I said something wrong, now I long for yesterday | Elara & Orion
MessageSujet: (#) I said something wrong, now I long for yesterday | Elara & Orion     Lun 7 Mai - 23:40
Hartmann n°1 et Hartmann n°2.

I said something wrong, now I long for yesterday

Elle allait bientôt partir et il ne lui avait toujours pas dit au revoir. Pourtant, elle allait terriblement lui manquer, même si elle ne resterait que deux semaines sur Byblos. Il peut se passer beaucoup de choses en deux semaines. On peut vivre des choses extraordinaires. On peut aussi mourir. Il ressentait déjà son absence, comme un creux supplémentaire dans sa poitrine, aux bords acérés comme des lames de rasoir.

Mais il n’avait pas encore pu se résoudre à aller la retrouver, à la prendre dans ses bras et à la serrer contre lui en lui faisant promettre de revenir en un seul morceau. Il aurait dû. Il le devait. Elle était sa soeur. Sa grande soeur, pourtant si petite… si difficile à comprendre, avec son esprit affûté et son coeur qui s'attachait aux mauvaises personnes.
Cependant, quelque chose le retenait, quelque chose qui l’empêchait de courir la rejoindre pour l’emprisonner entre ses bras et lui transmettre toute son affection, tout l’amour qu’un frère pouvait avoir pour une soeur : les révélations qu’Eirian avait soufflées dans l’ombre de sa cabine, les pupilles hantées par une tristesse qui lui avait tordu le coeur (le pauvre organe avait été bien malmené, ces derniers temps, et chaque nouveau coup le rendait plus furibond).

Ainsi, Orion en voulait à Elara de ne pas lui avoir appris qu’elle entretenait une liaison avec son supérieur. Mais plus que tout, il s’en voulait à lui-même de ne pas l’avoir vu, ou plutôt de ne pas avoir cherché à le voir. Il avait fui sa soeur, lui avait fermé son coeur, sans réaliser que cette attitude lui avait également fermé le coeur de la jeune femme. Comme une boîte à musique que l’on verrouille à triple tours, clac ! Il s'était éloigné d'Elara, et son comportement lui revenait en pleine figure, boomerang d'amertume et de regrets.

Avoir été aveugle aux mauvais traitements que lui avait infligés Luke ne lui avait donc pas suffi… aujourd’hui encore, il avait deux vaisseaux de retard sur sa soeur et dérivait dans l’ignorance comme un satellite autour d’une planète déserte.

Bref, Orion broyait du noir, allongé dans sa cabine, donnant de petits coups de pied contre l’un de ses murs, rongeant une cigarette presque éteinte. L’heure tournait, Elara allait bientôt partir… il ne pouvait plus repousser l’échéance. Alors il se décida à se lever et rejoignit à grands pas la cabine de sa soeur, essayant de se composer un sourire de circonstance. Peine perdue ; seule une grimace parvenait à déformer ses traits.

Il opta donc pour une mine relativement impassible et frappa à la porte de sa soeur, le coeur cognant un peu trop fort contre sa cage thoracique. Félicite-la. Dis-lui qu’elle va te manquer. Souhaite-lui bon courage. Dis-lui que tu l’aimes. Ça ne devrait pas être trop dur, non ?  « Ela… » fut le premier son qui traversa ses lèvres lorsqu’il fut face à sa soeur, les mots se dérobant sous sa langue. « Tu as l’air de bonne humeur. » Pourquoi est-ce que ces mots sonnaient tant comme une accusation ? Il se serait donné des claques, s’il n’avait pas été tant occupé à se triturer nerveusement les ongles. « C’est la perspective d’aller sur Byblos qui te rends si heureuse ? » Il aurait voulu que la suite ne sorte jamais, mais après lui avait échappé, voilà que les mots se précipitaient sur ses lèvres, bien plus acides qu’il ne l’aurait voulu. « Ou tu reviens de la cabine de Marcus ? »

A la réflexion, plus que des claques, il se serait plutôt donné des coups de poings.

Ou il se serait assommé contre un terminal.

