receiving is harder than giving (isara)
MessageSujet: (#) receiving is harder than giving (isara)     Mer 7 Fév - 21:33
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Aujourd'hui, c'était jour d'assemblée. Une fois par mois, les trente capitaines des vaisseaux de la flotte se réunissaient pour se mettre d'accord quant à la marche à suivre du prochain mois. Les décisions importantes y étaient prises, les principaux conflits, désamorcés. Certaines assemblées duraient une poignée d'heures tandis que d'autre, comme celle-ci, une journée entière. Et ce n'était pas étonnant, loin de là, car le mois de janvier avait été bousculé par de nombreux évènements et prises de positions bancales de la part des candidats à l'amirauté. Alors Elara et les autres représentants délégués avaient eu tout le loisir de mettre en lumière les tensions provoquées par les élections au sein de chaque vaisseau. Cela avait duré plusieurs heures, la blonde avait même pu illustrer les conséquences de ce genre de conflit lorsque l'émeute du Tiantang avait été évoquée : il lui avait suffit de lever son poignet coincé dans une attelle. Cependant, Elara ne s'était pas montrée aussi mordante que d'ordinaire. Elle était restée en retrait, silencieuse pendant une bonne partie de la journée et n'avait même pas chuchoté à l'oreille de celui qu'elle aimait appeler son oncle quelques réactions piquantes à certains propos tenus par d'autres capitaines : ce qu'elle appréciait faire d'ordinaire, en décrochant à Isaac des contours de sourires. Non, aujourd'hui Elara s'était contentée d'écouter, de prendre des notes. On aurait pu la croire simplement studieuse mais ce serait mal la connaître (Studieuse, elle l'était toujours. Muette, c'était une autre histoire) alors. Quelque chose la tracassait, agitait ses nuits sans sommeil et la hantait le jour. Et lorsque l'assemblée s'était terminée, elle avait enfoui son terminal dans son sac et avait accompagné sans un mot son oncle vers la sortie lançant ça et là des sourires polis à ceux qui les saluaient déjà. C'était que même perdue dans ses pensées, Elara n'oubliait pas de porter le masque de politicienne qui lui avait été donné lors de sa promotion comme représentante. Elle avait du apprendre à faire la différence entre Elara Hartmann et Représentante Hartmann. Deux entités qui se devaient de cohabiter, la dernière qui prenait le dessus en société. Toujours. Elle avait voué sa vie aux autres, Elara, et c'était un fardeau autant qu'une qualité qui se faisait rare.


Au moment de monter dans une navette, elle entend la voix d'Isaac sans en saisir les mots car elle ne l'écoute pas, perdue dans ses pensées. Néanmoins, Elara sait qu'il s'est adressé à elle alors elle tourne la tête pour croiser son regard. Hm ? qu'elle laisse glisser sans trop faire attention. Mais elle se rattrape vite en accompagnant Isaac vers la navette qui se dirigera dans quelques minutes vers le Regina Mercy. Pardon, j'étais ailleurs. un sourire s'esquisse sur ses lèvres, comme si ça n'était rien alors que c'était loin d'être habituel pour la blonde d'ordinaire sur tous les fronts. Je fais le chemin retour avec toi cette fois, j'dois aller faire examiner mon poignet. Elle s'explique instinctivement, son sourire encore machinalement vissé sur son visage, car elle se doutait que le capitaine devait se demander ce que la représentante faisait encore dans ses pattes alors qu'ils avaient dépassé la navette pour le Colossus. Et sans plus attendre, elle s'engouffre à l'intérieur et prend place, s'attendant à ce qu'Isaac la rejoigne et s'assoit en face d'elle.


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MessageSujet: (#) Re: receiving is harder than giving (isara)     Sam 10 Fév - 23:51
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La tension des élections est palpable sur la grande assemblée. Chacun a son mot à dire, chacun à son idée à énoncer et les voix se l'évent, s'élèvent dans l'espoir de se faire entendre, de prendre les devants. Boring, est le seul mot qui se trace dans ton esprit, qui enveloppe tes interdits polis, ta retenue soigneusement serré, pressé à même tes lippes. Les débats sont devenus stériles, les chouineries une litanie permanente, puissante ; on blâme les candidats à l'amirauté pour la crise qui a secoué, brutalisée la flotte. Et ta voix lâche un salé : « Toute acte a des conséquences, capitaines et délégués. Ne vous étonnez pas qu'une frange de la population défend ses droits face au venin du plus jeune candidat. Et qu'est-ce que vous en savez, vous, Woodrow ? Il y a du mépris dans les yeux de l'autre, du sel dans sa voix, comme si cela pouvait t'atteindre, t'effleurer. Vous avez été le premier à appeler à la grève, menaçant la stabilité de la flotte ! Vous êtes un irresponsable. Tes yeux fauves se posent sur l'homme, soudainement, prêts à le tuer, le jeter dans les étoiles. Il n'y a d'irresponsable que ceux qui ne savent pas ce qu'ils disent et qui blâment les autres pour les maux qu'ils ont eux-même infligés. Vous voulez soutenir Monsieur Zafy ? Grand bien vous en fasse, mais ne vous étonnez pas que toute une caste, un corps de métier se soulève. Cette crise ne peut être qu'un commencement. Et Elara montre grand son bras en écharpe, pauvre enfant victime des émeutes, proie facile des mécontents, des violents. A nous de prendre les mesures nécessaires pour qu'un autre drame de ce genre ne se déroule pas. » Un silence sur l'assemblée, puis des murmures approbateurs, alors que tu te rassois, fatigué d'avance par tout ça. Mais la blonde reste muette, laissant juste des notes accaparer son attention.

