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MessageSujet: (#) home is where your best friend is / ad     Mer 16 Mai - 22:21
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Les nouvelles fonctions des douanes avaient forcé plus d’un militaire à revoir leur opinion du cloaque qu’était Keller. Sans le qualifier de lieu infâme – surtout pas devant le lieutenant-passé-commissionnaire-en-chef –, Rosalija n’avait jamais considéré l’endroit comme particulièrement fréquentable ni même infiniment agréable. Force était de constater toutefois qu’il fallait faire la part des choses entre ce qui filtrait jusqu’aux oreilles des Stellariens – la piraterie, les mœurs discutables – et les Kellariens « normaux » qui y avaient élu domicile. Faire des affaires avec la station spatiale se révélait à la fois familier, considérant les arrangements que la flotte avait déjà conclus avec elle, mais également chaotique, l’anarchie commerciale kellarienne plus difficile à apprivoiser qu’escompté. Il n’en demeurait pas moins que si elle restait sur ses gardes, elle apprenait lentement à apprécier le branle-bas constant des plateformes de la station, la curiosité des citoyens qui n’avaient jamais vraiment eu affaire à la Fédération, et les conversations superficielles, mais respectueuses avec les marchands et les tenanciers. Sans s’en rendre compte, cette nouvelle réalité ouvrait ses horizons, elle qui avait été essentiellement modelée par le gabarit fédéré.

Quelque part, l’anticonformisme et le chaos ambiant lui plaisait bien plus qu’elle n’osait l’admettre.

« Tián nā! » La voix précède un claquement métallique sonore. Pieds joints, Rosa se jette hors du Jeanne d’Arc jusqu’au quai après que le vaisseau se soit convenablement amarré, reprenant la place qu’il occupait depuis toujours. Les voyages spatiaux étaient éprouvants, éreintants, mais jusqu’à maintenant, ils avaient toujours été relativement courts. Charger ce que la flotte avait à offrir, débarquer, surveiller les échanges et repartir. Désormais, c’était une autre paire de manche. La douane Stellarienne avait ses propres locaux sur Keller, où une équipe était stationnée en permanence, ses membres effectuant un roulement qui visait à alléger la tâche colossale d’établir un commerce permanent entre la station et la flotte. Maintenant qu’elle était revenue de plusieurs jours en poste au comptoir Cygni, Rosalija était ravie de pouvoir à nouveau respirer l’air assaini et aseptisé du Colossus 5, une gratitude qu’elle n’aurait jamais pensé éprouver un jour. « J’ai vraiment juste envie de gueuler ‘home sweet home’. » Deux douaniers, qui débarquaient sur ses talons, agréent avec entrain. Tout le monde était épuisé et ne rêvait que d’une chose : retrouver sa propre cabine et son environnement familier, famille et amis, et surtout, un lit un tant soit peu confortable. La routine, pure et simple, dont il fallait déroger de façon significative pour réellement l’apprécier. Son sac balancé nonchalamment sur son épaule, Rosalija se traîne les pieds jusque sur l’Argus One, saluant au passage les miliciens qui patrouillaient les passerelles. Les cernes qui balafraient ses yeux et ses boucles échevelées témoignaient aisément de son niveau d’épuisement – elle n’était pas fatiguée en soi, mais complètement drainée de son énergie.

Elle pianote vite fait sur le panneau fixé près de sa porte, qui s’ouvre aussitôt. « Putain de sa mère », jure-t-elle, plaquant sa main sur sa poitrine comme pour rattraper son cœur qui manque un battement. Elle avait complètement oublié que juste avant son départ, Anastasia avait amorcé un déménagement à la va-vite dans sa cabine pour céder la sienne à une famille byblienne qui s’installerait temporairement sur la flotte. Forcément, la trouver dans la cabine à son retour n’aurait pas dû être surprenant. « J’avais oublié », se justifie-t-elle enfin avec un soupir soulagé, un petit rire nerveux, lançant son sac dans un coin vide de la cabine microscopique. Elle peinait à comprendre comment elles pourraient vivre confortablement dans un tel espace, à moins de systématiquement avoir des quarts de travail opposés. Anastasia était la seule personne avec qui Rosalija était persuadée de pouvoir cohabiter à long terme; c’était au moins ça de gagné. « Alors, comment tu vas? J’ai raté des trucs? » Elle a beau être exténuée, elle n’allait certainement pas insister pour que sa nouvelle colocataire la laisse dormir en paix; après tout, c’était une histoire de concessions et de compromis que de vivre ensemble. En plus, mine de rien, elle lui avait manqué. Défaisant vite-fait sa veste pour enfiler un vêtement trop grand qui lui servait de pyjama, Rosa passe vite fait dans les toilettes pour s’asperger d’eau et faire décoller la sueur qui lui colle au visage. « Je t’ai rapporté un truc, au fait, regarde dans mon sac », qu’elle lui dit finalement, la tête à moitié dans le lavabo, avant de s’essuyer le visage avec le pan de son t-shirt. Elle connaissait bien Ana et ses goûts de luxe en matière d’alcool, mais cette fois, elle avait voulu faire changement, créer une surprise, sachant que la destinataire apprécierait le petit coffre de cosmétiques qu’elle avait réussi à lui dénicher sur la station spatiale. Crème, maquillage, nettoyant… de quoi vraiment faire plaisir à sa peau.




