Even devils need mourning - River & Inaya
MessageSujet: (#) Even devils need mourning - River & Inaya     Mer 13 Juin - 23:08
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- Avec tout le respect que je vous dois, madame ...

Le sourire d'Inaya s'élargit de plus belle, un signe suffisant pour que son interlocuteur, malgré son agacement manifeste, s'interrompt aussitôt. La seconde de l'Helios n'est jamais aussi dangereuse pour un contradicteur que lorsqu'elle ne montre pas le moindre signe d'agacement.

- Non.

- Pardon, madame ?

- Soyez un peu franc, Connor. Je ne suis qu'une pauvre idiote incapable de mesurer la valeur inestimable de votre projet, n'est-ce-pas ce que vous souhaiteriez vraiment dire ?


Sans laisser le temps au chercheur médusé de rétorquer, elle fait apparaître sur l'un des écrans qui couvre les murs de son bureau une longue liste de chiffres et de graphes.

- Savez-vous combien de projets tout aussi vitaux, urgents et visionnaires, à en croire leurs défenseurs, devraient être amputés d'une part non négligeable de leurs moyens si je vous donnais cette carte blanche que vous réclamez avec tant d"insistance ? Des projets qui, je me dois d'ajouter, disposent de preuves empiriques bien plus avancées que les vôtres, et s'inscrivent directement dans la lignée des grands projets de notre amirale. Cinq, dont un sur l'amélioration de la fiabilité du supraliminique, deux relevant de l'alimentation énergétique future de Qiang ... Vous commencez à voir le tableau ?


Visiblement embarrassé, son énervement douché par la rhétorique froidement pragmatique et réaliste de sa supérieur, le scientifique se masse nerveusement les poignets. Avec un léger soupir, Inaya se repose contre le dossier de son fauteuil. La leçon a été entendue, et cette fois pour de bon, elle ne peut que l'espérer. Le sieur O'Reilly appartient à cette espèce aussi agaçante que fascinante des rêveurs géniaux. Et les mêmes traits qui les rendent indispensables à la recherche sur le long terme les rendent difficile à gérer au quotidien. Cadrer sans entraver, orienter sans obstruer ... un art délicat. Son ton s'adoucit, alors qu'elle adopte une mine compréhensive. Helios, la Fédération, la science ont encore besoin du bougre lunaire.

- Je ne souhaiterais rien de mieux que de vous accorder ce que vous demandez. Mais si nos ancêtres pouvaient se permettre de dépenser des fortunes en poursuivant des chimères ou en s'égarant pendant des lustres, ce n'est plus notre cas. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser l'efficacité occulter l'efficience, pas sans gaspiller des ressources que nous ne saurions aisément remplacer.

L'interruption qui s'ensuit n'est que factice. D'emblée, elle savait déjà où elle souhaitait mener cet échange. Mais il n'est jamais inutile d'éviter de paraître trop calculatrice ...

- Du moment que vous atteignez les objectifs qui vous sont assignés, je ne demanderais pas le détail de l'agenda de votre équipe. Vous le savez bien, non ? Revenez me voir avec des preuves solides, tangibles, de votre théorie. Mieux, prouvez-moi que vous pourriez le faire, avec des effectifs raisonnables, et je soutiendrais moi-même votre projet devant la capitaine Frye. Peut-être même pourrais-je faire un tour la semaine prochaine dans votre laboratoire, pour que vous me montriez ce que vous avez réuni ?

C'est d'une main plus sûre qu'il s'empresse d'acquiescer et de prendre congé. Et un scientifique cadré et satisfait, un ! Inaya s'empresse de se masser les tempes, une fois sûre de sa solitude. Ménager les ego autant que diriger les élans d'une horde de génies nébuleux et de bidouilleurs inconscient s'avère aussi délicat qu'épuisant, et incroyablement chronophage ! C'est tout juste si elle peut encore se dégager quelques heures par-ci, par-là, pour poursuivre ses propres marottes scientifiques, quelques projets parfaitement mineurs mais néanmoins intéressants, des esquisses inachevées de son propre service en tant qu'ingénieure. La rançon du pouvoir, sans l'ombre d'un doute. Un soldat qui monte en grade passera de moins de temps à combattre, un pilote à naviguer, et une scientifique à rechercher ... C'est ainsi. C'est leur rôle ... et le sien est de filtrer ce genre de soucis avant qu'ils n'attirent l'attention de sa supérieure. Un filtre ... ou une soupape, c'est un peu le rôle du second, non ?

