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MessageSujet: (#) last call / cs     Ven 2 Mar - 20:59
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Elle entre à La Ruche dans le gros de la soirée, alors que les moins raisonnables se font honteusement ramasser par leurs collègues et amis plus sobres. Crius n’avait jamais aimé de débordements dans son bar et avait toujours farouchement défendu ce dernier contre les frasques des ivrognes stellariens – les habitués le savaient et montaient souvent la garde, suggérant aux tables peuplées d’éléments dérangeants de trouver un autre endroit à pourrir avant que le propriétaire ne se fâche. Rosalija fait partie de ceux-là, dans un sens, à darder un regard noir appuyé par la promesse de représailles vite faites, bien faites, col rouge un symbole de sa capacité à remettre aisément les idées en place à qui que ce soit. La douanière se fraie un chemin à travers la foule qui se clairseme à mesure qu’elle avance vers le bar, signe que la migration vers les cabines privées s’amorce. Vu l’heure, pas étonnant. Terminer un service de nuit la menait toujours vers un bar, le plus souvent celui-ci, histoire de s’isoler dans un environnement social, incapable de rentrer directement chez elle. « Hey, C », qu’elle interpelle le tenancier avec un sourire qui se veut chaleureux, prenant place à son banc habituel – celui sur le côté du bar, là où elle ne risquait pas de se retrouver flanquée des deux côtés par des boulets de première classe. « Comme d’habitude? » qu’elle lui demande en se hissant à sa hauteur, sachant qu’il saurait pertinemment quoi lui servir : quelque chose d’ambré et de fort, température pièce.

Appuyée contre le mur du bar, par-dessus une vitre cachant quelques bouteilles de luxe, elle a une vue parfaite sur la sottise humaine. Ce n’est que rarement qu’elle ose toutefois lever son nez de son terminal, qu’elle observe avec attention, l’écran défilant automatiquement au rythme de sa lecture grâce aux bons soins de Charlie. Un verre, puis un second, enfin, un troisième – le bruit ambiant du bar s’estompe, laissant place à un silence relatif. Elle a pris possession du banc voisin, allongeant ses jambes éhontément, alors que les derniers retardataires s’exilent. Seuls quelques incorruptibles demeurent, tranquilles, éparpillés dans le bar. Un couple d’amoureux transi qui ne voit pas le temps filer dans un coin; un type qui noie visiblement sa peine dans un cocktail aux teintes vaguement féminines; un groupe de filles épuisé, l’une endormie sur la table, les autres en discussion calme, comme si elles attendaient de dégriser un peu avant de se diriger à la maison. Et Rosa, le nez plongé dans ses affaires, dans le roman à l’eau de rose qu’elle n’oserait jamais admettre adorer. Les pas du tenancier qui se dirigent vers elle dès qu’elle pose son verre, au terme de sa dernière gorgée, la font sourire – elle lève le regard vers le cinquantenaire. « Tu me permets d’en prendre un dernier avant que je rentre? » qu’elle quémande, le regard pétillant, comme si les trois autres n’avaient eu aucun effet sur elle. C’est faux, bien sûr : elle le cache simplement très bien. Elle dépose momentanément son terminal sur le comptoir en regardant le tenancier faire, les bras croisés, appuyée sur le meuble.




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MessageSujet: (#) Re: last call / cs     Mar 6 Mar - 16:21
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Crius & Rosalija | début mars
Tu aimes ta ruche à toute heure - lorsqu’elle bourdonne d’agitations, de rires plus ou moins droits, de conversations décousues, et quand tu dois d’inventer trois bras, accompagné de yeux d’insectes pour t’affairer à ce que chacun de tes clients aient leur verre rempli, que chacun de tes clients familiers aient un bon mot, une main sur l’épaule, ton attention servie en même temps que ta mémoire leur fournissait leur consommation favorite. Que ton bar soit plein de vie, ça te réchauffe le coeur, étire tes lèvres jusqu’à ce que tes cicatrices disparaissent dans les fossettes au coin du sourire. Lorsque la ruche s’apaise et se vide, qu’il ne reste plus que des clients disséminés un peu partout, refusant encore un peu le confort de leur alcôve pour rester dans ton antre. Trop tôt, ou trop tard pour la cohue, tu aimes bien ces heures là aussi - ça te laisse le temps d’observer les vagues à l’âme et les murmures fatigués, de parler, psychologue de comptoir, qui ressent sans prendre part.

Tu répond à “C” d’un signe de tête amical - le temps de finir de servir ton client, et tu attrapes une autre bouteille de derrière le comptoir, venant rejoindre Rosa pour la servir tranquillement. Tu la délaisses presque aussitôt, appelé ailleurs, la laissant à sa lecture - tu jetteras un coup d’oeil amusé à son terminal à chaque fois que tu repasses vers son recoin. Qu’on se sente assez bien chez lui pour y prendre un break, s’y sentir chez soi avant de trouver la foi d’y retourner, chez soi… Parfois, il se demande pourquoi il était si aigri, autrefois. La soirée prend son temps, et après un coup de torchon à un abruti qui comptait demander à Rosalija de déplacer ses jambes alors qu’il y a plein de places ailleurs, loin des jolies jeunes femmes qui demandent à ce qu’on leur foute la paix par leur attitude, et qu’elles peuvent t’éclater par la couleur de leur col, le rythme de tes mouvements prend du repos. La bouteille glisse sur le bar au fur et à mesure que tu rejoins Rosa, au fur et à mesure qu’elle descend sa dernière gorgée.

