouveau face à cette vie qui n'est pas la sienne, à ce lui qui n'est pas vraiment lui. Du mal à se retrouver, à retrouver cette étincelle qui a été allumée sur Byblos. D'où les insomnies, provoquées en réalité par cette anxiété de ne jamais réussir à remettre la main sur ce qu'il a pu trouver là-bas.

Et s'il était condamné à rester ce Jyreese-là ?

La pensée le fait soupirer et il termine par se relever complètement. Il enfile un pantalon, un t-shirt noir et sa main se referme sur son bonnet. Il hésite. Longuement même. Puis il termine par le mettre sur sa tête. Il n'arrive pas à s'en défaire. Sur Byblos, il a réussi à un moment donné à ne pas le porter. Quelques heures en fait et c'était déjà beaucoup pour lui mais il se souvient de la sensation, de ce poids retiré, de ce lui retrouvé. Impossible de faire pareil ici. Impossible. Il quitte sa cabine qui, si jusqu'à présent lui convenait par son étroitesse, l'étouffe à présent. Il a besoin d'air, même artificiel, même si ce n'est que l'air des grands couloirs du vaisseau. Il marche, ne croise finalement que peu de personnes la nuit étant déjà bien entamée. Une des nombreuses fresques termine par attirer son attention et il s'arrête de marcher. Il observe longuement, laisse ses prunelles vagabonder sur les formes, se perdre dans les dédales de couleurs et sa main termine par venir redessiner quelques traits, un petit sourire sur ses lèvres. Les couleurs lui font du bien. Lui qui vit tellement dans la noirceur. Lui qui sombre alors qu'il essaye pourtant de garder la tête hors de l'eau. Il voudrait pouvoir remettre des couleurs dans son existence. Il voudrait... Tout simplement redonner un sens à sa vie. Il voudrait bien oui. Des bruits de pas sur sa droite et sa main quitte aussitôt le mur, comme s'il avait « honte » qu'on puisse le surprendre en train de rêver à de la lumière, à de la couleur. Les prunelles azur se posent alors sur une silhouette féminine. Il esquisse un sourire poli et a un geste pour se reculer un peu afin de faire de la place si jamais elle souhaite passer. Il faut dire qu'il est arrêté en plein milieu du passage assez étroit. Sauf qu'il s'arrête dans son geste Jyreese. Il se fige parce qu'en réalité, il lui suffit juste d'une seconde supplémentaire à observer le visage à la lueur des faibles lumières artificielles nocturnes du Columbiad pour le reconnaître ce visage. Et cela lui suffit ce moment, pour se retrouver plongé dans le passé qui pourtant a un goût amer de présent. Sa main se porte instinctivement à sa prothèse avant qu'il ne se retrouve le cul par terre, incapable de tenir debout plus longtemps. Et il n'est plus là. Non. Il est de nouveau là-bas. Sur le Lady Grace. Il est au cœur du froid, de ce froid si saisissant qu'il vous ronge de l'intérieur au quotidien. Ce froid si saisissant qu'il gèle et détruit ce qu'il restait de vous avant votre condamnation. Il est de nouveau écrasé sous cette machine, la jambe broyée, le souffle coupé par la douleur. Il en hurle Jyreese, dans ce couloir où deux âmes perdues se sont retrouvées ce soir. Il en hurle. Parce qu'il est soudain replongé dans ce passé encore bien trop vif à son goût. Il ne voit plus rien que ce qu'il voyait quand il a failli mourir ce jour-là, loin des siens.

Il ne voit plus rien.





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MessageSujet: (#) Re: I want to dream in technicolor. [Jymay]     Dim 1 Juil - 21:59
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Âge : trente-quatre ans, quelque chose comme ça. ça n'a pas d'importance.
Occupation : officiellement, elle est secouriste. officieusement, bras droit de willem et son réseau illégal.
Habitation : petite cabine du regina mercy trop étroite pour être partagée avec un byblien.
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Sous elle, elle entend la respiration calme et régulière de Galina, déjà assoupie depuis bien longtemps. Elle tente de s'y caler, par habitude : d'ordinaire quand elle ne parvenait pas à fermer l'oeil, copier le rythme de sa meilleure amie l'aidait à s'apaiser et finissait par l'endormir avec plus ou moins de rapidité. Cette fois-ci, son regard ne se ferme pas et continue de fixer durement le plafond de ses minuscules quartiers partagés. Cette fois-ci, la respiration de son amie l'angoisse, l'énerve même et quelque part May la jalouse ce soir : Galina s'était endormir la conscience tranquille. May, elle, n'y arrivait pas. Ses yeux sombres se perdent sur le plafond qui devient la toile de ses inquiétudes, elle y voit le visage de la femme qu'elle avait perdu ce matin. Elle entend les pleures de sa famille inconsolable. Victime du Jeanne D'Arc qu'ils avaient cru sauver mais qui avait doucement succombé à son propre coma. Et c'est la colère qui gronde, nourrie par l'impuissance, l'incompréhension. La jeune femme soupire, las, puis se tourne sur le côté face au mur contre lequel est vissé le lit superposé des deux amies. Elle ferme les yeux un instant, mais les réouvre quand elle se rend compte que c'est peine perdue. Le sommeil, elle n'y croit plus alors elle décide de descendre doucement l'échelle. Sa discrétion n'est pas vraiment efficace et Galina lui marmonne une phrase qu'elle ne prend pas le temps de déchiffrer, se doutant très bien ce qu'aurait pu dire la belle. Chut, rendors-toi. chuchote-t-elle, sans explication en s'étirant brièvement. Elle ne pouvait pas rester là, entre ses draps, à ressasser quelque chose sur laquelle elle n'avait plus de pouvoir et elle savait au fond que la seule solution c'était de se fatiguer elle-même. Marcher, courir, n'importe quoi. La fatigue physique c'était parfois le meilleur des remèdes pour oublier ses fautes. Ça et l'alcool. Alors elle enfila un short noir, garda son t-shirt blanc et attrapa des baskets sans vraiment se motiver à courir. À la place lorsqu'elle sortie, elle entama de marcher doucement : elle ferait le tour de la flotte à pieds s'il le faudrait.

Surement, elle arriva jusque dans les couloirs du Columbiad où elle flâna avec plus d'entrain. C'était surement le plus beau des vaisseaux parce que le plus décoré pour oublier les murs métalliques. Les familles s'étaient donné le mot pour y vivre et l'ambiance y était toujours légère, insouciante. Un luxe que May avait rarement eu la chance d'avoir, du moins, avant d'arriver sur la flotte. Certainement sa plus belle décision. Dans un soupire, elle tourna à droite sans réfléchir où cela pourrait la mener : son but n'était pas de savoir où elle allait, mais de se perdre dans les couloirs pour alourdir ses muscles, puis ses paupières. Mais contrairement aux passages qu'elle avait pris jusqu'ici, ce n'est pas le vide qui l'accueilli mais une silhouette qu'elle reconnu dans un souvenir lui revenant d'un coup. Le Lady Grace, un sauvetage comme un autre (malheureusement) mais son visage lui était longtemps resté en tête. Et si son nom lui échappait toujours, May se souvenait de sa décision qu'elle n'avait pas compris : rentrer purger sa peine, quand on lui offrait la liberté face à sa perte. Elle n'avait pas compris, ne comprenait toujours pas mais la noblesse du choix l'avait marqué. La noblesse et le regard triste, décidé. Et le voilà enfin libre, visiblement pour de bon. Elle le fixe à peine, surprise dans le petit couloir et s'apprête à continuer sa route dans un sourire en guise de remerciement mais le silence du Columbiad est bientôt brisé à plusieurs reprises. D'abord par la chute du géant qui s'effondre, ravivant ses réflexes de secouriste (elle se précipite à sa hauteur) puis par le hurlement qui lui brise le coeur. Un coeur qu'elle n'a de cesse de protéger, barrière après barrière et face au mal qu'il lui fait de crier ainsi elle plaque sa main sur la bouche du colosse pour le faire taire. Après tout, c'est la nuit, les gens dorment. Et le tact, May y est presque étrangère. Son autre main vient attraper son épaule et la serrer cette-fois plus doucement tandis qu'elle tente de récupérer l'attention de l'ancien prisonnier.

Shh. souffle-t-elle. Shh. qu'elle continue sans enlever sa main dans un chuchot qui se veut presque rassurant. Regarde moi. c'est dit tout bas, mais avec toute son assurance. Elle se doute quelque part que le prisonnier est en prise d'une crise : laquelle, elle ne sait pas bien. Tout ce qu'elle sait, à présent, c'est qu'il faut qu'il se calme pour les autres, qui ne vont pas tarder à appeler la milice, pour elle, mais aussi pour lui-même. Il n'écoute pas, trop loin. Alors elle appuie un peu plus sa main dans un rappel qu'elle s'adresse bien à lui. Hé ! Regarde moi. dit-elle avec plus de sévérité cette-fois. May avait déjà vu des militaires pris par des crises, de celles qui leur rappellent des moments trop douloureux. Alors quelque chose lui dit que le prisonnier ne doit pas être si différent des légionnaires qu'elle avait déjà rencontré. Ce n'est que lorsqu'elle croise son regard pour de bon, qu'elle happe ses billes bleues que May s'adresse à lui avec moins de froideur, sa voix plus patiente. Tu es là. lui glisse-t-elle alors. Tout va bien.

Couloirs du Columbiad, 29 juin 2227.
May parle en 993333





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MessageSujet: (#) Re: I want to dream in technicolor. [Jymay]     Lun 2 Juil - 17:48
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Le retour en arrière est bien trop brutal pour qu’il puisse le supporter. Alors oui il s’effondre. Oui il se perd dans des souvenirs qui sont encore bien vifs, puissants, violents. Aussi violents que l’accident l’a été. Aussi douloureux que la perte de sa jambe l’a été. Parce qu’il s’en souvient bien de la douleur. Il ne s’en souvient que trop bien même. C’est tellement insupportable que ça fait s’accélérer son rythme cardiaque parce qu’il est là-bas. Il y est. Il a basculé bien loin en arrière et sans rien pour le ramener à la réalité, il ne peut qu’y rester enfermé. Rester bloqué au cœur de cette douleur et de ce froid qui bien que glacial ne peut pas atténuer la douleur. Pas celle-là non. C’est pour ça que le hurlement s’échappe encore et encore de sa bouche. Il voudrait que ça s’arrête. Que quelqu’un fasse quelque chose pour la douleur. Pour le soulager. Qu’on m’achève. Tant pis qu’on m’achève… Puis, au milieu de la douleur il la voit. Elle. Il réalise que sa main est plaquée contre sa bouche pour le faire taire mais le hurlement reste, persiste. Trop mal. Beaucoup trop mal. La pression sur son épaule n’y fait rien non plus. Les larmes lui brouillent bientôt la vue et sa main vient se poser sur le poignet de la jeune femme. Et ça serre, ça serre. Parce qu’il n’y a qu’elle qui est là. Il ne peut s’accrocher qu’à elle. A travers ses larmes, par-dessus son hurlement étouffé par la main toujours plaquée contre ses lèvres, il termine par entendre sa voix et il obéit, plonge son regard voilé de larmes dans le sien. Il la regarde. Il la fixe. Le hurlement se transforme au fil des secondes en un gémissement plaintif et pitoyable. Aussi pitoyable qu’il peut l’être à sombrer subitement de cette façon car il a sombré oui. Il a sombré. Alors que les cordes vocales cessent au fil des secondes de fonctionner, alors que plus aucun son ne s’échappe de ses lèvres, alors qu’il réalise de seconde en seconde qu’il n’est pas là-bas il comprend qu’il a sombré. Il comprend qu’il est là, qu’il n’est pas là-bas. Mais ce « Tout va bien. » ne lui apporte aucune paix, bien qu’il soit à présent capable de comprendre où il se trouve et ce qu’il vient de se passer. Non, ces quelques mots ne lui apporte aucune paix car tout ne va pas bien. La preuve en est ce qu’il vient de se passer. Est-ce que quelqu’un qui va bien réagirait de cette façon ? Certainement pas non. Conscient qu’il est dans le présent, il n’est pas moins écorché vif sur le moment Jyreese. Alors, il secoue doucement la tête de droite à gauche quand la jeune femme ose retirer sa main, jugeant sans doute qu’il en a terminé de hurler, qu’il a repris conscience de l’endroit où il se trouve. Et il pourrait lui dire qu’il ne va pas bien, il pourrait lui dire que sa jambe disparue lui fait en cet instant un mal de chien mais il se contente de presser un peu plus le poignet avant de baisser le visage tout en essayant de reprendre sa respiration pour lui éviter une crise qui n’est pas très loin.

« Désolé… » qu’il souffle finalement tout bas, la voix cassée d’avoir tant hurlé même contre la main plaquée, la respiration encore beaucoup trop anarchique alors qu’il n’a en plus pas pris son inhalateur.

Il est désolé oui, d’avoir craqué de cette façon, de s’être perdu de cette façon. Il est désolé de lui avoir offert ce minable spectacle. Il est désolé. Il l’est encore plus parce qu’il aurait voulu que sa première réaction ne soit pas celle-là. Il aurait voulu se rappeler d’elle et lui dire ce mot qu’il n’a pas eu l’occasion de lui dire ni là-bas, ni après. Ce « Merci » car elle lui a sauvé la vie. Elle a été la première à s’occuper de lui. Sans elle, il ne serait plus là. Il le sait. Il l’a toujours su et cette nuit, le karma ou le destin, ou peu importe ce dont il s’agit, l’a mise sur son chemin. Pourtant il n’a pas pu dire merci. Il n’a pas su dire merci. Son esprit l’a immédiatement renvoyé à cet instant si terrible de son existence.

« Désolé… » qu’il répète une seconde fois en osant finalement relever son regard encore voilé de larmes vers la secouriste. Sa main termine par lâcher le poignet de la jeune femme, lorsqu’il se rend compte que sa main n’a finalement plus rien à faire là. Il noue nerveusement ses doigts sur ses cuisses et pourrait tenter d’esquisser un geste pour se relever mais il n’en a en vérité pas la force, tant parce que  ce qu’il vient de se passer l’a vidé, que ça ait été bref ne change rien à l’intensité de ce qu’il vient de vivre (c’est une première qui plus est, il espère une dernière), que parce qu’il a mal à cette jambe qui n’existe plus. Il observe la jeune femme un instant et ses lèvres terminent par s’étirer en un petit sourire triste. Et désolé aussi oui. « T’as pas de chance quand tu tombes sur moi… Une jambe broyée… Une crise de panique… » Cela pourrait être de l’humour mais ce n’en est même pas. C’est juste une constatation à la limite du déplorable en fait. « La prochaine fois tu m’éviteras peut-être de me jeter dans le vide de l’espace. » Et au moment où il prononce les mots il a conscience que ça lui a traversé l’esprit et ce plus d’une fois. Mais les mots sont déplacés. Alors… « Désolé. » Pour la troisième fois.

Et la douleur se fait plus vive. Il suffit d’un bref instant pour qu’elle s’amplifie au point de l’en faire grimacer, gémir un peu de douleur même et lui faire crisper ses doigts sur le pantalon par-dessus la prothèse qui pourtant ne lui fait aucun mal. La respiration s’accélère encore un peu. Trop. Beaucoup trop. Et c’est un regard finalement paniqué qu’il replonge dans celui de la secouriste.

Il est là mais c’est loin d’être simple d’être là.






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MessageSujet: (#) Re: I want to dream in technicolor. [Jymay]     Lun 2 Juil - 20:33
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Les cris s'étouffent peu à peu sous sa main, laissent place à des plaintes, des soupires moins bruyants mais plus déchirant. Son coeur se serre mais elle n'y prête pas attention parce que cela fait bien longtemps qu'elle a appris à se détacher du malheur des autres. C'est parfois plus dur, ça la suit la nuit des fois comme ce soir mais elle garde la tête haute et avance. Les faibles, ça ne survit pas longtemps et cette rudesse d'esprit ne la quitte pas. On l'a sculptée dans le marbre, le fer, May. Elle n'est pas prête de céder, ne le conçoit même pas à vrai dire : là est surement son problème. Elle s'en mordra les doigts un jour, de tout garder en soit, de bouillir sans imploser. Mais ce jour n'est pas encore là. Pour le moment. Celui qui se dessine devant elle happe son regard enfin, et l'océan dont elle se rappelle est tout aussi ravagé que lors de l'incident où il peinait à garder les yeux ouverts. Il déborde, c'est le déluge qui vient déferler goutte après goutte sur ses doigts hâlés sans qu'elle ne bronche ou n'enlève sa main de contre sa bouche. Il faut qu'il se taise, d'abord. Qu'elle soit sûre qu'il ne criera pas encore.

Sa main autour de son poignet la gêne. Elle n'a qu'une envie : s'en défaire, mais attend le bon moment pour s'en extirper elle-même. Si elle se doute qu'il ne lui veut pas de mal, il y a toujours cette petite voix qui lui somme de se méfier même du plus sans défense des hommes. Un animal blessé n'oublie jamais les coups qu'on lui a donné, c'est écrit dans ses veines, marqué sur sa peau. May n'est pas si différente. Et si elle ne se défait pas de sa prise en premier lieu, elle finit par retirer tout de même sa main de ses lèvres jugeant que le colosse était suffisamment lucide pour se taire. « Désolé… » d'abord. La voix cassé, fatiguée. May ne dit rien, ignore son excuse qu'elle ne cherchait pas de toute façon. Elle se contente de se reculer, s'assoir sur ses genoux dans une position pas vraiment naturelle à cause de cette foutue main autour de son poignet. Contact qu'elle n'arrive pas à ignorer, lui et qui tourne en boucle entre ses tempes. « Désolé… » une seconde fois, qui la fait froncer des sourcils. Elle écoute à peine, son attention s'est tournée (obsessive) sur la main qui l'enserre et sur laquelle elle n'a pas de pouvoir. Ce contact qu'elle ne veut pas et qui finit par devenir tout ce à quoi elle pense à défaut de se concentrer sur celui qui lui parle. Quand il finit par la lâcher, May rabat son poignet contre sa poitrine si vite qu'on aurait presque dit que le contact l'avait brûlée. Elle enserre à son tour son propre poignet là où il avait clos ses doigts pur y laisser sa trace à elle plutôt que son contact à lui. Elle tente, consciemment ou non, d'effacer la sensation en y apposant sa propre peau. C'est con, c'est tout ce qu'elle trouve à faire alors qu'elle finit par s'assoir plus confortablement par terre, les pliés presque contre sa poitrine. Elle n'a pas encore décroché de mot et se contente de l'observer lentement reprendre conscience de la réalité, le lieu, l'heure, sa compagnie. Il y a un sourire auquel elle ne répond pas instinctivement, comme si elle avait manqué le mémo que ces derniers étaient généralement communicatifs. « T’as pas de chance quand tu tombes sur moi… Une jambe broyée… Une crise de panique… » elle arque un sourcil, surprise qu'il la reconnaisse elle qui s'était attendue à ce que le choc de la catastrophe obscurcisse son visage de ses souvenirs. Quelque part, elle en est touchée même mais ne se l'avoue pas préférant se concentrer sur le visage de l'ancien prisonnier, son prénom aux bords des lèvres. « La prochaine fois tu m’éviteras peut-être de me jeter dans le vide de l’espace. » un rire lui échappe (couvrant l'énième excuse du type), même s'il ressemble plus à un soupire incontrôlé sur le moment. Elle retient cependant la crise de panique, notant dans un coin de sa tête qu'il y était visiblement suffisamment sujet pour savoir exactement de quoi il en retournait. Je n'fais pas de miracle. trouva-t-elle à répondre à ce qu'elle considérait être une plaisanterie, sans savoir qu'il était à moitié sérieux. Mais on va peut-être éviter d'en arriver là, hein. finit-elle par dire dans un haussement d'épaule, sa main massant toujours son poignet pour en effacer le souvenir de celle plus rugueuse du prisonnier sur sa peau. Elle pensa à lui demander son prénom, incapable de s'en souvenir, mais remarqua que quelque chose semblait le gêner quand son visage se changea en grimace. Il lui suffit de suivre son regard pour constater de ses mains crispées autour d'une de ses jambes et lorsqu'elle releva les yeux vers son visage ce ne fut que pour y trouver un appel à l'aide silencieux. Mais elle ne faisait pas de miracle. Ses lèvres se pincèrent, réfléchissant rapidement comme sur son lieu de travail à la solution la plus efficace : sa dureté avait toujours eu du bon, car là où d'autres hésitaient, May ne se laissait jamais aller à ce genre de perte de temps. Douleurs fantômes ? demanda-t-elle sans attendre de réponse. Et s'il s'était attendu à ce qu'elle l'aide à se relaxer, à ce qu'elle lui tienne la main, la brune était faites de fer plus que de porcelaine ou d'ivoire. Tapant sur ses genoux comme pour se motiver à se lever elle-même, May se releva immédiatement. Ok, il faut que tu te lèves, viens. et ce qu'elle lui demandait (elle le savait) n'était pas la chose la plus simple, ni la solution la plus facile. Mais marcher enverrait des signaux à son cerveau plus facilement et rapidement qu'une séance de relaxation. Ce serait dur. Mais efficace. Ce serait elle, en quelque sorte. Elle ne lui proposa pas sa main, consciente qu'il la refuserait surement tout comme il lui ferait croire ne pas pouvoir se lever. Mais elle ne mangeait pas de se pain là, elle avait vu des hommes faire l'impossible et c'est en l'impossible qu'elle croyait toujours. Alors au lieu de lui proposer son aide, elle se baissa pour attraper son bras, caler les sien sous son aisselle et entama de l'obliger à se lever. Il faut que tu marches pour que ton cerveau comprenne que c'est ta jambe, et que celle-ci va bien. expliqua-t-elle en grognant, incapable de le tirer debout sans qu'il ne décide de lui obéir. Allez, debout. elle se fit plus pressente, de peur qu'il ne sombre à nouveau dans une crise de panique, et l'espace d'un instant elle se félicita d'être passée par là. Surement qu'une autre personne aurait paniqué en découvrant le barbu dans cet état là. Cependant, une autre personne ne lui aurait pas provoqué de crise, aussi.

Couloirs du Columbiad, 29 juin 2227.
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Jyreese par en 387896





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MessageSujet: (#) Re: I want to dream in technicolor. [Jymay]     Sam 7 Juil - 16:22
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Pourquoi si mal ? Comment son corps peut-il lui faire subir cela ? Comment son cerveau parvient-il à lui faire croire qu'il a encore sa jambe et qu'elle fait terriblement mal ? C'est scientifique et en même temps pas véritablement expliqué mais cela existe depuis bien longtemps et cela existe encore. Il y a pourtant eu tellement d'avancées technologiques mais le cerveau reste un organe encore mystérieux au point que les scientifiques sont incapables de faire disparaître ce syndrome du membre fantôme. Ce ne serait pourtant pas de refus que de pouvoir se débarrasser de ça tant c'est douloureux, tant c'est inconstant, tant ça peut rendre instable. Jyreese, en cet instant, il l'est instable oui. Il est paumé dans les tréfonds de cette douleur fulgurante qui lui donnerait presque envie de mourir. Presque. Mais dans le fond il n'a pas envie de mourir Jyreese. Il aimerait au contraire vivre à défaut de survivre mais ça lui semble tellement impossible à bien des égards et bien souvent... Alors il est désespéré. En cet instant, il est désespéré et il abandonne un peu. Beaucoup. Complètement en réalité même si silencieusement il crie à l'aide, il abandonne parce que de toutes les façons, une supplication silencieuse ne peut rien changer. S'il ne formule pas à voix haute ce dont il a besoin, ce qu'il veut, la secouriste ne pourra pas l'aider. Personne ne pourra pas l'aider. Une partie de lui de veut même pas d'aide en réalité et c'est sans doute pour cela qu'il ne dit rien qui pourrait permettre à la secouriste de faire ce qu'elle sait faire : aider, soulager, sauver même. Le sauver lui. Il dérape Jyreese. Il bascule doucement, tout doucement, et c'est la voix de la secouriste qui lui permet de se redresser un peu, de ne pas plonger totalement. « Douleurs fantômes ? » qu'elle demande et il se surprend à ne rien répondre et à ne pas bouger. Elle a compris alors pourquoi confirmer ? Il est idiot. Tout bonnement idiot de ne pas faire l'effort mais c'est ainsi. Parce qu'il a lâché prise. Parce qu'il se laisse en cet instant totalement bouffer par ces douleurs fantômes et qu'il en vient presque à espérer qu'elle vont le dévorer jusqu'à ne plus rien laisser de lui. Alors ce bruit sec quand elle claque ses mains sur ses cuisses fait presque sursauter Jyreese. En tout cas ça le fait cligner plusieurs fois des yeux. Et voilà qu'elle lui annonce qu'il doit se lever. Se mettre debout.