L'évocation de River ne l'émeut pas outre mesure, pas consciemment. Ce n'est qu'après plusieurs minutes à étudier la même page sur le dernier projet de myciculture, sans retenir le moindre mot, qu'elle finit par l'admettre. Oui, elle s'inquiète, et bien au-delà de la loyauté exigée par leurs fonctions respectives. Peut-être mieux que personne sur la flotte toute entière, désormais, elle sait à quel point la capitaine, malgré tous ses atouts et ses ambitions, malgré tout son pouvoir, reste humaine. Faillible. Comme elle. Même pour elles, certaines choses sont difficiles à encaisser. Même pour elles, la famille reste une entité unique, irremplaçable. Même pour elles, certaines pertes ne s'acceptent si facilement que ça. Et qu'importe les apparences qu'elles se donnent ...

Elle ne peut s'empêcher d'hésiter, malgré tout. Rien ne l'empêche objectivement d'aller toquer à la porte de la cabine la plus luxueuse du vaisseau. Elle s'est déjà attardée au travail bien plus tard que requis, ou même prévu. Personne ne trouverait à redire ou à jaser si elle lui rendait visite. Quoi de plus normal, considérant leurs fonctions respectives ? Mais quelque chose ne l'en entrave pas moins. Un zeste de pudeur, peut-être ? Renonçant à tenter de comprendre, elle chasse ses scrupules idiots et quitte son office. Un regard à l'heure lui arrache un soupir théâtral. 20h45, rien que ça. Elle s'est vraiment déjà trop attardée pour son propre bien. Elle pourrait prendre le temps de se reposer, une douche pour se détendre et se changer les idées ... mais un pressentiment l'en empêche. River a besoin d'elle, elle le sent. C'est tout juste si elle passe par sa propre cabine pour délaisser son uniforme de service pour une tenue civile.

D'une main ferme, elle actionne l'interrupteur, annonçant sa présence à l'occupante des lieux. Enfin, si elle est bien à l'intérieur ... Plusieurs longs instants s'écoulent, avant que la porte ne coulisse, révélant une silhouette familière. Elle la salue aussi tôt, un réflexe bien trop ancré pour qu'elle ne le refrène ... non pas qu'elle le veuille, en fait. C'est autant une marque de respect sincère qu'un clin d'oeil ironique, une référence affectueuse à leur première rencontre, et à toutes les entrevues qui s'en sont suivies, parfois dans une ambiance bien différente ... Mais cette fois-là, il n'y a pas de trait d'humour pour souligner la plaisanterie. Un simple regard suffit à lui faire ravaler sa répartie. C'est ce verre de vin qu'elle devine ne pas être le premier, ces petits détails dans sa démarche et sa posture, cette lueur dans son regard ... Sans un mot, Inaya franchit le seuil et laisse la porte se refermer, avant d'étreindre River. Au diable le protocole, au diable la hiérarchie. Ce soir, ce n'est pas la capitaine, ni l'ambitieuse, ni la patronne, ni la complice qu'elle a devant elle. Ce soir, c'est une amie qui vient de perdre l'irremplaçable.

Même dans leur univers de gris nuancés et variés, certaines choses sont sacrées.
MessageSujet: (#) Re: Even devils need mourning - River & Inaya     Ven 22 Juin - 12:28
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La sensation que le fondre s’effondre sous ses pieds, que, lorsqu’ils sont partis, un trou béant se creusait dans son âme. En quittant la flotte, son mari et sa fille ont emportés une partie d’elle-même avec eux. Pourtant, River est restée digne, droite, froide, à l’image de celle qu’elle est en public, de ce personnage façonné au fil des années. Une facette publique immuable. Elle a retenu ses larmes, sa peine, éludant toute sensation déplaisante. Elle s’est concentré sur son travail, sur son poste, sur sa tâche. Elle en a même été plus froide, plus tranchante, plus dure, simplement parce qu’au fond d’elle, pulsait une vive douleur. « Capitaine Frye… » « Quoi ? » A-t-elle demandé, sans même relever les yeux vers la personne osant briser son moment de concentration, dans son bureau, en fin d’après-midi. « Nous aurons besoin de votre approbation sur quelques travaux… » Demande la jeune femme, intimidée, comme tous le sont, par River. « Plus tard, je suis occupé » Répond t-elle, sèchement, toujours concentré sur ses calculs et autres données, sur sa tablette posée sur son bureau. « Oui, bien sur c’est juste que… » Mais River s’exaspère et relève cette fois les yeux pour fusiller du regard son interlocutrice qu’elle trouve un peu trop entreprenante. Un peu trop culotté. Oui car même si River donne une apparence accessible, bien que froide, il n’en est pas moins connu qu’elle gère son vaisseau d’une main de fer, bien qu’avec des manières adoucis. Elle a bien compris que pour s’imposer sur la flotte, la gentillesse n’est pas la meilleure technique. Certainement pas sa technique, en tout cas, bien que souvent, Inaya arrive à édulcorer ses éventuelles pulsions sévères. « J’ai dit plus tard. » La jeune femme baisse les yeux, serrant contre elle ses dossiers. River peut même la voir rougir. « Oui, bien sur capitaine, excusez-moi, bonne fin de journée » avant de se retirer, refermant derrière elle la porte en verre du bureau.

