Blame it on the song - Rosa
MessageSujet: (#) Blame it on the song - Rosa     Ven 8 Juin - 1:13
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Vince ne se rappelait même pas avoir vu les affiches, supposées être devant le bar, indiquant la soirée karaoké qu’il devait subir en ce moment même. En vérité, il ne se rappelait pas avoir fait même attention à ce qui se déroulait autour de lui, lorsqu’il était venu commander sa première consommation, sans personne pour l'accompagner, juste histoire de boire un coup pour se détendre avant de retrouver le chaos organisé de sa cabine. Il se rappelait vaguement avoir signalé au barman que le groupe du soir était pourri, s’attirant un éclat de rire de la part du tenancier qui eut l’air de trouver la blague hilarante, puis avoir replongé son nez dans son verre, renfrogné. Il n’était pas venu ici pour qu’on se paye sa tronche. Il lui fallu un verre de plus pour comprendre ce qu’il se passait réellement autour de lui, puis un autre encore pour commencer à applaudir avec les autres, comprenant enfin que sa blague involontaire pouvait effectivement être drôle, vu comme ça.

Cependant, il fallu les efforts conjugués de l’un des barman et de l’animateur de la soirée pour accepter son sort de victime désignée, se lever, et rejoindre le micro tendu vers lui. Comme la plupart des gens, l’animateur faisait bien une tête de moins que lui et ne manqua pas de faire une plaisanterie dessus avant de lui laisser le choix de sa chanson, ce que Vince lui donna sans hésiter. Il n’avait pas pu s’empêcher de réfléchir à ce qu’il pourrait bien chanter, à la place de ces gus, et avait arrêté son choix depuis une dizaine de minutes sur une chanson très à la mode dans les soirée de sa jeunesse, mais qui ne passait plus que rarement dans les fêtes des jeunes. Une musique entraînante, un peu dure à chanter, mais qui ne résisterait sans doute pas à son enthousiasme soudain. Du moins le pensait-il. On lui demanda de dédier sa chanson et il n’eut pas la moindre idée d’une personne de sa connaissance à qui l'adresser, même absente.

-Ça va, ça va, marmonna-t-il à l’adresse de l'animateur, un peu trop encourageant. Je dédie cette chanson à la jolie fille assise toute seule au bar, puisque visiblement aucun moustachu ne me cassera la gueule pour ça ce soir.

Cette déclaration fut suivie de quelques sifflements et éclats de rire, quelques piliers de bar se rappelant d’un harangueur politique qui avait mal terminé sa soirée en voulant s’en prendre à la jeune femme. Cependant, la raison pour laquelle il l’avait choisie elle n’avait rien à voir avec une quelconque provocation ou moquerie. Il avait fait la blague parce qu’elle était de circonstance, mais la dédicace lui revenait principalement parce que malgré le fait qu’il était certain de ne lui avoir jamais parlé, son visage lui était familier, à force de la voir ici, mais aussi parce qu’elle était seule, ce soir.

Une fois cela fait, la musique démarra et Vince n’eut d’autre choix que de chanter. Bien entendu, sa performance laissa grandement à désirer, cependant il mit une louable énergie et un enthousiasme certain à chanter cette chanson, comme s’il était effectivement encore un étudiant en train de faire la fête sur un gros succès de l'époque. Il tint bon, fit de son mieux pour éviter de regarder le score qui grimpait bien trop doucement, puis se fit reprendre le micro avec une tape dans le dos et un commentaire encourageant dès que la musique s'arrêta. On l’applaudit, par politesse ou nostalgie, mais sa seule idée en cet instant était de redresser le tort qu’il venait de commettre, se dirigeant droit vers la douanière, à côté de laquelle il prit place.

-Je suis désolé pour ça, j'évite ce genre de soirée, habituellement, commença-t-il avant de se tourner vers le barman qui laissait traîner une oreille, sers lui ce qu’elle veut, pour me faire pardonner. Il sourit. Au moins la chanson était bien. Je m’appelle Vince, au fait.

Il n’y avait plus que deux solutions désormais, soit elle le prenait bien et là soirée pouvait rester positive, soit elle l’envoyait bouler et il n’aurait plus qu’à aller bouder de l’autre côté de la salle. Voilà pourquoi il esquivait les soirées karaoké.
MessageSujet: (#) Re: Blame it on the song - Rosa     Jeu 14 Juin - 22:24
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Avec le temps, elle avait appris à apprécier les soirées karaoké. Même si c’était généralement pourri, peuplé d’ivrognes dénués de talent et que ça brisait parfois les tympans, il y avait un certain charme à l’inaptitude et à la médiocrité musicale stellarienne qui faisait en sorte qu’elle n’évitait plus ce bar autant qu’avant pendant ce type d’événement. Attablée au bar devant deux verres à elle toute seule – ce genre d’établissement, loin d’accoter les cocktails trou noir de Crius, était le genre où l’on commandait une bière et un shot de piètre qualité à répétition –, son attention n’est attirée que par les sifflements insistants de la foule alors qu’un grand gaillard se faisait pousser sur la scène. Il semblait visiblement peu à l’aise dans l’immédiat; amusée, Rosalija porte son attention sur la situation, coude sur le bar, le menton appuyé dans sa main. Avoir l’air distingué était le moindre de ses soucis, après tout. Le gars dédie sa chanson à quelque gonzesse, ce qui arrache à la douanière une sorte de rire jaune. La pauvre fille, ne peut-elle s’empêcher de penser, tournant son menton dans sa paume pour observer derrière elle qui pouvait bien avoir eu la chance d’être la cible du chanteur du dimanche. Mais dans son dos, il n’y avait qu’une paire de dockers aigris et un type qui regardait les nouvelles en sourdine sur son terminal en sirotant sa bière, et c’est les yeux écarquillés qu’elle reporte son attention vers l’avant, comprenant soudainement la mention de moustachu. Les éclats de rire n’aident pas à ce qu’elle se sente particulièrement à l’aise, sentant ses joues rosir. Encore un endroit qu’elle devrait rayer de sa rotation. Dommage, parce que la chanson qu’elle entend, si mal interprétée soit-elle, fait naître une sorte de nostalgie qui lui laisse croire que le chanteur amateur et elle partagent au moins une chose : une tranche d’âge.