Non.
Non.
Son corps et son esprit le lui répètent.
Non.

Parce qu'il s'en sent parfaitement incapable en réalité là, tout de suite. Il a trop mal, beaucoup trop mal pour se mettre debout. Donc il ne bouge pas Jyreese. Il reste là, le cul par terre, pétrifié par sa propre douleur et s'y complaisant sans doute un peu également oui. Oui... Et parce qu'il s'y complaît et que finalement il n'est pas si mal là, quand la secourise se rapproche soudain de lui et va au contact, il sursaute Jyreese, se contracte et fronce les sourcils en écarquillant à moitié les yeux. Des yeux qu'il pose sur la secouriste alors qu'elle glisse ses bras sous ses aisselles pour essayer de l'obliger à se lever. Qu'elle essaye donc vu la différence de taille et de gabaris... Jyreese ne bouge toujours pas. Il reste encore sous la surprise, non, sous le choc de ce geste de la secouriste, de ce forcing qu'elle a décidé d'entreprendre avec lui. C'est une première. Puis viennent des mots qui expliquent son geste, des mots prononcés ceci dit d'une telle manière que Jyreese saisit bien qu'elle n'apprécie pas son manque de coopération. Puis viens l'ordre. Ce « Allez, debout. » alors qu'elle se fait plus pressante contre lui. Il la regarde un instant toujours sans bouger mais dans son esprit, quelque chose est déjà en train de prendre forme et ça gonfle vite, très vite. Il ne faut que quelques secondes à Jyreese pour réaliser qu'il s'agit de volonté ou même de détermination. C'est ce qu'avec son geste, quoi que surprenant, et ses mots, la secouriste vient de lui transmettre. Est-ce que c'était en lui et juste endormi ? Très probablement mais seul il n'y serait pas parvenu, à n'en pas douter. Ce qu'il se passe ensuite, il ne le contrôle pas vraiment. C'est cette nouvelle détermination qui s'en occupe. Il sent son visage se modifier, se parer de cette dite détermination alors que ses paluches viennent s'accrocher aux épaules de la secouriste, parce que même s'il a physiquement totalement la force de se lever, son cerveau lui envoie d'autres signaux pour le moment et il a toujours mal et il ne parvient pas à passer au-dessus.

« Ok. » qu'il souffle dans sa barbe. « Je te suis à trois ? »

Parce qu'il faut qu'ils s'accordent sinon il risque bien de lui tomber dessus de tout son poids. Un hochement de tête de l'un comme de l'autre et ils comptent ensemble dans un murmure. Vient finalement le « trois » et Jyreese prend appui sur sa jambe « valide » tout s'appuyant sur les épaules de la secouristes qui l'aide à se redresser, non sans grogner. « Désolé. » qu'il ajoute encore une fois mais ça n'a plus la même signification parce qu'il esquisse un petit sourire d'excuse, moins teinté de tristesse. Il a conscience de sa taille, de son poids, et qu'elle doit fournir un effort pour qu'ils terminent par se retrouver debout. Et une fois que c'est fait, Jyreese aimerait pouvoir la lâcher, ne plus avoir à s'appuyer sur elle mais sa jambe lui fait toujours terriblement mal et son visage se tord de nouveau sous la douleur. Il essaye de respirer correctement, d'inspirer par le nez, d'expirer par la bouche mais c'est difficile. C'est la secouriste qui là encore est d'une aide précieuse puisqu'elle n'attend pas  et qu'elle passe un bras autour de la taille de l'ancien légionnaire et lui colle ses gestes à ceux de la jeune femme pour passer son bras autour de ses épaules si bien qu'elle peut venir se saisir de son poignet à lui pour être certaine qu'il tient bien debout. Et ils marchent dans ce couloir étroit. Un premier pas. Il gémit de douleur. Un second pas et une autre plainte de douleur. Et c'est difficile d'avancer. Très difficile tant il a l'impression que sa jambe va céder sous son poids tant il a mal. « Je m'appelle Jyreese au fait. Et toi ? » Et s'il se met à faire la conversation, ce n'est pas simplement parce qu'il est sincèrement curieux de connaître le prénom de celle qui pour la deuxième fois lui vient en aide. C'est pour se focaliser sur autre chose que la douleur en espérant que son cerveau va finir par comprendre, comme la secouriste l'a dit, que sa prothèse est là et qu'elle n'est pas douloureuse.

Il l'espère oui parce que pour le moment, ce n'est pas gagné.





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MessageSujet: (#) Re: I want to dream in technicolor. [Jymay]     Sam 7 Juil - 17:53
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Occupation : officiellement, elle est secouriste. officieusement, bras droit de willem et son réseau illégal.
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Arrivée : il y a quatre ans, c'est si frais et en même temps si peu dans sa vie.
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Il lui fallut du temps pour finir par accepeter ce qu'elle lui demandait. Un temps qu'elle n'avait pas, finalement, car la chute était toujours proche et que l'ex-prisonnier pouvait à tout moment céder à la douleur et sa folie rassurante. Alors elle se fait pressante, intransigeante et cela a l'air de réveiller l'homme qu'elle tire à bout de bras non sans froncer des sourcils d'agacement. Il finit enfin par céder, dans un « Ok. Je te suis à trois ? » presque plus grommelé que soufflé. Elle acquiesce en silence, non sans l'ombre d'un sourire satisfait sur ses lèvres tandis qu'elle souffle avec lui un premier Un. , suivi d'un Deux. où elle serre sa prise autour de lui. Le trois est étouffé dans un grognement partagé, de douleur d'une part comme de l'autre car elle ne l'avait pas vu longtemps debout et sous-estimait peut-être sa taille, son poids. Une fois debout, elle tangue, surprise par sa silhouette dans laquelle elle disparait presque et il lui faut piétiner plusieurs fois pour retrouver son équilibre. Il s'excuse, surement avait-il vu ses pas incertains mais cette fois le « Désolé. » du géant est plus léger et elle lève les yeux vers lui juste à temps pour y voir la fin d'un sourire disparaître sur ses lèvres. Elle y répond à peine, autant que sa nature le lui permette et passe une main autour de sa taille pour le maintenir debout. Cela lui demande beaucoup d'efforts et elle doit planter ses pieds dans le sol autant que possible pour ne pas piétiner à nouveau : elle qui s'était tirée de ses draps pour chercher à se fatiguer n'aurait pas imaginer de plus efficace situation pour ce faire. Pourtant, son attention est toute tournée vers l'ex-prisonnier, son état, sa respiration par déformation professionnelle (une déformation bienvenue cette nuit). Il galère, elle l'entend au bord d'hyperventiler pour parer à la douleur qu'il devait ressentir à cause d'elle. May ne se sentait pas coupable pour autant, au contraire c'était à ses yeux un mal pour un bien et d'ici quelques minutes son corps comprendrait que sa jambe n'était plus et que celle-ci ne ressentait rien. Respire plus calmement. demanda-t-elle un peu trop froidement peut-être et la secouriste faisait des efforts aujourd'hui pour s'adoucir sur une flotte où elle n'avait pas besoin d'être aussi dure. Alors elle ajoute. Comme s'il y avait une bougie devant toi qu'il ne fallait pas éteindre. Ok ? Un conseil qu'elle répétait à ses patients et qu'elle avait appris sur Keller par celle qui avait été son mentor avant de définitivement disparaître. Son décès provoquant sa venue sur la flotte.

Quand il passe son bras autour de ses épaules, celles-ci se contractent et se crispent comme toujours lorsqu'on l'approche sans prévenir, sans qu'elle ne s'y attendre assurément. Pourtant, elle ne se dégage pas de sa prise et le laisse s'appuyer sur elle, attrapant même son poignet pour le tenir. Là était certainement l'aspect de son métier auquel elle avait du mal à s'habituer le plus : parce que lorsqu'elle venait en aide aux autres, on se permettait souvent de la toucher sans lui demander son avis. Un contact qui la rendait mal à l'aise mais avec lequel elle devait vivre avec plus ou moins de succès. Les pas s'enchaînent les uns après les autres dans des plaintes de douleur de son binôme qu'elle écoute autant qu'elle ignore : elle reste attentive, mais tente de faire abstraction aussi chaque gémissement lui serrant un peu trop le coeur à son goût.  « Je m'appelle Jyreese au fait. Et toi ? » La question l'arrête presque dans son avancée tant elle sort de nul part. Mais elle note quelque part dans son esprit son prénom qu'elle avait eu sur le bout de la langue depuis trop longtemps. May. répond-t-elle succinctement. Elle ne renchérit pas d'une autre question, généralement peu avare des conversations qui meublent plus qu'autre chose. Mais le silence laisse place aux gémissements à nouveau, trop pesants pour qu'elle ne comprenne pas que s'il lui avait demandé son nom c'était pour s'occuper l'esprit. Si elle avait été au travail, sans doute qu'elle l'aurait ignoré et ne s'y serait pas pliée mais au milieu des couloirs il n'y avait qu'eux cette fois et hors de l'uniforme May se faisait plus conciliante. Je suis surprise que tu m'ai reconnue. Généralement les gens ne se souviennent pas des visages des secouristes. souffla-t-elle entre deux efforts. Sentant la taille de Jyreese s'éloigner, May leva les yeux vers lui pour étudier son visage. Ça va ? Mais peut-être au mauvais moment, distraite elle avait mal calculé leur marche et se prit le coin d'un mur (non sans une plainte plus surprise que douloureuse) dans l'épaule alors qu'ils tournaient vers une place où se trouvaient des bancs face à de grandes ouvertures vers le vide de l'espace.

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MessageSujet: (#) Re: I want to dream in technicolor. [Jymay]     Dim 8 Juil - 17:21
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Âge : 35 ans même s'il en paraît plus, abîmé qu'il est par ses deux années passées sur le Lady Grace.
Occupation : Sergent légionnaire & pilote. En période probatoire.
Habitation : Sur le Columbiad dans une cabine assez spacieuse pour lui et sa fille adoptive, Sanah.
Arrivée : En 2200. Il avait à peine 8 ans quand il a quitté la Terre. On a suivi maman et papa. Les souvenirs de la Terre s'effritent au fil du temps. Un peu trop à son goût.
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Respirer comme s'il soufflait sur une bougie. Petit hochement positif de la tête. Il s'imprègne de ce conseil, s'y essaye. Il ouvre juste un peu la bouche, laisse un faible souffle s'échapper d'entre ses lèvres après avoir inspiré par le nez tout en essayant de ne plus se focaliser sur la douleur. Si cela fonctionne ? Plutôt bien car même si la douleur reste présente, elle se fait moins oppressante et sa respiration se calme au fil des secondes. Est-ce qu'il saurait remettre en pratique ce conseil une fois seul ? Rien n'est moins certain mais de toutes les façons, pour le moment, il n'est pas seul. Pour le moment... May est là. May, prénom dont Jyreese finit par avoir connaissance quand elle daigne lui répondre. Il se le répète intérieurement. May. Il essaye de s'accrocher à cette petite information tout juste récupérée, sur sa respiration qui se calme heureusement un petit peu mais la douleur revient soudainement se rappeler à lui. Il en gémit. La plainte sort de sa bouche sans qu'il puisse la contrôle, à croire que son corps a sauté sur l'occasion, a bondi sur cet instant de répit qui se profilait pour revenir à l'attaque. Ou son cerveau plus exactement puisqu'il a conscience que c'est bien son cerveau qui lui envoie de faux signaux et pourtant, il ne peut rien y faire, à part continuer à marcher, continuer d'essayer de se focaliser sur autre chose mais c'est loin d'être simple. Peut-être que May a conscience de cela. Peut-être est-ce pour cela qu'elle décide de briser le silence jusque-là simplement ponctué par les gémissements plaintifs de Jyreese. Ou peut-être a-t-elle véritablement envie de discuter avec lui. Peu importe dans le fond, ce qui compte, c'est qu'elle est là, qu'elle lui parle, qu'elle essaye de l'aider autant qu'elle le peut et il s'y accroche Jyreese à cette aide plus que bienvenue. Elle lui explique donc qu'elle est surprise qu'il l'ait reconnue puisque généralement les gens ne se souviennent pas des secouristes. Cela le surprend. Lui se souvient bien d'elle justement. C'est juste qu'il n'y pensait pas mais il a suffi d'un regard et oui, bien sûr qu'il se souvient. Sans véritablement y réfléchir, son cerveau et son corps semblant doucement commencer à être sur la même longueur d'ondes, Jyreese prend moins appui sur May, se détache un peu d'elle prenant ainsi davantage appui sur sa jambe qui lui fait de moins en moins mal. Sa respiration se calme encore un peu plus. La crise semble s'éloigner et c'est tant mieux. « Ça va ? » qu'elle lui demande et contre toute attente, c'est un « Oui » qui est prêt à franchir la barrière de ses lèvres. Il n'a cependant pas le temps de dire quoi que ce soit qu'il sent son corps vibrer quand l'épaule de May rencontre un coin de mur qu'elle n'avait pas vu. Lui non plus ne l'a pas vu, trop occupé à regarder ses pieds. En parlant de ses pieds, il prend bien appui dessus, plus particulièrement sur la jambe censée lui faire mal, alors qu'ils perdent l'équilibre. Sa main libre se pose contre la taille de May pour lui éviter de tomber et la main dont le poignet était tenu par May et qui l'a lâché quand elle s'est cognée vient s'accrocher à l'épaule de la secouriste là encore pour lui éviter de tomber. Leur éviter de tomber, tous les deux.

