Talk to me ~ Ren
MessageSujet: (#) Talk to me ~ Ren     Sam 17 Fév - 20:16
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Akum se réveilla en sursaut, se débattant avec ses draps alors que la panique qui l'avait envahie dans ses rêves le poursuivait jusque dans la réalité. L'obscurité était totale, étouffante. Il n'arrivait pas à savoir où se trouvait le haut du bas, l'envers de l'endroit. Dans son sommeil, il avait été de retour dans l'émeute, au milieu des cris, des coups, de la rage ambiante, mais incapable d'agir, totalement pétrifié, ne pouvant qu'observer les personnes qu'il aimait se faire briser par des hommes aux allures de démons. Le rêve avait alors changé, l'emportant ailleurs, au milieu des regards accusateurs de ses amis, de ses connaissances, de ceux qu'il aimait et tous lui reprochaient la même chose. Ne pas les avoir aider. Ne pas avoir su s'interposer. Ne pas s'être précipité pour les défendre. Ils réclamaient alors réparation, se rapprochant de lui avec leurs allures menaçantes, leur voix changeant pour prendre celle de son père, enflant dans sa tête pour lui rappeler à quel point il était indigne de confiance, incapable, inutile, jusqu'à ce que ce soit ces personnes bien connues qui lui fassent payer le prix de son inactivité en lui faisant subir les mêmes violences qu'ils avaient vécu.

-Charlie ! Hurla-t-il, allume la lumière !

L'IA ne fit pas dans la demi-mesure, allumant d'un coup toutes les lumières de la cabine à pleine puissance, sans doute à cause de l'urgence dans la voix du jeune homme. Ses yeux acclimatés à l'obscurité furent immédiatement agressé par l'éclat trop blanc des lampes, lui arrachant un cri de détresse avant qu'il ne roule pour échapper à cette douleur de plus et ne termine par terre, emportant une partie des draps avec lui. Au sol, tout son flanc droit douloureux à cause du choc, Akum commença enfin à reprendre ses esprits. Il resta là un instant, prenant de longues inspirations pour se calmer alors que son cœur battait la chamade, ramenant son visage dans son bras pour ne pas avoir à supporter l'éclat encore trop violent de la cabine illuminée. Il pivota pour se mettre sur le ventre, essayant de retenir le peu de retenue qui lui restait encore. Cependant, les regards haineux et déçus des personnes qu'il aimait s'imposèrent à lui derrière ses paupières closes et un sanglot involontaire lui échappa, bientôt suivit par d'autres alors que des larmes remplissaient ses yeux, brouillant encore plus sa vision.

-Charlie, baisse la luminosité s'il te plaît, réussit-il à articuler.

Silencieux, Charlie s'exécuta jusqu'à un niveau de lumière plus supportable pour le jeune homme en détresse, qui pu lentement se redresser sur ses genoux, se passant les deux mains sur le visage pour essayer d'en chasser les larmes alors qu'il soufflait bruyamment pour tenter de faire cesser les sanglots qui l'étranglaient presque. Il lui fallu plusieurs minutes pour parvenir à refouler les images de ce rêve, pour se convaincre que non, personne ne lui en voudrait de ne pas avoir participé à la mêlée, que se jeter dedans n'aurait de toute façon fait que rajouter du chaos ambiant, qu'il n'y avait aucune vraie raison de pleurer. Pourtant, la peur qu'il ressentait en repensant à l'émeute ne faisait qu’exacerber le sentiment de malaise qui subsistait après ce rêve. Il avait la violence en horreur. Il n'était resté que quelques secondes au milieu du conflit, le temps d'en extirper Mme Hartmann et pourtant ça avait suffit à le secouer violemment. Il avait rarement vu plus de deux personnes se battre en même temps. Ici on parlait d'une masse enragée. Pas étonnant qu'il en fasse des cauchemars.

Avançant une main, il pressa sur un compartiment de sa table de nuit, qui s'ouvrit avec un léger chuintement. Il y attrapa de quoi se moucher, ce qu'il fit en se relevant. Un regard vers son lit défait lui suffit pour comprendre qu'il ne souhaitait pas y retourner, comme s'il ne s'agissait plus d'un simple objet du mobilier, mais d'un vaisseau dont la destination n'était plus si certaine. Il ne voulait pas prendre le risque de retourner se jeter dans ce rêve. Il se pencha et ramassa son drap qui gisait par terre pour le remettre sur le matelas. Il regarda un instant les murs totalement peint de son appartement, en total illégalité, mais ne ressentit rien d'autre que le vide. Il n'avait pas envie de créer ce soir. Il caressa l'idée de réveiller l'un ou l'autre de ses amis, mais l'envie n'était pas là non plus. Il n'arriverait pas à se changer les idées avec leurs discussions habituelles.

La vérité, c'était qu'il avait besoin de parler à un adulte. Un adulte qui était plus adulte que lui. Un adulte sachant mieux être un adulte que lui. L'idée de parler à ses parents lui paru risible tant elle était ridicule. Son père et lui n'avaient pas parlé depuis près de quinze ans. La simple idée de revoir son visage l'emplissait de dégoût, et d'entendre sa voix lui donnait envie de se recroqueviller dans un coin. Il avait toujours cherché à mériter les raclées qu'il se prenait. Ça ne voulait pas dire qu'il les appréciait. Quant à sa mère, elle ne lui serait comme toujours d'aucune aide. Il ne savait même pas ce qu'elle était devenue. Non, il lui fallait quelqu'un d'autre.