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MessageSujet: (#) Re: home is where your best friend is / ad     Lun 11 Juin - 16:57
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Partager une cabine avec Rosalija lui avait semblé presque évident sur le moment, puis la milicienne avait décidé d’y réfléchir convenablement. Au fond, tout ceci n’était pas qu’une histoire de colocation, de foyer cédé à des Bybliens, c’était aussi l’histoire de sa réaction face à tous les événements récents. Des événements qui ne lui plaisaient qu’à moitié. Si la jeune femme considérait d’un bon œil les échanges avec les Bybliens, et si elle n’avait rien contre l’idée d’un commerce plus poussé avec Keller, les changements que cela avait engendré au sein de diverses professions l’avaient largement fait tiquer. Depuis toujours coincée dans un uniforme de milicienne là où elle avait rêvé d’être pilote chez les légionnaires, la voilà en train d’observer les douaniers accentuer leur position sur Keller, au détriment de la gestion des passerelles qui incombait désormais à la milice. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Anastasia avait exécré son nouveau rôle, pestant chaque fois qu’elle se retrouvait fixée à l’extrémité de l’un de ces passages, à juguler les mouvements, se contentant de brefs allers-retours pour se dégourdir elle-même les jambes. Si elle avait passé des années de sa vie à contempler l’espace chaque fois qu’elle empruntait une passerelle, ce petit plaisir n’était définitivement plus d’actualité depuis qu’elle a commencé à se retrouver affectée à la gestion de ces plateformes. A côté de ça, des travailleurs de tous horizons avaient pu se porter volontaires pour venir en aide à la colonie de Byblos, s’octroyant ainsi la possibilité de mettre pied à terre et de découvrir un nouvel endroit. Cela avait eu le don de la rendre également jalouse au possible. Tout ceci avait donc contribué à rendre Anastasia à bout de nerfs. A fleur de peau, elle avait donc craint d’être d’une compagnie bien trop exécrable pour prendre le risque d’emménager avec son amie. Le fait que celle-ci serait de toute façon moins présente sur la Flotte, couplée à l’attention toute particulière que la milicienne lui prêtait pour essayer de ne pas se froisser avec elle, l’ont finalement décidée à céder sa cabine.

Rosa était de toute manière partie assez vite, laissant à la milicienne le soin d’installer ses maigres possessions. La concernée avait fait des efforts, pour se sentir chez elle sans empiéter de trop sur l’espace de son amie. Le fait que ses possessions soient finalement peu nombreuses avait facilité les choses. Elle avait condensé ses objets de petite taille dans une boîte à bijoux conservée dans un coin puis avait empilé ses vêtements et s’était vue contrainte de forcer comme un bœuf pour les faire rentrer dans la penderie de son amie. La petite salle de bain avait posé le plus de problèmes et s’était rapidement retrouvée bordélique au possible, sans qu’elle ne puisse rien faire pour organiser un tant soit peu le rangement. Aujourd’hui encore, Anastasia essayait d’optimiser l’espace dans la cabine quand la porte de celle-ci s’ouvrit. Si la milicienne s’attendait tout naturellement à retrouver Rosa, cela ne semblait pas être aussi instinctif pour la concernée, qui lâchait déjà un juron sonore, suffisamment pour faire sursauter la jeune femme en retour. Coulant un regard surpris en direction de sa camarade, l’explication de cette dernière lui arrache finalement un sourire amusé. « Tu veux dire que tu m’as oublié, moi ? Ironise-t-elle sans scrupules, un regard malicieux adressé à la douanière.  Celle-ci se reprend bien vite toutefois et se soucie d’Anastasia, cherchant à savoir comment elle allait et tenant à se tenir au courant de ce qu’elle avait pu louper sur la Flotte. Instinctivement, la milicienne songe aux moments d’agacement pur qu’elle avait vécus durant cette semaine mais se ravise tout naturellement d’en parler à son amie. Inutile de l’accabler avec de la frustration et une rage puérile, elle semblait crevée. C’est pour cela qu’Ana se contenta d’hausser les épaules. Pas grand-chose, faut dire que ça doit être plus passionnant sur Keller. Une pointe d’envie se fait sentir quelque part, malgré elle, avant qu’elle ne poursuive. Les Bybliens sont encore pas mal perdus, du coup ils nous posent beaucoup de questions et on est sollicité de partout. Je m’en plains pas ceci dit, vaut mieux ça que de n’avoir rien à faire. » Qui plus est, être interrogée alors même qu’elle était affectée à la surveillance des passerelles était la meilleure chose qui puisse lui arriver. C’était ça ou mourir d’ennui.

Estimant qu’il n’était plus nécessaire de préciser si elle allait bien ou non, Rosa devait probablement sentir qu’elle était encore mitigée sur beaucoup de sujets, la milicienne fut de toute manière interrompue par sa camarade qui, après s’être brièvement changée, lui conseillait désormais d’ouvrir son sac afin d’y chercher le cadeau qu’elle lui avait rapporté. L’annonce arrache aussitôt un large sourire à Ana, celle-ci s’estimant incroyablement chanceuse d’avoir le droit à l’amitié aussi solide que généreuse de la douanière. « Je t’ai déjà dit que t’étais la meilleure ? Plaisante-t-elle à moitié, cherchant ainsi à remercier d’avance son amie, avant de daigner jeter un coup d’œil à l’intérieur du sac qu’on lui avait désigné. Elle en sortit alors un petit coffre de cosmétiques et son sourire s’élargissait déjà tandis qu’elle découvrait en détail le contenu du paquet. Ouuuuh, top ça ! J’suis sur le point de finir mon nettoyant en plus. Au vu des prix parfois exorbitant des produits cosmétiques, Ana avait depuis longtemps décidé de se contenter de soins pour sa peau, préférant essayer de la maintenir au top naturellement plutôt que de dépenser encore plus en artifices. Le maquillage était donc plus rare, bien souvent partagé avec Rosa par ailleurs, aussi fut-elle ravie de constater qu’il y avait quelques produits de ce genre dans le coffret. J’ai quelque chose pour toi aussi, mais c’est moins stylé. Avoue-t-elle alors, désormais dans la salle de bain afin de trouver un endroit où poser les produits. Malgré un grognement, elle aura réussi à leur trouver un emplacement avant de quitter la pièce en compagnie de la douanière, non sans avoir gratifié celle ci d'un baiser de remerciement sur la joue. La milicienne s’empara alors de deux larges sandwich qu’elle avait conservé dans un coin avant de les exhiber en direction de son amie, l’air de dire Tadaaa. J’me disais que t’aurais sûrement faim, et que t’aurais pas envie de bouger. » Ignorant toutefois à quelle heure précisément elle allait rentrer, la jeune femme avait préféré prendre quelque chose de froid. C’était simple, et on était loin d’égaler le cadeau qui venait de lui être fait, mais c’est l’attention qui compte pas vrai ?