Puis un temps de flottement.

La presque chute a rapproché leurs corps et Jyreese observe May quelques instants avant de la lâcher brutalement. Peut-être à cause du voile qu'il a vu dans son regard. Peut-être parce qu'il lui a semblé qu'elle s'est farouchement crispée quand il a posé sa main sur sa taille.

« Pardon. Tu ne t'es pas fait mal ? »

Parce qu'elle s'est quand même cognée. Et là, il réalise Jyreese, qu'il se tient debout, seul, et qu'il n'a plus mal. Il en écarquille un peu les yeux avant de détourner son regard de May pour l'abaisser vers sa jambe, plus exactement vers la prothèse bien cachée sous son pantalon. Il attend, redoute la douleur qui ne revient cependant pas. Pas plus que sa difficulté à respirer ne revient. Il continue cependant de souffler tout doucement comme elle le lui a conseillé tout en esquissant un petit sourire. Il est... Soulagé.

« Merci. » qu'il souffle tout bas en relevant son regard vers May. « Pour ce soir et pour ce jour-là. » qu'il ajoute avec un air un peu plus grave, son sourire s'effaçant peu à peu. Il craint là encore d'être replongé dans une crise en parlant de ce fameux jour mais son cerveau semble à présent capable de différencier le passé du présent. Jyreese laisse échapper un bref soupir et recommence à marcher doucement en direction de la place qui s'offre à eux et qui offre surtout une vue imprenable sur le vide de l'espace. Un vide qui a un effet particulièrement contradictoire sur Jyreese : il est à la fois fasciné par toutes les étoiles qu'il lui est possible de voir et en même temps glacé par tout ce noir, par cette étendue infinie sans couleur. « On est si peu de choses... » C'est murmuré tout bas alors que son regard se perd dans le vide de l'espace avant qu'il ne vienne s'asseoir sur un banc. Il soulève un peu le bas de son pantalon pour regarder sa prothèse et se penche un peu en avant pour poser ses mains sur le métal froid. Il essaye de se focaliser sur cette sensation pour forcer son cerveau à se souvenir qu'il n'a plus de jambe pour lui faire mal. « C'est quand même dingue, ce que le cerveau peut faire. » Il continue de presser ses doigts sur sa cheville en métal. « On voyage dans l'espace depuis des années et pourtant, on n'est pas capable de guérir d'un syndrome du membre fantôme. » Tout ça le dépasse un peu en réalité, que l'on puisse faire tant d'avancées technologiques mais pourtant ne pas tant avancer que cela dans la médecine même si bien des avancées ont eu lieu, il en a conscience. Il reporte son regard sur May tout en lâchant sa cheville. Il la regarde un instant en silence avant de reprendre. « Je ne savais pas que je me souvenais de toi. J'y pensais pas en fait mais il a suffi que je te vois et... » Un autre petit silence. « Tu as été le premier visage que j'ai vu quand j'ai repris conscience là-bas. Tu étais déterminée et calme. Je me souviens de ton calme oui... C'était rassurant. » Il esquisse un nouveau sourire Jyreese, plus doux et on ne peut plus sincère. « Et tu as été le dernier visage que j'ai vu avant de reperdre connaissance. Je pourrai jamais t'oublier. » Non. Jamais. Et cet aveu, cette confession gêne tout à coup Jyreese qui détourne le regard pour s'intéresser de nouveau à la vue. « Tu aimes ça ? L'espace. »

Parce que lui, pas vraiment. Un peu mais pas tout le temps.





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MessageSujet: (#) Re: I want to dream in technicolor. [Jymay]     Dim 8 Juil - 23:50
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Le choc la fait reculer d'un pas, prise au dépourvu alors qu'elle avait simplement levé les yeux quelques secondes vers Jyreese en sentant sa silhouette s'éloigner. Et le poids du géant encore un peu dans les épaules, elle serait tombé si ça n'avait été pour les réflexes de l'ex-prisonnier qui à l'image du mur la prennent par surprise. En un instant surréaliste, elle sent sa main se glisser autour de sa taille tandis que celle qu'elle maintenait jusqu'à présent se cale sur son épaule. Le contact la surprend, et si une autre personne aurait certainement été troublée May ne l'est pas. Elle se crispe, se fige et là où Jyreese pose ses mains sa peau irradie soudainement. Comme toujours, son esprit lui joue des tours et même si le contact est innocent (même doux, finalement) elle ne peut que penser malgré elle à d'autres plus brutaux dont elle n'arrive pas à se défaire. Comme de vieux fantômes qui lui collent littéralement à la peau. Une ombre qui la suit constamment, lui fait redouter le moindre effleurement qui pourrait réveiller des souvenirs qu'elle peine à maintenir hors de portée. Alors ses mains s'agrippent aux bras de Jyreese presque avec violence dans un réflexe qui veut garder le barbu à distance, et elle n'a pas besoin de le pousser qu'il se dégage par lui-même brutalement. Avait-il senti son soudain mal-être ? Etait-il simplement gêné par la proximité qui s'était installée ? A vrai dire, elle pouvait presque sentir son souffle sur son visage et qu'il s'éloigne avait été un réel soulagement. Elle avait même reculé à son tour, installé une certaine distance qui avait été jusqu'ici presque inexistante faute à l'aide qu'elle lui avait apporté. « Pardon. Tu ne t'es pas fait mal ? » Il s'excuse, encore, toujours et May se demande si elle ne devrait pas le pointer du doigt. Mais elle n'en dit rien, son attention toute tournée vers les endroits où elle continue de sentir sa prise. Un frisson la parcoure, tandis qu'elle détourne le regard sans lui répondre malgré le ton honnêtement inquiet qu'il avait emprunté. Et honnête il l'est, elle le sait : après tout, qu'il reparte sur le Lady Grace malgré son accident l'avait toujours impressionnée. Mais sa nature méfiante, distante, prend le dessus. Ce n'est que lorsqu'il la remercie qu'elle repose son attention sur lui. Debout. Souriant.

« Merci. Pour ce soir et pour ce jour-là. » Et son sourire, bien que rare est communicatif. Elle se pince les lèvres, encore un peu ailleurs, cachant un rictus maladroitement. May se contente de secouer la tête de bas en haut, acquiesçant à ses remerciements sans chercher à la éviter à défaut de savoir réellement comment les accepter. Sans être humble, elle n'y était tout simplement pas habituée et répond timidement à son sourire en regardant ailleurs. Quand il s'éloigne vers les bancs, elle pense l'espace d'un instant à l'y laisser et continuer sa course à la fatigue, au sommeil. Mais quelque chose l'en empêche, sans savoir quoi. Alors au lieu de se volatiliser comme elle l'aurait fait avec n'importe qui d'autre, elle reste et l'observe s'assoir, se baisser. Peut-être était-ce l'aura qu'il dégageait, le mystère qui l'entourait fermement entrelacé avec la douleur qu'il lui inspirait. « C'est quand même dingue, ce que le cerveau peut faire. On voyage dans l'espace depuis des années et pourtant, on n'est pas capable de guérir d'un syndrome du membre fantôme. » Sans l'imiter, May finit par s'avancer elle aussi vers la place et les bancs bien qu'à l'instar de Jyresse elle les dépasse pour se planter quelques mètres plus loin près des baies vitrées. Dos au barbu, elle soupire, presque mauvaise et lui répond sans se tourner les yeux se perdant déjà dans l'immensité de l'espace. L'humanité a choisi de faire des progrès là où ça lui profiterait. qu'elle siffle, croisant ses bras sous sa poitrine. Les armes, les vaisseaux, certains aspects de la médecine avaient évolués. L'industrie aussi, considérablement. Pour le reste, on préférait se concentrer sur les brillantes avancées technologiques plutôt que sur les lacunes humaines que pouvaient être les droits de l'homme, oubliés depuis bien longtemps sur des planètes comme Merry Fields. Alors bien sûr, son ton est amer, pessimiste, parce qu'elle a plus longtemps vécu dans la misère de la galaxie plutôt qu'entre les trouvailles technologiques dont pouvaient jouir les stellariens sans se rendre compte de la chance qu'ils avaient.

« Je ne savais pas que je me souvenais de toi. J'y pensais pas en fait mais il a suffi que je te vois et... » A défaut de se crisper, elle s'immobilise un instant à nouveau prise de court par le chemin que prenait leur conversation. Elle ne s'y était pas attendu, n'y aurait pas cru si on lui avait dit qu'elle finirait ici au milieu de la nuit avec un presque parfait inconnu. Et elle tend l'oreille sans oser se tourner pour lui faire face. « Tu as été le premier visage que j'ai vu quand j'ai repris conscience là-bas. Tu étais déterminée et calme. Je me souviens de ton calme oui... C'était rassurant. » Même dos à lui, elle se pince les lèvres pour cacher un sourire visible pourtant seulement par les étoiles. Et ça lui fait chaud au coeur, quelque part, parce que ça n'était pas tous les jours qu'on lui disait de telles choses. Ses patients, comme ses collègues lui faisaient plus de reproches qu'autre chose la faute à des réflexes trop durs bien qu'efficaces. Elle avait appris à faire les pires des choix en un quart de seconde, eux, hésitaient trop. Alors qu'on dise d'elle qu'elle était rassurante ne lui était peut-être encore jamais arrivé sur la flotte. « Et tu as été le dernier visage que j'ai vu avant de reperdre connaissance. Je pourrai jamais t'oublier. » Et ça la touche, encore. Peut-être un peu plus vivement alors et elle voudrait y croire. Qu'on ne puisse jamais l'oublier. Mais elle avait trop vécu l'inverse pour encore aujourd'hui penser que ce serait possible. Elle aimerait pourtant, rire naïvement mais s'accrocher à cette idée. Après le sourire qui lui échappe vient l'ombre des souvenirs. La déception jamais bien loin. Et sans savoir ce qui ce soir déliait sa langue (la fatigue peut-être, qui se rapprochait), elle s'essaya à l'exercice avant d'être coupée dans son élan par une question surement provoquée par le fait qu'elle se soit immédiatement réfugiée vers l'ouverture. « Tu aimes ça ? L'espace. » Elle réfléchit un peu, la réponse déjà sur les lèvres. Ça dépend des jours. Elle l'avait détesté plus jeune, parce que perdue au milieu de la galaxie enfermée dans les entrailles d'un vaisseau. Achetée, vendue, maltraitée. Avant je le détestais. qu'elle se confie, se surprenant elle-même. Et j'ai appris à le désirer et l'aimer. sur Merry Fields, quand elle criait aux étoiles de venir la prendre et la chercher. Quand elle espérait une vie meilleure, considérait l'espace comme son plus bel échappatoire. Aujourd'hui, c'est différent... Piégée à nouveau, cette fois sur plusieurs vaisseaux elle vivait la part la plus calme de sa vie. Mais ça ne l'empêchait pas parfois d'encore rêver à s'envoler ailleurs sans savoir vraiment où : l'espace c'était cette immensité terrifiante et rassurante à la fois. On a plus vraiment l'choix de toute façon, non ? Il est là. Nous aussi. On doit faire avec, sous-entendai-elle. Qu'on l'aime ou non. Mais elle soupire, incapable de penser à autre chose sur le moment qu'aux mots qu'avait eu l'ex-prisonnier pour elle un peu plus tôt. C'est donc à son tour de dévier la conversation. Tu sais... elle ne sait pas par où commencer. Les mots lui ont toujours fait un peu défaut. J'ai toujours trouvé ça... impressionnant, que tu retournes sur le Lady Grace malgré ta jambe. J'ai jamais compris en fait. elle bute un peu, maladroite dans les mots qu'elle utiliser. Ça n'était pas dans son habitude de faire dans la conversation, ni dans les confidences. Mais cette nuit avait un goût propre à ce moment, comme une atmosphère qui la poussait dans cette direction malgré elle. Et sans que cela ne lui paraisse aussi impossible que d'ordinaire. Enfin, je veux dire... qu'elle essaye de se rattraper, avant d'abandonner en secouant la tête toujours face au vide spatial. Rien, oublie. termine-t-elle sans appel en se murant dans un silence qui ne lui était pas étranger.