Alors qu'il y réfléchissait, l'évidence s'imposa soudainement à lui. Il y avait quelqu'un. Se passant une main sur le visage, il chercha autour de lui quelque chose à enfiler et finit par trouver un débardeur et son pantalon d'uniforme qu'il n'attendit pas pour mettre avant de sortir, ne prenant pas la peine de mettre des chaussures. Le sol était froid sous ses pieds nus, le faisant frissonner, mais il ignora cet inconfort pour parcourir le chemin qui séparait sa cabine de celle de Ren Wozniacki, son coach, mais aussi l'un des seuls hommes en qui il avait pleinement confiance. Il s'en voulait presque de ne pas avoir pensé à lui immédiatement, mais faillit faire demi tour à plusieurs reprises sur le chemin. Il ne savait même pas ce qu'il pourrait lui dire une fois devant lui. À quel point aurait-il l'air ridicule une fois face à Ren, le réveillant au beau milieu de la nuit pour lui parler d'un mauvais rêve ? Il n'avait plus cinq ans, il était sensé pouvoir gérer lui-même ses propres émotions. Pourtant, la simple idée de devoir garder pour lui la panique qu'il avait ressenti à son réveil lui donnait envie de pleurer à nouveau. Pathétique.

Arrivé devant la bonne porte, il frappa, puis se rendit compte qu'il ne savait toujours pas exactement quoi lui dire, quoi faire, ni même s'il ne ferait pas simplement mieux de partir en courant comme s'il s'agissait d'une mauvaise blague. Il espérait simplement que ça ne serait pas Maggie qui répondrait. Avec toute l'affection qu'il pouvait lui porter, ça n'était pas avec elle qu'il souhaitait parler ce soir. Soudainement, la porte coulissante s'ouvrit, révélant le visage endormi de Ren. Le soulagement l'envahit immédiatement, bien vite accompagné d'abattement. Il ne savait même pas par quoi commencer. Il força un sourire qui s'effaça bien vite. Il n'arrivait même pas à feindre tant le poids dans sa poitrine était lourd.

-Je... bonsoir coach Ren, commença-t-il, hésitant.

Il baissa la tête, les mains dans les poches et fixant le sol. C'était plus facile que de le regarder lui. Maintenant qu'il était là, l'idée même de parler lui semblait impossible et se confier, insurmontable. Le coach avait sans doute autre chose à faire que de s'occuper d'un homme fait.

-Je suis désolé, je voulais pas vous déranger, mais je savais pas à qui parler, souffla-t-il.

Sa voix trembla légèrement et il s'éclaircit la gorge, levant à peine les yeux avant de les baisser à nouveau. Son visage avait été dans son rêve aussi. Il avait fait parti de ceux qu'il n'avait pas pu aider à sortir de l'émeute, de ceux qui étaient ensuite revenus pour lui donner une idée de ce qu'ils avaient subi par sa faute. Le regarder augmentait la pression déjà trop présente sur son âme.
MessageSujet: (#) Re: Talk to me ~ Ren     Sam 24 Fév - 3:42
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Ce ne sont pas les toquements timides sur la porte métallique qui extirpent le journaliste son sommeil, mais le coup de coude asséné par Magdalena – dont la force était sûrement involontaire – dans ses côtes. Il ne distingue dans les quelques syllabes itérées par la femme qu’un porte marmonné au creux de l’oreiller, prenant quelques instants pour décrypter l’information. La tête embrumée par la fatigue, il finit par faire un plus un, se glissant hors des draps avec une motivation déficiente alors que Maggie se rendort paisiblement, tirant toutes les couvertures de son côté du matelas. Prenant soin de fermer la porte de leur chambre à coucher – un luxe qu’ils avaient pu se permettre notamment grâce aux contacts de madame, qui avait toujours vécu sur le Columbiad –, il se dirige vers la porte, se traînant les pieds sur le sol, passant une main molle dans ses cheveux bruns. Le fait qu’il était en pyjama, ou du moins, ce qui s’en rapprochait, soit un t-shirt noir et un pantalon en coton ramolli par l’usage, ne l’inquiétait pas outre mesure. La porte glisse et, malgré ses yeux fatigués, il reconnaît immédiatement Akum. Pas difficile de le rater, avec ses cheveux roux et son habituelle bonne humeur. Sauf que là, il semblait plus contrarié qu’autre chose. Inquiet. Confus. « Hey, buddy », le salue le coach en esquissant un sourire qui se veut chaleureux, bien que partiellement occulté par le sommeil duquel il vient de s’arracher. Ce genre de comportement ne ressemblait pas à Akum; surtout pas ce qu’il lui admet enfin, refusant de croiser son regard. Le journaliste pince les lèvres. « Entre, viens », insiste-t-il malgré l’heure indécente, incapable de laisser le secouriste à lui-même alors qu’il semblait, plus que jamais, avoir besoin de quelqu’un. Il tapote l’épaule du jeune homme pour le diriger à l’intérieur, et la porte glisse silencieusement en place, un déclic indiquant qu’elle se verrouillait derrière eux.

Ren attrape deux bouteilles d’eau à la volée, faisant signe au rouquin de s’installer dans l’un des deux fauteuils qui garnissaient le coin de la cabine. C’était un peu à l’étroit, mais confortable. Chaleureux, même, lorsqu’il allumait la petite lampe suspendue au-dessus des sièges. Le reporter se laisse tomber en face de son invité inattendu, visiblement soucieux, l’air aussi sérieux que possible derrière un voile de somnolence qui commençait à se dissiper. « Y’a un truc qui cloche? Comment tu vas? » s’inquiète l’aîné des deux hommes, la voix douce, légèrement enrouée. Il décapsule la bouteille d’eau et en prend une longue lampée, s’éclaircissant la gorge. Ren doutait que Magdalena entendrait leur conversation, considérant la distance, leur ton de voix et la porte fermée qui l’isolait du reste de la cabine, mais il préférait demeurer respectueux. D’un regard discret, il tente de voir si Akum ne présente pas des signes évidents – s’il était blessé, s’il avait pleuré. Papa poule qu’il était, la détresse de son interlocuteur le touche droit au cœur, et il hoche la tête, reprenant la parole. « T’es venu ici sûrement pour parler, mais prends ton temps. Te sens pas pressé. » Peut-être qu’il prétendait vouloir parler, mais qu’il préférait être en silence, en présence de quelqu’un en qui il avait confiance. Ren était tout à fait disposé à lui accorder ce dont il avait besoin pour passer à travers de ce mauvais moment. « Mais vu l’heure… Insomnie? » tente-t-il, essayant de croiser le regard du secouriste.


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MessageSujet: (#) Re: Talk to me ~ Ren     Mer 7 Mar - 9:49
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Du coin de l’œil, Akum avait pu relever la fatigue sur les traits tirés de Ren, avant de détourner le regard. Il regrettait d'avoir été jusqu'à venir le réveiller en pleine nuit, tout ça à cause d'un cauchemar stupide. Il allait avoir vingt-neuf ans et se retrouvait quand même à devoir se reposer sur les autres pour des broutilles. Le secouriste était rarement sujet à la honte, mais c'était pourtant bien ce qu'il ressentait alors que son coach l'invitait à entrer. Akum n'eut pas vraiment l'occasion de protester pour Maggie qui dormait sans doute encore, se faisant gentiment attirer à l'intérieur. Lorsque la porte se referma dans un déclic, il abandonna définitivement toute idée de retour en arrière et se contenta de prendre place dans le fauteuil qu'on lui désigna, les mains cachées au fond de ses poches, les yeux fixés sur la table en face de lui. Il allait parler, mais ne savait même pas par où commencer.

Est-ce que quelque chose clochait ? Rien de bien grave, en vérité. Les dégâts provoqués par l'émeute avaient rapidement été réparés, les belligérants s'étaient dispersés peu de temps après l'arrivée des secouristes et les blessés les plus graves ne pouvaient déplorer que quelques os cassés. Rien d'irrémédiable en soit, rien que les médecins du Regina Mercy n'avaient pu arranger. Rien qui ne justifiait une telle réaction de la part d'un homme fait. Akum n'avait même pas été blessé, il ne gardait de son intervention que quelques bleus bien vite résorbés sur ses bras et ses côtes. Rien ne clochait, donc, à part son incapacité à gérer ses émotions face à la violence des autres. Inspirant profondément pour chercher du courage, Akum se lança.

-J'ai fait un cauchemar, confia-t-il simplement, gardant une voix basse pour ne pas déranger Maggie. J'ai rêvé de l'émeute, en fait. Sauf que j'étais totalement paralysé, que je ne pouvais aider personne et je voyais tous ceux que j'aimais se faire tabasser devant moi par des... des trucs pas humains. Il tourna légèrement la tête vers le mur, comme pour fuir un quelconque jugement qu'il s'imaginait apparaître sur le visage de Ren, mais il poursuivit malgré tout, le débit s'accélérant comme s'il voulait se dépêcher d'en finir. Ensuite, tous ces gens se retournaient contre moi et m'accusaient de ne pas avoir levé le petit doigt pour eux et c'est moi qu'ils tabassaient.

Il ne parla pas de la partie où son père lui parlait. La plupart des gens savaient qu'il n'avait plus aucun contact avec ses parents biologiques, mais peu en connaissaient les raisons. Akum esquivait généralement les questions en répondant à côté, en lançant une plaisanterie à la place ou bien en ignorant tout simplement. Il n'avait généralement pas envie qu'on le prenne en pitié, ni qu'on le fasse revenir sur une période de sa vie qu'il préférait oublier. Cependant, ce soir son père était revenu le chercher et n'avait pas manqué de lui rappeler pourquoi il devait en ce moment même trimer sur le Lady Grace. Les poings serrés dans les poches, il tourna enfin un regard bien trop grave vers Ren.

-J'aime pas la violence coach. Je veux pas avoir à l'utiliser, peu importe la raison. Sa mâchoire se serra. Il avait la nausée rien que de s'imaginer utiliser ses poings sur quelqu'un. Mais je sais pas, quand j'étais là-bas, je me suis senti tellement impuissant...

Akum détestait l'idée de ne pas être capable d'empêcher ce genre de débordement de survenir, de ne pas être en mesure de les arrêter. La fin du monde lui avait semblée si proche lors de cette émeute que même ses collègues lui avaient conseillé de simplement s'occuper de Mme Hartmann plutôt que de retourner au cœur de l'action pour évacuer d'autres blessés. Même eux avaient pu voir qu'il n'était pas capable de simplement faire son travail dans cette situation. Ses mains se mirent à trembler dans ses poches et il les sortis pour les serrer l'une contre l'autre, baissant une fois de plus le regard vers ses pieds.

-Je suis désolé, répéta-t-il encore une fois, penaud. Je ne sais même pas pourquoi je vous en parle.

Ça n'était pas comme s'il y avait grand chose à faire pour l'aider. Il savait que Ren et Maggie n'avaient rien contre la violence, tant qu'elle restait cloisonnée par des règles et une idée de fair play. Maggie lui avait souvent reproché de ne pas vouloir apprendre à se battre, au moins pour être plus efficace sur le terrain de Taik, mais il avait toujours catégoriquement refusé d'enfiler des gants de boxe pour s'entraîner sur un ring.

-J'aimerais juste être capable de faire quelque chose, pas rester complètement terrorisé devant tout ça, avoua-t-il finalement.
MessageSujet: (#) Re: Talk to me ~ Ren     Mar 3 Avr - 22:48
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Ren n’était que bien trop au fait de la détresse que pouvait causer un travail comme celui d’Akum. Il se rappelait vivement des semaines qui avaient suivi l’incarcération à perpétuité d’un homme qui, grâce à ses recherches, s’était vu trouvé coupable de recel d’Astre. Si le reste de la flotte était soulagé de savoir qu’un tel être purgeait sa peine sur le Lady Grace, il ne pouvait focaliser que sur la peine de la famille du prisonnier. Néanmoins, le journaliste ne pouvait empathiser davantage, faute d’expérience, faute de connaissances, aussi. Une ignorance qui était, somme toute, bénéfique, si on veut – surtout quand on voyait l’effet que ces réalisations pouvaient avoir sur certaines personnes comme Akum, touché en plein cœur. La bassesse humaine n’avait pas d’effet néfaste seulement sur la personne qui s’y adonnait, mais aussi sur tous les autres qui en étaient témoins ou victimes. Les coudes appuyés sur ses genoux, Ren espère croiser les prunelles de son interlocuteur alors qu’il entame, d’une voix douce : « Akum, est-ce que tu considères que t’es plus faible qu’un autre parce que tu supportes pas la violence? » La question était légitime. Malgré la carrure du rouquin, essentielle à son travail excessivement exigeant, d’aucuns auraient pu croire qu’abhorrer la violence pouvait être une faiblesse; un manquement à sa force de caractère. Leur société encourageait une certaine forme d’hostilité et Ren ne faisait pas exception; ironiquement, il ne se sentait pas mal placé pour donner des conseils au jeune homme. Il était loin d’être psychologue, mais de longues années à étudier les gens et écrire sur eux devait sans doute lui conférer une certaine perspicacité dans le domaine. « T’es fidèle à toi-même. Moi, c’est ça que je vois. Je suis pas le seul, non plus, j’en suis sûr. »

Il ose un petit sourire qui se veut réconfortant. « On voudrait tous avoir du contrôle sur ce qui nous entoure pour éviter, justement, de se sentir impuissant. La réalité fait qu’on ne peut que faire de notre mieux dans les circonstances. » Quelles qu’elles soient, d’ailleurs. Le journaliste pose finalement une main sur l’épaule du secouriste, ignorant volontairement les excuses qu’il formulait à son égard. Rien n’avait à être excusé. « Vois ça d’un autre angle. Pense à ce que t’as accompli sans la moindre violence ce soir-là et que d’autres n’ont pas su faire », l’encourage-t-il, osant ressasser les souvenirs pour mieux les dompter. Ren n’était pas sans savoir que c’était grâce à son interlocuteur qu’Elara avait été tirée d’affaire lors de l’émeute – pas qu’Akum s’en était vanté. C’était plutôt de la bouche de la blonde qu’il l’avait su, par hasard, au détour d’une conversation. Il n’en demeurait pas moins que Ren avait ressenti une certaine fierté de savoir que l’un de ses joueurs s’était montré si héroïque. « J’ai pas de solution magique », avoue finalement Ren à son tour, se rappuyant sur ses jambes. « Dans l’esprit de la plupart des gens, la violence est divisée en plusieurs types. Sportive, pas forcément négative – et mal intentionnée, à l’opposé. T’es pas obligé de te conformer à ça, non plus. Pense à tout ce que tu peux accomplir à ta propre façon. Ton travail est l’inverse de violent, mais il arrive qu’il se déroule dans un environnement qui l’est. L’émeute est un bon exemple. T’as quand même réussi à accomplir quelque chose que la plupart des Stellariens arriveraient pas à faire. » Il parlait un peu sans connaissance de cause; un peu trop, aussi, peut-être. Or, il espérait sincèrement qu’il serait en mesure de remonter un peu le moral à son joueur. Plus qu’un simple atout dans l’équipe de taik, Akum avait tout pour être apprécié, et Ren ne se gardait pas de l’exprimer, à sa façon. Par des encouragements en plein milieu de la nuit, notamment.


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MessageSujet: (#) Re: Talk to me ~ Ren     Ven 6 Avr - 14:13
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La voix de Ren, d’une douceur pleine de prévenance malgré l’heure et la fatigue, poussa Akum a lever les yeux vers son coach. La question, pertinente, le plongea dans une réflexion à la hauteur de l’importance qu’il accordait à l’avis de son aîné, se demandant malgré tout si « faible » était le mot juste pour décrire ce qu’il ressentait devant son incapacité à gérer la violence. Il connaissait ses forces. Il savait que ses qualités résidaient surtout dans sa capacité à passer au dessus des émotions négatives qui cherchaient à avoir une emprise sur lui, que sans savoir les effacer, il était capable de les renvoyer suffisamment loin en arrière plan pour ne plus avoir à s’en soucier. Pourtant, c’était bien cette force-là qui lui faisait tant défaut ce soir, qui l’avait abandonné aux abords de l'émeute. Sans elle, il ne valait pas mieux que l’enfant terrifié qu’il avait été dans ses plus jeunes années.

Akum n’interrompit pas son interlocuteur, préférant l’écouter jusqu’au bout de sa pensée tout en construisant sa propre réflexion. Fidèle à lui-même, il ne l’avait pas été ce jour-là. Il aurait pu, il aurait être plus efficace, même si le sauvetage de Mme. Hartmann avait effectivement eu de l'importance. Il aurait dû être en mesure de retourner sur place pour aider à en évacuer d'autres, mais même ses collègues avaient compris que le faire revenir n'aurait eu comme conséquence que de leur rajouter une personne en crise à rapatrier.

Le mot accomplissement fut prononcé, ne réussissant pas à éveiller la fierté du jeune homme malgré une main compatissante posée sur son épaule. On avait beaucoup salué les secouristes ce jour-là, à raison. Akum avait été fier de ses collègues, certains ayant même récolté des coups dans l’exercice de leur fonction au moment de récupérer la première tournée de victimes et s’il ne dénigrait pas totalement sa propre efficacité, il s’en voulait de ne pas avoir pu faire plus. Ren lui répéta une fois de plus qu’il n’avait pas à rougir de ce qu’il avait fait à l'émeute, sans violence là où d’autres n’auraient pas hésité à s’en servir, mais une fois de plus, Akum sentait que le problème véritable était ailleurs.

-Faire son travail de secouriste en frappant des gens serait un peu ironique, pas vrai ? La question, rhétorique, alluma une lueur d’amusement dans les yeux qui s’éteignit bien vite. J’aurais dû pouvoir y retourner pour en évacuer d'autres, mais j’ai pas pu. Mais même, en dehors de ça, si quelqu’un était venu s’interposer pour faire du mal à la victime que j’évacuais, j’aurais été incapable de l'en empêcher.

C’était une simple constatation qu’il faisait, ne se voilant pas la face quant à ses capacités à protéger quelqu'un. Évidemment, se battre pour récupérer un blessé n’était pas dans les qualifications requises pour devenir secouriste, et il était heureusement rare que batailler contre un être violent soit nécessaire, mais les événements récents prouvaient bien que ce genre de capacité martiales pouvaient être utiles. Les élections échauffaient les esprits et les cœurs et Akum craignait que de telles démonstrations de force ne se répètent en cas de déception quant aux résultats. Akum soupira et s’empara du verre qui lui avait été servi pour se désaltérer. Comme l’avait dit Ren, il n’y avait pas vraiment de solution miracle. Soit il devait accepter de ne pas avoir de prise sur ce genre de situation, soit il devait prendre les choses en main et essayer de surpasser son dégoût pour être sûr que rien ne l’arrêterait, au prochain problème.

-Je ne sais pas me battre parce que je n'en ai jamais eu besoin. J’ai mérité ceux que j’ai reçu, donc il était inutile de s'en défendre et il ne m'est jamais venu à l’idée de frapper quelqu'un pour résoudre un problème. Son véritable père adoptif avait essayé de le pousser à prendre des cours de self défense, mais il avait suffit d’une séance à trembler de tout son corps frêle d’adolescent pour qu’il comprenne qu’il ne valait mieux pas insister. Akum retrouva les yeux de Ren et poursuivit : qu'est-ce que tu ferais sa quelqu'un s’en prenait à Maggie ? Il sourit. Qu'est-ce qu'elle ferait si elle voyait quelqu'un s’en prendre à toi ?

Il n’était pas sans savoir que Renaud s’y connaissait en combat, étant un ancien boxeur. Quant à Maggie, elle avait pour travail d’entraîner les miliciens au combat. Il était sur qu’aucun d’entre eux ne resterait avec les bras croisés en attendant que la milice intervienne. Akum serait tout juste capable de prendre les coups à la place de quelqu'un jusqu’à ce que les autorités compétentes se chargent du problème, et autant il n’avait pas particulièrement honte d’être incapable de faire plus, il regrettait son inutilité relative.
MessageSujet: (#) Re: Talk to me ~ Ren     Ven 20 Avr - 22:25
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Ironique n’était peut-être pas le mot qu’il aurait utilisé pour définir l’hypothétique situation que lui présentait Akum. À vrai dire, si posé et réfléchi soit-il, Ren considérait une certaine forme de violence et une force appropriée comme un mal nécessaire, les moyens justifiés par une fin qui était bénéfique pour le plus grand nombre des intervenants impliqués dans l’affaire. C’était peut-être ses années de boxe, pendant lesquelles il n’avait jamais eu de problème à taper sur quelqu’un contre de quoi gagner sa vie. Il omettait peut-être volontairement le fait que la personne qui réceptionnait ses poings était consentante – et dans la même situation que lui, après tout. Il n’en demeurait pas moins qu’il comprenait les regrets d’Akum; pour un secouriste, il était facile de mesurer la portée et la valeur de son travail en nombre de personnes tirées hors d’une situation dangereuse. Ren ne lui ferait pas l’affront de lui souligner que la qualité primait sur la quantité – ce n’était guère l’objet de la discussion, et surtout, ce n’était pas ce qu’Akum avait besoin d’entendre. « Tu es déçu par toi-même. C’est normal, on est tous nos pires critiques », souligne le journaliste en hochant la tête. « Ça peut être une source de motivation, jusqu’à un certain point, mais ça ne doit pas devenir un poids qui nous tire vers le bas. » Quoiqu’il en soit, le but n’était pas que le secouriste ressorte de la cabine en ayant complètement changé son point de vue, mais bien qu’il assimile les paroles du journaliste à son rythme. « Ou est-ce que c’est le regard des autres qui te pèse le plus? » suggère-t-il, à moitié convaincu. Ça ne lui paraissait pas être le genre d’Akum, qui, s’il aimait visiblement être apprécié – comme tout le monde –, demeurait malgré tout fidèle à lui-même. Le plus important était sa propre opinion de lui-même, sans doute.  S’il n’était pas prêt à prendre une décision quant à la suite des choses – assumer son dégoût ou passer par-dessus –, alors personne n’était en position de l’y contraindre; certainement pas Ren, qui préférait prendre le rôle de mentor, et non de général d’armée.