- BLACK PUMPKIN


† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


Rosa, love of my life:
 
MessageSujet: (#) Re: home is where your best friend is / ad     Lun 18 Juin - 22:42
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La douanière rend à Anastasia la monnaie de sa pièce en assenant, en réponse à son expression moqueuse, un petit coup dans son épaule, joueuse. Elle avait beau être fatiguée, Rosalija se sentait revigorée de pouvoir partager quelques instants avec la milicienne après s’être coltinée des douaniers et des commissionnaires pendant ce qui lui avait paru être une éternité. Même depuis la salle de bain, elle perçoit le très discret agacement dans la voix de sa cadette lorsqu’elle mentionne Keller. Peut-être que la distance, l’éloignement faisait en sorte que la station spatiale paraissait glamour, mystérieuse, envoûtante – sans doute Ethan avait-il parlé essentiellement en bien de l’endroit au cours des dernières années. C’était se tromper que d’idéaliser cet endroit sordide. « Ugh, arrête, j’aurais tout donné pour ne pas me retrouver là si longtemps », admet la col rouge avec un certain dégoût. « Y’en a qui y voient de l’exotisme, moi j’y vois qu’une proportion vraiment trop faible de gens bien. Au moins, sur la flotte, t’as pas besoin de regarder constamment par-dessus ton épaule ou de te balader à deux par souci de sécurité. » Un seul point positif lui venait réellement à l’esprit, et c’était le marché, la possibilité d’acheter ce que tu voulais, quand tu voulais – même si ça voulait souvent dire se faire rouler. Anastasia mentionne les Bybliens et Rosa hoche la tête, même si elle ne peut pas la voir, trop occupée à se sécher le visage devant le miroir minuscule de la salle de bain. « On peut pas trop leur en vouloir, je serais paumée aussi, pas avoir été élevée dans le coin. » Ayant été absente momentanément, la douanière ignorait comment s’étaient passés les balbutiements des immigrants sur la flotte, mais de savoir qu’il n’y avait eu ni émeute, ni drame social lui suffisait.

Elle entend la milicienne fouiller dans le sac, gloussant doucement à son commentaire. Bien sûr que j’sais, aurait-elle plaisanté à son tour si elle n’avait pas été interrompue par l’exclamation d’Ana. Nettoyant, crème, un peu de maquillage léger… Rosa avait pensé mettre un peu de tout, ne sachant pas ce qui plairait le plus à son amie. La réaction et l’appréciation d’Anastasia rendait le séjour sur Keller soudainement bien plus tolérable. Les prunelles foncées de la douanière s’illuminent lorsqu’elle apprend que son interlocutrice a pensé à elle aussi; elle ne se fait donc pas prier pour la suivre dans la pièce principale, attendant avec impatience de savoir quelle surprise on lui réservait. Dès qu’elle reconnaît l’emballage caractéristique des sandwich stellariens, Rosa ferme les yeux, pinçant les lèvres, comme si elle retenait des larmes de joie. « Oh. Mon. Dieu », gémit-elle avec un enthousiasme à peine exagéré. « Si tu savais comment ça me fait plaisir. T’sais que je pensais pas considérer comme un luxe de savoir exactement ce que je bouffe », admet-elle. « La prochaine fois, plutôt que la viande mystère de Keller, j’apporte des provisions de sandwich. » Attrapant le repas tendu par la milicienne, Rosa se laisse choir sur son lit, ouvrant l’emballage d’un geste vif avant de se laisser tomber sur le dos. C’est ainsi qu’elle prend une première bouchée de son dîner, laissant échapper un grognement satisfait. La garniture pouvait bien être de la viande de synthèse, le pain fait avec de la farine de grillons, les légumes shootés aux agents de croissance ou quoi que ce soit d’autre – Rosa appréciait simplement savoir qu’elle ne mangeait rien d’insalubre.

« Je peux mourir en paix maintenant », fait-elle finalement, la bouche à moitié pleine, peu soucieuse des graines de pain qui s’échappent du paquet pour s’immiscer dans les draps de son lit. Elle n’avait pas l’intention de mourir, mais l’exagération lui ressemblait tout à fait. « Tu me connais tellement bien que ça va commencer à m’angoisser. J’me demande si t’as pas trouvé une façon de hacker Charlie pour mieux comprendre comment je fonctionne dans ma tête. » La pensée la fait glousser de rire. Évidemment, c’était impossible, mais la perspective de savoir qu’Ana saurait tout, jusqu’à la moindre recherche qu’elle avait pu exiger de Charlie, la faisait rigoler. Des malaises auraient été à prévoir.




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MessageSujet: (#) Re: home is where your best friend is / ad     Ven 29 Juin - 22:12
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Evidemment, elle n’a rien rétorqué Ana, lorsqu’en réponse à sa jalousie sous-jacente, la douanière avait mis les choses au clair en rappelant que Keller n’avait rien d’une destination de vacances paradisiaque. La milicienne comprend, approuve au fond, consciente que son envie était aussi déplacée qu’inutile : l’herbe n’était que rarement plus verte ailleurs et il était fort probable qu’elle ne ressortirait pas plus heureuse d’un séjour sur Keller. Au contraire, peut-être qu’elle en serait dégoûtée et devrait se retrouver à envier une autre situation, incapable qu’elle était de se satisfaire de sa propre vie et de son propre quotidien. C’est bien pour toutes ces raisons qu’elle n’insiste pas, se contentant d’évoquer son propre emploi du temps chargé au possible et des questions incessantes des Bybliens. Rosa avait toutefois parfaitement raison : difficile de les blâmer, n’importe qui serait perdu par ici, surtout des adultes qui avaient eu le temps de se faire à un tout autre fonctionnement. Elle-même n’aurait probablement pas fait la fière et sans nul doute que son intégration aurait été plus délicate à 30 ans qu’en étant gamine, comme cela fut le cas la concernant. De toute manière, la milicienne était trop occupée désormais à découvrir le cadeau de son amie, s’extasiant devant avec un large sourire tout en lâchant quelques commentaires à l’attention de sa camarade restée dans la salle de bain. Ce ne fut qu’une fois qu’elle en sorti que la jeune femme daigna lui faire don à son tour d’un présent, autrement plus modeste : un sandwich, lui évitant ainsi d’avoir à bouger son cul de sa cabine. Si Anastasia avait pu se sentir mal l’espace de quelques secondes de n’avoir que ceci à offrir à la douanière, comparé au superbe présent qui venait de lui être fait, elle se voit rapidement rassurée par les propos de Rosa. A défaut d’être un présent de valeur, son geste la touchait et cela semblait lui convenir. Amusée par la réaction quelque peu exagérée de Rosa, Ana l’observe se jeter dans le lit avec son bien, tandis qu’elle-même déballait tranquillement sa nourriture, après être allée s’assoir sur une chaise face au lit. « T’as toujours pas trouvé un endroit où bouffer qui soit clean sur Keller ? Dur. » Qu’elle compatit dans un sourire. En vérité, il était même surprenant que la douanière ose toucher à de la nourriture étrangère, surtout sur la station, quand l’on pensait à la flopée d’examens qu’elle avait dû subir suite à une exposition avec des poulets.