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MessageSujet: (#) Re: I want to dream in technicolor. [Jymay]     Lun 9 Juil - 15:29
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« Ca  dépend des jours. » qu’elle répond. Comme lui alors, comme lui. Parfois il aime. Parfois il exècre. Parfois, souvent, il rêve de sa Terre, il rêve d’une autre planète qui lui ressemblerait et qui pourrait être leur nouvelle maison. Il en rêve oui. Parce qu’il refuse de croire qu’il va errer dans l’espace jusqu’à la fin de son existence. Il refuse de croire qu’il ne verra que le vide car même si les étoiles sont belles et majestueuses, l’univers est trop grand et le vide spatial trop glaçant pour supporter de ne voir que cela pour le restant de ses jours. Est-ce que c’est pareil pour May ? Est-ce qu’elle ressent la même chose que lui ? Est-ce qu’elle a les mêmes raisons ? D'autres mots suivent bientôt les premiers, avouant ainsi à Jyreese qu’auparavant elle détestait l’espace. La question brûle les lèvres de l’ancien légionnaire. Le « pourquoi » essaye de s’inviter mais il ne se laisse pas envahir par cette curiosité qu’il estime bien mal placée même s’ils ont tous deux l’air d’être prêts à se confier l’un à l’autre. Bien qu’ils soient finalement des étrangers, cela leur semble assez facile. En tout cas, il est étrangement facile pour Jyreese de discuter avec May et finalement, cela semble être le cas de la secouriste également puisqu’elle poursuit en expliquant à Jyreese qu’elle a appris à désirer et aimer l’espace. Lui aussi il a appris. A sa manière mais sans doute pas pour les mêmes raisons qui ne franchissent pas la barrière des lèvres de May. Une confession sans doute trop intime pour être dite ici, maintenant. Peut-être qu’elle demeurera trop intime pour eux. Et voilà que Jyreese fronce les sourcils quand May ajoute qu’aujourd’hui c’est différent. Là encore le « pourquoi » lui brûle les lèvres mais il n’ose pas Jyreese, il n’ose pas. Et pourtant il aimerait en savoir plus, sans réellement bien comprendre pourquoi ça l’intrigue autant. Il termine par baisser le visage quand elle ajoute que de toute façon ils n’ont pas le choix, qu’il est là, qu’ils sont là aussi. Pas le choix non. Il faut faire avec, comme Jyreese doit faire avec sa nouvelle vie qui n’est pour le moment pas encore tout à fait la sienne, c’est en tout cas son impression même s’il a quitté le Lady Grace depuis plusieurs mois maintenant. Quelques mois… Le temps passe si vite et là-bas, le temps semblait pourtant tourner au ralenti. Comme quoi.

« Tu sais… »

Il relève son regard vers May qui n’a pas bougé, qui fait toujours face au vide de l’espace derrière la grande baie vitrée. S’il sait quoi ? Il fronce un peu les sourcils, attend la suite qui tarde un peu à arriver mais qui arrive pour surprendre l’ancien légionnaire. Ses yeux s’écarquillent au fur et à mesure que les mots sont prononcés par May et c’est étrange la sensation qui étreint Jyreese, un mélange de mal-être et de bien-être, des sentiments totalements contradictoires et pourtant bien présents au même moment en lui. Parce que May lui avoue qu’elle a toujours trouvé ça impressionnant qu’il soit retourné sur le Lady Grace malgré ce qui est arrivé à sa jambe. Ses joues lui brûlent soudain un peu. C’est qu’à son sens il s’agit d’un très beau compliment même s’il estime sincèrement ne pas le mériter mais ça le touche oui. « J’ai jamais compris en fait. » Personne n’a jamais compris. Personne. Même ceux à qui il a expliqué n’ont pas compris. Est-ce qu’elle comprendra s’il lui explique ? Allez savoir. May semble en tout cas avoir du mal à trouver ses mots et Jyreese patiente, suspendu à ses lèvres pour finalement n’obtenir qu’un « Rien, oublie. », May se ravisant soudainement. Et Jyreese, lui, reste quelques instants silencieux. Non, il ne sait pas si elle va comprendre mais il a envie de lui expliquer. Il y tient. Et puis, il veut rectifier le tir. La façon dont elle l’a dit a laissé sous-entendre qu’il a fait quelque chose d’exceptionnel alors que dans son esprit ce n’est absolument pas le cas. Un soupir donc et il se redresse pour venir rejoindre May devant la baie vitrée. Il ne la regarde cependant pas, se contente de rester debout à côté d’elle, plongeant à son tour son regard dans l’infinité de l’espace qui se dresse devant eux et qui donne presque l’impression de les englober, de les engloutir tout entier.

« J’avais une sentence à purger. Blessé ou pas. » qu’il termine donc par dire à voix basse, presque éteinte. C’est que se replonger là-dedans lui est douloureux et il essaye de garder une certaine… Présence. De ne pas se briser un peu plus devant May, parce qu’il estime qu’elle en a assez vu pour ce soir. Pour toujours même. Il a, dans le fond, plus qu’assez de n’être que cet homme brisé. Il voudrait renvoyer une autre image et il s’y essaye. Même en cet instant, il s’y essaye, se tenant bien droit, affichant un air qu’il espère assez… Dur. « J’ai pris la vie d’un homme. En légitime défense mais ça ne change rien. » Il se répète.Il avait déjà eu ces mots face à Anastasia comme s’il essayait encore de justifier plus ou moins son acte. Moins que plus. « Je savais mieux. J’étais légionnaire, j’étais entraîné pour réagir autrement mais… » Il marque un silence, sa mâchoire se crispe autant que le reste de son corps. Rien que d’y repenser, il a l’impression de sentir encore les doigts écraser sa trachée. « Ce type était sur moi, il était en train de m’étrangler et j’ai réagi comme n’importe qui aurait réagi je pense sauf que je n’étais pas n’importe qui. J’avais la force et l’entraînement d’un légionnaire et je lui ai brisé la nuque. » Aucune excuse. Non, aucune excuse. Il se souvient du bruit, il se souvient du corps de l’homme retombant lourdement sur lui. Il en frissonne désagréablement. « Alors que je savais mieux… » Sa voix n’est plus qu’un souffle et bien malgré les larmes lui montent aux yeux. « Je devais y retourner. Je devais finir. » Il ose enfin tourner son regard vers May. « Je devais finir de purger ma peine. Je ne pouvais pas rentrer tant que je n’étais pas prêt de rentrer, tant que je n’en étais pas digne. » C’est la vérité pure et simple. Il s’est infligé ce châtiment malgré sa jambe parce qu’il estimait mériter de le subir jusqu’au bout, voilà tout. Il reporte son regard sur l’espace, repensant aux mots de May et un petit sourire vient doucement étirer ses lèvres, son corps se détendant doucement au fil des secondes. « Il n’y avait rien d’impressionnant dans cette décision mais… Que tu l’aies pensé… » Un silence, il ose glisser de nouveau son regard bleu azur sur May, sans doute moins assombri qu’il ne l’était jusque-là. Plus doux à l’instar de son sourire. « Que cette décision ait pu interpeler quelqu’un, t’interpeler, toi, ça me touche. Vraiment. »

C'est sans doute idiot mais cette réaction de la part de May rend sa décision plus... Noble même si elle n'avait rien de noble au final.
Cela fait juste du bien.
Beaucoup de bien.




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MessageSujet: (#) Re: I want to dream in technicolor. [Jymay]     Lun 9 Juil - 21:08
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Occupation : officiellement, elle est secouriste. officieusement, bras droit de willem et son réseau illégal.
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Arrivée : il y a quatre ans, c'est si frais et en même temps si peu dans sa vie.
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Il y a quelque chose de relaxant dans le paysage qui s'offre à elle. Et ça n'en est pas totalement un, mais le vide n'est pas rien. Celui-ci est parsemé d'étoiles mourantes qui dans un dernier effort se consument à travers un râle avalé par le reste. C'est en serrant ses bras sous sa poitrine, en enfonçant ses ongles dans sa propre peau qu'elle oublie les mains de Jyreese doucement. Le regard plongé dans l'espace, y cherchant le réconfort qu'elle ressentait lorsque plus jeune, elle espérait qu'au-delà de Merry Fields quelqu'un pensait à elle. Ou penserait un jour. Elle était encore naïve, trop optimiste et May avait bien changé depuis. Elle savait être seule et l'avait accepté sans trop avoir d'autre choix. Bien sûr, elle avait des amis mais même la plus proche des âmes auxquelles elle s'était lié ignorait bien des choses à son sujet. À trop souffrir au contact des autres, elle s'était fermée, scellée trouvant dans la distance qu'elle imposait une certaine sécurité. Comme une promesse de ne pas être à nouveau blessée. C'était sa protection, qu'elle ne parvenait pas encore à ôter parce que la peur de souffrir était trop présente et que l'ombre d'un nouvel abandon n'était jamais bien loin. Derrière elle, elle entend le géant se lever et faire quelques pas dans sa direction. Ses épaules qui s'étaient un peu détendues se crispent légèrement alors dans l'optique d'un nouveau contact de sa part : elle les redoutait comme ceux des autres et n'y pouvait rien. Pas vraiment, pas encore.

