we all need someone to stay. (NILHAN)
MessageSujet: (#) we all need someone to stay. (NILHAN)     Sam 10 Fév - 3:04

we all need someone to stay.
Nilhan

Le temps à tendance à s’étirer sans qu’on ne le réalise sur la Flotte. Dans l’Espace aussi, notamment à cause de cette foutue absence de rythme - ici il fera jour, là-bas nuit, et dans les corridors ce sera entre chien et loup. C’est pour ça que Nilin n’a pas réalisé que ça faisait aussi longtemps qu’elle était là, avant que Charlie ne le lui rappelle ce matin. Quelque chose ressemblant vaguement à un : Raise and shine, it’s been two thousand five hundred and ninety days since you’ve been among the Stellarians. Inutile de dire qu’en plus de lui ordonner immédiatement de ne plus jamais réitérer ce genre de réveil, elle s’est traîné une humeur de garce tout au long de la journée. Plus de sept ans. Pourquoi n’avait-elle pas foutu le camp ? Pourtant, elle étouffait ici. Elle le disait souvent au psy, quand elle se traîna jusqu’à son bureau simplement pour faire un pied-de-nez à tous ceux qui disaient qu’elle n’y retournerait jamais après les quatre séances obligatoires. Son évaluation psychologique n’avait pas été concluante à l’époque, seulement elle avait fait des progrès depuis. Elle avait évolué, quand bien même elle clamait l’inutilité de ces sessions et qu’elle n’avait pas le sentiment d’avoir changé d’un iota. Éternel esprit de contradiction. Heureusement que ce psy était plutôt doué dans son domaine, sans quoi il aurait abandonné depuis longtemps le cas de la Martienne. Vingt-deux ans à survivre dans l’équivalent des badlands des étoiles, ça laisse des marques. Des cicatrices, aussi, mais elle a moins de mal à les montrer que les fragments de sa conscience bancale. En général, ceux-là, elle les balance à la gueule d’Ethan quand il la pousse dans ses retranchements, ou alors elle les garde contre elle en espérant qu’un jour, elle comprendra comment ils s’en servent tous aussi aisément. Parce que c’est chiant, une conscience. C’est chiant et c’est dangereux. Néanmoins, c’est probablement pire d’en avoir seulement un morceau, parce qu’on ne sait jamais bien comment le manier sans se couper avec. Et Nilin en a assez d’essayer. Sept années ont émoussé sa patience déjà bien limitée. Plus les mois s’étiolent dans le néant des jours artificiels, plus elle enrage. Elle est frustrée. Et c’est un état qu’elle incombe uniquement à son capitaine.

On aurait pu croire que c’est donc poussée uniquement par l’envie d’en découdre avec lui qu’elle se glisse à bord de l’Albatross ce soir-là. Le soir de son deux mille cinq cent quatre-vingt-dixième jour sur la Flotte. Sauf qu’elle a une bouteille de vodka glissée sous sa veste en cuir - tout ça pue le marché noir, alors pour éviter d’attirer trop l’attention, elle rase les murs, marche vite, évite les regards. Heureusement que la “nuit” est bien avancée, sans quoi elle serait sûrement tombée sur quelqu’un d’un peu trop regardant. Ceci dit, avec le récent shutdown lancé par Rosenstein, qui a d’ailleurs bien dégénéré, ils sont encore en train de remettre de l’ordre. Ce qui arrange clairement les affaires de l’ex-pirate. Elle fait sauter les sécurités qui empêche le tout-venant d’entrer dans leur vaisseau, elle le fait d’ailleurs sans regarder parce qu’elle connaît sur le bout des doigts l’Albatross. C’était sa maison. C’est sa maison. Le silence qui l’accueille la rassure sur le fait que le capitaine n’est pas en charmante compagnie. Ou alors, qu’il a eu le temps d’en avoir eu et de la jarter hors d’ici - c’est franchement mieux pour lui, parce qu’elle n’aurait pas hésité à le faire à sa place. Pas qu’elle soit jalouse. Nilin n’est même pas capable de comprendre le concept, pour ainsi dire. C’est juste que c’est aussi chez elle, en un sens, et que dans sa petite tête cabossée, Ethan lui appartient un peu. Juste assez pour éveiller des envies de meurtre quand quelqu’un d’autre qu’elle s’en prend à lui. Juste assez pour que ça la rende faible, et impulsive, et cinglée un peu plus chaque jour qu’elle passe ici. Parce qu’il est là. C’est la seule raison pour laquelle elle n’est pas encore partie.