L’attention de la milicienne se focalise toutefois rapidement sur sa compagne et celle-ci, parlant à moitié la bouche pleine, renverse de ce fait quelques miettes de pain sur le lit. « Woh darling, j’ai tout bien rangé, déconne pas là ! Fait-elle en se redressant soudainement, s’approchant du lit pour donner une tape relativement sévère sur la cuisse de la douanière avant de chercher du regard les miettes, pour mieux les balayer hors des draps. Tout cela ne l’empêche pas de sourire, signe qu’elle ne s’offusquait pas sincèrement même si, il fallait l’admettre : les restes de bouffe dans le plumard, c’était vraiment dérangeant. La suite des propos de Rosa suffirent toutefois à la détourner de ces problèmes futiles. Hacker Charlie hein ? Tu rigoles, mais t’aimerais pas que quiconque fouille ainsi dans ta vie. Et t’aimerais encore moins que moi j’le fasse. Souffle-t-elle simplement, un sourire plus léger sur les lèvres. Parce qu’elles étaient amies, trop proches pour envisager que l’une puisse espionner l’autre, et la déception serait réelle. Du moins est ce ainsi qu’Ana percevait les choses : si elles avaient à se dire quelque chose, elles le faisaient, il n’y avait pas à chercher plus compliqué. Ou moins légal.  Ce fut sur ces quelques mots qu’Ana finit par s’installer en tailleur sur le lit également, non loin de son amie. Observant cette dernière, ses propos relativement sérieux d’il y a quelques secondes à peine la poussent finalement à lui souffler un autre constat. Une autre vérité. Tu m’as manqué. Et elle le pensait, tant cela lui faisait plaisir de retrouver la joie simple de partager quelques moments avec elle. J’regretterais mes mots dès demain parce que j’sens que cette nuit tu vas ronfler comme pas permis mais bon. » Ironise-t-elle finalement comme pour contrebalancer son aveu précédent, les yeux rieurs.

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MessageSujet: (#) Re: home is where your best friend is / ad     Jeu 5 Juil - 22:25
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« Ma cabine, mes règles », nargue Rosalija alors que sa nouvelle colocataire lui reproche de faire des miettes dans les draps. Elle n’anticipe pas la claque, toutefois, lâchant un grand cri exagéré pour signifier un inconfort somme toute mineur. La douanière se balance sur son dos d’un côté à l’autre, manquant de s’étouffer avec sa bouchée entre deux éclats de rire. « Putain si j’avais su que je me soumettrais à d’la violence conjugale je t’aurais pas invitée! » regrette-t-elle à la blague, se redressant finalement pour laisser Anastasia balayer les miettes et pour manger au-dessus de la caisse qui lui sert de table de chevet. Se délectant du pain, de la pseudo-viande et des légumes contenus dans son sandwich – un délice de tous les instants, même s’il était vrai que les odeurs de grillade de Keller étaient invitantes, contrairement à la matière qu’ils faisaient rôtir –, elle observe du coin de l’œil Ana, qui lui rappelle le luxe qu’était la confidentialité. Si Charlie pouvait être hackée aussi facilement, et si la flotte s’amusait à contrôler les messages et communications de ses habitants, alors Rosa serait sur le Lady Grace depuis longtemps. Une constatation qui lui fait baisser la tête et arracher du bout des doigts un morceau de pain superflu qu’elle avale aussitôt après l’avoir écrasé entre son pouce et son index. « J’ai rien à t’cacher. » Au reste du monde, toutefois, oui. Rosalija préférait largement qu’Anastasia ait accès au dernier recoin de son jardin secret plutôt que de prendre le risque que qui que ce soit, un inconnu, intercepte n’importe laquelle de ses communications privées. À choisir entre les deux options, elle n’avait rien à gagner, mais bien moins à perdre avec la première. Elle avait confiance en la milicienne comme envers personne.

Son repas avalé, Rosa jette vite fait l’emballage avant de se réinstaller sur le matelas, appuyée contre le mur, profitant enfin d’un véritable répit. La douanière détestait partager son espace vital – ironique lorsqu’on vivait sur une boîte de conserve galactique avec les mêmes 35 000 personnes sans pouvoir aller voir ailleurs. Pourtant, elle ne se sentait ni envahie, ni angoissée par la présence d’Anastasia, témoignant du niveau de familiarité qu’elles avaient développé avec le temps. Elle ne rouvre ses yeux brièvement clos que pour darder son regard sur Anastasia, lui décochant un petit sourire touché, qui se transforme aussitôt en risette narquoise. « T’as pas idée, j’ai pas bien dormi depuis une éternité, j’espère que t’as le sommeil profond », qu’elle rigole, laissant un petit silence planer une fois les rires éteints. La douanière pince les lèvres, glissant finalement ses doigts sous ceux d’Ana en silence. Loin d’être démonstrative, même à l’endroit de ses plus proches amis, Rosalija avait envie de croire que c’était une réponse appropriée à l’admission de son amie. À son sens, c’était trop peu, trop cheap de simplement lui retourner la phrase. « Je suis contente qu’on ait pas de secrets. » Contente était un mot trop faible pour exprimer le réel soulagement de la douanière. Après l’avalanche de révélations sous lequel elle avait été ensevelie dernièrement, savoir que rien n’était tabou entre les deux était une véritable bénédiction. Presque tout, du moins. Le moment semblait idéal pour rectifier la situation. « T’sais à la soirée des élections… » commence-t-elle, baissant les yeux. Elle s’était éclipsée froidement après qu’Ana ait mentionné la Terre, faisant remonter à la surface des décennies de sentiments refoulés vis-à-vis de son père. Elle avait beau avoir presque la quarantaine, y penser demeurait douloureux, comme si la blessure ne s’était jamais vraiment refermée; sans doute ne guérirait-elle jamais, et qu’elle n’aurait pas la chance de commencer à cicatriser avant que Rosa ne soit au courant du sort de son géniteur. « Ça m’a pris au dépourvu, que tu me demandes ça, mais je voulais pas… ‘fin, j’ai pensé à plein de choses d’un coup, ça m’a retournée… » Elle inspire profondément, comme si elle rassemblait son courage. « C’est dur de continuer à se faire des histoires, des scénarios. J’ai quelques photos, mais forcément il ne ressemble plus à ça, pis ça me frustre de me dire que je risque de jamais savoir. » Savoir s’il était mort, s’il était vivant, s’il avait refait sa vie, s’il demeurait dévoué à sa fille unique malgré la distance ou s’il l’avait remplacée, volontairement ou à regret. Rosalija pince les lèvres. « Je voulais juste m’excuser. C’était sauvage comme réaction. » Elle se doutait que ça n’était pas nécessaire, mais elle y tenait.

