do not go gentle into that good night (elarian)
MessageSujet: (#) do not go gentle into that good night (elarian)     Mer 21 Fév - 0:42
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Occupation : récemment nommée contremaître de la flotte, et donc conseillère de l'amirale mugheri.
Habitation : l'argus one, qu'elle retrouve après l'avoir quitté pour le colossus de nombreuses années.
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do not go gentle into that good night

« A single action can cause a life to veer off in a direction it was never meant to go. Falling in love can do that, you think. And so can a wild party. You marvel at the way each has the power to forever alter an individual's compass. And it is the knowing that such a thing can so easily happen, as you did not know before, not really, that has fundamentally changed you. »
Elle allait bien. Pour la première fois depuis un long moment, depuis presque deux semaines. Depuis que les couloirs étaient devenus pareils à des pièges dont les crocs étaient prêts à se resserrer sur elle, les mains de Luke comme des liens brûlants qui lui marqueraient à nouveau la peau de constellations violettes. Constellations qu'elle apprendrait bientôt à éviter, à parer sous la tutelle de Marcus puis de Maggie. D'ailleurs, la blonde avait encore les muscles engourdis par l'entrainement de la veille qui l'avait épuisé autant physiquement que psychologiquement : malgré la patience du légionnaire, son attention et son soutien, elle avait encore ces putain de réflexes qui ne l'aidaient pas. Ceux qui la poussaient à se courber sous le poids de l'autre, à fermer les yeux, attendre la fatalité plutôt que rendre le coup la peur au ventre d'aggraver la situation plutôt que de la régler en s'y opposant. Et dans cette attente, souvent interminable, il y avait un certain courage. Celui d'accepter un dénouement qui lui serait fatal, de l'accueillir plutôt que de le fuir, celui de s'offrir d'en l'espoir de se préserver. Un courage inconscient et malsain qu'on préfère percevoir comme de la faiblesse. Et une faiblesse, donc, qu'elle apprend doucement à dompter sous les mains du militaire avant qu'elle ne s'y jette corps et âme. C'est que malgré le poids écrasant sur ses épaules, elle avance la blonde. Elle se relève, douloureusement, mais ne se laisse pas abattre. Trop fière pour permettre aux épreuves qui la frappent de l'empêcher de vivre et elle sourit à ses démons et s'en éloigne mais les trainent toujours avec elle. Et malgré tout, elle va bien. Elle va bien parce qu'elle se sent aimée, soutenue, entourée, aidée, protégée. Par Rhil, Minnie, Marcus, les autres. Alors peut-être que quelque part Elara n'était pas objective car la veille, elle l'avait passée en grande partie avec le sergent qui s'évertuait à lui rendre visite. Et ça, forcément, ça la rendait plus heureuse qu'elle ne se l'avouait. Ça lui faisait oublier ses soucis et ses démons, ça lui donnait envie d'aller de l'avant, ça la rendait curieuse de l'avenir. Marcus, c'était son pilier, sa bulle, tout ce dont elle avait besoin parfois (souvent). C'était un souffle, enfin, sans les responsabilités, la pression et les attentes auxquelles elle devait se plier face à d'autres. Il était précieux, trop pour qu'elle y reste insensible et chaque instant elle le savourait des jours durant remplaçant les souvenirs brutaux de Luke par ceux plus tendres passés avec le brun. Elle lui faisait aveuglément confiance et c'était tout ce qui comptait.

La journée, elle l'avait donc passée sereinement sans surprise. Elle avait même bravé son angoisse pour assister à un meeting de Priya Mugheri et rentrer tard, filant dans les couloirs du Colossus 5 sans le jeune homme qui lui servait de garde du corps obligatoire depuis quelques jours seulement. Un fardeau plus qu'un plaisir mais dont elle ne pouvait se défaire sans être sanctionnée par ses supérieurs qui l'y avaient obligée. Quand elle rentre chez elle, Elara n'a le temps que de déposer ses affaires sur le meuble dans l'entrée qu'on frappe contre sa porte. Immédiatement, ses muscles endoloris se tendent et son estomac se noue : toujours cette peur dans la peau qu'il puisse s'agir de Luke. Pourtant, ça n'est jamais le cas. Car lorsqu'elle regarde sur le petit écran lui permettant d'observer l'extérieur, elle reconnait le visage fin de Rian et ouvre dans la foulée la porte qui coulisse dans un souffle métallique. La blonde lui sourit, naïvement, mais n'a pas le temps de lui dire bonsoir que la jeune femme s'engouffre sans un mot dans ses quartiers. Etrange. Qu'elle pense sans plus y prêter attention, la jeune Reyes n'était pas connue pour sa délicatesse de toute façon. Alors elle ignore ce qui l'aurait normalement froissée si ça n'avait pas été la brune et referme la porte avant de se retourner pour lui faire face. Une expression un brin inquiète sur le visage : Rian ne se déplaçait pas pour rien, ne venait jamais pour des banalités ou sur un coup de tête. Pas assez proche pour le faire naturellement, trop pour ne pas savoir qu'Elara préférait la voir autour d'un café plutôt que si tard dans la soirée. Ça va ? c'est Elara qui brise le silence la première, la voix qui se veut rassurante, accompagnée d'un sourire tendre car presque certaine que si la jeune femme vient la voir c'est que quelque chose de grave la tracasse.

Quartiers d'Elara, 17 février 2227, 21h45.
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MessageSujet: (#) Re: do not go gentle into that good night (elarian)     Dim 8 Avr - 4:59
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i am a cosmic storm
It is no wonder that sometimes your head and heart hurt so much that you may just explode. It takes a nebula, a cosmic storm of epic proportions falling apart to create a star. But who would dare to love a girl that carries the weight of the stormiest sky in her heart?
Tu ne devrais pas être là, Eirian. Dans l’ombre d’une alcôve, le firmament te jugeant silencieusement. Toi, l’intruse. La sale gosse qui n’a jamais été douée pour faire ce qu’il faut. Ni quand t’avais que six ans, des bêtises plein les cheveux. Ni quand t’as volé ce premier baiser – sacrilège ultime – à Marcus, il y a trop longtemps déjà. Surtout pas quand t’as pas même eu les couilles – ha ha – de le confronter sur la signification du geste. Sur ce que vous étiez, ou pas. Sur ce qui avait changé après. Après les baisers. Après qu’il ait dévoré tout ton corps, jusqu’à – surtout – ton coeur. Après que vous ayez gémis le prénom de l’autre. Après que tu te sois plaqué à nouveau contre lui, des encore en prière sur les lèvres. Toi qui n’avais encore jamais prié quoi – ni qui – que ce soit. Et tu n’as certainement pas fait mieux en allant le voir il y a deux semaines. Enragée. Envieuse. Jalouse. Tellement.