Lasse, soudain, la quarantenaire vient poser ses doigts sur ses tempes qu’elle masse doucement. Bien qu’elle soit connue pour un côté un brin autoritaire, jamais elle n’est réellement sèche à ce point, conservant une certaine sympathie, bien souvent feinte. Mais depuis le départ de sa seule famille, tout est sujet à l’irriter. Simplement parce que sa peine reste enfouie en elle, sans qu’elle s’autorise à la faire sortir une bonne fois pour toute. Quelques élans d’abandon, dans sa cabine, mais rien de suffisant pour apaiser la colère et la terrible peine stagnant en elle. Fermant un instant les yeux, elle peut sentir le besoin de se laisser aller, de ne plus penser à rien, qui se fait de plus en plus pressant. Relevant le regard pour le perdre un instant sur le blanc immaculé de son bureau, elle finit par se lever. Enregistrant ses travaux, elle récupère sa veste de tailleur claire, qu’elle enfile sur ses épaules avant d’éteindre son poste de travail et la lumière du lieu, pour s’en éclipser rapidement.

Avisant Inaya en plein tête à tête avec un scientifique, elle lui fait un simple signe de la main, l’avisant de son départ, alors qu’elle quitte le poste de pilotage et les bureaux jouxtant ce dernier, pour rejoindre sa cabine. La quiétude de sa cabine, mais allant de pair, la solitude de cette dernière. Passant la porte de son logement, elle se débarrasse de ses talons, de sa veste, pour gagner l’espace chambre et s’asseoir sur le bord de son lit. Dans l’air, flotte encore l’odeur d’Ambroise, qui l’avait rejoint lorsque la consigne de faire cabine commune, incitant aux colocations les membres de la flotte, avait été diffusée à tous. River en s’en était ni offusqué, ni excitée, elle s’était simplement réjouit de retrouver un peu de proximité avec celui avec lequel elle était tant complice. Avec qui elle le serait encore, s’il était resté. Mais si elle a accepté son départ, l’incitant à accompagner leur fille, ‘c’est pour le bien de cette dernière. Pour qu’elle puisse avoir une vie meilleure, plus épanouie. Bien consciente qu’elle ne pourra plus jamais avoir de nouvelles, savoir si cela n’a serait-ce que fonctionné, sans risquer de compromettre leurs nouvelles identités. Elle leur a dit adieu, pour de bon.

Un long soupir lui échappe, alors que déjà, elle se redresse pour se débarrasser de ses vêtements et passer sur son corps nu, une simple nuisette satinée, dans les tons poudrés, enfilé par-dessus, une robe de chambre assortie, dans la même matière précieuse. Tout, ici, dans la vie de River, comme dans sa garde-robe ou encore dans sa cabine, respire le luxe et la réussite. Celle professionnelle, celle de l’ambition. Gagnant sa coiffeuse, devant laquelle elle prend place, elle coiffe lentement ses cheveux, constatant le peu d’attrait de son reflet. Ici, dans l’intimité, la fatigue retombe, la lassitude, la peine, aussi qui fait briller ses yeux clairs. Elle attache simplement sa tignasse rousse, avant de gagner une petite table, près de son canapé, pour se servir un verre d’un vin blanc doux dégoté au marché noir. Le premier, elle l’avale d’une traite, comme pour redonner un peu de couleur à son teint de nature pâle. Le second, elle entame de le savourer, avant de se laisser choir dans le canapé.

