Keeping in touch // Rosarus
MessageSujet: (#) Keeping in touch // Rosarus     Dim 29 Avr - 0:29
avatar
http://beyond-earth.forumactif.com/t101-howl-so-that-even-wolves-are-silent-marcus http://beyond-earth.forumactif.com/t179-with-a-mind-like-a-loaded-gun-marcus
Messages : 99
Âge : 41 ans
Occupation : Sergent, légionnaire affecté à l'Argus One
Habitation : Argus One
Arrivée : 2201
Pseudo : AmusableSky
Avatar : Jon Bernthal
Crédits : Avatar : captain, sign old money.
Keeping in touch
Here we are, simple creature of habit. Taking confort where we can, enjoying simple pleasures when we can.
▿ ⬘ ▴ ◈ ▾ ⬙ ▵
Depuis longtemps – trop longtemps, certainement – tu as toujours été à la recherche d'excuses pour échapper au retour de ta cabine. Parfois inconsciemment, d'autres dans un simple réflexe. Comme un vieux mécanisme bien huilé, perfectionné depuis les années. Au départ, c'était pour repousser, éloigner le retour inévitable à une cabine que tu trouvais emplis de rancoeurs, de regrets s'accrochant aux moindres recoins. Ceux même que tu pouvais lire dans ses yeux, de la déception assombrissant ses billes, auxquelles tu t'aveuglais d'y déceler encore de l'amour. Tu as toujours été un bon soldat, Marcus, mais tu n'as jamais réussi à demeurer sur ce champ de bataille que tu avais construit avec Galina. Lâche, c'est ce que tu avais été, utilisant toutes les opportunités jusqu'à ce que tu doives t'y traîner les pieds. Que tu osais une seconde y espérer une sensation mensongère d'espoir – et parfois, tu avais l'impression qu'elle cherchait à se voiler aussi, dans vos rares bons moments au fil des dernières années. Plus souvent par contre, c'était le froid, la pesanteur de ce qui ne serait pas. De ce qui ne pourrait pas être, parce que tu étais prêt à rester enlisé, à te torturer plutôt que de faire un effort de ton côté. Un compromis qui t'était insurmontable, au fond. Une toxine qui s'infiltrait et envenimait tout sur son passage, grugeant et effritant jusqu'à ce que tout tombe en ruine. Des promesses brisées, soufflées et regrettées, comme des termites rasant tout, petit à petit jusqu'à ce que finalement, ni toi ni elle n'ayez la sensation de rentrer à la maison lorsque vous franchissiez la porte. Non, tu n'étais plus chez toi dans ta propre cabine, ni avec elle depuis très longtemps. Le problème, c'est lorsque l'on se sent mieux de simplement fermer les yeux sur cette réalité, de se gaver de faux espoirs. Votre mariage n'était pas que ça, mais il s'est résumé comme tel à la dernière ligne droite. Lorsque c'était assez, c'était trop tard.

Et puis elle est partie et toi, toi tu avais encore les yeux fermés. La face voilée, simplement confrontée à une autre réalité : la solitude. De celle que tu n'avais pas ressentie et contemplée depuis longtemps. Parce que même si tu n'étais pas un homme bien entouré, de ceux qui ont l'impression de se perdre allègrement dans une mer d'êtres, les anoblissant d'un titre d'amitié dans une aisance qui t'était toujours apparue comme incongrue, tu avais espéré être libre de ce genre de solitude. Celle-là même qui arrache, parce qu'elle ne part jamais de bons termes. Elle ne se perd jamais simplement de vue comme deux personnes qui arrêtent tout bonnement de se côtoyer du jour au lendemain. Non, cette solitude a un goût amer, qui te laisse avec cette sensation d'avoir été dérobé de quelque chose – d'une part de toi, peut-être – et de devoir recoller à nouveau les morceaux malgré les pièces manquantes et de croiser les doigts pour que tout tienne en place. Que tout se cimente à nouveau, un peu maladroitement, un peu bâclé, mais tout de même rapiécé. C'est cette solitude qui donne tout son sens de réellement perdre quelque chose et de devoir en faire son deuil. Qui colore tout de nostalgie, de mémoire et de souvenirs. Qui se niche pour faire partie de toi : cette pièce vide, ce trou parfois petit, parfois béant. Le genre que tu tentes d'éviter à tout prix au départ, à défaut de savoir comment la gérer, même si ce n'est pas la première fois. Alors tu continuais de sortir, de vagabonder lorsque tu ne trouvais pas d'âme pour t'accompagner. D'utiliser ce même mécanisme comme porte de secours, comme distraction, le temps que la plaie se referme.

Seulement, lorsque tu regardes ton terminal pour y revoir le message de Rosalija, ce dernier ne s'active pas. Ne s'active plus depuis un bon moment, déjà. La faute a l'habitude, la faute à l'inutilité de le mettre en route. Ce réflexe s'est écarté, petit à petit, force de traîner ailleurs, d'avoir la sécurité de la présence d'Ela un peu plus marquante à chaque jour, d'avoir Rian dans les pattes à l'époque. Malgré la distance de celle-ci, ce qui te donnait jadis l'impression de ravins se fait aujourd'hui fissures. Et tu as cette petite satisfaction, pas des plus marquantes, simplement présente, de ne pas voir l'invitation de la douanière à une possible échappatoire de ton repère aujourd'hui. Ni même comme une distraction. Une simple invitation a rattrapé le temps perdu avec une bonne amie tandis que tu te mets en route vers la destination proposée. Un coin où elle était une habituée, où tu y traînais surtout par demande que par réelle habitude à ton tour. La Ruche ne te déplaît pas pourtant, la tranquillité y transpire de par ses règles et son atmosphère bien à elle. Le bar est déjà bien occupé par ses fidèles et tu t'enfonces plus loin, à la recherche de boucles sombres et lorsque tu l'aperçois, installée confortablement à une petite table, tu lui fais signe de la main. « Hey. » que tu salues simplement une fois à sa hauteur, l'esquisse au coin des lippes. Comme si l'absence de contact était obsolète et que tout se résumait simplement. « T'as pas attendu trop longtemps ? » Politesse en offrande tandis que tu prends place à ses côtés, une légère œillade dans sa direction. De celle que les plus fins observateurs se complaisent à y détecter tant de chose. Elle avait l'air bien, d'un premier coup d'oeil. Mieux que bien des gens suite aux élections, mais tu demandes tout de même par précaution : « comment va depuis le temps ? » Parce qu'entre vous, c'est une camaraderie qui découle depuis plusieurs années, qui s'est teinté d'une vague possibilité à quelques occasions, sans rien briser pour une fois.
code by bat'phanie



HE IS LONELY, HE IS SELFISH

He wants to say that he can be gentle. He wants to say that his kind of love won’t lead to ruin. But he can see it, and still he will try. A thousand times for one moment of pure turmoil
MessageSujet: (#) Re: Keeping in touch // Rosarus     Lun 14 Mai - 22:42
avatar
http://beyond-earth.forumactif.com/ http://beyond-earth.forumactif.com/
Messages : 310
Âge : 37 ans
Occupation : Sergent des ravitailleurs, postée sur le Jeanne d'Arc
Habitation : Argus One
Arrivée : 2200
Pseudo : Canard
Avatar : Golshifteh Farahani
Crédits : minako (av), beylin (sign), elara (crackship)
Il avait suffi d’une mention du nom au cours de la soirée des élections pour attiser la nostalgie de Rosalija. Anastasia avait dit bien des choses pendant la réception – certaines qu’elle préférait oublier, dans le déni le plus complet. Elle préférait s’appuyer sur les quelques syllabes qui avaient retenu son attention. Marcus Riley. Bien plus agréable de s’imaginer toutes les nouvelles qu’ils auraient à rattraper, toutes les nouveautés dans leurs vies respectives, que de continuer à s’apitoyer sur la question ultime d’Anastasia, avant que Rosa ne quitte la soirée. Comment elle se sentait vis-à-vis de la possibilité de reprendre contact avec la Terre et de connaître le sort que le destin avait réservé à son paternel ne regardait qu’elle, peu importe le respect et l’estime qu’elle éprouvait envers Anastasia et leur amitié. Après une réflexion passive, songeant à tendre la perche au sergent à l’occasion, il avait suffi de quelques jours pour qu’elle envoie un message à Marcus, l’invitant à la rejoindre à la Ruche si ça lui convenait – elle y serait de toute façon, et si elle espérait une réponse positive, elle avait depuis longtemps passé le stade où le moindre refus l’irritait. Le bar, niché dans le Colossus 5, était comme une deuxième maison – une transition entre le poste de contrôle des douanes et sa cabine, un passage obligé quasi quotidien. C’était rarement pour le simple plaisir de boire ou de noyer sa peine qu’elle y mettait les pieds. Il n’était pas rare qu’elle opte pour des consommations non-alcoolisées, appréciant simplement l’ambiance du bar pour lire, finir des rapports ou juste relaxer. À cette occasion, c’est terminal à la dextre, whisky à la senestre qu’elle s’installe dans le fond du bar, avec vue sur la porte, peut-être dans l’espoir de voir Marcus la franchir, même si ses yeux foncés rivés sur l’écran de son appareil ne risquaient pas de déceler la présence du légionnaire de sitôt. La voix grave de son collègue parvient finalement à ses oreilles; elle lève la tête, par réflexe, accrochant aussitôt un sourire à ses lèvres fines. « Pas du tout », l’assure-t-elle alors qu’il prend place à la table. À vrai dire, elle n’attendait pas particulièrement – après tout, il n’avait jamais donné suite à son invitation, même s’il était sous-entendu qu’elle tenait quoi qu’il en soit.

La question de Marcus est frappante dans sa trivialité. Ils n’avaient pas eu l’occasion de discuter depuis des semaines, voire des mois, et à vrai dire, elle n’aurait pas pu être en mesure de mieux entamer la conversation. Comment faire autrement, de toute façon? Où commencer lorsqu’on ne savait plus trop où on avait terminé, tout ce temps auparavant? « Bah. La routine, malgré tout », fait-elle dans un demi-sourire. Malgré les élections, malgré les changements qui se profilaient, dans une certaine mesure – pour ce qui était du couramment connu, des événements de notoriété publique. Sur un autre plan, elle venait d’apprendre que son ex était un meurtrier psychopathe dans une autre vie et qu’il était passé à ça de tuer son meilleur ami, mais elle n’allait certainement pas s’amuser à briser la glace avec ce genre de révélation, qu’elle garderait soigneusement privées jusqu’à la fin de ses jours. « Je soupçonne que les gros changements sont encore à venir. Avec Mugheri à la tête de la flotte… » Elle laisse au silence le soin de terminer sa phrase. Marcus comprendrait sans doute qu’elle n’était pas nécessairement convaincue par la nouvelle tête de la flotte. Rosalija avait voté pour Rosenstein, par pur égoïsme, et pourtant elle ne se sentait pas lésée par les résultats – ils étaient bénéfiques pour elle, dans un autre ordre d’idées. « Et toi, alors? » Elle lui retourne la question bien malgré elle, contrainte par le code social, par l’habitude, par la politesse. Dans d’autres circonstances, en différente compagnie, la réponse lui aurait peu importé. Cette fois, elle se surprend à réellement attendre de savoir ce qu’il avait à dire, ce qui avait pu l’occuper pendant ces longs mois. Ni l’un ni l’autre n’étaient du genre à s’envoyer des messages pour rien, juste pour dire bonjour, pour prendre des nouvelles superficielles. Pourtant, elle n’avait rien trouvé de mieux à dire que l’équivalent de pas grand-chose alors qu’ils n’avaient pas eu la chance de discuter depuis longtemps. On ne changeait pas, après tout.

Elle laisse Marcus prendre ce qui lui plaît, détaillant son visage, son attitude. Il y avait quelque chose qui avait changé, mais elle ne saurait dire quoi. Peut-être n’était-ce qu’une impression, aussi; qu’elle se rendait compte que son souvenir ne collait pas à la réalité. « Quand même ironique que ce soit Anastasia qui m’ait fait penser que ça faisait bien trop longtemps qu’on avait pas pris cinq minutes pour se mettre à jour », fait-elle finalement lorsqu’ils sont tous deux servis, levant son verre pour le faire tinter contre celui du légionnaire. Ironique parce que connaissant le préjugé défavorable de la milicienne à l’égard des membres de la légion, Rosa n’aurait pas imaginé que son amie aurait pu passer du temps de qualité avec Marcus, même si la présence d’Elara à la soirée des élections avait pu adoucir le tout. Elle n’ose pas aborder le sujet de Galina; la dernière fois qu’ils s’étaient vus, la plaie était encore trop fraîche, et avec le temps, elle n’osait même plus s’aventurer sur cette pente glissante. La question lui brûlait toutefois les lèvres – pas son ex-femme en tant que tel, mais bien la période post-Galina dans laquelle il se trouvait présentement. Rosalija n’était pas du genre curieuse relativement aux histoires de cœur des autres, et pourtant, la déferlante d’émotions qui s’était abattue sur elle récemment lui donnait envie de savoir si tout le monde était aussi misérable qu’elle. D’un côté, elle espérait que non. De l’autre, savoir qu’elle n’était pas la seule à galérer la rassurerait.


mama called me
destructive
said it'd ruin me one day

RÉPONSE RAPIDE