Elle engloutit une impressionnante dernière gorgée et le shot lorsqu’elle remarque que l’homme s’approche, prête à filer en douce, mais il se montre plus rapide, s’installant sur le siège voisin. « C’marrant, pas moi, mais je te dirais qu’à partir de maintenant ça risque de changer. » Désormais coincée entre le sourire entendu du barman, qui exécute aussitôt la demande de l’homme, et celui qu’elle connaissait désormais sous le nom de Vince, elle abdique dans un soupir résigné. « La même chose, puisqu’il insiste », fait-elle au barman alors qu’il ramasse les cadavres de son début de soirée. La douanière se redresse dans son siège, un coude sur le bar, daignant pour la première fois croiser le regard de son invité impromptu comme si elle espérait y trouver une éclaircie quant à ce qui le poussait à ce genre de folie. « Rosa. » Elle accuse un bref silence. « Est-ce que je t’ai déjà vu quelque part…? L’académie? » Il avait un gabarit de militaire, l’allure, aussi; ça ne l’aurait pas étonnée, dans un sens. Elle remercie le tenancier qui lui tend ce qu’elle avait demandé, puis reporter son attention sur Vince. En arrière-plan, quelqu’un d’autre choisit une chanson pour reprendre le flambeau musical. « Écoute », fait-elle finalement après une première gorgée. Sur ses lèvres se dessinent un petit sourire gêné, et elle ramène ses cheveux derrière ses oreilles d’un geste absent. « J’apprécie, vraiment, mais j’suis pas douée pour faire semblant, bavarder de façon superficielle, tout ça. Fais juste me dire ce que t’attends de cette non-conversation, et je verrai si j’suis la bonne personne pour ça. » Au risque de paraître cynique et blasée, apprendre à connaître de nouvelles personnes, à son âge, était une tâche plus qu’un plaisir dans la plupart des cas. Elle n’était pas sotte, et elle n’avait pas besoin d’avoir un ego surdimensionné pour capter que l’interaction était une tentative de drague – ou du moins c’était ce qu’elle percevait.




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MessageSujet: (#) Re: Blame it on the song - Rosa     Ven 15 Juin - 13:27
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À peine avait-elle ouvert la bouche que Vince se retrouva coincé sans savoir à quelle sauce il allait être mangé. Devait-il rire ? Venait-elle de plaisanter ou de lui indiquer subtilement qu'elle n'avait aucune envie de lui parler ? Son soupir semblait confirmer la deuxième hypothèse, mais Vince prit le parti d'en rire, sans pouvoir se débarrasser totalement de son air gêné. Il ne s'imaginait pas avoir à ce point massacré la chanson, mais au moins à présent on ne le forcerait plus à monter sur scène. Sans doute grandement à cause du fait qu'il ferait désormais bien plus attention aux annonces des bars qu'il fréquentait.

-Ouaais je pense qu'on risque pas de me rappeler de si tôt pour chanter de toute façon, tu peux t'épargner cette esquive, plaisanta-t-il.

Au moins il lui restait encore suffisamment d'autodérision pour ne pas mal le prendre. Elle finit par accepter le verre qu'il lui offrait malgré tout, éloignant un peu l'idée qu'elle avait simplement envie qu'il la laisse tranquille et lui offrit même son prénom. Rosa. Encore une fois, ce nom lui sembla familier, comme s'il l'avait déjà entendu sans vraiment s'en être occupé. Étrangement, Rosa semblait partager cette impression de déjà vu avec lui, comme elle le lui prouva en lui demandant s'ils ne s'étaient pas déjà vu. La mention de l'académie emboîta enfin correctement la pièce manquante de son puzzle et une expression entendue apparu sur on visage.

-Ah, je suis pas le seul à avoir cette impression de déjà vu alors ! Oui, c'est possible qu'on se soit déjà croisé là-bas, j'y ai fait mes classes pour entrer à la légion, confirma-t-il en lâchant au passage une information sur lui-même.

Faire connaissance c'était un peu ça également, lâcher des informations, laisser à l'autre de quoi réagir. « Oh tu fais partie de la légion ? Cool ! Alors c'est comment l'espace ? » ; « Ah t'es légionnaire ? Je suis pas fan, vous êtes souvent trop arrogant ». Du positif, du négatif, de quoi amener à une discussion soit sur lui soit sur elle, mais encore une fois elle lui coupa l'herbe sous le pied, armé d'un sourire gêné et d'un déplacement de cheveux stratégique derrière l'oreille. Au lieu de répondre tout de suite, Vince s'accouda d'un bras sur le bar, décalant son poids sur celui-ci alors que son corps restait tourné vers elle, toujours dans une position ouverte, malgré un regard désormais assez interrogatif et confus.