L’heure défile, les gorgées s’enchainent, elle n’a plus aucune notion du temps. Ce n’est que lorsque l’espère de sonnette de sa cabine retentie, qu’elle sort de sa léthargie. « Qui est-ce ? » Demande-t-elle, d’une voix détachée, à son Charlie. « Vice-capitaine Inaya Ayyouch » Répond Charlie, du tac au tac. River entame alors de se redresser, vacillant légèrement en sentant les effluves de l’alcool lui montant à la tête bien plus vite qu’à l’accoutumer. Certainement à cause de la fatigue qu’elle accumule, longues nuits d’insomnies. Lorsqu’elle ouvre la porte sur la silhouette bien connue de la vice-capitaine, elle ne sourit pourtant pas, s’écartant pour lui permettre d’entrer. River n’a plus le cœur à sourire. La porte se refermant derrière la jeune femme, la capitaine reste droite, face à elle. Doit-elle dire quelque chose ? Avouer à quel point elle souffre ? Se confier comme elle l’a toujours fait, auprès de la jeune femme ? Elle en demeure stoïque, jusqu’à ce que les bras d’Inaya viennent l’entourer. Jusqu’à ce que l’étreinte dont elle l’affuble soit comme un baume sur son cœur. Un peu de tendresse, là où elle s’est senti lacéré par le départ de sa famille. Fermant les yeux, elle entoure à son tour la silhouette fine d’Inaya, tandis que fermant les yeux, elle se repaît de son odeur. Il y a quelque chose de familier chez elle, quelque chose de rassurant. Simplement parce qu’au-delà d’être régit par les mêmes idéaux, elles ont été proches. Amantes, à deux doigts d’offrir à leurs cœurs un brin de sentiments, vite avorté. « Tu n’as pas à me voir comme ça… » Murmure-t-elle. La voir aussi pitoyable, aussi triste. River aime être cet être plein de panache, affichant sans mal un charisme naturel. Son humanité en étant presque tabou.

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MessageSujet: (#) Re: Even devils need mourning - River & Inaya     Sam 23 Juin - 19:40
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Un soupir triste.

Il lui échappe involontairement. Un bref instant, elle regrette d'être venue. Parce que River a bien raison. Elle n'a pas à la voir comme ça. Ce n'est pas sa responsabilité, ni son fardeau. Pas alors que cette scène pourrait réveiller certaines ... douleurs, mal enfouies, trop rapidement. Et pourtant ... pourtant, il y a tellement de raisons pour lesquelles elle doit rester. Pragmatisme, opportunisme, clientélisme, raison, prudence, nostalgie, amitié, sentimentalisme, et tant d'autres encore. Elle fait ce qu'il y a à faire, elle le sait, malgré ce léger doute qui la tenaille encore. Pas seulement pour River, mais aussi pour elle-même. La seconde a besoin de sa capitaine, l'ambitieuse de sa patronne, la scientifique de sa directrice, la solitaire de sa semblable. Inaya a autant besoin de River que Frye d'Ayyouch, et peut-être plus. Elle pourrait survivre seule, oui.

Mais survivre n'est pas vivre, ni même régner.

Tout cela, elle ne le dit pas. Moins par dissimulation, tant toutes deux ne font pas mystère de leur relation lorsqu'elles sont seules, que par pudeur et tact. Ce n'est pas le moment. Elle l'étreint un peu plus, calant la tête de l'endeuillée contre son torse. Elle ne manque jamais d'être surprise, malgré elle, par leur écart de taille, comme un reflet déformé, inversé, de leurs statuts mutuels, de leurs positions. Doucement, elle répond, presque à son oreille :

- Demain, j'aurais oublié.

Elle ferme les yeux, un sourire amer sur les lèvres. Comme si elle pouvait oublier quoi que ce soit. Comme si son esprit parfois trop vif, trop énergique pour son propre bien, pouvait faire l'impasse, effacer ce qui l'encombrait. Mais ce n'est pas le sens littéral qu'elle cherche à convier, à cet instant.

- Demain tu seras à nouveau la cheftaine incontestée et incontestable de l'Helios. Demain je serai à nouveau ta fidèle seconde ambitieuse et pragmatique. Demain, tout sera à nouveau comme il se doit, comme il devrait être. Mais ce soir ... ce soir, tu peux avoir mal. Tu peux te mettre au niveau d'une arriviste plébéienne parvenue. Parfois ...