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MessageSujet: (#) Re: I said something wrong, now I long for yesterday | Elara & Orion     Jeu 10 Mai - 17:51
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« He’s my brother, my blood. He annoys the hell out of me most of the time, but when it comes right down to it of course I love him. I love him in a simple way I never had to think about.»
Elara compte. Recompte. Range. Plisse les yeux puis regarde sa liste. Non, tout à l'air bien. Ses derniers cartons jonchent le sol de l'entrée de ses quartiers, son sac à dos est posé sur son canapé et un coup d'oeil lui suffit pour réaliser qu'il lui reste encore deux petites heures avant le grand départ. Celui pour l'inconnu, en quelque sorte. Car la blonde ne déménage pas seulement aujourd'hui, elle part. Elle part pour Byblos avec une poignée d'autres Stellariens rencontrer pour la première fois une colonie jusqu'ici complètement isolée (par choix) du reste de la galaxie. Alors si l'excitation est bien présente, de mettre pour la première fois les pieds sur une vraie planète, il y a aussi l'appréhension étouffante de n'être maîtresse de rien une fois là-bas. Celle qui la pousse à se dire, bêtement, que tout peut bien aller comme tout peut s'écrouler et que quelque part, il y a une petite chance pour que ce premier contact se solde par un échec. Une petite chance pour qu'elle ne revienne pas. Mais cette pensée noire elle préfère la repousser loin dans son esprit, tentant de se persuader du contraire. Bientôt Rhil viendrait l'aider à porter ses derniers cartons jusque chez ses parents, où elle emménagerait dans deux semaines afin de laisser sa cabine vacante : il fallait que la blonde montre l'exemple. Car si le conseil demandait aux stellariens de libérer leurs quartiers, ils ne pouvaient pas s'en affranchir eux-même. Alors elle avait pris sur elle pour donner la sienne à une famille de bybliens, prétextant que ça ne la dérangeait pas alors qu'au fond tout ce à quoi elle pensait, c'était les complications que cela apporterait à sa relation avec Marcus. Ne plus avoir de chez elle allait rendre leurs entrevues plus complexes, elle en était sûre, et soudain Elara avait l'impression d'avoir à nouveau dix-sept ans. Une sensation qui l'amusait en surface mais qui ne l'enchantait pas pour autant. Car la veille elle et le légionnaire avaient fait un grand pas en avant et s'ils ne souhaitaient pas encore s'attirer des regards curieux, ils avaient décidé que cette-fois il n'y aurait plus qu'eux. Une exclusivité aux goûts de couple, de vrai, auquel elle ne pensait pas regoûter si vite après son divorce mais la vie en avait décidé autrement. Pour le meilleur, qui l'avait fait sourire avec légèreté toute la matinée comme pour le pire qui venait de frapper à sa porte.

Ses pensées vont à Marcus, d'abord, intriguée par sa visite qu'elle ne pensait pas recevoir car leurs au revoir avaient déjà été fait. Puis elles se tournent vers Rhil peut-être en avance, mais quand elle regarde de qui il s'agit à travers l'écran d'accueil de sa cabine son sourire s'étire naïvement en voyant son frère patienter dehors. Tiens, Orion. C'est qu'elle ne s'y attendait pas Ela, à ce qu'il daigne se trainer jusqu'ici pour des au revoir plus privés. Ça ne lui ressemblait pas beaucoup, surtout depuis la disparition de son meilleur ami après laquelle il s'était éloigné de ses proches sans qu'elle ne puisse retenir son ombre du bout des doigts. Condamnée à le voir filer et s'effiler. Salut ! qu'elle lui lance avec entrain en ouvrant la porte, mêlant sa voix à celle du géant qui prononce son prénom dans un sifflement qu'elle relève à peine. Tu as l’air de bonne humeur. Elle cille, la blonde, au ton qu'il emprunte et s'écarte doucement pour le laisser entrer sans savoir quoi penser tout à coup. Tiraillée entre s'attarder sur ses mots ou sur sa voix qui gronde plus qu'elle n'observe. C’est la perspective d’aller sur Byblos qui te rends si heureuse ? Derrière eux la porte se referme et Elara tourne le dos à cette dernière pour faire face à son frère, sa moitié, qui semble rongé par un mal différent. Euh... oui. hésite-t-elle à répondre avant d'être coupée dans son élan. Ou tu reviens de la cabine de Marcus ? et plus qu'être coupée, elle a l'impression qu'on vient de lui donner une claque. Alors au lieu de rester plantée devant lui, elle décide de le contourner après un temps d'arrêt qui la voit pâlir au prénom de celui qui peint d'ordinaire ses joues de carmin. Tout ça pour qu'il n'ait pas le plaisir de la voir vaciller, réfléchir, alors qu'elle fait mine de vérifier à nouveau ses cartons y trouvant soudainement un nouvel intérêt. Elara joue la carte de l'innocence sans savoir si celle-ci tiendra. De quoi est-ce que tu parles ? répond-t-elle simplement, sans trop en faire pour ne pas s'enfoncer dans une surprise trop surjouée. À la place, elle s'active dos à lui et si ses mains rangent à nouveau les affaires d'un carton son esprit lui est ailleurs. Il cherche. Il cherche qui aurait bien pu vendre la mèche car elle les savait trop discrets pour qu'Orion ait pu les surprendre : cela fait déjà presque deux ans qu'elle et Marcus se fréquentaient crescendo et jamais encore on avait percé leur jeu à jour. Jamais avant... Rian. Est-ce qu'elle aurait vendu la mèche ? Tu es venu m'aider à emmener mes cartons chez Papa et Maman ? qu'elle demande l'air de rien, le visage encore tourné vers le contenu du carton qu'elle remue plus qu'autre chose

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MessageSujet: (#) Re: I said something wrong, now I long for yesterday | Elara & Orion     Ven 8 Juin - 23:51
Hartmann n°1 et Hartmann n°2.

I said something wrong, now I long for yesterday

La provocation était devenue sa nouvelle arme. Tel un Buzz l'éclair de l'espace, il l’utilisait comme s’il s’agissait d’un pistolet-laser dernière génération, sans aucune subtilité, espérant confusément en tirer quelque chose, sans même savoir quoi. Et le pire, c’était qu’il s’en voulait d’être aussi, ewww... immature.

Il se voyait agir comme un enfant de trois ans, et il ne pouvait rien faire pour s’en empêcher, emporté par la tornade de ses sentiments. C’était comme si sa tristesse, sa rage, sa jalousie mal placée, toutes ces émotions empoisonnée formaient un cocktail trop étourdissant, trop enivrant, un véritable shot d’adrénaline au cerveau auquel il ne pouvait renoncer - pas sans plonger dans une torpeur désespérante.

Bref, Orion Hartmann était vaguement perturbé.

Alors malgré ses remords et la petite voix dans sa tête qui le traitait de crétin absolu, il ne put s’empêcher d’être agacé en voyant Elara, sa Elara, sa soeur, sa moitié, jouer les innocentes,  se débarrassant de son « accusation » d’un élégant  “ De quoi est-ce que tu parles ? ”, comme si elle ne revenait pas de chez Marcus, comme si l’odeur de son supérieur n’était pas incrustée dans ses joues et ses cheveux et ses lèvres et sa peau, comme si elle ne lui avait pas volontairement occulté tout un pan de ses dernières semaines. Son coeur se tordit à cette pensée.

Il ouvrit la bouche, prêt à continuer sur sa lancée, mais elle le devança, faisant fi de son indélicatesse. “ Tu es venu m'aider à emmener mes cartons chez Papa et Maman ? ” Il ne sut quoi répondre, pris au dépourvu par sa candeur, et un bref instant sa rage se ramollit, passant de bonbon acide à marshmallow fondant.
Durant environ une seconde et demi.

« Non. »

Cependant, il daigna déplier ses longs bras et ses longues jambes pour s’avancer au milieu des cartons, jaugeant la situation d’un regard critique. « Mais maintenant que je suis là, je peux te donner un coup de main. » Après tout, il ne pouvait pas la laisser porter seule tous ces paquets ; jouer les gros bras, c’était bien à ça que ça servait, les frères, non ?
Le peu d’enthousiasme qui perçait dans sa voix trahissait néanmoins le fond de ses pensées : Ça va pas Ela, il y a quelque chose, un abcès à crever, et bordel, je sais pas par où commencer, je suis perdu, t’as l’air tout aussi perdue, bordel, qu’est-ce qui nous arrive ? Mais son esprit était trop embrumé, sa fierté trop à vif pour qu'il ose baisser les armes et mettre les choses à plat avec sa soeur.