Vince n'était pas exactement l'animal le plus sociable de la flotte, mais il se demanda instantanément ce qu'avait bien pu vivre cette femme pour tout de suite s'imaginer qu'il attendait quelque chose de cette « non conversation », comme elle le disait. Est-ce qu'elle s'était déjà faite harceler dans un bar ? Ou bien avait-elle été déçue des quelques rencontres qu'elle avait pu y faire ? Vince n'avait pas envie de passer pour un harceleur, ni de lui causer du tort d'une quelconque façon que ce soit. Il l'avait dit, il n'était venu que pour se faire pardonner de sa piètre performance et éventuellement faire connaissance. Il n'attendait rien de précis de sa part. À part peut-être justement une conversation, pour passer le temps. Il se retrouvait donc légèrement désarmé par cette question.

-Ce que j'attends ? Répéta-t-il sur un ton légèrement interrogatif, un demi sourire gêné répondant au sien. Je viens souvent dans les bars après le service, quand je le peux, commença-t-il. Il regarda un instant le verre qu'on lui avait glissé dans la main et prit une gorgée. Du coup je t'y vois assez souvent aussi, seule, accompagnée, pas que je dis que t'as l'air mécontente de pas être accompagnée quand tu l'es hein. Mais voilà, ce soir j'étais là tout seul et toi aussi et quand on m'a demandé de dédier la chanson à quelqu'un, j'avais sincèrement aucune idée de ce que je faisais, juste que t'étais un visage familier et c'est tombé sur toi. Il haussa les épaules, mais retrouva un sourire hésitant. Tu connais la suite, le chanteur était nul, je suis venu t'offrir un verre pour m'excuser. Et pourquoi pas pour faire connaissance, j'avais pas envie de rentrer tout de suite chez moi.

Il reprit une gorgée de son verre et le reposa sur le comptoir avant de pencher la tête sur le côté, légèrement amusé.

-Alors, tu penses que t'es la bonne personne pour ça ? Promis, t'auras même pas besoin de faire semblant, rajouta-t-il.
MessageSujet: (#) Re: Blame it on the song - Rosa     Lun 18 Juin - 22:40
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Ainsi donc elle avait vu juste; c’était sans doute pendant leurs études qu’elle et l’inconnu s’étaient croisés, sans pour autant faire connaissance. Ce n’était pas surprenant – mine de rien, les cohortes de l’Académie étaient plutôt grandes, et connaître tout le monde était impossible, quoique le fait qu’ils ne se soient jamais même adressé la parole dans une fête était surprenant. Ou alors ils avaient oublié; les années passaient, après tout, et les détails s’envolaient à mesure que de nouveaux les remplaçaient. « Cool. » Légionnaire ou pas, ça ne l’impressionnait guère, à vrai dire. Ça leur faisait simplement un point commun en plus, sur lequel ils pourraient se rabattre si la discussion ne débouchait sur rien d’autre, jusqu’à ce qu’elle fasse mine qu’elle était fatiguée et qu’elle parte sans demander son reste. « Je bosse à la douane. » Le col rouge de son uniforme, même défait et rentré vers l’intérieur pour en dissimuler la couleur – code social officieux pour exprimer qu’elle n’était pas en service – trahissait aisément ce détail, bien que dévoiler son grade ne lui semblait pas pertinent. D’aucuns s’en vanteraient; pour sa part, c’était juste démontrer au reste du monde qu’elle avait été assez idiote pour prendre des responsabilités supplémentaires pour une poignée de crédits de plus.

Ce fut finalement pour éviter une soirée pénible qu’elle insista pour mettre les points sur les i. Autant qu’ils sachent tous les deux comment aborder la soirée afin qu’elle se termine de façon satisfaisante pour les deux. S’il voulait partir après un verre, s’enfermer avec elle dans un placard à balai et ne plus jamais la rappeler, soit, mais elle préférait le savoir – pas qu’elle aurait refusé pour autant. L’inconnu et la mauvaise interprétation des intentions d’autrui, d’un sens comme de l’autre, était devenu la source de stress la plus néfaste pour Rosalija, qui préférait amplement rebuter les gens avec son franc-parler plutôt que d’être déçue, encore et toujours. À vrai dire, elle ne pensait pas déstabiliser le légionnaire à ce point. Sa candeur est rafraîchissante, agréable à constater, et laisse sous-entendre qu’il n’est pas en train de lui dire n’importe quoi; Rosa ne réprime pas un haussement de sourcil surpris lorsqu’il s’arrête finalement, visiblement remis du choc d’avoir dû justifier une simple conversation. Pourtant, il reste, reprenant ses mots pour conclure son plaidoyer, ce qui ne manque pas d’arracher à la brune un petit sourire amusé. « OK, ouais, pourquoi pas. » L’euphémisme n’est pas nécessaire, mais elle en use quand même, préférant cette formulation à très bien, raconte-moi ta vie, maintenant avant que, justement, il ne rentre chez lui. « Ta cabine est sur l’Argus? » lui demande-t-elle finalement entre deux gorgées de sa bière, curieuse de savoir s’il avait préféré s’installer dans la convivialité du Columbiad après son temps obligé sur le vaisseau-mère. Elle-même avait décidé d’y élire domicile jusqu’à nouvel ordre, occupant la même cabine que depuis son premier pas à l’Académie, par habitude, mais aussi un peu par paresse.