Et si tu n'es pas contre la concentration, l'écoute active. Si tu ne détestes pas les silences et sa puissance, tu restes un brin surpris par l'attitude de la déléguée. A son habitude, les mots acides auraient cramés ses lèvres, glissés à ton oreille et la mordante, la brûlante jeune femme t'aurait tiré un sourire amusé, une expression attendrie par sa vivacité d'âme et d'esprit. Elara a toujours été de ses faiseuses de destin, de celles à choisir leur lendemain. Enfant déjà, elle fut force vive, intrépide. Enfant, déjà, elle refusait de laisser vaincre, abattre. Adulte, son ex-mari ne l'avait pas brisé, terrorisé ; Elara s'était relevée.

Lentement, tu l'observes, essayant de déterminer, de deviner ce qui agite ses méninges, ce qui la tracasse, l'agace. Mais rien ne te vient, ne te revient. Et c'est doucement que tu te relèves à la fin de l'assemblée, qu'elle t’emboîte le pas. Quelques hochements de tête distribués ici et là, quelques mains serrés et tu te diriges vers ta navette, prête à regagner le Regina Mercy : « J'espère vite te revoir, Elara. », un sourire monte jusqu'aux yeux, sincère.   « Hm ? »   , glisse la jeune déléguée, tournant son minois vers toi, affichant des grands yeux surpris. T’apprêtant à te hisser dans la navette, tu l'observes à tes côtés, te fixer, un peu paumée, pourtant soucieuse de se rattraper : «  Pardon, j'étais ailleurs. » . Et tu scrutes son sourire, à la recherche d'un signe de la fugue de ses pensées, la laissant continuer. Parce que tu es homme poli, tu es homme à ne pas (trop) brusquer, à savoir patienter. «   Je fais le chemin retour avec toi cette fois, j'dois aller faire examiner mon poignet ».   Les yeux viennent rencontrer l’attelle, un soupire s'étire. Et presque automatiquement, mécaniquement, tu l'aides à monter, à s'installer, lui faisant face. Jambes croisés, regard posé sur elle, tu lui lâches : « Tu aurais dû me lancer un appel d'urgence, ce n'est pas vraiment une accusation dans la voix, pas tellement une attention qui te grippe le cœur. Lors de cette émeute. » L'argent versé n'allait pas calmer la crise, la colère, les foudres d'une population qui a soif de vengeance. La porte de la navette se clôt, vous laissant seule dans l'habitacle de fer.