Parfois, il faut savoir prendre un instant pour être humaine, vulnérable. Voilà ce qu'elle aurait voulu dire. Mais les mots s'étranglent dans sa gorge. Quelle hypocrisie. C'est une vanne qu'elle n'ose pas ouvrir elle-même, de peur d'être submergée, de se noyer sans espoir d'une berge salvatrice. De quel droit la conseillerait-elle à celle qui est sa supérieure autant que son amie ? Elle s'efforce de ne pas penser à un sas qui s'ouvre, à des braises qui finissent de se consumer. Elle s'efforce d'oublier. Juste pour une heure ou deux. Elle les avait déjà perdus depuis longtemps, sans même l'avoir réalisé.

Pas River.
MessageSujet: (#) Re: Even devils need mourning - River & Inaya     Dim 1 Juil - 17:09
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River s’accroche à Inaya avec la force d’une désespérée, alors que sa tête s’enfouie contre son buste, qu’elle se repait de sa chaleur. Une chaleur familière, une présence familière, ayant eu une place particulière dans la vie privée de River, ayant toujours une place particulière, finalement, bien que différente. Avec un peu plus de distance, parfois et un peu plus d’implication, à d’autres moments. Un de ces moments là, ce soir, puisque Inaya comprend. Inaya sait, ce qu’il s’est passé, le départ de la famille de River n’est un secret pour personne. Mais la douleur de la capitaine, elle, est parfaitement bien cachée, par ses soins. Elle refuse de se montrer vulnérable, infligée, chancelante. Elle refuse de se laisser abattre, lorsqu’elle passe la porte de sa cabine. Mais ici, Inaya est dans son espace, dans cette partie intime de sa vie et de son quotidien et naturellement, River lui offre une part de ses blessures. Parce que face à la jeune femme, elle est incapable de se cacher bien longtemps, de conserver le masque de froideur qu’elle affiche depuis des années. Elle est incapable de rester de marbre.

Les paroles de la brune sont rassurantes, elles ont quelque chose de bienveillant, qui passe un peu de baume sur le cœur abîmé de la capitaine de l’Helios. Oui, demain sera un autre jour, où se comporter comme d’ordinaire, où afficher le même flegme que d’habitude. Mais ce soir, River n’arrive plus à faire semblant d’être inébranlable. Les exceptions sont rares, mais n’en demeurent pas moins existantes.
Alors qu’elle ferme les yeux, une larme roule sur sa joue. Une larme de cette faiblesse qui l’assaille, bien vite rattrapé par un léger gloussement lorsque Inaya évoque l’arriviste plébéienne. Elle a le don de savoir utiliser les bons mots, toujours. De savoir quoi dire, au bon moment. En tout cas, c’st l’impression que cela donne à River qui voit en Inaya une force supplémentaire dans sa vie. Un roc. « Tu as raison… Une fois de plus… » Avoue River d’une voix chancelante. « Je n’aime juste pas être… Comme ça » Triste, faible, affligée. Qu’importe les qualificatifs, ils mènent tous à une même vérité. Elle n’aime pas se sentir vulnérable, mais si elle doit l’être face à quelqu’un, autant que cela soit face à Inaya, en qui elle a placée toute sa confiance.

Reculant son visage du buste de la jeune femme, pour se redresser, River essuie ses bribes de larmes de la paume de la main, avant de lever son regard clair vers la jeune femme en face d’elle. « Merci » Avoue t-elle simplement, avant de relever sa main libre pour la poser sur la joue de sa vice-capitaine. « Merci d’être là, même lorsque je me targue de ne pas en avoir besoin » Parce que dieu sait que la fierté de River est un obstacle à beaucoup de choses. Une fierté pas toujours mal placée, mais qui peut l’empêcher de faire face à certains de ses actes, de ses paroles, ou même de ses faiblesses. Elle fixe la jeune femme de ses yeux clairs, un instant, avant d’abaisser les mains pour reculer un peu et se diriger vers le petit guéridon comprenant un plateau d’argent avec dessus, une bouteille de vin blanc, bien entamée et un deuxième verre de vin. Mais aussi une carafe de whisky, encore intacte. « Tu veux boire quelque chose ? » Demande-t-elle, sans véritablement attendre la réponse de la jeune femme pour lui servir un verre de vin blanc, sachant qu’elle aime cette boisson défendue, autant qu’elle. « Je suis parti un peu précipitamment, j’espère que tu n’as pas eu de souci avec ce scientifique ? dont j’ai oublié le nom, d’ailleurs » Demande-t-elle, toujours dos à la jeune femme, avant de se tourner enfin, le verre de vin à la main, pour s’approcher de nouveau. Parler encore un peu du travail, de la fin de journée, pour ne pas tout de suite faire face à sa peine, ou l’éluder, un peu. Un peu trop ?