A la place, il s’approcha d'elle et attrapa l’autre côté du carton qu’elle était occupée à bercée, à moitié pour l’alléger de son poids, à moitié pour avoir une excuse pour planter ses yeux dans les siens. « Donne, je vais m’en occuper. Sauf si tu as déjà demandé à quelqu’un… » Cette fois, il ne prononça pas le prénom de Marcus, mais celui-ci flottait encore sur ses lèvres, plein de sous-entendus et d’accusations chuchotés à demi-mot. « Ça ne va pas être trop dur de retourner chez les parents ? » ajouta-t-il, le prénom de son supérieur toujours sur le bout de la langue, sous-entendu : Ça ne va pas être trop dur, de ne plus pouvoir inviter des hommes dont tu ne me parles pas, chez toi ?
Oui ok, peut-être qu’il cherchait un peu les problèmes.

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MessageSujet: (#) Re: I said something wrong, now I long for yesterday | Elara & Orion     Ven 22 Juin - 14:45
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Elle a l'impression de marcher sur des oeufs. Que le moindre faux pas fera imploser une tempête qu'elle discerne à peine parce que si son frère lui parlait de Marcus, elle se doutait bien qu'il savait quelque chose. Et que ça ne l'enchantait pas, visiblement. Pas quand lorsqu'il parlait elle avait l'impression qu'il était près à la mordre : sans jamais sauter le pas, là était simplement le genre de tension qu'il pouvait y avoir entre un frère et une soeur. Alors Elara essaie de changer de sujet, d'éviter les pièges qu'il lui tend avec plus ou moins de subtilité. Elle fait mine de ne pas savoir, se concentre sur son déménagement même si derrière ses billes bleues elle ne cesse de réfléchir à comment est-ce que sa relation avec le légionnaire avait pu être ébruitée.

Le « Non. » sec d'Orion lui pince le coeur, elle le sent bouillir, le connait trop pour croire que là est son dernier mot. Et en même temps, elle espère qu'il lâchera l'affaire et décidera de rentrer chez lui plutôt que de continuer à la titiller dans l'espoir qu'elle craque d'elle-même. Surement qu'il souhaitait qu'elle se confie à lui de son propre chef, mais elle n'était pas seule dans l'équation et n'avait aucune obligation envers Orion. Pourtant, le blond reste là même si sa voix est loin d'être pleine d'entrain à l'idée de l'aider. Mais maintenant que je suis là, je peux te donner un coup de main. Et elle a presque envie de lui dire qu'il n'est pas obligé de le faire, s'il n'en a pas envie. Mais il lui coupe l'herbe sous le pied et s'impose à elle en attrapant le carton qu'elle venait de prendre d'entre ses mains. Donne, je vais m’en occuper. Sauf si tu as déjà demandé à quelqu’un… il n'a pas besoin de dire le prénom de son amant pour qu'elle comprenne le sous-entendu qui lui arrache un soupire tandis qu'elle roule des yeux. Il pouvait être insupportable lorsqu'il le voulait, et elle se souvient même avoir déjà subi ce genre d'interrogatoire dans leur jeunesse. Du grand Orion. Du Orion dont elle ne voulait plus à présent. Ça ne va pas être trop dur de retourner chez les parents ? Nouveau soupire de sa part, las, alors qu'elle passe nerveusement sa langue sur ses lèvres attrapant instinctivement le pendentif de lune à son cou comme toujours lorsqu'elle était agacée, stressée, importunée. Il tourne autour du pot : Elara se demande même s'il n'y trouve pas un certain plaisir à la voir tenter d'éviter ses joutes tant bien que mal. Il faut bien que quelqu'un montre l'exemple... répond-t-elle en prenant appui sur la table derrière elle, croisant ses bras sous sa poitrine ses doigts jouant toujours avec le pendentif. Puis le silence, alors qu'elle plante son regard dans celui plus perçant mais tout aussi bleu d'Orion. Elle le fixe un moment, presque avec défiance avant de lever à nouveau les yeux au ciel. Bon, Orion. abandonne-t-elle, presque pressée puisqu'après tout, elle n'avait plus que quelques heures avant le départ pour Byblos. Qu'est-ce que tu as ? sous-entendu, lâche le morceau. Mais Elara est trop agacée pour laisser son affront passer sans qu'elle n'y réponde un peu : c'est peut-être la pression liée au voyage, l'angoisse à l'idée de se jeter vers l'inconnu qui parle. Je suis pressée, j't'écoute. finit-elle par dire, expéditive.