Il l’avait dit lui-même; elle n’avait pas besoin de faire semblant. Au sens large, l’expression pouvait aisément être interprétée comme sois authentique, ce qu’elle ne s’empêchait pas de faire, généralement. Il y avait toutefois quelque chose d’étrangement libérateur dans le fait de pouvoir descendre sa bière à la vitesse voulue sans se sentir jugée. Partiellement en raison de sa descente facile, partiellement à cause du fait qu’elle avait noyé la gêne dans les premières gorgées, elle se retrouvait déjà pratiquement à sec. « Désolée pour ça », fait-elle finalement en hochant la tête, désignant son verre, comme pour dissimuler un certain malaise qui n’en était pas vraiment. « J’ai l’habitude d’avoir des soirées rapides. Genre quelques bières et comater dans mon lit, bosser, rincer, répéter. » Insinuer qu’elle passait son temps à boire sa peine n’était peut-être pas du genre stratégique; elle voulait simplement dire que sans discussion à entretenir, la soirée traînait largement moins. Elle se redresse, croise ses jambes, appuie son coude sur le comptoir, comme si elle tentait d’invoquer ce qui lui restait d’élégance et de ralentir sa consommation. Le degré de succès de cette tentative demeurait encore à prouver. « Je t’ai déjà dit que j’étais nulle pour les conversations de surface. J’sais jamais quoi dire, en vrai. Parler du travail devient redondant, la politique c’est casse-pied. T’as de la famille? » demande-t-elle finalement du tac au tac, estimant la question suffisamment générale pour être évitée si ça le mettait mal à l’aise et assez personnelle pour lancer la discussion sur quelque chose d’intéressant… sans penser qu’elle-même aurait préféré ne pas être confrontée à la même question.




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MessageSujet: (#) Re: Blame it on the song - Rosa     Lun 18 Juin - 23:44
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Le peu d’entrain qu’elle mettait dans ses réponses n’avait rien pour encourager le légionnaire à poursuivre plus avant cette conversation. Son manque de réaction quand il lui dit faire partie de la légion ne l’étonna pas outre mesure, ayant déjà deviné son appartenance à la douane à cause de la sombre sobriété de son uniforme, malgré le col rentré pour signifier qu’elle n’était pas de service. Les différents corps de l’armée se vouaient à une pseudo guerre intestine qui, si elle n’était pas bien violente, suffisait à exciter l’esprit de compétition des uns et des autres. Bien entendu, il allait sans dire que son désir de faire ses preuves n’avait été que stimulé pas la découverte d’une telle rivalité, et qu’il n’avait pas été en reste lorsqu’il avait été question d’encourager les vexations déjà présente. Il n’avait pas vraiment été l’élève le plus agréable de l’académie. Néanmoins il avait fini par se reprendre en main, ce qui était déjà une bonne chose.

Cependant, il apparut bien vite que la distance que conservait Rosa n’était nullement liée à de telles broutilles, mais bien à ses soupçons sur les prétentions que pouvait avoir à propos de leur conversation. Si tant de franc parler le surpris au premier abord, il finit par reprendre contenance pour répondre à sa question sous-jacente. Qu’est-ce que tu veux de moi ? Son discours, bien qu’un peu maladroit, sembla la convaincre et il put même se flatter d’avoir enfin amené un sourire sur le visage de sa vis-à-vis. Un sourire qui appela d’ailleurs le sien lorsqu’elle lui accorda finalement une chance de conversation normale.

-Non, sur le Columbiad, corrigea-t-il. C’est quand même moins austère ! En plus on est plus proche de l’activité. La tienne est sur L’argus ? demanda-t-il.

Il la regarda vider sa bière rapidement sans faire de commentaire, espérant que la conversation ne s’achève pas en même temps que celle-ci, mais il eut le soulagement de s’apercevoir que non lorsqu’elle lui décrivit sa soirée type. Voilà qui collait à peu près avec l’air désabusé qu’elle avait affiché quand il l’avait abordé. Avec sa méfiance aussi, d’ailleurs, quand il y pensait. Elle semblait soit s’ennuyer ferme, soit en avoir assez connu pour ne simplement plus avoir envie de supporter qui que ce soit.

Cependant, avoir une bonne descente était presque un critère de sélection lorsqu’on entrait à l’académie et ses propres collègues féminines de la légion n’hésitaient pas à faire valoir leurs capacités à être les dernières debout à ce genre de jeu lorsque des grandes gueules comme lui l’ouvraient un peu trop. Aussi, il connaissait la réponse adaptée à ce genre de situation. Sans faire de commentaire, il saisit son propre verre déjà entamé et ne le reposa qu’une fois l’avoir terminé, avant de hausser les épaules.

-Oui, je vois le genre, lança-t-il avec un air décontracté.

Tel qu’il le voyait, Rosa n’essayait plus de le faire fuir. Peut-être que ça n’avait même jamais été son intention. Non, Vince voyait autre chose dans son comportement. Elle se projetait à lui, visiblement crue, comme si elle le mettait au défi de se confronter à elle, de supporter l’image qu’elle ne comptait pas dissimuler sous de la fausse coquetterie. Mais Vince n’était pas du genre à reculer devant les défis, ni à battre en retraite devant une certaine forme d’honnêteté brute. Et Vince avait visiblement passé la première étape sans trop de heurts. Comme pour démontrer qu’elle avait malgré tout autre chose en elle que cette image de femme blasée vaguement alcoolique, Rosa se redressa dans une position plus avenante à laquelle Vince se garda bien de réagir. A la place il lâcha un petit rire avant de répondre à sa question.