Le moment touchant passé, elle accuse un silence, puis un petit rire nerveux s’échappe de ses lèvres. « Enfin, je dis ça, mais je tiens pour acquis qu’on a pas de secret. Y’a peut-être mille trucs que tu me caches – pas que j’t’en voudrais. » Quelque part, elle se doutait bien que les cachettes que pouvait lui faire Anastasia n’avaient rien à voir avec les drames personnels que Khan et Ethan lui avaient fait vivre; auquel cas, les secrets ne la dérangeaient pas outre mesure. Elle espérait simplement qu’elle ne se prendrait pas une autre brique en pleine gueule tôt ou tard.




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MessageSujet: (#) Re: home is where your best friend is / ad     Ven 13 Juil - 23:06
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Ana & Rosa

T’as l’impression que cela faisait trop longtemps, que tu n’avais pas rigolé de la sorte, qui plus est pour des broutilles pareilles. Glousser pour quelques miettes qui se perdent sous les draps, lever les yeux au ciel en réprimant un nouveau rire lorsqu’une claque -certes relativement féroce- provoque de telles plaintes de la part de la douanière. Vous n’étiez que des gamines en cet instant précis. Des gamines qui en oubliaient quelque peu la rancœur ou la fatigue du quotidien, en demeurant simplement enfermées dans cette cabine commune. Tu sais parfaitement que Rosa ne regrettait pas de t’avoir invité à partager son foyer, sans quoi elle serait d’une humeur bien plus massacrante et t’aurait fait part de ses impressions. Qui plus est, menacer de te remplacer n’aurait guère eu plus de sens tant tu étais persuadée que la douanière n’aurait pas toléré grand monde au sein de son espace vital. Tu étais une exception, au même titre qu’elle en était une pour toi. Tu l’oubliais parfois, à cause de la routine, d’un quotidien bien ficelé. A cause de l’habitude. Ces éloignements prolongés, nouveaux, te rappelaient finalement à quel point vous étiez proches, à quel point vous pouviez aimer passer du temps ensemble. Sûrement que ça te rassurait, de constater la solidité de votre lien, malgré le temps et la nouveauté. Tu ne devrais pourtant plus en douter, plus depuis des années, depuis cette période après tes études qui t’avait rendue exécrable au possible. Tu avais été invivable, différente, blessée. Mais Rosa était restée, alors que rien ne l’obligeait à supporter la situation. A te supporter. Sur le moment, cela ne t’avait rien fait, trop éprouvée par tes sentiments et ta rancœur pour songer à la chance que tu avais d’avoir une telle amie à tes côtés. C’est avec le temps, que tu avais fini par t’estimer chanceuse et reconnaissante et aujourd’hui encore le sentiment te prenait aux tripes quand tu jetais un coup d’œil à Rosa, la couvant d’un œil rieur.

J’ai rien à t’cacher. Tu sais pas vraiment à quel point cela peut être vrai, mais tu t’en fiches. Au fond tu ne pouvais qu’admettre que la douanière t’avait fait confiance, au-delà même de ce que certains auraient jugé raisonnable. Rosa ne t’avait jamais vraiment caché son trafic passé en compagnie d’Ethan et si elle s’était gardée de donner le moindre détail, allant au contraire jusqu’à nier, tu savais que c’était dans votre intérêt à toutes les deux. Encore une fois, tout le monde n’aurait pas fait confiance à ce point à sa camarade, qui plus est milicienne. Mais elle l’avait fait et sûrement est-ce pour cela que tu ne cherchais pas à t’immiscer dans sa vie privée plus que de raison. Tu étais curieuse certes et tu espérais qu’elle te parlerait de tout ce qui pouvait la rendre heureuse ou au contraire la chagriner, mais elle en avait trop fait pour que tu ne te permettes d’être égoïste au point d’insister. L’idée même de fouiller son terminal ne te viendrait donc pas à l’esprit, à moins que la situation ne l’exige. Elle n’avait rien à te cacher, et c’est exactement pour cette raison que tu n’avais pas besoin de partir à la chasse aux détails ou aux secrets de seconde zone.  Gardant de ce fait le silence quant à la remarque, tu te contentes de manger ton propre sandwich, l’esquisse d’un sourire flottant continuellement sur tes lèvres. Ce fut ainsi jusqu’à ce que tu daignes observer de nouveau la femme à tes côtés, pour lui avouer à quel point elle avait pu te manquer. Vous étiez relativement indépendantes, elle plus que toi probablement, mais tu avais besoin d’elle. C’était devenu rassurant, et par conséquent vital, que de la savoir dans ton sillage. T’espères qu’elle le sait, ou qu’elle le comprendra simplement grâce aux quelques mots que tu as pu prononcer et ce malgré ta manie de contrebalancer la sincérité de ces derniers via une ironie nouvelle. Certes, elle serait pénible cette nuit, un sommeil profond et mérité qui pourrait éclipser le tien. Mais pour rien au monde tu n’aurais voulu qu’elle soit au loin une journée de plus.