Quand il s'arrête à côté d'elle, elle ne peut s'empêcher de s'éloigner d'à peine un pas. Juste histoire de. C'est plus fort qu'elle et elle s'en veut un petit peu au fond parce qu'elle sait qu'il n'a rien fait de mal pour l'instant. Là est le mot clé : pour l'instant car son esprit s'attend toujours au pire et méfiante, elle a très vite appris de ses moments de faiblesse. Elle ne décroche pas un mot, se contentant de regarder l'univers devant eux. Pourtant, son attention ne va plus aux étoiles mais à la silhouette à côté d'elle qu'elle peut observer sans détourner le regard car tout juste dans son champ de vision. Il ne fait rien. Observe, comme elle. « J’avais une sentence à purger. Blessé ou pas. » C'était noble de sa part et May ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle n'aurait pas eu la force de continuer comme lui. Qu'à la moindre opportunité elle aurait fui la prison plutôt que purger une peine qu'elle aurait déjà payé d'un membre. « J’ai pris la vie d’un homme. En légitime défense mais ça ne change rien. » Oh. C'était donc ça, son crime. Elle ne le savait pas, ne s'était pas plus renseignée le nom toujours au bord des lèvres et jamais au-delà de ces dernières. Une part d'elle comprend, quelque part, la poids qu'il avait dû porter mais la légitime défense lui rappelle son propre écart quand elle n'avait pas encore vingt ans et qu'elle aussi avait pris la vie d'un autre. Légitime défense, aussi. Pas la même pourtant. « Je savais mieux. J’étais légionnaire, j’étais entraîné pour réagir autrement mais… » Et son ton est dur, bien plus qu'il ne l'était avant. Alors elle tourne la tête, intriguée par ce changement d'attitude lui qu'elle n'avait seulement vraiment vu qu'au plus bas, noyée par la douleur fictive comme réelle. Bien sûr, elle prend note de son ancien métier noble lui aussi. Ça ne l'étonne pas vraiment. « Ce type était sur moi, il était en train de m’étrangler et j’ai réagi comme n’importe qui aurait réagi je pense sauf que je n’étais pas n’importe qui. J’avais la force et l’entraînement d’un légionnaire et je lui ai brisé la nuque. » Elle le voit s'assombrir, se crisper et malgré elle, elle l'imite. Car quand il raconte, ça n'est pas lui qu'il voit mais elle-même sous les mains de son propre agresseur. Ses mains ne sont pas sur sa gorge mais plus bas, plus pressantes. Et sa nuque elle ne la brise pas mais l'égorge d'un geste vif et précis. À cet instant, elle écoute à peine, perdue dans des images qui refont surface malgré elle. Y'a ses yeux qui se voilent, humides et ses lèvres qui se mettant à trembler, son souffle qui se perd dans l'incertitude. Alors elle détourne le regard pour le plonger dans l'espace, essaie de se concentrer sur le vide, le noir, les points de lumière. Sur ses ongles qui s'enfoncent un peu plus dans sa peau, comme si se concentrer sur sa propre douleur l'aiderait à oublier la tempête entre ses tempes et les sensations qui reviennent. Les mains. Toujours les mains. Rah. a-t-elle envie de rager sans oser le faire, préférant fermer les yeux pour se concentrer un peu plus sur le combat qu'elle mène silencieusement. « Alors que je savais mieux… Je devais y retourner. Je devais finir. Je devais finir de purger ma peine. Je ne pouvais pas rentrer tant que je n’étais pas prêt de rentrer, tant que je n’en étais pas digne. » Digne de quoi ? Ça s'embrouille dans son esprit, parce qu'il fait émerger des souvenirs sans le savoir et que jamais May ne s'était sentie coupable de son crime à elle. Elle l'avait vu comme une certaine libération et avait toujours considéré que grâce à son acte, un connard de moins raflait les jeunes femmes. Alors qu'il se sente coupable, elle ne le comprend pas. Plus, du moins. « Il n’y avait rien d’impressionnant dans cette décision mais… Que tu l’aies pensé… Que cette décision ait pu interpeler quelqu’un, t’interpeler, toi, ça me touche. Vraiment. » Elle entend dans sa voix un sourire. Son ton s'est adouci, elle le remarque aussi. Mais ça ne parvient pas à panser la plaie qui s'est réouverte, même un peu (c'est toujours trop à son goût). Quand le silence s'empare de la place, elle comprend qu'il a terminé de parler et ouvre enfin les yeux pour retrouver l'espace rassurant. Son vide apaisant. Et les lumières, là-bas, qui scintillent avec douceur ici mais qui plus loin ragent contre l'obscurité. Sur le côté, elle l'aperçoit tourné vers elle mais elle ne détourne pas le regard de la baie vitrée trop fébrile encore. À la place, elle se racle la gorge, regagne en confiance comme elle peut. Il a essayé de te tuer. On n's'en prend pas à quelqu'un d'autre dans cette optique sans en connaître les conséquences et sans être prêt à les payer. À mon avis, tu ne devrais pas autant t'en vouloir. lâcha-t-elle un peu bas. Elle ne savait pas si c'était déplacé ou non, mais au moins, elle était honnête (son problème c'est qu'elle ne l'était jamais avec des pincettes). Certaines personnes méritent d'être oubliées. entama-t-elle ensuite, sous-entendant d'être tuées sans avoir besoin de préciser. Puis elle ajouta Et d'autres, méritent simplement d'oublier. Par les autres, elle voulait dire lui. Il méritait d'être en paix. Tout comme elle avait le droit d'espérer un jour oublier ce qu'on lui avait fait pour de bon. Mais ce n'était pas le mérite qui leur manquait : c'était le luxe de pouvoir se défaire d'un souvenir bien trop marqué au fer rouge pour qu'ils le perdent. Oublier, c'était ça le plus dur alors elle comprenait un petit peu la position de Jyreese. C'est peut-être dur, mais c'est la vie. Et la vie ne fait pas de cadeaux. finit-elle dans un soupire en passant une main sur son visage, lâchant enfin l'un de ses bras où la trace de ses ongles mettrait surement plusieurs heures avant de disparaître. May parlait en connaissance de cause sans pour autant l'évoquer. Peut-être qu'il le comprendrait par lui-même, peut-être qu'il aurait l'audace de le lui demander, peut-être encore y serait-il insensible. Qu'importe : le silence lui répondrait surement dans chacun des cas, car May n'aimait pas évoquer explicitement cette époque. Encore moins avec un presque inconnu. T'as surement aidé la société plus qu'elle ne t'a aidé en tuant ce type, puis en purgeant ta peine. T'es bien plus digne que tu ne le penses. commenta-t-elle, son avis dur et tranché : mais en ayant vécu ce qui continuait dans la hanter, difficile de ne pas voir dans cet ultime accident des contours plus lumineux qu'il ne le pense. J'espère qu'elle te l'a rendu à ta sortie. souffla-t-elle enfin.

Couloirs du Columbiad, 29 juin 2227.
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MessageSujet: (#) Re: I want to dream in technicolor. [Jymay]     Mer 18 Juil - 15:32
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Cette brève mais intense sensation de légèreté est agréable. Il y a peu habitué Jyreese à ressentir cela mais il pourrait bien s’y habituer en fait. Vraiment. Parce que ça lui change tellement de ce qu’il ressent d’ordinaire depuis cette nuit-là. Cette fameuse nuit où son existence a totalement basculé. Noirceur. Douleur. Finalement, ça n’a été que ça depuis lors  et s’il a pu avoir quelques moments où l’air lui revenait, quelques moments où il avait moins l’impression de sombrer, il n’a cessé de faire face à du sombre encore et toujours. Sur Byblos ça a été un peu mieux, car différent en fait. Et puis il est rentré et tout a recommencé à être trop sombre, trop dur, trop froid. Même May s’est montrée dure et froide pour l’aider à surmonter sa crise mais elle a surtout ces quelques mots qui lui ont fait tant de bien, quelques mots desquels il s’imprègne encore. Sa gentillesse, même si elle reste distante, est douce et le porte en un sens. S’installe finalement le silence, May ne semblant pas avoir l’envie de lui répondre. Ce n’est pas bien grave car dans le fond, ce qu’il a dit ne donnait pas forcément matière à répondre. Il n’a jamais fait que faire des affirmations sans poser la moindre question. Ses prunelles sont posées sur le vide de l’espace, observe ça et là quelques étoiles un peu plus brillantes et il songe à ce qui peut les attendre quelque part. Une nouvelle planète. Une nouvelle maison. Il se demande intérieurement si May souhaiterait trouver un nouvel endroit pour se vivre. Il se demande si elle est  née et a grandi sur Terre ou s’il n’a jamais connu la planète bleue. La curiosité se fait un peu plus pressante et sa bouche s’entrouvre, les mots sont prêts à sortir, les questions sont prêtes à être posées mais May brise soudain le silence, regard fixé également dans le vide de l’espace et Jyreese se fige en entendant ses mots. Parce qu’elle choisit de replonger dans ce qu’il s’est passé, dans ce qui a conduit Jyreese à terminer sur le Lady Grace. Mais si elle choisit de le faire, ce n’est pas pour l’accuser ou pour l’accabler un peu plus. Non, bien au contraire. Elle défend son geste. Elle le défend, lui, purement et simplement. Et il ne sait sincèrement pas trop comment réagir à  cette façon de penser. Cela pourrait être libérateur mais en l’occurrence ça ne l’est pas. Il ne parvient pas à ne pas s’en vouloir. C’est plus fort que lui. May poursuit et Jyreese fronce les sourcils en reportant son regard sur elle. Elle qui ne le regarde pas, qui semble voir au-delà des étoiles, qui semble plongée dans ses propres souvenirs. Pour qu’elle parle de cette façon… Est-ce qu’elle capable de le défendre de cette façon parce qu’elle a fait face à cette situation ? A-t-elle été un jour en état de légitime défense ? A-t-elle dû prendre la vie de quelqu’un pour sauver la sienne ? C’est bien cette impression qu’il a Jyreese et ce que dit May ensuite ne fait que confirmer les soupçons de l’ancien légionnaire : « La vie ne fait pas de cadeaux ». Il est vrai que la vie peut se montrer parfois bien cruelle. Il repense à son père. Il repense à cet accident dont il a été victime sur le Lady Grace. Mais là où May estime qu’il a fait ce qu’il avait à faire, Jyreese ne peut s’empêcher d’estimer qu’il aurait pu faire mieux. Et il ne peut surtout s’empêcher de penser que si elle a pris la vie de quelqu’un, c’est qu’elle a fait ce qu’elle, elle a véritablement fait ce qu’elle avait à faire pur sauver sa vie. Contrairement à lui, elle n’était pas dans l’armée, elle n’était pas entraînée.

Elle a fait comme elle a pu contrairement à lui qui aurait pu faire autrement. Dû faire autrement.

Quand elle passe sa main sur son visage, Jyreese soulève sa main, prêt à venir lui toucher l’épaule. Un geste qui le prend de court, qui lui vient avec tant de naturel qu’il a du mal à l’arrêter et pourtant il y parvient, se souvenant à quel point elle a pu se raidir lorsqu’il l’a touchée. Alors il rabaisse sa main et ne fait rien, même s’il en a très envie. Il a ce soudain élan de protection envers May, peut-être parce qu’elle l’a sauvé à deux reprises, peut-être parce qu’elle continue encore et toujours de le défendre et de le soutenir. Peut-être parce qu’elle le touche, tout simplement. Il détourne son regard d’elle et esquisse un petit sourire amer quand elle dit qu’il est plus digne qu’il ne le pense. Encore une fois, elle semble avoir une opinion de lui trop bonne, à son sens en tout cas. « J’espère qu’elle te l’a rendu à ta sortie. » Il se fige. Si la société lui a rendu ce qu’il a fait (puisque May estime qu’il a rendu service à la société en tuant ce criminel) ? En vérité oui. Enfin pas tout le monde, certaines personnes ont continué de le juger, d’autres par contre ont été très gentilles (il pense notamment à Elara). Il a souffert du regard de certains et ne s’y est pas vraiment habitué. Ces moments-là ont été difficiles mais ils n’avaient pas à l’être. Ou, en tout cas, ils auraient pu l’être moins s’il s’était laissé une chance comme ses supérieurs avaient décidé de le faire.

« En fait oui. » qu’il répond finalement à voix basse en reportant son regard sur May. « Mes supérieurs m’ont affirmé que s’ils avaient pu ils m’auraient redonné mon poste. Ils pouvaient convoquer un comité de militaires pour étudier mon dossier.» Là il s’arrête. C’est la première fois qu’il le dit à qui que ce soit. Même son jumeau n’est pas au courant de ce fait. Wilhem ne sait pas que Jyreese aurait pu tenter de reprendre sa carrière là où elle s’était arrêtée. C’est un secret qu’il a bien gardé. « Ils devaient me juger digne comme tu me juges digne. Mais j’ai dit non. » avoue-t-il à mi-voix à présent avant de détourner son regard. « Je ne parvenais pas à m’imaginer reprendre mon ancien métier. Je ne le méritais pas. » Et c’est tout ? Non. Pas véritablement. Il termine par soupirer. « Et puis… » Son visage s’assombrit au fil des secondes. « Je n’étais plus le même homme de toutes les façons alors ça n’aurait pas fonctionné. Je crois… Que je n’aurais pas pu supporter. La violence je veux dire. » Non pas que les légionnaires soient des violents au quotidien mais la violence physique fait partie de leur travail, au besoin. « Retoucher à des armes… » Là encore il s’arrête. Piloter c’était défendre, et défendre c’était utiliser des armes. « Je veux plus jamais prendre la vie de quelqu’un, qu’il le mérite ou pas. » Un pas en avant par rapport à tout à l’heure : il ose émettre l’hypothèse que celui dont il a pris la vie méritait de mourir. « Et je me dis que m’éloigner de toute violence ça pourra peut-être me permette de me pardonner. Pas d’oublier parce que j’oublierai jamais mais… » A son tour de se frotter le visage dans un énième soupir. « Si je pouvais arriver à me pardonner, peut-être que je pourrais… Tu vois, j’ai l’impression d’être comme en apnée. » Il reporte son regard sur May. « Et j’aimerais réussir à respirer de nouveau et pour ça faudrait que j’arrive à devenir l’homme que je suis censé devenir vu que je ne peux plus être celui que j’étais avant. Tu dois me prendre pour un idiot. » qu’il enchaîne très rapidement.

Oui, un sombre idiot.