-Il va nous falloir d’autres bières pour ça je crois, annonça-t-il. J’ai quatre frères, deux sœurs, trois nièces et deux neveux. Tous mes frères et sœurs travaillent dans la science et ceux qui ne sont pas purement scientifiques enseignent l’une ou l’autre discipline en rapport avec les sciences dures. Je suis le plus jeune de tous. Il hocha la tête d’un air entendu et pinça les lèvres, faussement dépité. Fallait bien qu’il y en ait un de normal parmi les génies.

Il fit signe au barman de les resservir. Tant qu’ils étaient là, autant ne pas rester la gorge sèche. Encore une fois, il décidé de ne pas passer à côté de l’occasion de plaisanter sur le manque de conventions sociales qu’elle semblait avoir.

-Ça va, tu t’en sors bien, c’est un grand classique parmi les questions qu’on pose pendant une conversation de surface, déclara-t-il sur un ton faussement encourageant. Normalement c’est le moment où je te renvoie la question, mais à la place je vais plutôt essayer de deviner, ça te va ? Tu me diras si je me plante.

Il attendit qu’on leur resserve une bière, déclarant d’office que les deux étaient sur son compte, puis il se mit à observer Rosa comme si son visage pouvait lui révéler des indices sur sa situation familiale.

-Je dirais que tu as de la famille ici, moins que moi, parce que j’ai jamais vu quelqu’un d’autre qui en avait autant. Hmm Je pense que le goût de la bière te vient pas de nulle part, donc tu aurais… un grand frère ? Un grand frère assez présent qui aurait eu une certaine influence dans ta vie. Hm. Des parents divorcés peut-être ? Ouais ? Ou un peu trop strictes, ça a poussé ton frangin à s’encanailler un peu, mais pour toi on a plus serré la vis, ce qui fait que t’as fini à l’académie malgré ça. Et tu serais d’origine hmmm lunaire ? Non, pas Lunaire, mais pas terrienne non plus. Marsienne du coup. Donc voilà, sur la flotte : tes parents, peut-être divorcés, un frère rebelle qui a eu une forte influence sur toi, qui exerce sans doute une profession libérale, avec qui tu t’entends toujours bien et qui t’incites de temps en temps à la débauche et n’aime pas particulièrement les uniformes, conclut-il finalement, victorieux. T’en dis quoi ?
MessageSujet: (#) Re: Blame it on the song - Rosa     Jeu 21 Juin - 22:28
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Elle ne pouvait pas se targuer de savoir bien cadrer les gens, à en juger par la majorité de son cercle, mais il y avait quelque chose chez Vince qui la faisait tiquer. Rosa l’écoute parler, l’entrain sans doute contagieux pour quiconque n’était pas elle, fronçant vaguement les sourcils comme si ça l’aidait à réfléchir. Elle n’arrive pourtant pas à mettre le doigt dessus, alors qu’il s’empresse de finir son verre d’un seul trait, comme pour la faire sentir moins coupable de boire trop vite. Il avait de la suite dans les idées, on ne pouvait guère lui enlever cela. Un coude sur le dossier de la chaise, l’autre main obstinément collée sur son verre, la douanière peine à dissimuler son étonnement à l’énumération familiale de son interlocuteur. Ça faisait beaucoup de monde, et largement de quoi développer une peur déraisonnable des foules. « Oh, le vilain petit canard », commente-t-elle finalement avec un petit sourire espiègle, vidant d’un trait ce qui restait dans son verre en sachant qu’un autre le remplacerait aussitôt. Le compliment vaguement moqueur lui fait pincer les lèvres, comme si elle retenait une pique acerbe qu’elle n’osait pas extérioriser – Vince avait été sauvé par la cloche de sa propre initiative, à savoir jouer aux devinettes sans le moindre indice, ce que Rosa trouvait particulièrement amusant. « OK, vas-y », l’invite-t-elle alors qu’elle se cale un peu plus dans sa chaise, curieuse de savoir comment son interlocuteur s’en sortirait.

Dire qu’il était hors du champ était un euphémisme.

« Ooooh, presque », fait-elle avec une pointe de sarcasme, faisant tourner le liquide ambré de son shot encore intouché dans le petit verre. « Un point pour le divorce, zéro pour le reste », résume-t-elle en quelques mots, préférant observer le whisky que le visage de son interlocuteur. « Mère militaire, père coincé sur la Terre, mère qui se casse tranquille sur Bethany, remariage, demi-sœur pondue sur la flotte, Rosa constante déception, Allie enfant prodige – j’lui parle, quoi, une fois par année? » diverge-t-elle avant de secouer la tête pour se remettre en piste. « Enfin. La bière c’est juste un dommage collatéral du reste. » Un petit sourire vaguement amusé, mais dissimulant une certaine forme de tristesse passe en un éclair sur son visage, laissant aussitôt place à une risette moqueuse après avoir avalé le shot d’une traite. « B pour l’effort, allez. On fera pas un enquêteur de toi, vu comment t’extrapoles », se moque-t-elle gentiment, portant son verre à ses lèvres. En arrière-plan, quelqu’un d’autre s’apprête à monter sur scène et Rosa y jette un petit coup d’œil curieux sans pour autant s’attarder. La musique démarre et la douanière en profite pour reporter ses yeux sur Vince. « Légionnaire, tu me disais? T’en es à combien de divorces? » le nargue-t-elle, gloussant avec amusement – et sans la moindre gêne – alors qu’elle plonge son nez dans sa bière. Le travail de légionnaire était du genre précaire pour la vie et elle connaissait trop de camarades de classe qui enchaînaient les relations pour ne jamais les conserver. En même temps, quelle genre d’insouciance ou d’utopisme ça prenait pour accepter de fonder une famille avec quelqu’un qui risquait de mourir en service? Personne ne pouvait blâmer ceux qui préféraient la stabilité et la confiance de savoir que personne n’allait frapper à leur porte pour leur dire qu’ils devaient élever leur enfant tout seul. Certes, la question aurait pu paraître insensible, mais elle n’était pas sotte – Vince n’avait pas mentionné de famille à lui, de douce moitié, d’enfant quel qu’il soit, alors elle se lançait, sachant que son irrévérencieuse indiscrétion lui servait d’ultime rempart audacieux.