Un ricanement t’échappe en même temps que tu lèves les yeux au plafond lorsqu’elle confirme tes fausses inquiétudes. Le silence qui suit a cependant quelque chose d’apaisant et tu prends d’autant plus conscience de son importance lorsque les doigts de la douanière vinrent quérir les tiens. L’inspiration est profonde mais tranquille, signe du bien-être et de la satisfaction qui t’étreignaient en cet instant. Tu jettes alors un coup d’œil à celle qui t’inspirait cette tranquillité, toujours ce sourire sur le bord des lèvres. Ouais. Toi aussi t’étais contente. Tu n’avais pas tant besoin d’une oreille attentive que de la certitude que, quoi que tu puisses dire, Rosalija resterait dans ton camp, tout comme tu serais dans le sien. Evidemment cela n’empêchait pas les désaccords et peut-être que vous finiriez par ne pas approuver du tout les activités de l’autre, pourtant ça te rassure : cette impression que malgré tout vous vous ne trahiriez pas et que vous demeuriez aux côtés l’une de l’autre. C’est sûrement naïf et tu te demandes si un jour tu pourrais revenir sur cette loyauté. Que devrait-elle faire pour que tu finisses par lui tourner définitivement le dos ? Tu n’en savais rien, mais jusque là vous vous en sortiez plutôt bien. C’est tout ce qui comptait. Alors tu te contentes d’hocher la tête, incapable de former des mots qui feraient honneur aux paroles de la douanière. Oui. Moi aussi, te paraissait trop faible alors les mots se contentent de rester pensées tandis que tu leurs préfères les actes, à savoir une douce pression autour des doigts de ta compagne en guise d’approbation. Tu n’avais rien à dire de toute façon car ce fut Rosa qui reprit la parole, baissant les yeux au passage ce qui te fit légèrement froncer les sourcils sous le coup de l’inquiétude. Tu te demandes bien ce qu’elle peut avoir à te dire, surtout après avoir évoqué l’importance pour elle de cette absence de tabous entre vous. Tu pourrais être méfiante, pourtant t’es juste soucieuse. Pour elle.

Rapidement toutefois, tu comprends qu’elle tenait simplement à évoquer sa propre froideur de ce soir là. Une réticence à parler que tu avais largement compris sur le moment et qui t’étais même totalement sortie de la tête depuis. Il n’y avait, évidemment, rien à pardonner mais tu savais très bien qu’il pouvait être important de simplement parler et évoquer ses sentiments. Important de s’excuser, aussi, pour se sentir mieux. Alors tu ne l’interromps pas, te contentant de l’observer, l’inquiétude s’éloignant progressivement. T’imagines que cela n’avait rien de simple pour elle, que d’être dans l’ignorance totale de ce qui pouvait être arrivé à son père. Ne pas savoir était sûrement la pire des souffrances, aussi comprenais-tu ses réticences à en parler, non pas parce qu’elle ne te faisait pas assez confiance pour évoquer ses sentiments en ta présence mais parce que les sentiments en question étaient trop douloureux pour qu’elle se donne la peine de les raviver. « J’comprends et y avait rien à pardonner bien sûr. Pis j’suis venue avec mes questions de but en blanc, j’ai pas été spécialement subtile non plus, que tu t’excuses à demi-mot, l’esquisse d’un sourire aux lèvres. Certes il était difficile de préparer le terrain pour aborder un sujet difficile, mais il était clair que tu n’avais pas fait le moindre effort en ce sens ce soir là. J’imagine que c’est pas simple, surtout qu’il y a en effet peu de chance que tu obtiennes des informations un jour mais… Qui sait. » Tu t’arrêtes là cependant, suffisamment réaliste pour admettre que Rosa n’aurait peut-être jamais la moindre nouvelle de son géniteur, mais pas assez cruelle pour vouloir simplement lui conseiller d’abandonner. Tu ne voulais pas l’influencer d’une quelconque façon dans sa façon de gérer ce bordel émotionnel. Tu serais juste là quoi qu’elle fasse, comme toujours.

Lorsque la conversation dévie de nouveau, tu laisses couler, peu envieuse d’insister sur un sujet sensible. Il n’y avait, de toute façon, probablement plus grand-chose à en dire. Le léger rire, nerveux, de ta compagne, suivi de ses propos t’arrache un ricanement qui t’es propre alors que tu levais de nouveau les yeux au ciel. « J’ai pas grand-chose à cacher, le pire que j’ai pu faire… C’est l’alcool. T’en dis pas plus, car tu savais que Rosa comprendrait. En tant que milicienne tu n’aurais jamais dû fermer les yeux sur les activités tant de ton amie que d’Ethan et tu aurais encore moins dû passer des commandes à ce dernier. Qui plus est en échange de faveurs sexuelles. Pourtant, si tu n’avais rien à cacher, tu savais que tu ne disais pas tout pour autant. T’étais pas toujours à l’aise avec le fait de parler de tes émotions, cela te donnait l’impression d’être cent fois trop narcissique. Qui plus est, cela n’était que rarement important. Cette fois ci cependant, la conversation te pousse à en dire plus, non pas parce qu’il s’agissait de questions existentielles mais parce que cela te semblait évident que de poursuivre dans cette lignée d’aveux, même futiles. Tu t’installes de ce fait, après avoir achevé ton sandwich en une bouchée et en jetant l’emballage à la poubelle, sur le lit de ta camarade, t’adossant contre le mur derrière toi et croisant tes jambes étendues par-dessus les draps. T’sais, ce soir là j’étais donc avec Marcus au début. J’sais pas trop pourquoi je suis allée le voir, peut-être à cause du ring ou… Je sais pas. Mais c’était bien, en fait. Je l’ai connu qu’à travers le travail, ce gars un peu strict qui me balançait ses quatre vérités à la gueule. J’pense qu’il est trop doué dans ce qu’il fait pour que j’me refuse à prendre en compte ses conseils, mais quand même. Légionnaire oblige, j’suis pas sensée l’aimer tu vois. Et… C’était bien. Tu repenses à ce que t’avais éprouvé ce soir là. Le bien être, un semblant de complicité. T’avais été agréablement surprise de constater qu’il se prêtait au jeu, qu’il savait faire preuve d’humour. Sûrement un gars que t’aurais aimé rencontrer plus tôt et dans d’autres circonstances. En ce moment, j’me sens un peu conne. J’envie toujours les légionnaires et je l’envie toujours lui, mais je réalise enfin que j’passe sûrement à côté de belles personnes et de bons moments. Juste parce que j’arrive pas à vraiment tourner la page. Sans parler de mon frère bien sûr. Nouveau ricanement, alors que tu te dis qu’il serait grand temps d’évoquer le cadet Donovan. Mais c’est dans ces moments là que tu te rends compte que changer ton comportement et ta vision des choses, c’est compliqué. » Conclus-tu dans un sourire en pivotant la tête vers ta camarade. Les habitudes ont la vie dure comme on dit et si d’un côté tu trouvais progressivement stupide de passer à côté de bons moments simplement par rancœur, de l’autre tu te disais pourquoi diable il faudrait changer ça maintenant ?

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† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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Elles s’excusent l’une à l’autre, sans que ça soit nécessaire, mais l’estime qu’elles ont l’une pour l’autre impose cette politesse. C’est pas toi, c’est moi, jusqu’à ce que finalement elles abandonnent le sujet de quelque faute, puisque seules les circonstances pouvaient être à blâmer, réellement. S’apitoyer sur tout ça n’était pas nécessaire, pas quand leur amitié avait traversé les années pour les mener ici, colocataires un brin malgré elles, mais sans qu’elles n’aient l’audace ni l’envie de s’en plaindre. Au moins, Anastasia avait la décence de ne pas l’enfoncer dans un faux sentiment d’espoir, lui rappelant à juste titre que les chances qu’elle revoie son père – ou même qu’elle en entende parler – étaient nulles. Une dose de réalité qui faisait un bien amer, qui lui apportait un réconfort douloureux. Rosa préférait ce genre de soutien réaliste à quelque assurance que ses rêves se réaliseraient éventuellement, inévitablement, consciente que l’espoir faisait vivre, certes, mais que la désillusion était mortelle.

Ana évoque son vice à elle, et Rosa ne peut qu’acquiescer doucement sans même que la blonde ajoute quoi que ce soit. C’était le grand non-dit de leur relation, la vague connaissance que tout le monde savait sans que le sujet ne soit soulevé au moindre détour. Rosa aurait pu être en colère après cette histoire avec Ethan. En colère contre Anastasia pour avoir dénoncé Ethan, même si l’inverse était inconcevable, considérant le nombre de témoins de la scène; en colère contre Ethan pour s’en être pris à Anastasia, même s’il l’avait fait pour lui épargner des problèmes à elle (ou du moins, elle s’entêtait à le penser, ignorant soigneusement que c’était sans doute partiellement pour sauver leur petite affaire qu’il s’était pris quatre mois de prison). Finalement, elle s’en était sortie indemne alors qu’Ethan s’était retrouvé en rencard prolongé et Anastasia avait dû se remettre de quelques bleus et contusions à son ego. À l’occasion, elle en arrivait à se demander si elle méritait vraiment de tels amis, inconsciente de tout ce qu’elle avait pu faire pour eux au cours des années, au détriment de son propre temps libre – et de sa santé, parfois.

Quelque part, entendre Anastasia revoir son opinion obstinément généralisée des légionnaires lui fait chaud au cœur. Pas spécialement à cause de Marcus ou qui que ce soit d’autre – simplement parce que ça prouvait que le temps avait su faire son œuvre en permettant à la blonde de panser doucement ses plaies émotionnelles béantes. C’était un premier pas, et Rosa n’était pas sans reconnaître l’effort colossal que ça avait dû demander à Ana. Tellement qu’elle en sourit, pinçant ses lèvres dans un sourire qu’elle aurait voulu plus posé, mais qui est plutôt gentiment espiègle, comme si elle ne pouvait retenir son excitation devant cette soudaine prise de conscience. « Compliqué, mais pas impossible », précise la brune, ancrant ses prunelles monochromes dans celles d’Anastasia. « Le réaliser, c’est la moitié du travail. Le reste ira plus facilement. Pis ça te libèrera d’un poids. » À vrai dire, elle n’en savait rien. La seule rancœur qu’elle nourrissait était celle envers sa mère, justifiée et irrémédiable, bien plus profonde que celle qu’Anastasia pouvait entretenir envers son frère, notamment. Pourtant, dans le cas de son amie, elle demeurait positive, persuadée qu’avec un peu d’introspection, Anastasia arriverait à surmonter ses préjugés. « Peut-être que tu pourrais commencer par pardonner à ton frère. À ton rythme. » Loin d’elle l’idée de forcer Anastasia à faire quoi que ce soit; ses conseils demeuraient purement hypothétiques, sa façon à elle de soutenir son amie dans son cheminement. « Marcus c’est un bon gars, qu’il soit en uniforme ou pas. Ça m’étonne pas que vous vous entendiez bien », admet-elle finalement, heureuse de voir que des cercles improbables se mêlaient enfin.

Un bâillement lui échappe finalement, la prenant par surprise. La quantité d’émotions à travers laquelle elle était passée depuis son retour, en plus de la fatigue accumulée pendant le séjour sur Keller et le trajet pour rentrer semblait finalement reprendre le dessus sur l’excitation d’être enfin de retour chez soi. Rosa jette l’emballage de son sandwich, puis s’éclipse brièvement dans la salle de bain. « Ça t’ennuie si je me couche? » qu’elle demande finalement en se brossant les dents, passant la tête par l’embrasure de la porte. « Je suis officiellement au bout de ma vie. » Ou du moins, de sa journée. Il ne lui faut pas bien plus de quelques minutes supplémentaires pour réintégrer ses draps, fin prête à se mettre au lit et à laisser derrière elle cet éreintante sortie.




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Ana & Rosa

Elle parle Ana et elle précise sa pensée quant à sa prise de conscience concernant son comportement vis-à-vis de la Légion. Une rancœur qui lui avait permis d’avancer jusqu’alors mais qui perdait progressivement de sa superbe à ses yeux, sonnant de plus en plus comme un fardeau ou une chaîne que comme un moyen sain d’aller de l’avant. C’est pas facile de changer de manière de procéder toutefois et elle le sait parfaitement, Rosa aussi sûrement, pourtant cette dernière semble se concentrer sur le point positif de cette remise en question. Du moins c’est ce que se dit la milicienne en captant le sourire, vaguement retenu, qu’arbore la douanière. Ça lui arrache une risette en retour, bien qu’elle continue de parler avec sérieux, une part d’elle-même satisfaite de faire face à la bonne humeur de sa camarade. Elle devinait le soutien qu’on lui dédiait avant même qu’il ne soit formulé à l’aide des mots et, comme à chaque fois que la jeune femme se tenait à ses côtés pour faire face à ce genre de situation, cela lui fait un bien fou. Puis vint le discours de sa camarade, cette dernière approuvant bien évidemment le comportement de la milicienne et la rassurant quant au fait qu’elle avait fait le plus dur. Ça l’amuse Ana, ayant en effet souvent entendu que le premier pas (à savoir l’acceptation du problème) était le plus compliqué à faire. Toutefois elle n’avait que rarement eu des exemples de gens autour d’elle qui avaient réussi à aller plus loin que la simple réalisation que quelque chose n’allait pas, contrebalançant de ce fait totalement la pertinence de l’argument. Elle se rassure toutefois en se disant qu’elle n’était pas comme tout le monde, qu’elle avait encore le temps de changer également et, enfin, qu’elle était suffisamment bien entourée pour être poussée sur la bonne voie. De cela, elle n’en doutait pas.

Son frère est bien évidemment évoqué le premier et Anastasia elle-même n’avait pas envisagé les choses autrement : tout commencerait avec Aleksandr, ou alors le problème ne serait jamais résolu. C’était lui ou rien, encore trop attachée aux souvenirs d’enfance et au lien du sang qu’elle entretenait avec lui pour envisager de le laisser sur le bas-côté de ses réflexions. Hochant de ce fait la tête pour marquer son approbation, elle précisa alors ses inquiétudes concernant son cadet : « Ouais, faudrait qu’il veuille bien me voir j’imagine. Pour essayer de réparer les dégâts. Faut dire que depuis le temps, la rancœur qu’elle avait dédié à son frère n’avait fait qu’alimenter celle qu’il pouvait lui vouer, Anastasia étant consciente qu’elle était probablement celle qui avait foutu le bordel en premier dans leur relation (encore que… Pourquoi diable ce con n’avait-il pas voulu lui dire qu’il était tenté par la Légion et… Non. Inutile de le blâmer.) Plongée dans ses pensées, ce fut de nouveau Rosa qui l’en tira toutefois, en précisant que Marcus était un chouette type et que leur rapprochement n’avait donc rien d’étonnant à ses yeux. Un sourire amusé aux lèvres, la milicienne releva, taquine : Un bon gars hein ? En uniforme ou non ? » Et ses dernières paroles se voient dépourvue de la moindre subtilité tandis que la milicienne offre un clin d’œil ô combien abusif à sa partenaire, avant d’éclater franchement de rire. Difficile de la blâmer de toute façon, si l’on mettait ce fameux uniforme de côté, Riley n’était certainement pas déplaisant à regarder. Même à ses yeux. L’espace d’un instant, Ana cru que le bâillement de Rosa fut un moyen d’esquiver la boutade, avant de comprendre qu’il témoignait réellement de sa fatigue. L’esquisse d’un sourire plus doux aux lèvres, l’éclat de rire s’éteignant progressivement, la milicienne suit sa compagne du regard quand celle-ci s’éclipse, jusqu’à ce que son visage n’apparaisse de nouveau depuis la salle de bain, une brosse à dent coincée entre les lèvres.

Ça t’ennuie si je me couche ? Comme si elle allait lui dire non. Anastasia n’était pas idiote et elle côtoyait la douanière depuis suffisamment longtemps pour déceler les limites de cette dernière et cette fois ci celles-ci ne laissaient pas de place au doute : elle était vraiment au bout de sa vie, comme elle le disait si bien. La milicienne n’était donc pas du genre à insister et à pousser le vice dans ces conditions, aussi hoche-t-elle rapidement la tête pour marquer son assentiment. « Tout ce que tu veux mamie. Rien n’aurait pu l’empêcher de s’autoriser cette boutade, de même que le clin d’œil provocant qui l’accompagne. De toute manière, elle doutait que Rosa puisse lui faire subir de quelconques représailles dans l’immédiat, à moins qu’elle ne se soit découvert un talent qui lui permettrait de lui cracher son dentifrice au visage à cette distance. Il ne lui fallut alors qu’une poignée de secondes pour rejoindre sa camarade, entamant le même semblant de toilettes qu’elle, avant de retourner trouver refuge dans le lit. Difficile pour la milicienne de retenir l’esquisse d’un sourire attendri à la vue de la douanière déjà lovée entre les draps, visiblement prête à s’endormir en un claquement de doigts. Peu envieuse de la faire attendre plus longtemps, Anastasia se glissa donc à sa suite entre les couvertures et si elle fut tentée pendant un bref instant de laisser à Rosa son espace, elle renonça à cette idée en songeant à leur conversation précédente : trop sérieuse et intimiste, malgré les plaisanteries, pour qu’elle en vienne à s’endormir en tournant le dos à sa camarade. Ce fut ainsi instinctivement qu’elle se glissa dans son dos, l’une de ses mains venant se glisser par-dessus son amie pour reposer sur son épaule, le reste de son bras longeant ainsi la taille de la douanière, tandis que son visage se frayait un chemin au milieu de la chevelure d’ébène jusqu’à trouver une place dans son cou. Je suis heureuse de te connaître Rosalija Saroyan, et infiniment chanceuse de t’avoir dans ma vie. » Souffle-t-elle en guise de dernière attention verbale, appuyant ses propos d’un baiser sur la joue, avant de se caler confortablement contre elle, dans une dernière étreinte qui prendra probablement fin durant le sommeil des deux femmes.

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† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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