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MessageSujet: (#) Re: I said something wrong, now I long for yesterday | Elara & Orion     Jeu 26 Juil - 12:59
Hartmann n°1 et Hartmann n°2.

I said something wrong, now I long for yesterday

La tension devenait électrique, pulsait contre les avant-bras d’Orion. Il fixait sa soeur, sa soeur le fixait, ils devaient l'air malins tiens, et la blonde fut la première à briser le silence. « Il faut bien que quelqu'un montre l’exemple… » Montrer l’exemple. Typique d’Ela. Orion l’admirait pour cela ; elle était capable de se couper en quatre pour les autres, de s’oublier pour leur bien-être, de devenir - volontairement ou pas - un véritable modèle pour tous les hommes et les femmes de la Flotte. Elle avait l’âme d’un leader ; un leader dont l'arme était la pugnacité et la douceur, là où d’autres se frayaient un passage à grand renfort de cruauté et de pistolets lasers. Pourtant l'agacement grossissait, prenait toute la place, noircissait les prunelles bleues d'Orion, incapable d'être touché par cette bienveillance qui d'ordinaire lui donnait envie de la prendre dans ses bras pour la protéger de ceux qui auraient aimer en profiter.

« Bon, Orion. » Il pinça les lèvres. Au ton employé par sa soeur, il devinait que l’heure était venue de crever l’abcès, avant qu’ils ne fassent brûler la cabine à force de tourner en rond comme des buffles prêts à charger.  « Qu'est-ce que tu as ? » L’ignorait-elle réellement, ou était-ce une question réthorique ? Le soldat fronça les sourcils, cherchant ses mots.  « Je suis pressée, j’t’écoute. » Ces derniers mots le piquèrent au vif. Oh, alors Elara avait du temps à accorder à Marcus Riley mais pas à son propre frère ? Ses joues s'empourprèrent ; sa langue claqua trop vite, emportée par l’amertume qui lui brûlait la gorge :  « Désolé d'gâcher ton précieux temps libre. J’suppose qu’il a déjà épuisé toutes tes secondes de disponibilité, alors j’vais faire vite, ouais. » 

Les mots butaient, s’embrouillaient. Il n’avait jamais été un grand orateur, et il ne savait pas comment exprimer calmement ses récriminations. Dans l’espoir de calmer les tremblements qui agitaient son coeur et menaçaient de se répandre dans tout son corps, jusqu’à ses mains écorchées par les combats clandestins, il se mit à tripoter l’un des cartons qui jonchaient la cabine, à défaire le gros sctoch, à déchirer le papier kraft, comme si ce pauvre carton - qui n’avait jamais demandé à se faire sauvagement dépiauter par un soldat - matérialisait sa difficulté à parler. *Scroutch* Un petit morceau du couvercle du carton lui resta dans la main ; il le froissa dans son poing en grommelant :