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Il ne pensait pas être trop loin de la réalité lorsqu’il décrivit ce qu’il pensait être un tableau possible de la vie de famille de Rosa. Cependant, l’exercice n’était pas vraiment destiner à montrer ses talents d’investigateur, mais plutôt à ce que la conversation ne tourne pas à un simple jeu de questions/réponses qui deviendrait rapidement lassant s’il se poursuivait trop longtemps, malgré l’alcool qui faisait de plus en plus son chemin dans son système sanguin déjà bien imbibé par les verres pris avant de monter sur scène. Aussi, lorsqu’elle lui avoua qu’il était quasiment à côté de la plaque pour toutes ses hypothèses, il poussa un grognement de dépit mais ne se tourmenta pas pour autant.

Il écouta ensuite la vérité en hochant la tête de temps en temps, comprenant un peu mieux les penchants alcooliques, pour le coup, ainsi que l’aura amère qu’elle dégageait presque naturellement. Lorsqu’elle en arriva à la conclusion, il poussa un sifflement impressionné. Il y avait pas mal de cas dans la légion, mais Rosa atteignait quand même un bon score dans la catégorie « famille éclatée ». Rien sur lequel il souhaitait plaisanter, cependant. Il y avait des sujets qui fâchaient et celui-ci, jusqu’à preuve du contraire, en serait un. Il lui sembla alors que le moment était bien choisi pour descendre son shot, puis en commanda directement une dizaine de plus, mais sans bière. Cette soirée s’annonçait aussi dévastatrice pour son foie que pour son compte en banque, mais pour le moment il ne regrettait rien. Rosa avait quelque chose de fascinant et il était sûr de ne pas pouvoir blâmer uniquement l’alcool pour cette constatation.

-C’est pas pire qu’autre chose, commenta-t-il seulement, à propos de la bière. Il lui jeta ensuite un regard de reproches, avant de se mettre à bougonner. Eh j’étais pas si loin, j’avais la mère stricte aussi ! Mais un B c’est pas trop mal, ça va.

Pas qu’il était réellement vexé, mais il se privait rarement d’une bonne occasion de râler lorsque celle-ci se présentait. Il attrapa l’un des shot et l’avala d’une traite avant de reposer le verre à l’envers sur le comptoir, ignorant totalement la prochaine personne montant sur scène, lâchant simplement un gloussement qui ne concernait que lui en se rappelant de sa méprise du début de soirée. Il était devenu directement acteur de la médiocrité du « groupe » qui passait. Son regard se redressa sur Rosa environs au moment même où elle reposait les yeux sur lui. La question le fit carrer les épaules, un petit sourire supérieur plaqué sur le visage alors qu’il levait son indexe droit d’un air malin.

-Et là, c’est là qu’on voit que j’aurais mérité d’être premier de la classe. J’ai jamais été assez con pour me marier, sinon pfiouuuf ! affirma-t-il avec une fierté qui n’avait sans doute pas lieu d’être. Pas que j’en ai pas envie mais… il haussa les épaules. Y a toujours un truc qui va pas. Le métier est trop dangereux, ou alors je suis pas assez là parce que je dois passer plusieurs semaines en mission, ou alors j’ai oublié six rendez-vous de suite. Il se renfrogna un peu, pris un nouveau shot et se sentit mieux. Mais je perds pas l’espoir de rencontrer un jour une futur ex madame Altmann

Vince avait toujours été réputé pour perdre toutes ses affaires, constamment, mais son étourderie s’étendait aussi aux rendez-vous ou autres rencontres lorsqu’il se trouvait dans une mauvaise période. Bon, pour cette histoire de six fois de suite, il devait avouer y avoir mis de la mauvaise volonté également, mais pour le reste ça n’était pas vraiment de sa faute ! Il y avait plus de chance qu’il oublie de prendre le cadeau pour un anniversaire plutôt qu’il ne se rappelle tout simplement pas de l’anniversaire en question.