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MessageSujet: (#) Re: I want to dream in technicolor. [Jymay]     Mer 18 Juil - 19:46
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C'était étrange, que de se retrouver là à discuter avec Jyreese. C'est qu'elle n'aimait pas ça, parler dans le vent, se demander comment l'autre va sans y prêter réellement attention. May avait encore aujourd'hui du mal à s'adonner à l'art des papotages qu'elle trouvait le plus souvent superficiels et donc, négligeables. C'est qu'elle n'avait pas été élevée dans une dynamique prônant la communication, alors des années plus tard son naturel lui collait toujours autant à la peau. Ses années auprès de la vieille kellari l'avaient adoucies dans les angles et son séjour sur la flotte continuait de grignoter la carapace durement construite sur Merry Fields. Ça ne se ferait pas en un jour, elle s'en doutait. Et c'était des moments que ça, devant cette baie vitrée, qui lui donnaient l'espoir d'un jour pouvoir se dire "normale". Son modèle, c'était Galina. Celle qu'elle considérait comme sa meilleure amie même si le temps leur manquait pour que les autres croient réellement en leur amitié. Elle avait, à ses yeux, tout pour elle et sans la jalouser May trouvait en elle un modèle parfois dur à suivre pour la hors-la-loi qu'elle continuait d'être même ici. Alors au lieu de fuir comme elle l'aurait fait à la première occasion, May profite de ce moment en suspension pour parler tout simplement.

« En fait oui. » Ah, tant mieux, qu'elle pense. Elle tourne le regard, mais surprend le sien se poser sur elle et s'ils se croisent un instant elle préfère replonger ses billes sombres vers la baie vitrée. « Mes supérieurs m’ont affirmé que s’ils avaient pu ils m’auraient redonné mon poste. Ils pouvaient convoquer un comité de militaires pour étudier mon dossier. » Cette fois, elle se tourne vers lui intriguée plus encore par l'histoire qui l'entourait. Elle était curieuse de nature, May, et ça l'avait mise de nombreuses fois dans des situations improbables qu'elle regrettait amèrement aujourd'hui encore. Jyreese, elle le voyait qu'entouré d'un épais nuage : tout chez lui, était sujet à une question et c'était peut-être pour ça qu'elle s'était laissée allée à l'idée de rester ici encore un peu. Y'avait ses crises nocturnes qu'elle venait de découvrir, son sens du bien et du mal, ce bonnet qu'il portait même lorsqu'il ne faisait pas franchement froid (elle n'était qu'en t-shirt et short sans frissonner), ses priorités, son accident, ses années sur le Lady Grace, cette culpabilité rongeante et surtout ses choix plus que questionnables. Et puis, elle ne savait rien sur lui. Elle nageait dans la brume. May se tourne donc et s'adosse sans réfléchir à deux fois à la baie vitrée : surement que d'autres auraient eu peur d'y poser leur poids. May non, bizarrement ça ne lui faisait rien et c'était peut-être parce qu'elle avait surtout vécu sur des vaisseaux et qu'elle avait confiance en leurs structures. Cette fois face au barbu, elle l'écoute recreusant ses bras sous sa poitrine et posant l'un de ses pieds sur la vitre restant en équilibre sur une jambe. « Ils devaient me juger digne comme tu me juges digne. Mais j’ai dit non. Je ne parvenais pas à m’imaginer reprendre mon ancien métier. Je ne le méritais pas. » Malgré elle, elle roule des yeux dans un soupire qu'elle parvient cependant à réfréner. Il avait un sens bien trop élevé du mérite, de la dignité. Trop à son goût à elle qui se contentait de peu pour avoir l'impression que le monde entier lui devait quelque chose. Elle avait vite appris que personne ne mérite vraiment quelque chose, que tout ça, c'est que des mots et qu'il ne restait plus qu'à soi même d'en profiter ou non. Jyreese, il avait la belle mentalité militaire que l'enfant des rues qu'était May avait du mal à cerner, à prendre au sérieux. Elle ne le coupe pas pour autant, même si ça lui brûle les lèvres que de lui dire qu'il devrait avoir plus d'estime pour lui-même. « Et puis… Je n’étais plus le même homme de toutes les façons alors ça n’aurait pas fonctionné. Je crois… Que je n’aurais pas pu supporter. La violence je veux dire. Retoucher à des armes… » La brune se pince les lèvres, parce que des armes elle en touche presque tous les jours sans y trouver une quelconque culpabilité. Le devrait-elle ? Sans le vouloir, il sème presque le doute dans son esprit.  « Je veux plus jamais prendre la vie de quelqu’un, qu’il le mérite ou pas. » Elle hoche doucement la tête à ses propos, parce que pour une fois elle le rejoint vraiment : elle non plus n'a pas envie de tuer une autre personne. Une âme lui suffisait. Exception faites du reste des Wutuobang Bastards qu'elle souhaitait voir planer dans l'immensité de l'espace. « Et je me dis que m’éloigner de toute violence ça pourra peut-être me permette de me pardonner. Pas d’oublier parce que j’oublierai jamais mais… » son ton se frustre mot après mot, jusqu'à ce qu'il ne fasse mourir un soupire contre sa main passée sur son visage. May ne dit rien, l'observe plutôt ses yeux passant des siens aux traits de son visage, terriblement fatigués. « Si je pouvais arriver à me pardonner, peut-être que je pourrais… Tu vois, j’ai l’impression d’être comme en apnée. » Mais elle se fait prendre sur le fait, car bientôt c'est le regard azur du blond qui s'enfonce dans le sien. Et cette fois elle ne se défile pas. « Et j’aimerais réussir à respirer de nouveau et pour ça faudrait que j’arrive à devenir l’homme que je suis censé devenir vu que je ne peux plus être celui que j’étais avant. Tu dois me prendre pour un idiot. » C'est une déferlante qui lui échappe, arrachant un sourire presque amusé à la merrywoman malgré les propos tristes de l'ex-prisonnier. Et quand il termine, elle rit doucement en arquant les sourcils prenant un air surpris, presque impressionné. Eh beh... souffle-t-elle simplement d'abord.

C'est qu'elle ne s'attendait pas à autant d'honnêteté de sa part, ni à tant de confidences et c'est un peu trop pour elle d'un coup. Y'a tant de choses qu'elle voudrait lui dire, sans savoir quels mots employer qu'elle reste un moment silencieuse son regard balayant la place sur laquelle ils s'étaient arrêtés. Elle réfléchit, et ça lui demande beaucoup de base de ne pas préférer le laisser ruminer dans son coin. Ce soir était différent : elle l'avait décidé, ou c'était peut-être son subconsciente, l'atmosphère particulière, le creux de la nuit rassurant, l'instant suspendu ni vraiment là, ni vraiment ailleurs. Tu te poses trop de questions. finit-elle par lâcher maladroitement. C'est compliqué de faire simple, hein ? qu'elle se permet de plaisanter, peut-être un peu trop détachée de la gravité des propos que lui avait tenu Jyreese. Mais son regard était extérieur, bien loin de l'introspection à laquelle il s'était livré. Y'a que toi qui peut décider de ce que tu deviendras, c'est pas les autres qui te définissent alors tu devrais arrêter de chercher leur pardon, ou leur approbation. T'es toi, ils sont eux, fin de l'histoire. et elle entendrait presque Syjad lui tenir à peu près le même discours dans ses moments sombres. Alors elle change de sujet, parce qu'elle est loin de vouloir penser à ce traitre qu'elle espère pourrit dans un coin de la galaxie. M'enfin, que tes boss t'aient donné la possibilité de revenir c'est bien qu'ils voyaient en toi à ta sortie l'homme que t'étais avant. elle dit ça en soulevant les épaules, pas vraiment certaine de ce qu'elle avance mais pas non plus sûre du contraire. C'était quand même bon signe, et suffisant pour qu'elle le point du doigt. Y'a que toi pour décider d'être maître de ce que t'es, ou de ce que tu deviendras. Il tient plus qu'à toi de te saisir de ta vie et d'en faire ce que tu veux. qu'elle commence sérieusement, y voyant là une phrase qu'elle s'était dites à plusieurs reprises avant de vraiment s'y atteler et de prendre sa vie en main sur Merry Fields. Mais ses derniers mots se noient dans un rire désabusé, presque gêné. Ouh la, c'est très niais ce que je viens de dire, mon dieu... s'amuse-t-elle d'elle-même. On dirait une vieille réplique de film... c'est dit plus bas, le regard braqué sur le sol alors qu'elle vient coincer une mèche de cheveux derrière son oreille. Puis elle vient remonter brusquement ses yeux vers le légionnaire, un brin gênée par son élan de fleur bleue qui était loin de l'image qu'elle aimait rendre. Enfin t'as compris l'idée.

Couloirs du Columbiad, 29 juin 2227.
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MessageSujet: (#) Re: I want to dream in technicolor. [Jymay]     Mer 25 Juil - 17:45
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I want to dream in technicolor.



« Eh beh... »

Un sourire crispé, qui ressemble par ailleurs davantage à une grimace qu'à un véritable sourire, apparaît sur le visage de Jyreese. Parce qu'il s'attend à ce que May lui balance que c'est un sombre con à réfléchir à ce point à tout ceci. Peut-être aurait-il besoin de réapprendre la légèreté, le « lâcher prise ». Sans doute. Il finit par hausser les épaules, affichant ce même sourire un peu crispé quand May ajoute finalement qu'il se pose trop de questions. Il sait qu'elle a parfaitement raison. Il sait qu'il pense bien trop à tout ceci alors qu'il devrait essayer de passer à autre chose. Il n'y parvient cependant pas parce que ce n'est tout simplement pas dans sa nature de se laisser porter. Comme il n'est pas dans sa nature de faire simple. Il n'a jamais su et ne saura probablement jamais. Jyreese avait beau être un homme différent avant tout ceci, il ne l'était pas en tous points. S'il a changé à bien des égards, il est dans le fond resté le même et l'homme qu'il était avant étéit déjà du genre à se poser sans doute trop de questions. Il est certain que son existence serait moins compliquée s'il était capable de davantage se laisser porter. Peut-être y parviendra-t-il un jour et si ce n'est pas le cas, il fera avec comme il a toujours fait avec. Ce n'est cependant pas sur tout cela que Jyreese s'attarde, bien au contraire. Ce sont sur les mots que May prononce ensuite et qui parviennent à faire sens dans l'esprit de l'ex légionnaire. Parce qu'elle a encore une fois raison. Dans le fond, lui seul peut décider de son avenir et de celui qu'il deviendra. Les opportunités peuvent être là, la preuve est qu'il en a eues, il lui suffit de les saisir. Encore faudrait-il qu'il le veuille véritablement et alors que May poursuit en lui disant que si ses supérieurs lui ont proposé d'essayer de le réintégrer c'est qu'ils voyaient que celui qu'il était avant n'avait pas totalement disparu, il réalise que c'est véritablement là tout le nœud de ce problème dont il ne parvient pas à voir le bout : sa rédemption. Non pas trouvée grâce aux autres mais bien de son fait à lui. C'est à lui de se pardonner, lui d'accepter le fait qu'il ait le droit à cette deuxième chance, à cette existence dont il veut tant au fond. Tout dépend de lui et mine de rien... Eh bien ça lui flanque une sacrée trouille à Jyreese.

Et s'il n'était pas capable d'être autre chose que cet homme-là ? Cet homme qui porte sans cesse un bonnet sur le crâne ? Cet homme qui porte les stigmates de ses actes et de ce qu'il a vécu sur le Lady Grace ?

Trop de questions encore une fois. Encore et toujours mais c'est son lot quotidien. Il reste silencieux Jyreese, écoute attentivement May, boit même ses paroles en réalité qui, si elles ne sont pas forcément simples à entendre car reflétant bien trop la réalité de ce qu'il pourrait être s'il le voulait vraiment, lui font malgré tout du bien. Parce que cela lui permet de se projeter un peu plus en avant. Et si ? Et s'il parvenait à passer outre sa culpabilité ? Et s'il parvenait à se pardonner et à trouver la rédemption ? Que pourrait-il faire ? Se créer une nouvelle existence, ne plus être celui qu'il est maintenant sans pour autant perdre totalement celui qu'il a été. Redevenir un nouvel homm qu'il n'aurait pas de mal à regarder dans le miroir. Imaginer que ce cela soit possible fait naître un certain espoir chez Jyreese et l'espoir, il n'en a pas eu beaucoup ces derniers temps, sauf quand il a été accepté pour partir sur Byblos. Jyreese laisse finalement échapper un petit rire quand May souffle que ce qu'elle dit est niais et qu'on dirait une vieille réplique de film. Il secoue doucement la tête de droite à gauche, ce sourire un peu plus doux accroché à ses lèvres. Puis il croise le regard de May qui relève son regard vers lui et pendant un instant il ne dit plus rien. Parce que certaines personnes n'osent pas regarder dans les yeux de cette façon mais elle, elle ose. Elle ose et ça le trouble Jyreese. L'espace d'un instant ça le trouble. A cause de tout ce qu'elle a dit ? Ou à cause de ce qu'elle dégage ? Ou les deux ? Sans doute les deux oui.