« Je veux pas faire genre j’approuve tout type de violence, mais prends l’armée, par exemple. Y’a un processus derrière – diplomatie, punitions diverses et variées, puis la violence lorsque la menace devient trop pressante, quand des gens sont en danger imminent. On ne pourrait pas demander à l’armée d’être entièrement pacifique, mais on peut fortement préférer qu’elle n’en vienne pas aux armes. » Il n’était pas certain que son analogie soit la meilleure. Pourtant, ça lui semblait être une façon adéquate de faire le portrait de la situation. Certes, Akum n’était pas dans l’armée, et peut-être que ça pouvait paraître idiot, comme comparaison, mais il était persuadé que ça fonctionnait, au moins un peu.

Il n’a que plus ou moins envie de répondre à la question d’Akum. Forcément, Ren en viendrait aux coups à une vitesse sûrement ahurissante pour l’autrement agréable personnage qu’il était si Maggie se retrouvait victime de quelqu’un – et il soupçonnait qu’avec sa personnalité volcanique, Maggie craquerait encore plus rapidement que lui. Ce n’était pas une révélation. Le secouriste était parfaitement au courant de la réponse avant même d’avoir posé la question. Ce qui fait tiquer le journaliste, c’est plutôt ce que le rouquin semble laisser échapper involontairement, juste avant, et qu’il ne relève qu’en réponse aux interrogations rhétoriques de son interlocuteur. « Qu’est-ce que tu veux dire, que tu les as mérités? » Le ton est sans jugement et se veut le moins intrusif possible. S’il ne souhaitait pas répondre, alors Ren respecterait son choix. Il n’en demeurait pas moins que ça l’inquiétait, en quelque sorte, que l’on puisse penser mériter quelque châtiment corporel quand on n’a pas la moindre mauvaise fibre dans son corps. Le coach accuse un bref silence, auquel il met un terme en secouant doucement sa bouteille d’eau avant d’en prendre une gorgée – simple tic dont il ne s’était jamais débarrassé.


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MessageSujet: (#) Re: Talk to me ~ Ren     Jeu 26 Avr - 23:21
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Le jeune adulte secoua doucement la tête de gauche à droite lorsque Ren lui demanda si le regard des autres importait tant que ça pour lui. Ça n'avait rien à voir avec ça. Il avait évoqué ses collègues secouristes uniquement pour parler de la confiance avec laquelle ils devaient tous évoluer dans leur travail. Si l'un des secouristes ne semblait plus digne de confiance, soit parce qu'il ne pouvait faire son travail correctement, soit parce qu'il se sentait troublé, jamais les autres ne le laisseraient s'occuper des patients avant que le problème qui l'agitait ne soit réglé. Le problème en l'occurrence, semblait légèrement difficile à résoudre. Évincer Akum de toutes les missions comportant des risques de violence était ridicule. Les bagarres arrivaient un  peu partout dans la flotte, nécessitant parfois l'aide des secouristes. La machine politique qui ne manquerait pas de se lancer avec l'élection d'un nouvel amiral ne risquait pas d'améliorer les choses tant les dissensions entre les candidats étaient fortes. Non, il lui fallait trouver un moyen de se passer de ses états d'âme.

Les yeux d'Akum faisaient désormais l'aller retour entre ses mains jointes et le verre d'eau posé en face de lui. Les mots du coach avaient du sens, un sens que beaucoup aurait compris et accepté car ils entraient dans la philosophie, la morale de beaucoup de gens. La morale de Ren, Akum l'appréciait, tout comme il appréciait l'homme qui la portait. Il parlait d'avertissement, de diplomatie, comparant sa situation avec celle des militaires qui eux avaient pour objectif de protéger les autres, lorsque lui-même était là pour recoller les morceaux déjà brisés. Il y avait tout un monde entre son univers et le leur et pourtant ils se croisaient au même endroit, avaient le même point de départ : protéger les autres, garantir leur santé et leur sécurité.

L'une de ses mains vint couvrir sa bouche, ses doigts crissant sur la barbe courte qu'il aimait porter. La barbe avait un but tout à fait esthétique, il ne la portait que pour deux raisons. La première était qu'elle lui allait bien, la deuxième était qu'elle dissimulait ses traits enfantins, lui donnait l'air d'être plus vieux et plus sage. Pourtant, il ne se sentait ni vieux, ni sage en cet instant. Simplement dépassé par les idées qui s'embrouillaient dans sa tête. Il se frotta l'arrête du nez dans un geste exprimant sa confusion, puis releva les yeux lorsqu'une question directe lui fut posée. Ce fut alors ses mains qu'il frotta l'une contre l'autre. Il hésitait. Il n'avait jusque là parlé à personne en détail des raisons pour lesquelles il avait fini en famille d'accueil. Certains ne savaient d'ailleurs même pas qu'il était passé ainsi de mains en mains. Akum avait déjà parlé de son père adoptif à Ren cependant, au détour d'une question sur sa vocation de secouriste.

-Je veux dire exactement ce que je veux dire, murmura-t-il. Il prit une grande inspiration, puis expira en détournant le regard. Il n'avait pas envie de s’apitoyer sur son sort, ni d'être pris en pitié par Ren. Il leva pourtant une nouvelle fois les yeux vers lui. Je suis déjà assez familier des questions de punitions diverses et variées, sauf que dans mon cas, disons qu'il n'y a aucune différence entre la punition et la violence dont tu as parlé. Ses mains se serrèrent l'une contre l'autre et il se recula sur son siège en les secouant pour les dégourdir. J'étais un enfant battu, déclara-t-il simplement, décidant de ne pas s’appesantir sur les détails. Au début je ne comprenais pas pourquoi. Je ne faisais rien de mal, ou du moins c'est ce que je pensais. « Papa a eu une journée difficile, c'est pour ça qu'il est en colère. » « Non ce n'est pas de ta faute si Papa t'as frappé, mais tu sais qu'il ne faut pas rester dans ses jambes ». Toujours une excuse, jamais une bonne. Il soupira. Vers six ans j'ai commencé à trouver ça injuste et j'ai tout fait pour ne plus avoir l'impression d'être frappé pour rien. Il lâcha un petit rire. C'est à ce moment-là que je suis devenu un sale gosse je pense, j'ai enchaîné les conneries, j'ai tout fait pour avoir l'impression de mériter tous les coups que je recevais et bien sûr, j'en ai reçu beaucoup plus à partir de là.

Il frissonna légèrement et laissa son regard vagabonder sur ses bras dont la pilosité se hérissait. Il affichait toujours un air bravache lorsque son père découvrait ses provocations, mais il ne le gardait pas longtemps dès que celui-ci posait les mains sur lui. Avec le temps, c'était devenu de pire en pire. Il fit craquer ses articulations une à une.

-Un jour, j'ai dépassé la ligne. J'avais onze ans, ou douze, je ne sais plus très bien. Quoi qu'il en soit... ça a très mal fini. Je ne l'ai jamais vu aussi violent que ce jour-là. En fait, je ne l'ai même pas bien vu. Tout n'était plus que poings, coups et douleur. Je pouvais rien faire pour me défendre. J'ai fini par perdre conscience. Je me suis réveillé seulement une fois sur le Regina, puis on m'a dit que mon père allait passer en jugement et finir ses jours sur le Lady Grace. Mérité, encore une fois.

Sa voix n'était que douceur sur ce dernier point. Il estimait avoir fait son possible pour mériter chaque coup qu'il avait reçu, voilà ce qu'il voulait dire, par mérité. En retour, son père avait largement eu l'occasion de mériter chaque minute qu'il passait encore sur le Lady Grace.

-J'ai mes raisons de ne pas aimer la violence, de ne pas vouloir en user sur d'autres, de rester paralysé devant ceux qui lèvent les poings. J'aimerais juste que ça n'arrive pas pendant que je travaille.
MessageSujet: (#) Re: Talk to me ~ Ren     Lun 11 Juin - 22:30
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Il avait su qu’il s’était mis les pieds dans les plats lorsque l’affirmation d’Akum était tombée, comme le couperet sur la nuque d’un condamné à mort. Même que l’expression était trop faible pour exprimer le degré d’horreur qui le prend en otage, qui remue ses entrailles jusqu’à lui causer une sensation de dégoût physique, des nausées qui s’accentuent à mesure qu’il réalise une à une les conséquences de ce traumatisme pour Akum. Pourtant, dans son visage normalement expressif, on ne voit rien; la vacuité du choc de l’annonce, prononcée sur un ton trop banal pour que Ren soit confortable. Le secouriste continue et ça ne fait qu’accentuer le sentiment d’impuissance qu’il ressent, qui le déconcerte, le désarçonne. Le journaliste finit par appuyer ses coudes sur ses genoux pour continuer d’écouter le monologue de son vis-à-vis, qui avait visiblement besoin d’extérioriser, à un certain degré, les raisons qui le faisaient abhorrer la violence à ce point. À mesure que le rouquin parle, les mains du coach migrent vers son visage – lorsqu’il met enfin un terme à son explication, Ren a la barbe enfouie dans les paumes de ses mains, n’arrivant plus à très bien dissimuler ses émotions conflictuelles relativement à ce qu’il vient d’apprendre.

Après un bref silence, il se redresse, s’appuyant dans le fond de son fauteuil. Malgré qu’il dépasse le mètre quatre-vingt-dix, il paraît plus petit, comme ça, comme s’il s’enfonçait dans les coussins pour se soutirer à l’obligation de gérer la situation. Loin de lui, toutefois, l’intention de se défiler, comme d’autres avaient pu le faire envers Akum. Il n’était pas son père, ni même un substitut, mais il éprouvait une sorte d’instinct qui l’astreignait à agir d’une façon qui s’en rapprochait. Il voulait l’encourager dans la vie autant dans l’arène de taik. « Je suis… tellement désolé d’entendre ça. » Désolé ne suffisait pas à exprimer le fond de sa pensée. Horrifié. Dégoûté. Révolté. Scandalisé. Tout cela à la fois. « J’espère qu’avec le temps tu as réalisé que… enfin, c’est pas normal. Rien peut excuser ça, pas l’alcool, pas un mauvais tempérament... » Akum ne semblait pas se laisser abattre du fait que son père était en prison, sans doute du fait qu’il comprenait que son comportement était impardonnable. Ne pas avoir une telle présence dans sa vie, même s’il s’agissait de son géniteur, ne pouvait être qu’une bonne chose. Il ne s’excuse pas d’avoir posé la question, d’avoir demandé des clarifications; si Akum n’avait pas voulu s’ouvrir, alors il ne l’aurait pas fait, et il l’aurait respecté. Il était honoré d’avoir été choisi, en quelque sorte, pour partager le poids qui pesait sur les épaules du secouriste. « Tes raisons sont légitimes et n’importe qui devrait respecter ta position, même en ignorant ce qui se cache derrière. C’est de la courtoisie de base. » Lui-même revenait un peu sur sa position, en quelque sorte; si son rationnel ne visait pas vraiment à changer l’opinion d’Akum, il concevait désormais qu’il avait pu mal passer, paraître insistant bien malgré lui.

En somme, il était bien mal placé pour faire la morale à Akum alors que pendant la moitié de son existence, il avait gagné sa vie en tabassant les autres contre une poignée de dies – et en avait parfois raflé bien plus en étant celui qui se faisait mettre au plancher.

Un petit bip sonore attire l’attention de Ren et il lève la tête en direction de la porte. Celle-ci glisse sur son rail, laissant apparaître la silhouette endormie de Magdalena. Le reporter jette un bref regard à Akum avant de bondir en direction de sa moitié, les lèvres pincées. « On t’a réveillée? » demande-t-il d’une voix douce, caressant doucement les cheveux en bataille de la demoiselle. « Retourne dormir. Tu dois te lever tôt demain. »


uc
MessageSujet: (#) Re: Talk to me ~ Ren     Jeu 21 Juin - 0:00
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Maggie avait peut-être le sommeil léger, ça ne voulait pas dire pour autant qu’elle bondissait du lit au moindre bruit. Au contraire, elle tentait tant bien que mal d’y faire abstraction pour ne pas finir définitivement réveillée. C’est égoïstement qu’elle avait envoyé Renaud à la porte lorsqu’elle entendit les coups. En y repensant, une fois seule dans le lit, elle l’avait surtout envoyer pour ne pas avoir à s’habiller pour rien s’il s’agissait d’une erreur. Malgré ses yeux clos, elle était restée alerte, tâchant de deviner à l’intention de voix de son compagnon s’il s’agissait d’une urgence. Après quelques secondes d’enquête auditive à moitié endormie, elle reconnue la voix d’Akum. Rassurée, quoique intriguée, elle retourna bien vite dans un demi-sommeil, bercée par la conversation des deux hommes dans la pièce d’à côté.

Elle perd la notion du temps et n’ose pas allumer son terminal, refusant de voir combien de temps il restait avant que le réveil ne sonne. Elle sent juste les draps se refroidir et son sommeil se dissiper par la curiosité de cette discussion qui semblait durer. La brune se résout à ne pas se rendormir et sort ses deux pieds du lit afin de saisir son terminal. Elle défile l’actualité nocturne de starchat, plus par mauvais réflexe que par vrai intérêt. Abandonnant l’appareil sur le matelas, elle enfile les premiers vêtements venus, soit un short de sport et un t-shirt qu’elle confond avec celui de Ren avant de sortir. C’est en baillant qu’elle pose son regard sur le rouquin et le brun, une vision qui la fait doucement sourire malgré le réveil inopinée.

Avant même que Ren n’arrive à elle, Magdalena peut voir à la tête d’Akum que quelque chose ne va pas. Chose pas très compliqué quand la bonne humeur habitait autant un homme. Elle hausse doucement les épaules à la question de Renaud, l’air de dire que ce n’était pas très important. Elle se laisse néanmoins avoir par la caresse de son compagnon, amenant doucement sa tête contre son épaule pour une brève mais tendre embrassade. « Et vous alors, hm ? Vous avez plus vingt ans pour veiller aussi tard. » Plaisant-elle d’une voix encore endormie. Maggie se détache d’un pas sur le côté pour venir à Akum. Elle hésita un instant à poser la question avant de juger qu’ils en avaient peut-être suffisamment discuté. Que Ren avait servi sans le vouloir, mais avec efficacité, à une figure paternelle ou fraternelle. Alors elle décida de rester volontairement dans le secret, apportant seulement une affection inhabituelle, sûrement multipliée par un esprit encore resté au lit. « Sauf peut-être toi. » Elle s’abaisse alors près de son fauteuil, venant embrasser avec insistance le dessus de sa chevelure rousse.

Frottant mollement ses bras tatoués, elle glisse jusqu’à un placard de rangement duquel elle sort une couverture. Elle la lance aussitôt sur les genoux du secouriste, signe qu’elle imposait déjà sa proposition. « Tu devrais finir ta nuit ici, ta petite mine. » Repassant à son niveau, elle posa sa main sur son crâne dans un élan protecteur avant de revenir près de la porte de la chambre. La porte coulissa mais elle se mit de façon à l’empêcher de se refermer, comme dans l’attente que Ren la suive.



You've got blue blood on your hands, I know it's my own.
Of all the people, I hoped it'd be you.
To show me my home, where I belong.
MessageSujet: (#) Re: Talk to me ~ Ren     

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