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MessageSujet: (#) Re: Even devils need mourning - River & Inaya     Dim 8 Juil - 18:31
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A sa plus grande surprise, Inaya sent un infime soulagement monter, presque imperceptible, né de l'étreinte qu'elles partagent. Peut-être en avait-elle besoin, elle aussi ? L'idée dérangeante, elle s'empresse de la caler dans les frontières de l'inconscient. Pas ici, pas maintenant.

Elle laisse River se dégager sans entraves ni assistance, tout juste une pointe de regret qu'elle s'empresse de cacher. Cet enlacement, ce regard si proche du sien, le contact de ses doigts sur sa peau ... autant de stimuli qui ne peuvent que ressusciter certaines mémoires, certains souvenirs ô combien agréables et plaisants d'une autre époque, maintenant révolue. Du regret ? Non, de la nostalgie, douce, sans amertume. Leur décision était la bonne, sur tous les aspects valables. Agir autrement n'aurait été qu'inconscience et folie, sans commune mesure avec les bénéfices qu'elles en tiraient. Son regard ne s'en trouble pas moins l'espace de quelques battements, avant qu'elle ne se ressaisisse. C'est avec un sourire compréhensif qu'elle accueille les remerciements de sa capitaine.

- Je te connais trop bien pour avaler ce bluff-là, ma chère ...

L'être humain est un animal sociable, et tout le reste ... C'est du ressort des psychologues ou sociologues, pas d'une spécialiste en traitement de données énergétiques, mais Inaya dispose en la matière d'un savoir artisanal, empirique, forgé sur le tas. C'est l'une des raisons qui l'a amenée à frapper à cette porte, à étreindre sa cheftaine endeuillée. Et c'est pour ce même motif, en partie, qu'elle s'empresse d'accepter la proposition de boisson. Car si River déteste bien une chose, c'est de perdre le contrôle, d'être redevable. Inaya ? Sa fierté sait s'accommoder des dettes et des subordinations, inesquivables dès lors qu'on entame l'ascension d'une parvenue. Et puis ce n'est pas n'importe quelle despote. C'est River. Une tyrannie plus qu'appréciable, qui vaut bien un bon mot ponctué d'un clin d’œil.

- Ah ! Et moi qui espérais commencer à effacer ma dette !

Mais elle aurait accepté sa proposition de toute façon. Car la cave, même si ce mot est aussi inadéquat que désuet, de la dame Frye est d'une grande qualité, bien loin des alcools frelatés qui font l'ordinaire d'Inaya, lors de ses virées nocturnes. Un plaisir rare, et d'autant plus précieux. Pas dupe de la diversion de sa supérieure, elle se laisse néanmoins entraîner sur ce terrain. Si ça l'aide à se détendre, ainsi soit-il.

- Connor O'Reilly. Pur produit Irlandais, si ça a encore un sens de nos jours ... Merci.

D'une main agile, elle s'empare du verre et goûte le cru. Délicieux, comme toujours. S'arrachant à sa dégustation, elle adresse un regard faussement suppliant à la rousse.

- Pitié, cap'taine, le jour où je ne peux plus gérer un scientifique illuminé idéaliste, débarque-moi de mon poste sur-le-champ. J'ose espérer que j'aurais l'esprit de le faire moi-même !

C'est peut-être l'une des rares choses qui l'effraient vraiment. Bien plus que sa cécité naissante, ou même que la mort. L'idée même de perdre la tête, de sentir son esprit se dérober, devenir sénile. Frissonnant malgré elle, Inaya s'empresse de boire une petite gorgée pour chasser la pensée. Elle saisit la main de River pour l'entraîner jusqu'au luxueux canapé. Avachie confortablement sur le sofa familier, elle lâche un soupir sincère, bien qu'un rien théâtral.

- Tu connais la routine. Un esprit brillant persuadé d'être sur le point de faire une avancée révolutionnaire, il lui faut les financements sur-le-champ, c'est urgent, et la sérénade habituelle ...

Machinalement, elle masse la main de son amie, alors que son propre regard se perd un peu dans le vide.

- Il est pas méchant, juste ... dans son monde. La flotte a besoin de gens qui savent garder leurs bottes sur le plancher, River. Toi, moi. Perdues parmi cette masse d'aveugles, de bourrins et d'idéalistes, parfois les trois. Toi et moi, capitaine.

Nous ne sommes pas seules au monde. Pas encore.
MessageSujet: (#) Re: Even devils need mourning - River & Inaya     

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