La porte chuinte en lui laissant le passage. La cabine est plongée dans une obscurité toute relative avec les diodes qui clignotent ici et là. De la main gauche, elle tient la bouteille, de la droite le terminal qui projette une lumière qui l’aide à discerner les contours de la couchette. La Martienne évite un pied hors des couvertures, s’avance, se penche juste assez pour voir les ombres danser sur les traits de Kellari. C’est là qu’elle le voit : le pansement qui lui barre la peau, le violet qui orne encore son nez. Fort heureusement, sur l’instant, ce sont les seules blessures qu’elle aperçoit. Mais c’est suffisant pour lui arracher un soupir alors qu’elle se laisse brusquement tomber sur le coin du matelas, en réveillant sans la moindre douceur son compagnon d’infortune. « Putain, Ethan, t’es à peine sorti que tu t’es trouvé un nouveau prétexte pour y retourner ? » Elle hausse un sourcil, indifférente à sa gueule endormie, à ses exclamations ou au fait qu’il doit être, sûrement, épuisé par sa journée. Elle baisse les yeux vers la bouteille. « Finalement, tu mérites pas tout l’mal que je me suis donné. » Une grimace tord la bouche de Nilin. « C’était qui, hein ? » Elle a cette pensée, sauvage, qu’avec le nom elle tenterait de venger un peu son capitaine. Mais en même temps, elle est lasse. Le voir dans cet état, ça lui fait réaliser qu’elle risque une nouvelle fois d’être privée de lui. Quatre mois sur le Lady Grace. Six mois qu’ils se sont pas vus. Elle déteste cette Flotte. Elle le déteste lui. Parce qu’il n’est pas fichu de comprendre que sans lui, elle ne sait pas comment avancer. Lequel est le plus aveugle des deux, dans le fond ?
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MessageSujet: (#) Re: we all need someone to stay. (NILHAN)     Mer 14 Fév - 18:20
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Le blond sursaute au poids qui s’écrase sur ses jambes. Sa bulle de sommeil éclate et son cœur se serre, pris de panique. Pendant une demi-seconde, il se voyait mort. La demi-seconde suivante, il voit les mains d’Aldor se referme sur son cou dans un étau mortel. N’était-ce pas ce qu’il avait dit ? Quand tu t’y attendra le moins, minable. Il n’avait pas dit minable mais bordel ce qu’il l’était. Il dormait d’un oeil, le moindre bruit suspect sonnait comme sa dernière heure et chaque contact brusque lui rappelait les poings destructeurs de son bourreau. « Putain, Ethan, t’es à peine sorti que tu t’es trouvé un nouveau prétexte pour y retourner ? » Nilin. Bordel Nilin. Il écrase sa main contre son front, essuyant la sueur qui avait trempé ses mèches blondes. « Bordel Nilin. » Il cache sa gueule dans sa main, la gamin d’un type qui avait vu un fantôme. Une gueule qui n’avait pas eu une nuit correcte depuis des semaines et qui, de toute évidence, n’avait pas réussi cette nuit non plus. Sa coupe de cheveux en témoignait à sa place. Il a la voix au fond de sa gorge et les yeux à peine ouvert quand il les pose sur elle. Elle grimace et elle n’a pas besoin d’en dire plus pour comprendre ce qui ne va. C’était étalé en plein milieu de son visage, en même temps. Il soupire, grogne selon les points de vue, alors qu’il redresse son torse et que sa couverture glisse jusqu’à sa taille. Sa peau nue se dévoile sans honte. La tête lourde, il fait craquer sa nuque à droite, puis à gauche, étirant le tatouage qui s’étend jusqu’à la base de son cou dans chacun de ses mouvements. Les rouages de sa prothèse s’agitent quand il roule des épaules dans un imperceptible bruit métallique. Un amas de détail que Nilin connaissait déjà très bien. A l’exception de cet épais bandage qui enroule son biceps.

« Un gars qui avait trop bu et qui a cru bon d’éclater sa chaise sur ma gueule. » Il hausse les épaules, nouveau cliquetis de son bras. Il est incapable de regarder la jeune femme dans les yeux pendant qu’il sort ce mensonge. Il est aussi incapable de lui dire la vérité, de peur d’éveiller le volcan. Il n’avait pas la force de gérer les excès de colère de sa seconde. « Et ça, qu’il anticipe avant qu’elle demande en mettant en avant son autre blessure. c’est un souvenir de la Lady. Un peu plus et j’en aurais eu deux pour le prix d’un. » Il s’agite sa main de fer avant de la laisser tomber dans les draps. Il n’avait décidément pas la force de lui expliquer. Pourquoi. Comment. Ca remontait à trop loin. Et surtout, ça remuait beaucoup trop de douleur qu’il essayait de faire taire. Il finit par sourire, parce qu’il voit cette bouteille et ses yeux brûlant de hargne qu’il n’avait pas vu depuis des mois. « Tu m’as manqué aussi tu sais. » Qu’il lance alors qu’il vient écraser son doigt contre son nez dans un geste taquin. C’était plus fort que lui. C’était son truc. Il savait qu’elle détestait ça autant qu’elle appréciait ce genre de petites attentions, comme la gosse qu’elle était.

Ethan louche sur la bouteille, visiblement encore intact. Même s’il venait de sortir de son sommeil, il dirait pas non à quelques verres bien dosé pour le renvoyer aussi vite dans le coma. Il fronce les sourcils, perplexe, alors que ses lèvres s’étirent. « Tu sais qu’il y a une dizaine de bouteille de ce genre planqué ici. Tu t’es pas tant donné de mal. » Il n’arrive pas à savoir si Nilin exagère volontairement. Ce n’était pas vraiment un secret, surtout pas pour elle, que l’Albatross était une véritable caverne d’Alibaba pour alcoolique. Il plisse les yeux pour lire l’étiquette de la bouteille. De la vodka, plus rare que ce qu’il avait l’habitude de fournir, certes. Il hausse un sourcil. « J’espère que t’as au moins une caisse entière de ce truc-là. » Et il tend le bras suffisamment rapidement pour lui extraire la bouteille des mains. Il anticipe le moindre mouvement de riposte en reculant au fond de sa couchette. Il n’a besoin que d’une poignée de seconde pour juger réellement, tirant une moue plutôt déçue alors que ses yeux bleus reviennent à elle, en attente d’explication.




I'm a broken machine
i can do anything
i've nothing to hide
now i start to dream
MessageSujet: (#) Re: we all need someone to stay. (NILHAN)     Dim 11 Mar - 22:26

we all need someone to stay.
Nilhan

Contre sa poitrine, le véritable cadeau attend sagement. Nilin a dû tirer quelques ficelles, faire quelques deals un peu limites pour l’avoir, mais ça en vaut le coup, elle le sait. Elle connaît son capitaine suffisamment bien pour le savoir. Et paradoxalement, le connaître l’empêche aussi de comprendre que les blessures qu’il a sont plus graves qu’il ne veut bien l’admettre. Il baragouine des excuses, des paroles qui s’embriquent avec maladresse, mais qu’elle gobe déjà à moitié. Parce que c’est plausible. La Martienne sait ce qui se passe sur le Lady Grace, elle sait que ça peut dégénérer en quelques secondes, aussi bien à cause des détenus que des risques qu’ils encourent avec ces travaux dont personne ne veut. Visiblement, c’est le prix à payer pour être trop indiscipliné dans le coin ; il faut qu’ils servent tous la Flotte, d’une manière ou d’une autre. C’est glauque. La bouteille tourne entre ses doigts abîmés par le boulot et la saleté. Machinalement, elle remue une épaule, se balance un peu sur le lit entre les draps défaits. « Ça t’aurait peut-être rendu plus adroit, un deuxième. » Ses lèvres se soulèvent d’un sourire presque débauché, qui ne reste que l’espace d’une seconde avant qu’elle ne remonte ses jambes sur le lit, modifiant sa position. Tout dans sa posture hurle qu’elle n’est pas prête de s’en aller maintenant qu’elle est là. Il y a même ses chaussures qui traînent sur le sol, juste ici. Elle baisse les yeux vers l’alcool, un rien d’inattention qui suffit pour qu’il écrase son doigt sur son nez ; elle sursaute, le chasse immédiatement de sa main libre, comme on tente de faire déguerpir un insecte insistant. « Vire tes pattes de là ! » que Nilin grogne avec un soupir expulsé, accompagné d'une grimace forcée. Elle est devenue douée pour feindre l’agacement. Mais en vrai, quand il fait ça, son cœur rate un battement ou deux. Parce que ça fait des siècles qu’il ne l’a pas fait. C’est un geste ridicule, surtout aux yeux des autres, mais pour eux ça veut dire beaucoup. Qu’ils ne se sont pas oubliés, qu’ils sont toujours une équipe. Qu’ils se souviennent.

« Putain, c’que t’es exigeant. C’est quand la dernière fois que toi tu m’as ramené une bouteille hein ? » Ou la dernière fois que t’es passé, tout court. La rancœur est là, derrière les cadeaux et les demi-sourires creusés dans sa joue. Elle roule les yeux vers le plafond, juste à l’instant où il se jette pratiquement sur elle pour lui voler la bouteille qu’il examine d’un œil circonspect. Nilin tente bien de lutter, sauf qu’elle se fige à moitié quand le drap descend trop bas. Elle détourne les yeux, lui cédant la victoire avec un rien de gêne – elle le cache, quand même, ce malaise, parce qu’elle sait qu’il va en rire pendant des jours. C’est qu’il n’est pas pudique, lui. Et même si elle a déjà vu aux premières loges ses fesses, elle n’en reste pas moins persuadée qu’il vaut mieux en rester là. Puis, quelque part, sans doute qu’elle ne veut pas terminer comme les autres. Une conquête de plus. Non. Nilin, elle veut être son égale, elle veut être sa partenaire et son équipière. Elle veut qu’il sache que quoi qu’il puisse se passer, il pourra toujours compter sur elle. C’est con, mais c’est comme ça, c’est ancré dans son ADN. Littéralement encré sous sa peau, si on se fie au tatouage sur sa poitrine. « Puis tu pourrais faire au moins semblant de pas vouloir me mettre ton engin sous le nez », que la Martienne grommelle en se penchant subitement pour récupérer la bouteille, les yeux rivés dans les siens – tout, plutôt que de lui donner la satisfaction d’être distraite. Elle remue sur les draps défaits, se débarrasse de sa veste d’un haussement d’épaules et, fouillant dans la poche intérieure, la lui jette finalement sur le torse. « Est-ce que ça convient mieux à mon capitaine ? » Quand il la regarde, cette fois, Nilin a dans une main la vodka, et dans l’autre trois sticks de caramel longs comme la main. Elle la voit, cette lueur qui danse dans ses prunelles surprises. Et avant qu’il n’ait le temps de s’avancer pour lui prendre son butin, elle se penche légèrement en arrière. « Mon psy m’a dit que dans une relation, y’en avait toujours un qui faisait plus d’efforts que l’autre. J’crois que c’est moi. » Elle remue le caramel, mord dans l’un des bâtons. « J’sais pas si tu mérites tout le mal que je me donne. »
(c) DΛNDELION
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