Ton air amusé qui croise le regard bien trop brillant de la jeune femme est facilement traduisible par le défi, la provocation moqueuse, teintée d’une tendresse pour l’audace : je sais pas moi, tu crois que tu peux le tenir ? Tu appuies tes paumes contre le bar, les bras légèrement écartés et tu la toises un instant, comme pour mesurer son degré d’alcoolémie. ”- Comme tu le sens, mais je te borderais pas girl. ” N’était-elle bien sage de toute façon ? Un peu différente d’un certain type dont le sucre de son cocktail semble envie de lui donner envie de pleurer, l’alcool triste. Ce sont les pires, ceux qui sanglotent sur ton bar et que leur vague à l’âme ne peut être éteint que par l’alcoolémie. Qu’est-ce que tu étais censé faire face à ça toi, remplir le verre ou tourner le dos ? Non tu préférais de loin le menton fier de Rosa et son sourire un peu trop grand après la fatigue de son service. Tu la sers et tu tires ton tabouret pour venir t’asseoir près d’elle, de ton côté à toi du comptoir. La fatigue d’avoir piétiné la soirée, une partie de la nuit te rappelle l’accident et votre rencontre, le bout de toi laissé là haut. Les clients restants étaient dans leur bulle à eux, à la place tu poses ton coude sur ton comptoir, le menton dans ta main et tu as un signe de tête Curieux, attentif comme une pie.  vers le terminal qui distrait la jeune femme.  « - Tu serais pas mieux pour lire dans ton pieu ? » Curieux et attentif comme un douanier ou un auteur, ou un gérant de bar.


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MessageSujet: (#) Re: last call / cs     Jeu 15 Mar - 18:14
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Elle fait mine de ne pas remarquer, de ne pas entendre le claquement de la serviette sur l’élément perturbateur, mais ses lèvres se pincent pour éviter de lâcher involontairement un gloussement de rire. L’amusement est toutefois évident sur ses traits, temporairement, avant que l’histoire qui défile sur son terminal ne redevienne plus fascinante que les événements qui pouvaient se dérouler dans le bar. Ces derniers se raréfiaient, d’ailleurs, à mesure que les minutes s'égrenaient, et Rosalija devint rapidement une des dernières âmes de la Ruche. Pourtant, elle tente sa chance, demande un autre verre – le dernier, promis – qui lui est gracieusement servi après une boutade gentiment moqueuse. « Dommage, vraiment », fait-elle dans la même veine, sans réprimer un petit ricanement nasal alors qu’elle pousse le terminal un peu à côté, voyant qu’elle avait désormais de la compagnie. Bienvenue, celle-là, il lui fallait l’admettre. Une présence amicale, une connaissance qui remontait à loin – dans des circonstances toutefois bien moins agréables que celles-ci. Elle ne peut s’empêcher de jeter un coup d’oeil aux jambes du tenancier, bref, discret, pour éviter de mettre qui que ce soit mal à l’aise. Inconsciemment, certains détails de la journée fatidique où il les avait perdues lui reviennent, brutalement. Elle avait bien géré la crise, Rosalija, vraiment – félicitations officielles à l’appui, suivies d’un arrêt de travail de plusieurs semaines pour lequel elle n’avait rien justifié aux autres, même si tout le monde se doutait que l’adrénaline, une fois retombée, avait laissé place à l’angoisse et aux mauvais souvenirs. L’accident l’avait marquée, quoi qu’il en soit, quoi qu’on en pense, assez pour qu’elle piétine son ego pour réclamer un billet du médecin.

La brune avale une gorgée de son tout nouveau verre – raisonnable, comme si elle avait l’intention de le faire durer le plus longtemps possible, trempant simplement ses lèvres dans la liqueur ambrée. Les joues rosies, conséquence de l’alcool qui courait dans ses veines et de la chaleur du bar, elle hoche la tête à la question légitime de Crius. « J’aime le bourdonnement, même si ça peut paraître contre productif quand on essaie de lire. C’est rien d’important, de toute façon. Juste pour le plaisir. » Ça lui donnait l’impression d’être moins seule d’être dans un lieu public, si bruyant soit-il. Elle n’était pas de ceux qui considérait comme de la compagnie les personnages des livres qu’elle avait l’occasion de lire. Jamais elle ne s’était attaché aux identités fictives, aux héros et aux méchants. Surtout pas quand on sait qu’elle considérait son passe-temps de choix comme relativement brain dead – de la romance à l’eau de rose qui se lisait bien sans trop accaparer l’attention, sans trop faire diverger les priorités. « L’ambiance est quand même un brin meilleure ici que dans ma cabine », s’amuse-t-elle enfin, passant une main dans ses cheveux bouclés. « Le service, aussi. » Elle sourit. Elle n’avait personne à embêter pour un verre de plus quand elle était seule – personne pour lui dire que c’était assez, non plus. Personne à qui parler lorsque la solitude se faisait trop lourde, d’un côté comme de l’autre.




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MessageSujet: (#) Re: last call / cs     Lun 2 Avr - 22:59
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Crius & Rosalija | début mars

Tu lèves brièvement les yeux au ciel, parce que si on te demande, tu n’as rien d’un baby-sitter. Tu n’es pas assez payé pour conneries, alors que ça vaut tout l’or du monde à tes yeux. Tu peux bien faire la fermeture pour Rosa, vous remontez depuis trop longtemps tous les deux. Dommage même. Ce n’est pas si comme la sergente ( madame) craignait quelque chose, mais degré d’alcoolémie oblige, s’il le fallait, tu lui offrirais ton bras pour rentrer dans ses quartiers saine et sauve. Tu n’es pas baby-sitter, mais tu caches la tendresse sous les mises en gardes ronchonnes. Une femme avertie en vaut deux.  Tu fais semblant d’ignorer le regard sur tes jambes, mais tu les croises, subtilement ou pas, sous le bar. Pour des prothèses cybernétiques aux sensations minimales, elles semblent toujours ressentir le regard d’autrui. Si tu pourrais, tu aurais la chair de poule sur tes jambes de métal et d’électronique de pointe. Alors que t’es loin d’en avoir honte. Tu n’as jamais honte de rien.

Plutôt, tu regardes Rosa boire, ton menton dans ta paume toujours, comme si des étoiles allaient glisser de ses lèvres et les yeux brillants, parce que tu n’aimes rien de plus qu’interrompre tes clients solitaires. Elle a toute ton attention et tu acquiesces sans y penser. « - Hm, je peux comprendre ça. C’est pour ça que j’ai la Ruche. » Ton regard s’égare vers les derniers clients, le sourire rêveur. Tu adores cet endroit, parce qu’il te donne l’impression de n’être jamais seul.  Tu écoutes les conversations, et les brides de paroles forment des répliques, prennent corps dans ton esprits à partir de fragment. C’est plus facile de s’entendre penser, d’écrire mentalement dans un lieu public.  « - Juste pour le plaisir, hm ? Par les astres, c’est du sérieux. » Tu caches un rire amusé dans ta barbe. Tu ne devrais jamais insister là-dessus, tu as ta couverture, ton nom de plume, mais c’est plus fort que toi, tu as toujours envie de savoir ce que les gens lisent, y a rien de  plus flatteur ( et un peu embarrassant quand la personne est juste devant toi ) que quelqu’un qui lit tes livres.
Tandis qu’elle continue, amusée, tu tends le bras pour récupérer la bouteille que tu lui as versé, et te servir ton propre verre – un verre à shot, inadapté à l’alcool ambré, mais l’ivresse n’est plus ton truc depuis un certain départ, encore moins derrière ton comptoir. Tu parles de la recette pour un désastre. « - A ton service. » Tu lèves ton verre à sa remarque, et bien sûr que cela te fait chaud au cœur. Ton bar c’est ton bébé, tes clients, tes amis, toi leur confident. Qu’on y trouve refuge comme dans les bras d’un être aimé ou un foyer, c’est tout ce que tu demandes.

Pourtant, passé la force du whisky sur ta langue, le verre reposé sans douceur sur le comptoir tu la regardes, l’air dubitatif. « - Tu me flattes maintenant hm ? Arrête les conneries, tu m’as vu pleuré comme un bébé, t’as pas besoin de ça. » Il se disait qu’il avait dû pleuré, mais sous le choc, il n’en avait pas conscience, aucun souvenir. C’était le moment où jamais pour le vilain pirate d’appeler sa mère, en tous cas. Il aimait tellement faire verser une larme d’émue devant l’amour à ses héros, c’était le retour du bâton. A ce propos, tu t’appuies un peu plus des coudes sur la table. « - L’ambiance doit être plutôt morne dans ta cabine, car le bourdonnement s’est tût avec la nuit. » Il reste le grésillement de la radio, mais ce n’est pas l’heure d’Ambroise, et les filles qui rit, du gloussement produit par l’alcool. Fermer le bar te rappelle toujours ta solitude, et la fatigue de la journée bien gagnée. « - Tu n’as personne pour te lire une histoire ? Ethan ? » Tu incites à la confidence, yeux faussement écarquillés, parce que si Ethan les a bien re-représenté, elle et lui, tu le vois encore un gamin et c’est ridicule. Tu trouves ça triste, qu’une jolie jeune femme rentre toute seule et doive se chauffer à ton comptoir pour lire. Que toi, avec tes rêves et tes exigences et tes cicatrices, c’est facile à dire que c’est ta faute, mais il y a encore de l’amour sur la flotte non ?

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MessageSujet: (#) Re: last call / cs     Ven 13 Avr - 18:50
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Si elle affiche un sourire vaguement amusé, ce n’est nullement pour se moquer du tenancier – le tragique événement qui les avait conduits à se connaître, elle s’en souvenait comme si c’était hier, et pas une seule seconde ne pouvait, même en essayant très fort, être qualifiée de comique. Crius n’avait pas pleuré, non. Il n’avait même pas vraiment répondu aux questions incessantes de Rosalija alors qu’ils attendaient les secours. C’est quoi ton nom, qu’est-ce que t’as foutu, c’est quoi la date d’aujourd’hui; les questions étaient claires, mais les réponses une suite de marmonnements incohérents. Elle connaissait la réponse à la troisième, mais les deux autres, elle n’avait eu les réponses qu’après coup, lorsqu’elle était passée sur le Regina Mercy pour constater son état – en même temps qu’elle avait tiré de son médecin un billet d’arrêt de travail. Des années plus tard, elle y repensait encore à l’occasion; trop souvent, en réalité, incapable de se détacher de l’horreur de l’incident. « Eh, pas de mal à verser une larme ou deux de temps en temps », fait-elle, haussant les épaules. Elle-même avait la larme facile – elle n’irait sûrement pas juger.

Crius s’appuie un peu plus sur le comptoir, comme s’il espérait fusionner avec. « Pas morne. Inexistante. » La cabine était austère, dépourvue du moindre objet en trop; Rosalija n’avait jamais été matérialiste. Parfois, Anastasia y laissait traîner quelque chose. Il y avait la bouteille offerte pour son anniversaire dans le conduit de ventilation, ses uniformes soigneusement rangés dans un placard étroit, le minimum acceptable pour survivre. Quant au son, il était particulièrement limité. Ça la rendait folle, dans un sens, mais elle n’avait jamais pensé créer elle-même le bruit ambiant. En vrai, sûrement qu’elle détestait juste sa cabine sans vraiment vouloir se l’avouer. Le commentaire sur les histoires lui arrache d’abord un sourire, puis une expression surprise. « Ethan? » Qu’est-ce qu’il fallait pas entendre. Rosa étouffe un petit rire. « Non, Ethan et moi, ça a jamais été plus que ça. » Ça, leur collaboration, une forme d’amitié peu conventionnelle. Ils avaient couché ensemble une poignées de fois il y a bien longtemps, puis il avait préféré Anastasia – pas qu’elle lui en voulait. « Mieux vaut être seul que mal accompagné… ou une connerie du genre, qu’on dit, hein. » Elle avale une gorgée de son whisky, visiblement peu convaincue par son propre proverbe. Bien sûr, elle était amère, un peu – surtout en buvant – en se rappelant qu’on préférait systématiquement quelqu’un d’autre à elle, même si elle passait éventuellement par-dessus. En attendant, elle continuait de démolir ses attentes à grands coups de romans à l’eau de rose.

Elle jette un coup d’œil autour. Le groupe de filles, seules autres clientes qui restaient dans l’endroit, semblait prêt à décoller – la plus sobre des quatre tentait de tirer les autres de leur torpeur. Rosalija ne se presse pas. Elle avait, après tout, demandé la permission de boire un dernier verre et elle le savourerait adéquatement. « Fais ce qu’il faut, hein, te sens pas obligé de me divertir. Je veux pas que tu te retrouves à fermer à pas d’heure à cause de moi. » Comme promis, elle finirait son verre et partirait sans demander son reste. Elle se traînerait les pieds jusque chez elle, s’attirant encore une fois les commentaires de ses collègues contrôleurs en patrouille dans les passerelles – elle avait l’habitude, désormais. Il n’avait pas besoin de l’amuser, de converser avec elle, mais elle appréciait, inévitablement, que Crius prenne le temps de discuter avec un client déjà satisfait; un pilier de bar, comme on les appelait.




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MessageSujet: (#) Re: last call / cs     Lun 28 Mai - 13:56
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Crius & Rosalija | début mars

Tu aimes cette façon de finir la soirée : appuyé sur ton comptoir, qui opère plus comme une prothèse qu’autre chose ( prothèse pour tes jambes, prothèses pour ton cœur, pour ta solitude et tes années, tes regrets et tes remords. Ton bar, c’est une part de toi, et parfois cela t’effraye. ). Seul une rampe de métal pilonnée et usée par les coups et les verres te sépare de la jolie jeune femme qui as aidé à te sauver la vie. On n’a jamais pensé aussi littéralement que tu lui dois tes couilles. Mais c’est plaisant, de passer un énième chiffon sur le comptoir, de déplacer la bouteille quémandée par Rosa, d’écouter d’une oreille les filles un peu plus loin, d’être distrait de la liste des vérifications ancrées dans tes habitudes plus sûrement que l’alcool dans ton sang, de faire la discussion avec la jeune femme. Tu arques brièvement un sourcil, mais tu dodelines de la tête, acquiesçant. Mornes les cabines. Mornes l’intimité à bord de la flotte. « - A qui le dis-tu. » Ta cabine, ce n’est pas chez toi, ce ne serait jamais chez toi. Elle te rappelle tout ce qui te manque. La ruche, c’est ce qui ressemble le plus à un foyer, même si ce n’est pas encore ça.
« - Oups. » Tu fais la moue, passablement amusé par la réaction de Rosa, sa relation à Ethan. Tu as l’imagination fertile, trop. Tu vois des choses où il n’y a rien – parfois où il ne doit rien avoir, parfois où un coup de pouce pourrait aider. Au final tu t’en fiches, peu t’importe. Ce qui compte c’est ce qui finit dicter à Charlie, là où ta créativité, et surtout ton romantisme exacerbé ( encore en formation ) s’exerce. La suite par contre te fait grimacer, et mine de rien tu fais faire des va et va et vient à la bouteille entre tes deux paumes sur le comptoir. Trop sobre, trop exercé pour qu’elle tombe. Tu approuverais la distraction d’un instant ton esprit plus sombre à la pensée des couples et tout ce qui s’ensuit. Tu approuverais le goût âcre de l’alcool, mais tu es seul à cause de cette bête noire et tu t’abstiens, te contente de grimacer un sourire. Tu n’y crois pas trop. « - Il paraît. Comme il n’y a que la vérité qui blesse, j’aurais tendance à le croire. » Tu crois à ce proverbe au fond, quand tu quittes insatisfait chacun de tes rendez-vous galants, chacun de tes conquêtes, de tes essais avortés d’une relation. Si être mal accompagné vaut mieux qu’être seul, tu n’imagines pas à quel point être mal accompagné est désagréable.

Rester à discuter avec Rosalija ne te dérange pas, pas plus que fermer au petit matin, ton rythme de sommeil définitivement inversé depuis l’âge de vingt ans. « - Et si tu me laissais… attends une minute. » Tu t’interromps de toi-même, l’attention attiré par de légers bruits de voix et de sanglots à l’autre bout du bar. Une des filles pleure à chaudes larmes tandis que la plus sobre de la bande tente de l’arracher à la banquette où elles avaient trouvé refuge pour la soirée. S’il y a une chose que tes années derrière un comptoir, à regarder de par l’univers les ivresses et les dérives, c’est que lorsque l’alcool abonde dans leurs veines, les femmes pleurent et les hommes crient. Le plus pénible n’est pas forcément ce qu’on croit, le plus dangereux non plus. Tu passes de l’autre côté du bar avec un soupir, ta boiterie a peine discernable dans tes pas ce soir-là.  Passant près de Rosa, tu cognes doucement le comptoir de ton poing fermé, trois fois. « - Je veux pas vraiment rentrer, d’accord ? Bois sur mon compte. » Tu lui souffles doucement, grand seigneur et tu fais un signe de la main, liant tes yeux aux siens du bout du doigt, dans l’air, avant de partir voir les filles. Tu échanges quelques mots inaudibles avec elle, passant un bras autour des épaules de la pleureuse, accroupi par terre. ( Ce qui est un mauvais choix, tu le sens dans les mécanismes de tes jambes, mais parfois tu oublies. ). Ta voix basse est un murmure, mais malgré ta dégaine et tes cicatrices, malgré que tu les fous dehors, tu es doux et réconfortant. L’ouverture de la Ruche renvoie un instant les bruits et lumières des coursives, puis le monde extérieur disparaît à nouveau, à ton soulagement. Tu les as regardé partir, accroupi au sol et c’est avec lenteur que tu te relèves pour reprendre, invariablement ta place derrière le comptoir.


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MessageSujet: (#) Re: last call / cs     Jeu 21 Juin - 22:16
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À croire qu’elle n’était pas la seule à éviter la relative sécurité, l’isolation offerte par la cabine qui lui avait été attribuée plus de vingt ans auparavant. Rosalija était une enfant sauvage, qui refusait de s’attacher, de se laisser approcher, de se mêler aux autres ou à la société de manière significative. C’était superficiel. Elle aimait le bourdonnement d’une foule sans vouloir en faire partie le moins du monde. À son sens, la flotte était peuplée de trente-cinq mille définitions de solitude regroupées sous un même bout de tôle vieillissant – ou du moins elle le souhaitait, presque, même si c’était défaitiste, pessimiste. Elle ne voulait pas être la seule chez qui l’amertume avait pris le dessus dans tous les aspects de sa vie, mais qui se refusait à exiger mieux d’elle-même et des autres. Ce n’est, finalement, que le oups de Crius qui lui arrache l’ombre d’un sourire, observant malicieusement le tenancier par-dessus le rebord de son verre. Quelque part, elle se demandait ce que ça pouvait lui faire qu’elle ait ce genre de relation – ou pas – avec Ethan, sinon le fait que les deux hommes avaient des liens qui remontaient à loin, bien avant qu’elle ne les connaisse. Peut-être était-ce une forme d’inquiétude paternelle de l’ancien extracteur à l’endroit de Hagenauer, peut-être juste de la curiosité, même si la douanière n’avait pas vraiment l’impression que Crius était du genre à se nourrir des potins de ses amis. « Quoi? » insiste-t-elle avec un sourire nerveux, sentant que l’homme retenait quelque commentaire du genre malin derrière la cravate.

Le son de la bouteille qui glisse contre le comptoir à un rythme égal, constant – un peu comme les horloges désuètes dont les aiguilles faisaient tic à chaque seconde – a quelque chose de rassurant, chaleureux. Un instant noyée en silence dans son verre, Rosa ne relève la tête que lorsque Crius reprend la parole, brisant le silence pourtant confortable qui s’était installé. Elle hoche la tête en réponse, comprenant ce qui arrachait le tenancier à son bien-aimé bar, prête à fixer de nouveau la houle dans l’ambre de son whisky. L’invitation la surprend, mais elle est bienvenue, même si elle se dit que ça n’est pas nécessairement une bonne idée. L’alcool gratuit lui faisait dépasser les limites – la seule étant celle imposée par son portefeuille, en temps normal, ou par la capacité de traitement de son foie lorsqu’elle dérapait. Un bref sourire éclaire ses lèvres alors qu’elle acquiesce au geste éloquent du tenancier. Même si ça va à l’encontre de son jugement, Rosa se sert un peu – une larme, une demi-once – de whisky pour renflouer son verre, s’appuyant avec lassitude au comptoir alors qu’elle observe la démarche mécanique de Crius. Il y avait un côté d’elle qui détestait les gens trop gentils, parce qu’ils la faisaient se sentir mal d’être parfois si crue, si malhabile dans ses mots et dans ses gestes. Or, elle s’en entourait constamment – Galina, Ana, Lyra, Elara, toutes bien plus aimables qu’elle malgré leurs évidents défauts; Akum et Crius, qui sortaient de leur zone de confort pour faire plaisir aux autres; même Aileas, en y pensant bien – comme pour se rappeler qu’elle avait tant à envier et rien à apporter. Il a beau les mettre à la porte, la braillarde toujours en larmes et la sobre pliée en quatre à force de s’excuser de causer tant de souci, Rosa ne sent qu’une bienveillance altruiste qui la fait regretter de n’avoir ce genre d’attentions que pour un nombre bien trop réduit de Stellariens.

« Si je te laissais…? » rappelle la douanière à Crius lorsqu’il revient enfin derrière le bar, avec pour seule compagnie une Rosalija dont les mots sont de moins en moins clairement énoncés, les paupières alourdies par l’alcool et la fatigue. Mine de rien, elle n’avait pas oublié qu’il avait laissé sa phrase en suspens le temps de chasser la pleureuse et son entourage, curieuse de nature et soucieuse de savoir ce que Crius avait l’intention de lui demander avant qu’il ne s’interrompe.




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MessageSujet: (#) Re: last call / cs     Jeu 9 Aoû - 1:30
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last call

Crius & Rosalija | début mars

Tu as l’inquiétude paternelle au bord du cœur. Tu as milles orphelins que tu prends maladroitement sous tes ailes d’abeille amochée. Il ne devrait pas y avoir d’enfants à bord du Colossus, mais dans les coursives mal famées, il n’y a que ça. Des adultes sans père. Des adultes que t’as vu grandir, couches culottes pirates, esclaves en désillusions, prostitution de l’avenir et des têtes blondes. On te prend pour le patriarche parfois, on oublie que ton sourire n’est agrandi que par les cicatrices. On oublie que tu tentes de protéger les blancs-becs parce que tu as perdu ton enfant. Que tu es altruiste parce que tu as tellement à rembourser au compteur des méchancetés pleine d’ignorance. Combien de fois as-tu fait pleurer le gamin bègue pas plus haut que ton comptoir ? Maintenant tu ramasses les cœurs brisés qui pleurent sur ton veston, et tu raccompagnes les fiers à bras qui ont pris une leçon.

Tu laisses les filles à la porte et tu refermes derrière eux avant de revenir à ton amarrage. Derrière toi, les lumières se tamisent et ramènent une atmosphère plus ténue dans le bar, jaune orangée comme un coucher de soleil que tu n’as jamais vu, veilleuses d’un bar fermé. Tu restes du côté de Rosa du bar, t’accoudant négligeant à côté de la brune engourdie. « - Si tu me laissais… » Tu reprend d’une voix ferme et calme, qui s’élève en contraste avec la diction de la douanière. La journée s’achève pour tout le monde même les insomniaques qui craignent le bruit blanc des cabines. « - Si tu me laissais fermer le bar et réserver la ruche pour te tenir compagnie. Echanger des potins et trinquer à la vieille pute de la vie, et ne pas parler de la solitude. » Le ronronnement calme de ta voix se mêle à ton accent rauque de pirate et la poésie de Cassiopée te reviens facilement au bord des lèvres. Maintenant que tu ne vois que des boucles ébènes et la lumière dorée reflétée contre le verre vidé, tu as des idées plein la tête, l’insomnie du dictaphone et des chapitres qui s’enchaînent.

Pourtant, tu saisis délicatement le verre de Rosa et le soulève au bout de tes doigts. Tu l’agites légèrement au niveau de tes yeux. « Je pourrais t’inviter à danser et refaire le monde, mais je crois que tu as pris une lichette de trop mademoiselle Saroyan. » Il y a une malice tendre dans ta voix, et tes yeux pétillent de milles étoiles tandis que tu te redresses. Tu sembles toujours prêt à refaire le monde ou à le regarder tourner de loin, en prenant des notes, tes costumes déplacés dans le pragmatisme stellarien. Les tissus achetés à prix de l’alcool bruissent avec un bruit soyeux lorsque tu récupères la bouteille pour te verser le fond d’un verre. A ton tour, tu le descends cul sec, renversant ta tête en arrière avant de claquer le verre contre ton comptoir. Tu reposes ton regard scintillant sur Rosa, et arque un sourcil, tes cicatrices formant un sourire en coin tandis que tu reposes ta fesse sur le bord du banc, soulageant la cybernétique fatiguée.


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MessageSujet: (#) Re: last call / cs     Lun 17 Sep - 22:24
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Elle distingue de moins en moins bien les noms poétiques des bouteilles soigneusement alignées derrière le comptoir, incapable de se concentrer assez longtemps pour permettre à ses yeux embués par l’alcool de focaliser sur les lettres imprimées. Rosa voit le tenancier contourner le bar, mais semble oublier qu’il n’est parti que pour quelques instants, et accuse un hoquet de surprise lorsqu’il s’installe près d’elle, sur la rive cliente, opposée à la mer de bouteilles que le comptoir sépare d’eux. Peut-être qu’elle perçoit les paroles de Crius comme plus poétiques qu’elles ne le sont vraiment, peut-être que l’alcool embrouille même sa compréhension – ce qui ne serait pas surprenant, à constater le verre vide qui trône devant elle, maintes fois rempli et vidé –, mais il a quelque chose de familier, de rassurant dans les quelques mots qu’il lui offre. « On dirait que j’ai déjà entendu ça quelque part », admet-elle, la voix basse, chaque syllabe marmonnée, les lèvres engourdies par l’alcool. Une terminologie qu’elle reconnaît, un agencement de mots qui lui plaît, qui a un je-ne-sais-quoi de réconfortant sans qu’elle puisse mettre le doigt dessus.

Il lui dérobe son verre et elle n’a pas la force de protester, consciente de toute manière qu’une seule gorgée de plus avait le potentiel de résulter en un désastre. Gérer les conséquences de ses excès n’avait jamais été son fort, aussi s’attelait-elle à ne jamais dépasser sa limite… avec un succès parfois mitigé. Le constat de Crius lui arrache un petit rire gêné. « Ouais, j’pense que danser, c’pas une très bonne idée pour ce soir. » Autrement, danser, c’était libérateur, c’était bon pour le corps et pour l’âme, pour l’aspect physique et l’aspect social. Ce soir, son estomac risquait de ne pas être d’accord avec elle, et même ivre – ne mâchons pas nos mots – elle était suffisamment prévenante et respectueuse pour vouloir éviter à l’homme de devoir fermer encore plus tard que prévu. D’autant plus qu’il semblait bien qu’elle était la raison pour laquelle il n’était pas déjà en route vers la maison pour profiter d’un sommeil bien mérité. Les bras croisés sur le comptoir, Rosa pose sa tête sur ses avant-bras, observant les gestes de Crius, comme hypnotisée par le liquide qui se vide de la bouteille, par le son sec du verre reposé contre la surface. Ses yeux se ferment bien malgré elle alors qu’elle frotte son visage contre son uniforme, tentant vainement d’en chasser la soudaine fatigue, faisant tomber ses boucles devant son visage. « Mais parler, ça m’semble bien », qu’elle fait enfin, lentement, chaque syllabe une montagne à gravir, alors que son nez s’enfonce un peu plus dans le creux de son bras. « J’veux bien savoir les potins, raconte-moi », qu’elle admet sans grand conviction, trop exténuée pour laisser paraître son véritable intérêt pour les ragots que Crius connaît invariablement en raison de son travail.

Mais il aurait pu lui raconter la plus croustillante des adultères, le plus odieux des complots qu’elle n’aurait rien entendu, parce que Rosalija Saroyan venait de s’assoupir à son comptoir, éhontément, involontairement, son terminal ouvert à la page qu’elle lisait avant d’être happée par l’activité plus intéressante qu’était le contact social avec son tenancier favori.




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MessageSujet: (#) Re: last call / cs     Jeu 20 Sep - 14:01
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Crius & Rosalija | début mars

Rien ne t’attend dans ta cabine, trois fois plus petite que ta chambre sur Keller, le pieu une place qui baigne dans la lumière d’eau de rose artificielle. Deux tortues sans nom qui font des bulles en silence, et à cette heure la lascivité d’un corps acheté serait amère. Même les travailleurs du sexe dorment parfois, une fois qu’ils ont eu la force de mettre leurs draps souillés à la laverie. Les ivrognes ont le sommeil lourd, les cabaretiers beaucoup moins. Rien ne t’attend à part les corps et les amours que ta voix dicte à Charlie, ta voix qui convoque à la vie des amants de mots pour combler la solitude des nuits, comme d’autres se noient dans des galaxiesa d’éthanol pour aspirer au repos. Les plus de cinquante ans et les moins de vingt ans ont deux points communs qu’on ignore souvent : les idées à la con et de l’énergie à revendre. Il n’y a que les premiers qui se plaignent de leurs insomnies.

“- Oh, bah ça alors, tiens donc.” Ce n’est pas que tu es bon comédien ( tu l’es, mais pas tant que ça non plus ) c’est que ton public est composé à moitié d’idiots et à moitié d’éméchés. Tu mimes l’étonnement qu’à demi, tu te doutes bien que Rosa ne percevra pas tellement l’amusement dans ta voix. Ou bien elle l’attribuera à autre chose ; elle pensera que tu te fous d’elle, qui pense avoir déjà entendu ta phrase ailleurs, que tu radotes mon pauvre vieux. C’est un hasard, et la poésie n’est pas assez présente dans l’air pour qu’elle puisse avoir une chance de faire le lien. Ce n’est pas ton plus joli morceau de bravoure ( encore heureux ), tu ne sais plus dans quel bouquin tu l’avais mis. Rencontre dans un trou noir, peut-être ? Aucune idée. Merde, alors dans tes rêves , que Rosa puisse avoir un jour posé les yeux sur tes niaiseries. Elle doit juste penser que dans ta bouche scarifiée d’ancien connard, des mots de plus de trois syllabes cela dénote plus que le carré de soie de ton costume. Non, la douanière ne fait pas partie de ton public cible ( et pourtant, il y a bien des coeurs assoiffés qui se cachent dans les coursives de la flotte. Ils ont tous les corps qui leur plaît à acheter ou à séduire, aucune loi pour brider les amours, aucun jugement ou si peu dans le regard de leurs pairs, mais tous se cachent pour te lire et se deviner dans tes mots plutôt que juste déclarer leur flamme. ) ; Rosa est de ceux qui ont deux choix : mépriser les passions et ne pas perdre de temps à ces conneries, ou enrouler n’importe qui autour de son petit doigt.

Le menton appuyé sur ta main, le coude sur ton comptoir, le cul sur le banc, tu regardes  nid de boucles qui voilent le visage de la belle au trou noir dormant. De l’étincelle pétulante dans ton regard, on passe à un sourire en coin, puis clairement gouailleur et au bout d’une dizaine de minutes et un son qui ressemble terriblement à un ronflement, tes épaules se mettent à tressauter. Tu pouffes à la regarder dormir, elle qui parlait de bavasser il y a quelques minutes encore. Tu secoues la tête et ton regard se déporte vers le  plafond. Il y a de la chaleur au fond de ta poitrine quand tu lui tapotes le bras sans y penser, avant de te relever “- Tu parles, princesse.” Elle dort du juste sommeil de l’ivresse. Et de la longue journée de boulot. “Et maintenant, hm ?” Tu interroges le vide, et cogne doucement ton poids fermé contre le comptoir métallique. Tu jettes un coup d’oeil au terminal de Rosa, le reprenant pour, officiellement, le ranger dans la poche de l'uniforme douanier. Tu as un moment de recul, le temps suspendu, et la sensation persistante d’un bruit de fond, d’un bourdonnement près de ton oreille droite. “- Rosalija Saroyan lit les romans de Cassiopée. “ La voix est sourde et tes lèvres un peu sèche. En général tu es flatté de ces découvertes - un peu de pression sur tes épaules quand tu reprend l’écriture, également - et tu finis par hausser les épaules. “- Cela servira au prochain potin tiens.”

Rosa n’est pas plus lourde que tu ne l’aurais cru, mais lorsque tu la soulève de son banc, tu laisses échapper un grognement sourd et un bruit de métal qui travaille. “- Charlie, lumières et fermeture.” Tu murmures dans ta barbe avec une grimace et la Ruche ferme ses portes derrière ta bobine qui tient dans tes bras la jeune femme endormie. Ton pas est loin d’être ferme au fur et à mesure des coursives, mais il progresse et contre ta poitrine, elle repose sereine. Dommage que tu n’as pas cette réaction là à l’alcool toi. Dommage que tu doives t’arrêter par moments, reposer ton épaule contre une paroi, la redresser un peu dans tes bras, et reprendre ta route. “ Pouvais pas vivre sur le C5 comme tous les gens fréquentables hein ? Putain de militaires de mes deux. C’est pas du nougat.” Tu râles pour la forme, parce que tu le dois, et tu as une image à défendre, mais tu t’acharnes. Juste tu râles en même temps.

Tes cannes sont à la pointe de la technologie stellarienne, mais elles sont été conçues précisément dans le but de soulever ton poids ( +/- cinq kilos de marge ) et une caisse d’alcool chargée à bloc. Tu n’as rien d’un chevalier servant - génétiquement et cybernétiquement conçu pour l’inverse, en fait. Mais tu lui en dois une centaine, à cette demoiselle endormie là. Pirate servant, cela se dit ? Vieux galant. Tu t’appuies contre la paroi de l’épaule par intermittences, avant de te redresser, et cahin-caha, vous avancez vers les pénates de la jeune femme. Jusqu’à ce que ta prothèse ripe et se coince, entrave ton mouvement - tu te rattrapes à grand peine contre le mur à la place d’écrouler, mais le bras qui était jusqu’alors glissé sous les genoux de Rosa te sert à ne te manger une grille en métal dans le faciès et tu laisses ses jambes glisser au sol bien que ta main libre la garde, saine et sauve contre toi. Tu jures et tu grimaces, le visage pincé dans la nuit de la coursive. “ - Bordel de chiure d’aréopage de noix ! Par les étoiles, fils de trium…”


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MessageSujet: (#) Re: last call / cs     Mer 3 Oct - 22:16
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Elle dort d’un sommeil trou noir, forcé par l’alcool et la fatigue, la houle de la démarche de Crius la berçant dans un coma cahoteux. Rosa ne se réveille pas, frôlant seulement la conscience à quelques reprises : une première fois lorsqu’il la descend du siège et qu’elle se cale inconsciemment contre le torse du tenancier, puis une seconde pour frotter ses yeux fatigués contre l’épaule du cinquantenaire qui lui sert temporairement d’oreiller. Travailler la nuit avait son lot d’inconvénients, mais la douanière avait réussi à développer la compétence inouïe de dormir n’importe comment et à s’endormir en moins de temps qu’il en fallait pour le dire. L’apothéose de son art venait d’être atteinte alors qu’elle demeurait profondément endormie jusqu’à ce qu’une vive, mais brève douleur ne vienne vriller le bas de son dos. Comme si son corps n’enregistrait qu’à retardement la sensation de chute, ses doigts se crispent sur le tissu de la chemise de Crius alors qu’elle tente de recouvrer une orientation depuis longtemps évaporée. Ses yeux désormais dénués de toute trace de sommeil trouvent ceux du tenancier et elle fige brièvement, les morceaux du puzzle terminant de se mettre en place dans son esprit embrumé. « Sa mère… » grommelle-t-elle avant de se relever, tendant la main à Crius pour l’aider à se remettre sur pied. Le grincement sinistre de ses prothèses lui fait serrer les dents, la culpabilité la submergeant comme un raz-de-marée.

« J’suis vraiment désolée, Crius », qu’elle fait, la voix rauque de fatigue, passant des doigts fébriles dans ses boucles d’ébène. « T’aurais dû m’réveiller, franchement, quelle honte de m’endormir comme ça… » Elle est gênée, visiblement, embarrassée par ce petit écart de conduite autrement inoffensif, mais qui avait le mérite de faire s’empourprer ses joues. Rosa avait du mal à s’imaginer pourquoi le barman avait opté pour la porter, malgré les prothèses et leurs limitations, avant de se dire qu’il pensait probablement lui devoir quelque chose en raison de quelque dette karmique qu’il aurait envers elle. Or, si telle dette il y avait, elle avait déjà été remboursée, ne serait-ce que par son oreille attentive, la protection silencieuse qu’il lui offrait lorsqu’elle se réfugiait à la Ruche, et les conversations posées qu’elle avait eu l’honneur d’avoir avec lui. Non, Crius ne lui devait absolument rien. « J’devrais tenir jusque chez moi », fait-elle dans un petit sourire en coin, encore embêtée. « Ménage tes jambes, rentre », qu’elle insiste, préférant que le blâme de quelque défectuosité dans ses prothèses ne soit pas jeté sur elle. Elle pose une main rassurante sur le bras de Crius pour le rassurer quant à son état. La chute avait eu le mérite de faire décoller l’ivresse de ses paupières et de lui redonner un peu d’équilibre, même si la nausée ne tarderait pas. Elle dépose un baiser sur sa joue – ce qu’elle n’avait jamais fait, mais pourquoi pas, après tout –, l’enjoignant à s’éloigner en direction de chez lui alors qu’elle-même reprenait le chemin de l’Argus One, une main sur le mur lorsque Crius disparaît de sa vue. Il n’avait pas besoin de se sentir coupable de la laisser faire le reste du trajet toute seule – ni de savoir qu’elle s’arrêterait en chemin pour vider le contenu de son estomac.

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