you were never in control anyway (rhilara)
MessageSujet: (#) you were never in control anyway (rhilara)     Sam 3 Mar - 22:42
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you were never in control anyway

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Elara est heureuse, plus que depuis bien longtemps. Elle est heureuse et épanouie. Ela, elle vit enfin, parce qu'elle s'est rendue compte que finalement : tout allait bien. Que Luke, s'il avait été libéré, n'était qu'une ombre lointaine. À peine une menace. Et que tout ne s'était pas arrêté, que la vie avait continué son cours. Rhil était toujours là, Marcus plus présent que jamais. Chacun de ses proches s'était fait passer le mot, avait été d'un soutien sans limite. Et elle, au milieu de tout ça, elle allait bien. Elle travaillait toujours à en perdre le sommeil, mais elle vivait à côté comme si de rien n'était. Elle sortait le soir, tirait Rhil au cinéma, dans des bars et quand aucun ne voulait sortir il y avait toujours son canapé. Ils s'y jetaient nonchalamment, terminaux en mains, se partageant des articles scientifiques silencieusement. Seules leurs pauses à la machine à café venaient troubler leurs soirées qui auraient fait fuir n'importe qui mais qui leur convenaient, à eux. Et y'avait qu'eux qui comptaient, finalement. Elle vivait à mille à l'heure, avait même commencé à prendre des cours de self-défense, elle, l'éternelle pacifiste. Mais Elara le faisait pour Marcus car quelque par ça le rassurait de la savoir capable de faire face au pire, ou presque. Et quand il ne la faisait pas danser sur le ring, il l'enserrait dans ses bras loin des autres parce que personne n'était digne d'être témoin de leur histoire. Les contours d'une idylle clandestine dont eux seuls avaient le secret. Tout était rentré dans l'ordre, de nouvelles habitudes avaient vu le jour : mais rien ne semblait pouvoir l'atteindre à présent. Sensation de contrôle apaisante, la blonde avait repris sa vie en main sans se laisser abattre par l'apparition inquiétante d'un fantôme. Elle se sentait vainqueur d'un combat qu'elle n'avait pas mené seule. Elle se sentait aimée, soutenue, accompagnée et c'était le principal alors.

Le mois dernier, elle avait fuit l'australe la peur au ventre d'y croiser Luke. Elle s'était faites petite, après l'émeute qui avait secoué le Tiantang, prétextant devoir rattraper le retard accumulé par sa foulure afin d'éviter les questions gênantes. Celles qui la pousseraient à voir la vérité en face : elle courbait le dos, se faisait lâche et fuyarde alors qu'elle s'était toujours voulue conquérante et forte. Mais nous étions en Mars, une page s'était tournée, elle avançait. Au milieu de la foule, elle fend cette dernière sa main solidement accrochée au bras de Rhil pour ne pas le perdre. Ses yeux s'agitent, attirés par mille et uns objets à acquérir mais dans son sac il n'y a que des fleurs récemment achetées. Pêché mignon, passion, achat futile, il y avait beaucoup de choses pour définir son attrait pour les fleurs. C'était cliché, ça venait souligner son apparence de femme innocente, mais qu'est-ce qu'elle les aimait ses fleurs. Y'en avait partout chez elle, les tulipes ses favorites trainaient en permanence dans ce qui lui servait de pièce de vie. Rhil lui pointe du doigt un stand plein d'objets en argent : du pendentif à la montre en passant par des petites sculptures alors ils s'y arrêtent, curieux. Puis elle change de sujet de conversation. Alors, avec Ithan ça avance ? qu'elle lui souffle l'air de rien en examinant un bracelet dont la pièce centrale représentait la lune : une autre lubie, plus fermement ancrée en elle puisqu'originaire du satellite. Et ne me dis pas que "tu avances à ton rythme". elle prend une voix plus grave pour l'imiter, le ton espiègle et amusé alors qu'elle plis deux doigts de chaque main pour imager les guillemets de sa citation (presque) directe. Finalement, elle décroche ses billes bleues de l'astre en argent pour les lever vers le colosse qu'elle fixe en attendant qu'il réponde, un sourire aux coins des lèvres.

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MessageSujet: (#) Re: you were never in control anyway (rhilara)     Dim 4 Mar - 15:23
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You were never in control
Elara & Rhil | premier samedi du mois
Il avait loupé l’Australe de février, entre son poignet foulé et le côté gauche de son visage beaucoup trop abîmé pour sourire librement, profiter librement de cet évènement qu’il chérissait. Les mains d’Ithan voletant près de son visage pour soigner le sang qui y coulait, les ecchymoses qui se formaient sur sa peau pâle, l’effleure à peine de peur de lui faire mal, et les vagues de douleur qui traversent toute sa boîte crânienne.. elles l’en avaient dissuadé. Reste au lit, à ressasser ces instants précieux où tu t’es senti en vie, et saturait de l’inutilité crasse où son amour du risque et du danger l’avait poussé. Il se satisfaisait simplement des soins d’Ithan, trop professionnels à son goût, et d’avoir sa main de dessin encore intacte, épuisant la frustration de devoir limiter le sport et les sorties, le visage contusionné mais la poitrine respirant plus librement grâce à ces propres ecchymoses.

Il avait profité des deux derniers mois pour regarder Elara avec attention, l’inquiétude dissimulée sous la tendresse. Il n’aimait pas sentir sa tension à fleur de peau, depuis que le grand méchant Luke était revenu comme une fleur parmi la Flotte, comme si son crime était pardonné. Rhil connaissait des pirates et des habitués du Lady Grace qui valaient mieux qu’un connard levant sur la femme qu’il était censé aimer, jusqu’à flétrir ses soirées d’anniversaire, l’envoyer à l’hôpital et saloper tout ce qu’il y avait de bon dans le mot mariage. Rhil sentait les rubans de la normalité, des relations lui glissaient hors des doigts petits à petits, observant les manèges avec une désillusion qu’il ne pensait jamais obtenir, mêlée du goût âcre de la honte, ou bien imaginait-il encore le sang en bouche, des coups qu’il n’avait pas intercepté ?  Il apprenait qu’il avait sans doute deux types de compagnons : ceux qui vous apprennent à vous défendre et à vous battre, ceux qui vous rouent de coups. Littéralement et métaphoriquement : ceux qui vous font grandir et vous apprennent à devenir la meilleure version de vous-mêmes, ceux qui vous détruisent, vous et votre estime de soi, votre envie de rêver et d’aimer jusqu’à laisser une boule en larmes sur les draps tâchés.

Elara ne méritait pas de rester enfermée à craindre et à se morfondre, et Rhil chérissait le temps qu’ils prenaient tous les deux, à discuter au fond d’un canapé, assis par terre à la dessiner en train de révolutionner le Colossus dans son bureau, seul en tête à tête, enfermés dans leur bulle précieuse, de science et de confessions, d’habitudes et de gestes affectueux. Accompagné, de la bande que la lumière d’Elara chariait avec elle depuis des années, entre les grimaces et les rires. Cela l’apaisait, lui comme elle. Reconstituer leur monde comme si Luke n’y avait jamais fait irruption, et bras dessous, bras dessus, admirait ce que la vie de la Flotte offrait à leurs yeux, sous les figures de bijoux et d’arts, d’objets de la vie quotidienne, nécessaires ou simplement jolis comme des tulipes.

Les doigts de Rhil s’immobilisent alors qu’il effleurait un bracelet gravé d’étoiles et qu’il sent l’amusement d’Elara se moquer à son oreille. Sa pommette gauche est encore marquée d’un bleu, qui dissimule la rougeur qui prend sa joue et sa teinte de rose - la droite trahit parfaitement que la question d’Elara n’est pas innocente, pas comme elle le prétend. Réjouissance : il a cessé depuis quelques mois de nier que le chirurgien lui ôte le souffle à chaque fois qu’il le croise et de prétexter de ne pas sentir à quel point les sourires d’Ithan le rendent heureux, à quel point son avis compte, lui qui a dit cessé de consommer de l’Astre pour son regard. “- Nous avançons à notre rythme.” répète-t-il sans sourcil, imitant parfaitement la phrase sans fois répéter et les paroles attendues par Elara. Lentement, prenant son temps. Il garde un instant le silence, l’expression espiège de celui qui prépare un mauvais coup, n’arrivant pas à contenir son sourire alors qu’il s’efforce de répondre l’air de rien. “- Il m’a demandé de sortir avec lui.” Sans s’occuper de la jeune femme à son bras, Rhil prend une montre en main pour en observer le mécanisme, avant de la reposer sur l’étal. Il fait la moue pour se retourner face à sa meilleure amie, amusé. “- Même si… techniquement, la seule raison pour laquelle cela tarde, c’est qu’après ton anniversaire je dois économiser pour lui offrir une table au Silver.” Bon ça et qu'après autant de temps, il ne comptait pas séduire Ithan avec un oeil au beurre noir et un poignet bandé serré.

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MessageSujet: (#) Re: you were never in control anyway (rhilara)     Mar 6 Mar - 23:31
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Y'a quelque de chose frais, de léger dans leur relation. C'est peut-être parce que quelque part ils se connaissent mieux que personne, qu'ils n'ont aucun secret l'un pour l'autre. Parfois ils mentent et se cachent : comme quand elle avait tardé à lui dire pour Luke et ses écarts de conduite de plus en plus violents. Mais ils finissent toujours par revenir vers l'autre, la vérité comme des vagues qui les entraineraient inlassablement vers le rivage, leurs visages. Leurs bras constamment ouverts, prêts à s'accueillir mutuellement qu'importe les blessures et les affronts. Le pardon comme une constante immuable et leur amitié ce pilier inchangé malgré le temps qui passe. Car finalement, rien ne change et le monde autour d'eux a beau s'écrouler, se reconstruire pour être détruit à nouveau ils s'accrochent aux rayons de leur relation. Lumière qui ne cesse de briller, bulle d'oxygène, astre. Et quand elle relève les yeux vers lui, pleine de malice et d'espièglerie elle ne peut s'empêcher de s'attarder sur les contours de ses pommettes, sur la teinte rosée de sa peau qui parfois tire sur le jaune. C'était dur, toujours, de le voir se remettre de combats violents auxquels il était peut-être trop accro pour les éviter. Les disputes à ce sujet, ils ne les comptaient plus et s'ils s'étaient mis d'accord pour ne plus tomber dans le piège de lever la voix, c'était uniquement parce qu'en contre partie Rhil ne pouvait plus la faire culpabiliser d'avoir abandonné les sciences pour les Hommes. Car vivre les yeux rivés sur les étoiles et les étoiles plein les yeux c'était bien beau, mais Elara avait rapidement compris qu'il fallait d'abord soigner les Hommes pour s'attarder sur l'espace qui les enveloppe. Qu'avant de pouvoir véritablement se jeter corps et âmes vers les constellations, les corps stellaires, il fallait s'assurer un chez soi sain : l'espace, aussi passionnant puisse-t-il être n'accueillait pas la vie et si certaines exoplanètes pouvaient en être capables rien ne valait la sécurité de la flotte. Alors oui, les corps célestes et les satellites la faisaient toujours autant vibrer mais son coeur battait pour les autres maintenant. C'est en arrachant son regard des cieux qu'elle avait constaté de l'état de l'Humanité, qu'elle s'était sentie responsable de ceux n'ayant pas le luxe de pouvoir oublier le sol sur lequel ils se tiennent, trop occupés à se vider pour vivre décemment. Nous avançons à notre rythme. ça la fait rire doucement tandis qu'elle retourne son attention sur le bracelet lunaire. Elle a envie de lui dire qu'il est bête, mais ça l'amuse trop pour qu'elle lui fasse la remarque. Il m’a demandé de sortir avec lui. Et elle relâche immédiatement le bracelet qu'elle observait pour tourner le dos au stand et faire face à Rhil. Y'a un large sourire qui barre son visage, les yeux qui pétillent alors qu'elle n'en revient pas et avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit il enchaîne l'air de rien. Même si… techniquement, la seule raison pour laquelle cela tarde, c’est qu’après ton anniversaire je dois économiser pour lui offrir une table au Silver. Son sourire s'étire (comme si c'était encore possible), dévoile même ses dents alors qu'elle inspire et le frappe du poing dans l'épaule avec la force d'une enfant.

Tu te moques de moi ?! elle le frappe encore, autant amusée qu'incroyablement heureuse pour son meilleur ami. Sa moitié d'âme, son bout de coeur. Après tout ce temps ! Et tu me le dis que maintenant ? Elara fait mine d'être vexée mais elle est à des kilomètres de l'être parce qu'elle apprécie tant Rhil qu'il aurait pu lui cacher une relation secrète avec le médecin qu'elle ne lui en aurait pas voulu. Après tout, elle avait bien mis du temps avant d'aborder Marcus avec le blond : elle était encore mariée, certes, mais cette part d'elle-même était déjà brisée, irratrapable. Et ça n'avait rien de comparable avec Ithan, du moins, c'est ce qu'elle se buttait à se convaincre. Ce qu'elle tentait de croire, d'avaler. Mais ici son attention et toutes ses pensées sont tournées vers le scientifique qui vient de faire le plus grand pas qu'elle n'a jamais été témoin de voir. Après l'avoir faussement frappé, elle pose une main pleine d'affection sur son bras qu'elle serre tendrement. Je suis tellement contente pour toi... et elle est déjà persuadée que ce rendez-vous signe le début de quelque chose de grand, car déjà profondément ancré en eux. Il faut que tu me racontes tout, et je veux des détails. Ne laisse rien de côté. ça l'amuse, ça lui donne envie de sauter sur place et c'est presque comme si elle le vivait tant elle est joyeuse. C'est fou... un murmure pour eux, pour elle, pour réaliser avant de lever le nez vers la foule autour d'eux et de faire mine de chercher quelqu'un du regard. Qu'avez-vous fait de Rhil Trasam !? elle le demande un peu fort dans un rire qu'elle peine à contrôler parce que c'est tellement irréel que ça lui fend le visage d'un rictus sincère et large. Des yeux, elle traverse la foule cherchant -espiègle- le "Rhil Trasam" qu'elle feint d'avoir perdu pour un blond qui avance enfin dans sa relation avec Ithan. Ses billes bleues ricochent sans s'attarder sur les visages qui peuplent l'australe, quelques secondes. Pas plus. Pourtant ça suffit à tout gâcher.

D'abord ce sont ses yeux qui s'éteignent et se voilent, parce que c'est avec eux qu'elle redécouvre des traits qu'elle pensait derrière elle. Sa mâchoire et son nez. Sa barbe toujours bien taillée et ses petits yeux noisette qui la fixent avec la même intensité qu'à leurs débuts. Elle sent les coins de ses lèvres retomber, son sourire s'effacer progressivement à mesure que ses yeux détaillent celui qu'elle voulait ailleurs. C'est lui. C'est lui et autour y'a plus personne alors. Elle sent ses jambes à la limite de lui faire défaut, droites seulement parce qu'il le faut. Tenir bon. Tenir debout. Elle s'y était préparée à le croiser. Mais ça suffit pas et ça suffira jamais. Y'a que les idiots pour penser que ça fonctionne de s'imaginer une situation pour y faire face sans accro. Et puis sa main qui tenait le bras du blond retombe lentement le long de ses hanches, le temps qu'elle réalise et accepte celui qui la brûle toute entière du regard.  

Rhil, c'est plus qu'une ombre à ses côtés.

Une silhouette dont elle n'entend pas les mots, trop happée par le démon au loin. Le cauchemar qui après avoir hanté ses nuits vient la narguer en pleine journée. Il est là. C'est Luke. C'est Luke. Elle a beau se le répéter silencieusement, ça ne rentre pas. Ça ne veut pas rentrer : ça ne peut pas, parce qu'Ela elle serait prête à tout pour ne plus être là. Pour que cet instant n'existe pas. Noyée par le moment, elle en oublie de respirer alors elle tente vainement de ne pas boire la tasse. Elle est courageuse, pourtant elle a soudain l'impression de ne plus rien valoir, de n'être plus à la hauteur.

Et puis ça la frappe d'un coup.

La blonde inspire brutalement, happe l'air à la limite d'en avoir trop manqué dans un sanglot incontrôlé : c'est comme si son corps avait décidé de cracher sa peine avec toute la force qu'il lui restait. Il est seul, parce qu'elle s'effondrera plus tard : elle était pas prête Elara. Elle le sera peut-être jamais, ça la tue, ça l'enrage d'être si faible tout à coup. Là, elle doit pourtant garder son sang-froid malgré la tempête qui fait déjà rage. Du dos de la main, elle vient donc presser ses lèvres pour les empêcher de se tordre de supplice et elle ravale ses larmes qu'elle parvient à ne pas laisser couler. Elle secoue la tête, pour finalement détourner le regard de Luke pour le poser sur Rhil. Je dois y aller. C'est bref. C'est que quatre mots et pourtant ça suffit pour que sa voix s'y brise et s'y fissure. Y'a pas d'explications, pas de signe vers le brun qui continue de les fixer et qui soudain décide de fendre la foule dans leur direction. Y'a juste l'urgence dans sa voix et sa silhouette qui se dérobe déjà du scientifique.

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MessageSujet: (#) Re: you were never in control anyway (rhilara)     Mar 27 Mar - 17:30
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Elara & Rhil | premier samedi du mois
Il a un rendez-vous avec Ithan, un rendez-vous qu’il veut glorieux, éclatant, exceptionnel. Inoubliable, s’il finit par être unique, et la part plus nerveuse de Rhil sait qu’il sera le dernier - il ne sait juste pas si ce serait parce que Ithan réussirait enfin à trouver la part d’humanité et de solitude de l’astronome, ou car Rhil finirait par lui faire du mal et à se laisser abandonner, la cage thoracique à l’air et le souffle volé à ses lèvres. Il a un rendez-vous avec Ithan, l’éclosion réelle d’une relation que Rhil confond parfois avec un délire d’épuisement, un délire d’Astre. Mais c’est la première fois qu’il le dit à voix haute, il s’en rend compte quand il a envie de se frotter le visage, comme un gamin qui veut en chasser à la fois les grosses larmes d’enfants et les traces de chocolat volé au coin de la bouche. Il ne le fait pas, parce que ni la teinte rose, ni la teinte jaune de ses pommettes ne peut s’effacer aussi facilement. C’est la première fois qu’il le dit à voix haute, il le réalise lorsque le poing de sa soi-disante meilleure amie, complément de son âme, soutien de ses nuits d’insomnies, murmures complices à toute heure, vient heurter son bras. Elle le tire de son réveil éveillé, et de son sourire qui lui mange la barbe. Il aurait aimé que sa grimace ne soit que pure exagération. Certains hématomes mettaient plus de temps que d’autres à disparaître sur sa peau, dans ses peaux.

C’est un soulagement de voir son sourire trouvait un écho dans le visage illuminé d’Elara.  Soulagement de savoir qu’il n’était pas perdu comme un idiot dans la foule, que ce qu’il ressentait… ce qu’il ressentait existait. Pour de vrai. Pas comme il essayait de jouer un jeu devant un miroir sans teint.   “- Tu me frappes ?” Rhil arque un sourcil provocateur, mais il la gare à son bras, il reste appuyé contre elle, et ses yeux brillent d’un éclat complice. Le Regina Mercy se moquant de la charité, elle qui les lèvres pincées, le regard assassins et l’inquiétude ( le reproche ) à peine contenues par amitié pour lui, lassitude de discussions éternellement recommencées.
Pour une fois, il n’a pas besoin de sentir la douleur scier ses muscles pour sentir l’adrénaline, l’euphorie. Il n’a même plus besoin qu’Ithan soit auprès de lui. “- Ithan a fait le premier pas. “ explicite Rhil reprenant sa dignité sous le bras. Parce que c’est comme ça que ça s’appelle, non ? Oser lui demander un rendez-vous, authentifier leur prochaine sortie d’un sceau qui avait plané sur eux depuis des années. Parce qu’on pouvait compter sur Rhil Trasam pour compter les étoiles avant de s’endormir, dicter des équations et modèles longs comme la flotte à Charlie, se défoncer le crâne et fumer après, avoir le palpitant trop agité, trop sensible, mais profondément bon, mais faire le premier pas, si ce n’était pas pour une ânerie, certainement pas.

Elara avait peut-être raison - cela ne ressemblait pas à Rhil d’être heureux en amour. C’était irréel. Irréel comme il se sentait dans un cocon trop beau pour être vrai, au milieu du raffut d’une australe, à sourire à son amie. Il roule des yeux, amusé par ses facéties, et retient un rire dans sa gorge tandis qu’il regarde ailleurs. ”- Laisse-moi raconter alors. ” Est-ce que c’était légèrement humiliant que la personne qui le connaissait le mieux l’en pense incapable ? Le regard d’Elara s’attarde ailleurs, ne revient pas vers lui, et Rhil penche la tête vers elle, légèrement sur le côté, essayant de capter son attention à nouveau, le sourire doux comme un agneau.    “- Okay, okay, tu avais peut-être raison.” Il admet, un rire encore présent dans sa voix ( ô éphémère ) - il admettra sans peine, pour lui faire plaisir qu’elle avait raison, tout ces mois à le charrier, à le pousser avec une subjectivité relative, à pointer le médecin lorsqu’elle l’aperçoit et voir ce que lui-même ne comprenait pas. Peut-être a-t-il des sentiments pour Ithan qui peuvent être nommés amoureux. Cela ne vaut pas bien la peine d’avoir le souffle coupé, non ? Rhil déchiffre son regard, mais tombe à côté de la plaque. ”- Elara ?” Pourtant, la compassion, il en a plein la poitrine, et il connaît Elara par coeur, mais cette fois, il est déstabilisé par sa réacton. Cela n’a aucun de sens et égoïstement l’angoisse lui brûle la poitrine. Qu’est-ce qu’il avait mal fait, qu’avait-il donné comme raison à son amie d’être encore une fois déçue de lui ?

”- Elara ?! Il s’entend répéter, alerté cette fois alors qu’elle lui glisse entre les doigts et tourne les talons. Cela n’est pas normal et le sentiment d’anomalie, de danger rampe sous son épiderme, la chaire de poule se répand sur ses avant-bras tandis qu’après un temps de retard il se lance à la suite d’Elara. Les deux inséparables ne se sont jamais quittés aussi abruptement, même lorsque leurs opinions tournaient aux éclats de voix. Jamais. Jamais Elara ne le quitterait sans un aurevoir, une embrassade, un baiser sur sa joue, et il est resté comme deux ronds de flancs un instant de trop avant de risquer de la voir disparaître dans la foule. Le revirement noue sa gorge, les bijoux sont abandonnés sur l’étal - et il a besoin de croiser son regard, de savoir.

Rhil pourtant ralentit, et a à peine conscience de ses pas, ses jambes semblent disparaître et céder sous lui; à côté de lui, comme flou, monstre abominable surgit de sous le lit, créature qui hante les cauchemars qu’on ne peut jamais regarder en face. Luke. Le bonheur est fragile comme un soufflé, illusoire comme une étoile filante qui porteuse de rêve n’est qu’une combustion de poussières et de gaz.  La compréhension le heurte de plein fouet. L’impression de s’être pris un coup de poing en plein plexus serait une comparaison plus exacte. Luke. Elara a vu Luke, Elara, le fuit, l’ex-mari, la violence et la terreur qui la reprend. C’est un ramdam aux tempes de Rhil qui scande Luke et un sentiment qu’il éprouve peu. La colère, la rage pure.  Il pâlit et ses traits se durcissent.
Les poings fermés à se faire mal et à péter à nouveau ses articulations, il écarte un stellarien. Qu’est-ce qu’il désire ? Attraper ses cheveux bruns si soyeux, comme s’il n’en avait pas chier durant que quelques mois sur Le Lady. Il y avait des ombres sur le visage de Jyreese, gravée permanente comme des rides, et des cicatrices dans sa chair, et cet enfoiré se pavanait, en pleine Australe, sans remords pour ses crimes,  frais comme un thon retiré d’ici trente secondes pour être tanné contre le mur avec pleine vélocité. Rhil se voyait massacrer son visage contre un mur, ses phalanges explosées contre les os de son visage et sa gueule d’ange défigurée, chassée des cauchemars de son amie.

Le rêve est remplacé par la bousculade, la réalité, et Rhil desserre les dents juste assez pour laisser par un sifflement d’air et prendre sa décision. Malgré les tremblements de rage qui l’agitent, il se plante devant un milicien en charge de l’Austral. Et, pendant une demi-seconde, l’astronome ne sait pas quoi dire. Il doit avoir l’air idiot ou d’un fou, d’un violent, la chique coupée, les lèvres entrouvertes, à balayer la foule du regard, l’esprit perdu et les traits tendus par l’ire. Qu’est-ce qu’il pourrait dire ? Cet homme est un enfoiré de la pire espèce, il mérite le sas, il mérite le lady, un lâche et un violent, avec votre putain de parodie de justice il la terrifie, à pourchasser les dealeurs de clopes et laisser les maris violents en liberté. Et pourtant, je sais, je sais physiquement que je ne dois pas lui envoyer mon poing dans la gueule, et frapper, frapper, frapper encore et encore.  Mais je suis à ça de le faire moi-même.  Le fantôme dans les yeux de Jyreese, la peine d’Elara, ses propres idéaux, sa foi dans la fédération qui brûle dans son ventre, et se consume en hurlant que ce n’est pas juste - il reste là et les mots qui sortent de sa bouche ont du sens; “- Cet homme là,” et il désigne Luke du bras, secoue la tête avant de continuer, plus posément, grave. “ a agressé mon amie et maintenant il l’a harcèle, vous ne pouvez pas faire que chose ?” N’êtes vous pas là pour ça ?

Et son regard passe à côté, et accroche Elara hagarde, perdue visiblement, comme si elle avait oublié par où se trouvait la sortie la plus proche, submergée par la foule et la cohue. Il réapparaît presque près d’elle d’un mouvement, le bras passé autour de sa taille protecteur. Petit oiseau à protéger malgré tout. ”- C’est moi Rhil doucement.” Il murmure la voix rauque contre ses cheveux, et son regard fouille our retrouver Luke qu’il a perdu tandis qu’il attire Elara contre lui, l’entraîne par une coursive, puis une autre, et la porte claque derrière eux. Ils sont seuls - un accès interdit, découvert quand il était enfant sert à Rhil pour enlacer Elara à lui faire mal, à la protéger de son corps. "- Elara ?"

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Tout va bien. Ok. Ça va. Tout va bien. Tout va bien, c'est rien. Elle se le répète, essaie de s'en convaincre malgré le coeur qu'elle peine à sentir vibrer tant il est serré. Tout va bien, qu'elle se dit encore tandis qu'elle fend la foule, bousculant des gens sur son passage qui s'offusquent par réflexe avant de la fixer, surpris. Parce que ceux qui la reconnaissent savent que ça n'est pas son genre. Et ceux qui ne voient qu'une chevelure blonde se taisent en voyant les larmes sur ses joues cachées maladroitement par sa tête baissée et ses mèches tombantes. C'est rien, Ela. Ça va, qu'elle rabâche sans que ça ne prenne. Y'a toujours cette peur qui lui noue l'estomac, ce cri dans sa gorge qui ne sort pas comme une cicatrice d'une époque où elle avait hurlé à sa pitié plus d'une fois. C'est rien, se ment-elle sans y être aveugle. C'est pas rien, ça le sera jamais et ça l'enrage de paniquer comme ça. D'être partie dans un coup de vent comme si Rhil n'était personne, peut-être pour la première fois. Ça la brûle, la ronge, de sentir ses poumons manquer d'air parce qu'elle est incapable de respirer normalement. Il avait suffit d'un regard pour que son monde s'effondre. Pour que le semblant de normalité disparaisse, et la voilà aussi fragile que lorsqu'elle avait quitté l'hôpital des mois et des mois plus tôt. Une époque qui lui paraissait révolue, une plaie qu'elle pensait guérie et la voilà de nouveau béante, brûlante. Tout va bien, allez, debout qu'elle s'encourage alors qu'elle cherche une sortie, fuyarde et si loin de son courage habituel maintenant. Mais ses mots font face aux bourrasques de la tempête qui écrase son esprit, y sont happés, noyés. Elle boit la tasse, tourne sur elle-même, se sent perdue au milieu de la foule dont elle sent certains regards s'attarder. Et elle qui avait voulu s'éloigner se sent prise au piège. Elara étouffe, le bord des larmes elle l'a franchi depuis bien longtemps et il faut qu'elle se morde les lèvres pour qu'elles ne tremblent pas. Une part d'elle se sent ridicule, se déteste, l'impression de se donner en spectacle au centre de l'évènement le plus attendu du mois la rend malade. La blonde voudrait disparaitre, sans savoir encore si elle aurait la force de refaire surface car les méandres lui semblent tout à coup rassurantes, séduisantes. Ses billes océanes se troublent, débordent, agitées par des vagues qui s'écoulent le long de ses joues dans un silence assourdissant. Rien ne va. Non.

Elle sent soudainement des mains se glisser sur sa taille, lui arrachant un sursaut violent qui relève presque de l'instinct animal. De celui de la proie qui pense encore pouvoir s'échapper tandis qu'elle détache ses yeux de la foule pour les poser sur celui qu'elle attend maladivement être Luke. Un sanglot coincé dans la gorge, la peau qui s'électrise, répulsée par ce contact qui en ravive d'autres des plus brutaux mais c'est le visage de Rhil qu'elle dessine derrière la brume de son regard. C’est moi Rhil, doucement. le sanglot finit par s'échapper, comme si c'était finalement sa présence qui l'avait délivré de l'étaux qu'était alors encore sa gorge. Incapable de répondre, de se calmer, de reprendre pieds là elle où elle se sentait si proche du vide. Elle n'a pas la force de se débattre, ni l'envie lorsqu'il l'attire à lui et puis ailleurs. Ça lui semble durer des heures, ces quelques pas choisis avec précision. Et pourtant ça n'est qu'une poignée de minute qu'il leur faut pour s'éloigner de la foule, s'enfermer loin des autres. À peine ferme-t-il la petite pièce qu'elle reconnait à peine, trop concentrée sur la sensation de se noyer en plein air, qu'elle le sent la couvrir de ses bras. Et la serrer. Fort. Si fort qu'alors manquer d'air lui semble plus logique et moins effrayant. Elara reste d'abord interdite, immobile. Presque inerte dans ses bras qu'il continue de serrer comme si à tout moment elle allait finir par disparaitre. Enfin. Et ce n'est que lorsqu'il la presse contre lui qu'elle se sent être, quelque part, confrontée à sa propre existence lorsqu'elle s'abat contre celle du blond. Doucement, ses mains s'agrippent à lui, au tissu de ses vêtements qu'elle tire vers elle comme s'il était encore possible de le faire et son visage vient se perdre dans le creux de son épaule à la recherche d'un bout d'âme qu'elle y avait perdu, de son odeur rassurante qu'elle ne sent pourtant plus à travers les larmes qui continuent de déferler. Elle entend son prénom sans parvenir à répondre, l'impression que ça n'est plus la voix de Rhil qui lui parle mais qu'à la sienne se mêle celle de Luke dans un écho d'une autre époque. En guise de réponse, qu'elle l'a bien entendu, elle se contente de le serrer plus encore dans un effort d'exister.

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MessageSujet: (#) Re: you were never in control anyway (rhilara)     Dim 15 Avr - 17:28
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You were never in control
Elara & Rhil | premier samedi du mois
Cela ne va pas rien, ne va, c’est la chute libre qui tourbillonne et Rhil a un tel goût aigre dans sa bouche desséchée qu’il se demande comment il a eu la présence d’esprit de penser. De penser à prévenir les autorités, de penser à Elara avant de penser à Luke, de penser à courir alors que ses jambes ne répondaient plus et qu’il sent la panique monter en lui alors que la situation lui échappe. Alors que ça recommence. Cercle vicieux, Elara méritait mieux. Ils ne s’en sortiraient jamais ? Lorsqu’il l’avait vu dans ce lit d’hôpital il avait senti son coeur se briser contre ses côtes, fondre jusqu’à se transformer en lac de larmes qui brillaient dans ses yeux. Tout ce qu’il avait pu faire, c’était lui tenir la main, et ravaler le torrent d’excuses qu’il aurait voulu marmonner pour un crime qu’il n’avait pas commis. C’était la dégringolade, la piqûre de rappel. Un instant plus tôt, elle semblait sur le point de prévoir le second plus beau jour de la vie de Rhil, elle riait, et semblait un rayon de soleil au sourire éblouissant à qui posait les yeux elle. Un instant plus tard, il la serre dans ses bras comme s’il pouvait s’exposer aux coups pour la protéger, l’envelopper dans son étreinte jusqu’à ce qu’elle trouve la force de tenir bon, jusqu’à ce que ses bras finissent par recoller les morceaux ensembles. Lui accorder l’ancrage qui lui faut le temps qu’elle se recolle pour affronter son agresseur elle-même, lorsqu’elle en serait capable.

Lui qui n’avait jamais mis son poing dans la gueule de quiconque n’était pas consentant pour ça, il serrait les dents, tremblant d’une colère qui lui est étrangère. Cela lui donne envie de vomir qu’un homme puisse faire ça, qu’un foutu enfoiré puisse mettre sa meilleure amie dans cet état et la réduire aussi facilement en charpie et en masse sanglotante, qui s’écroule contre lui. Qu’il puisse avoir encore cet effet, ce pouvoir sur Elara le rend fou autant que cela lui brise le coeur, démuni.
Et il n’y a rien qu’il puisse faire.
Il est là, et c’est pas grand chose face à la masse de poings et de souvenirs hurlants qu’est Luke, à l’enfer qu’elle a vécu, et aux marques que cela a laissé en elle. Et tout ce qu’il ne parviendra jamais à comprendre tout à fait, faute de l’avoir vécu, les traumatismes qui demeurent étranger alors que lui sait serrer la main du type qui vient de le massacrer sans la moindre peur.  C’est terrifiant d’y penser, c’est terrifiant de sentir Elara sangloter et se perdre contre lui et c’est terrifiant de sentir l’atroce limitation de son être qui ne peut que compatir sans pouvoir rien faire qu’à part ravaler sa salive et prier pour que le karma peut-être existe.
Rhil la maintient contre lui avec toute la douceur que des mains d’hommes peuvent receler, l’entoure contre son coeur et lorsqu’il sent qu’elle lui rend son étreinte, qu’elle le reconnaît il la serre plus fort pour annihiler tout espace entre eux, tout interstice où les mauvais souvenirs et les hommes violents et le monde entier pourraient la toucher. “- Tout va bien…” Mensonge, mensonge, mensonge, croasse son esprit et il a l’impression de se débattre contre le monstre hurlant de sa propre panique, de sa propre angoisse de ne pas savoir que faire, de la dure réalité qu’aucun mot, aucun câlin ne sera suffisant pour effacer la réminiscence. A la place, il fait ce qu’il peut, c’est à dire murmurer contre ses cheveux, contre son oreille, recroquevillé autour d’elle. “- Il ne peut rien faire, il ne te touchera pas, je te promets, Ela, je te promets tu n’es pas tout seule, ça va aller, ça a aller, il va payer, un jour, tu es en sécurité, il n’est pas là.” Son regard fuit un instant vers la porte, comme si cela pouvait invoquer le démon parmi eux, mais la porte demeure close, et son souffle s’apaise. Il la laisse pleruer contre son torse, évacuer la terreur, l’irrationnel et surtout l’adrénaline de la survie, de l’instinct de fuite pour ce qu’il n’en peut plus de se battre. Ils ont tout le temps du monde et après un long moment, il se penche un peu plus vers elle pour chercher son regard, écarter une larme de sa joue du pouce. Et Rhil murmure avec fermeté, comme si toute l’admiration qu’il ressent pour son amie pouvait être transférée en intraveineuse, ou par son regard qui s’attache au sien. “- Tu es forte, tu es plus forte que cet enfoiré, ne le laisse pas avoir ça.


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MessageSujet: (#) Re: you were never in control anyway (rhilara)     Lun 14 Mai - 22:14
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you were never in control anyway

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Elle se sent fragile. Elle se sent faible. Sale. Ridicule. Cela fait bien trop longtemps qu'elle n'avait pas goûté à la poussière des tréfonds pour que son ego, son amour-propre, n'en prenne pas un coup. Parce qu'elle ne se reconnait qu'à peine à présent, frêle créature qui disparait dans les bras du géant faisant de son mieux pour être le pilier dont elle a besoin. Le phare au milieu de la tempête qui vient de la frapper si soudainement. Elle en a perdu l'habitude, la blonde, de s'écorcher les genoux si violemment et de tomber tout simplement là où d'ordinaire elle serait restée altière par fierté. Elle avait oublié, l'idiote, qu'existait une époque où elle avait cru ne plus jamais pouvoir vraiment profiter de la lumière : condamnée à vivre dans l'ombre qu'était devenu son mariage. Elle s'était pensée guérie. Le sera-t-elle seulement un jour ? Son esprit voudrait lui dire que oui, mais le coeur n'y était pas, piétiné par un regard brun qu'elle aurait aimé ne pas croiser. Elle se sent faible de ne pas parvenir à ravaler ses larmes, à relever le menton et de s'écraser par vagues contre cet ami dont elle a l'impression d'abuser, pour qui elle a la sensation d'être un poids : de vieux mécanismes qui s'enclenchent malgré elle. Qui la font subitement se sentir salie, parce qu'elle se rappelle de la douleur et des coups, de l'odeur du sang, de son goût. Et puis de ses mains sur sa peau, plus tard, cherchant à s'excuser d'avoir marbré ses côtes, rougies ses pommettes. Le dégoût au bord des lèvres, Elara ne parvient pas encore à cesser le flot de larmes qui s'échappent d'entre ses cils. Et il n'y a plus que les bras du blond pour la retenir et la serrer, lui faire oublier pour un temps seulement car Luke venait de raviver des plaies qui mettraient du temps à guérir. Encore. Moins, certainement, parce que cette-fois lorsqu'elle retrouvera Marcus il n'y aura plus cet arrière goût amer de commettre une infidélité. Parce que sans doute qu'aujourd'hui il n'y a plus de barrière à franchir pour atteindre ses démons et que le brun les connait aussi bien qu'elle. Parce que maintenant, elle ne se cachait plus de Rhil : non, au contraire elle s'était déversée contre lui avec toute la violence dont elle pouvait faire preuve. Et il y avait quelque chose de rassurant de sentir son odeur, ses mains dans ses cheveux. La sensation à moitié stupide d'être chez elle alors qu'en réalité ils s'étaient terrés comme des chiens dans une toute petite pièce, de celles qui auraient pu lui donner l'impression d'étouffer si ça n'était pour le souffle de Rhil contre sa tempe qui lui murmure des mots doux.

Elle les entend sans rien dire en retour. Incapable de prononcer le moindre mot sans s'effondrer dans une nouvelle série de sanglots. Ses lèvres tremblent trop. Instable tempête qui ne perd en intensité que sous la chaleur de Rhil et ses attentions patientes qui lui semblent durer des heures avant qu'enfin ses épaules ne soient plus frappées de sursauts. Puis elle reste un moment là, sans bouger, son souffle encore agité et ses mains qui n'arrivent pas à se défaire de la veste de Rhil. Tu es forte, tu es plus forte que cet enfoiré, ne le laisse pas avoir ça. et la blonde essaie de répondre, sentant les doigts de Rhil qui cherchent à empêcher quelques perles de dégringoler plus encore sur ses joues. Il lui faut plusieurs inspirations pour articuler un Je suis désolée. plein de culpabilité certainement mal placée, de honte aussi, d'être tombée si bas (et de se sentir chuter encore). Tout ça pour un regard. Rien qu'un regard. Et ça la rend malade, elle se sent stupide, dépassée, perdue. Ce qu'elle ne donnerait pas pour s'enfermer dans ses quartiers, là, maintenant. Un réflexe malsain surement, mais le premier qu'elle a : celui de s'isoler, trop fière pour avoir la sensation d'avoir le droit de trébucher elle aussi. Je veux rentrer. parvient-elle finalement à dire aussi, en s'écartant lentement de Rhil la tête lourde et le coeur plus pesant encore. Mais lorsqu'ils ouvrent la porte pour s'échapper, ce n'est pas un couloir vide qui les attend mais une silhouette bien trop familière qui la fige à nouveau cette fois incapable de fuir tant la terreur la paralyse. Ela, j'veux juste te parler. S'il te plait. c'est Luke. Bien sûr. Forcément. Et il tente même de s'avancer lui aussi dans le petit espace sans que la blonde ne fasse quoi que ce soit pour l'en empêcher piégée entre lui et le scientifique dans son dos. Happée par le visage qu'elle revoit si près, trop tôt et en même temps pas assez.

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MessageSujet: (#) Re: you were never in control anyway (rhilara)     Jeu 31 Mai - 23:12
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Elara & Rhil | premier samedi du mois
C’était terrifiant de la sentir trembler et sangloter contre elle. Elle est sa meilleure amie, et peut-être que Rhil ne lui dit pas assez, la liste des gratitudes qu’il a signé de son nom. La sensation qu’il le traverse lorsqu’il entre dans son bureau ou sa cabine, lorsqu’il passe la soirée avec elle et la connivence de leurs sourires, la complicité de leurs regards. A quel point il a peur de la perdre, les jours comme ça. Comment son étoile préférée a soudain vacillé dans les ténèbres le jour où il a réalisé qu’un jour peut-être, il devrait envisager sa vie sans Elara, ou qu’ils n’étaient pas passés loin du désastre par inadvertance. L’inadvertance de Rhil, les secrets d’Elara. Que tout son intelligence, tout sa bonne volonté et bienveillance, et toute leur amitié ne peuvent pas les protéger, et qu’en dehors du calme feutré de l’Hélios, le système solaire tourne à trop d’échelles, trop de vitesses différentes pour ne jamais se retrouver prisonniers dans l’hélice humaine. Qu’ils ne sont pas siamois, qu’il y aura peut-être un jour un homme qui se mettra entre eux.

C’est terrifiant, et il n’aime pas les chocs que ça cause à son propre cœur. Il se demande s’il n’a pas à son tour le cœur qui lâche, si les errances de ses sentiments, les handicaps de ses émotions ne viennent pas d’un problème physiologique finalement. Si les mains d’Ithan vont devoir saisir son cœur à pleine main pour l’empêcher de flancher, de perdre la tête. Comme lui glisse ses mains dans ses cheveux, dans son dos et dans son cou avec l’indifférence du lieu, concentré sur la douceur qu’il met dans ces mains qui portent encore les bleus et les entailles de son dernier combat, celui qu’Elara avait du deviner, son propre démon, concentré sur ne mettre aucun poids, aucune force dans ses doigts agiles, le contraire de la pression des doigts de la délicate jeune femme sur son t-shirt. Terrifié de se transformer en monstre à son tour, incapable de la ramener à bon port et son cœur
Il se rappelle les leçons de calme que lui inculque Ithan, la promesse qu’un cœur à l’unisson est un phare, une ancre en bord de trou noir. Qu’on puisse calquer un battement sur un autre, une respiration sur un autre, et que l’harmonie apaise. C’est le contraire pour lui, c’est le cœur d’Elara qu’il sent contre sa cage thoracique et qui mène la danse. Il s’efforce pourtant de rester calme, de la ramener vers eux, d’apaiser leurs angoisses, de rappeler qu’ici et maintenant, Luke n’est plus qu’un croque-mitaine, une histoire à raconter aux enfants pour leur faire manger leurs insectes, qu’il ne peut l’attendre, qu’un fantôme de délivre pas de coups.
Rhil roule des yeux, les lèvres légèrement entrouvertes et la désolation dans le regard. On n’a jamais levé les yeux au ciel de façon aussi désabusée, sans un mot qui puisse passer les lèvres. « - Merde, Elara. » Ce n’est pas son fort, les jurons et les insultes, les vulgarités passent si rarement ses lèvres ( sauf lorsqu’il se blesse, lorsqu’il se fait mal, et les accents outranciers de sa mère lui reviennent tout de suite à la bouche ) mais il n’a que ça a dire. Il rive son regard aux yeux et ajoute doucement, pour bien lui faire rentrer ça dans le crâne. « - Tu as à t’excuser de rien Elara Hartmann, compris ? »

Il la laisse revenir vers la porte et un simple soupire passe ses lèvres :  « - Moi aussi » . L’Australe lui manque, elle lui manque pour ce qu’elle représente à ses yeux alors tant pis s’ils doivent attendre encore un mois pour en profiter. Il presse doucement dans son dos, son pouce et ses doigts forment des mouvements concentriques pour l’apaiser, sans y penser, sans le réaliser. Ithan fait souvent ça, et Rhil en tire toujours un calme souverain, une nouvelle colonne vertébrale, des racines, plein de comparaisons solides qui lui avaient toujours été étrangères. Il a la tête baissée lorsque l’ancienne professeure ouvre la porte, mais la relève assez vite pour qu’un sursaut de douleur traverse ses cervicale. C’est pas la douleur qui l’immobilise. C’est l’ombre qu’il voit par-dessus l’épaule d’Elara, les cheveux bruns, la carrure nonchalante, l’assurance de l’ancien amant, l’ancien aimé, et il reste surpris un instant, comme son amie. La putain d’audace, bonne à s’arracher les cheveux.  C’est sa voix qui le précipite dans l’adrénaline et l’excitation du sang qui lui est si chère, qui le ranime à la vie, à son propre corps bien trop souvent par mois.

Il pousse l’homme en pleine poitrine, sa paume heurtant à plat la cage thoracique de Luke. Rhil s’est interposé, le corps fluide s’est glissé entre Elara et Luke, la touchant pas plus qu’un fantôme, mais une fois entre eux, il bloque Luke de son corps. Et il a du sang sur les mains qui appartient à des hommes et des femmes capables de tuer, pas le sang de la personne qu’il est censé aimer. En général, le regard de Rhil est malicieux, son sourire en coin fait plisser sa fossette et sa barbe taillée en pointe semble plus celle d’un lutin que celui d’un mauvais esprit. Le regard sans émotions, les mâchoires serrées, le menton redressé, le venin au bord des lèvres, Rhil semble prêt à mordre, le regard incendiaire et glacial à la fois. « - Dégage. » Signale-t-il clairement, observant les traits qu’il pensait avoir oublié. Il est beau, l’enfoiré, il a l’air innocent l’immonde, il a l’air coupable et désolé, la pourriture. « - Laisse moi lui parler, tu n’as aucun droit… Je suis son époux, Elara ! » Le ton plaintif et doux comme un agneau heurte ses oreilles.  Il n’y a plus de pensées dans l’esprit de Rhil et le silence est accueillis à bras ouverts. Plus d’inquiétudes, plus d’intellect survolté, plus de questions réponses et de regards tournés vers l’insondable. Il s’est avancé en pleine australe, dans le bruit et la foule qui les enveloppe faisant reculer Luke de son corps contre le sien. Un pas après l’autre, les mains serrées autour de son haut, marquant le tissu de fripes autant que la peau d’une ecchymose à la manière qu’il a de le forcer à reculer, quitte à lui marcher dessus, les doigts tremblants malgré leur force à deux doigts de lui envoyer son poing dans la gueule. Sa voix est à peine plus haute qu’un murmure, car il a du mal  à articuler pris dans sa frustration et son désir de se battre, de lâcher prise, d’annihiler ce souvenir. « - T’as aucun droit, comment oses-tu, va te faire foutre Luke, ou je te jure par les astres… »



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MessageSujet: (#) Re: you were never in control anyway (rhilara)     Dim 1 Juil - 22:57
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La main dans son dos, ce pouce qui trace des cercles contre le tissu de son chemisier, elle se demanderait presque comment elle tiendrait debout sans. Presque, parce que ses pensées malgré l'envie sont tournées vers autre chose que le contact rassurant de Rhil derrière elle. Et c'est bien dommage, mais le destin s'acharne sur eux car quand la porte s'ouvre ce n'est que pour offrir à ses billes bleues le visage de son ex-mari, ex-amant, ex-bourreau, ex-tout. Une partie d'elle qu'elle n'arrive pas à fuir : mais devait-elle vraiment l'ignorer ? Etait-ce comment ça qu'elle guérirait du mal qu'il lui a fait ? Ou en ne l'affrontant pas, nourrissait-t-elle la plaie toujours ouverte, jamais fermée ? Dans d'autres circonstances, elle y aurait réfléchi; Aurait pris le temps de se calmer, de respirer. Mais son souffle se coupe, et ses yeux, eux, ne parviennent plus à déborder : ils regardent, complètement happée, le visage de Luke qu'elle redécouvre pour de bon. Peut-être pas vraiment charmée, plutôt prise au piège d'un passé qui vient de faire son retour comme dans une gifle dont elle sent encore la brûlure là où il avait levé la main sur elle. Elara ne bouge pas, figée par un torrent d'émotions qui tourbillonnent autour de la peur grisante qui l'avait envahie plus tôt. Par contre Rhil, c'est une autre histoire.

Elle le sent à peine se glisser devant elle, ni ne le voit s'interposer parce que son regard est tout tourné vers Luke. Il s'enfonce dans celui noir de son ex-mari, s'y perd alors qu'entre ses tempes les souvenirs s'enchainent et se débattent. Les uns parfois heureux, les autres surtout douloureux. Elle voit à peine les deux hommes se bousculer, s'affronter presque en silence.

Dégage. La voix de Rhil la ramène un brin à la réalité alors qu'elle cille, les yeux brillants mais trop fatigués pour pleurer à nouveau. Son regard se décale pour se poser sur les épaules de son meilleur ami avant de retrouver dans un éclair celui du brun qui l'appelle. Son propre prénom comme une décharge aussi douloureuse que les coups qu'il lui donnait autrefois.  Laisse moi lui parler, tu n’as aucun droit… Je suis son époux, Elara ! Je suis son époux. Elle a la nausée tout à coup. C'est peut-être le choc, la fatigue, les souvenirs ou le fait qu'il se considère encore comme sien et elle, comme toute à lui. Ça la rend malade. Rhil réagit au quart de tour, comme piqué à vif par la voix plaintive de l'ex-prisonnier mais au lieu de le suivre Elara lui tourne le dos. Elle s'élance, d'abord un pas après l'autre, puis dans une pluie de foulées qui s'enchaînent sans qu'elle ne puisse les contrôler. Et elle se perd dans les couloirs parce qu'elle s'est perdue ce soir, l'impression d'avoir gâché tous ces mois loin de lui, de touche le fond. Elle ne sait pas où elle va dans les couloirs du Columbiad, mais elle y va : tant que c'est aussi loin que possible de lui.

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