Le terminal est sorti et tu pianotes doucement dessus : «  Quel est le médecin qui s'occupe de toi ? Je vais lui dire de venir directement te chercher. ». Les yeux se posent dans les siens, les pressent doucement de sollicitude, d'inquiétude. C'est con mais depuis Adam, tu as l'impression que tout ton monde va s'écrouler, s'effondrer, glisser. « Qu'avais-tu sur le coeur ? C'est simple, c'est dit comme une simple fuite, comme l'évidence de la mort d'Adam. C'est dit comme si ce n'était rien, entre le givre et le froid de ta voix. Tu n'étais pas dans ton état normal. » Jamais Elara n'avait été faible, morne, aussi mélancolique. Jamais Elara n'avait été si calme, agitant un océan de tristesse sous ses pas, réveillant d'étranges langueurs, au fond de toi-même. « Dois-je appeler la milice pour leur dire qu'on a kidnappé Elara Hartmann ? » La gamine devenue femme qui t'appelait oncle n'était pas vraiment là, n'était plus ici, comme si quelque chose la faisait trembler, vaciller. Comme si la peur l'avait enlevée.
MessageSujet: (#) Re: receiving is harder than giving (isara)     Dim 25 Fév - 18:54
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Il l'observe mais elle ne dit rien, se contente de plonger son regard vers le hublot duquel elle peut déjà voir l'univers s'étendre encore et encore. Ça l'apaise et pendant une poignée de minutes seulement elle a le luxe de pouvoir y perdre son esprit. Son vide l'englobe et le blonde divague entre les étoiles, comme toujours. Il était rare qu'elle ne glisse pas ses yeux vers l'espace lorsqu'elle en avait l'occasion, d'ailleurs. Portée par sa passion dévorante pour les astres, poussée par cette habitude qui la suit depuis l'enfance d'y trouver réconfort et assurance. Mais la voix d'Isaac l'y tire et la ramène au sein de la navette. Tu aurais dû me lancer un appel d'urgence, lors de cette émeute. Ça lui fait lever les yeux vers lui, un fin sourire sur les lippes qui s'étirent parce que ça la touche. Son impassibilité, elle ne fait que cacher les contours d'un inquiétude qui lui fait chaud au coeur. L'appeler n'aurait rien changé, il serait arrivé trop tard, avait déjà annoncé sa participation à la grève de toute façon. Et une fois sur place, intervenir aurait été trop dangereux. Et même s'il avait simplement joint par terminal de vieilles connaissances, cela aurait mis bien trop de temps. Si seulement -tout simplement- les partisans de Zafy n'avaient pas été si hargneux, ceux de Leona aussi d'ailleurs. Et l'émeute, ses répercussions, tout ça ne les avaient pas calmés : hier encore elle avait été témoin de l'arrestation de Zafystes qui en étaient venus au main avec des partisans de Leona. Tout s'est passé trop vite. se contente-t-elle de répondre, accompagnant le tout d'un sourire terne avant de replonger son regard dans le hublot. Peu bavarde alors qu'elle aurait d'ordinaire fait la conversation presque simplement par elle-même, se contentant d'hochement de tête de la part d'Isaac le temps du trajet. Mais le coeur n'y est pas aujourd'hui et la seule chose dont elle a envie, c'est de s'enfermer dans ses quartiers loin du tumulte de la flotte, encore bousculée par l'émeute qui l'empêche de dormir sereinement depuis plusieurs nuits.

Et s'il avait réussi à la tirer de ses divagations il y a peu, cette fois Isaac la ramène brutalement à elle avec une question qui ne passe pas par quatre chemins. Qu'avais-tu sur le coeur ? Tu n'étais pas dans ton état normal. Elle plonge soudainement son regard dans le sien, toujours glacial, comme une enfant qu'on prend sur le fait. C'est qu'elle avait cru pouvoir échapper à la vigilance de celui qu'elle considérait comme son oncle. De celui qui l'avait vu grandir et faire les quatre cent coups avec sa fille, et qui la connaissait aussi bien que sa brune. Alors sans surprise, il avait remarqué qu'Elara était ailleurs mais il l'a prise de court et elle se retrouve sans voix, incapable de trouver quoi dire. Dois-je appeler la milice pour leur dire qu'on a kidnappé Elara Hartmann ? D'un visage hésitant elle passe soudainement à un sourire brillant, sincère, accompagné d'un rire surpris. Elle n'a pas vraiment l'habitude de le voir faire de l'humour et sa plaisanterie la ramène des années en arrière lorsqu'elle n'était qu'une enfant alors elle secoue légèrement la tête en souriant. Mais son rictus laisse finalement place à une expression plus las, mélancolique. Je suis fatiguée, c'est tout. qu'elle soupire longuement avant de fuir le regard froid d'Isaac. Son menton posé dans le creux de sa main, accoudée à son fauteuil, elle préfère trouver du réconfort dans les astres qui avaient bercés ses nuits et habités ses journées. Je dors mal depuis quelques temps et avec mon poignet ça n'arrange rien... Je crois que c'est Sevan qui s'occupe de moi ce soir ? Elle n'est pas certaine du nom : Sevan, Sivan, Silvan. Mais elle est certaine qu'une fois sur le Regina, elle sera prise en charge sans soucis. Certainement qu'on l'accueillera même chaleureusement qu'elle se souvienne ou non de son médecin. J'avais déjà Luke sur les épaules, avec l'émeute et les tensions sur le Colossus en plus, je crois que j'arrive à mon maximum. et c'est dit avec un sourire, l'air de rien pour cacher la misère, tandis qu'elle détourne le regard des étoiles pour le poser dans celui d'Isaac à nouveau. Toujours cette moitié de sourire aux lèvres bien que ses yeux ne brillent plus.



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MessageSujet: (#) Re: receiving is harder than giving (isara)     Mar 27 Fév - 21:10
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Elara était à l'image des étoiles : brillante, étincelante, lumineuse, même un siècle après sa mort. La pensée, que bien après elle, elle inspirera des centaines de femmes, t'effleure souvent l'esprit. De femme (a)battue, la blonde s'est relevée, redressée, prête à faire mentir la vie brisée qu'on lui destinait, qu'on lui soufflait. Et rien ne saurait éteindre son courage, sa rage de vaincre. Et rien ne saurait souffler le feu sacré qui s'empare de ses prunelles.

Pourtant, elle est un peu terne, sa lumière. Elle est un peu encrassée, comme si quelque chose lui pesait, l'asphyxiait. Le bleu de ses yeux vient ricocher dans les tiens, noirs et glacés, sans doute, un peu piqués par la curiosité. Parfois, tu peines à exprimer ta tendresse, ta délicatesse, la parant de mille et une maladresse. Parfois, tu fais de l'amour un jeu où tu n'es jamais victime, mais toujours bourreau. Parfois, tu ruses pour ne pas avouer, pour mieux te cacher. Il paraît que c'est le lot des hommes qui ne savent pas aimer ou qui ne savent que mal aimer.   « Tout s'est passé trop vite ».  , les yeux roulent, un peu agacé, la plaçant cette fois-là en enfant prise sur le fait, en enfant qui n'arrive pas à convaincre ses parents que le méfait n'était pas de son fait. Pourtant, c'est la vérité, n'est-ce pas ? Qu'aurais-tu pu faire contre les enragés qui croyaient intelligent de s'en prendre à la blonde ? Qu'aurais-tu dû faire ? Au fond, participer à cette gréve était une nécessité, un ferme moyen de rappeler que personne ne pouvait se permettre de se priver du luxe de la sécurité. Il n'y avait ni remords, ni tords et encore une fois, ta position était claire, précise, incisive. La jeune femme détourne le regard, reportant son attention vers les astres, laissant encore une fois le silence s'installer, vous noyer.

Qui l’eut cru que le constant babillage, bavardage de la Hartmann te manquerait ?
Qui l'eut cru que son comportement amer, à des millénaires d'elle-même attirait ton inquiétude, ta sollicitude ? Les yeux restent rivés, accrochés à sa chevelure, elle n'allait sûrement pas s'en tirer comme ça. Et la question est un peu abrupt, un peu brute : «  Qu'avais-tu sur le coeur ? Tu n'étais pas dans ton état normal. »   Et elle semble un peu surprise, un peu prise au dépourvu. Tu n'es pas de ceux à comprendre tes sentiments, à connaître tout à fait ce qui cogne sur les rives de ton coeur, ce qui l'abreuve cette machine imparfaite, étouffée sous les couches de politesse.  Mais tu sais déceler les peurs, les douleurs. Tu sais comprendre un peu les autres, et, personne n'est aveugle, n'est sourd : Elara, toute entière, hurle au mal être, aux malaises. Et tu es bien des choses, bien des défauts à même l'âme, les drames, mais tu n'es pas abruti, ni abasourdi. Il y a juste peut-être son air d'enfant effrayé, d'animal blessé qui te pousse un peu à reculer, hésiter. Comme à ton habitude, pour rectifier une maladresse, l'éponger de ta délicatesse, tu l'enrobes d'humour et de séduction. Il paraît que c'est une manière de faire avaler le poison. Au final, c'est son rire qui envahit l'espace, fait trépasser l'angoisse crasse. C'est un peu d'elle que tu retrouves : « Ah la voilà mon Elara. », glisses-tu, sobrement, doucement, comme si là ne dormait pas les cendres de toute ton affection, ton attention.

