Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)
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MessageSujet: (#) Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Ven 2 Fév - 18:53
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Elle aime à rire, elle aime à boire.
Ana & Tiaan

Des élections de merde liées à des candidats qui lui donnaient de plus en plus envie de piquer un vaisseau pour se casser elle ne sait où, une soirée qu’elle ne pouvait partager avec personne et enfin un message du vice capitaine du Colossus sur son terminal pour lui demander où en étaient ses recherches afin de coincer Ethan, ont achevé de convaincre la milicienne que boire pour oublier était sa meilleure option du moment. En vérité elle était déjà dans un bar du Tiantang, son quatrième verre à la main, observant les gens autour d’elle sans se chercher une meilleure activité que celle de sa contemplation actuelle, lorsque les mauvaises nouvelles avaient commencé à pleuvoir. Elle avait grogné, pesté, semblant parfaitement mécontente aux yeux de la femme qui lui servait ses boissons depuis tout à l’heure. Anastasia se refuse d’en révéler trop toutefois, se contentant d’hausser les épaules en expliquant que c’était pas la meilleure soirée de sa vie, prétextant qu’on lui avait posé un lapin quelconque afin de ne pas encaisser des questions supplémentaires, avant de réclamer un nouveau verre. Ces derniers avaient été ainsi enchaînés, au point que les contretemps de sa vie furent momentanément oubliés. C’était un très bon plan, d’après elle, que de chercher à ne plus être suffisamment lucide pour songer à ce genre de choses. Elle était lasse Ana, que d’avoir à gérer ses pensées, lasse de voir les autres jouer avec ses ambitions et ses rêves juste pour obtenir quelque chose. Putain de marionnette de merde. La franchise était quelque chose qui se perdait au profit de manipulations toutes plus dégueulasses les unes que les autres. La faute à la politique qui régnait sur la Flotte, peut être, encore qu’elle en doutait sincèrement. Pour l’heure, elle n’a plus à y penser cependant, se focalisant sur le contenu de son verre et parfois sur la femme qui lui parlait de temps à autre, les deux échangeant ainsi posément.

La barmaid commençait toutefois à jeter des coups d’œil de plus en plus réguliers dans une direction précise si bien que, malgré son taux d’alcoolémie, Anastasia ne peut qu’être attirée, curieuse. Jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, guettant ce qui semblait tant intriguer son interlocutrice, elle perçoit alors la présence de Tiaan. Impossible de savoir depuis quand il était là, difficile également de savoir ce que la femme pouvait bien avoir à le guetter de temps à autre. Oh. Encore que. Après tout le lieutenant était bel homme, d’une certaine façon. Charismatique, aussi. Sûrement que sa manie de faire la gueule pouvait en attirer certaines également. De son côté, elle s’était rendue compte récemment qu’elle préférait quand il souriait, ou quand il retenait un rire. Les instants étaient rares mais ceux-ci lui reviennent en mémoire maintenant qu’elle se posait la question de savoir ce qui pouvait être séduisant chez lui. Finalement, l’intérêt de la barmaid n’était peut être pas si illogique que ça même si une part d’elle-même lui soufflait qu’il valait mieux ne pas tenter une approche quelconque avec Tiaan. On finissait l’ego broyé et potentiellement les dents éclatées. Cette simple pensée suffit à lui arracher un léger rire alors qu’elle se focalisait de nouveau sur son verre. Finissant ce dernier d’une traite, elle se sent de trop et surtout la présence du douanier la dissuadait de demeurer dans les parages. Le ridicule ne tuait peut être pas, mais ça servait très bien d’arme et elle ne tenait pas à en offrir de nouvelles à l’homme. Sûrement qu’elle ne voulait pas non plus voir comment se finirait cette histoire avec la barmaid intéressée, envisageant l’espace de quelques secondes que Tiaan soit suffisamment avenant avec cette dernière juste pour la faire rager elle. Anastasia la mal aimée. Ravalant un grognement, les humeurs de la milicienne étant incroyablement changeantes dès lors qu’elle avait trop bu, elle achève donc de payer ce qu’elle devait en sortant son terminal.

La barmaid accepte son dû, mais se permet toutefois une mise en garde dans un froncement de sourcils. « Vous devriez attendre, ou demander à quelqu’un de venir vous chercher. - Nop. J’veux rentrer et me coucher, et je vais très bien. » Ce n’était qu’à moitié vrai. Certes sa tolérance à l’alcool fait qu’elle n’était pas en train de vomir ses tripes comme n’importe qui, et cela n’arriverait sûrement pas. Mais si quelqu’un se décidait à l’emmerder en cours de route, elle ne pourrait probablement pas y faire grand-chose. Et avec la grève encore fraîche dans les esprits, de même que la bagarre à laquelle elle avait participé et dont elle conservait une marque –une bosse légère au niveau de l’arcade sourcilière- on irait peut être lui chercher des noises plus facilement encore. Elle ne laisse toutefois pas le temps à son interlocutrice de protester d’avantage que déjà elle récupérait sa veste -une veste en cuir qu’elle avait hérité de sa mère et qui constituait sans nul doute son bien le plus précieux en matière de garde-robe- et s’éloignait du comptoir pour quitter l’établissement. Une fois dehors, Anastasia se retrouve bien vite à s’éloigner de quelques pas à peine pour s’adosser contre le mur de métal qui constituait l’extérieur du bar. Fermant les yeux, elle commence à inspirer profondément. Une fois. Puis deux. Elle grogne légèrement pour elle-même en se rappelant qu’elle n’inspirait pas un quelconque air frais pour autant. Habituée à la climatisation qui régnait forcément sur la Flotte, elle regrettait parfois l’absence d’une véritable brise, le genre de souffle qui te permet de te détendre un minimum, de calmer tes nerfs et d’apaiser ta respiration. A défaut de mieux elle profite donc une bouffée d’air climatisé, appréciant malgré tout l’absence de personnes autour d’elle, l’absence de musique également. Ça la rend plus lucide, un peu, malgré l’alcool qui courait dans ses veines.

Si elle se prend ainsi quelques minutes pour elle, la jeune femme finit par se souvenir qu’il lui fallait désormais rentrer chez elle. Oh certes elle pourrait sûrement changer de bar, aller épuiser ses crédits ailleurs mais son état était suffisamment chaotique et elle avait atteint son objectif : ne plus penser à la merde qui s’accumulait sur le devant de sa porte. La décision de rejoindre sa cabine est donc prise, ce qui l’incite à se redresser du mur contre lequel elle s’était adossée, puis à faire un pas, suivi d’un second. Elle s’arrête alors, regardant des deux côtés de la ruelle, soudainement incertaine quant à la direction à prendre. Dans un râle blasé, la milicienne se met donc à fouiller dans les poches de sa veste pour en sortir son terminal. « Charlie ? J’habite où ? - Sur le Colossus, à l’emplacement… - Oui je sais ça. Mais j’veux dire… Je m’y rends comment ? - A pied me semble être une bonne option. Nouveau soupir de la part de la jeune femme. Tu peux pas genre éteindre les lumières partout sauf pour éclairer le chemin que je dois prendre ? - Ce serait contraire au règlement. - Comme toujours Charlie, tu sers à rien. Le terminal est alors éteint, un peu sèchement, comme on mettrait fin à une conversation téléphonique déplaisante. A croire que l’IA était un interlocuteur tout à fait normal et qu’elle s’apprêtait à lui faire la gueule comme on bouderait un ami après une mauvaise blague. Jetant un nouveau coup d’œil aux alentours, elle capte une fois de plus la présence de Tiaan. Tiens donc. La barmaid a pas osé le draguer ? Ravalant un sourire, dont elle n’aurait guère compris le sens de toute façon, elle profite de sa présence pour demander, après une brève hésitation. La passerelle la plus proche ? » Elle tente de faire croire qu’elle cherche simplement à optimiser son temps, qu’elle n’est pas en galère au point de pas savoir de quel côté partir. C’est sûrement inutile, il a peut être déjà entendu sa conversation avec son IA. Mais au moins elle gardait un peu la face. Elle espérait d’ailleurs qu’il se contenterait de lui indiquer une direction d’un simple signe de tête, sans s’encombrer d’explications qui lui donneraient mal à la tête. De toute façon fallait arrêter avec ces conneries de nord et de sud. Une fois pour toutes, le nord, suivant comment on est tourné, ça change tout !

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† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Lun 5 Fév - 0:21
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Elle aime à rire, elle aime à boire
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Si tu n'allais pas toujours dans le bar de ta femme, lorsque tu t'y rendais, c'était rarement lors de ses plus grosses soirées, ce qui vous permettait de discuter posément et parfois de finir la soirée ensemble une fois que son quart était terminé. Il arrivait évidemment qu'un événement vous empêche de pouvoir discuter, ou qu'elle n'ait pas de temps à t'accorder, pendant ou après son travail et généralement tu finissais par lui dire au revoir entre deux clients et tu disparaissais pour la soirée, que ce soit dans un autre bar, ou pour rentrer chez toi. Ce n'étaient pas les seuls moments où vous voyiez mais vos horaires différentes de travail rendait généralement les moments assez épars. Tu te demandais parfois si c'était l'unique raison de vos différents ou si ce n'était qu'une excuse que vous vous étiez monté tous les deux pour justifier des écarts et du manque d'honnêteté.

Tu t'étais rendu ce soir à son bar après avoir échangé quelques messages avec elles les soirs précédents. Tu avais fini ton travail quelques heures plus tôt et tu avais ambitionné d'aller faire un peu de sport ou au moins faire quelque chose de productif, mais après t'être lavé, tu avais fini par t'endormir sur ton lit, te réveillant qu'en milieu de soirée. Tu n'étais accompagné de personne en particulier et tu t'étais mis au comptoir une fois arrivé. Un des barman t'avait salué avant de te servir un verre. Tu connaissais certains des serveurs et des gens derrière le comptoir, force était de constater que tu faisais dorénavant un peu partie des meubles. Ta femme était déjà occupée avec une cliente avec qui elle semblait discuter. Il te fallu quelques secondes pour reconnaître Donovan. Est-ce que cela t'inquiétait ? Un peu, peut-être. Tu n'étais pas certain que la milicienne sache qui était ta femme. Pour toi, elle faisait partie du nombre de personnes qui avaient su par le bouche à oreille et qui auraient bien été incapable de ne serait-ce que mettre un prénom sur elle, voire même un visage. C'était toujours plus facile de raconter des choses sur les gens que l'on ne connaissait pas. Les regards fréquents que te lançait ta femme te fit froncer les sourcils et agiter un peu la tête pour lui demander s'il y avait un problème. Un vague geste de la main et un sourire te firent te retourner après avoir lancé un vague regard vers Anastasia. Celle-ci ne t'avait même pas jeté un regard, mais sa posture ne laissait pas entendre qu'elle ait de toute façon encore été en état pour poser beaucoup de problèmes.

Ton voisin tenta d'entamer la conversation, mais tes réponses brèves et surtout composées d'affirmations et de grognements finirent par le décourager et il s'éloigna pour se poser un peu plus loin et discuter avec quelqu'un d'autre. Tu ne prêtais plus réellement attention aux deux femmes jusqu'au moment où ton épouse te tapotait l'avant bras en souriant. « Tu connaissais la fille ? » Tu tournais la tête pour voir si la milicienne était avec elle, puis ne l’apercevant pas à sa place et sans plus de verre présent, tu indiquais d'un signe de tête la sortie, un sourcil arqué, l'air de demander si elle te questionnait bien sur Anastasia. Face à son opinement et son demi-sourire, tu te passais une main sur le nez en soupirant. « C'est une m-milicienne. » Elle souriait toujours en acquiesçant, te resservant un verre. Tu retenais un bâillement. Bercé par un coup de barre tu n'étais plus si sûr de finir la soirée et tu envisageais au final d'aller te recoucher de bonne heure. Ce n'était pas comme si vous aviez quelque chose d'urgent à faire. « Comment tu vas ? » Tu te passais une main devant les yeux avant de la redescendre au niveau de ta joue et de reposer ton menton sur ta main. « V-va. » Tu fis un léger signe de tête dans sa direction pour lui retourner la question. « Je vais bien. Tu restes ce soir ? Je fini dans … eh bien 4h. » Fit-elle remarquer en observant l'heure sur son terminale. « J-je verrais. » Tu lui souriais et elle te fit un signe de tête, levant un pouce avant de s'éloigner en te disant qu'elle reviendrait d'ici peu, tout en s'occupant de la commande d'une tablée. Tu attrapais ton verre à nouveau plein en tapotant les poches de ton pantalon pour attraper ton paquet de cigarettes. Tu te levais, la tête un peu plus légère mais encore loin d'être torché. Tu t'enfiles une partie du verre que tu repousses vers le comptoir, tu fais un signe de tête à ta femme en indiquant la sortie, ta clope entre les doigts et elle acquiesce en glissant ton verre de son côté.

Tu louvoies parmi les quelques autres clients avant de sortir, allumant la clope dès les portes franchies et tu te glisses sur un des côtés pour ne pas déranger les éventuels futurs / anciens clients. Cela te permet d'être le témoin de l'une des discussions les plus improbables qu'il t'ait été donné d'entendre ; « Charlie ? J'habite où ? ». Tes sourcils arqués, la clope coincée entre tes lèvres, tu ne savais pas s'il fallait rire de cette victimisation d'Anastasia par Charlie ou s'il était temps de faire preuve de civisme et de lui venir en aide. La conversation coupée, la jeune femme s'était retournée vers toi et c'est le moment où tu repris conscience de ta cigarette. « La passerelle la plus proche ? » D'un bref signe de tête, tu indiquais ta droite. Tu extirpais la clope et la tapotais pour faire tomber la cendre à tes pieds et tu relâchais la fumée par tes narines, les sourcils froncés. « B-besoin d'aide D-Donovan ? » Vu comment elle se tenait au mur pour rendre le sol plus palpable et sa discussion avec l'IA, tu ne considérais pas qu'il soit sérieux de la laisser partir seule. Il était peu probable qu'elle se fasse mal – encore que traverser une passerelle en étant ivre mort devrait être interdit – mais il était probable qu'elle finisse par abandonner sur le chemin et s'endormir au premier endroit qui lui semblerait confortable. « Est-ce que ça v-va ? »
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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Lun 5 Fév - 1:50
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Elle inspire, profondément, comme dans l’espoir que l’air climatisé arriverait à faire baisser son taux d’alcoolémie. Ce serait bien pratique faut dire, mais ça marche pas, aussi se contente-t-elle de fixer son interlocuteur, guettant la réponse tant attendue quant à la direction à prendre pour pouvoir rentrer chez elle au plus vite. En espérant que des tentations diverses et variées ne se mettront pas sur son chemin durant le trajet. Quoi qu’il en soit, elle n’aura jamais à ce point apprécié les bégaiements du lieutenant, et par conséquent sa manie d’éviter de parler quand il pouvait s’exprimer autrement. Captant de ce fait le signe de tête qu’il faisait dans une direction bien précise, les prunelles glacées de la milicienne se vrillèrent donc à sa droite, observant la ruelle comme pour évaluer les risques qu’elle prendrait à s’aventurer toute seule par là. Quelques secondes tout au plus avant qu’elle ne se décide, dans un soupir, à se redresser, délaissant le mur contre lequel elle s’était adossée. Elle s’étire brièvement, les bras tendus vers le ciel et les mains croisées avant de réaliser quelques pas. Visiblement elle n’était pas assez ivre pour ne pas réussir à marcher correctement, ou peut-être avait-elle simplement un très bon équilibre de base, ce qui était possible également. Elle n’aura toutefois pas eu le temps de faire plus de deux pas que la voix de Tiaan lui parvenait de nouveau aux oreilles. Donovan. C’est marrant, elle sait pas comment elle doit le prendre. Son nom, c’est toujours impersonnel, c’est ainsi qu’on l’appelle au travail ou lorsqu’on ne la connaît pas vraiment et qu’on désire être poli. Est-ce que c’est encore adapté avec le douanier ? Dans le même temps, une bribe de souvenir lui revient en tête, à la salle de sport, et elle se voit exploser les parois de la cabine de douche à l’aide de son poing en lui hurlant d’aller se faire foutre. Lui et sa manie de l’appeler par son prénom pour mieux la rabaisser. Alors c’était quoi le mieux ? Donovan, était-ce si terrible ? Est-ce qu’au contraire ça prouvait qu’il était sincère dans sa manière de se soucier d’elle ? Elle sait pas trop Ana. Et le mal de crâne qui commence à poindre lui rappelle qu’elle risquait pas de comprendre ou d’analyser correctement quoi que ce soit ce soir.

Alors elle hausse les épaules, comme le ferait toute personne qui sait pas trop quoi répondre à ça. Pourtant elle sait quoi répondre dans le fond et c’est pour ça que les mots suivent assez rapidement son geste. « Ouais ça ira. Tant qu’elle évitait de songer à ce qu’elle avait tant désiré oublier ce soir là. Et elle avait beau avoir prononcé quelques mots à peine, ce fut naturellement qu’elle s’était rapprochée de lui, se plaçant à sa hauteur comme si elle avait été convaincue que sa façon de l’aborder était une invitation à discuter. A moins qu’elle ne se soit sentie un peu conne, à ainsi lui répondre de loin. Ou peut-être que, à l’image de cette tasse de café qu’on effleure pour compenser l’absence de contact humain, elle avait juste tenu à se rapprocher pour pas rester totalement seule avec son ivresse. Quoi qu’il en soit elle est là, relevant les yeux en direction de la cigarette coincé entre les lèvres de l’homme, la fixant un bref instant sans trop savoir pourquoi avant de sourire. D’un signe de la main, elle désigne un seuil à côté d’elle. Parce que si ça, c’est ma capacité à encaisser l’échec. La main remonte alors, le plus haut qu’elle puisse, ne se mettant pas sur la pointe des pieds pour autant. Ça c’est ma capacité à encaisser l’alcool. » Et elle hausse une épaule, avec nonchalance, comme si c’était une petite fierté. Indéniablement, si quelqu’un devait avoir vent de sa consommation, on ne pourrait qu’adhérer à ses propos. Elle ne semble d’ailleurs pas particulièrement perturbée à l’idée d’avoir évoqué d’elle-même ce sujet si sensible chez elle : ses échecs. Echec professionnel bien sûr mais, et il le savait depuis peu, des échecs sentimental qu’elle gérait tout aussi mal. Gosse pas assez frustrée, la voilà désormais incapable de rebondir sereinement, se contentant de demeurer à même le sol comme une misérable larve. Une larve plaintive qui plus est. Mais pas ce soir. Impossible. Une Anastasia ivre était une Anastasia bavarde qui oubliait momentanément ses problèmes.

« Et oui, je suis bien en train de parler de mon ratage complet pour rejoindre la Légion et du fait que ce soir j’ai pas été capable de me trouver la moindre compagnie. Je m’en fiche, j’aurais tout oublié demain. Le sourire s’élargit, incroyablement satisfait. Un des avantages à enchaîner les verres de vodka. Tu devrais en profiter Krishvin, oh encore que…. Peut être pas. Moi j’peux rétorquer. Elle fronce les sourcils, brièvement, semblant prendre conscience du fait que s’il pouvait toujours la lyncher verbalement sans qu’elle n’en garde de véritable séquelle, l’inverse n’était pas vrai pour autant. Elle pourrait toujours répliquer, peut être pas avec autant de précision et de véhémence que si elle avait été sobre mais elle avait suffisamment conscience des faiblesses du lieutenant pour pouvoir les exploiter, même ivre. Sauf que lui, il n’oublierait pas. Alors elle secoue la tête. Ouais, non, mauvaise idée finalement. Mauvaise idée pour lui, comme si elle cherchait une solution pour qu’ils en sortent indemne tous les deux. Elle et Krishvin. Krishvin. Pourquoi son nom alors ? Pour lui rendre la pareille ? Pour le déshumaniser ? Impossible, il lui semblait incroyablement humain en cet instant précis, comme si l'ivresse lui permettait d'oublier tout ce qu'elle pensait de lui à la base, retirant les barrières mentales et les précautions qu'elle prenait lorsqu'il était question de Tiaan. Il en est même tellement humain qu’elle est tentée de l’effleurer, de le toucher, juste pour répondre à cette question latente dans cet esprit, juste pour satisfaire son cerveau désinhibé qui lui demande de vérifier si Tiaan était vraiment humain. Alors elle l’observe, ramenant ses prunelles à hauteur de la cigarette et de ses lèvres, puis descendant à hauteur de ses avants bras couverts à la recherche malgré tout de la localisation de cette brûlure qu’elle avait déjà pu observer. Puis ses yeux, dans lesquels elle replonge. Elle touche pas, ayant encore un instinct de survie suffisamment développé pour lui hurler qu’il n’apprécierait peut être pas, mais elle a envie. Mais tu sais, si jamais t’as une fois de plus rien de mieux à faire, tu peux me raccompagner. Elle hausse les sourcils en un geste provocant, sans se départir de ce sourire qui semble ne jamais quitter son faciès maintenant qu’elle était un peu trop joyeuse. Elle n’attend d’ailleurs pas de réponse pour s’éloigner, prenant la direction qu’il lui avait désignée. Elle fait quelques pas, puis s’arrête, jetant un coup d’œil par-dessus son épaule en sa direction. Et puis qui sait, ça pourrait être drôle. » Qu’elle plaisante, accentuant le dernier mot, avant de reporter son regard devant elle, reprenant sa marche dans le même temps. Bourrée certes, mais pas assez pour avoir l’audace de croire qu’elle était capable de faire plusieurs choses compliquées à la fois.

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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Lun 5 Fév - 23:50
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Elle prend du temps à réagir, Anastasia, et c'est là qu'on remarquait le plus son était d'ébriété. Tu tirais doucement sur ta clope, observant la fumée, mais également la cendre qui s'écrasait à tes pieds lorsque tu tapotais sur le filtre. Elle essaie d'assurer, la milicienne, de donner un peu le change en faisant de longs gestes lents, qui semblaient lui assurer une certaine nonchalance. Un haussement d'épaule accompagnant un « Ouais, ça ira. » tout sauf convainquant, tu ne bougeais pas de ton coin de porte, toujours silencieux à dévisager Anastasia, mais également les rares personnes traînant dans les rues du Tiantang à cette heure. Tu la laissais s'approcher sans la repousser ou reculer toi même, pourtant tu ne répondis ni à son sourire, ni à sa nonchalance apparente. « Parce que si ça, c'est ma capacité à encaisser l'échec. Ça, c'est ma capacité à encaisser l'alcool. » Tu suivais le mouvement des yeux et tu acquiesçais doucement, les sourcils arqués, comme tu l'aurais fait pour un enfant qui aurait tenté de te montrer sa capacité à faire la roue, l'air vaguement impressionné. « B-baisse p-plutôt t-t-ta main d-d'un m..mm..mètre. » Tu soufflais sur ta gauche pour ne pas l'importuner plus avec la fumée. Qu'elle parle ainsi de ses problèmes, avec tant de quiétude, était soit signe qu'elle commençait à passer au delà de celui-ci, ou qu'elle avait vraiment dans le besoin de se faire remarquer. Tu avais suffisamment aperçu de personnes éméchées au cours des années pour savoir que quelle que soient leur façon de supporter l'alcool, les gens finissaient toujours par rechercher un contact, une appréciation, rien qu'une acceptation de leur existence.

L'air horriblement satisfait d'Anastasia après sa tirade n'annonçait rien de bon et tu serrais imperceptiblement les doigts autour de ta clope, une inspiration plus longue élargissant tes narines lorsque la phrase que tu craignais finit par sortir de sa bouche. « Tu devrais en profiter Krishvin, oh encore que … Peut-être pas. Moi j'peux rétorquer. » Elle dû se rendre compte qu'elle avait fait une erreur car déjà elle fronçait les sourcils. Tu ne saisis pas réellement ce qui la fait hésiter, ni même ce qui la fait revenir sur ses paroles, mais le peu de bon sens que la jeune femme peut se targuer d'avoir venait de refaire surface et ton poing qui venait de se fermer finit par se détendre, ta respiration repris une allure plus calme. « Ouais, non, mauvaise idée finalement. » S'ensuivit un long moment un peu gênant où Anastasia se mit à te dévisager sans rien dire. Tu te retenais de demander un peu trop brutalement quel était le problème, plutôt rassuré lorsqu'elle lâchait enfin tes yeux pour descendre au niveau de ta bouche, puis ce qui devait être ton ventre. Tu redressais ton gilet d'un coup d'épaule et tu relevais ton pied pour écraser la cigarette contre la semelle de ta chaussure. Lorsque tu te redressais, tu croisais à nouveau son regard et tu relâchais la dernière trace de fumée, un sourcil arqué d'un air interrogateur, un air de dire oui...?

« Mais tu sais, si jamais t'as une fois de plus rien de mieux à faire, tu peux me raccompagner. » Tu repensais à ta femme au bar, aux personnes qui t'attendaient au comptoir et tu te dis qu'au final, le temps que tu reviennes, ta femme n'aurait de toute façon pas fini son travail. Dans tous les cas, tu n'avais pas grand chose d'autre à perdre que quelques consommations et le besoin de t'hydrater. « Et puis qui sait, ça pourrait être drôle. » Oh, tu n'aimais pas ça du tout. Tu n'avais jamais réellement eu de problèmes avec l'alcool, du moins tu étais moins problématique que tes sœurs et tu finissais généralement par leur tenir les cheveux au fond d'une ruelle ou à les raccompagner comme tu pouvais jusqu'à la boutique, tanguant sous le poids conjugué d'une d'entre elles et de l'alcool que tu avais ingurgité. Lorsque Theevi et toi aviez quitté Keller, c'était avec elle que tu buvais et elle avait l'alcool sacrément joyeux. Elle riait pour pas grand chose et s'amusait à se projeter le plus loin possible dans l'avenir avant de se pelotonner contre toi ou contre la personne qui avait été invité à boire et se retrouvait dans une place souvent inconfortable. Quant à ta femme, si elle vendait beaucoup d'alcool, elle n'en buvait que très raisonnablement et vous n'aviez jamais – ou du moins tu ne te souvenais pas – d'avoir déjà tellement bu que tu ais été malade le lendemain. Tu l'observais faire quelques pas dans la ruelle avant de soupirer et de remonter la manche de ton gilet pour allumer ton terminal en lui emboîtant le pas.

Tu tapotais sur ton terminal un bref message pour ta femme et lorsque tu appuyais sur envoyer, Charlie te confirma par :Envoyé au destinataire. Un autre de tes problèmes avec ton bégaiement était ton inaptitude à transmettre des informations claires et compréhensible à Charlie, aussi te contentais-tu généralement de mots brefs et de réponses courtes lorsque tu conversais avec l'IA. Tu rabaissais ta manche et enfonçais tes mains dans tes poches, accélérant sensiblement le pas pour rattraper la jeune femme qui n'avait toutefois pas déambulé bien loin. Tu te râclais la gorge pour lui signifier que tu te trouvais non loin derrière elle et tu te mis à sa hauteur, les sourcils froncés tout en faisant un signe de tête vers le prochain embranchement, l'invitant à le suivre. A ton bras, le terminal se mis à vibrer et tu eus le temps d'extirper ton bras de ta poche pour pouvoir apercevoir l'illumination qui accompagnait toujours les messages entrants. Message reçu de Ji tu appuyais sur la réception du message pour l'ouvrir et faire taire Charlie. Tu parcourais rapidement la réponse de ta femme, assez succincte et tu mis en veille le terminal sans répondre à celle-ci. « D-Donovan. Il.. m..mme faut... v..votre adresse. »
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Ana & Tiaan

De l’humour. Incroyable. Evidemment il était plus facile pour le lieutenant de se moquer d’elle que d’encaisser de quelconques plaisanteries à son propre sujet. Une forme d’hypocrisie déplacée qu’elle ne relève pas toutefois, se contentant de lever les yeux au ciel, comme exaspérée, lorsqu’il lui conseille de baisser sa main. Elle n’était pas si ivre que cela, estimant que tout allait bien tant que le contenu de son estomac restait sagement à sa place, ce qui serait indéniablement le cas tant qu’elle ne s’amusait pas à faire de la haute voltige. Au contraire, elle estimait qu’elle était suffisamment joyeuse, et avait bu suffisamment d’alcool, pour que le douanier puisse profiter de sa présence. Qu’il se fasse donc plaisir à lui balancer toutes les saloperies qu’il se plaisait tant à lui offrir, encore qu’une petite voix dans sa tête lui soufflait que cela n’était pas véritablement arrivé récemment, peu importait car elle aurait sûrement tout oublié demain. La milicienne n’attend cependant pas une réponse pour revenir sur ses propos dans un froncement de sourcil, estimant soudainement que c’était une mauvaise idée. Après tout, lui ne saurait oublier ce qu’elle serait capable de rétorquer en retour et elle craignait également de ne pas être capable de se souvenir de sa propre soirée exceptée les mauvais moments justement. Alors elle se ravise, nullement gênée ou embarrassée à l’idée de faire ainsi demi-tour dans son raisonnement. Ana n’avait par ailleurs pas remarqué ce que ces quelques mots avaient pu provoquer chez son interlocuteur, trop focalisée sur sa capacité à prononcer des mots cohérents pour se soucier du poing serré ou des changements de rythme dans la respiration de l’homme, des changements qu’elle aurait autrement perçu avec une certaine aisance. L’ivresse n’avait peut être rien de bon finalement. Elle regretterait peut être simplement la vodka avalée comme de l’eau. Pour l’heure elle n’y pense pas, se contentant de toiser son interlocuteur avec une certaine insistance. Ça non plus, ça ne la gêne pas, que de ne pas réussir à être discrète.

Difficile de dire si c’est l’impatience manifeste du douanier ou un éclair de lucidité de sa part qui la pousse à reprendre la parole en lui proposant de la raccompagner, mais elle n’hésite pas à reprendre la route sur cette simple proposition. De ce qu’elle en savait, il n’avait jamais grand-chose à faire de son temps libre et si elle concevait volontiers qu’il n’ait pas envie de s’encombrer de sa présence, elle doutait qu’il ait mieux à faire malgré tout. Elle avait déjà fait quelques pas, progressant à une allure relativement réduite qui lui garantissait toutefois de ne pas chuter comme une parfaite idiote. Inconsciemment, elle s’inquiète un peu à l’idée de se perdre, se demandant où elle devait aller après avoir pris la direction qu’il lui avait indiqué. Une petite voix lui souffle qu’elle était peut être plus dépendante de la sobriété du lieutenant qu’il n’y paraissait mais elle la chasse dans un grognement et un haussement d’épaules. Elle n’avait pas besoin de qui que ce soit. Encore moins de lui. C’est ce qu’elle s’efforce de croire pourtant le raclement de gorge dans son dos, témoignant de la présence de l’homme, lui arrache un léger sourire. Encore une fois, il est difficile d’interpréter ce dernier. Etait-elle simplement ravie, dans le fond, de ne pas être seule ? Etait-elle simplement rassurée de ne pas avoir à tourner en rond éternellement pour rentrer chez elle ? Sûrement un peu des deux. Sûrement aussi qu’elle se demandait bien ce qu’il pourrait se passer cette fois ci, songeant à la crise de l’ascenseur de la dernière fois. Quand elle disait que la soirée pouvait être drôle, elle le pensait sincèrement. Encore que, sûrement aurait-il mieux fallu que le douanier soit aussi ivre qu’elle. Sauf si l’alcool tendait à le rendre violent, dans ce cas elle cédait volontiers sa place, n’ayant pas envie de se faire exploser les dents pour une blague douteuse qu’elle n’aurait pas réussi à retenir.

Le sourire qu’elle avait esquissé ne disparaît pas tout à fait malheureusement, demeurant lorsque Tiaan se glisse à ses côtés bien qu’elle ait l’occasion de détourner les yeux pour observer la direction qu’il lui indiquait. Le plus intriguant fut toutefois le bruit distinct d’un terminal recevant un nouveau message. Ramenant instinctivement ses yeux à hauteur de son compagnon, la jeune femme l’observe alors remonter sa manche dans un réflexe presque fulgurant, une impression sans doute renforcée par sa propre lenteur, afin de faire taire l’IA avant que celle-ci n’ait pu faire la moindre annonce. Ji. Autant dire que ça n’aidait pas le moins du monde comme information, sûrement un début de prénom bien que cela ne lui disait rien du tout. Elle en était encore à se demander si elle devait poser la question afin d’assouvir sa curiosité, cherchant surtout une façon de formuler ça pour ne pas braquer le lieutenant susceptible, que ce dernier la coupait en reprenant la parole. Donovan. Encore. Et surtout… « Votre adresse ? » Le ‘votre’ est accentué et elle fronce les sourcils en pivotant son visage en sa direction, visiblement interloquée. Elle comprend pas d’où vient le vouvoiement, ne comprend pas non plus pourquoi elle y a le droit. Ça lui paraît froid, distant. Ça lui donne l’impression d’être un de ces civils qu’elle aidait parfois lorsqu’elle était en train de travailler, cherchant à rendre service dans le cadre de ses fonctions. Alors c’était ça ? Le grand Tiaan Krishvin faisait juste son putain de devoir de citoyen, motivé par elle ne savait quelle raison sous-jacente ? Ça l’agace en vérité, aussi s’empresse-t-elle de détourner les yeux après s’être souvenue qu’elle avait le malheur d’être trop expressive, fixant le chemin qui s’étendait à ses pieds sans un mot de plus. Ça tambourine dans sa poitrine, de façon dégueulasse. Elle a presque envie de l’insulter, là, tout de suite, juste pour le faire réagir. Juste pour avoir le droit à autre chose que cette indifférence qu’elle avait en horreur. Elle savait qu’on pouvait l’aimer ou au contraire qu’on pouvait la détester. L’idée de laisser de marbre ses interlocuteurs la rendait toutefois sacrément folle, elle et son besoin de marquer les esprits. C’était vital, que d’être importante, d’une façon ou d’une autre. Alors qu’il aille se faire foutre, avec son civisme.

Fermant les yeux le temps d’une inspiration, profonde, elle les plisse férocement avant de les rouvrir dans un léger grognement agacé qui suffit toutefois à faire disparaître ses dernières bribes d'agressivité, songeant à une répartie quelconque. Elle tente d’oublier ce vouvoiement pour se concentrer sur la question de base, à savoir lui donner son adresse. Nouvelle inspiration suffit d’un signe négatif de la tête. « Tutututu, je vais trouver. Faut juste qu’on arrive jusqu’au Colossus, de là ça ira. Elle semblait assez sûre d’elle, oubliant sûrement qu’elle demandait à sa propre IA de lui indiquer le chemin il y a de cela même pas cinq minutes. Toi, tu dois juste t’assurer que j’arrive vivante jusque là. Tu… Transportes la marchandise ! Tu seras pas trop dépaysé comme ça. Qu’elle plaisante, avant de s’exclamer un bref oh comme sous le coup d’une illumination. Une idée de génie qui la pousse à chercher son terminal dans la poche de sa veste, s’adressant à ce dernier. Charlie, si je meurs ce soir…. Le coupable n’est autre que Tiaan, soit en m’explosant le crâne au sol sur une passerelle, soit en m’asphyxiant avec mon oreiller, soit… Froncement de sourcils, soudainement à court d’idées, ce fut tout naturellement qu’elle tourna la tête en direction de son interlocuteur. Tu me tuerais comment en vrai ? Etranglement peut être ? Pas quelque chose d’aussi impersonnel qu’un tir de blaster quand même ? S’offusque-t-elle un bref instant. L’IA semble ne pas être dérangée par sa manie de changer d’interlocuteur en quelques secondes, n’ayant sûrement pas pris en compte les dires de sa propriétaire. Celle-ci se refocalise brièvement sur son terminal : Bref si je meurs c’est lui quoi. Charlie valide, conservant dans un coin de son esprit numérique l’information alors qu’elle rangeait de nouveau l’équipement dans sa poche. De son côté Anastasia observait de nouveau Tiaan, visiblement très curieuse de connaître sa réponse à une question ô combien sérieuse. Qui sait, peut-être que c’est ça que tu prépares. » Ironise-t-elle en désignant son bras, plus précisément le terminal qui se cachait sous les vêtements. Elle plaisante. Pourtant une pointe de lucidité en elle lui soufflait qu’elle avait eu raison d’évoquer le message avorté qu’il avait reçu de cette façon. Elle paraît ivre, elle l’est totalement en vérité, mais elle veut savoir. Et surtout, elle commençait à faire des efforts monstrueux pour essayer de se souvenir.

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† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Mar 6 Fév - 15:09
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Elle aime à rire, elle aime à boire
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« Votre adresse ? » Tu coulais un regard en coin vers elle. Si son air outré et la colère qui irradiait d'elle pouvait te surprendre, tu ne laissais rien échapper et tu enfonçais à nouveau tes mains dans les poches de ton gilet, tapotant doucement contre la doublure intérieure du bout des doigts. Theevi avait cousu à l'intérieur de la poche une deuxième épaisseur pour que le fond ne s'effiloche pas, comme tu avais l'habitude de creuser celles-ci au point que les petits objets finissaient irrémédiablement par disparaître à l'intérieur. « Oui, v-votre adresse. » Que tu répétais patiemment, comme si tu parlais à un subordonné un peu lent. Tu ne comprenais pas l'irritation qui transpirait d'elle, ses gestes et ses inspirations laissaient bien sous-entendre qu'elle n'avait pas apprécié ta question. Comment voulait-elle qu'il la raccompagne si elle ne lui indiquait pas clairement où elle habitait. Tu t'apprêtais à lui dire que si elle ne se souvenait pas, elle pouvait demander à Charlie et qu'il s'en contenterait mais la jeune femme semblait déjà s'être calmée. Votre colère semblait faire l'effet d'une balance, lorsque l'un d'entre vous parvenait à se détendre, il finissait par pousser les nerfs de l'autre sur une longue pente raide.

« Tutututu, je vais trouver. » Je vais trouver. Tu avais envie de la secouer, de lui dire que ce n'était pas un jeu et que tu ne la suivrais pas toute la nuit dans les ruelles du Colossus. Tu commençais très sérieusement à te demander si rendre service à Anastasia était une bonne idée et s'il ne serait pas plus prolifique et sécurisant pour vous deux d'envoyer un message à un de ses camarades de la milice pour qu'il vienne la récupérer à la passerelle du Colossus. « Tu dois juste t'assurer que j'arrive vivante jusque là. » Magnifique te voilà dorénavant garde du corps glorifié d'une milicienne complètement ivre. Tu ne savais pas si tu devais te considérer comme rabaissé ou si tu devais juste prendre les choses comme elles venaient, laissant couler chacune de ses paroles en partant du principe que puisqu'elle était bourrée elle ne ferait pas beaucoup de sens ce soir. Tu fermais les yeux un instant, pesant le pour et le contre. Tu ne te basais jamais sur l'état d'ébriété de quelqu'un pour savoir si elle devait traitée avec plus d'attention, surtout pas une personne pour laquelle tu n'avais pas assez d'affection pour réellement t'inquiéter de son sort. Tu rouvrais les yeux pour dévisager la rouquine. « Tu... Transportes la marchandise ! Tu seras pas trop dépaysé comme ça. » Tu refermais doucement les yeux, les cils bordés d'une lourde fatigue et tu te passais les doigts sur les yeux puis sur le nez, pinçant l'arête de celui-ci dans une tentative de calmer l'énervement qui pointait le bout de son nez depuis quelques minutes. Tu rouvrais les yeux dans un long soupir et tu te mis à fixer le sol à ses pieds, glissant à nouveau ta main dans ta poche, agrippant le paquet de clopes, le briquet et les faisant tourner entre tes doigts. Tu avais effectivement été ravitailleur mais tu avais toujours refusé de considérer les êtres humains comme des marchandises, du moins pas ce genre de marchandises. C'était l'un des grands sujets de désaccord avec ton frère et tes sœurs aînées qui y voyaient un commerce lucratif pour peu qu'on sache choisir les bonnes personnes et mettre en avant leurs capacités les plus basiques.

Le oh et la fouille de sa veste pour extirper son terminal te fit froncer les sourcils. Lui dire qu'il était généralement très mal vu de réveiller un camarade, ou tout simplement une très mauvaise idée d'utiliser son terminal lorsqu'on commençait à être sincèrement bourré te traversait l'esprit, mais Anastasia était une grande fille et tu n'étais pas responsable de sa réputation ou des bêtises qu'elle pourrait débiter. Tu fronçais cependant le nez, t'attendant à entendre des remarques qui te concernaient ou des appels à l'aide avinés. Ce fut tout autre chose et tu ne bougeais pas, l'air faussement détendu au milieu d'une ruelle tandis qu'Anastasia se faisait des films avec Charlie à propos d'un possible assassinat de sa part. L'idée te traversait de lui mettre un coup dans la gorge juste pour la faire taire. « Bref, si je meurs, c'est lui quoi. » Si tu avais pu t'exprimer librement, tu aurais assurément demandé à Charlie de rester en mode veille jusqu'à qu'elle soit chez elle et de ne plus enregistrer aucune remarque d'Anastasia. Pour son bien à elle, le réveil allait être compliqué pour la milicienne, mais également pour le tien. Les lendemain de cuite étaient généralement une expérience assez pénible, confus, malade et toute une journée de misère à se demander « qu'est-ce que j'ai bien pu faire de pire »... et Charlie était toujours particulièrement serviable pour rappeler les petits écarts de la veille. Tu fronçais les sourcils, très franchement agacé. Tu n'avais pas souri un seul instant à ses jeux et tes poings s'étaient serrés au fond de tes poches au fur et à mesure de ses paroles. Tu n'appréciais pas les mensonges, encore moins lorqu'ils traitaient d'un sujet qui pouvaient te porter préjudice. L'idée de vraiment l'abandonner là, au milieu des ruelles du Tiantang te traversa l'esprit. « Qui sait, peut-être que c'est ça que tu prépares. » Que tu préparais ? Le mouvement de sa main pour indiquer ton bras te fit froncer les sourcils et baisser les yeux vers celui-ci et il te fallu quelques longues secondes pour comprendre qu'elle indiquait ton terminal. Mais qu'est-ce que tu pouvais bien préparer avec ta femme qui impliquerait de faire du mal à Anastasia ? Tu n'étais même pas certain qu'elle se sente menacé ou même s'inquiète de te voir fréquenter la milicienne et son caractère la rendait de toute façon assez amène avec les autres femmes en général. Tu extirpais ta main de ta poche et tu pointais à l'endroit où se trouvait le terminal en arquant un sourcil dans la direction de la milicienne. Tu ne pus t'empêcher de laisser échapper un ricanement sourd. Tu t'approchais d'elle et tu lui attrapais les épaules, la tournant gentiment pour qu'elle te fasse face et lui mis une main sur la bouche, serrant doucement les joues de la milicienne et tu mis ton index de libre devant tes propres lèvres. Shhh. « T-tu entends ? C'est le son de t-t-ta p..paranoia. » Tu la fixais en silence quelques secondes, les sourcils arqués, le doigt toujours sur ta bouche avant de la relâcher et de lui faire un léger signe de tête avant de l'inciter à te suivre sans bruit. « Où sur le C-Colossus ? »
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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Mar 6 Fév - 16:53
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Ana & Tiaan

Elle se demande s’il est pas un peu con, en plus du bégaiement, ou si c’est juste par provocation absolue qu’il se permet de réitérer sa question. Elle en grince des dents, brièvement, se retenant de rétorquer qu’elle avait parfaitement compris la première fois et qu’elle n’avait rien d’une attardé à qui il fallait expliquer les choses à plusieurs reprises. Ça la renvoie sûrement à ses échecs, cette manie qu’on avait de lui dire les choses plusieurs fois comme dans l’espoir que la pilule passerait plus facilement si on lui faisait rentrer dans le crâne toutes ces conneries. Mais elle dit rien, se doutant que s’énerver dans son état risquait de la rendre parfaitement incohérente et qu’il y avait plus de chances qu’elle finisse par le blâmer pour l’augmentation des prix du mascara que de l’engueuler pour ce vouvoiement ô combien agaçant. Alors elle se retient, elle inspire, ferme les yeux. Peut-être qu’elle songe à des chiots, qui sait. Tout ça pour tenter de se calmer à nouveau avant de prendre la parole, partant dans un long monologue dont elle avait le secret. Elle saurait se débrouiller lorsqu’ils atteindraient le Colossus et il n’avait donc clairement pas besoin de connaître son adresse pour le moment. Elle le reléguait donc simplement au rang de garde du corps, ce qui lui semblait au passage un peu plus prestigieux que simple guide pour alcoolique. Qui plus est, cela lui semblait naturel d’espérer de sa part qu’il lui permette de rentrer chez elle en un seul morceau, considérant qu’il s’agissait du plus gros risque. Se perdre, ce n’était rien, au pire elle aurait perdu quatre heures de sa vie. Se faire casser la gueule, c’était plus problématique, y compris pour ce qu’il pouvait lui rester de dignité.

Quoi qu’il en soit, une chose en entraînant une autre, ce fut avec un naturel presque surprenant qu’elle en vint à évoquer la possibilité qu’elle puisse mourir malgré la présence du lieutenant, justement parce que celui-ci serait lassé de sa présence et finirait par la tuer. Crâne explosé ? Asphyxie ? Elle songe à tous ces moyens de parvenir à ses fins, imaginant que le douanier aurait plutôt tendance à se servir de ses mains pour cela, au vu de cette férocité qu’elle avait toujours perçu chez lui. Perçu et encaissé. Elle profite même de ces réflexions pour désigner le terminal accroché à l’avant bras de l’homme à ses côtés, désignant ce dernier d’un signe de tête et évoquant la possibilité qu’il ait pu préparer cet assassinat avec un quelconque complice. Complice dont elle ignorait le nom, ce qui ne faisait qu'accentuer sa curiosité. Il fallait admettre que les proches de Tiaan se comptaient sûrement sur les doigts d’une main, aussi se demandait-elle sincèrement qui pouvait lui envoyer des messages à une heure aussi tardive. Sa femme ? Peut être. Et si Anastasia n’avait eu que peu d’espoir quant à la possibilité d’obtenir une réponse, elle se met soudainement à y croire lorsque le lieutenant se met à désigner son propre terminal avant de ricaner légèrement, comme si tout ceci n’était qu’une vaste blague ou un quiproquo qu’il allait s’empresser de lui expliquer, levant le voile sur sa méprise. Elle a tout juste le temps d’esquisser un sourire en coin en fronçant les sourcils, intriguée et curieuse, que cette expression disparaît aussitôt au profit d’une surprise plus conséquente lorsque les mains de l’homme se posèrent sur ses épaules pour l’inviter à pivoter. Elle suit le mouvement, se laissant entraînée, n’envisageant même pas qu’il lui soit possible d’agir autrement. « Woh… » Dans sa tête, ça carbure un peu plus que ça. Woh, il venait d’amorcer un contact. Woh, c’était pas pour lui casser la gueule. Devait-elle refuser de se laver pendant une semaine, à l’image d’une groupie qui a pas compris ce qui lui arrivait et qui prenait malgré tout conscience de l’extrême rareté de l’évènement auquel elle venait d’assister ? Elle fut presque tentée de faire le tri dans ses pensées pour lui en faire part verbalement, mais elle n’en aura pas le temps.

Nouveau contact, se manifestant sous la forme d’une main qui se plaque contre sa bouche. Elle frissonne Ana, sûrement parce que si elle tolérait de nombreux contacts, elle n’appréciait jamais vraiment qu’on cherche à la museler de la sorte. C’était toujours étrange, synonyme de danger à ses yeux. Et puis elle se souvenait d’elle, plus jeune, lorsque son frère tentait de la faire taire ainsi. Sa meilleure parade était alors de lécher la main en question afin d’écœurer suffisamment son adversaire. Elle doutait cependant que Tiaan apprécie sa technique. De toute façon, son ivresse la pousse à se concentrer sur cet index qu’il posait plutôt sur ses propres lèvres, comme si l’instant était important. Il y avait peut être véritablement danger finalement, un danger qu’elle n’aurait pas perçu. Alors elle lui fait confiance, étrangement, le cœur battant un peu plus vite. Elle fait confiance à son garde du corps et le regrette si tôt qu’il évoque sa paranoïa. Il se foutait juste de sa gueule. Expirant profondément contre cette paume qui la contraignait toujours au silence, elle lève les yeux au ciel une nouvelle fois avant de ramener ses prunelles dans celles de son interlocuteur. Ce dernier semble attendre quelque peu et elle lui offre la satisfaction de demeurer docile, la milicienne ne daignant lever la main pour refermer ses doigts autour du poignet du douanier, afin de le repousser légèrement, que lorsque celui-ci se décidait à la relâcher afin de faire bonne mesure. La jeune femme hausse les épaules, démontrant ainsi ce qu’elle pensait de son humour, avant de le suivre sans un mot de plus. Et déjà il insistait de nouveau, réitérant sa question. Intérieurement elle rigole, n’en revenant pas qu’il puisse croire avoir le droit à une réponse immédiate. Extérieurement, elle parvient à rester relativement de marbre et c’est tout naturellement qu’elle ramena ses doigts à ses lèvres, faisant mine de refermer une fermeture éclair, signe de son silence absolu.

Il est difficile de dire si c’est le manque incroyable de patience qu’elle devinait chez lui, à moins que ce ne soit le sien, ou si l’alcool lui donnait l’impression qu’une poignée de secondes était une attente suffisante, mais elle finit par soupirer avant de lui révéler son adresse complète, levant une nouvelle fois les yeux au ciel comme pour se flageller mentalement d’être aussi facile à vivre.  Prise d’un doute cependant, elle s’adresse de nouveau à son terminal qu’elle laisse toutefois au fond de sa poche. « C’est bien ça Charlie hein ? - Oui, tout fait. Je suis fière de vous. - Merci Charlie. Soupire-t-elle. Décidément, dire que cette IA faisait la fierté de la flotte. Saloperie d’ordinateur hypocrite va. Quoi qu’il en soit, Anastasia se fit étrangement silencieuse le temps de quelques pas, les bras croisés contre sa poitrine, plus pour faire office de barrière au froid qu’en guise de mécanisme de défense. Jusqu’à ce qu’elle reprenne la parole, les sourcils froncés, repensant aux propos du douanier. Paranoïa… Grommelle-t-elle. Elle secoue brièvement la tête avant de la tourner en direction de son compagnon, le dévisageant. Est-ce que tu te rends compte que tous tes interlocuteurs ont déjà dû se demander au moins une fois si t’allais les démembrer ? C’est pas de la paranoïa c’est un doute sacrément légitime. » Elle fut tentée de parler d’instinct de survie, mais vu qu’elle continuait de l’emmerder, elle semblait en être totalement dépourvue ce soir. Sobre elle aurait sûrement été plus méfiante, continuellement effrayée par les propos qu’il pouvait potentiellement lui balancer au visage. Ce soir c’était différent. C’était différent mais pourtant le lieutenant ne semblait vraiment pas vouloir en profiter pour la lyncher. Elle sait pas pourquoi il se retient d’ailleurs. Elle sait pas pourquoi il est ainsi, ou pas comme ça, ou pourquoi un jour sur deux seulement. Il y a tant de choses qu’elle ignore, se fiant à son instinct, faisant un pas en avant puis trois en arrière chaque fois qu’il était question de l’homme à ses côtés. Elle arrive pas non plus à comprendre pourquoi elle continuait malgré tout de faire ce pas en avant, plutôt que de se détourner totalement de lui, de façon définitive. Ils auraient pu le faire, après tout leur façon d’être relativement civilisés ces derniers temps tendait bien à prouver qu’ils n’étaient pas obligés de se mutiler à chaque instant de leur vie. Alors ils auraient pu, juste mettre un terme à tout. Mais ils ne le font pas. Pourquoi ?

La question reste en suspens dans son esprit désormais qu’ils arrivaient à hauteur d’une passerelle, elle savait que ce n’était que la première et que celle-ci ne les mènerait pas encore au Colossus mais peu importait. Elle ignore royalement les douaniers qui y sont postés, ceux là même qui devaient sûrement la regarder d’une manière quelque peu étrange ou méfiante. Anastasia ne sait pas trop pourquoi elle prend la décision de s’engager un minimum dans le passage, attendant que les douaniers soient dos à elle, pour finalement s’accrocher instinctivement à Tiaan, profitant qu’il ait les mains dans les poches pour s’agripper à son bras comme le ferait sûrement une femme durant une sortie avec son compagnon. Peut-être craignait-elle qu’il ne la repousse si jamais elle se jetait sur lui devant ses collègues, peut-être avait-elle juste eu un peu de respect pour sa dignité à lui, quoi qu’il en soit elle avait indéniablement attendu avant de renouer le contact, plaisantant très rapidement. « On sait jamais, il paraît que c’est dangereux. Qu’elle glousse avant de jeter un bref coup d’œil sur l’immensité de l’espace qu’il leur était désormais possible d’observer. Bien que fascinée, comme d’habitude, elle ramène bien vite une nouvelle fois son regard à hauteur du lieutenant, lorgnant brièvement sa nuque, pensive, avant de commenter. Tolmin il aurait sûrement pu grimper sur ton dos et te prendre pour un speeder, lui » Commente-t-elle, presque jalouse, avant que l’esquisse d’un sourire orne ses lèvres au souvenir de l’enfant. Elle ne semble pas vouloir s’offusquer plus longuement de ce privilège que le concerné aurait eu comparé à elle, se focalisant déjà de nouveau sur l’extérieur. Indéniablement, Tiaan aurait sûrement tout intérêt à la tirer de force le long de la passerelle pour la contraindre à avancer plus vite.

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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Mar 6 Fév - 18:02
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Il fallu un long moment pour qu'elle lâche enfin son adresse et tu t'étais déjà arrêté sur l'idée de l'abandonner aux douaniers de la passerelle du Colossus, qu'ils s'occupent eux-même de se mettre en relation avec les miliciens en patrouille à bord du vaisseau pour s'occuper d'elle. De toute façon, quelle que soit ta décision ce soir, tu préférais ne pas avoir à aller plus loin que les limites des ruelles du Colossus avec Anastasia. Sa propension à parler et à tirer sur tes nerfs allait finir par te pousser à bout. Tu étais certainement plus sobre que la milicienne mais tu avais également bu et ta patience, déjà relativement fine, s'étiolait d'autant plus sous les effets de l'alcool. Tu avais retiré ton poignet de sa main assez rapidement lorsque tu l'eus lâchée et tu l'avais à de nouveau cachée dans ton gilet. Ignorer Anastasia et ses mimiques, ses silences et ses provocations te pris plus d'énergie que tu voulais l'admettre et ne pas te remettre en question provoquait d'autant plus de frustration face à l'attitude de la milicienne. Tu fermais les yeux, prenant une longue inspiration, laissant échapper un grognement écœuré lorsque tu sentis le goût du fer dans ta bouche. Tu grognais encore une fois en te raclant la gorge. Tu rentrais ta tête dans les épaules en fusillant du regard le bout de la ruelle. Anastasia à tes côtés, les bras déjà croisés, que ce soit de défiance ou de froid t'accompagnait et tu espérais que le silence qui s'était installé après l'intervention de Charlie se prolonge.

« Est-ce que tu te rends compte que tous tes interlocuteurs ont déjà dû se demander au moins une fois si t'allais les démembrer ? » Est-ce que tu t'en étais déjà rendu compte ? Oui, non, peut-être. Tu avais senti les gens s'éloigner, te regarder en coin, avec méfiance ou mépris, et au début tu avais mis ça sur le dos des autres, sur le fait que tu bégayais, puis sur le dos de ton frère qui s'était taillé une jolie réputation sur les dock de Keller, ou d'une de tes sœurs parce qu'elle souriait beaucoup trop en lâchant avec une simplicité toute confondante les pires des atrocités. Tu étais persuadé qu'à un moment donné, les Krishvin allaient être ostracisés parce qu'ils allaient être catégorisés dans la catégorie des « grands malades ». Puis tu avais fini par te rendre compte que toi aussi tu étais le problème. Tes trop longs silences, ton attitude gamin à regarder avec rage les gens d'en bas, ou le mépris sans borne que tu affichais maintenant que tu dépassais un nombre certain de personnes d'une tête... mais également ta rapidité à régler tes problèmes avec des coups, la façon dont tu te tenais généralement à l'écart et le peu de sympathie que tu affichais en général envers les gens, tout cela suffisait à te rendre odieux à de nombreuses personnes. Theevi, elle, avait toujours eu plus d'aisance à se lier aux gens, et cela était d'autant plus vrai que personne – ou presque – ne vous connaissait sur la flotte. Tu t'étais rendu compte que tu faisais fuir les gens et tu avais d'abord pensé à leur parler à brûle pourpoint, mais au final pour dire quoi ? Cela te frustrait d'autant plus, cela t'énervait tellement que tu finissais inévitablement par reculer et ne rien oser dire. Tu méprisais ces gens, tu vibrais de rage et de colère non contenu et les éclats de violence que tu laissais parfois échapper rendaient les gens méfiants. « C'est pas de la paranoïa, c'est un doute sacrément légitime. » Tu pris une longue inspiration et tu coulais un regard ailleurs. Tu serrais le paquet de clopes dans ta poche, prenant un malin plaisir à entendre le bruit du papier qui se froisse, submergé presque immédiatement par un immense regret. Cela n'arrangerait rien. Tes doigts te démangeaient et tu avais besoin de faire quelque chose de tes mains, de tes doigts, les occuper. Tu extirpais ta main et tu fronçais à nouveau les sourcils, l'accusation pointant au bout des cils. Tu tirais un peu sur la tirette de ton gilet, tu remontais les manches de ton gilet au niveau de tes coudes, comme si te rafraîchir allait calmer la bouffée de rage qui t'étouffait presque. « P-pourtant t-t-tu n'as jamais p..peur. Ou alors t.. tu es sacrément t-t-téméraire. » Tu avais remarqué les regards des gens, que ce soit peur ou pitié, mais Anastasia semblait ne pas y porter attention, elle continuait d'attaquer, frappant sans cesse pour provoquer encore et toujours des réactions vivaces et souvent haineuses à ton encontre, comme si elle essayait elle même de te faire sortir de tes gonds. Elle savait viser, parfois, et cela était d'autant plus vrai qu'elle commençait à savoir où frapper. Tu te méfiais d'elle, parce qu'elle avait des armes et que si elle nes les utilisaient pas maintenant, elle les avaient toujours en sa possession. « J'ai v-vu d.. d... » Tu penchais brièvement la tête sur le côté, frustré, incapable de sortir d'autres sons et tu serrais les dents entre elles, à te les faire péter. Tu te détournais à nouveau et repris ta route vers la passerelle la plus proche.

Tu passais tes doigts le long du bracelet qui retenait le terminal en place, puis tu te frottais les mains tout en continuant de marcher, les autres doigts passant brièvement sur le bras gauche, frottant la marque qui l'ornait et tu te frottais les doigts de la main droite avec le pouce avant de redescendre les manches lorsque tu arrivais en vue de la passerelle. Tu saluais les douaniers brièvement, sans pour autant t'attarder pour discuter avec eux. Aucun ne se risqua à poser une question sur la rouquine ou sur ta présence ici à ses côtés. De toute façon, le regard que tu dus leur lancer aurait suffit à les stopper avant qu'ils n'aient l'idée d'ouvrir la bouche. Tu t'engageais sur la passerelle, toujours en silence, observant le plus loin possible pour voir la distance qui vous séparait du prochain vaisseau. Tu n'avais pas peur de passer les ponts suspendus, mais tu n'avais aucune fascination pour l'espace qui vous entourait – ni même pour « admirer » les vaisseaux – aussi chaque traversée était généralement une formalité que tu passais sans t'attarder. Ce n'était évidemment pas le cas d'Anastasia. Cela semblait être un point commun des gens nés sur une colonie ou une planète, cette fascination pour le vide. Tu remettais tes poings dans tes poches, partiellement détendu et tu avançais d'un pas à pleine plus lent lorsque tu sentis le bras de la milicienne se glisser dans le creux du tien. « On sait jamais, il paraît que c'est dangereux. » Anastasia dû sentir sans peine tes muscles qui se contractaient et ta main qui sortait de la poche de ton gilet. Anastasia n'était pas une jeune femme qui avait quelque chose à faire à ton bras et même si elle cherchait l'amour – ou au moins quelqu'un avec qui passer sa vie – tu ne la voyais pas assez désespérée pour qu'elle se rapproche de toi ainsi. Tu évitais au mieux les contacts physiques, autant parce que tu n'aimais pas qu'on te touche sans ton consentement que parce que les gens évitaient de s'approcher trop près de toi. « Tolmin il aurait sûrement pu grimper sur ton dos et te prendre pour un speeder, lui. » Tu la dégageais rapidement d'un coup d'épaule, glissant ton bras en dehors de son emprise. Le gloussement t'horripilait, le contact t'énervait et ses regards te frustraient. Tu la pris par l'épaule et tu la poussais devant toi, sans violence mais avec suffisamment de fermeté pour qu'elle comprenne l'intention, qu'elle se mette en marche. « C'est un enfant, lui. N-ne m.. me t-touche p..pas. » Tu repensais à tes sœurs que tu avais transporté sur ton dos sur Keller et la difficulté du cheminement dans les ruelles entre les membres de la station, les visiteurs et les autres personnes alcoolisées. Il n'y avait pas de jour ou de nuit dans l'espace et la plupart des rues gardaient la même luminosité quelle que soit l'heure. Tes parents ne fermaient que rarement la boutique, il y avait toujours l'un d'entre eux ou vous pour pouvoir au moins assurer une garde minimale du comptoir. Sur la flotte, Theevi s'accrochait certaine fois à toi et était peut-être parvenue à se hisser une ou deux fois sur son dos, lorsque l'alcool l'avait achevée et endormie, mais tu la laissais généralement marcher d'elle même. Il s'agissait des seules personnes ivres que tu avais transporté, tes frères se contentaient d'une épaule. Quant aux personnes non ivres, elles se comptaient sur les doigts d'une main, il s'agissait de tes neveux et nièces et tu ne les avaient pas vus depuis des années. Message reçu de la part d... Tu coupais Charlie d'un OK sec et tu remontais d'un coup de poignet ta manche pour regarder le message auquel tu répondis par trois tapotement et un envoi.
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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Mar 6 Fév - 20:37
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Elle aime à rire, elle aime à boire.
Ana & Tiaan

Pourtant tu n’as jamais peur. Si seulement. Anastasia éprouve soudainement le besoin furieux de lui dire qu’elle était terrifiée, par plein de choses. Elle aimerait lui dire à quel point c’est une fierté stupide, qu’elle ne s’expliquait pas, qui la poussait sûrement à revenir vers lui. Ce besoin de garder la face, de le blesser autant qu’il pouvait la blesser. Ne pas se laisser faire, parce qu’elle en avait marre de se laisser faire, de se faire mener par le bout du nez à chaque fois. Lasse de ne pas pouvoir faire ses propres choix, frustrée par la hiérarchie et tous ceux qui pouvaient décider de sa vie, agacée par ses faiblesses. Téméraire ? Etait-ce le mot ? Peut-être, sûrement que c’était également ce qu’on lui avait reproché lorsqu’on lui a refusé d’être légionnaire. Elle sait pas si c’est une bonne chose, que d’être ainsi, commence à se convaincre qu’elle aurait mieux fait de s’éloigner de Tiaan comme le font tous les autres. Arrêter de chercher à poursuivre le cercle vicieux qu’ils avaient entamé, arrêter de chercher à le provoquer tant par besoin de le blesser que par besoin d’être supérieure aux autres. Il n’aimait personne ? Aucune importance. Il la détesterait elle, elle plus que les autres. Importante, vitale à sa façon, comme un parasite dont on arrive pas à se débarrasser. C’est ce qu’elle se dit, chaque jour, pourtant force était d’admettre qu’elle n’aimait pas ça non plus. Parce que ça faisait trop mal, que d’être détestée du lieutenant, et ça faisait trop mal de le détester en retour. Il n’avait pas peur lui, dans une certaine mesure, de ce qu’elle pouvait lui dire ? Tout comme elle avait peur de saigner à son contact. Elle sait pas, elle sait rien. Sûrement que ceux qui s’éloignaient du douanier avaient raison, et qu’elle était la conne qui s’agrippait stupidement. Peut-être même qu’elle le faisait pour rien finalement, que ça le laissait de marbre, qu’il oubliait tout dès lors qu’il cessait d’être en colère. Elle, elle arrivait pas à oublier. Ses colères étaient relativement rares mais lorsque cela arrivait, elle n’oubliait pas. Ça la bouffait, pendant des jours, la laissant lessivée et à bout. Ça la marquait au fer rouge. Ça ne s’oubliait pas.

Muette, n’osant lui expliquer pourquoi elle n’agissait finalement pas comme tout le monde avec lui, la jeune femme ne peut s’empêcher malgré tout de lui jeter un bref coup d’œil lorsqu’il tente de faire une nouvelle phrase. Il n’y arrive pas, renonçant avec un agacement qu’elle parvient à percevoir bien qu’elle ne se permet pas le moindre commentaire. Elle aurait aimé lui dire là aussi qu’elle s’en fichait, de son bégaiement. Qu’elle était curieuse de ce qu’il avait à dire, suffisamment pour être patiente, suffisamment pour se contrefoutre de tout ce qui l’irritait. Mais elle ose pas, se disant que cela ne ferait que l’énerver, qu’il se dirait qu’elle se fout de sa gueule. Et puis, il n’avait peut être tout simplement pas envie de faire cet effort pour elle. Alors elle se tait Ana, se contentant de poursuivre sa route jusqu’à la passerelle. Une fois de plus il est difficile de dire où la milicienne trouve la lucidité d’attendre avant de se glisser contre le lieutenant, s’agrippant sereinement à son bras. Une lucidité qui ne dure pas, bien vite remplacée par l’ivresse, ce même taux d’alcoolémie qui la pousse à glousser, à rappeler qu’après tout traverser une passerelle pouvait s’avérer dangereux, justifiant de ce fait ce rapprochement physique. Ce fut presque boudeuse qu’elle constata également que Tolmin aurait pu se hisser sur le dos du douanier, tandis qu’elle-même doutait qu’il la laisse faire une telle chose. Si Ana avait aisément perçu ce genre de limites, elle n’avait pas compris que la ligne à ne pas franchir s’était trouvée bien avant. Et elle l’avait franchie, sans en prendre conscience, sans même envisager une seule seconde qu’elle puisse l’avoir rendu fou juste en se tenant à lui de cette façon. Alors elle comprend pas lorsque les muscles se tendent, brutalement, lorsque qu’il s’esquive vivement -et elle se félicite de ne pas avoir poussé le vice en se reposant pleinement contre lui- pour mieux rabattre sa main sur son épaule pour la contraindre à avancer, loin de lui.

Ne me touche pas. La remarque lui fait l’effet d’une baffe et elle aura à peine fait quelques pas sous la contrainte que déjà elle se figeait, pivotant pour faire face au lieutenant qui s’était visiblement déjà penché sur son terminal pour répondre encore à elle ne savait qui. C’est ce laps de temps, assez court, qui lui fait prendre conscience de son cœur qui tambourine, de ses tremblements de rage, de sa langue désormais maltraitée par ses dents. Il y a ce souffle, cette respiration, qu’elle ne parvient même plus à contrôler et la rage aux tripes. Encore cette putain de colère, celle qu’elle n’arrivait jamais à oublier. L’alcool n’aiderait probablement pas, elle espérait encore que le lendemain lui permettrait d’oublier toute cette soirée mais la colère qui palpitait au creux de ses veines semblait déjà lui susurrer que ce ne serait pas aussi simple. « Ne me touche pas ? Répète-t-elle, ahurie. Et le simple fait de prononcer de nouveau ses mots lui rappelle à quel point elle les avait détestés, autant que cette façon qu’il avait eu de la pousser hors de son chemin. C’est une blague ? Tu crois que quoi, que j’adore voir un homme m’écraser sa main sur la gueule pour me museler comme si j’avais été un putain de clebs ? Comme un animal pas assez affectueux, ou au contraire trop, ou peu importe ce qu’on pouvait lui reprocher. Comme si elle n’avait pas été assez bien, assez adaptée aux désirs de son propriétaire. Et ça brûle au fond de ses yeux, d’une hargne affreuse. Tu… Tu me tripotes et quand j’ai le malheur de juste me tenir à ton bras sur une passerelle tu… Tu… » Elle agite la main en l’air, cherchant à rappeler le refus brutal auquel elle s’était confrontée sans avoir à mettre de mots dessus, se sentant déjà incapable de formuler des phrases cohérentes.

Le problème était là. Que Tiaan s’exprime à sa façon, comme la putain de brute qu’il semblait être, sans jamais se soucier de ce que cela pouvait provoquer était une chose. Mais qu’il se permette cette écœurante hypocrisie en était une autre et elle ne parvenait pas à encaisser. Il avait des défauts, elle était bien placée pour en connaître certains, toutefois elle n’aurait pas cru que l’habituelle franchise du douanier puisse être compatible avec cette hypocrisie dont il faisait preuve en cet instant précis. Sans compter qu’elle faisait des efforts, des putains d’efforts même si elle avait aucune idée de ce qui pouvait bien la pousser à les faire. Je t’ai pas touché plus tôt, parce que j’pensais que t’aimerais pas. J’ai pas demandé à qui t’envoyait ces messages, parce que je savais que t’aimerais pas. Je t’ai pas demandé de finir ta phrase tout à l’heure, parce que bordel de merde là aussi je savais que ça t’énerverait. Mais que t’oses m’envoyer chier parce que je prends juste autant de libertés que toi… Elle est folle, elle se sent conne, se demande ce qu’elle fout là et pourquoi diable elle l’a laissé s’inquiéter une micro seconde pour elle. Pourquoi elle s’est laissée croire que cette soirée aurait pu être drôle. Ça l’était jamais de toute façon hein ? Alors quoi, à l’avenir elle devait simplement lui demander une putain de cigarette à chaque fois, pour espérer que ça se passe bien ? Anastasia, votre rythme cardiaque est… - TA GUEULE CHARLIE ! » Elle avait hurlé, ne voulant pas connaître les détails, ne voulant pas que son IA lui rappelle ce qu’elle savait déjà. Oui, oui ça n’allait pas. Oui elle avait chaud soudainement, oui un filet de sueur devait recouvrir son front désormais et oui son cœur lui donnait l’impression qu’il allait s’extraire hors de sa poitrine. Elle sait aussi qu’elle tremble, que le mélange d’alcool et de colère dans son organisme lui donne la nausée. Elle le sait, que ça va pas, ses doigts cherchant imperceptiblement un appui à côté d’elle, appui qu’elle ne trouve pas. Mais elle reste droite, le regard ancré dans celui du lieutenant. Téméraire. Fière. A bout.

- BLACK PUMPKIN


† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Mar 6 Fév - 21:57
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Elle aime à rire, elle aime à boire
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« Ne me touche pas ? » Tu relevais la tête de ton terminal et tu dévisageais ouvertement Anastasia, un sourcil arqué, l'air de dire quoi encore, maintenant ? Ne me touche pas, ne me touche jamais. Tu n'aimais pas le contact des gens en lesquels tu n'avais pas confiance, surtout les contacts pseudo-affectueux, tu n'aimais pas que les gens insistent, tu n'aimais pas qu'on vienne se coller à toi dans une manière qui ne reflétait absolument pas vos relations. Tu considérais qu'il était différent de toucher le bras de quelqu'un et s'y accrocher, de frotter des cheveux ou de frotter une main. Tu n'aimais pas le contact parce que ça te faisait vibrer de colère, parce que les gens avaient d'autant plus confiance lorsque tu tremblais lorsqu'ils te touchaient, que tes émotions se ressentaient jusque sous l'épiderme et que tu brûlais, que tu étais colérique, impulsif et lunatique. Tu en avais assez qu'on essaie de percer ta carapace en y allant en gestes doux et mesurés, tu n'étais pas une petite bête apeurée qui avait trop souffert et qui, à force de mots doux et de patience, s'apprivoisait. Tu n'étais pas plus un animal que l'était Ana et tu n'aimais pas que les gens puissent considérer qu'un geste, aussi bénin soit-il, soit quelque chose que l'on pouvait laisser passer comme cela. « C'est une blague ? Tu crois que quoi, que j'adore voir un homme m'écraser sa main sur la gueule pour me museler comme si j'avais été un putain de clebs ? » Tu ne parvenais pas à te sentir navré de ce geste, comme tu ne parvenais pas à te sentir désolé de toutes les choses que tu avais pu lui dire. Cela eut même l'effet inverse ; t'énerver d'autant plus. Tes os te brûlaient et tu avais envie de relâcher la pression quelque part, n'importe comment, frapper quelqu'un, quelque chose, le sol même. Fumer peut-être, ça te détendait, à peine mais ça faisait son office.

« Tu... Tu me tripotes et quand j'ai le malheur de juste me tenir à ton bras sur une passerelle tu … Tu... » Voilà, Anastasia se faisait passer pour une victime. Tu roulais des yeux ostensiblement. Tu fronçais les sourcils à sa liste de choses qu'elle t'avait épargné pour pas que tu t'énerves. Putain, ça te faisait mal. Tu ne savais pas si tu avais l'impression d'être une chose qu'il fallait cajoler ou une bombe sur le point d'exploser. Tu manquais une inspiration, comme un hoquet. Putain, ça blesse et tu ne savais pas pourquoi. Tu avais envie de lui dire de la fermer, qu'elle était qu'une petite conne hypocrite comme toi, qu'elle ne cherchait qu'à se donner le beau rôle. Putain, putain, putain ! Tu avais envie de hurler. Tu avais envie aussi de juste t'asseoir et d'attendre que le temps passe, de ne rien faire d'autre que de l'observer en silence, la course des heures, des minutes, tic tac, tic tac, parce que lui au moins n'attendait rien d'autre de toi que tu disparaisses. Rien de putain de rien. « Qu'est-ce qu.. qui te fait croire .. qu.. qu.. j.. urgh. Aim.. aimerais p..plus.. mmm.. m. » Tu t'étranglais à moitié avec tes mots. Tu n'arrivais plus à parler et tu prenais de grandes inspirations difficiles, tes mains tremblaient. Tu bégayais et les mots qui ne parvenaient pas à sortir accentuaient ton stress, ce qui appuyait ta détresse respiratoire. Tu n'avais plus 5 ans, tu n'avais plus 8 ans, tu n'avais pas de mauvaise nouvelle, tu ne parlais qu'avec Anastasia Donovan sur une passerelle, une complètement éméchée, les émotions à vif et toi avec la rage au ventre. « T-tout c.. q.. huh. Citer.. Sss. S.. Sa.. voi..Savoir v-v-v-vivre. » Même ça tu n'arrivais pas à le prononcer. C'était ridiculement pénible.

Anastasia, votre rythme cardiaque est... « TA GUEULE CHARLIE ! »

Tu te mis à rire brièvement. C'était nerveux, horriblement nerveux, juste les épaules qui tressautaient, le bout des lèvres tordues dans une grimace en essayant de retenir le rire entre tes dents. Tu avais toujours l'odeur du sang dans ta bouche, la sensation désagréable d'un liquide épais qui coulait dans ta gorge et dans ton rire, tu te mis à serrer par réflexe l'arête de ton nez comme pour empêcher le saignement, vainement, cela s'arrêterait de lui même. Cela faisait des mois que tu n'avais pas autant peiné à parler et ta rage s'enroulait insidieusement autour de tes tripes, autour de ton cœur surtout et tu avais envie d'exploser quelque chose, frapper du pied. Derrière Anastasia, les douaniers qui se trouvaient au bout de la passerelle passèrent leur tête pour voir quel était le problème, l'un d'entre eux commençait déjà à poser un pied sur la passerelle pour vous rejoindre. Ce n'était que la procédure. Tu fis signe par dessus l'épaule de la milicienne qu'il pouvait retourner en arrière. Que ferait-il d'autre qu'envenimer la conversation. Putain, t'étais misérable, pathétique, tu n'arrivais même pas à parler. Si elle attendait des excuses elle pouvait se les mettre bien profond. Tu inspirais à nouveau, avant d'être à nouveau secoué par un éclat de rire. Tiaan, votre femme confirme. La remarque de Charlie te donnait envie de pleurer en même temps que tu riais, tu hoquetais dorénavant, le rire et le manque d'air conjugués te brouillaient les idées et tu laissais échapper un couinement.

Tu avais d'un coup l'impression d'être complètement détaché de tout ça.
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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Mer 7 Fév - 2:50
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Ana & Tiaan

Elle sait pas quoi faire Ana, elle a jamais su quoi faire de Tiaan. Elle a beau vider son sac, s’offusquer, se sentir dans son bon droit, cela ne suffit pas. Parce qu’elle crie, parce qu’elle extériorise, parce qu’elle cherche à comprendre malgré tout. C’était quoi son putain de problème ? Pourquoi la toucher,  pour ensuite la rejeter lorsqu’elle prend les mêmes libertés. Ça lui semble dégueulasse, injuste, et ça fait aussi incroyablement mal. Rejetée, encore, toujours. Me touche pas. Pourquoi ? Pourquoi il pourrait et pas elle ? Pourquoi lui avoir demandé si elle allait bien, si elle avait besoin d’aide, pour que ça se finisse ainsi ? Lui demander son adresse, chercher à faire les choses bien et se plaindre quand une femme, bourrée, s’agrippe instinctivement à lui. Pourquoi devait-il être si compliqué, si pénible, si difficile. Elle voulait savoir, quitte à l’entendre hurler en retour, la traiter de conne tout en lui expliquant sa logique farfelue. Peu importait. Mais elle voulait savoir pourquoi diable le moindre de ses gestes était si mal interprété. Sauf qu’il n’a pas d’explication à lui fournir, ou plutôt il ne parvient pas à la formuler et pour la première fois Ana comprend ce que ça fait, que d’être incapable de s’exprimer. Elle l’observe, le cœur battant, une lueur furieuse au fond des yeux, une pointe de folie provoquée par un ras-le-bol nichée quelque part également. Les mains tremblantes, le corps tout entier à vrai dire, elle serre les poings férocement pour rester droite, pour éviter de s’écrouler, dans tous les sens du terme. Et elle l’observe, impuissante de bien des façons, alors qu’il tente de mettre des mots sur ses pensées et sur son ressenti. Oh elle voit bien qu’il est furieux, quelque part, avec son froncement de sourcil, ces tremblements aussi démesurés que les siens. Puis les hoquets, alors qu’il s’étouffe avec sa haine, ou peu importe ce qu’il pouvait réellement éprouver en cet instant précis. Et elle ne comprend pas, malgré toute la concentration qu’elle place dans ce simple effort, malgré toute son attention, elle comprend pas. Frustrée, sûrement autant que lui. Pour la première fois, elle voulait le tuer, lui et son bégaiement, lui et cette tare qui l’empêchait de se soulager.

Nausée. Sueur. Colère. Peur. Déception. Dégoût. Son cerveau ne cesse de lui envoyer des messages, tous plus dégueulasses les uns que les autres. Et elle a l’impression de suffoquer sous l’émotion, l’impression également d’être entraînée dans le sillage du lieutenant. T’as envie de le secouer pas vrai Ana ? Juste pour lui faire cracher ces mots qui ne sortent pas, pour lui hurler qu’il n’était qu’un petit con qui ne te méritait pas, même pour distiller son venin. T’as envie de le frapper, pour mieux lui demander si ce genre de contact ça le dégoûte moins que le reste. T’as envie de l’embrasser, pour lui faire comprendre que ça c’était un contact déplacé. T’en as envie aussi pour le faire taire, juste parce qu’il n’arrivait à rien et que sa manie de s’obstiner te rendait folle. Parce que tu sais qu’il va pas y arriver, que tu ne vas comprendre qu’un seul mot, avec du bol, et que tu resterais de ce fait comme une parfaite idiote, la rage au ventre et pas plus de réponses au fond du crâne. Pas plus d’explications. Savoir vivre. Savoir vivre putain, le mot, capté au beau milieu de ce bordel verbal, lui arrache un soudain éclat de rire, ô combien nerveux, ô combien bref. Il lui rappelait depuis des années qu’elle n’était qu’une milicienne ratée, et il osait lui parler de savoir vivre ? Instigateur de la nocivité de leur relation, il était la cause de leur état actuel, tout du moins l’estimait-elle. Elle avait espéré comme une idiote qu’il pourrait également être un remède, la solution pour apaiser leurs comportements, apaiser les blessures. Elle arrive pas à savoir à quel moment elle avait pu merder, à quel moment elle aurait dû juste laisser couler… Pourquoi faire d’ailleurs ? Juste pour ne pas blesser l’homme face à elle ? Juste pour le laisser avoir le dessus ? Bordel non. Elle en avait marre de fermer sa gueule, marre de faire des efforts qui, de toute manière, n’étaient pas pris en compte. Et elle en avait marre de cette putain d’IA. TA GUEULE CHARLIE ! Ta gueule. Parce que t’aides pas, parce que ça va pas mieux. Peut être que ça n’ira jamais vraiment mieux.

Et c’est au tour du lieutenant de rire, un peu comme elle avait pu le faire un bref instant, plus tôt. Et elle continue de l’observer, comme si cette façon de le dévisager, la haine au fond des yeux, lui permettrait de se détendre. Elle en aurait été capable, d’attendre. Attendre pendant des heures, à l’observer, comme à la recherche de signaux, de tics auxquels se raccrocher. Quelque chose d’habituel pour se consoler, d’une certaine façon. Mais il n’y a rien d’habituel dans la façon qu’à l’homme de rire, de se pincer l’arrête du nez, d’inspirer comme à la recherche d’un second souffle qui ne lui avait jamais manqué en sa présence. C’était la première fois. Et elle sait pas quoi en penser, si tant est que l’on puisse penser quelque chose de la scène qui se déroulait en cet instant précis. La milicienne frissonne en voyant la main de Tiaan se redresser, jetant un bref coup d’œil par-dessus son épaule pour comprendre qu’il empêchait quiconque d’intervenir. Elle comprend à ce moment précis qu’elle avait hurlé, un peu trop fort et si elle ne s’en veut pas le moins du monde cela suffit à lui faire prendre conscience du mal qu’elle se faisait systématiquement. Toujours à hurler. Toujours à se sentir mal. Toujours avec lui. Alors elle lui en veut, ancrant de nouveau son regard sur le faciès de son interlocuteur, le cœur battant et la respiration sifflante. Elle lui en veut, fut tentée de gueuler encore plus à force de le voir rigoler comme un parfait demeuré, tentée de faire valoir son point de vue étant donné qu’il ne pouvait même pas évoquer le sien. Mais le terminal du lieutenant, ou plutôt la voix de Charlie qui en émanait, fut la plus efficace des muselières.  Tiaan, votre femme confirme.

Tu te figes Ana, blême, comme si tu te connectais de nouveau avec la réalité. Tu sais cette réalité cruelle, bien garce. Cette réalité où il demeurait marié, quoi que tu puisses penser de ses relations et de son cercle social. Marié. Et toi tellement seule que t’avais rien de mieux à faire que de picoler dans un bar avec tes pensées pour seule compagnie, pour ensuite te faire escorter par sûrement la pire personne de ton entourage. Parce que t’avais beau lui siffler qu’il n’avait rien de mieux à faire, toi non plus. Alors ça te fait mal, ce précieux rappel formulé par un putain d’ordinateur. Comme un coup de poignard de trop, qui te vide de ta hargne, de ta colère. Ça te vide de tout. Les tremblements à hauteur des mains s’accentuent malgré tout, un tic nerveux agite la lèvre et une larme, unique mais porteuse d’un flot d’émotions, roule sur la joue. Elle a pas envie que celle ci se voit, pas plus qu’elle ne désire que d’autres suivent le mouvement alors elle secoue la tête Ana, passant sa langue sur ses lèvres avant de pincer férocement ces dernières. Levant les yeux au ciel, réflexe inutile de celle qui voudrait bien ne pas se mettre à chialer, elle inspire encore un long moment, profondément. Elle sait pas combien de temps ils passent ainsi, à gérer leurs crises de nerfs respectives mais c’est elle qui finira par baisser les yeux sur son interlocuteur une nouvelle fois. Elle l’observe encore un temps, tente malgré la migraine qui a définitivement pris place au fond de son crâne de repenser à ce qu’il a tenté de lui dire plus tôt. Le savoir vivre ouais, et avant ? Qu’est ce qui te fais croire… Ouais c’est ça. Qu’est ce qui lui fait croire ? Bonne question.

« Une fille ivre s’est accrochée à ton bras sur une passerelle. Résume-t-elle simplement, d’une voix plate comme pour renforcer le ridicule de la situation. Tout ça, c’est parce qu’elle, après avoir bu, avait eu le malheur de se montrer tactile après qu’il l’ait lui-même été. Une fille ivre, qui aura sûrement tout oublié demain. Putain ce que c’était con. Une fille ivre qui a tenté de respecter ton putain d’espace et qui a en effet cru voir une ouverture. Qui a cru pouvoir faire comme toi. C’était son seul crime, et le cœur qui palpitait au creux de sa poitrine lui rappelait sans cesse qu’elle n’avait peut être pas mérité un tel dégoût en retour.  J’aurais peut être compris de moi-même que c’était le geste de trop. J’en sais rien. Je m’imaginais pas grand-chose. Surtout pas que ce geste insignifiant, et ses nerfs à vif, auraient pu provoquer tout ça. La seule chose que j’croyais vraiment, à partir du moment où tu m’as demandé si j’allais bien, c’est qu’on pouvait passer quelques dizaines de minute tous les deux sans se sauter à la gorge. Ma seule audace a été de croire qu’on pouvait se passer de cigarettes ou d’un gosse de huit ans pour essayer de faire des efforts. Léger ricanement, étouffé au fond de sa gorge nouée. Les tremblements ne sont plus simplement liés à la colère et sûrement est ce pour cela qu’ils se sont intensifiés sans qu’elle n’en prenne trop consciente, sa main droite ramenée sur le sommet de son ventre, sous la poitrine, comme pour calmer les nausées et pour raviver ce souffle qui semblait lui faire défaut. Elle avait besoin d’air, tout de suite. Je nous ai surestimé. Conclut-elle simplement, haussant les épaules avant de baisser les yeux brièvement en direction de la poche de sa veste. Une brève hésitation et puis… Charlie, qu’est ce que je t’ai demandé de conserver en mémoire récemment ? - Que si vous deviez mourir, ce serait la faute de… - Efface. L’IA confirme que l’opération a été effectuée et la milicienne relève alors les yeux, s’attardant brièvement sur le terminal attaché à l’avant bras de Tiaan. Les propos de Charlie lui revenaient en mémoire. Va retrouver ta femme Tiaan. Les civilités ça nous réussit pas. » Il avait voulu rendre service. Soit. Faut croire que c’était plus à faire lorsqu’elle avait bu. Faut croire que ça servait à rien non plus d’espérer que les choses puissent véritablement changer. Alors qu’il aille donc retrouver sa femme, celle la même qui pouvait probablement lui effleurer le bras sans se faire repousser, alors même qu’elle se vautrait dans les lits des autres. Ça l’écoeure presque, que d’avoir moins de privilèges dans ces circonstances. Mais elle dit rien. Elle dit rien parce que la respiration est sifflante malgré un calme et une lassitude apparente. Les tremblements s’apaisent pas, le mal de tête demeure et celle-ci commencerait presque à tourner. Elle voulait juste qu’il se casse, afin qu’elle puisse …. Traverser la plateforme en sens inverse, s’écrouler dans un coin, chialer peut être et surtout suffoquer pleinement sans craindre pour sa dignité.

- BLACK PUMPKIN


† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


Rosa, love of my life:
 
MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Mer 7 Fév - 21:33
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Elle aime à rire, elle aime à boire
Sometimes the best thing you do is not think, not wonder, not imagine, not obsess. Just breathe, and have faith that everything will work out for the best.
Tu t'étouffes pendant de longues minutes, les mots coincés au bout de ta langue, au fond de ta gorge, tu rages, tu as envie de trépigner, de frapper et surtout de pleurer, parce que ça te frustre mais aussi parce que tu as peur, peur de beaucoup de choses. De ne pas être écouté, d'être ignoré, de ne jamais réussir à parler à nouveau. C'étaient des peurs que tu avais depuis ton enfance qui refaisaient surface à chaque fois que tu te sentais mal comme cela et ton cerveau saturé de panique et de rage ne parvenait pas toujours à stopper les remugles de l'enfance qui te faisaient suffoquer. Le rire aussi te surprend, parce que la nervosité tu la connais, c'est ce qui te rendait parfois aussi remuant, c'était aussi ce qui te faisait réagir avec violence ; frapper avant d'avoir mal, aucune compassion par les autres parce que c'est ton propre bien être que tu tentes de défendre. Tu ris et ce sont des sanglots que tu gardes étouffés dans les sons qui s'échappent de ta bouche. Vaut mieux en rire qu'en pleurer. Tu parviens difficilement à t'arrêter, surtout parce que tu ne peux plus respirer et que ton corps protester. Tu as l'impression que tes membres sont en feu, tu as toujours du mal à inspirer normalement, mais maintenant c'est parce que tes poumons souffrent, tes abdos crient. Tu as mal, mais c'est purement physique, tu t'y accroches comme tu peux. Tiaan, vous avez un message de Theevi. Tu ne réponds pas, tu ne fais même pas mine de soulever ton bras pour y répondre ; tu trembles toujours, des mouvements difficiles. D'un coup, tu as froid, tu es fatigué et tu as envie de t'asseoir et d'abandonner. Tu n'arrives toujours pas à contrôler ton corps et tu ne sais pas quoi faire pour stopper ces mouvements incontrôlés, comme tes mots, empêcher les tressautements brutaux de tes mains, tes nerfs et tes muscles à vif qui obéissent à des impulsions paniquées de ton cerveau qui essaie de compenser ce que tu ne fais pas ressortir autrement. Tu produis des bruits aussi, comme si tu essayais de parler mais que tu n'y arrivais pas, c'est un peu mouillé.

Face à toi, c'est Ana qui est blême, livide et inconsciemment, tu veux lui demander si ça va. Est-ce que ça va, Ana ? Non, elle ne va pas bien, putain tu le sais très bien. Le badaud qui vous dépasse le remarque lui aussi, mais un bref regard vers vous deux le fait poursuivre son chemin. Putain, personne ne va bien et tu fermes les yeux, tu te mords les lèvres. T'as encore déconné, t'as juste obéit à tes impulsions, t'as écouté ce que tes émotions te disaient de faire « ne laisse pas les autres t'approcher, ça t'irrite », alors tu obéissais parce que ça te dégoûtait le toucher lorsque tu n'en voulais pas. Tais toi, tais toi. Des fois, tu as juste envie de penser parce que ça te fait mal, putain tu bégaies même pas dans ta tête... tu trouvais ça terrifiant lorsque tu étais tout seul avec tes pensées après une crise de larme. Tu fermes la bouche, tu la clôtures complètement, tu ne diras rien, tu ne dis rien. Tu vois les mains qui tremblent, les yeux humides, la larme et … tu te sens horriblement mal. C'est quelque chose de vous battre, de frapper quelqu'un lorsque l'autre répond, lorsque l'autre surtout est en état de se battre, mais là vous êtes tous les deux fatigués, au milieu d'une passerelle, en civil, il n'y a plus de combat, plus de jeu, vous êtes juste deux idiots trop fiers pour leurs propres biens. Tu ne sais pas quoi faire, tes poings se serrent pour cacher les tremblement de tes mains, la raideur de ta nuque s'accentue, le rouge te monte au cou, aux joues, aux oreilles. Tu ne veux pas pleurer. Tu ne dis rien, tu respectes son silence, ses gestes réflexes pour cacher ses larmes, tu ne dis rien parce que la fierté c'est tout ce qu'il vous reste, vous vous êtes tellement battus pour elle. Tiaan, vous avez un message de Theevi. Tu remontes machinalement la tirette de ton gilet. Tu as un autre hoquet, ta respiration se calme, ta respiration est sifflante, tes yeux secs, comme si tu avais pleuré toi aussi. Tu ne dis rien, tu attends juste, de ne plus trembler, d'avoir un pied plus sûr, qu'Anastasia dise quelque chose peut-être. Mais elle ne dit rien Ana, elle observe le ciel. Tu connais cette technique, tu as déjà vu tes sœurs l'utiliser, ton petit frère aussi, quand il était vexé qu'on ne l'écoute pas, ou d'être abandonné à la boutique, les poings serrés, le narines frémissantes, les yeux levés vers le ciel pour que les larmes ne coulent pas.

Ça ne fonctionne pas Ana, ça ne fonctionne jamais, ça étouffe juste, ça contraint ta gorge à des exercices, ça t'empêche de respirer parce que relâcher le sanglot qui monte voudrait dire qu'on a perdu... et perdre, tu n'aimes pas ça Ana.

Puis elle ouvre la bouche, et elle attaque. « Une fille ivre s'est accrochée à ton bras sur une passerelle. » Oui, mais ce n'est pas ça le problème, ce n'est pas la fille, ce n'est pas l'ivresse, c'est le geste, l'intention, ce que ça veut dire : te toucher. Ne me touchez pas, je ne vous connais pas. « Une fille ivre qui a tenté de respecter ton putain d'espace et qui a en effet cru voir une ouverture. » Une ouverture ? Une ouverture pour quoi ? Tu étais encore plein de rage de ce qu'elle avait dit. Rabaisser tes manches, cacher la brûlure, cacher la douleur ce n'était pas une ouverture, c'était juste un geste, rien de plus. Tu as envie de lui hurler que ce n'est pas comme ça, qu'elle interprète tout mal. « Qui a cru pouvoir faire comme toi. » Comme toi ? Comment ça comme toi ? Tu avais fait quelque chose d'affectueux ? Tu ne l'avais pas touchée pour t'accrocher à elle, ton geste n'avait aucune signification derrière... juste la faire taire, lui intimer physiquement puisque tu ne pouvais pas le faire verbalement. Oui, c'était plus difficile pour toi. Tes doigts entamaient une course folle sur tes cuisses, pour faire du bruit, surtout pour toucher quelque chose, quelque chose de tangible, te rattraper à la réalité en sentant et ressentant. « Ma seule audace a été de croire qu'on pouvait se passer de cigarettes ou d'un gosse de huit ans pour essayer de faire des efforts. » Tes yeux s'écarquillent, surpris, perdu, puis d'un coup tu comprends pourquoi elle voulait cette cigarette, pourquoi ces regards en coin, pourquoi elle avait joué des heures avant. Pourquoi elle avait aussi tu ses mots acides et pourquoi elle n'avait pas essayé plus de te rabaisser devant Tolmin. Tu ouvre la bouche, puis tu la ferme. Tes lèvres se pincent et tes yeux s’étrécissent, mais toute ta colère a disparu au profit d'une douleur qui t'écrase, celle de la compréhension. Cela ne te fait pas regretter tes gestes parce que … qu'est-ce que tu aurais pu faire d'autre. Lui tendre tes clopes ? Lui dire « hey, je te raccompagne, prends ça pour que rien ne se passe ? », les cigarettes n'étaient pas un totem magique qui empêchait tous les problèmes de survenir. Ils étaient juste un pacte entre vous. Un pacte pour elle et pour toi, c'était juste des putains de clopes. Tes mains retrouvent le confort de tes poches et c'est avec le paquet que tu joues, tu coinces tes doigts dedans et tu entoures les filtres. « Je nous ai surestimé » Elle et toi, vous ne jouiez surtout pas avec les mêmes cartes en main. Tu ne sais pas quoi dire, tu préfères te taire, tu n'as toujours pas confiance en ta voix. Tiaan, vous avez encore un message de Theevi. Au même moment, Ana conclue. Tu lances un bref regard vers ton bras, inspirant faiblement. L'inspiration était légèrement sifflante. Tu notes machinalement que le goût ferreux est atténué. Un bien pour un mal, hein. « Va retrouver ta femme, Tiaan. Les civilités ça nous réussit pas. » Tu l'observe à nouveau, un peu confus parce que ce n'est pas ce qui était prévu. Le Colossus, face à toi, t'appelle, tu veux y disparaître.

Tu fermes les yeux et, à nouveau, Charlie se rappelle à vous. Tiaan, vous devriez répondre à vos messages. Tu fermais les yeux, les sourcils froncés. C'était dans l'habitude de Theevi d'envoyer plusieurs messages d'affilé, mais tu ne pouvais t'empêcher de t'inquiéter à chaque fois. Tu espérais tout de même que si ta sœur avait un réel problème, elle aurait plutôt le réflexe d'appeler la milice que toi. Elle était bien capable de se défendre seule. Tu inspirais par le nez. Ta sœur était une grande fille. Avec des relations que tu réprouvais. C'était généralement ce qui vous éloignait, votre vie de couple. Tu méprisais son homme et elle n'appréciait que très peu ta femme. Tes mains tremblaient à nouveau à tes côtés, elles brûlaient de se diriger vers ton terminal, voir ce qu'elle voulait, voir ce qui n'allait pas... espérant que ce ne serait qu'une simple demande, quelques questions, des images de ses dernières créations. Est-ce que tu trouves que cette robe me va mieux ou celle là ? Oui, tu aimerais quelque chose comme ça, quelque chose de complètement futile. « P-pardon. » Tu voudrais rajouter je vais par là, j'habite là bas, mais tu ne sais pas, alors tu ne bouges pas, tu prends juste une grande inspiration.
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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Jeu 8 Fév - 0:46
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Elle aime à rire, elle aime à boire.
Ana & Tiaan

C’est juste une bulle. Une bulle autour de vous, comme à chaque fois. Un condensé de haine, de reproches, de blessures sanguinolentes qui empêche quiconque de s’approcher. Personne n’oserait essayer de vous consoler. A moins que vous ne soyez juste trop pathétiques, surtout en cet instant précis. Lui, incapable de formuler deux mots à la suite. Elle, sur le point de faire une sorte de crise d’angoisse juste parce qu’il avait eu le malheur d’être un peu trop froid. T’espérais quoi Ana, au fond ? Qu’il savait dans quoi il s’engageait, en te raccompagnant ? Qu’il serait clément, par égard pour ton ivresse ? Sûrement un peu de tout ça. A moins que les échanges plus doucereux qu’il y avait eu entre vous ces derniers temps ne t’aient poussée à croire que vous étiez capable de faire autre chose que de vous mutiler. Des efforts pour rendre la relation plus confortable, moins nocive. Peut-être l’espoir de le voir constater que si la milicienne n’était pas totalement ratée, la femme qui se cachait derrière ne l’était pas non plus. Sûrement que la vodka t’avait rendue plus joyeuse également, moins regardante. Tu sais pas trop Ana. Tout ce que tu sais, c’est que ça a foiré, lamentablement. Qui sait, ça pourrait être drôle. Bel espoir ma fille, bel espoir. C’est tellement hilarant que vous vous étouffez tous les deux comme de parfaits crétins et que tu sais pas à quoi te retenir, à quoi t’agripper pour conserver les pieds sur terre. Tu sais même pas si t’arriverais à te tenir de toute façon, tant les mains tremblent, tant l’une est occupée à martyriser ton t-shirt pour tenter de retrouver un semblant de respiration. Ça marche pas vraiment, c’est même totalement inutile mais tu ne contrôles pas ces réflexes, pas plus que tu ne contrôles ces prunelles levées vers le ciel, dans l’espoir de ne pas mettre à te pleurer comme une gamine devant lui.

Theevi. Le prénom résonne à plusieurs reprises, signe que la personne en question semblait presque harceler le lieutenant. Ça lui ferait presque grincer des dents à Ana, tant celle-ci rêve de lui dire de fermer sa gueule, à cette putain de bonne femme. Theevi. Prénom de merde tiens. Qu’elle aille se faire foutre. C’est de sa faute à elle, tout ça. C’est parce qu’il est pas capable de cracher sur celle qui le trompe qu’il crache sur les autres, sur elle. Theevi. La milicienne tente de passer outre les rappels incessants de Charlie, essayant de calmer cette crise qui la laissait pantelante et en sueur. Il lui faut du temps, sûrement trop, et elle bénit les douaniers de ne pas intervenir, tous comme les passants qui semblaient encore et toujours les esquiver tous les deux. C’est bien. Elle ne voulait pas d’eux, elle ne voulait de personne. Ce n’était que Tiaan. Tiaan et elle. Comme toujours. Elle n’aurait pas voulu de Rosa, celle qui aurait sûrement géré la situation et qui leur aurait intimé d’arrêter de se comporter comme des gosses. Elle n’aurait pas voulu d’Ethan, surtout pas, lui et ses plaisanteries. Et elle n’aurait voulu de personne capable de prendre sa défense. Elle voulait pas qu’on la défende. Pourquoi ? Par fierté, sans nul doute. Mais aussi parce que la jeune femme estimait que cela ne concernait personne d’autre qu’eux deux. Et, elle commençait à le comprendre, parce qu’elle sentait une pointe de culpabilité se ficher quelque part. Une pointe qui lui semble plus douloureuse chaque fois qu’elle a le malheur de baisser les yeux en direction du douanier, constatant de ce fait son état, se remémorant ce qui les avait poussés à se sentir ainsi. Elle l’avait touché. Cet idiot n’avait pas supporté. Et elle, en parfaite crétine bourrée, n’avait pas supporté cet énième rejet. Est-ce qu’il le comprenait seulement ? Est-ce qu’il a conscience du fait que s’il peut la tuer en lui demandant à quel point elle aimerait être aimée, alors il pouvait la tuer juste en la repoussant ? Est-ce qu’il sait que ça la poignarde à chaque fois, que ça la renvoie à ces putain de fois où elle n’avait pas été assez bien, pas suffisante ?

Elle ouvre la bouche, une première fois, se sentant suffisamment confiante pour exprimer ce qu’elle éprouvait, pour justifier son geste. Ce n’était qu’une fille ivre, se saisissant du bras de l’homme qui la raccompagnait. Elle voudrait lui dire que ça ne représentait rien, qu’elle ne s’imaginait rien, mais elle n’ose pas. Car ce serait mentir, partiellement. Evidemment, évidemment que s’il l’avait autorisée à faire ce geste, elle se serait sentie libre de plus à l’avenir. Peut-être qu’au contraire sa sobriété future lui aurait permis de faire preuve de plus de retenue. Indéniablement, elle aurait aimé toutefois qu’il lui donne le temps de prendre conscience de son erreur. Qu’il lui laisse une seconde, ou deux, pour lui foutre la paix. Ne me touche pas. C’est fou comme ça fait mal. Et c’est fou comme elle se sent pathétique pour si peu. Mais malgré sa gorge nouée et ses mains tremblantes, elle continue, sans le lâcher des yeux. C’est sûrement le pire. Se confronter à son regard à lui. Si expressif, toujours si expressif. Elle a envie de lui arracher les yeux, juste pour plus éprouver de culpabilité, juste pour pas sentir naître cette espèce de compassion lorsqu’elle se rend compte qu’il ne comprend pas où elle voulait en venir. Il avait juste pas compris. Crétin va. Elle essaye pourtant. Mais il le voyait juste pas. C’est tellement con. Mais ça l’empêche pas de poursuivre, sans jamais le lâcher, sans jamais cesser de se perdre au fond de ces prunelles. Elles sont moins féroces et ça la rassure inconsciemment. Car quoi qu’il puisse en penser, oui elle avait peur de lui. Depuis quelques semaines, depuis qu’il a commencé à trop en apprendre, trop en savoir, trop en voir. Elle a peur, mais elle s’obstine. Idiote. Et toujours Charlie pour la couper dans son discours.

Theevi. Encore elle, toujours elle. Mais Ana n’a pas la force de s’offusquer de nouveau, pas plus qu’elle ne se sent d’hurler ou d’être en colère une nouvelle fois, n’ayant déjà pas encore réussi à passer outre l’accès de rage précédent. Alors elle l’invite à retrouver sa femme, qu’il aille donc faire… Faire quoi ? On fait quoi, on dit quoi, à sa femme lorsqu’on ne porte même plus son alliance ? Elle sait pas, mais elle se dit que c’est sûrement mieux que de se la coltiner elle. Elle et sa manie d’être trop tactile pour lui. Pourtant, à peine eut-elle prononcé ces mots que son esprit semble se souvenir d’un détail important. Votre femme confirme. Votre femme. Pas Theevi. Les personnes sont différentes. Pourtant elle est pas sûre que ça fasse une grande différence. Au contraire, elle se dit qu’il a définitivement mieux à faire. Qu’il réponde donc à ses messages, si importants. Putain. Dire que le dernier qu’elle a reçu, c’était celui qui l’avait incité à boire juste pour oublier. Pour ne pas réfléchir, ne pas penser aux conséquences encore moins à ce qu’elle devait faire. Et elle se sent misérable, une fois de plus. Pathétique. Pire que lui. Elle avait eu l’audace de croire tout ce temps que sa vie était sûrement mieux que la sienne à lui, malgré tout. Peut-être que non. Peut-être qu’elle se plantait. De toute façon elle ne pouvait qu’imaginer, ignorant tout de ce qu’il pouvait penser, éprouver, vivre. Il n’y a que cette confusion au fond des yeux, cette galère, cette douleur aussi quelque part. Et elle se sent mal. Pour elle. Pour lui. Pour eux. Suffisamment pour être incapable de juste partir en première, incapable de le planter là, de le chasser d’un revers de main dans un sifflement rageur. Putain. Même pas foutue de le congédier et de le renvoyer auprès de sa compagne. Mais elle se dit qu’il s’en chargera bien lui-même. Elle se dit que…

Pardon. Elle ne se fige pas cette fois Ana. Non. Elle éclate de rire, ramenant sa main libre à ses lèvres comme pour atténuer son hilarité. Des rires entrecoupés d’inspirations saccadées, de sanglots dans la voix qui finissent par se manifester sous forme de larmes, celles-ci s’écoulant désormais librement sans qu’elle ne parvienne plus longtemps à les retenir. Ça se voit bien, qu’elle est hystérique, qu’elle n’a plus le contrôle du moindre de ses muscles et encore moins de la moindre de ses émotions. Ça se bouscule, ça se chevauche, ça se combine. Et ça forme ce tout, cette crise de nerfs qui a au moins le mérite de ne pas exprimer la moindre colère. Non, elle est plus en colère Ana. Elle se sent juste conne, fatiguée. Surtout conne. Pardon. Elle aurait jamais cru, qu’il puisse prononcer ce mot ci. Encore moins avant elle. Etait-elle à ce point fière ? Non. Mais sûrement qu’elle n’osait plus faire le premier pas, trop incertaine quant à la conduite à suivre, trop effrayée à l’idée de voir ses efforts balayés face à son mépris. Et le voilà, en train de s’excuser. Ça lui comprime le cœur, d’une façon différente cette fois. Et toujours ces pleurs, ces larmes qui roulent et qui contrastent avec le sourire qu’elle finit par arborer, décalant enfin sa main de ses lèvres désormais qu’elle arrivait à se ressaisir. « Ok… Ouais. Ok. Hmm hmm. Elle hoche la tête en un signe positif, passant sa langue sur ses lèvres de nouveau, léchant les perles salées qui avaient laissé leur trace. Une inspiration, profonde, avant qu’elle ne se recule d’un pas ou deux, pour s’adosser contre la paroi de la passerelle, ne se souciant pas des risques. La tête rencontre la vitre, en douceur, et elle passe ses mains sur son visage, remontant jusqu’à sa chevelure qu’elle soulève, prise d’un nouveau coup de chaud. Celui de trop car c’est dans un léger grognement qu’elle finit par se redresser, à peine, suffisamment pour pouvoir retirer sa veste dans un geste vif, demeurant en t-shirt. La main glisse le long de la base du cou, dévie sur la nuque. Ok. Cette même main semble presque lui échapper, déviant en direction du lieutenant comme pour le toucher une nouvelle fois. S’agripper à lui, comme en soutien mutuel, comme pour pardonner, comme pour s’excuser aussi. N’importe quoi. Mais elle se retient à mi-chemin, la ramenant de nouveau brutalement contre elle en se souvenant que tout partait de ce genre de conneries. Ok. » Un souffle, un dernier hochement de tête, avant qu’elle ne ferme les yeux le temps d’une profonde inspiration.

Un moment de silence. « Moi aussi. Nouveau coup d’œil en sa direction, le visage figé en une expression aussi lasse que sérieuse, une étincelle de tristesse au fond des yeux désormais rougis, les joues humides même si elle a cessé de pleurer. Navrée qu’ils en arrivent là. Navrée d’avoir bu. Navrée d’être elle, et qu’il soit lui. Et c’est sur ces propos que la milicienne inspire une nouvelle fois, se redressant dans le même temps, la veste passée par-dessus un bras, ces derniers désormais croisés contre sa poitrine comme en recherche d’un équilibre quelconque. Puis elle esquisse un pas en direction du Colossus, toujours avec cette sale impression de mourir de chaud. De mourir tout court. Bon dieu. Elle se demandait parfois comment elle faisait pour tenir, pour encaisser. Etait-ce de la faiblesse ou de la force ? Elle sait pas. Un second pas est effectué, et elle se rend compte rapidement qu’il suit le mouvement, empruntant la même direction qu’elle. Elle ose pas demander pourquoi, ne veut même plus savoir, essayant de songer au chemin qu’il lui faudrait prendre pour rentrer chez elle par ses propres moyens. Elle veut pas compter sur lui. C’est d’ailleurs instinctivement qu’elle s’était décalée, lui laissant plus d’espace. Tête baissée, tant pour observer ses pieds et assurer sa démarche que pour éviter de trop se focaliser sur lui, le silence perdure, le temps qu’ils traversent une bonne partie de la passerelle. Et puis la question, dans un souffle. Cinq frères et sœurs. Se remémore-t-elle. Theevi ? » C’est insignifiant, une question comme une autre, pourtant elle peut pas s’empêcher de se demander si c’est de trop. Une fois de plus. Pitié. Pitié faîtes que ça ne soit rien. Faîtes qu’il comprenne que si la question est murmurée, c’est pour ne pas brusquer. Pitié. Faîtes qu’il remarque qu’elle relève les yeux en sa direction, instinctivement, pour pouvoir capter un hochement de tête plutôt qu’un mot qu’il pourrait avoir en horreur. Et de ça, elle s’en rend même pas compte Ana. Elle voit même pas les habitudes qu’elle a prises, inconsciemment, pour s’adapter à lui.

- BLACK PUMPKIN


† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Jeu 8 Fév - 23:04
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Elle aime à rire, elle aime à boire
Sometimes the best thing you do is not think, not wonder, not imagine, not obsess. Just breathe, and have faith that everything will work out for the best.
T'es complètement perdu Tiaan, et pourtant tu comprends. Tes cils sombrent, tu déglutis, tu les rouvres. Putain que t'es con quand ça te concerne, t'as aucune envie d'ouvrir les yeux, tu préfères ignorer, te taire, regarder ailleurs parce que tu as peur. Putain Tiaan, tu n'as aucune peur d'être blessé physiquement, mais émotionnellement tu es un gros froussard. Tu aurais préféré qu'elle te frappe, qu'elle t'en colle une, là tu aurais su quoi faire, tu aurais aussi mieux encaissé. Alors tu cherches à fuir, d'une certaine façon, tu t'excuses, tu veux fuir, tu veux passer mais … Tu ne comprends pas trop lorsqu'elle se met à rire, tu ne comprends pas non plus lorsqu'elle ses sanglots se mêlent aux rires et tu n'oses pas bouger, de peur de briser le moment, de la brusquer. Tu ne bouges pas, tu ne la touches pas, tout au plus tu recules tes mains, un peu derrière tes poches sans pour autant oser les glisser dans celles-ci. Tu détournes le regard quelques instants, peut-être par pudeur, vous aviez toujours cherché à cacher vos tares et vos blessures pour qu'elles ne servent jamais, ô grand jamais, de cible. Tu te sens de plus en plus mal, au point que tu as mal aux sinus, que tu inspires difficilement et tu ne sais pas quoi faire de ton corps, de tes mains, de ta bouche. Alors tu ne fais rien, parce que c'est toujours la meilleure solution socialement. Tu n'es pas social, tu sais identifier les regards, les gestes, les postures, mais tu ne sais pas comment faire lorsque c'est toi qui te retrouve au milieu de l'équation.

Du bout des doigts, tu tires sur ton gilet, tu regardes tes pieds, tu inspires bruyamment, tu ne sais pas quoi dire. Tu as juste envie d'appeler quelqu'un, ta femme, Theevi, Rosalija même pour savoir quoi faire. Occupez vous-en, par pitié. Tu relèves les yeux, parce que même si tu ne sais pas quoi faire, même si tu as peur, tu ne la laisseras pas toute seule comme ça, en larmes, hystérique, au milieu d'un long rire, non tu ne la laisseras pas ainsi seule. Tu avais promis de la raccompagner chez elle – l'as-tu vraiment fait ? – alors tu ne bouges pas et tu observes en silence. Cela changera peut-être quelque chose. Peut-être ni pour toi, ni pour elle, mais au moins tu te sentiras mieux. Un sentiment honteux que te dire que veiller sur une femme qui fait une crise d'hystérie au milieu d'une passerelle serait la meilleure chose que tu puisses faire de la soirée. Cela te fait prendre un coup et tes épaules s'abaissent un peu plus, le coin de ta bouche se durcit, tes yeux se plissent. Tu te sens tellement mal, tu as l'impression d'avoir pris une rouste mais cette fois ce n'est pas avec un peu de crème que tu arriveras à faire passer la douleur. Tu n'es même pas certain que le sommeil suffira pour te réfugier.

T'as envie de faire comme un gosse et d'aller retrouver ta sœur, te cacher dans son antre à elle et rester juste assez près pour que sa présence te réchauffe, parce que vous n'avez pas toujours besoin de parler pour vous comprendre. Tes yeux papillonnent.

« Ok... Ouais. Ok. Hmm hmm. » Tu ne sais pas quoi faire, tu ne sais toujours pas où mettre tes mains, alors tu les laisses, ballantes, le long de tes jambes et tu dévisages Ana et ses larmes et son sourire et ses rires et tout ce qui te semble tellement contradictoire en elle. Tu ne dis rien, jamais rien, tu attends, tu te dis que de toute façon ça ne vaut pas le coup. Tu carres les épaules, t'attendant à d'autres remarques, qu'elle te rie au nez, tu te méfies de votre prochain échange. Tu es devenu tellement terrifié des véritables discussions que tu es certain qu'elles sont toutes amenées à mal finir. Depuis quand tu n'as pas parlé avec quelqu'un sans cris, sans larmes et sans rage ? Oh, tu ne sais pas. Peut-être que tu exagères, parce que tu es persuadé que tout va mal. Tu suis du regard le moindre de ses gestes, les yeux légèrement étrécis pour mieux voir, mieux te concentrer et surtout garder tes yeux ouverts, qu'ils ne se mettent pas à te trahir, eux aussi. Tu la vois reculer et tu te dis que ça y est, elle s'en va et tu es presque rassuré que ça se finisse comme ça, qu'il n'y ait rien de plus... puis tu lèves la main, prêt à l'arrêter. Tu ne veux pas qu'elle brise la vitre, tu ne veux pas qu'elle meurt, qu'elle disparaisse ici, tu ne veux pas mourir non plus. Tu ouvres la bouche, puis voyant qu'elle opère avec une certaine douceur, tu n'avances pas plus du pas que tu as fait dans sa direction. Tu ne bouges plus, tu attends, peut-être nerveux, mais surtout perdu. Tu fermes les yeux un long moment, tu écoutes juste. Le bruit de pas sur la passerelle devant vous, sa respiration, le bruit de ses vêtements. « Ok. » Ok. Juste ok. Très bien, c'est bien un ok. Un autre ok. Elle accepte, elle a compris, pas besoin d'accepter. « Ok. » Ok. OK. Tu gardes les yeux fermés, puis après un silence, une trêve peut-être, elle lâche ; « Moi aussi. » Tu rouvres les yeux, tes yeux passent le long de sa silhouette, du tee-shirt qui cache moins ses formes, la veste dans ses bras, ses joues encore mouillées et ses yeux rouges, bouffie de douleur et d'hystérie. Tu sens sa fatigue qui se reflète à la tienne. Tu ne dis rien, tu n'hoches pas la tête, tu ne fais même pas signe d'avoir entendu.

Tu ne penses même pas que ce soit utile. Vous êtes allé trop loin, vous êtes désolé. Tu ne sais pas si tu es soulagé, mais tu expires presque en tremblotant.

Alors tu avances aussi, tu lui enchaines le pas, sans réellement savoir si c'est pour elle ou pour toi. Si c'est aussi pour la suivre et te donner bonne conscience ou, plus pragmatiquement, parce que vous suivez le même chemin pour rentrer. Tu as envie de penser l'un pour te rassurer et en même temps, tu aimes à rêver. Tu ne fais pas attention à elle, tu avances juste, les paupières lourdes. Le silence te convient, il vous accompagne, il vous empêche de vous battre et, il a toujours été ton meilleur allié. Tu te baignes dans le silence, alors évidemment tu entends son murmure, tu entends sa remarque, parce qu'entre vous deux, il n'y a plus rien qu'un épais gêne et pas de bruit. « Cinq frères et sœurs. » Tu tournes le regard vers elle, un sourcil arqué, un moment confus. Où ? Quand ? Comment ? Puis tu te souviens de Tolmin et du jeu auquel vous aviez joué, des quelques réponses que tu avais offert. Tu penches sensiblement la tête sur le côté. « Theevi ? » Tu acquiesces, cette fois. Il n'y a aucune raison de mentir ou cacher son existence, de toute façon ta sœur était tout à fait capable de s'occuper d'elle même. « P-p-p-p-petite soeur. » Tu soulèves ton bras et tu rallumes ton terminal pour pouvoir parcourir rapidement les messages qu'elle t'a envoyé. Le premier te fait froncer les sourcils, le second est par contre tout à fait innocent, des photographies prises de petits objets qu'elle avait fait pour occuper son temps libre les derniers jours. Après une seconde d'hésitation, tu agrandis l'une des images et tu places ton bras un peu devant toi pour que ta voisine puisse voir.


Tu souris presque, le coin de ta bouche tressaute, parce que d'un certain côté tu es fier, comme si c'était toi qui avait fait, fier aussi qu'elle te montre, qu'elle partage avec toi et que ce soit elle qui vienne prendre de tes nouvelles à sa façon. Tu devrais lui répondre, trouver du temps – tu en as pourtant, tu pourrais faire l'effort – pour aller la voir, passer du temps avec elle, juste l'écouter parler lorsqu'elle coud. Tu souris franchement, puis il disparaît, tu ramènes ton bras vers toi et tu regardes le dernier message avant d'éteindre le terminal, alors que vos pas vous rapprochent de la fin de la passerelle. Vous étiez encore loin du Colossus, hein.
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Nosey little fucker, aren't ya ?

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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Ven 9 Fév - 18:53
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Elle aime à rire, elle aime à boire.
Ana & Tiaan

Il s’était avancé. Tu sais pas pourquoi, tu sais pas à quel moment non plus. T’étais trop occupée à rire et pleurer dans le même temps, poussée à bout par tes sentiments et épuisée par l’ascenseur émotionnel que tu venais de subir en à peine quelques minutes. Colère, agacement, compassion, culpabilité, puis ce sentiment que tu ne parviens pas à nommer. Cette pointe de quelque chose qui se fiche quelque part quand tu l’entends s’excuser, employer un mot que tu pensais inexistant dans le vocabulaire du lieutenant. Tu t’en veux, sûrement autant que tu lui en veux de t’avoir poussé une fois de plus dans tes retranchements, bien que les limites à ne pas franchir aient été avancées à cause de l’alcool dans ton sang. Mais tout disparaît presque instantanément, te laissant à bout, incapable de gérer la situation. Alors tu ris et tu pleures en même temps, comme pour t’assurer qu’au moins une de tes émotions puisse se prêter à la situation actuelle, comme pour avoir un peu raison de ressentir quelque chose. Dire que tu t’étonnes encore de ne pas être cohérente. Voilà bien la dernière preuve de ta folie à toi, de tes incohérences, de tes failles et de ton incapacité à les gérer correctement. Ça prouve bien une fois de plus que t’es lamentable, mal à l’aise, inadaptée. Tu te sens mal pour toutes ces raisons, tu te sens vide. Pardon. Un simple mot, qui résonne en boucle dans ta tête tandis que tu ne peux t’empêcher d’acquiescer et de lâcher ton approbation à tout va. Ok. Oui, ok, tout va bien, ou plutôt tout ira mieux. Très bien, admettons, c’était qu’une erreur de plus, un mauvais jugement, un geste de trop de votre part à tous les deux. C’est pas grave, que tu t’efforces de penser, avec intensité, dans l’espoir de calmer les battements de ton cœur et les tremblements de ton corps. Vous étiez plus à ça près. Et tu sais, tu sens, que malgré tout cette fois ci était différente. C’est plus un simple café suite à des mots trop violents. Ce sont des excuses, et des crises de nerf qui témoignaient de l’importance que vous accordiez à cet instant précis. Le tout pour pas grand-chose finalement. Alors tu te dis que c’est important, peut-être plus que si la soirée avait été drôle, comme tu l’avais espéré au début.

Surtout qu’il s’était avancé. Désormais délestée de sa veste, les doigts effaçant les gouttes de sueur qui perlaient dans le cou, les prunelles de la milicienne se fichent à nouveau dans celles du lieutenant. Triste, fatiguée, désireuse de laisser tout ça derrière eux. Il est plus proche et la jeune femme se demande un bref instant si lui aussi a été saisi d’un geste réflexe, tout comme elle s’était retenue de l’effleurer une nouvelle fois. Et elle se demande ce qui a bien pu le retenir, lui. Pourquoi il s’est avancé, pourquoi il s’est arrêté. Pourquoi il la dévisageait désormais et pourquoi elle ne savait pas quoi faire de ce qu’elle lisait au fond de ses yeux. Humain. Putain. Il était beau, quand il n’était pas con. Il était beau, quand elle se souvenait qu’il était ce qu’il était à cause de son histoire, de son parcours, tout comme elle avait été influencé par les embûches qui ont parsemé sa vie. Elle se dit que les autres penseraient sûrement comme elle, s’ils se heurtaient à autre chose que le mépris du lieutenant ou son indifférence presque totale. Elle se dit qu’ils auraient moins peur, s’ils voyaient les failles du blond, s’ils voyaient ce qui se cachait au fond. Il le cachait moins bien avec elle, tout comme elle était lasse de se battre pour ne pas dévoiler ses problèmes. C’était difficile, à force. Pourtant elle voudrait le décortiquer, lui arracher le cœur à mains nues juste pour voir ce qui pouvait se trouver à l’intérieur. Savoir. Comprendre. Comme à chaque fois, comme pour tout. Tu te poses trop de question Ana, qu’elle disait sa mère. Elle a toujours eu raison quand il était question de ses enfants. Et ce fut sur cette pensée que la concernée finit par inspirer définitivement pour reprendre sa route, ayant la sensation que tout avait été dit. Non, pas tout. Elle lui dit pas tout ce qui lui traverse l’esprit, tout ce qu’elle éprouve. Elle ravale l’infinité de questions qui lui bouffent le crâne, s’abstient d’en rajouter. Par peur, essentiellement. Parce qu’elle sait toujours pas ce qu’elle peut se permettre de lui dire ou non. Peut-être aussi qu’elle préférait qu’il demande, se souvenant brièvement des rares fois où il lui avait posé des questions. Intérêt fugace. Intérêt qu’elle voudrait voir ravivé, par égard pour son égo, par égard pour ses peurs.

Pour l’heure ce n’est toutefois que le silence qui la rassure. Un silence qui lui fait du bien pour le temps qu’il dure, la milicienne n’étant gênée que par les efforts qu’elle faisait pour se tenir relativement éloignée de l’homme qui avait repris sa marche à ses côtés. Ne pas merder. Pas encore. Car elle avait l’impression qu’ils finiraient par s’entretuer, s’ils se poussaient encore à bout. Parce qu’elle sait, qu’ils sont pas capables d’encaisser tant que ça finalement. Alors elle garde ses distances, fixant ses pieds pour essayer de marcher correctement sans avoir besoin de lui. La colère lui a donné un regain d’adrénaline, suffisant pour dissiper brièvement les effets de l’alcool, mais elle sait que la fatigue, la vraie, reprendra vite le dessus. Malgré tout, Anastasia ne peut pas s’empêcher de reprendre la parole dans un souffle, comme si le murmure permettrait de ne pas leur faire hausser le ton peu importe ce qu’elle pouvait dire. Theevi. Si ce n’était sa femme, et elle fut presque soulagée en le constatant d’elle-même, alors peut-être était-ce un membre de sa famille. Sa si nombreuse famille. Les yeux relevés en direction du lieutenant, elle capte brièvement son sourcil arqué puis, surtout, son hochement de tête en guise d’approbation. En d’autres circonstances, la jeune femme aurait pu se sentir fière, de manière puérile, pour avoir réussi à trouver. Cette fois ci elle se contente de demeurer silencieuse, l’écoutant simplement quand il précise qu’il s’agissait de sa petite sœur. Hochant la tête, Ana le voit alors relever son bras pour jouer avec son terminal, sûrement pour répondre à ces fameux messages reçus. Respectueusement, elle détourne les yeux, quand bien même elle n’aurait pas réussi à lire quoi que ce soit si elle l’avait voulu. Mais le mouvement, infime, de Tiaan l’incite à lui prêter de nouveau attention et elle le voit de ce fait tendre un peu plus le bras, une image agrandie sur le terminal. Elle comprend que c’est pour elle et elle ne cherche pas à comprendre Ana, obéissant à ce que lui hurlait ses tripes : à savoir profiter de l’instant. Juste prendre ce qu’il offrait, se glisser dans l’ouverture, réelle cette fois ci, et profiter. Tout simplement.

La jeune femme se rapproche donc légèrement de son compagnon, se glissant à ses côtés pour pouvoir pencher la tête vers le terminal. De sa main libre, elle repousse légèrement ses cheveux en arrière, achevant son geste en glissant quelques mèches derrière son oreille pour ne pas être gênée. Ça dégage le visage, aussi dégueulasse puisse être ce dernier au vu de sa crise récente. Visage qui s’éclaircit, d’un sourire, d’un léger rire qui vient du ventre aussi lorsqu’elle découvre l’image qui avait été envoyée au douanier. Des peluches, ou peu importe le nom qu’on pouvait leur donner. Elle n’aurait pas cru, s’imaginant sûrement que la sœur était comme le frère, trop asociale ou continuellement énervée pour prendre le temps de fabriquer ce genre de choses. C’était une erreur. Elle était sûrement humaine. Comme lui. Et la jeune femme savait qu’une enfance pouvait être perçue de différentes façons par les membres d’une même fratrie. Alors elle juge pas, en aucune façon, se contentant de sourire et de souffler, amusée : « Ils sont chouettes. J’aime bien le blanc. » Les autres étaient trop colorés à son goût, faisant presque mal aux yeux, mais la milicienne admet volontiers qu’il s’agirait du cadeau parfait pour un bambin. Les couleurs avaient le don de capter leur attention. Anastasia fut également amusée par le bref commentaire qui accompagnait la photo, un simple smiley témoignant de l’hésitation de la créatrice quant à la qualité de ses œuvres. Lorsque l’image disparaît, signe qu’elle n’était plus invitée à en voir plus, la milicienne recule alors légèrement la tête, demeurant toutefois à la même distance du lieutenant tout en se demandant ce que ce dernier trouverait bien à lui répondre. Les trop rares tapotements sur le terminal lui feront toutefois comprendre qu’il ne répondrait pas dans l’immédiat, le terminal se voyant assez vite éteint. Alors le sourire disparaît, légèrement, et la jeune femme fut tentée de signaler à son interlocuteur qu’il devrait peut être répondre à sa sœur. Pourtant elle s’abstient, à la dernière seconde, refermant les lèvres qu’elle avait entrouvert dans l’optique de parler. Qui était-elle pour dire ça ? Sa relation avec son frère s’était dégradée au possible, tant et si bien qu’elle se sentait hypocrite à dire à Tiaan ce qu’il devait faire.

Le conseil se mue de ce fait en aveu. « J’ai pas vu le mien depuis des mois. » Elle sait pas pourquoi ça lui échappe, surtout de cette façon. Elle ne veut pas de conseils en retour, pas même la moindre réponse. C’est juste l’image, cette image et les messages incessants que le lieutenant avait reçus, qui lui rappellent Aleksandr. La gorge se noue, le cœur se comprime au creux de la poitrine. C’est tellement stupide. Une voix lui souffle par ailleurs qu’elle pourrait pourtant faire comme avec Tiaan. Voir son frère, hurler, lui en retourner une, pleurer. Pardonner. Mais elle n’y arrive pas, s’estimant une fois de plus, ou de trop, dans son bon droit. Ana finit par soupirer, relevant une main pour se masser le front, sentant le mal de crâne qui la lançait de nouveau. Inutile de se poser des questions. Elle n’était pas en état d’y apporter des réponses, encore moins satisfaisantes. Alors elle garde le silence tandis qu’ils continuaient de progresser, atteignant le bout de la passerelle. Elle est de nouveau nerveuse, un bref instant, puis fini par se dire qu’elle pouvait sûrement encore suivre le douanier sans se soucier de son lieu d’habitation. Car s’il avait décidé de ne plus la raccompagner, il empruntait malgré tout la même direction qu’elle, sûrement le signe qu’il rejoignait également le Colossus. Alors elle suit le mouvement, naturellement. Elle ignore les quelques bars devant lesquels ils passent encore, signe qu’ils étaient sur le Columbiad d’après elle. Une famille passe en sens inverse, évoquant avec enthousiasme le super concert auquel ils venaient d’assister. Un groupe de rock qu’elle appréciait tout particulièrement si bien qu’un Tsss envieux lui échappe malgré elle. Un léger signe de de négation de la tête, témoin de son dégoût passager. Elle avait essayé d’y aller, mais n’avait pas réussi à se procurer des places à temps. La faute à un petit con qu’elle avait dû arrêter, l’occupant suffisamment longtemps pour qu’elle ne puisse demander à son IA de lui acheter les billets. Puis, au détour d’une ruelle, l’attention de la milicienne se voit accaparée par un distributeur plus loin.

« Attend, il faut que je… Attend. Elle se sent conne à peine elle a prononcé ces mots, s’arrêtant dans le même temps. Attend. Espérait-elle sincèrement qu’il ait encore la patience pour ça ? Espérait-elle vraiment qu’il en soit encore réduit à jouer les guides pour l’alcoolique notoire qu’elle était ? Qu’importe. Un souffle, pour signaler que ce n’était pas important, qu’il pouvait oublier sa demande et faire ce qu’il désirait. Qu’il poursuive donc sa route. Gênée, la milicienne n’attend pas plus longtemps pour s’éloigner, se dirigeant vers le distributeur qui, elle l’espérait, pourrait lui fournir une bouteille d’eau. S’hydrater, plus sainement qu’avec de la vodka, et oublier les coups de chaud, le mal de crâne, le malaise. Alors elle rejoint l’immense boîte métallique, inspirant profondément une fois arrivée devant, comme si s’éloigner du lieutenant lui permettait de respirer convenablement. Nouvelle inspiration, le front reposant sur le bras qu’elle venait de déposer sur la vitre du distributeur, ses doigts glissant déjà sur l’hologramme face à elle pour faire défiler les possibilités de ce qu’elle pouvait acheter. Elle s’arrêtait sur la bouteille d’eau tant convoitée, après avoir lorgné un paquet de chips, quand une voix dans son dos, précédée d’un sifflement satisifait, lui arrache un frisson écœuré. Salut toi. B-b-besoin d’aide ? Soupir. Au moins n’avait-elle pas encore le droit aux habituels compliments tels que : beauté, princesse, ou autre pseudonyme plus dégueulasse. Elle comprend très vite également que le bégaiement de son interlocuteur n’est dû qu’à l’alcool qu’il avait dû ingurgiter en grande quantité. Lui tournant volontairement le dos, la milicienne se permet de passer sa commande tout en rétorquant paisiblement. Salut vous. Non pas besoin d’aide. Je ne suis pas non plus perdue ni à la recherche d’un homme, encore moins … Comme ça. Elle aurait aimé trouver quelque chose de plus pertinent, une remarque un peu plus acide mais son cerveau ne trouve pas. Ça l’empêche pas de poursuivre, se penchant désormais pour récupérer la bouteille. Oui je sais, je suis une salope ingrate. Je suis aussi très fatiguée et très pressée. Elle avait pas de temps à perdre pour des conneries pareilles. Elle se dit un bref instant que cela devait paraître ridicule, de s’offusquer quand le lieutenant la repousse mais de demeurer stoïque quand un abruti éméché tentait quelque chose de stupide. Se redressant une fois son bien en sa possession, la milicienne pivote, offre un sourire bref ô combien forcé à l'abruti avant que ses yeux ne se relève plutôt en direction de Tiaan qui avait, visiblement, suivi le mouvement. Un léger sourire se dessine alors sur ses lèvres Et je suis déjà accompagnée. Aussi. » Précise-t-elle finalement tout en ouvrant sa bouteille pour en savourer une gorgée. L'homme, trop ivre, semble ne pas comprendre tout de suite où elle veut en venir. Et elle attend patiemment que cela lui monte au cerveau.

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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Lun 12 Fév - 0:39
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Elle aime à rire, elle aime à boire
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Anastasia se rapproche, elle observe, elle sourit aussi et tu ne peux retenir une bouffée de fierté. Ta sœur produit et fait des choses qui intéressent et que les gens aiment. Tu as envie de le lui dire, de lui envoyer un message pour qu'elle profite également de ces petites remarques, des petits signes d'appréciation qu'elle ne pouvait tout simplement pas observer d'elle-même. « Ils sont chouettes. J'aime bien le blanc. » Tu acquiesces. Tu n'es pas objectif. Tu ne parviens pas à critiquer le travail de ta sœur comme tu le voudrais. De tes sœurs. Enfant, lorsque l'une d'entre elles vous ''exploitait'' pour ses travaux, tu ne parvenais qu'à cracher avec indignation un « de toute façon c'est moche », parfois accompagné de « comme toi ». Cependant, tout cela perdait de son effet avec ton incapacité à répondre du tac au tac à leurs remarques et tu finissais bien rapidement rembarré et plein de rage et de jalousie. Pour être tout à fait honnête, tu chérissais avec une attention toute particulière les petits cadeaux que ta fratrie te faisait, défendant becs et ongles leur intégrité et quel que soit ton avis dessus tu arborais fièrement habits, jouets ou gadgets qu'ils t'offraient. Tu n'as pas réellement grandi à ce niveau puisque ta cabine est un amoncellement de gadgets que tu as récupéré de tes voyages sur Keller ou que Theevi s'est amusée à faire pendant son temps libre. Quant à tes habits civils, il s'agit souvent des travaux de ta sœur. « J'ai pas vu le mien depuis des mois. » Tu tournes brièvement la tête vers elle, parce qu'au fond, cela fait un petit moment que tu n'as pas vu ta sœur, toi non plus. Tu ne connais pas les relations d'Anastasia avec son frère, mais tu ne te permets pas de faire de remarques, tu sais qu'il est légionnaire parce qu'elle l'a mentionné lors de vos jeux avec Tolmin, aussi te doutes-tu qu'avec la plaie ouverte qu'est son échec, leur relation n'est pas à son apogée. Tu n'as rien à répondre pourtant, parce que tu n'as aucun conseil à dispenser et tu ne te sens pas être la personne pour cela. Tu ne parles plus depuis des années à tes aînés et tu n'as pas vu Vez depuis un petit moment … la dernière fois que tu es allé sur Keller, à vrai dire. Ta famille vit dans l'illégalité et si tu ne peux pas les détester, tu préfères éviter à chercher à renouer contact lorsque vous savez tous pertinemment que vos opinions et vos façons de vivre sont diamétralement opposés. Tes neveux et nièces suivent globalement le même chemin que leurs parents et tu ne parviens pas à leur en vouloir, alors tu te contentes généralement de les écouter parler lorsque tu es à leurs côtés, se vanter et t'expliquer leurs petites idées, essayer de paraître plus fort que leurs parents en imaginant révolutionner le monde alors qu'ils ne font qu'imiter les conneries que vous aviez fait à leur âge.

Vous marchez, en silence, parce que vous n'avez rien à dire, ou tout simplement parce qu'aucun de vous deux ne souhaite briser le statu quo qui s'est installé. Tu fermes les yeux un moment, laissant tes pas te guider. L'alcool et l'adrénaline ont commencé à disparaître et la sensation de légèreté qui accompagnait tes pas au début de votre voyage a complètement disparu, te rappelant la lourdeur de tes muscles et la douleur qui accompagne généralement le manque d'hydratation. « Attend, il faut que je... » Tu t'arrêtes et tu tournes la tête vers elle, les mains toujours dans les poches de ta veste, tu l'observes en silence, sans autre mouvement que celui de tes yeux. Si elle ne t'avait pas demandé de t'arrêter, tu aurais probablement continué ton chemin, peut-être après un bref arrêt pour voir ce qu'elle faisait. Après ce qui s'était passé sur la passerelle, tu ne sais pas si tu la raccompagnes encore ou si vous marchez de concert tout simplement parce que vous suivez la même route. Tes doigts frottent l'intérieur de ta poche, machinalement et tu ne t'en rends compte que lorsqu'elle se remet à parler. « Qu'importe. » Tu penches sensiblement la tête sur le côté, avant de lui emboîter le pas après avoir lancé un regard aux alentours, restant à une distance respectueuse de quelques pas, au cas où elle souhaiterait garder son intimité... Il était également possible qu'elle ait vu une connaissance et que tu t'étais mépris sur son arrêt. La voyant se planter face à une machine, tu ne bouges pas, tu te balances sur tes talons pour répartir autrement le poids de ton corps et soulager tes pieds. La voir ainsi hésiter, passer les hologrammes, te fait t'humecter tes lèvres. Vaguement amusé, tu repenses au café que vous aviez partagé et au sort qu'avait subi le cookie. Lorsque tu buvais plus que de raison, tu aimais à grignoter, que ce soit pour éponger une partie de l'alcool ou juste parce que les besoins de salé se faisaient plus fort. Tu n'as pas la dent sucré et tu préfères toujours grignoter des chips ou des restes d'un repas plutôt que de plonger ta main dans des bonbons. Ils te font mal aux dents, aux gencives et tu sais que la soif qui va accompagner la consommation trop abondante de sucre ne fera que te rendre plus malade le lendemain. Sur Keller, tu finissais généralement les plats en rentrant chez tes parents, assis devant le frigo, à manger à même le plat avec ta sœur, ou t'arrêtant à tous les étals pour acheter un petit truc à grignoter, tu revenais alors la bouche pleine de gras et de sauce et les doigts poisseux, parfois les cheveux pleins de sels lorsque c'était l'une de tes sœurs qui tenait l'achat. Tu te retrouvais alors malade, non pas à cause de l'alcool mais du trop plein de nourriture qui se mélangeait avec une trop grande quantité de boisson.

Tu rentres la tête dans les épaules, la fatigue et les émotions te donnent une impression de froid qui n'est que dans ta tête. Toi qui a toujours – ou presque – vécu sur des vaisseaux, tu ne connais pas réellement le froid, la chaleur ou l'impression que peut faire la chaleur du soleil sur ta peau, le vent qui souffle ou même une véritable averse. Ce sont des sensations que tu imagines en lisant, parfois en essayant d'expérimenter avec ce qu'il y avait à ta portée, la chaleur d'une lampe, l'eau de la douche, les mouvements d'air des aérations. Tu clignes plusieurs fois des yeux, chassant le sommeil qui alourdit tes paupières et tu secoues la tête en roulant des épaules, frottant tes lobes d'oreille par la même occasion. Ana est appuyée contre le distributeur et, un instant, tu te demandes s'il te faut t'approcher, lui demander si elle va bien ou si la fatigue et l'alcool avaient eu raison d'elle. Finalement, tu ne bouges pas et tu détournes le regard. Elle se relèvera toute seule, Ana, tu as confiance en ça, parce que jusqu'ici elle l'a toujours fait... et parce que tu ne te sens pas capable d'épauler quelqu'un d'aussi fier, pas comme ça, pas maintenant. Tu observes le bout de tes chaussures et tu frottes un instant le sol, rassuré par le crissement sous tes pieds lorsque tu reposes le bout des orteils sur le sol.

Tu es toujours à effectuer un vague mouvement de balancier, à quelques mètres de la machine et d'Ana lorsque tu entends le sifflement. Tu tournes la tête, par réflexe, cherchant du regard celui qui avait tenté d'interpeller. Non loin de ta collègue, l'air de tanguer plus que de tenir debout, un homme sourit un peu trop à Ana. « Salut toi. B-b-besoin d'aide ? » Tu t'approches un peu, les mains toujours coincées dans le fond de tes poches. Tu n'as pas l'intention d'intervenir, la milicienne devrait pouvoir se débrouiller toute seule. Cela dit, vu son état d'ébriété et les crises d'hystérie qu'elle avait enchaîné, tu préfères ne pas avoir à ramasser l'un ou l'autre à la petite cuillère, ni même devoir expliquer à des miliciens ce qui s'était passé une fois que la tête de l'homme se trouverait enfoncée dans la machine. « Salut vous. Non pas besoin d'aide. Je ne suis pas non plus perdue, ni à la recherche d'un homme, encore moins... Comme ça. » Pas à la recherche d'un homme, hein ? Après tout, pourquoi pas, Ana pouvait très bien avoir une préférence pour les femmes. Que ce soit un mensonge pour faire fuir l'homme ou pour se rassurer elle même, tu fixes avec attention la nuque de la milicienne, ton regard suivant la ligne des ses épaules et de ses bras, avant de te détourner vers le gars qui se rattrape d'une perte d'équilibre en faisant un pas en avant. L'odeur d'alcool et de sueur qu'il dégage te fait froncer le nez. « Oui je sais, je suis une salope ingrate. Je suis aussi très fatiguée et très pressée. » Une salope ingrate. Tu ne dis rien, parce qu'il t'es arrivé de le penser, plus souvent que tu n'aimerais y croire et tu tournes la tête sur le côté, à la recherche de personnes écoutant avec un peu trop d'attention, attendant probablement le dénouement. Tu reconnais certains visages, de vue ou parce que ton travail t'as déjà amené à les rencontrer et tu observes chacune de leurs expressions. Au final, peu de monde semble avoir remarqué l'échange qui se déroule devant la machine, soit trop occupés à leur propres affaires, soit parce qu'ignorer les autres reste le moyen le plus aisé pour ne pas avoir à rencontrer de problèmes. « Et je suis déjà accompagnée. Aussi. » Tu retournes l'attention vers eux et tu remarques le sourire d'Ana. Il te faut quelques secondes, mais tu tapotes gentiment le coude de l'homme, sans brutalité, pour ne pas le surprendre. Tu lances un regard curieux vers Ana, t'attendant à une autre remarque, quelque chose, n'importe quoi... tu ne sais pas vraiment quoi. Tu ne souris pas, pour ta part, tu n'as pas envie de sourire. « Allez d-d-d-dégage. » Le gars se retourne et louche un peu sur ton torse avant de lever les yeux vers toi, plisse les yeux et se concentre un petit moment, tourne la tête vers Ana, puis à nouveau vers toi. Tu remets les mains dans les poches, ne sentant aucune agressivité venant de sa part et, si tu ne lui offres pas un sourire, cela s'en approche. Il hoche la tête et te tapote le bras, du moins te manque une première fois avant de réussir à te toucher, tu te crispes sensiblement, mais tu ne fais aucun geste brusque pour le repousser. Inutile de provoquer une bagarre parce qu'un mec bourré tente de t'apaiser. « Je v-vois... Désolé les gars y... y avait méprise. Profite bien d-de ta mmmeuf. » Il lève les deux index vers toi, puis vers Ana avant de reculer péniblement, heurtant un autre passant et manquant de s'écrouler dans les bras d'une autre personne. Tu ne dis rien, tu le suis du regard avant de tourner la tête vers la jeune femme. Un léger silence s'installe et tu observes la bouteille, puis Ana et tu finis par ouvrir la bouche. « T-t-tu as encore b-b-besoin de qu-qu-quelque chose ? » Tu lui fais par la même un signe de tête vers la route menant vers les passerelles. Tu n'attends pas vraiment de réponse et tu te détournes, reprenant ta marche, les mains à nouveau enfoncées dans tes poches. Tu t'humectes les lèvres, la sécheresse au fond de ta gorge commence à prendre plus de place que tu ne le souhaiterais et tu déglutis, essayant de ne pas trop te focaliser dessus. « Rien à m-m-manger cette f-f-f-f-fois ? »
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Nosey little fucker, aren't ya ?

I never had a chance to be soft. I was always bloody knuckles and shards of glass.

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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Lun 12 Fév - 2:28
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Elle aime à rire, elle aime à boire.
Ana & Tiaan

Attend. Cela lui semble stupide à peine cela franchit le barrage de ses lèvres. Pourtant cela lui semble tout aussi logique, sachant pertinemment qu’il était normal de conseiller à son partenaire d’attendre plutôt que de prendre le risque de le perdre ou de le voir s’énerver pour ne pas avoir été tenu au courant de ce qu’elle comptait faire. Elle avait donc parlé instinctivement, ne prenant conscience qu’après coup du fait que Tiaan n’était pas ce genre de compagnon de route ci et que si, au tout début de ce périple, la milicienne aurait pu songer à s’arrêter toutes les deux minutes et l’obliger à suivre le mouvement, il n’en était plus rien désormais. Pas après l’altercation sur la passerelle. La jeune femme se ravise donc à moitié, signalant en un simple mot qu’il était libre de faire ce qu’il voulait. Peu importait. Et c’est sur cette pointe de honte qu’elle s’éloigna en direction du distributeur qu’elle avait remarqué, d’un pas plus vif que d’accoutumée, comme pour lui donner l’occasion de ne pas avoir le temps de la suivre. Une ouverture, pour qu’il puisse se défiler avec aisance. Une ouverture qu’il empruntera peut être, elle n’en sait rien, désormais trop focalisée sur l’achat de sa bouteille d’eau, et sur l’inspiration profonde que ce moment de répit lui permet de prendre, pour se soucier du lieutenant. Mais lorsqu’elle n’est pas à penser à un homme, en voilà un autre qui fait irruption, visiblement bien plus ivre qu’elle. Elle songe brièvement au semblant de bégaiement qui semble saisir l’inconnu, à cause de la quantité d’alcool ingurgitée, et si cela l’amuse, le sourire ne vient pas orner ses lèvres pour autant. Tout ce qu’elle espère en cet instant, c’est pouvoir régler l’affaire promptement. Ne pas perdre de temps, encore moins avec un abruti éméché, encore moins pour de la drague qui ne l’intéressait pas le moins du monde en cet instant précis.

Prévoyant d’avance les différents discours possibles, suffisamment lucide pour savoir comment ça se passait à chaque fois ou presque, la jeune femme enchaîne donc les réponses à des questions qui n’ont pas encore été formulées. Non pas besoin d’aide, ni pour retrouver son chemin ni pour passer une nuit de rêve. Oui cela faisait d’elle une salope ingrate juste parce qu’elle avait le malheur de repousser d’avance les piètres tentatives de son interlocuteur pour partager son lit, admettons, là non plus elle n’avait pas le temps ou l’envie de s’offusquer des potentielles insultes qu’on pourrait lui jeter au visage. Qui plus est, l’étranger n’aurait eu qu’à moitié tort. Anastasia aurait pu en tous les cas s’arrêter là, pivotant une fois la bouteille d’eau récupérée. Elle aurait pu se contenter d’un sourire forcé, d’un ‘bonne soirée’ lancé par simple politesse, avant de rejoindre le lieutenant si tant est qu’il était resté dans les parages. La possibilité qu’il ne l’ait pas attendue lui avait par ailleurs effleuré l’esprit, brièvement, lui arrachant un frisson désagréable. Un frisson qui se voit remplacé par l’esquisse d’un sourire lorsque, faisant désormais face à son interlocuteur, les prunelles glacées de la milicienne purent remonter pour s’ancrer dans celles du douanier resté un peu en arrière. Il était là. Celui là même qui faisait peur à presque tout le monde, même lorsqu’il ouvrait la bouche. Elle se demandait d’ailleurs comment des enfants aient pu avoir la folie de chercher à se moquer de lui mais balaie bien vite cette interrogation pour se contenter de préciser à l’ivrogne qu’elle était déjà accompagnée. Quelques secondes s’écoulent et Ana aurait pensé que l’homme les aurait mis à profit pour chercher à comprendre ce qu’elle venait de lui dire. Il n’en fait cependant rien et c’est au lieutenant que revient la tâche d’attirer son attention.

Un léger tapotement à hauteur du coude. C’est presque trop doux pour lui et Anastasia ne peut que se focaliser sur cette légèreté, un bref instant, cherchant à savoir ce qu’elle avait pu éprouver lorsque Tiaan l’avait fait pivoter en sa direction un peu plus tôt. Il avait été doux, là aussi. Si l’on mettait de côté le fait qu’il avait plaqué sa main contre ses lèvres pour la faire taire. Plus doux que lorsqu’elle avait eu le malheur de le toucher en retour, indéniablement. Curieuse, bien qu’ayant la désagréable impression qu’elle ne retiendrait pas ces détails plus d’une poignée d’heures, elle peut pas s’empêcher de l’observer, jaugeant le moindre geste, l’évaluant avec le plus de précision possible malgré son esprit fatigué. C’est à moitié parce qu’elle est focalisée sur son observation et à moitié parce qu’elle ne comptait pas intervenir qu’Ana se contente de laisser faire le lieutenant, le sourire qu’elle arborait s’élargissant légèrement en entendant ce dernier signifier simplement à l’inconnu qu’il devrait dégager. La milicienne se demande un bref instant si la vulgarité employée est un choix conscient, comme pour inciter l’étranger à décamper plus vite, ou s’il s’agissait de la politesse la plus élémentaire qu’il soit capable d’offrir. Vaguement amusée par l’idée que le douanier soit encore plus handicapé socialement qu’elle ne l’aurait cru, amusée également par l’inconnu qui semble jauger la taille et la force du douanier, elle garde le silence, se contentant de ramener brièvement ses yeux en direction de l’individu ivre lorsque celui-ci la regarde de nouveau, pour mieux retourner observer Tiaan lorsqu’elle en a l’occasion. C’est cette observation accrue qui lui permet de voir les muscles se tendre sensiblement, dès lors qu’un contact est amorcé. Une simple tape, légère, de la part d’un homme simplement encore plus bourré qu’elle.  Et ça suffisait pour le crisper de façon disproportionnée. Le fait de pouvoir assister à cette scène plutôt qu’à la subir lui permet de comprendre à quel point cela doit être désagréable pour Tiaan. Elle arrive pas à culpabiliser Ana, pas plus qu’elle ne parvient  à regretter son geste. Mais elle comprend. Suffisamment pour que la pensée l’obsède encore quelques secondes.

C’est l’inconnu qui la ramène à la réalité en reprenant la parole, s’excusant pour le dérangement. Visiblement il semblait inconcevable pour ce genre d’individu d’envisager qu’ils puissent simplement déranger une femme qui n’avait rien demandé. Là, le problème, ce n’était donc pas qu’on la fasse chier. C’est qu’on fasse chier la compagne d’un autre. Lucide, elle aurait pu s’offusquer intérieurement et lever les yeux au ciel pour exprimer son mécontentement. L’alcool dans ses veines rend toutefois sa réaction sensiblement différente et accentue le sourire qu’elle arborait, ce dernier se muant presque en un léger rire, subtilement camouflé au creux de la paume de sa main, celle-ci ramenée contre ses lèvres. Anastasia se contente ainsi d’hocher brièvement la tête en guise de salut pour l’homme qui s’éloignait déjà, aussi prestement qu’il le pouvait en l’état actuel, les laissant de nouveau relativement seuls tous les deux. Elle le suit du regard, toujours amusée et sa main toujours collée contre sa bouche, ne décalant celle-ci que légèrement vers le bas le temps de souffler : « Efficace le garde du corps. » Elle s’amuse brièvement, soufflant ces quelques mots presque plus pour elle-même que pour Tiaan. C’est la voix de ce dernier qui la ramène toutefois à la réalité, à peine eut-elle prononcée ces mots. Ramenant sa main contre ses jambes afin de redevenir un tant soit peu sérieuse, prenant conscience qu’ils n’avaient plus rien à faire là, Anastasia hoche la tête en signe de négation à la question qui lui est posée, raffermissant sa prise sur sa bouteille d’eau comme pour s’assurer qu’elle n’avait en effet besoin de rien d’autre. Visiblement son compagnon n’attend pas de signal supplémentaire pour s’éloigner et elle se demande un bref instant s’il avait seulement vu son signe de tête. Elle aurait pu s’en offusquer, peut-être, ou du moins lever les yeux au ciel mais ses prunelles sont accaparées par la silhouette du douanier qui s’éloignait. Et l’espace de quelques secondes, ce fut la seule chose qui compta pour elle.

Ils se suivent toujours. Elle sait pas pourquoi, elle sait pas par quel miracle ou à cause de quel masochisme ils en étaient arrivés là. Mais ils se suivaient toujours. Dans les piques, dans les batailles, dans les rues. Et malgré leur besoin irrépressible jusqu’alors, ou presque, d’avoir le dessus sur l’autre pour se sentir moins misérable, Ana se rend alors compte qu’il n’y avait pas de vrai meneur. Elle engageait l’assaut à la salle de sport et le voilà qui la suivait en bas du mur d’escalade. Blessée, elle le suivra jusqu’au café malgré tout et il suivra de nouveau ses traces à elle lorsqu’elle choisira la table. Et ce soir là, il lui aura demandé comment elle allait, amorçant leur rencontre tandis qu’elle le rejoignait presque instinctivement à peine se sera-t-il soucié d’elle. Ils auront fait un bout de chemin ensemble, puis l’altercation, puis de nouveau elle qui s’éloignait et lui qui suivait. Et désormais la voilà, à côté de son putain de distributeur, tandis qu’il prenait de nouveau la tête de leur étrange duo. Et elle le savait avant même de penser à tout cela : elle allait suivre. L’un étant toujours dans le sillage de l’autre, au point qu’elle en venait à se demander une fois de plus s’ils seraient vraiment capables de se séparer. Elle s’était toujours dit qu’il était trop tard pour faire marche arrière, ni l’un ni l’autre ne voulant renoncer. Pourtant, ils renonçaient non ? Les excuses un peu plus tôt tendaient à le prouver : ils renonçaient, sûrement plus faibles et plus lasses qu’à leurs débuts. Mais ils étaient toujours l’un derrière l’autre et c’est ce qu’elle se dit encore, entamant rapidement sa marche mais demeurant de ce fait quelques pas derrière le lieutenant. Elle l’effleure du regard, pensive, partant du sommet de son crâne pour glisser le long de sa nuque, ses épaules, son dos. Elle devine l’ensemble des muscles qui se cachent sous les vêtements, consciente qu’aucune masse musculaire outrageusement développée ne se trouvait en dessous, ce qui ne l’empêchait pas d’être plus intimidant que bien des hommes. Elle l’observe, la respiration plus profonde, le cœur qui loupe un battement quand elle songe à la complexité des questions qu’elle se posait actuellement. Pourquoi ? Pourquoi suivait-elle cet homme ?

Elle n’aura pas de réponse ce soir, le regard ayant atteint le bas du dos du douanier lorsque ce dernier daigna jeter un coup d’œil par-dessus son épaule, la prenant sur le fait. Relevant brutalement les yeux afin de les ancrer dans les siens, Anastasia accélère donc l’allure sans un mot pour se placer de nouveau à ses côtés, s’accordant un répit et jouant les indifférentes en ouvrant sa bouteille d’eau dont elle savoura une longue gorgée. C’est à ce moment précis qu’il remarque alors qu’elle n’avait pas pris à manger cette fois. La question est là, rhétorique malgré tout au vu de l’absence évidente de nourriture entre ses mains. Cette fois. Elle se demande un bref instant s’il se posait autant de questions qu’elle, s’il accordait cette même importance ambiguë à leurs rencontres.  Ça l’empêche pas de sourire, de rire aussi et par conséquent de s’étouffer à moitié avec son eau. Eloignant la bouteille de ses lèvres, elle la referme tout en répondant. « Non. Réponse laconique, esquisse de sourire toujours aux lèvres, puis la suite. J’espérais que mon mec voudrait m’inviter au restaurant pour officialiser notre relation. » La milicienne lui jette alors un regard en coin, tentant de retenir un sourire espiègle en se pinçant les lèvres, ce qui ne suffisait pas pour masquer l’étincelle malicieuse au fond de ses yeux. Prudente, elle n’avait pu s’empêcher toutefois de songer à une répartie si jamais le douanier tenait à lui rappeler que les restaurants clandestins étaient illégaux. Et qu’elle n’avait donc de ce fait pas à y manger, en bonne milicienne qu’elle était, devant plutôt arrêter ceux qui organisaient ce trafic de nourriture. Pour l’heure elle n’a pas besoin de s’en servir toutefois et se contente d’apaiser les potentiels grognements de son interlocuteur, consciente qu’il n’avait visiblement pas toujours le sens de l’humour, en lui tendant sa bouteille d’eau, l’invitant implicitement à y boire s’il le désirait.

Quelques pas de plus, les questions et remarques se voyant entrecoupées de silence, jusqu’à ce que la prochaine passerelle, menant cette fois ci au Colossus, ne soit visible au loin. Son regard portant brièvement à hauteur du passage, un nouveau frisson la parcourt alors. Le genre de réaction purement physique qui aurait pu passer inaperçue si elle avait conservé sa veste, mais qui semblait beaucoup plus intense maintenant que celle-ci pendait au bout d’une de ses mains, ses bras de chaque côté du corps.  Peut-être avait-elle froid, soudainement, désormais que le flot d’émotions s’estompait au profit d’une réelle fatigue. Peut-être aussi que la passerelle demeure encore un mauvais souvenir. Dans tous les cas elle ne laissera rien transparaître de plus, se contentant de s’engager sur le passage sans chercher à se jeter au bras de son compagnon cette fois, se contentant d’être relativement prudente. Et toujours ces coups d’œil, jetés vers l’extérieur, signe de l’importance que l’espace revêtait pour elle. Sûrement l’envie de sortir, d’explorer. Tout plutôt que d’être confinée ici. « C’est comment Keller ? Elle se détourne de sa contemplation pour pivoter la tête en direction du lieutenant, observant celui-ci désormais qu’elle s’adressait à lui. L’espace d’une seconde elle se sent un peu ignorante, comme une gosse qui ignore tout du monde et qui interroge les adultes. L’idée la dérange un peu, aussi se sent elle obligée de se justifier. J’veux dire… J’y suis jamais allée et tout ce que j’en sais se résume à des discours d’anciens pirates de là bas. J’arrive pas à savoir si on peut trouver autre chose que de l’illégalité plus ou moins abjecte. » Une fois de plus difficile pour elle de cacher ce qu’elle pouvait véritablement penser de ce qui était légal ou non. Des coups fourrés ou du trafic de produits relativement inoffensif ne la dérangeait pas. Toutefois elle imaginait que l’astre, les armes ou peut être le trafic d’esclaves était encore monnaie courante sur la station. C’est ce qu’elle s’est laissée entendre dire en tout cas. Et aujourd’hui l’opinion de Tiaan, sachant qu’il y avait vécu, l’intéressait grandement.

- BLACK PUMPKIN


† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


Rosa, love of my life:
 
MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Lun 12 Fév - 15:20
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Elle aime à rire, elle aime à boire
Sometimes the best thing you do is not think, not wonder, not imagine, not obsess. Just breathe, and have faith that everything will work out for the best.
« Efficace le garde du corps. » Tu ne dis rien, tu ne fais pas même mine d'avoir entendu, ni d'avoir vu son sourire qui s'agrandissait alors qu'il disparaissait derrière sa main. Tu ne disais rien et tu préférais alors disparaître au plus vite, plus loin, reprendre ton chemin sans rien dire, sans réellement l'attendre non plus. Ce n'est qu'après quelques mètres que tu tournes enfin la tête, voir si elle te suit toujours ou si elle a finalement décidé de rester à l'arrière. Elle semble surprise, sursautant presque et tu hausses les sourcils en la voyant trottiner pour se retrouver à ta hauteur. Tu te racles la gorge. Un bref silence s'installe pendant lequel elle profite pour ouvrir son achat et boire. Tu t’humectes à nouveau les lèvres et tu détournes le regard, sa déglutition te rappelle ta propre gorge trop sèche. « J’espérais que mon mec voudrait m’inviter au restaurant pour officialiser notre relation. » Un bref instant, tu te surpris à te demander si Anastasia avait finalement trouvé chaussure à son pied, si elle avait été abandonnée par son mec au milieu de la soirée, ou que celui-ci lui avait posé un lapin. Puis tu plissais les yeux, te souvenant de la remarque de l'homme bourré. Tu préfères prendre ça pour de l'humour, même si de très mauvais goût, et seule une vague d'irritation passe dans ton regard. Tu refuses d'un signe de tête la bouteille tendue. La remarque pourtant t'interpelle, inviter au restaurant, hein ? Tu as déjà lu ce genre de choses, inviter quelqu'un au restaurant, un premier ou deuxième rendez-vous, un signe d'amour. Tu as presque envie de rire. Tu avais eu quelques amourettes sur Keller et tu leurs achetais généralement des confiseries colorées sur les étals de nourriture des marchés, tu leurs payais parfois un verre de quelque chose de très – trop – sucré dans un bar, avec un ragoût quelconque ou un sandwich dégoulinant de graisse et de produits probablement illégaux pour une dizaine de raisons ici. Ces bars qui n'avaient que quelques places assises donnant sur la rue, vous évitiez les tripots et les repères d'adultes pour ce genre de rencontres, parce que vous n'aviez aucunement envie de croiser d'autres personnes et que vous préfériez éviter les plus grands éclats qui pouvaient éclater au milieu de pirates à fleur de peau. Était-ce aussi considérer comme emmener quelqu'un au « restaurant » ? Sur la flotte, en tous les cas, ce qui approchait le plus de ce genre de choses était un rendez-vous devant un distributeur, ou dans un café... voire à la cafétéria. Les produits frais étaient rares et réservés à un circuit fermé, tout ce qui provenait de l'extérieur de l'Hélios, ou tout simplement du circuit de la fédération était considéré comme dangereux et les préparer pour les habitants était contraire au code. « Il n'y a p-p-pas d.. de restaurant sur la flotte. N'est-ce p-p-pas, sergent ? » Tu n'insistes pourtant pas, retournant ton attention sur la prochaine passerelle, les douaniers présents aux extrémités te saluant à nouveau d'un bref signe et retournant à leur observation de la population locale, dont l'état d'ébriété était surtout plus marqué.

Vous marchez en silence sur la passerelle, le bruit de vos pas résonnant dans l'immense tube qui relie les deux vaisseau et tu ne penses pas un seul instant qu'Anastasia serait prête à reproduire la même erreur que tout à l'heure. Tu avances sans un mot, le regard fixé sur ton objectif, l'autre bout de la passerelle. Puisque la volubilité de la jeune femme a fini par se tarir, tu ne cherches pas toi même à raviver la conversation, persuadé que vous n'avez rien à vous dire, ou peut-être ne souhaitant pas pousser une fois de plus les limites de ce que vous pouviez chacun accepter.

« C’est comment Keller ? » Tu tournes la tête vers elle et tu la fixes un instant avant d'observer l'étendue à ta droite, plus perdu dans tes pensées que dans les étoiles qui vous entourent. C'est comment Keller ? Ce n'est pas comme ici. La flotte est tellement aseptisée, tellement propre que tu eus du mal à comprendre au début comment les gens pouvaient le supporter. Tu ouvres la bouche, puis tu la refermes. Décrire Keller à quelqu'un qui n'a jamais posé les pieds sur la station te semble bien trop compliqué, surtout avec le peu de mots que ton bégaiement et ta patience te permettaient de formuler. Tu ne pouvais pas lui parler des odeurs de grillades de viandes dont personne ne voulait connaître la provenance, la rapidité de la vie, où tout le monde semblait être fébrile et les moments où la station semblait s'engoncer dans une certaine torpeur, comme un chat repu, chacun attendant avec un certain malaise que tout explose, que les rues se repeuplent après un événement dramatique. Tu ne pouvais pas expliquer non plus l'activité permanente, les lames qui sortaient de leurs fourreaux pour un rien, les corps traînés en dehors des établissements, des passages créés par des enfants et où seulement eux pouvaient y passer, le bruit que faisait un rire qui ricochait dans les niveaux les plus bas. Tu ne pouvais pas parler de la misère qui côtoyait la plus odieuse des opulences, ni du visage émacié des victimes de raids pirates, en rang au milieu d'une place tandis que les prix volaient, ou les sourires de ceux qui venaient de gagner leur poids en matériaux précieux lors d'une partie de carte. Tu ne pouvais pas expliquer la morale, les lois non écrites et intangibles, celles que tout le monde connaissait, ni les sourires que les plus horribles pouvaient offrir aux plus jeunes, de l'odeur de transpiration et de vomissures, de sexe et de détergent, d'huile de moteur et de parfums hors de prix. Ni expliquer les couleurs trop brillantes, les lumières trop fortes, les cris, les musiques, les étals et les magasins où tu pouvais trouver absolument tout. Comment expliquer à quelqu'un qu'un endroit où tout a un prix, même la confiance d'un homme, qu'un endroit où les réputations se font et se défont peuvent entraîner la mort ou des faveurs incommensurables, mais aussi les moments de vie quotidienne, le poids d'un sac lorsque l'on transporte des courses, les aller-retours jusqu'aux hangars, le rire de la femme qui était déjà vieille lors de la création de Keller, les voisins qui viennent aider, les autres enfants avec qui vous échangiez des images animées de héros de dessin animés. « J’veux dire… J’y suis jamais allée et tout ce que j’en sais se résume à des discours d’anciens pirates de là bas. » Comme si toute la population de Keller était en réalité composée d'anciens pirates et de meurtriers. Tu la dévisageais ouvertement. C'était donc de ça qu'elle avait peur ? Que tu sois un ancien pirate, un homme sans foi ni loi, qui ne vivait que dans la violence et la misère des autres ? Tu fronçais le nez un instant, insidieusement vexé par cette remarque. « J’arrive pas à savoir si on peut trouver autre chose que de l’illégalité plus ou moins abjecte. » Tu clignais des yeux, un peu surpris. Tu t'humectais les lèvres A vrai dire, les premières fois où tu étais retourné sur Keller en tant que ravitailleur, tu avais méprisé les Kellari, tu n'avais pu t'empêcher de noter tous les écarts, tous les manque à l'hygiène, toutes les infractions que la fédération aurait dû punir. Puis, avec les années, tu avais ignoré, tu avais laissé couler et tes relations avec les habitants de la station s'étaient amplement détendues. Cela avait également permis de détendre tes relations avec tes proches qui n'en pouvaient plus de ton mépris face à leur mode de vie. Veg, le gentil Veg, n'avait jamais osé te dire en face quoi que ce soit, mais tu avais pris de sacrés claques de la part d'Avayne lorsque vous discutiez de vos vies respectives. « L'illégalité ? Selon qu-qui ? La Fédération ? » Tu extirpais de tes poches, entre l'index et le majeur, une clope, que tu fis tourner entre tes doigts pendant quelques secondes, observant ta voisine. Bien évidemment que Keller était une antre combinant absurde et monstruosité pour quelqu'un qui avait été élevé avec des lois aussi restrictives que celles qui étaient sur la flotte. A la différence de la fédération, Keller n'avait pas de réel gouvernement, la station était gérée par ses habitants et par quelques hommes plus puissants, constitués en grands groupes, ou en clans, qui se spécialisaient souvent dans un commerce spécialisé. Tout le monde les connaissait et les petites gens se contentaient de ne pas se mêler de leurs histoires pour ne pas accompagner leur sort, fermant les yeux sur la plupart des trafics et ne s'interposant ô grand jamais. « M..mes p-p-parents t-t-t-tenaient un... un m-m-magasin. Ouvert en p-p-permanence, un b-b-bazar électronique. On y vendait aussi d-des p-produits du quotidien, p-pour l-les gens d-du coin. » Bien évidemment, toutes vos pièces n'avaient pas été acquises selon des voies légales, parfois même sur le dos et dans le sang d'autres personnes, mais tes parents ne se mêlaient pas des commerces plus obscures ; le trafic d'être humains était trop dangereux et s'ils toléraient des vendeurs d'astre devant leur boutique de temps en temps, aucune drogue dure n'entrait dans le magasin. Tu glissais la clope derrière ton oreille. « Il y a du m-mauvais aussi ici, m-mais elle ne d-d-définit p-pas la fédération, n-non ? »
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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Lun 12 Fév - 18:37
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Elle aime à rire, elle aime à boire.
Ana & Tiaan

Aucun humour, comme prévu. Anastasia en vient à se demander s’il lui arrivait de plaisanter dans la vie, ou plutôt s’il aurait pu être doté du sens de l’humour s’il avait été moins maltraité par les autres gosses étant plus jeune. Etait-il à ce point focalisé sur son bégaiement pour croire que chaque plaisanterie était une insulte à son égard ? A ce point aigri pour trouver l’ironie fade et l’amusement surfait ? Difficile à dire. Peut-être était-ce le métier aussi, qui voulait ça. La milicienne était habituée aux supérieurs hiérarchiques incapable de faire la moindre blague, au travail certes mais également en dehors. Le douanier semblait n’accorder aucune importance à quoi que ce soit et elle en vient à se demander si lui aussi ne jurait que par la paperasse qui l’attendait en fin de journée. Si lui aussi ne comptait pas les heures supplémentaires, tout ça pour… Pour quoi d’ailleurs ? Aucune idée. Elle a jamais compris. Peut-être aurait-elle été ainsi, en d’autres circonstances, mais au vue de sa situation actuelle, elle était tout simplement incapable de comprendre. Peu envieuse de pousser le vice toutefois, elle se contente de tendre sa bouteille d’eau en direction de son interlocuteur, ne la ramenant auprès d’elle qu’une fois confrontée à un signe négatif de sa part. La bouteille et la veste sont tenues dans une seule et même main, le bras le long du corps, tandis que son autre main, libre, était partie se loger au fond de la poche de son pantalon, seul le pouce sortant de cette dernière. La jeune femme aurait pensé le sujet clos mais déjà son interlocuteur reprenait brièvement la parole, signalant qu’il n’y avait pas de restaurant sur la Flotte avant de lui demander son avis. Un reniflement amusé lui échappe avant qu’elle ne lui jette un coup d’œil en coin, l’une des commissures de ses lèvres légèrement relevée, signe de son amusement qui lui donnait plutôt un air légèrement narquois.

Elle laisse une poignée de secondes s’écouler avant de répondre, sur un ton relativement neutre. « Bien sûr lieutenant. » Et le trafic d’armes est un mythe, si bien que les miliciens sont payés à ne rien foutre. C’est ce qu’elle aurait voulu rajouter, dans un élan provocateur qu’elle ravale toutefois. C’était inutile. Elle ne pensait pas Tiaan suffisamment naïf pour croire véritablement en ce qu’il disait, il savait sans nul doute que cela existait, comme tout ce qui était inégal au sein de la Flotte. Après tout il bossait sur le Colossus, à la douane, et devait en voir de toutes les couleurs lui aussi. Alors Anastasia n’insiste pas, se disant que cela ne lui attirerait que des ennuis. Elle n’avait pas la patience, ni l’envie dans le fond, de se lancer dans une conversation stérile avec lui. Elle ne voulait pas l’entendre évoquer la médiocrité de la milice pour mettre fin aux divers trafics et elle ne voulait pas avoir à lui rappeler que si des produits illégaux étaient véhiculés sur la Flotte, c’est sûrement qu’il y avait des gens corrompus au sein de sa propre branche militaire. Ana est encore suffisamment lucide pour ne pas faire peser des soupçons sur Rosa ou même Ethan, ne voulant pas non plus avoir à avouer être au courant de ce qui pouvait se tramer à la douane et sur Keller. Alors elle n’ajoute rien, se contentant d’être vaguement amusée en voyant les douaniers postés aux passerelles saluer le lieutenant qu’elle venait tout juste d’appeler par son titre. La jeune femme se demande également, brièvement, ce que ces derniers pouvaient bien penser de leur supérieur. Elle se demande ce que ça peut faire, que de bosser pour Krishvin. Peut-être demandera-t-elle à Rosa, un jour. Pour avoir son opinion. Pour savoir. Pour l’heure son attention est focalisée sur l’espace et c’est tout naturellement, après un moment de répit qu’elle aura daigné lui accorder, qu’elle pivotera de nouveau vers Tiaan pour lui demander comment c’était Keller.

Curieuse, de tout, elle l’est d’autant plus de cette station. Peut-être parce qu’elle aurait pu y aller, elle aussi, si on avait daigné l’intégrer chez les légionnaires. Sûrement qu’une pointe de tristesse et de rancœur se fiche quelque part, chaque fois qu’elle pense à l’extérieur qu’elle aurait pu voir dans le cadre de ses fonctions. Si seulement on avait daigné lui accorder une chance. Mais cette fois ci, la rancœur partiellement éprouvée est balayée par son ébriété, n’est pas tournée en direction du lieutenant et c’est donc sincère dans sa curiosité qu’elle daigne désormais l’observer. Elle se justifie un peu trop, coincée avec cette impression de n’être qu’une gamine ignorante, ce qu’elle ne voulait surtout pas être, encore moins pour lui. La jeune femme voit bien qu’elle a réussi à capter son attention avec ces questions, sûrement plus efficacement que tout ce qu’elle avait pu lui demander jusqu’alors bien qu’il mettait un point d’honneur à ne l’avoir presque jamais ignorée, aussi demeure-t-elle silencieuse très rapidement, comme de crainte de briser l’instant. Elle ne relève donc pas la moue légèrement ombrageuse qui passe, brièvement, sur le visage du douanier. Bien sûr elle se demande ce qu’elle a pu dire pour provoquer cette réaction, même passagère, mais la curiosité est ravalée, les doigts de la milicienne s’agitant au fond de la poche de son pantalon comme pour accaparer son attention. Songer aux mouvements qu’elle exécutait plutôt qu’à un moyen de former des questions supplémentaires. Les réponses du lieutenant se manifestent alors, de prime sous la forme d’une question qui lui arrache un léger sourire. Amusée, elle hoche de façon quasi imperceptible la tête, dans un hmm visant à donner raison à l’homme à ses côtés. Il marquait un point, et elle le lui accordait volontiers. « On va dire que oui, à défaut d’un meilleur point de comparaison. » Faut dire qu’elle n’avait jamais rien connu d’autre. Certes les règles avaient été différentes sur Lupine, il y avait moins de restrictions sûrement car ils n’avaient manqué de rien. La piraterie, les trafics, tout ça lui était totalement étranger et elle ne se heurtait à ce monde que depuis qu’elle était milicienne. Sûrement qu’aux yeux du gouvernement de la Flotte, tout semblait plus ou moins illégal.

Ses interrogations lui semblaient désormais totalement dénuées de sens. Pourtant elle n’en dit rien Ana, sachant qu’elle ne pouvait se permettre de les formuler autrement. Qu’aurait-elle pu faire de toute façon ? Lui dire qu’elle pouvait tolérer les échanges nébuleux, les menaces, la façon qu’avaient certains de tout régler par eux même et à leur façon. Le troc de matériaux, les modifications d’IA. Au fond peu importait, tant que cela ne lui semblait pas nocif. Elle ne pouvait pas lui expliquer sa vision des choses quant à la légalité ou la morale. Reste à ta place, sergent, qu’elle se dit. Alors à défaut de mieux elle se base sur les règles en vigueur sur la Flotte, parce qu’elle n’avait rien de mieux à proposer. Il semble y réfléchir Tiaan, ses doigts désormais occupés à jouer avec une cigarette, des mouvements qui la fascinent brièvement, les prunelles de la milicienne glissant le long du tube de nicotine. Comme un reflet d’elle-même, lui gérant le flot de ses pensées tandis qu’elle gérait le sien, voire sa nervosité plutôt, de la même façon. Elle ne commente pas toutefois et se contente de relever paisiblement les yeux vers lui. Elle s’était attendue à pas mal de choses : une description très brève des souvenirs qu’il avait pu conserver de la station, une réponse plus concise encore visant à lui dire que non ce n’était pas si pourri que ça ou qu’au contraire ce qu’elle avait entendu dire n’était que la stricte vérité. Mais elle ne s’était pas attendue à le voir évoquer ses parents, le magasin qu’ils tenaient, cette boutique continuellement ouverte si bien qu’elle imaginait aisément les enfants mis à profit pour gérer l’ensemble. Un bazar électronique et elle essaye d’imaginer, le bâtiment sûrement bordélique, les néons défectueux à l’entrée peut être. Elle imagine le chaos d’une vie bien rangée, loin de la propreté et de l’ordre qui régnait sur la Flotte. Ça lui plaît. Ça lui plaît d’imaginer, autant qu’elle est rassurée de constater que Keller n’était pas si terrible qu’on voulait bien le lui dire. Sûrement qu’elle n’a entendu que des propos de pirates cherchant à l’effrayer, sans succès véritable. Comme si venir de Keller permettait d’obtenir des points en intimidation. Mais il n’y a pas que ça. Car une fois de plus elle ne doute pas de Tiaan, se fiant presque aveuglément à son jugement. Elle envisage pas qu’il puisse lui mentir. Elle ne l’a jamais envisagé.

Si l’exemple du blond visant à dédramatiser la situation sur la station avait pu la surprendre, Anastasia n’en laissa rien paraître, se contentant d’un sourire énigmatique flottant sur les lèvres alors qu’elle continuait de l’observer. Patiente. Curieuse. Envieuse. Le bégaiement du lieutenant, qui rallonge considérablement le temps qu’il mettait à formuler une phrase, ne la dérange même pas. Ça ne la dérange jamais tant qu’il daigne lui expliquer, tant qu’il lui permet de comprendre et d’appréhender les choses. Le discours du douanier est juste, ce qui explique sûrement en partie pourquoi elle y est sensible, ne pouvant que sourire légèrement une fois de plus en l’entendant lui signaler qu’il existait aussi du mauvais sur la Flotte, mais que l’on ne dénigrait pas l’ensemble de la Fédération pour autant. Il a raison, une fois de plus et elle n’en éprouve aucune contrariété. « Vrai. Qu’elle admet dans un souffle, détournant les yeux pour observer de nouveau l’espace, brièvement perdue dans ses pensées. Maintenant j’arrive pas à définir si ça pourrait me plaire ou non. » S’amuse-t-elle brièvement, exprimant ses pensées à voix haute. Est-ce qu’elle saurait s’habituer à cette vie si elle devait y être obligée un jour ? Etait-elle trop propre sur elle, pour réussir à se faire une place dans ce monde étrange ? Elle sait pas trop Ana. Elle s’estime débrouillarde, suffisamment fière pour ouvrir sa gueule mais aussi suffisamment lucide pour savoir quand il valait mieux la fermer. A quelques exceptions près. Tout en paradoxe, provocatrice à la recherche d’une vie simple, amoureuse de l’adrénaline qui parcourt son organisme autant qu’elle pouvait aimer passer des heures à contempler quelque chose ou quelqu’un. En recherche de mouvement, de chaos, surtout lorsqu’elle travaillait, mais ne se voyant pourtant pas prendre des risques toute sa vie durant. Surtout des risques inutiles. Alors elle sait pas, se demande s’il est plus simple de s’habituer à la vie sur la Flotte lorsque l’on venait de Keller que l’inverse.

Elle fut tentée de lui poser des questions, à propos de tout ça. Elle voulait savoir ce qu’il a pensé de la Fédération en arrivant ici. Puis elle se demande comment il est arrivé ici finalement, pour quelles raisons ? C’est ce cheminement de pensées qui la pousse à s’intéresser à ce qu’il avait pu lui dire, quant à cette boutique tenue par ses parents. Elle-même avait suivi la même route que son père, indéniablement influencée par cet homme ô combien important dans sa vie. Ana savait que tous n’agissaient pas ainsi, que certains préféraient au contraire faire l’inverse, que ce soit par désir d’aller à l’encontre de l’autorité parentale ou parce qu’ils avaient des préférences et des passions diamétralement opposées. Mais elle s’est toujours demandé ce que ça faisait, que de tracer sa propre route, véritablement. Et surtout elle se demande ce qui l’a poussé, lui, à faire ça. « T’avais pas la fibre marchande ? » Demande-t-elle alors, simplement, en lui jetant un nouveau coup d’œil. Elle savait que ce genre de boutiques était généralement une histoire de famille, et il y avait toujours quelqu’un pour reprendre le flambeau. Au vue de la fratrie conséquente de Tiaan, elle envisageait facilement que quelqu’un se soit chargé de poursuivre les affaires de la famille, pourtant elle voulait l’entendre le lui dire. En vérité, une voix lui soufflait qu’il aurait pu aimer ça, mais que son bégaiement avait dû le dissuader de faire quoi que ce soit. Répondre aux clients devait le rendre fou et elle imaginait aisément qu’il ait pu désirer un poste nécessitant moins de contacts avec les gens. Mais elle ne veut pas en parler elle-même. Elle ne veut pas supposer, agacée de continuellement faire des suppositions sur un homme dont elle ignorait tout. C’était si facile, de le détester pour leurs échanges passés, sans jamais chercher plus loin. C’était plus difficile d’envisager qu’il ne soit qu’un homme comme les autres. Pourtant elle tendait de plus en plus à vouloir emprunter ce chemin ci, cette route qui lui permettrait de mieux le cerner, le comprendre, le connaître. Parce que ça a beau être plus difficile, c’était aussi foutrement gratifiant. Plus intéressant, plus normal. Plus humain. Peut-être qu'elle aime ce qu'elle voit, aussi, parfois. Mais ça c'est encore trop dur à admettre.

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† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     Jeu 15 Fév - 23:50
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Elle aime à rire, elle aime à boire
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« Bien sûr, lieutenant. » Tu acquiesçais, posément. Bien sûr qu'il y avait des restaurants, du trafic d'astre, de drogues, de cigarettes, d'armes. Tu les voyais passer, tous ces objets, parfois tu mettais même la main dessus. Fut un temps, tu connaissais même une partie des contrebandiers, parce que tu avais grandi avec eux, parce que tu avais fait des voyages en leur compagnie ou tout simplement parce que tu faisais partie des équipes qui fouillaient régulièrement leurs vaisseaux. Le dernier d'incident de Rosalija en était un exemple ; les produits frais étaient rares sur la flotte et beaucoup étaient prêts à payer une petite fortune ou offrir de nombreux services pour y avoir accès. En dépit de cela, comme disait Wilkinson, c'était un mal nécessaire et il ne s'agissait, après tout, que de petits délits, car les crimes n'existent pas au paradis. Aussi, ne pousses-tu pas la discussion, satisfait qu'Ana acquiesce. La milice était généralement chargée de débusquer ce genre d'établissements, mais il fallait se rendre à l'évidence, soit leur travail était mal fait – volontairement ou non – soit les contrevenants aux lois étaient suffisamment habiles pour échapper aux yeux des militaires.

Lorsque tu lui demandes par rapport à quelle échelle de légalité elle mesure la dangerosité de Keller, tu acquiesces sèchement à sa réponse, appréciant au moins son honnêteté. « On va dire que oui, à défaut d'un meilleur point de comparaison. » Tu te souviens qu'Ana vient de Lupine. Tu ne connais rien, ou presque, de cette colonie. Le Triumvirat a mis la main dessus depuis des années, mais ton intérêt pour la Terre et ses satellites a toujours été proche du néant. Enfant, lorsque tu apprenais à lire avec les autres, tu avais en sainte horreur l'Histoire. Pourquoi t'intéresser à des choses qui se sont passés il y a des années, à des années lumière de là où tu te trouvais. Tu ne voyais aucun intérêt dans ce genre d'études et tu préférais largement te concentrer sur les matières plus pragmatiques, qui te servaient assurément dans la vie de tous les jours. Même les dessins animés qui mettaient en avant l'origine terrienne de ses habitants, ou qui insistaient trop durement sur des régions que tu ne connaissais pas te lassaient assez vite. Tu avais grandi avec des histoires de pirates, de vaisseaux et de planètes lointaines, inconnues des humains que tu connaissais. Ça, ça te faisait rêver. « Maintenant j'arrive pas à définir si ça pourrait me plaire ou non. » Tu clignes des yeux, tu manques de lui dire qu'il suffit de demander à son frère, ou pire … qu'elle aurait pu se faire une idée d'elle même si elle avait su réfléchir un peu plus. Finalement, tu te tais un instant. Tu mordilles tes lèvres, ton pouce frottant contre le côté de ton nez, puis lorsque tu te décides à parler, il passe sur le côté de ta joue, ton menton et rejoint ton index. « M-maintenant ? P-p-pas avec t-t-ta m... m... mentalité actuelle. » Tu lèves le doigt et tu fais tourner ton index en cercle, vers le plafond. « T-tu aimes le C-Colossus ?  »

« T'avais pas la fibre marchande ? » Tu laissais échapper un léger rire. La fibre marchande ? Oh, non pas vraiment. Tu préférais largement t'occuper des opérations de comptabilité ou nettoyer le haut des étagères que devoir interagir avec des clients ; comment leur conseiller du matériel, comment les arnaquer lorsque tu ne parvenais pas à les intéresser suffisamment pour les orienter ? Tu aimais les clients qui savaient ce qu'ils voulaient, ou ceux qui venaient uniquement pour des objets du quotidien et qui payaient généralement comptant. Tu n'étais pas si terrible, mais voir ton frère et tes sœurs viser plus haut, plus grand, quitter le nid, tu les enviais. Tu voulais faire plus que ce que la boutique de tes parents proposaient et, parfois, lorsque tu y repensais, tu te disais que tu aurais probablement dû en rester là. Te contenter de Keller, aider Veg à s'occuper de la boutique, ou te faire ta propre voie. Cependant, tu savais, tu sais même, que si tu étais resté sur Keller, tu aurais fini comme tes aînés. L'appât du gain, l'argent « facile », les voyages stellaires, tout cela t'aurait fait de l’œil bien rapidement, tout pour t'éloigner de ce que tu connaissais déjà. « Avayne d-d-disait s-s-s-souvent : si tu ne veux pas faire quelque chose, fais le mal, comme ça on ne te demandera plus de le faire. On a p-poussé ce p-principe à son p..p..p-paroxysme. » Tu hausses les épaules, lançant des regards autour de toi, partout sauf vers Ana. Cette question te turlupine. Pourquoi, finalement, prends-tu le temps de lui répondre ? Pourquoi, également, est-ce qu'elle la pose. Ce n'est pas comme si vos relations vous rendaient suffisamment amiables l'un envers l'autre pour que vous échangiez des souvenirs d'enfance ou que vous vous permettiez d'en dire plus qu'il ne le fallait. Tu prends une inspiration, une longue, puis tu expires. Tu passes tes doigts sur la cigarette derrière ton oreille et finalement, tu la laisses là. « On suivait ce qui se p...passait avec T-T-T-Theevi. On avait envie d-de p..plus, d-d'étoiles ? Un p-p-peu d.. de rêve ? » Tu te mets à rire, un bruit grinçant qui s'échappe par a coups de ta bouche et tu renifles, par réflexe. Dit comme ça, c'est un peu ridicule... mais qui à 18 ans peut-il se permettre de dire qu'il pense avec suffisamment de recul ? Lorsque l'on fait le point sur sa vie, on se rend compte qu'une partie de notre enfance est une suite de mauvaises décisions et d'arrogance de celui qui pense mieux savoir. Vous étiez naïf, comme tout le monde, d'une autre manière, bien évidemment. Beaucoup de choses vous passaient sous le nez et Keller abrite une population assez hétéroclite pour qu'une bonne partie des aberrations humaines vous soient passées devant le nez, mais vous aviez l'arrogance de la jeunesse, de ceux qui pensent qu'avec un peu de bonne volonté et surtout en sachant saisir les bonnes opportunités, n'importe qui peut rapidement devenir quelqu'un. La réalité est toute autre et si, ni toi, ni Theevi ne regrettiez vos choix, vous étiez suffisamment pragmatiques pour savoir que rejoindre la flotte était surtout un acte égoïste et surtout égocentré. Qu'attendiez-vous d'Adam Wilkinson en rejoignant la Fédération ? A la fois trop et pas assez. « Un autre, t-t-tu sais. P-pas ceux avec d..d..d-de l'astre ou qu-quoi. Elle n-ne voulait p..pas faire c-c-comme les autres et m-moi je v-v-voulais qu..qu-qu'elle sache où elle allait. J-j'y c-c-croyais p..pas autant. M...mais les informations qu.. qu'on en... nnn... n.. avait, c.. c'était qu-quelque chose de … idyllique ? » Tu te frottes les yeux avec la paume de ta main et tu hésites à en dire plus. Tu coules un regard, quelques secondes, vers elle, avant de finalement décider de te taire. Tu regrettes déjà d'avoir autant parlé, parlé pour ne rien dire qui plus est. En quoi est-ce que cela intéresserait Anastasia Donovan ? Vous êtes tous les deux bercés d'illusions ce soir et tu soupires. Tu récupères la clope derrière ton oreille et après un moment à l'observer, tu la glisses entre tes dents, tu la fais bouger avec ta langue, à droite, à gauche, le temps de trouver ton briquet. Tu t'arrêtes pour l'allumer, protégeant machinalement le bout de la vue des autres avant d'empocher à nouveau ton briquet. La première longue inspiration, tu la fais toujours à l'arrêt, du coin de la bouche. « