just gotta let yourself fall (elarus #3)
MessageSujet: (#) just gotta let yourself fall (elarus #3)     Dim 13 Mai - 22:37
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gotta let yourself fall

« She wasn't exactly sure when it happened. Or even when it started. All she knew for sure was that right here and now, she was falling hard and she could only pray that he was feeling the same way. »
Oui. le terminal connecté en wifi à l'oreillette qu'elle porte, Elara répond brièvement en parcourant le salon un vase à la main. Je sais. Là aussi elle répond du bout des lèvres, alors qu'elle range méticuleusement le vase dans un carton. C'est que la personne à l'autre bout du terminal ne lui laisse pas trop de temps pour en placer une, donc elle répond plus par politesse, par réflexe, que par réelle envie de faire la conversation. Hm, hm. Et dans l'oreillette, son père continue son long discours. C'est qu'il est trop âgé pour partir du Byblos et le voyage historique que s'apprête à prendre Elara, il le vit à travers sa fille... qu'il ne laisse pas vraiment s'exprimer pourtant. Je crois que- mais c'est peine perdue, Ela soupire et roule des yeux en fermant le carton qu'elle vient de terminer. Et lui, il continue à poser des questions auxquelles il s'empresse de répondre lui-même quand il n'empêche pas malgré-lui Elara de lui expliquer le déroulement de sa mission. Il s'enthousiaste, s'extasie quand au fait de poser les pieds sur une planète étrangère, une colonie jusqu'ici isolée. Il lui demande, aussi, de ne pas seulement faire ce qu'on attend d'elle en tant que contremaître mais de penser à sa famille (aka, lui) et de prendre des notes, des échantillons sur la composition de la planète, de la faune, la flore, bref tout et n'importe quoi. Papa ? demande-t-elle bien que certaine qu'il ne l'écoute plus vraiment depuis un moment et qu'il s'est lancé dans un de ses légendaires monologues plein d'entrain et d'excitation scientifique. La blonde soupire, à nouveau, alors que cette-fois c'est le cadre de Rhil qu'elle empaquète minutieusement. C'est qu'elle déménage la blonde. Encore. Après à peine quelques mois dans ses quartiers de contremaître, voilà que le destin veut qu'elle les quitte pour montrer l'exemple. Bientôt, des bybliens vivront ici à sa place dès qu'ils rentreront de Byblos avec ces derniers. Papa, je dois te laisser. ça a le don de l'arrêter sur le coup, et les deux ne s'épanchent pas en aux revoirs larmoyants : ceux-là viendront plus tard, quand elle montera dans la navette avec les autres stellariens choisis pour la première délégation. Mais à peine raccroche-t-elle qu'on sonne à sa porte et malgré elle, Elara s'y précipite.

Elle s'y précipite parce que même si rien n'est gravé dans le marbre, elle l'attend lui. Elle se dit qu'il va passer : ce soir, demain peut-être, mais forcément avant qu'elle parte. Parce qu'il ne la laisserait pas partir sans un dernier moment partagé, pas quand l'expédition qu'elle s'apprête à faire a tant de singularités possibles qui rendraient le retour difficile, compromis, impossible. Pourtant, tout porte à croire le contraire (et elle-même préfère se rapporter à ses propres calculs, ses propres préparations pour contredire les plus pessimistes) mais ce serait mal connaître Marcus pour s'imaginer qu'entre ses tempes il ne se fait pas du soucis quant à cette mission. Et malheureusement lorsqu'elle regarde l'écran d'accueil elle reconnait Amadeus Noguera, un ingénieur qui s'est porté volontaire pour la mission lui aussi et qui est, par conséquent, sous sa direction. Un peu déçue (plus qu'elle ne l'aurait voulu) elle lui ouvre la porte et l'invite à rentrer : s'en suit une discussion de dernière minute où le brun lui avoue avoir trouvé quelques erreurs ça et là dans un calcul fait quant aux pourcentages d'une simulation. Ils resteront une petite heure entre les cartons à tenter de réguler la chose autour de cafés partagés avant qu'il ne finisse par partir une fois le problème réglé. Lorsqu'elle se tourne pour ranger les tasses qui jonchent sa table basse, on sonne à nouveau. Décidément. Mais persuadée qu'il s'agit encore d'Amadeus elle n'accoure pas, ne regarde même pas l'écran d'accueil et se contente d'ouvrir en plaisantant Tu as oublié quelque chose ? Et son coeur loupe un battement, agréablement surprise de la personne qui se trouve en face d'elle. Si bien que son visage s'illumine d'un sourire des plus radieux alors que le prénom de son vis-à-vis coule sur ses lèvres. Marcus. qu'elle souffle entre soulagement de le voir, surprise mais surtout satisfaite après l'avoir attendu (trop pour qu'elle n'en soit pas un peu gênée de s'être tant accrochée à sa visite). Elara s'écarte alors hâtivement pour le laisser entrer, fermee la porte derrière lui et s'approchee sans attendre dans l'idée de lui dérober un baiser mérité. Tu vas bien ? glisse-t-elle quand même en s'avançant vers lui, histoire de ne pas se jeter dans ses bras à peine la porte close comme elle en avait trop l'habitude.

Quartiers d'Elara, Argus One, 30 avril 2227.
Elara parle en 996699
Marcus parle en E3AD7D

(c) DΛNDELION


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SHE WAS BRAVE, NOT BECAUSE SHE WASN'T
SCARED BUT BECAUSE SHE WENT ON SO STRONGLY
☾☾ DESPITE THE FEAR ☾☾


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MessageSujet: (#) Re: just gotta let yourself fall (elarus #3)     Sam 2 Juin - 19:00
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just gotta let yourself fall
it’s like the start of something I don’t understand yet but my soul does. because when your arms wrap around me and you touch me like I’m worthy of your gentleness it feels like a promise. as though you’re accepting the weight of my bruised heart, as though you’re accepting the triumph of redeeming a tragedy. one that the stars believed was in their clutches for years. and it’s the least terrifying thing I’ve ever done to love you because you feel like home.
▿ ⬘ ▴ ◈ ▾ ⬙ ▵
C'est sur une promesse – du moins, tu espères que ça le soit – et les réassurances de Vince quant à l'état de ta – pardon, votre, maintenant – cabine que tu fermes la porte de cette dernière, un regard pointilleux en guise de salutations à ton nouveau colocataire. Avec l'expédition à Byblos plus près que jamais et la promesse de réfugiés à son retour, Vince avait fait partie des nombreux stellariens à délaisser leur cabine pour accommoder. Pourquoi, ou dans quelles circonstances, tu ne voulais pas vraiment le savoir, l'apprendrait sans aucun doute un jour ou l'autre. Tout ce que tu savais, c'est qu'il n'avait soit pas prévu plus loin que le bout de son nez, soit il savait pertinemment que malgré ta ferme intention de ne pas céder ta cabine à qui que ce soit, tu ne pouvais pas laisser Vince à la rue. Pas lui. D'où sa présence de ce qui devenait maintenant votre cabine, ses affaires éparpillées en une excuse temporaire, le temps de trouver un coin où ranger tout ça. D'apprendre à nouveau à vivre à deux, d'une certaine manière, en ce qui te concerne. Honnêtement, tu te demandes si Vince connaissait le concept de ranger, après toutes ces années, d'où une certaine appréhension à le laisser seul pour gérer même une infime partie de cette étape.

Une inquiétude et des chamailleries pour un autre jour. Ce soir, tu pouvais te permettre d'écarter ces petits soucis, ton esprit captivé par tout autre chose. Parce que dans les passagers de choix pour s'envoler vers la colonie, main tendue et l'autre sur le coeur dans l'espoir de se faire un nouvel allier, il y en avait une en particulier que tu déplorais son départ. Elara quitterait avec d'autres volontaires, en tant que figure d'exemple. C'est une étrange sensation, de savoir qu'elle serait absente, complètement hors d'atteinte pendant deux semaines, si tout allait bien. Vous pouviez passer plusieurs jours sans vous voir, la faute à vos horaires – celui d'Elara beaucoup plus rempli avec sa promotion – mais il y avait toujours cette sensation de possibilité malgré tout. Si elle te manquait trop, si tu sentais un besoin irrévocable de la voir. C'était toujours possible, même au détour d'un couloir en une simple coïncidence, beaucoup plus facile depuis qu'elle était sur l'Argus. Des messages traînant sur le terminal de l'autre: des pensées égarées, des compliments et des douceurs tout aussi crus et honnêtes, dépareillés de ceux à  l'éloquence caractériel de la blonde. Seulement cette fois, avec Byblos à l'horizon, cette possibilité était absente. Un fait qui te tiraille, t'inquiète et te retourne l'esprit plus que tu ne serais à l'aise de l'avouer. Des craintes que tu étouffais – étouffe encore – dès que le sujet tombait sur la table. Tu ferais de même ce soir, autant que possible. T'enivrerait de sa compagnie pour ensuite la regarder partir avec le reste de la flotte, le coeur seulement soucieux de sa sécurité. Encore – toujours- parce que c'est plus fort que toi. Parce que, comme tu aimes bien lui rappeler avec l'esquisse d'un sourire, elle semble avoir un don pour attirer les ennuis.

Il y a une silhouette près de sa porte et tu t’arrêtes, t'efface. Par habitude de ne pas te faire voir, parce que même un très bon ami qui ne s'appelait pas Trasam n'avait pas de raison de traîner si tard près de sa cabine. Par suspicion aussi, parce que ce n'est définitivement pas le blond que tu vois s'éterniser près de sa porte, dos à toi, trop loin pour que tu ne le reconnaisses vraiment malgré une crinière sombre. Et tu l'observes traîner un moment, l'air de vouloir toquer, une certaine nervosité à ses manières. Sauf qu'il abandonne après quelques instants, semblant résigné pour finalement quitter les environs, loin de ta direction. Tu patientes encore un peu, par principe, le temps de terre ce sentiment d'un malaise au creux de ta poitrine, l'un qui te saisissait de plus en plus. Dont tu dois faire davantage d'efforts pour faire taire, mais qui gronde tout de même. Tu finis par avancer, forçant la paranoïa qui cherche à éveiller l'agacement et la jalousie loin dans ta gorge. Te faire des idées ne ferait qu'envenimer la situation, ce qui se doit d'être une belle soirée, parce que tu ne reverrais pas le blond avant un moment. Tu devrais le savoir, l'ayant déjà vécu. La raison cherche même à faire sa part, rationalise qu'il est normal pour elle d'avoir autant de visiteurs vu son dit départ prochain. Un regard réprobateur dans la vague direction où le soupirant s'en est allé et tu fais à ton tour signe de ta présence pour ensuite patienter, jonglant avec une soudaine envie de nicotine. « Tu as oublié quelque chose ? » qu'elle offre en salutations, distraite et certainement persuadée que quelqu'un d'autre se tiendrait de l'autre côté de la porte. Tu arques un sourcil, ravale l'implication qu'il avait bel et bien été dans ses quartiers et hausse simplement les épaules.

Tu aimerais pouvoir répondre quelque chose, n'importe quoi en réalité qui ait un certain mordant pour te détacher de la situation. Pour t'annoncer avec légèreté. Seulement rien ne vient et tu ne peux que l'observer redresser ses deux grands yeux bleus sur toi, la réalisation pleinement jouée sur son visage. De celles qui te serrent un peu trop la poitrine tandis que tu admires un sourire trop grand, trop heureux se peindre sur son minois, ton prénom soufflé de ses lèvres. Les tiennes s'étirent en réponse et ton regard s'adoucit alors qu'elle s'écarte pour te laisser entrer, ce que tu fais. Un baiser chaste et délicat, ta main trouvant naturellement sa taille et tu serres un peu cette dernière avant qu'elle ne s'écarte, un vague « Mmhmm… » en simple réponse à sa question. Ton regard s'égare sur les nombreux cartons ornant la pièce ici et là. Elara aussi se préparait à partir, de bien des manières. Un exemple sur tous les fronts. Sa réaffectation à l'Argus avait été plaisante, facile pour vos échanges, mais la voilà qui repartait déjà, prête à céder sa cabine elle aussi. Tu pinces les lèvres au tableau offert, fais traîner tes crocs un instant contre ta lippe avant de ne lancer, dans ce que tu espères être de la nonchalance : « Tu devrais apprendre à contrôler ça… » Un moment de silence où tu devines son regard confus, avant de reprendre. « Ta façon de briser des coeurs. » Et tu fais un mouvement vague de la tête vers l'entrée de sa cabine. Pouvais-tu seulement en vouloir au pauvre bougre lamentant son sort devant une porte métallique ? Tu avais le même problème que lui, après tout. Trop épris pour voir clair par moments, pour ne pas savoir quoi faire hormis t'y agripper avec force, enserrer le petit bout de bonheur qu'elle était et te convaincre que malgré tout, les limites vagues et le manque de définition entre vous, tout allait bien. Tout irait toujours bien.

Seulement, tandis que tu tentes soigneusement d'ignorer l'étendue de ta bêtise sur sa personne, tu n'arrives pas non plus à te taire, à balayer le sujet d'une excuse, d'une pauvre blague et de laisser tout simplement tomber. Non, tu as toujours préféré creuser ta propre tombe, Riley. À coups de pelles de conneries, d'insécurités qu'un homme de ton âge ne devrait pas avoir, plus maintenant. Tu t'arrêtes devant un carton pas tout à fait rempli, une question te brûlant les lèvres. « C'était Boher ? » Et tu jures que ce n'est pas une attaque, que tu ne voulais pas que son nom soit aussi incisif. Que la remarque antérieure prenait un sens que tu regrettais amèrement avec cette question, parce que jamais tu n'oserais l'attaquer ainsi, ni la juger. Tu n'aimes pas ce que tu entends dans ta voix et pourtant tu retiens l'excuse, la curiosité morbide prenant le dessus. Le besoin de savoir prenant toute la place, ce qui ne t'empêche pas de te maudire silencieusement. Tu t'humectes les lèvres, les épaules tendues, incapable de la regarder parce que ta propre attitude te dégoûte. Tes doigts tracent le cadre dans la boîte, te demande dans une pensée égarée ce que se serait d'en avoir un, non en une toile de grandeur comme celle-ci, mais une simple image de vous deux, enserrés dans une excuse pour y figurer dans un élan affectueux, démonstratif. Épanouis. Tu étais trop vieux pour tes propres conneries, pour ces mêmes erreurs camouflées en accusations que tu te plaisais à balancer à la figure et à recevoir dans ton ancien mariage. Ce n'est pas ce que tu es, avec Elara, pas ce que tu souhaites devenir. Alors tu prends un respire et te tournes enfin vers elle, malgré la crainte de son expression et te justifies comme tu le peux. « Je devrais pas demander. » Tu le sais, mais ça n'empêche rien. Toi qui as appris à suivre les règles, les vôtres sont désormais trop difficiles. Tu ne fais que les enfreindre. « J'aime pas comment il s'immisce... comment il te touche... » que tu termines en marmonnant. Comment elle répond, tangue vers lui. Comment elle rit et le regarde, juste un peu trop tendre pour se miroiter parfaitement à son attitude avec Trasam. Et pourtant, ce que tu aimes ou n'aime pas n'a rien à voir selon ce que vous aviez décidé au départ. Tu te déclares, conscient des risques, trop engloutis dans tout ceci pour en sortir indemne, dans une honnêteté qui t'est propre. C'est plus fort que toi, encore une fois, ta crainte de leur intimité, qu'elle pourrait dépasser la vôtre. Que tu n'arrives plus à considérer qu'elle puisse l'être avec quiconque, autre que toi.
code by bat'phanie



You love her despite the burden of atlas resting on her shoulders. And she loves you despite the death still clinging to your lips.

WHAT A PAIR YOU MAKE
MessageSujet: (#) Re: just gotta let yourself fall (elarus #3)     Dim 3 Juin - 22:31
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gotta let yourself fall

« She wasn't exactly sure when it happened. Or even when it started. All she knew for sure was that right here and now, she was falling hard and she could only pray that he was feeling the same way. »
Elle n'attend pas plus longtemps pour se glisser contre lui et passer ses mains derrière sa nuque dans un baiser bref qui cache à peine son sourire. Satisfait, comblé. Parce qu'Elara était heureuse de le voir, l'était toujours au fond mais ce soir avait un goût particulier. Car là seraient certainement leurs derniers instants avant de se séparer pour deux semaines, peut-être plus : entre eux, le reste de l'univers et aucun moyen de s'enquérir de l'autre. Elle préférait ne pas y penser, finalement, incertaine de ce qu'il se passerait pendant son absence qui serait pour la première fois totale. Et la perspective de ne pas pouvoir ne serait-ce que le voir lui serrait le coeur, une sensation sur laquelle elle fermait les yeux préférant se concentrer sur ce que ce voyage apporterait à la flotte, aux Stellatiens, plutôt qu'aux sacrifices même minimes qu'il pouvait imposer à ceux qui embarqueraient bientôt pour Byblos. Et c'était dur, de s'écarter de lui quand une part d'elle était déjà avide de rattraper un temps pas encore perdu. Mmhmm… sa réponse est brève, évasive, sans que cela ne l'inquiète pour autant parce qu'elle l'observe perdre son regard sur les cartons qu'elle termine doucement. Et Elara s'imagine déjà ce qu'il peut bien penser, sans parvenir à s'éloigner, préférant graviter autour de lui en prenant appuis nonchalamment sur l'accoudoir de son canapé. Le regard toujours vissé sur son visage, avec le réflexe inconscient de détailler les traits de celui-ci, de les garder en tête quelque part trop près du coeur avant de n'avoir plus que de rares photos à observer sur Byblos. Tu devrais apprendre à contrôler ça… ses sourcils se froncent délicatement, incertaine quant à où il voulait en venir et elle se tait pour écouter la suite, curieuse tout à coup sans voir la vague venir. Ta façon de briser des coeurs. Et là, c'est son propre coeur qui se serre tandis que le courant la frappe. Elle voit bien, Elara, qu'il dit ça maladroitement en pointant du menton la porte d'entrée. Elle sait bien que les mots dans sa bouche trébuchent et chutent, mais quelque part ça la blesse même si ça n'était peut-être pas le but. C'était Boher ? Qu'insinuait-il, par là ? Si elle pâlit un brin, ses lèvres s'entrouvrent doucement : bouche bée. Elle ne s'y attendait pas, c'est sûr et elle ne sait même pas quoi lui dire alors elle préfère conserver ses lèvres pincées et ses mâchoires closes. Le regard qui dévie vers la porte sans revenir à celui du brun, et l'esprit qui essaye de savoir comment réagir à cette pique. En était-elle une seulement ? Et si c'était le cas, la voyait-il vraiment comme une briseuse de coeurs ? La simple possibilité que cela soit le cas la heurte plus qu'elle ne l'aurait voulu et elle tourne la tête cette fois complètement, définitivement contrariée que cela soit tout ce qu'il trouve à dire la veille de son départ. Elle qui avait pensé à lui toute la journée, à ce moment qu'elle avait appréhendé autant qu'elle l'avait attendu avec envie se retrouvait bien perdue tout à coup.

Et puis il y a la manière avec laquelle il prononce le nom de Leandro : cette froideur brûlante, pareil à un venin qu'elle ne lui connait pas. Si elle fait aisément le lien avec la première question -elle lui avait brisé le coeur, c'est vrai, et elle en serait toujours éternellement désolée- elle a du mal à voir ce qu'il fait ici. Pourquoi lui, pourquoi maintenant, pourquoi ce sous-entendu qu'elle capte sans soucis et qui la bouscule un peu aussi. Etait-il jaloux ? Au point d'avoir envie de l'offenser, de lui jeter en plein visage ses fautes passées ? Je ne... qu'elle commence à peine, prête à lui demander pourquoi cette soudaine insinuation, cette attaque qui ne lui ressemble que trop peu mais sa voix plus puissante se mêle à la sienne pour la surplomber au même moment. Je devrais pas demander. qu'il avoue enfin en se retournant et Elara qui s'était montrée fuyante et interdite jusqu'ici se lève tout à coup, le regard plus doux peut-être parce qu'il reconnait sa faute avant même qu'elle ne lui pointe du doigt. Et pourtant, il ne peut s'empêcher de renchérir presque aussitôt J'aime pas comment il s'immisce... comment il te touche... sans filtre. Et ça ne l'étonne qu'à moitié parce qu'elle le sait trop honnête pour tourner autour du pot, trop maladroit pour se jouer des mots. Mais même si ça ne la surprend pas totalement, elle ne contrôle pas son palpitant qui se serre cette fois non pas avec la peine égoïste d'être vue comme une briseuse de coeur, mais avec celle plus altruiste, plus empathique de le voir s'agiter seul, de l'entendre s'ouvrir sans barrières. Cependant ça ne suffit pas à lui faire oublier l'affront et la brûlure qu'a laissé sa pique gauche, le nom de Leandro dans sa voix et cette distance qu'il a mis entre eux sans le vouloir et parcourant la pièce. Elara ouvre la bouche mais ses lèvres restent en suspend avant de se fermer à nouveau, incertaine quant à ce qu'elle voulait dire. Elle cherche ses mots, la marche à suivre, un peu d'aide mais ne croise pas son regard avant de soupirer, déjà las d'être ainsi perdue. L'impression de nager à contre courant quand elle n'avait eu qu'une envie : plonger contre lui. Je... elle hésite encore, la frustration qui monte alors qu'elle passe une main dans ses cheveux. C'est comme ça que tu me vois ? finalement c'est tout ce qu'elle trouve à dire, d'abord, sans avoir besoin de rajouter comme une briseuse de coeur. Dans sa voix, pas de colère mais une déception certaine et l'envie brutale qu'il dise non et qu'il la rassure. Puis ses sourcils se froncent petit à petit, sans qu'elle ne sache sur quel pied danser, une tornade d'émotion la menaçant. Je ne sais pas ce que tu es venu chercher... bien sûr que si elle le savait. Elle la connaissait la raison qui avait poussé Marcus à se déplacer jusqu'ici et c'était une raison qu'elle partageait avec la même intensité. mais je n'ai pas très envie d'entendre ce genre de commentaires ce soir. parce que ce soir, elle n'avait pas la tête à ça. Ce soir, elle l'avait imaginé autrement loin d'une possible dispute ou de ce qui ressemblait à un début. Alors elle décide de l'avertir plutôt que de le confronter, en oublie de le rassurer trop concentrée sur cette joute qui n'en était peut-être pas une. A la place, elle se rapproche de lui mais ne se jette pas à son cou et fait mine de ranger une bougie dans le carton à côté de Marcus. Ni sur moi, ni sur Leandro d'ailleurs. rajoute-t-elle sans se rendre compte qu'elle nourrit les inquiétudes du légionnaire. Mais Leandro est un ami de longue date, un ancien amant avec qui elle avait décidé de rester amis parce qu'elle s'était rendue compte un peu brutalement que son coeur n'était plus à prendre. Qu'elle n'arrivait à le donner qu'à une seule âme, sans être complètement certaine que l'inverse était tout aussi vrai, la faute à des règles qu'ils avaient posé très tôt. Qui les empêchaient d'être aussi sincères qu'elle aimerait l'être de peur de briser ce qu'ils avaient construit dans un flou rassurant. La brume qu'entourait leur relation avait ce quelque chose d'apaisant, mais était devenue de plus en plus problématique l'empêchant de mettre un nom sur ce qu'ils étaient. Sur ce vers quoi ils se dirigeaient, la forçant à stagner sans parvenir à contrôler l'étendue de son affection pour le militaire. Alors elle restait statique, comme ils se l'étaient promis cachant derrière l'immobilité imposée la profondeur du gouffre qu'était devenu sa poitrine avec le temps. Elara soupira, sa nature conciliante revenant au galop. Leandro est comme ça avec tout le monde... finit-elle par rajouter un peu plus bas les yeux fermés, incapable de rester plus longtemps de marbre face à l'agitement de Marcus qu'elle n'aimait pas voir contrarié. Et ce, même si elle aurait préféré changer de sujet de conversation pour quelque chose de plus léger.

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