A la manière dont elle le faisait petite fille, elle agite sa tête, un sourire au bout des lèvres, faisant bouger légèrement les boucles blondes. Pourtant, c'est sa lassitude qui finit par frapper, tout avaler :  « Je suis fatiguée, c'est tout. »   , réplique-t-elle, comme si c'était une réponse suffisante, satisfaisante. Ses yeux fuient l'étau de ton regard, sa main capture son menton et les astres viennent capturer son attention.   « Je dors mal depuis quelques temps et avec mon poignet ça n'arrange rien... Je crois que c'est Sevan qui s'occupe de moi ce soir ? » Aussitôt, les doigts bougent sur ton terminal, envoyant l'ordre implacable, brutal à qui que ce soit ce Sevan. Il est hors de question qu'Elara Hartmann attend des soins sur ton vaisseau. Et c'est sans te soucier de qui tu emmerdes que la demande est balancée, exigée ; Elara est devenue, soudainement, la priorité de quelqu'un sur le Regina Mercy. « Tu prends des somnifères ? Laisses-tu glisser, s’immiscer, étant toi-même, peu disposé au sommeil, lorsque Boris n'est pas là, il fallait bien ordonner à ton corps le repos qu'il soit forcé ou pas. Parfois, ça aide. » Surtout après Astoria, après le goût de brûlé sur ta langue, après l'odeur des corps inconnus et connus. Les images sont encore clairs, nets, en rêve. A la mort d'Adam, elles sont revenues, explosant sur la rétine, assassines. «   J'avais déjà Luke sur les épaules, avec l'émeute et les tensions sur le Colossus en plus, je crois que j'arrive à mon maximum. »  Et c'est dit comme presque rien, c'est soufflé à bout de voix érayé, effacée. Il te faut une minute pour saisir, entendre l'information tout détruire. Ses yeux reviennent chercher les tiens, et la colère a transformé les yeux fauves en gouffres sans fonds, en mines de questions : « Je croyais que Luke – Par  tous les astres, même ce prénom dans ta bouche ne sème que du dégoût, que de la haine, était le dernier de tes soucis. » Adam s'en est occupé. Au même titre que tu t'es, silencieusement, prudemment, occupé de Minnie. Dans l'ombre, ce pourri ne devait jamais ressortir ou mourir sur le Lady Grace. La promesse était signée et scellée. Le calme est serein, olympien, et pourtant, trop trompeur, tellement voleur. « A moins que … La mort d'Adam a tout remis en cause, a renversé les jeux et soudainement, Luke leur a semblé moins dangereux. Un rire jaune caresse l'espace de la navette, signifiant ta colère amère, les rages tournant à l'orage. Notre vieil ami commun ne soit plus là pour s'assurer qu'il reste là où il se doit d'être. » Très loin d'Elara.

Au fond, l'évidence est là, latente et violente. Sans Adam, tout est remis en cause. Sans Adam, même les maris violents pouvaient s'en tirer, s'échapper. Doucement, tu te déplaces dans l'étroite cabine, venant te glisser à côté d'Elara, laissant doucement tes doigts glisser dans les siens. La pression est douce, rassurante : « Quand doit-il sortir ? ». La voix est posée, protectrice. Puisqu'une chose n'a pas changé ; Tu vas la protéger. Comme tu protèges tous les êtres aimés, adorés. « Raconte-moi tout. » Puisque la haine a beau te dévorer, te piller le coeur ; Ela' était la priorité, ton unique priorité. « Je sais que je ne suis pas Adam. C'est toujours un constat pénible, indélébile ; il n'est plus là. Et son absence te rend malade, instable. Comme si tu avais abandonné aux astres un deuxième père. Comme si tu ne l'avais pas assez pleuré. Mais je suis et je resterai là pour toi, Elara. Toujours. »
MessageSujet: (#) Re: receiving is harder than giving (isara)     Sam 3 Mar - 19:14
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Elle avait de la chance, Ela. Beaucoup trop de chance. De privilèges aussi quelque part, d'avoir vécu dans une famille aimante, d'avoir toujours plus ou moins connu la stabilité de son foyer. Un simple coup d'oeil autour d'elle suffisait pour qu'elle se rende compte d'à quel point son histoire dénotait. Si beaucoup avaient grandi sur la flotte, une grande majorité de la population avait connu plus de drames qu'il n'en faut dans toute une vie. Il y avait ceux qui avaient fuis trop tard pour profiter du calme avant la tempête des débuts hâtifs. Ses parents avaient réagis rapidement, prenant leur Elara dans les bras dès que Wilkinson était venu frapper aux portes de la Lune. Il y avait ceux qui avaient grandi dans l'espace, arrachés à leurs familles, devenus esclaves parfois pire. Il y avait ceux qui même sur la flotte n'étaient pas parvenus à trouver la paix, le calme. Elle, elle avait des parents bien placés. Elle avait eu droit à une éducation sans accro et un soutien constant de ses parents. Elle avait connu l'amitié profonde, l'amour aveugle. Elle avait eu une vie banale, heureuse. Alors elle n'avait pas le droit de baisser les bras facilement, elle devait prouver sa force et sa valeur même après avoir connu l'enfer d'un mariage abusif : celui-là même dont on ne pense jamais s'en sortir, celui qui a le goût de la prison, du piège sans échappatoire, de la fatalité. Et elle avait de la chance, alors, parce que son combat elle ne l'avait jamais vraiment vécu seule. Il y avait toujours eu autour d'elle une flopée d'épaules sur lesquelles se reposer. Ses parents, son frère, Rhil, Minnie, Syjad, Lyra, Leandro, Marcus parfois, Marcus surtout. Adam Wilkinson aussi. Qui lui avait répété encore et encore qu'elle méritait mieux, plus, la Lune et toutes les étoiles avec. Et que si c'était en son pouvoir, il prendrait sa place et la douleur qui va avec. Mais le grand homme n'était plus là. Elle le retrouvait parfois dans des silhouettes familières, dans des parfums particuliers, dans des mots prononcés trop vite. Elle le retrouvait surtout en Isaac. La même force tranquille, le même esprit, les mêmes attentions et la même passion.

Elara n'était jamais seule, donc. Toujours bien entourée, toujours choyée et soutenue. Pourtant, il lui arrivait de craquer et de laisser passer entre les fissures un aperçu des dégâts causés par les épreuves qu'elle avait surmonté. Ne tenait qu'à elle, ensuite, de les laisser la contrôler ou au contraire, d'y verser un peu de bonheur pour combler le vide que les tempêtes avaient créés. Tu prends des somnifères ? Parfois, ça aide. Et elle secoue la tête négativement peu encline à laisser des médicaments prendre possession d'elle. Sans être paranoïaque, elle préférait vaincre ses démons elle-même plutôt que mettre sa victoire sur le dos de la science. L'ombre d'un sourire vient étirer ses lèvres, mais il disparaît progressivement lorsqu'elle voit le visage d'Isaac laisser transparaître la découverte qu'il fait et l'horreur qui en découle. Et puis il y a son rire qui caresse les parois de la cabine. Elle se rappelle alors du rire de Marcus qui lui aussi n'avait pas réussi à le réfréner : pris de court par une histoire qui tournait à la comédie, comme si le destin se jouait d'eux et qu'il n'y avait plus que le rire pour parer à la colère et la rage. Notre vieil ami commun ne soit plus là pour s'assurer qu'il reste là où il se doit d'être. Elle se pince les lèvres à la mention de Wilkinson, et parce que la conversation se dirige vers Luke. Toujours lui. Encore lui. Pourquoi lui. Isaac semble remarquer la détresse qui l'habite soudainement et se déplace pour s'assoir près d'elle, glisser sa main dans la sienne comme le faisait Adam quand Elara baissait ses barrières en sa compagnie. Et elle sait alors combien cela signifie pour Isaac d'être si proche d'elle, lui qui se veut toujours distant et glacial. Ce geste simple prend une importance accrue, tandis qu'elle se permet de poser sa tête sur son épaule comme elle l'aurait fait avec son propre père ou l'ancien amiral. Quand doit-il sortir ? Raconte-moi tout. Les mots lui manquent et elle hésite, las, fatiguée, fragile dans cette navette à l'abris de tous. Je sais que je ne suis pas Adam. Mais je suis et je resterai là pour toi, Elara. Toujours. Et qu'est-ce que ça lui serre le coeur alors. Qu'est-ce que ça lui réchauffe le palpitant de se savoir épaulée avec force par Isaac. Il n'est pas Adam, non. Personne ne le sera, personne ne peut l'être : le vieil homme est irremplaçable dans le coeur de la blonde, comme un père perdu. Un au revoir qu'elle n'aura même pas eu le temps de faire, un simple sourire en guise de dernier mot et tous les regrets qui accompagnent l'absence d'adieu. Mais Isaac n'a jamais voulu prendre sa place, n'a jamais vécu dans son ombre aux yeux d'Elara. Isaac est spécial, il est autre. Il est cet oncle lointain, cette figure familière qui l'a grondée dans son enfance autant qu'il l'a soutenue. Elle inspire, soupire longuement avant d'avoir le courage de vider son sac ou du moins, d'alléger ses épaules. Il est sorti le 03 février. qu'elle commence, monotone, en serrant un peu sa main pour y puiser du courage. Il a été affecté à l'Argus One avec trois mois de surveillance pour qu'il fasse ses preuves, après ça, il sera totalement libre de ses mouvements. Quelque part, elle a envie de lui dire qu'elle n'est pas en danger. Qu'elle ne le sera jamais vraiment parce qu'il y a déjà Marcus qui veille sur elle, qui prend soin d'elle, qui la soutient et la tire vers le haut. Mais elle ne dit rien, le légionnaire est une part d'elle qu'elle préfère cacher. Trop précieux pour être partagé. Mais tout va bien, cela fait déjà presque une semaine et il ne s'est rien passé. C'est juste que... c'est fatigant d'être sur ses gardes constamment. Puis elle se redresse pour planter son regard dans celui qu'elle aime appeler son oncle, elle qui n'en a jamais connu d'autre. Je dois simplement m'y habituer, j'imagine ? S'habituer à vivre dans la peur, ça n'était pas vraiment une vie. Elle en avait conscience, ne voyait pas d'autre solution.



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MessageSujet: (#) Re: receiving is harder than giving (isara)     Dim 1 Avr - 19:12
ISARA |  Receiving is harder than giving
it's ok not to be ok.

Les douleurs de ses enfants sont les pires, celles qui font le plus souffrir. Peut-être que c'est un peu stupide, inutile, même futiles de considérer la jeune femme comme une de tes enfants. A tord ou à raison, tu as laissé, abandonné tes fils, et, peut-être qu'au final, tu as remplacé les pupilles curieuses de Rigel par celles rieuses d'Elara, peut-être que tu as un peu adouci l'amertume, l'écume de ton coeur par le courage de Rosalija, si semblable à celui de Sirius. Peut-être que se créer d'autres enfants, d'autres amours un peu paternels peuvent apaiser un peu le vide laissé, creusé avec les années. Tu sais que Lyra ne comprend pas, ne voit pas les précipices fendillant ton être, ne saisit pas les ravins asséchés. T'as pas vu tes gosses grandir, vieillir, et, pour toi, c'est, sans doute le pire. Alors, il y a comme un écho sourd de perdre un peu d'Elara (aussi) lorsque tu te déplaces, lorsque ta main vient serrer la sienne. Il y a comme un besoin de la tenir, de la retenir. Et sa tête s'appuie sur ton épaule, son souffle semble se poser, se reposer. Comme si la guerre d'horreur, de douleur était un peu passée, l'avait un peu abandonné. Comme si là, au milieu de la tourmente, elle pouvait y croire, le vouloir.

«  Il est sorti le 03 février. » , commence-t-elle, laissant ta main se serrer un peu plus sur la sienne, laissant l'agacement, l'énervement se mêler à ta frustration, à ton impuissance. Parce que, comme tu n'as pas été foutu d'arracher tes gosses à leur mère, tu n'es pas foutu d'empêcher les larmes, les drames d'Elara. Et tu perçois bien le discours usé, abîmé dans le filet de sa voix, tu comprends la lassitude, l'inquiétude. «  Il a été affecté à l'Argus One avec trois mois de surveillance pour qu'il fasse ses preuves, après ça, il sera totalement libre de ses mouvements. » Tu tiques dans une grimace, un claquement de langue, acceptant, pour une fois, peut-être même pour cette unique fois, de laisser dans l'ombre le capitaine glacé, le soldat dénué de sentiments, prêt à crever par devoir, parce qu'il n'y a que lui qu'il y croit. Ta désapprobation, ton dépit s'accrochent à tes traits froissés, à ton regard acéré. Comme si, pour elle, tu étais prêt à tuer. « Mais tout va bien, cela fait déjà presque une semaine et il ne s'est rien passé. C'est juste que... c'est fatigant d'être sur ses gardes constamment. »  , et c'est peut-être là le pire. Elara a tant vécu, vaincu qu'il te semble si difficile, si risible qu'elle doive encore être sur ses gardes. Elle a tant lutté, tant encaissé, que tu trouves, le sort cruel, qu'elle soit celle sur ses gardes, qu'elle soit celle qui doit avoir peur. Entre ta grande main, Elara te semble si petite, si fragile. Elara semble avoir le monde à porter sur ses épaules. Elle se redresse un peu, accroche tes yeux des siens : «  Je dois simplement m'y habituer, j'imagine ? »  , sa voix, dans l'espace étroit de la navette, est si fluette, si courageuse alors que des monstres plus grands qu'elle pourraient la dévorer. Et c'est presque sans réfléchir, sans te l'interdire, que les mots t'échappent, dérapent : « Non. Un silence, et, pourtant, l'évidence frappe, éclate : Non, Elara, tu n'as pas à t'habituer à la présence de cet homme qui t'en a fait baver. Un souffle, et de tes doigts, tu accroches son menton pour que ses yeux restent bien dans les tiens. Tu as trop souffert pour que je le permette. »

Et il y a bien des choses que tu tolères, que tu acceptes, que tu veux bien encaisser, même avec le sourire, même avec un rire, tout ça pour servir la Fédération, tout ça pour garantir la mémoire d'Adam. Tout mais pas ça. Non, tu ne sacrifieras pas Elara. Pas cette fois, pas cette putain de fois. Tu relâches son joli visage, dégageant une mèche de ses cheveux blonds pour la passer derrière son oreille : « Je ne t'ai jamais parlé de mes fils, je crois. Et peut-être que ça semble étrange, sans rapport avec Luke. Tu as toujours fait une volonté, un leitmotiv d'enterrer tes secrets, de ne pas parler de toi ou trop peu pour qu'on devine ce à quoi tu as laissé, abandonné. Tu y vois, pourtant, dans ta timidité sentimentale, dans ta difficulté à parler de toi-même, une façon de lui faire comprendre, apprendre ; La fuite n'est pas toujours la solution, la réponse à toutes les questions. Lyra n'est pas fille unique, lâches-tu, doucement, tendrement. Elle ne parle pas de sa mère, ni de ses frères car elle était trop jeune quand nous sommes partis. Dans les yeux fauves s'agitent, crépitent les vieilles souffrances, bordées de tant d'évidences. Sa mère et moi, nous avons faits ce qui s'appelle un mariage de convenance. On pensait – une risette, tellement maintenant, la blague te semble bonne, que si l'amour n'était pas là, l'amitié viendrait à bout de tout. Ça n'a pas fonctionné, nous étions mal assortis et très vite, l'amitié a viré à la haine, malgré Lyra, Sirius et Rigel. Vous aviez espéré au fond, que cela suffirait, que cela t'apaiserait, que tu finirais par l'aimer un peu. Et c'est de drames en larmes que la vie vous a poussé, tué. C'est de tromperies en dénis, que vous avez finis par réaliser, décider. Nous avons entamés les procédures de divorce un peu après la catastrophe d'Astoria, d'un commun accord. Seulement la seule chose sur laquelle vous avez été d'accord. Seulement le seul regret que tu n'as jamais eu dans cette relation bancal, fatal. Mais, voilà, la Fédération est tombée, j'ai découvert que Violaine, et, même son prénom a des relans de haine au fond de ta bouche, faisait parti du Triumvirat et qu'elle ne me suivrait pas. Un silence. Je n'ai pas toujours été quelqu'un de bien, Elara, un sourire un peu ébréché, un peu attristé. Je l'ai beaucoup trompé par ennui, parce que j'en avais la possibilité et que ça me permettait de fuir un mariage sans avenir, sans amour. Au fond, peut-être que c'est toi qui a le plus détruit ce mariage. Peut-être que c'est toi le sombre enfoiré. Je ne me sentais pas légitime d'exiger que mes enfants partent avec moi. Je ne me sentais pas non plus légitime de les arracher à leur mère. Et il est vrai, tu aurais, sans doute, dû. Lyra a décidé de partir avec moi, je ne l'ai pas forcé. Et une vie ne suffira jamais à lui dire combien je l'en remercie. Une vie n'est même pas suffisante pour décrire le poids de ton amour, pour saisir la complexité des liens qui t'ont enracinés à elle. Plus qu'une fille, plus qu'une enfant, elle est une moitié de toi. Mais, tu vois, ça n'enlève pas qu'ils me manquent terriblement. Ça n'enlève pas que j'ai cru, qu'avec l'habitude, ça irait. Tu la fixes, lent, pesant. Spoiler alert ; ça ne suffit pas, ça ne va pas. » Un silence s'étire entre vous, et du bout du pouce, tu caresses le dos de sa main. « Ne fais pas les même erreurs que moi, Elara. La peur de mal faire, de trop en faire t'a arraché tes fils, t'a volé presque 30 ans. Et tu as cru que c'était bien, que c'était nécessaire, qu'il fallait t'y habituer pour ne pas trop en souffrir, pour ne pas trop en périr. Ne t'habitues pas, tu mérites mieux que de vivre dans la peur et dans la douleur pour le restant de tes jours. Tu mérites mieux que de devoir vivre dans l'ombre de souvenirs atroces. Elara, je sais combien tu as grandi, combien tu es devenue forte, mais, tu n'as pas à tout affronter seule. » Une inspiration, une expiration : « Tu ne seras plus jamais seule. »

Pas comme toi, tu l'as été en voyant Mars s'éloigner, en réalisant que, plus jamais, tu ne les verrais. Que ce jour-là, tu abandonnais tes fils, que tu t'abandonnais. « Et si il ose t'approcher, je te jure que je lui ferai regretter chaque jour de sa vie d'avoir posé les yeux sur toi. » Et ce même si tu dois user de ton influence pour lui rappeler sa place, avec force et fracas. Avec toute la haine qui dort sous ta peau, qui sème sa traînée de violence.

« Capitaine Woodrow, la voix grésille du terminal, et tu lâches, d'un air égal à toi-même, refusant de sentir le poids de tes révélations, de tes hésitations te faire flancher, dériver. Oui ? Nous arrivons dans quelques minutes. C'est noté, merci à vous. » La communication est doucement coupée, interrompue. Et peut-être que pour une fois, tu apparais un peu humain, tu sembles prêt à braver des galaxies, à détruire des univers pour elle. Et peut-être qu'Elara, dans sa force, est un peu ton égal, qu'elle a cette confiance si évidente, si étonnante qui te ferait franchir des océans d'astéroïdes, des champs de ruines pour elle, rien que pour elle. Et c'est tellement claire, tellement précis que c'est logé ici, droit dans ton âme, dans tes doigts contre les siens : Tu seras toujours là pour elle.
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