 « Pourquoi tu m’as pas dit que t’étais avec le sergent Riley ? » Le respect dû à son supérieur l'avait empêché de dire quelque chose comme « pourquoi tu ne m'as pas dit que t’étais avec Marcus, bordel, MARCUS », mais il le pensait. Une grimace tordit brièvement le bas de son visage lorsqu’il réalisa qu’Ela devait pouvoir le prononcer, elle, ce prénom ; peut-être même le chuchotait-elle avec tendresse, ses yeux clairs plongés dans ceux, sombres et torturés, de son supérieur, lorsqu'ils se retrouvaient quelque part en cachette. Uerkkk.  « T’aurais dû.. t’aurais dû au moins me prévenir, j’demande pas de détails, juste… juste… j’avais l’air tellement con quand Eir… quand on me l’a appris, qu’est-ce que je pouvais répondre à ça ? "Ah ouais, super, je savais même pas, parce que ma soeur me parle pas, elle préfère me laisser dans l'ignorance, encore une fois ?" » Ses yeux brillaient, sa bouche se tordait, et il était incapable de ressentir quoi que ce soit d’autre qu’un vif sentiment d’injustice. Les remords seraient pour plus tard, dans la solitude de sa cabine, lorsque ses phalanges se fracasseraient contre un mur pour toute consolation d’avoir été aussi… aussi… con ? Pour l'instant, seuls les reproches bouillonnaient dans tout son être.

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MessageSujet: (#) Re: I said something wrong, now I long for yesterday | Elara & Orion     Ven 27 Juil - 23:01
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La tension qui s'était doucement électrisée était à son comble et aucun d'eux n'arrivait à réellement entrer dans le vif du sujet. Préférant se toiser, comme des bêtes, de bas en haut. Et elle le connaissait ce regard, cette atmosphère : qu'on ne lui dise pas qu'avoir un frère était reposant. Orion et elle s'étaient de nombreuses fois disputés pour un rien pendant leur enfance, adolescence, avant de trouver un réel terrain d'entente en grandissant. Mais leurs premières années de vies avaient été jonchées d'engueulades inutiles et puériles : pour la télécommande, pour la salle de bain, pour le dernier jus de fruit, pour la place dans le coin du canapé -celle pile devant la télévision-. Et il y en avait eu d'autres, des moments déchirants vites oubliés. Chacun avait été précédé de la même parade, du même regard plein de colère mal placée. Un colère vive, bien sûre, mais jamais indélébile. Et c'est elle qui la première décide de mettre un terme à cette mascarade connaissant trop bien Orion pour penser qu'il le ferait avant elle : c'était comme s'il attendait toujours qu'elle soit à bout pour lui balancer ce qu'il avait sur le coeur pile quand elle serait le plus agacée. Et donc la plus à même de répliquer avec autant de venin. Ah, les Hartmann. Rares étaient ceux à les voir comme ça, prêts à se jeter à la gorge de l'un et l'autre : surement qu'il n'y avait eu que leurs parents pour être assez malchanceux et s'être trouvés entre eux. Pourtant Elara l'aimait son frère, de tout son coeur même si elle ne le disait pas assez souvent. Elle serait prête à tout pour lui, donnerait tout s'il le fallait sans y penser à deux fois. C'était son frère, sa chaire, son sang. Il était bien trop précieux pour qu'elle s'imagine vivre sans : ça ne l'empêchait pas de vouloir le secouer une bonne fois pour toute là maintenant. « Désolé d'gâcher ton précieux temps libre. J’suppose qu’il a déjà épuisé toutes tes secondes de disponibilité, alors j’vais faire vite, ouais. » Rah. Ses lèvres se pincent pour réfréner un soupire qu'elle expulse tout de même par le nez, franchement agacée par cette soudaine obsession qui avait suivit, visiblement, la découverte qu'elle n'avait plus le coeur à prendre. Qu'est-ce que ça pouvait lui faire ? Et pourquoi préférait-il la piquer à plusieurs reprises plutôt que se livrer ? Elara lève les yeux en l'air, las, puis plante son regard (cette fois noir) dans celui de son frère. Ouais, fais vite. J'ai pas que ça à faire. s'empêcha-t-elle de rajouter tout de même, préférant éviter une dispute avant son départ (et visiblement, ces dernières pleuvaient).

« Pourquoi tu m’as pas dit que t’étais avec le sergent Riley ? » le nom de son amant dans la bouche de son frère sonne étrangement à ses oreilles. Alors quand Orion grimace pour une raison différente, Elara l'imite non sans rougir un peu qu'il sache alors qu'elle aurait préféré garder sa relation sienne encore un temps. Relation qui avait pris un tout autre tournant la veille, et si penser à Marcus lui pinçait le coeur (parce qu'elle lui avait déjà fait ses adieux pour plusieurs semaines) cela avait un tout autre goût à présent que son frère le présentait comme un affront. Ça la met plus en colère qu'elle ne l'était déjà. Il n'avait pas le droit. Mais elle n'a pas le temps de rétorquer que ça ne le regarde pas qu'il enchaîne, visiblement hors de lui. « T’aurais dû.. t’aurais dû au moins me prévenir, j’demande pas de détails, juste… juste… j’avais l’air tellement con quand Eir… quand on me l’a appris, qu’est-ce que je pouvais répondre à ça ? » Alors c'était bien Eirian qui avait vendue la mèche. Elle aurait dû s'en douter quelque part... Et sans savoir pourquoi elle se sent désolée pour la brune qu'elle n'avait pas revu depuis leur dispute (encore une) au centre de laquelle était également sa relation avec Marcus. Comme quoi, mis à part Rhil personne ne semblait soutenir leur relation : raison de plus pour se garder d'en faire part à d'autres. « "Ah ouais, super, je savais même pas, parce que ma soeur me parle pas, elle préfère me laisser dans l'ignorance, encore une fois ?" » Là, il touchait une corde sensible. Une corde qu'il n'avait pas le droit de toucher. Celle de son mariage, de sa bêtise d'avoir gardé son abus pour elle quand elle aurait dû chercher de l'aide : et personne n'arrivait à comprendre qu'elle n'en avait pas eu la force. Tout simplement. Et qu'encore aujourd'hui son ressenti était encore trouble. Elle l'avait aimé Luke, de toute ses forces. Elle l'avait détesté aussi. En avait eu peur, encore maintenant. Si elle avait été en colère, cette fois, il n'y avait plus de possibilité de faire machine arrière. Il l'avait définitivement provoquée, malmenée, secouée. Encore une fois ? qu'elle répond sèchement, la gorge un peu nouée par l'émotion qu'il avait malgré lui ravivé. Elara secoue la tête, détourne le regard réfléchissant à ce qu'elle pourrait lui cracher au visage sans y parvenir tant elle voyait rouge. Elle replonge cependant son regard dans le sien. Tu te fous de moi Orion. Franchement ! T'as que ça à faire ? qu'elle commence non sans lever les bras en l'air, entre être dépitée et révoltée. Qu'est-ce que ça peut te faire ? C'est ma vie privée, t'as pas besoin de savoir ce que je fais H24 non ? Il n'avait pas besoin de le savoir. Non. Bien sûr, elle pouvait lui en faire part si elle en avait envie et le faisait sans grand mal la plus part du temps le saoulant d'anecdotes qu'il n'écoutait que d'une oreille. Marcus, c'était différent. J'arrive pas à croire que tu viens spécialement aujourd'hui me voir pour me balancer au visage mon mariage, et ma relation avec Marcus. qu'elle lui dit, haussant un peu le ton sans jamais tomber dans l'excès. Trop droite, trop bienveillante pour même dans la colère vouloir hurler des insanités à son frère. Elle le faisait sans avoir à crier. Et c'était surement ça le pire. J'ai pas besoin de toi pour m'en souvenir, tu crois que c'est par plaisir que j'ai rien dit ?! et sa gorge se noue, encore, la faisant buter sur quelques mots quand ses yeux s'embrument en repensant à cette époque qu'elle continue de fuir. Quel con, aussi, de remettre ça sur le tapis. Et pourquoi d'ailleurs ? Qu'est-ce que t'as ? T'es jaloux ? C'est peut-être pour ça que je t'ai rien dis pour Marcus, parce que t'es pas capable de pas réagir comme un gamin de douze ans. finit-elle non sans un pointe de dédain. Elle en pensait pas un mot, mais c'était plus fort qu'elle. Il avait comparé inconsciemment Luke à Marcus et la blonde ne pouvait pas le laisser passer. Pas quand l'un avait manqué de la tuer alors que l'autre était ce qu'elle chérissait le plus au monde. À ses yeux, il l'avait insulté lui, mais aussi elle. Et c'était trop tard pour qu'elle fasse demi-tour.

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