« Oui, j'ai compris l'idée. » qu'il souffle tout bas son regard azur ne se détachant pas de celui de la secouriste. « Et ce que tu as dit n'était pas niais du tout, au contraire. » Le sourire est là, discret mais plus chaud que tout à l'heure et peut-être qu'elle verra le changement dans son regard comme lui sent le changement s'opérer doucement. Comme lui sent cette nouvelle détermination couler dans ses veines au fil des secondes. « Tu as raison. C'est ma vie et je suis le seul maître à bord. Tout dépend de mes choix. » Il marque un silence. S'il poursuit, il craint qu'elle ne le prenne pour un fou masochiste mais en même temps... En même temps, il a été sincère avec elle jusque-là et il n'a pas envie de prendre un autre chemin que la sincérité : c'est trop libérateur à ses côtés à elle. « Et pour le moment je choisis de me punir. Je le sais. J'en ai conscience parce que je veux plus que ça. Je veux tellement plus que... » Il soupire. « Je veux plus que la vie que j'ai aujourd'hui même si je devrais savoir m'en contenter. Je veux plus. Et en même temps je suis encore bloqué mais... » Son regard se détourne finalement pour aller se perdre de nouveau dans les étoiles, ce sourire toujours accroché aux lèvres et même, à présent, cette pointe de lueur d'espoir dans le regard. « J'ai envie de croire que ce ne sera pas toujours le cas. J'ai envie de croire que je vais être capable de me pardonner et quand ce sera fait, je serai enfin capable de construire cette vie dont j'ai tant envie. Faudrait juste pas que ça ne me prenne trop de temps et que je sois vieux et sénile pour cette nouvelle vie. » Un petit rire s'échappe de ses lèvres. Allons-bon, Jyreese qui s'essaye à l'humour ? Eh bien oui. Peut-être un premier pas vers ce fameux lui qu'il espère être capable de devenir. Il reporte son regard vers May qu'il observe un moment en silence avec une nouvelle intensité. Il a envie de le dire mais il a peur... De passer aussi pour un niais en fait. « Ok, ça va peut-être te paraître niais du coup, ce que je vais dire mais... » Est-ce qu'il serait gêné ? Est-ce que ses joues se teinteraient légèrement de rouge ? Oui, un peu oui. « J'ai l'impression que tu hum... » Il se rcale la gorge. « Je sais pas comment l'expliquer mais t'es toujours là au bon moment pour moi. Tu m'as sauvé la vie, tu m'as aidé tout à l'heure et là... Je ne sais pas si tu te rends compte mais que tout ce que tu me dis... » Voilà qu'il sourit de plus belle, ému cet idiot. Emu. « T'arrives à me redonner l'espoir là où je croyais plus jamais en voir. » Peut-être trop sincère mais tant pis. C'est dit. « Merci. Vraiment. » Et il a envie, là, vraiment très envie de la prendre dans ses bras. Peut-être à cause de ce qu'il a partagé avec elle. Peut-être à cause de ce qu'elle a réussi à éveiller chez lui. Sauf qu'il ne le fait pas. Il n'ose pas. « J'ai hum... » Nouveau raclement de gorge. « Je te prendrais bien dans mes bras mais une poignée de main si tu préfères... »

Et cet idiot tend donc la main. Il se contentera de ça parce que dans le fond, ce qu'il demande est... Déplacé. Vraiment.





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MessageSujet: (#) Re: I want to dream in technicolor. [Jymay]     Jeu 26 Juil - 21:02
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Occupation : officiellement, elle est secouriste. officieusement, bras droit de willem et son réseau illégal.
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Arrivée : il y a quatre ans, c'est si frais et en même temps si peu dans sa vie.
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Elle se sentait soudainement stupide. Et c'était peut-être la fatigue qui parlait alors, la poussait à ne plus réfléchir au moindre détail, à l'image qu'elle renvoyait. Elle qui se voulait forte, indépendante, avait le discours de quelqu'un qui ne lui ressemblait pas tant que ça, du moins de son point de vue. La réalité, c'était que May pouvait être les deux : douce, et dure. Mais qu'elle avait encore du mal à s'en donner le droit, car toute sa vie on l'avait obligée à refouler sa nature bienveillante pour en faire un outil de travail efficace et résistant. Ça n'était vraiment que depuis qu'elle avait mis les pieds sur la flotte qu'elle se laissait aller à des élans doux, avec toujours l'impression de ne pas le faire comme il faut parfois même d'être ridicule. Comme là, lorsqu'elle avait plus ou moins voulu soutenir Jyreese qu'elle connaissait à peine. Elle s'était finalement confondue en traits d'humour se moquant d'elle comme pour couper l'herbe sous le pied de l'ex-prisonnier, au cas où il aurait voulu le faire à sa place. Une manière de se protéger, en somme, de garder autour d'elle ses murailles bien solides car les coups étaient moins douloureux lorsqu'elle se les portait elle-même. « Oui, j'ai compris l'idée. » un petit sourire en coin meurt aussitôt qu'il nait le long de ses lèvres, hochant une unique fois de la tête comme pour clore l'incident. « Et ce que tu as dit n'était pas niais du tout, au contraire. » cette-fois, elle préfère détourner le regard plutôt que d'assumer l'ombre de compliment qu'il lui fait. Jyreese se veut rassurant, elle le sent, tout comme elle voit bien dans ses épaules la tension disparaître doucement mais elle n'aime pas vraiment ça. Qu'on l'aide, qu'on la soutienne, qu'on la rassure. Trop habituée à devoir faire face à ses problèmes seule, May ne sait pas comment accepter le plus petit des compliments, la plus discrète des mains tendues. Elle vit ça comme un échec, quelque part : l'impression que l'aide n'est donnée qu'aux faibles persiste, et que les mots rassurants ne sont jamais prononcés que par ceux en position de force. Alors à défaut d'apprendre, elle s'y refuse malgré elle, replongeant son regard vers les baies vitrées mais tendant l'oreille vers Jyreese qu'elle observe tout de même dans son champ de vision sans dévier le regard. « Tu as raison. C'est ma vie et je suis le seul maître à bord. Tout dépend de mes choix. » Ah, en voilà une autre. La brune ne parvient pas à cacher le sourire satisfait qui se dessine sur ses lippes, s'entendre dire qu'elle a raison est toujours un malin plaisir. Alors elle hoche la tête, lui faisant signe qu'elle acquiesçait à chacun de ses mots. Heureuse quelque part qu'il l'ait compris. Mais la suite fait disparaître son rictus. « Et pour le moment je choisis de me punir. Je le sais. » May ne sait pas trop quoi dire, sur le coup, mais elle n'en a pas besoin car il continue d'une manière plus optimiste qu'elle ne s'y attendait. Si bien qu'elle relève le regard vers lui alors qu'il détourne le sien et profite de ce croisé pour l'observer sans discrétion. « J'ai envie de croire que ce ne sera pas toujours le cas. J'ai envie de croire que je vais être capable de me pardonner et quand ce sera fait, je serai enfin capable de construire cette vie dont j'ai tant envie. »  Et c'est beau ce qu'il dit, ça résonne en elle plus qu'elle ne l'aurait pensé. Ça la surprend, May. «Faudrait juste pas que ça ne me prenne trop de temps et que je sois vieux et sénile pour cette nouvelle vie. » Son rire se mêle au sien, inattendu, car il est loin alors le type qu'elle avait soulevé à bout de bras en proie à une crise de panique. Le gars qu'elle avait vu trembler, grimacer, abandonner. Et c'est étrange parce qu'elle a l'impression d'être à côté d'une nouvelle personne, presque, quand elle le voit si détendu, si déterminé. Et cette honnêteté toujours sur le bout des lèvres, comme si chaque mot qu'il prononçait ne pouvait qu'être vrai, sincère. À l'opposé de ce qu'elle s'attendait à entendre d'ordinaire de la part de n'importe qui. Ouai, ce serait dommage... qu'elle répond en entrant brièvement dans son jeu avant de se perdre dans ses propres pensées. Quel genre de vie voulait-elle, de son côté ? Est-ce qu'elle se voyait un jour aux bras d'un homme, heureuse, la main d'un enfant dans la sienne ? Cela lui parait loin, presque inaccessible car tout ce qu'elle voit c'est le chemin qui lui reste à gravir pour atteindre un semblant de normalité. Ascension qu'elle se voit faire seule, non sans un pincement au coeur. Quand il repose son regard vers elle, elle ne se dérobe pas et lui offre un petit sourire à la place maintenant que l'atmosphère s'est allégée, la fatigue aux coins des yeux. « Ok, ça va peut-être te paraître niais du coup, ce que je vais dire mais... » elle rit un peu, parce qu'elle se souvient de son propre moment niais mais regagne aussitôt un visage neutre quand il reprend. « J'ai l'impression que tu hum... Je sais pas comment l'expliquer mais t'es toujours là au bon moment pour moi. Tu m'as sauvé la vie, tu m'as aidé tout à l'heure et là... Je ne sais pas si tu te rends compte mais que tout ce que tu me dis... » Elle en reste bouche-bée, profondément touchée. Parce qu'elle sait que chacun de ses mots sont aussi honnêtes que lui : elle a beau ne pas beaucoup le connaître, tout ce qu'elle a pu voir ou entendre n'a jamais prouvé le contraire. Et puis il y a son regard bleuté qui se met à briller d'émotion, soutenant plus encore l'idée qu'il était sincère. Ça la change. C'est inattendu et elle ne sait pas trop comment réagir car au fond elle ne comprend pas ce qu'elle a pu faire de plus qu'un autre. Et puis toute cette gentillesse, cette bonté qui émane de lui sans qu'il ne semble devoir faire d'effort, c'était surprenant parce que rien dans son apparence ne laissait penser qu'un mec comme lui pouvait être aussi tendre. Elle n'a pas l'habitude, May, des gens sensibles. Elle sait pas trop quoi dire, quoi faire, comment accepter cette énumération de pseudo-actions qu'elle aurait fait : elle est juste perdue. « T'arrives à me redonner l'espoir là où je croyais plus jamais en voir. Merci. Vraiment. » Et voilà qu'elle se met à rougir, gênée, elle l'éternel mur de pierre. May l'impassible était loin : Jyreese avait réussi à lui faire suffisamment baisser sa garde pour la toucher là où personne n'arrivait à la troubler. Et quand d'autres avaient tentés de briser ses barrières à grands coups violents, il avait suffit d'attention et de bienveillance pour qu'il parvienne à si non les ouvrir, y trouver une fissure. Elle fronce des sourcils quand elle sent ses joues s'empourprer et détourne le regard, gênée. Doit-elle dire merci ou de rien ? La fatigue l'empêche de trouver un moyen de se défaire de cette situation qu'elle ne contrôle pas et ne pas avoir le contrôle est bien ce qu'elle déteste le plus. « J'ai hum... Je te prendrais bien dans mes bras mais une poignée de main si tu préfères... » Il n'a qu'à planter l'image dans son esprit pour qu'elle se crispe malgré elle. Cette-fois, c'est un peu trop pour May et la fatigue qui s'installe lui fait perdre patience avec elle-même. Alors elle hésite, perturbée, tend la main vers la sienne avant de se défiler, puis change d'avis et la lui serre. Maladroite, incertaine. Loin de ce qu'elle est. Je. Hum. Merci ? qu'elle balbutie presque en lui répondant. Et elle ne se rend même pas compte qu'elle tient encore la main de Jyreese, alors elle la lâche un peu brusquement avant de passer la sienne dans ses cheveux. Son regard glissant sur la place vide autour d'eux. Je devrais peut-être y aller. Il est tard. qu'elle dit déjà en se déplaçant avant de revenir sur ses pas, ridicule, parce qu'elle pense tout juste à quelque chose. Au fait. Le doigt levé vers lui, comme s'il n'avait pas compris qu'elle lui parlait à lui. Oublie pas de marcher quand tu sens une crise arriver. et sur ces mots elle s'éloigne, non sans vouloir se baffer, se trouvant soudainement ridicule autant parce qu'elle venait littéralement de fuir ses compliments, ses remerciements, que parce qu'elle trouvait sa dernière intervention complètement idiote.

Débile.

Débile. Débile. Débile.

Et avoir l'air bête, May détestait ça.

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