-Mais toi alors ? Tu m’as pas directement envoyé bouler en me disant que t’avais un copain. Est-ce que je peux augmenter ma note sur un B+ en pronostiquant que tu n’as personne ?
MessageSujet: (#) Re: Blame it on the song - Rosa     Jeu 28 Juin - 23:43
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Il y a un petit côté gamin dans la manière d’être de Vince qui la désarçonne tout autant qu’il l’amuse. Peut-être parce qu’elle avait l’habitude de se prendre la tête même dans ses relations les plus proches, de jouer à la politique interne, constamment en train de se dire qu’il vaudrait mieux avoir un pas d’avance. D’autres ne semblaient pas ressentir le même besoin. C’était… rafraîchissant. L’imitant, elle avale son shot d’un coup sec, faisant glisser le verre jusqu’au bord du comptoir pour que le tenancier puisse le ramasser à sa convenance. À sa plus grande surprise, Vince ne semble avoir aucune rancune envers la question pourtant vache qu’elle lui pose, sur un ton plus moqueur qu’il ne méritait de l’être. Sa surprise est invisible sur ses traits, mais quelque part, il y a un déclic qui se fait, comme une réalisation silencieuse. Y avait-il seulement un seuil critique, un point de basculement qui marquerait qu’elle était allée trop loin? C’était dangereux. Sans barème clair, elle tenterait toujours sa chance un peu plus, de façon de plus en plus outrageante. Elle avait toujours fonctionné comme ça – elle connaissait les limites des gens mieux qu’eux-mêmes et savait exactement quand elle les franchissait… et le faisait parfois, par ressentiment, par besoin de faire passer un message. « J’ai l’impression que les rencards oubliés ont rien à voir avec ton job », fait-elle remarquer, le nez dans son verre, avant d’en avaler une gorgée lasse. Pour le reste, elle comprenait. Son esprit avait beau être embrumé par l’alcool, elle savait que c’était sans doute le corps de métier dont les relations étaient les plus précaires sur la flotte. « Autant pas trop viser haut. Le mariage ça dure pas. » Peut-être l’amertume de l’expérience, celle d’avoir soutenu des amies éplorées, d’avoir vécu celui de ses parents et de son oncle, et de, somme toute, n’avoir jamais été témoin d’une relation durable. « Quand tu te retrouves pas à avoir marié un narcissique violent, ça y va d’infidélités parce que les gens arrivent pas à se dire les choses en face. Peu importe le corps de métier, alors imagine la légion, quand en plus t’as l’excuse de l’absence… » Un long soupir exaspéré passe ses lèvres. Le cynisme était à son plus fort après quelques bières – une de trop, peut-être – et de toute évidence, Rosalija venait d’atteindre un échelon critique.

Quant à la déduction de Vince, elle ne pouvait guère nier. Si elle était avec quelqu’un, elle ne serait certainement pas seule à un comptoir à boire assez pour bien dormir. Alors elle hoche la tête, lui donnant raison, accordant le B+ tant espéré d’un geste silencieux. « Non, personne. Ça fait une bonne excuse, mais je préfère être franche. La vie est trop courte pour s’forcer à faire quoi que ce soit. » Comme si elle allait se gêner d’envoyer bouler quelqu’un juste parce qu’elle avait envie de broyer du noir en solo. Vince pouvait d’ores et déjà se féliciter d’avoir outrepassé la propension générale de Rosa de refuser la compagnie des inconnus. « Même si ça peut déplaire. J’ai passé l’âge de vouloir faire plaisir à tout le monde », admet-elle en faisant tournoyer le fond de son verre. Au tenancier, elle en commande deux autres. Les dernières, précise-t-elle au barman alors qu’il s’attèle à la tâche. Elle l’observe faire un instant, comme obnubilée par la bière qui s’échappe du fût. « T’es en service demain? » Un coup d’œil à son terminal lui confirme que la soirée, plutôt que de s’égrener à une insoutenable lenteur, avait en réalité filé bien plus vite qu’estimé. « J’espère que non. Personne veut d’un légionnaire la tête dans le cul en service. » Elle lui décoche un petit sourire narquois. Probablement que, comme elle, sa soirée s’était entamée bien avant le début de leur conversation et que les quelques verres de plus n’étaient qu’une assurance de plus que le lendemain serait délicieusement pénible.




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MessageSujet: (#) Re: Blame it on the song - Rosa     Dim 1 Juil - 12:05
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Vince haussa les épaules lorsqu'il fut question de ses rencards oubliés. En effet, ceux-ci en particulier n'avaient rien à voir avec son job. Cette relation là avait simplement été une catastrophe du début à la fin et la fautive et lui avaient mis bien trop de temps avant de se décider à y mettre un terme. Il ne commenta cependant pas la remarque. Il ne l'avait pas abordée pour raconter les détails de ses échecs relationnels, alors inutile de s'étaler dessus, d'autant plus qu'elle avait l'air de connaître l'un ou l'autre des légionnaires de la flotte et qu'il se trouvait sans doute dans la moyenne si l'on regardait uniquement ses succès amoureux.

En revanche, il n'était pas vraiment d'accord avec son idée des mariages malheureux. Il y avait eu plusieurs mariages parfaitement réussi parmi ses frères et sœurs, et la naissance de ses neveux et nièces n'avait fait que renforcer un peu plus les liens qui unissaient ces couples, même si Vince s'était retrouvé plus qu'à son tour à jouer les baby-sitter. Il la trouvait bien pessimiste de penser que toutes ces unions devaient forcément se terminer dans l'amertume ou la violence, même s'il avait l'exemple de son propre supérieur pour lui rappeler qu'il n'était jamais facile d'entretenir un mariage, lorsqu'on était légionnaire.

-Wow, c'est dur, commenta-t-il. J'espère que tu finiras par changer d'avis, c't'un peu triste de penser ça.

À sa question suivante, elle lui donna raison, confirmant sa déduction sur le fait qu'elle ne soit en couple avec personne pour le moment. Elle fit une nouvelle fois preuve d'une franchise assez amère, comme si elle avait passé sa vie à essayer de satisfaire tout le monde, mais qu'on la lui avait trop souvent mise à l'envers pour qu'elle ai envie de poursuivre ses efforts. Elle commande deux verres de plus, signalant au barman qu'il s'agissait des derniers, et Vince bu deux shots de plus sur ceux qu'il avait commandés, grimaçant lorsque le dernier passa.

-Nope, pas de service pour moi demain.

Pas de service officiel, mais il avait quelques trucs de prévu. Il allait devoir avaler plusieurs litres d'eau avant de se coucher, en rentrant, sinon son journée risquait d'être bien moins agréable que ce qu'il avait planifié. Il avala encore un shot, puis en poussa deux vers Rosa. Il ne comptait pas être le seul à potentiellement regretter sa soirée demain. Il lui adressa un sourire un peu embrumé par l'alcool et demanda au barman de régler tout de suite, de façon à ce qu'ils puissent partir dès que les verres seront finis. Il réussit à retenir une grimace en voyant le prix de ses largesses et se promit de tout regagner le lendemain aux cartes avant de reprendre un shot. Il espérait pouvoir retrouver le chemin de sa cabine sans trop tituber.

-Tête dans le cul ou pas, les gens sont rarement ravis de nous croiser en uniforme ! Fit-il remarquer. Mais ouais, je vais sans doute devoir décaler un ou deux trucs que je devais faire, ça me paraît plus sage pour le moment, marmonna-t-il.

Là-dessus, il laissa la conversation se poursuivre sur l'un ou l'autre sujet banal, sans prise de tête, terminant ses shots en même temps qu'elle finissait son verre, jusqu'à ce que le moment de rentrer chacun chez soi ne vienne les interrompre. Il se leva alors de son siège, vérifiant au passage qu'il tenait toujours bien debout, puis posa sa main sur le bar, observant Rosa qui lui semblait bien basse à présent qu'ils étaient tous deux debout.

-Est-ce que... tu me permettrais de te raccompagner ? En tout bien tout honneur ?
MessageSujet: (#) Re: Blame it on the song - Rosa     Mer 4 Juil - 22:14
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D’une certaine manière, le commentaire de Vince la dérange. Elle sait que ça n’est pas dit méchamment, mais elle comprenait mal comment quelqu’un pouvait espérer ce genre de truc. Qu’elle se marie ou non un jour, qu’est-ce que ça changeait pour lui? Peut-être qu’elle préférait partager sa vie avec quelqu’un sans passer par cette case. Où était le mal? Rosa essaie de ne pas trop s’en faire avec l’autrement bénin commentaire, sachant que son irritabilité était sans doute due à la quantité d’alcool qu’elle avait ingurgitée – et que le manque de tact de Vince était peut-être également dû à cela. Quoi qu’il en soit, elle comprenait désormais ce qui avait pu pousser le légionnaire à se cantonner à ce bar pour la soirée : avec une journée libre le lendemain, il était bien en mesure de faire ce qu’il voulait de son temps. Elle hésite un instant à accepter les derniers shots qu’on lui offrait, optant pour la solution sage de n’en boire qu’un et d’offrir l’autre au tenancier pour sa patience. « Oh, suffit d’un peu d’eau et d’un cachet et tu seras frais comme une rose demain », fait-elle en balayant l’air devant elle d’un geste de la main. « C’est l’avantage d’être encore jeune. » Elle en rigolait, mais les lendemains de veille étaient plus durs à encaisser que pendant la vingtaine, ou ses excès étaient bien trop souvent pardonnés par un métabolisme impressionnant.

Si la conversation ne s’essouffle pas depuis le plaidoyer du légionnaire, la soirée semble prête à tirer à sa fin, et Rosa ne se fait pas prier pour imiter son interlocuteur lorsqu’il descend de son banc. Elle se laisse glisser jusqu’au sol – elle n’était pas grande, après tout – et lève la tête vers Vince lorsqu’il lui pose une question. Elle ne semble pas capter directement ce qu’il lui demande, mais lorsque l’information finit par être traitée par son cerveau embrumé, elle fige, les yeux légèrement écarquillés. « Euh… » Elle semble hésiter brièvement, puis hausse les épaules. « OK. Je te fais pas faire un gros détour, promis. » Ils sortent du bar et le silence s’impose à eux à mesure qu’ils s’éloignent des portes. Sur le Colossus, les effectifs sont grandement réduits et ils ne croisent presque personne; quelques dockers en temps supplémentaire, un milicien en patrouille. Rien de vraiment surprenant. La conversation se poursuit à voix plus basse, entre les bruits des pieds de Rosa qui se trainent par terre et la machinerie du vaisseau qui ronronne. « C’est mon arrêt », déclare-t-elle enfin alors qu’ils approchent d’une grande baie vitrée. Rosalija lève ses mains pour remonter son col rouge, typique des douaniers, et attacher le reste des boutons, la tête baissée pour pallier sa motricité fine défaillante. « J’ai le quart de nuit. Je pensais prendre qu’un verre avant le travail, m’enfin… » Même s’il ne se passait essentiellement rien à ces heures, le bureau de la douane comparable à un cimetière, ce n’était pas la sagesse ni la maturité incarnée d’arriver au travail éméchée. Elle relève la tête pour nouer ses cheveux. « Au moins, le boss peut rien dire. » Elle ricane, amusée par sa propre blague, sans réaliser qu’elle n’avait jamais mentionné à Vince qu’elle serait la superviseure. Tant pis.

Ajustant nerveusement son uniforme pour la dernière fois, elle s’éclaircit la gorge, attrapant le terminal des mains de Vince sans lui demander son avis pour y entrer son code de messagerie. « Si jamais. » Si jamais t’as envie qu’on se revoit. Elle détestait ce moment étrange où elle laissait entrevoir une parcelle de vulnérabilité, comme si elle admettait en vérité qu’elle ne rechignerait pas au fait de répéter l’expérience. Elle accuse un silence, se balançant sur ses talons, avant de disparaître dans le bureau de la douane pour éviter toute interaction supplémentaire.

- FIN -




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MessageSujet: (#) Re: Blame it on the song - Rosa     

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