Ce soir, tu te plantes encore – toujours, hein Eirian – mais, cette fois, tu es calme. T’as même pas pris tes armes, Jesper ayant hérité de tout – sans comprendre d’ailleurs. Tu lui dois des explications, ou pas. Il comprend, il a vu. Il a écouté. Consolé. Il t’a serré contre lui, pour t’empêcher d’éclater. Mais pas ce soir. Même si tu te demandes ce qu’Ela peut bien branler avec Priya, à prendre autant de temps. Normalement, tu t’attacherais à cet agacement, celui qui remue sous ta peau. Pas ce soir. Parce que, quelque part, tu redoutes son apparition. La confrontation – impossible à éviter, tu as trop à lui dire. Une foutu belle ironie, quand on sait que tu confrontes perpétuellement les autres. Sale gosse – toujours.

Puis, elle est là. Trop blonde. Trop belle. Trop bonne. Généreuse jusqu’au sourire lui hantant les lèvres en permanence. Comment quelqu’un ayant autant subit, autant souffert, peut-il encore savoir faire ça? Sourire sans réfléchir? Tu ne comprends pas – sinon que c’est sa lumière, sa douceur, qui te manque. Un vide dans ton être. Un défaut de fabrication? Toi, son époux t’aurais déjà tué – pour peu qu’il sache t’attraper, bien entendu.

Elle entre dans sa cabine et tu prends une grande respiration, avant de te lancer. De cogner, le bout du nez en direction de tes chaussures. Nerveuse? Un peu. Parce que cette discussion-ci, tu ne l’as jamais eu avec l’ex-femme de Marcus. Parce que tu aurais dû. Parce que tu en as assez de culpabilisé. Parce que tu as bien assez attendu. Parce que, tu n’es pas aussi mauvaise, au fond. Puis, la porte coulisse et tu entres, remarquant tout juste le petit sourire – encore – d’Elara. « Ça va ? » Tout ça est terriblement ridicule et tu esquisses un presque sourire – une grimace, oui. « Non, sinon je ne serais pas ici à te déranger à une heure pareille. » Tu ronchonnes, mais sans grande crédibilité. La faute à ta nervosité, à tes doigts qui tirent doucement sur un bout de ta veste. À l’absence d’acidité dans ta voix – tu n’es pas venue l’attaquer. Oh, tu ne te fais pas d’illusion, tu vas assurément la blesser, mais la vérité à cette fâcheuse habitude, voilà tout.

Tu cherches alors où te poser, scrute les lieux – normalement vous vous rencontrez dans un café, pas dans l’intimité de l’une de vos cabines. Tu devrais peut-être t’assoir, sauf que non. Tu commences plutôt à faire les cents pas, triturant encore et encore le bout de ta veste. « Je croyais que Marcus t’en aurais parlé- mais non, bien entendu. » Un rire sans joie s’échappe de tes lèvres, mais tu fronces aussitôt les sourcils. Agacée. Contre lui. Toujours. Et tu t’épuises à la tache, Eirian. Tu vous donnes trop d’importance, à toi et tes sentiments – tu le sais, et pourtant. Tu continues. Recommences. Encore et encore. Tu n’es qu’une petite fille et tu soupires, finalement. Une main glisse contre ton visage et écarte tes cheveux, les enroules autour d’une main. « Faut que je te parle, Ela. » Comme si elle ne le savait pas, parfois tu t’exaspères.

Aller, un petit effort, Reyes! Tu relâches donc tes cheveux et croise plutôt les bras sous ta poitrine. Pour bien enfoncer les pieds dans le sol. Tes doigts ancré dans tes côtes – pour t’aider. Te stabiliser. « La première fois, j’ai perdue une amie et je ne veux pas recommencer. Bien que nous ne sommes pas aussi proche que je l’ai été avec elle… j’en ai assez d’être la garce. » Et pourtant… « Marcus t’as raconté ce qui a achevé de le convaincre de quitter son ex-femme? Ce qui le fait tant culpabiliser? » Est-ce qu’ils en sont là? Est-ce qu’il se confie à elle? Est-ce qu’elle sait déjà tout? C’est mal, mesquin en réalité, mais tu espères que non. Qu’il soit encore, ne serait-ce qu’un minimum, à toi. « Il t’a parlé de ce que nous avons fait? … Il t’a dit que je l’aimais? » Voilà, c’est dit. Sans douceur, soit, mais la vérité n’est pas fragile, ce sont les mensonges qu’il faut manipuler avec soin. Et toi, tu n’as jamais été assez douce ou délicate. Tant pis. Tant mieux.
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You see the turmoil,

⊰ the demolition, but do you see the girl?


Sometimes I’m not sure I do either. You can be so much softer than me with your sweet nothings. I’m not like that. I don’t know how to love anything without sinking teeth into it.
MessageSujet: (#) Re: do not go gentle into that good night (elarian)     Dim 8 Avr - 16:28
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Elara lui sourit naïvement, pensant que la brune venait chercher de l'aide, du réconfort car avare en visites d'ordinaire. Elle lui sourit parce qu'elle n'a que ça à lui offrir. Ça et son épaule s'il le faut, quand il le faut. Rian lui répond alors un Non, sinon je ne serais pas ici à te déranger à une heure pareille. nerveux, ses doigts qui s'agitent plus que d'habitude sur le tissu de ses vêtements, arrachant à un Elara un soupire bref. Tu peux me déranger quand tu en as besoin, tu sais. glisse-t-elle en s'éloignant de la jeune femme, lui laissant le loisir de s'assoir ou non sur son canapé, de faire comme chez elle. Parce que la blonde, même fatiguée, s'épanouie en aidant les autres. Et si Rian n'allait pas bien, certainement qu'elle resterait ici un long moment le temps de dénouer ses soucis ou ses inquiétudes. Ce n'était pas la première fois qu'elle l'aiderait, surement pas la dernière et en bonne hôte elle se dirige vers les boissons achetées la veille, sortant deux verres par la même occasion. Tu veux quelque chose à boire ? demande-t-elle par dessus son épaule, le ton calme et posé sans se douter de la tempête qui s'apprête à gronder. Derrière elle, elle entend la brune piétiner au lieu de se mettre à l'aise et si ça ne l'inquiète pas plus que ça, cela attise sa curiosité. D'ordinaire elle aurait déjà commencé à vider son sac, peu habituée à tourner autour du pot lorsqu'elles se voyaient : mais Eirian semblait hésitante. Elle se versa un verre de thé glacé en attendant une réponse à sa question qui se faisait attendre. Celle que la légionnaire lui donna la prise de court, toujours un peu surprise d'entendre parler de Marcus. Je croyais que Marcus t’en aurais parlé- mais non, bien entendu. le rire mauvais qui l'accompagne lui tire une grimace perplexe, notamment parce qu'elle ne s'attendait pas à parler du brun. S'il leur était arrivé de parler de lui, cela avait toujours été dans un contexte lui étant propre et jamais, au grand jamais de lui et d'elle. Parce qu'aux yeux des autres, ils n'étaient que de bons amis. Rien de plus, rien de moins. Pas suffisamment pour que Rian puisse s'imaginer le militaire se confier à Elara. Alors forcément, elle se tend un peu, appréhende la suite. Faut que je te parle, Ela. La blonde se retourne enfin, laissant pour plus tard le verre qu'elle avait préparé parce que son coeur s'emballe à l'idée d'être la source des ennuis de Rian. Bien sûr, elle ne s'y attend pas vraiment, croit encore qu'il puisse s'agir d'autre chose mais une petite voix lui souffle déjà que peut-être que Rian savait pour eux. Et si la perspective d'avoir été percée au grand jour ne l'enchante pas, elle ne fait toujours pas de lien entre ça et les possibles soucis d'Eirian. Alors Elara inspire, prenant appuie sur le meuble derrière elle. Je t'écoute. qu'elle dit dans un sourire qui se veut tendre mais qui est trahi par son regard anxieux et la tension dans ses épaules.

La première fois, j’ai perdue une amie et je ne veux pas recommencer. Bien que nous ne sommes pas aussi proche que je l’ai été avec elle… j’en ai assez d’être la garce. Elara fait de son mieux pour garder un visage impassible mais ouvert, à l'écoute. Parce qu'elle fait vivre encore un peu l'espoir de ne pas être le centre de ses problèmes, d'être l'épaule sur laquelle la jeune légionnaire vient faire couler ses soucis. Elle hoche doucement la tête, les sourcils à peine froncés car elle tente de faire sens de ce que Eirian lui dit sans y parvenir. Il manque une pièce au puzzle et certaine que celle-ci ne tardera pas à arriver, Elara reste silencieuse. Elle parle d'une amie perdue, la compare à la blonde, se considère comme une garce : rien qui ne fasse encore sens pour la blonde et quelque part dans son esprit vient se loger le souvenir de sa soirée de la veille. Du message que Clara avait envoyé à Marcus et à elle, inquiète de ce qui pouvait clocher avec sa fille. Peut-être était-elle sur le point de le découvrir. Sans doute, même. Marcus t’as raconté ce qui a achevé de le convaincre de quitter son ex-femme ? Ce qui le fait tant culpabiliser ? Encore Marcus. La mention de son prénom la crispe, l'inquiète. Mais c'est celle de son mariage qui lui serre la gorge, parce qu'elle connait l'histoire pour l'avoir entendue à plusieurs reprises de sa bouche à lui avant qu'elle n'y vienne presser la sienne. C'était elle qui l'avait aidé à faire face à son divorce, elle qui l'avait écouté se confier sur ce qu'il considérait encore comme d'honteux échecs. Mais ça, Rian ne pouvait pas le savoir. Ni ne le devait, quelque part, car ce serait rompre leur promesse de rester secrets. Ce serait commencer à percer leur bulle qu'ils protégeaient encore malgré les mois qui défilent à toute allure, les instants volés qui ont manqué de les trahir, les absences difficiles et les moments complices. Elle ne bronche pas, alors. Même si son coeur bat trop vite, même si son souffle se précipite. Elara la regarde, tente de soutenir son regard pour y chercher des réponses. La pièce du puzzle qui lui manque pour faire sens de ses interrogations. Il t’a parlé de ce que nous avons fait ? … Il t’a dit que je l’aimais ? Quoi ? qu'elle aimerait dire. Mais les mots restent coincés dans sa gorge trop serrée. Stupéfaite. Alors que sous ses pieds le sol semble se défiler, une sensation comme une autre qui témoigne de sa surprise tandis que son visage à défaut de se crisper se détend de stupeur. Sans voix. Il lui faut du temps pour comprendre ce qu'elle vient d'avouer d'abord à demi-mot puis brutalement. Est-ce que c'est une blague (de mauvais goût) ? Est-ce que Rian tente de la tester, de les percer à jour ? Ou est-ce qu'au contraire, ce qu'elle avance est vrai. Est-ce que Marcus et elle ont... Ela ferme les yeux, la simple pensée que cela soit possible la trouble plus que de mesure : elle n'est pas jalouse. Pas encore du moins. Mais les imaginer ensemble ne serait-ce qu'une nuit lui semble impossible. Rian avait toujours été cette soeur, cette gamine impulsive mais attachante. Jamais elle n'aurait pensé que cela soit réalisable : et elle a encore du mal à y croire à vrai dire. Tout comme ce qu'elle avoue subitement, qu'elle l'aime. Ça n'est à ses yeux, pas possible à nouveau. Si bien que lorsqu'elle se ressaisit après le choc de l'annonce, elle cille et sourit dans un rire qui meurt aussi vite qu'il lui échappe. Si c'est une blague, Rian, elle n'est pas vraiment drôle. Finalement, elle choisi de ne pas y croire. Car c'est trop improbable sur le moment pour qu'elle accepte ce que la brune vient de lui avouer. Je n'suis pas sûre que Marcus serait très content de savoir que tu racontes ça. elle renchérit, se persuade que cela ne peut pas être vrai et qu'il ne puisse s'agir que d'une mauvaise plaisanterie. Puis elle se passe une main fébrile sur le visage sans y effacer son sourire désarçonné tout en soupirant. Ça n'était pas possible. Pas Rian. C'était même ridicule, lorsqu'elle y pensait. Mais plus elle y réfléchit, plus son esprit fait des connections là où avant il n'y avait que des flous.

Quartiers d'Elara, 17 février 2227, 21h45.
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MessageSujet: (#) Re: do not go gentle into that good night (elarian)     Lun 9 Avr - 6:36
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Elara ne dit rien, mais tu vois, Eirian. La surprise. Le sursaut dans son être. Le sourire qui flanche – hésite. Mais pourquoi? C’est ce qui t’échappe. Parce qu’elle ne sait pas pour Marcus? Impossible. Il est trop honnête, trop droit, pour dissimuler pareille information. Parce qu’elle craint que tu éparpilles ses secrets ici, sur le sol de sa cabine? Peut-être. Elle ne bouge plus. Cille tout juste et tu soupires. Encore. Toujours. Pour continuer, pour tout avouer. Ce n’est pas les secrets de Marcus que tu balance au sol, c’est tes sentiments. Ceux qui se bousculent en toi depuis toujours, ceux qui laissent des echymoses. Peut-être que toi, tu n’as jamais été brutalisé par un amoureux, un amant, mais tu souffres d’un autre mal-être. L’amour à sens unique, c’est un autre genre de violence. Un poison. Comme une perfusion dans ton bras, l’amour qui tombe au compte goutte. Qui te torture. Qui tord tout. Tes tripes. Tes pensées. Ton palpitant. Celui qui bat plus vite. Plus fort. Parce que tu viens de souffler l’interdit : tu aimes Marcus. Des paroles qu’il n’a même pas voulu écouter. Un acte qu’il te reproche assurément, qu’il t’interdit. Et pourtant…

Devant toi, Elara vascille. Pas physiquement, non. En réalité, elle fige, comme incapable de respirer maintenant que tu as avoué la vérité. Comme si tu venais de lui annoncer avoir tuer quelqu’un – seulement toi, ton amour propre et ton espoir d’obtenir l’amour du brun. Une partie de ton âme. Un bout de ton coeur, gisant là, à tes pieds. C’est dans son regard que se dissimule la surprise, la chute. Jusqu’à ce qu’elle ferme les yeux et que toi, tu fronces les sourcils. Elle ne te croit pas – ne veut pas, plutôt. Et déjà, tu sens la colère remuée. Parce qu’ils n’ont pas le droit de nier ce que tu ressens. Ce que tu es véritablement. Ni elle, ni Marcus. Tu n’es pas que colère. Pas qu’emportement et tempête, bêtise et impulsion. C’est faux.

Puis, elle te sourit et tu songes qu’une gifle aurait moins été brutale. Moins cruelle, que le presque rire – si charmante, hein Marcus – qu’elle fait rouler dans sa gorge. « Si c'est une blague, Rian, elle n'est pas vraiment drôle. » Tu venais en amie, Eirian. Pour dire la vérité, avouer tes fautes. T’excuser en avance, de tes gestes à venir. De cette incapacité à le laisser t’échapper. De ce besoin de Marcus, en permanence. Là, dans ta poitrine, comprimé entre tes côtes douloureuses – la faute aux nombreux entrainements. Aux combats illégaux où tu t’es enfin décidé à participer. Le corps parsemé de tâche coloré. Tu t’es fais aquarelle, Eirian, en tentant d’oublier. Ta rage, ta colère. Pour t’adoucir, comme on attendris la viande, à coup de maillet. À coup de saignée. Et elle croit que tu blagues?! Tu fronces les sourcils plus fort encore, une moue mécontente aux lèvres. La frustration au bout des cils, là contre le bout de ta langue – celle que tu retiens de l’envoyer balader. « Je n'suis pas sûre que Marcus serait très content de savoir que tu racontes ça. » Ah oui? Vraiment?

C’en est assez, tu avances tout droit dans sa direction. Jusqu’à ce que vos corps s’effleurent. Se frôlent. Tu respires – trop – fort, Eirian. Mais tu respires et ça, ce n’est pas rien. « J’ai la gueule d’quelqu’un qui blague?! » le ton tranchant, tu tâches pourtant de préserver un semblant de calme. En parlant tout bas – comme si ça faisait une quelconque différence. La belle connerie. « Mais si tu tiens à ce que je dise un truc que Marcus n’aimerait pas… d’accord. » Cette fois, le sourire qui recourbe presque tes lèvres, à un semblant de cruauté. De désespoir. La douleur enflant sous tes doigts, ceux qui creusent tes côtes, ceux qui cherchent les tâches violacés. « C’est arrivé dans ma cabine, un soir. Après avoir bu au bar, il m’a cru plus ivre que je ne l’étais – sauf que non, pas vraiment. Il voulait y croire, mais il savait. Sinon, tu le sais aussi bien que moi, il n’aurait jamais cédé quand j’ai commencé à lui embrasser la nuque. La mâchoire. Il ne m’aurait pas rendu mes baisers. Il n’aurait pas roulé sur moi en arrachant son t-shirt. » Tu revis presque la scène, alors que le récit te quitte les lèvres. Ta langue retrouve son goût, mélange d’alcool et de chaleur. Sa texture, la peau rugueuse de sa mâchoire, celle plus douce d’un pectoral, la forme délicieuse de sa pomme d’adam, celle que tu as mordu avec appétit. Pour lui arracher un long frisson. Pour mettre le feu à son regard.

Si tu parles tout bas, ta respiration s’accélère. Parce que tu racontes l’interdit. Parce que tu partages ce qui est tien, à toi seul. Pas même à Marcus. Parce que pour toi, ça avait de l’importance Eirian. Parce que tu songes encore à cette nuit. À la façon dont il a combattu ses pulsions. D’abord avec aplomb, reculant après t’avoir offert le plus grisant de tous vos baisers, des excuses sur les lippes. Un loup se voulant momentanément agneau. Parce que tu étais la petite sœur. « Sauf que nous savons tous très bien, que je ne suis pas réellement sa sœur. Je ne l’ai jamais été… je ne l’ai jamais voulu. Oh, évidemment j’ai aimé Orion, mais avec naïveté. En préparation pour autre chose. Pour lui… Marcus. » Et tu continue, Eirian. À lui raconter qu’il est revenu encore et encore contre toi. Un peu plus convaincu, à chaque fois que ta main tirait sur sa nuque, ses bras, que ton t-shirt à rejoint le sien. Il en avait envie. C’était là, dans son regard, dans le pli affamé de sa bouche. Tu pourrais lui raconter combien il était beau, entièrement nu, ses défenses à ses pieds. Son armure abandonné au pied de ton lit – à tes pieds. Tu pourrais lui dire combien tu t’es enivrée de lui, combien tu t’es saoulée à ses lèvres, à ses hanches. Le réclamant encore et encore, jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus. Jusqu’à ce qu’il roule près de toi, le visage dans ton cou. À la fois plein de regret – tu l’as toujours su Rian – et de ce besoin de chaleur. Celle brulant dans ton ventre. Dans le sien. Sauf que tu ne pousses pas les détails. Par respect. Par amour. Parce qu’il te déteste bien assez déjà.

« Je ne blaguerais pas avec ça… pas quand j’attend depuis aussi longtemps. Qu’il soit prêt. » À être avec toi. À retirer son armure, encore, devant toi. Parce que tu n’es pas aussi abrupte qu’on le croit – tu espérais bêtement qu’il comprendrait. Qu’il verrait. Combien tu veilles sur lui. Combien il compte. Sauf que non – tu n’es jamais qu’une gosse, Eirian. Alors tu secoues doucement la tête, dégoutée. Une grimace aux lèvres. « Sauf que non, bien entendu… je ne suis pas assez bien. Pas assez… sage, douce… pas assez toi. Pas assez elle. » Et cette fois, la douleur transparait jusque dans ta voix. Dans ton regard, celui que tu redresses sur elle. Envieuse. Malheureuse. Jalouse. Et ta voix déraille doucement dans la cabine d’Elara : « Je crèverais pour lui, tu sais? Sans réfléchir, sans hésiter. Je l’aime et pas toi... » c’est un reproche d’enfant et pourtant. Ça te noie le regard. Ça te remplis le ventre de regret – de ne pas être aussi forte que tu le devrais. D’être pathétique, bien trop désespérée pour un homme qui ne veut pas même de toi. Qu’importe la manière ou la façon. « Et je recommencerais, Ela... » que tu chuchotes doucement. Presque à regret. Recommencer à quoi? À te donner des airs de sirène stellaire? Ça ne fonctionnera pas, tu le sais. Et pourtant, tu le voudrais.

Tu le veux tellement. Tellement. Tellement.
Tellement.
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do not go gentle into that good night

« A single action can cause a life to veer off in a direction it was never meant to go. Falling in love can do that, you think. And so can a wild party. You marvel at the way each has the power to forever alter an individual's compass. And it is the knowing that such a thing can so easily happen, as you did not know before, not really, that has fundamentally changed you. »
Elle pouvait mentir. Elle pouvait trouver ça drôle. S'en amuser. Elle pouvait inventer, bien sûr. Elle pouvait oui. Mais pourquoi ? C'était ça la vraie question, celle qui lui tordait l'estomac car elle ne trouvait pas de bonne réponse. De justification logique, censée, qui allait dans son sens à elle plutôt que dans celui d'Eirian qui s'approche trop vite à son goût. Si bien qu'Elara se crispe un peu quand elle arrive, et elle aurait certainement reculé s'il n'y avait pas eu le meuble derrière elle sur lequel elle s'était appuyée. La brune respire fort, à cran (tout son corps la trahissait) et cette soudaine tension met mal à l'aise Ela qui est loin d'apprécier les conflits. Comme celui-là duquel elle ne semble pas pouvoir se défaire : la faute à la graine que venait de planter Rian dans son esprit. Et si c'était vrai ? Et si ils avaient vraiment couché ensemble ? Et si elle l'aimait, l'aimait-il en retour ? C'est beaucoup de si pour la scientifique qui a besoin de résultats tangibles. À la fois pas assez d'informations pour l'ancienne astrophysicienne et trop pour la femme, au fond. Celle la même qui refuse de croiser son regard plein de haine préférant lever le menton et tourner le visage loin de celui de Rian qui la toise comme un animal. Prédateur, proie, c'est facile de choisir alors. J’ai la gueule d’quelqu’un qui blague?! à défaut de répondre, Elara encaisse, serre les rebords du meuble derrière elle dans une tentative de s'ancrer quelque part avant de se noyer, plus tard. Car la chute était proche, elle pouvait le sentir. Elle avait beau espérer que tout ça soit une vilaine plaisanterie, elle connaissait déjà la réponse à ses questions et ça la rendait malade. Perdue. Sans savoir sur quel pied se tenir. Mais si tu tiens à ce que je dise un truc que Marcus n’aimerait pas… d’accord. Son prénom, encore. Comme un électrochoc, une claque à chaque fois qu'elle l'entend. Ça lui donne enfin le courage de croiser le regard de la brune, déjà anxieuse quant à ce qu'elle y trouverait. De la colère, toujours. Et quelque part l'envie de la stopper net ici la démange, l'instinct qui parle, l'affection aussi pour le brun : parce que non elle n'a pas envie que la jeune femme lui déballe ce que le légionnaire avait jugé bon de garder privé, par respect. Ça lui brûle la langue mais elle ne dit rien : y'a aussi cette curiosité égoïste d'avoir le fin mot de l'histoire. De comprendre. D'être sûre. Et de toute façon elle n'a pas le temps de faire quoique ce soit que Rian reprend de plus belle, chaque mot plus douloureux que le précédent.

Et elle détourne le regard encore, vers le sol. Sans savoir pourquoi : manquait-elle de force pour affronter la vérité ? Souhaitait-elle encore préserver ce que Marcus avait tenté de cacher ? C’est arrivé dans ma cabine, un soir. Après avoir bu au bar, il m’a cru plus ivre que je ne l’étais – sauf que non, pas vraiment. Il voulait y croire, mais il savait. Elle grimace, agacée, râle presque dans un murmure. Elle ne veut pas savoir, c'est décidé. N'en a pas envie. Ils ont couché ensemble. Soit. Le passé ne pouvait être changé et il lui faudrait vivre avec cette nouvelle information. Qui était-elle pour les juger, après tout ? Sinon, tu le sais aussi bien que moi, il n’aurait jamais cédé quand j’ai commencé à lui embrasser la nuque. C'est déjà trop. Elle n'a pas envie de savoir, parce que c'est trop douloureux et elle ne comprend même pas vraiment pourquoi cela lui fait tant de mal. C'est bon. qu'elle chuchote sèchement, plus qu'elle ne l'aurait voulu. Ça la surprendrait presque, mais elle n'a pas le droit d'être jalouse. C'était dans le contrat qu'ils avaient signé à même leur peau, entre deux souffles. Ils avaient le droit. Et ça s'était passé avant tout ça, sans pouvoir mettre le doigt sur ce que c'était, ça. La mâchoire. Il ne m’aurait pas rendu mes baisers. Ça monte, doucement, la colère et ça n'est pas familier pour Elara qui se vante de toujours garder son calme. Mais la brune ne sait pas où elle marche, ni ce qu'elle piétine. Rian... qu'elle dit cette fois plus fermement dans un avertissement. Elle n'écoute pas, trop concentrée à lui faire mal, appuyer là où elle ne pensait même pas avoir de plaies. Il n’aurait pas roulé sur moi en arrachant son t-shirt. C'est l'image de trop. Le dernier coup de couteau. La blonde se décolle subitement, bousculant un peu la jeune Reyes sur son passage alors qu'elle s'éloigne pour respirer, détendre ses épaules. Réfléchir, surtout. Digérer ce qu'Eirian vient de lui avouer : et puis y'a ces images dans son esprit qui lui jouent des tours et font revivre des moments qu'elle n'a même pas vécu mais qui lui font un mal de chien. Putain. Et elle continue, l'autre, celle qui s'est changé en bourreau alors qu'elle l'avait accueillie en amie. Sauf que nous savons tous très bien, que je ne suis pas réellement sa sœur. Je ne l’ai jamais été… je ne l’ai jamais voulu. Oh, évidemment j’ai aimé Orion, mais avec naïveté. En préparation pour autre chose. La mention d'Orion lui arrache un sifflement presque menaçant, tandis que ses sourcils se froncent, trop proche de ce frère qu'elle avait vu se lier à Rian avec joie lorsqu'ils étaient sortis ensemble. Y'a son esprit qui s'embrouille de questions, d'inquiétudes, jamais de réponses. Elle essaie d'y voir clair et si elle fait le lien entre la fille avec laquelle il avait trompé sa femme pour la dernière fois, le reste continue d'être flou. Elle n'a pas le droit d'être jalouse, d'être blessée, ça ne devrait pas lui faire autant de mal. Et pourtant. Pour lui… Marcus. Elle fait les cent pas mais s'arrête brusquement quand elle le mentionne à nouveau. C'est toujours son prénom qui capte son attention, la ramène où elle se tient : seule face à l'inconnu, et la peur dans sa gorge de ne pas tout saisir, de se perdre dans ce que Rian vient de lui dire. Surtout, de se noyer dans le bordel qu'est devenu son esprit, à ne plus savoir quoi penser, quoi dire, quoi faire, quoi ressentir. Comment respirer.  Je ne blaguerais pas avec ça… pas quand j’attend depuis aussi longtemps. Qu’il soit prêt. Et Elara se surprend à être plus en colère de la manière avec laquelle Rian parle de lui, que de ce qu'elle est venue faire (quoi, au juste ?). Ça lui brûle les lèvres de la reprendre. Mais elle se tait, se pince les lèvres dans une grimace énervée à l'autre bout de la pièce. Sauf que non, bien entendu… je ne suis pas assez bien. Pas assez… sage, douce… pas assez toi. Pas assez elle. Je crèverais pour lui, tu sais ? Sans réfléchir, sans hésiter. et ça l'atteint à peine, d'être comparée à celle qui avait terni une part de Marcus jusqu'à l'épuiser et l'obliger à fuir ses quartiers plutôt que de s'y rendre avec hâte. Ce qui la dérange, c'est encore la façon dont elle le dépeint et c'est étrange que de s'offusquer plus de ça que des sous-entendus que la brune lui lance au visage sans appréhension.

Je l’aime et pas toi... à défaut de lui pincer le coeur, ça le lui crève. De s'entendre dire qu'elle ne l'aime pas et d'être incapable de répondre du tac au tac parce que jusqu'à présent, elle n'y avait jamais réfléchi. Elle s'était contenté de profiter de chaque seconde à ses côtés, de les transformer en heures et de les graver un peu plus profondément tout près de son palpitant. Alors oui, elle aimait ses mains terriblement maladroites par moment, et y lier ses doigts avec force, les sentir courir le long de sa silhouette. Elle aimait son sourire sincère, celui gêné et même celui qu'il cache en regardant ailleurs, la tête doucement secouée. Elle aimait son regard toujours brûlant d'envie, et lorsqu'il se consume à son contact ou par une colère qui ne lui est jamais destinée. Elle aimait sa façon de se tourner vers elle le matin, en la pensant encore endormie. Ou même son rire étouffé lorsqu'il tente de garder un visage impassible. Même toutes ses affaires qui trainent chez elle qu'il oublie toujours de récupérer. Et la manière avec laquelle il s'invite parfois, son incapacité à accepter le moindre de ses compliments, sa sensibilité qui l'étonne toujours agréablement. Sa mâchoire, ce grain de beauté dans son dos, sa peau, ses lèvres. Merde. Est-ce qu'elle l'aimait vraiment ? Comme ça, si fort ? Ça la rend muette une poignée de seconde, pas assez pour ne pas réagir à l'ultime pique de Rian. Et je recommencerais, Ela... C'était une menace ? La jalousie se mêle à tout un tas d'émotions qu'elle ne comprend pas, poussées par une soudaine envie de protéger ce qu'elle comprenait peu à peu avoir. Ce quelque chose de précieux, plus encore qu'elle ne le pensait. Alors Ela se redresse, sans jamais s'avancer, une main tremblante d'un trop plein qui s'égare sur son front, dans ses cheveux alors qu'elle inspire. Incrédule. Dépassée. En colère. Est-ce que tu t'entends, Eirian ? qu'elle commence d'abord sans animosité. La voix las, presque blasée par la tempête que la brune fait déferler sur elle, et qu'elle ne parvient pas à contrôler. Tu... elle s'arrête devant l'impossibilité de mettre des mots sur tout ce qu'elle pense, là, maintenant. Alors elle se reprend. Qu'est-ce que t'es venue faire au juste ? c'est déjà plus piquant, plus exaspéré. Tout déballer dans l'espoir de quoi, me faire du mal ? C'est réussi. qu'elle se retient de rajouter, les yeux déjà trop brillants pour le cacher. Tu te prends pour qui ? son ton ne monte jamais, parce qu'elle a appris depuis longtemps à se faire entendre sans élever la voix : c'est Syjad qui serait heureux de la voir s'énerver (enfin) sans rugir bêtement. C'est lui qui lui a montré comment être ferme, stricte, piquante sans jamais tomber dans la colère, celle qui décrédibilise plus qu'elle n'aide. Tu te rends compte de la manière avec laquelle tu parles de Marcus ?! Depuis quand on "prépare quelqu'un dans l'attente qu'il soit prêt" ? qu'elle dit avec plus de force, parce que ça le concerne lui. Et y'a un peu de dégoût qui se mêle à sa voix, mais elle n'a pas envie d'aller plus loin. Elle veut qu'elle parte, elle et ses histoires, ses soucis. Toutes ces années à l'aider, la soutenir pour qu'elle vienne s'en prendre à l'une des seules choses grâce auxquelles Elara vivait encore le sourire aux lèvres. Et même la seule raison pour laquelle elle vivait tout court, finalement. Sans lui, sans ce qu'ils étaient, elle ne serait pas là pour défendre aujourd'hui ce qu'ils avaient construit malgré leurs mondes qui s'étaient successivement détruits. Sors d'ici. dit-elle finalement froidement, le bras qui s'allonge en direction de la porte qu'elle pointe du doigt. Sors d'ici, oui, parce qu'elle ne veut plus la voir. Plus l'entendre, elle en a déjà trop dit.

Quartiers d'Elara, 17 février 2227, 21h45.
Elara parle en 996699
Rian parle en f68e76

(c) DΛNDELION


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SHE WAS BRAVE, NOT BECAUSE SHE WASN'T
SCARED BUT BECAUSE SHE WENT ON SO STRONGLY
☾☾ DESPITE THE FEAR ☾☾


eux:
 
MessageSujet: (#) Re: do not go gentle into that good night (elarian)     Mar 17 Avr - 21:31
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i am a cosmic storm
It is no wonder that sometimes your head and heart hurt so much that you may just explode. It takes a nebula, a cosmic storm of epic proportions falling apart to create a star. But who would dare to love a girl that carries the weight of the stormiest sky in her heart?
Elle ne veut pas entendre. Elle ne veut pas savoir. Tu devrais te taire, Eirian. Ranger ce qui remue en toi, ce qui c’est échappé de la prison que forme tes côtes, l’enfoncer plus loin dans ton ventre. Parce que cet amour, celui à l’arrière goût amer, à toutes les apparences d’un interdit – c’est là, dans le regard outré d’Elara. Dans le tremblement de sa main, celle qui effleure son front. Qui chasse toutes les images que tu y as mise? Certainement. Elle ne veut voir que le héros en lui, comme toutes les autres. L’homme à réparer. L’homme droit et intègre. Pas entièrement humain, parce que trop parfait. Plus que parfait, même. Celui qui va si bien avec Elara, la grande sauveuse de la flotte, mère thérésa du futur – celle que, bien malgré toi actuellement, tu idéalises aussi. Parce qu’elle est ce que toutes femmes devraient aspirer à devenir, à être. Un jour. Parce que ce sont les femmes telles qu’elles, qui font la différence, hein Rian. Oui.

Sauf que voilà, toi t’as jamais eu le profil. De la déesse. De la sainte de quoi que ce soit. Alors, tu te contentes d’admirer, de jalouser aussi – un peu, même si ça t’agace. Qu’est-ce qu’elle a de plus que toi? Tout, c’est aussi simple que ça. Et jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à cette conversation – caduque pourtant, parce qu’Elara n’écoute pas réellement, qu’elle tombe du piedéstale où tu l’as hissé en compagnie d’Orion – tu as toujours été persuadé qu’elle ne le réalisait pas. L’humilité comme une aura autour d’elle, la bonté lui baignant le visage. Le coeur. Sauf que non, Rian. Rien n’est parfait ici. En haut ou en bas, les hommes en envoyé bon nombre de déchet dans l’espace – tu ne dois pas l’oublier.

« Est-ce que tu t'entends, Eirian ? » Ce n’est toutefois pas le ton qu’elle emploie, qui te surprend. Qui la fait chanceler, là sur sa jolie tour d’ivoire, celle que tu as bâtit en rigolant avec Orion, trop gamine pour réaliser ta connerie. Non, c’est son égarement. Cette absence d’empathie, celle que tu lui as – avec égoïsme, il est vrai – toujours associée, dans la voix. Dans le regard. Pire, dans le coeur. « Tu… Qu'est-ce que t'es venue faire au juste ? » Tu cilles, avant de froncer les sourcils. N’est-ce pas clair? Non, Rian. Tu le réalises enfin, parce que tu n’as pas assez parlé. Parce que tu t’es perdu dans tes explications, dans tes preuves, n’ayant absolument pas prévu qu’elle ne te croirait pas. Parce que même si vous n’avez jamais été sincèrement proche, Ela et toi, elle a toujours endossé ce rôle d’ainée. De cette presque sœur, veillant sur toi et t’écoutant quand tu réclamais son attention. Sa douceur. Sa tendresse. Seulement, tu n’es plus une petite fille et tu oublies trop vite que l’affection se fane avec les années. Que sans tes joues rondes d’innocences, l’amour vient moins facilement. La compréhension, poussé dans un sas, puis dans l’espace. Pourquoi faire hein? Elara le savait, avant. « Te parler, t’expliquer- » mais tes mots sont inutiles. Futiles? Ils meurent contre sa nouvelle question : « Tout déballer dans l'espoir de quoi, me faire du mal ? »

Cette fois, tu recules d’un pas. Surprise. C’est à ton tour de prendre un air égarée. Tu es un peu naïve, que d’avoir cru qu’en parlant, tu arrangerais ce qui vous a empoisonné avec Galina. Stupide, de croire qu’Elara comprendrait, qu’elle croirait en tes sentiments. Tu n’es pas venu pour la blesser, mais tu réalises que tu l’as fais. Qu’elle souffre, devant toi. Et contrairement à elle, tu la crois. Tu vois. Qui de vous deux est la plus empathique? Toi, semble-t-il. « Non… je ne voulais pas- » « Tu te prends pour qui ? » Tu figes à ton tour. Ses mots, comme une autre gifle. De celle qui rougis la joue, qui brûle la peau – ton ventre. De la surprise plein les yeux, tu écarquilles les yeux. As-tu été aussi maladroite que cela? Peut-être. Non, assurément. Tu sais que tu n’es pas douée dans ce genre de chose et pourtant, tu es venue. En espérant tant. En croyant faire ce qu’il fallait. Annoncer tes couleurs, exposer tes douleurs, en t’imaginant qu’Elara te consolerais. Qu’elle te tapoterait le bras en te chuchotant qu’elle comprenait. Oh, tu ne t’attendais assurément pas à ce qu’elle te cède Marcus, qu’elle confirme cette certitude – celle qui pulse en toi – qu’il est pour toi. Mais tu n’avais pas prévu ça. Que parler puisse être tout aussi grave, que d’agir. Et peut-être qu’en réalité, le souci vient de ta perception du bien et du mal. De ce qui est juste ou pas. Peut-être que oui, c’est toi qui n’est pas normale. Pourtant, si c’était le cas, est-ce qu’Orion t’aimerait tant? Est-ce que tu saurais le lui rendre avec tant de brio? Les questions s’accumulent dans ta bouche, mais tu as déjà trop parlé, hein? Oui.

Alors tu la regardes, te disséquer à son tour. Le dégoût abimant la beauté de son visage. La douceur n’est plus, la chaleur non plus. Elara n’est désormais plus, ne reste qu’une pale copie de sa personne. La colère ne lui confère aucune espèce de beauté céleste, non. Elle détruit. Elle amoindris. « Tu te rends compte de la manière avec laquelle tu parles de Marcus ?! Depuis quand on "prépare quelqu'un dans l'attente qu'il soit prêt" ? » C’est ce qui la choque? Tu ne comprends pas, que tu t’exprimes mal. Que ce qui est une évidence pour toi, n’est peut-être pas à exposer – Marcus à toujours eu besoin de prendre du recul, de réfléchir seul, de tourner et retourner tout ce qu’il ressent, avant d’avancer. De pouvoir juger quelque chose, sans culpabilité. Sans regret, même s’il en est remplis à ras-bord. « Le préparer? Je n’ai jamais dit ça! » voilà ce que toi, tu retiens. Parce que tu n’as rien préparé – et c’est peut-être bien là l’une des failles de ta personne, hein. Tu n’avais pas prévu de le séduire ce soir-là. Pas prévu de l’aimer autant. Pas prévu de ne pas savoir l’effacer avec d’autre. Pas prévu qu’un amour aussi intense, certain même, ne puisse aller que dans une direction. Ne puisse pas être partagé.

Pourtant, la conversation est terminé. « Sors d'ici. » Elara en a assez entendu et maintenant qu’elle est debout devant toi, le piedéstale détruit pour toujours, tu prends la pleine mesure de cette nouvelle perte. C’est une seconde porte qui se ferme devant toi – tu n’aurais pas dû parler. Tu aurais préféré ne jamais savoir, ne jamais réaliser. Le mensonge, celui de sa perfection et de sa douceur sans coin tranchant, préférable à la réalité. Ou pas. Tu déglutis lentement, le deuil d’une relation à peine esquisser et pourtant chéri avec naïveté, te nouant la gorge. Puis tu acquiesces, pour reculer. Pour pivoter. Seulement, comme avec Marcus, tu ne peux pas partir ainsi. Sans une dernière explication – aussi maladroite que tout ce qui s’échappe de ta bouche. D’entre tes côtes. Tu n’as pas le talent de la dame blanche, pour t’exprimer.

Alors tu parles par-dessus ton épaule, le regard rivé au sol. Les sourcils froncés et la voix tremblante, hésitante. « Je suis sincèrement désolée si je t’ai blessée, Elara… tu peux ne pas me croire, comme avec tout le reste hein. Mais vraiment… je ne voulais pas te faire de mal. Je n’en éprouve aucun plaisir. Je croyais que tu comprendrais, que tu verrais... » les mots t’échappent et tu t’humectes les lèvres. La panique enflant doucement dans ta poitrine. « Je n’aurais pas du te donner des détails, c’était mal. Je réagis mal quand on me fait du mal… et si je t’ai blessé, crois moi, la faute est partagée. » Cette fois, tu daignes la regarder. Chercher son regard, sans l’espoir de le trouver. Pas celui d’Elara, la presque sœur. Celle qui n’a probablement jamais été. Celle que tu as idéalisé, fantasmé, petite fille sans frère. « Je ne croyais pas que toi, tu serais capable de réduire les sentiments d’une autre personne. Pire, de t’en moquer. Je… ça n’excuse évidemment rien. Je n’avais rien à te prouver et je vois bien que de venir t’expliquer tout ça, n’arrangera pas la situation. » Tu aurais dû le savoir, le prévoir. Mais la tactique militaire n’a rien à voir avec celle du coeur. « Avec Galina, je n’ai rien expliqué et je lui ai fais du mal. J’ai cru qu’en venant te parler, tu m’écouterais, à défaut de comprendre… je-j’ai eu tort. Peu importe ce que je fais, je suis la garce. À chacun son rôle, hein? Je crois que toutes les deux, ont c’est planté au sujet de l’autre. »

Tu n’es pas assez bête pour croire qu’elle te voit autrement que comme un souci dorénavant. Peut-être même une menteuse, une manipulatrice. Une tempête humaine – et ça, tu ne peux pas même nier l’être. Parce que le vent siffle de partout en toi. Qu’il te rappelle toutes les failles qui te parcours, qui te rendent si incomplète. Pleine de défaut. Tu lui épargnes la vision de ton regard, celui qui lui donne raison de croire, de maintenant savoir. Tu fixes plutôt la porte, alors que tu termines. « On a vu plus de bonté en l’autre, qu’il n’y en a réellement. Alors oui, je suis stupide et égoïste, mais au moins, je ne suis pas hypocrite et condescendante. » Tu tâches de parler doucement, toi aussi, mais tu lui lègues un dernier regard, tout en faisant coulisser la porte. « Et pour ça, je ne suis pas désolée. Que ça te blesse ou pas. » Sur ce, tu inclines la tête et obéis à sa ordre. Tu quittes sa cabine – sa vie, qu’une partie plus dramatique de ta personne, te souffle tout bas.

Ce n’est que deux corridors plus loin, que tu parviens à respirer plus calmement. Et que tu réalises que tu ne peux assurément pas raconter tout ça à Orion. Bonjour le malaise. VDM.
code by bat'phanie


You see the turmoil,

⊰ the demolition, but do you see the girl?


Sometimes I’m not sure I do either. You can be so much softer than me with your sweet nothings. I’m not like that. I don’t know how to love anything without sinking teeth into it.
MessageSujet: (#) Re: do not go gentle into that good night (elarian)     

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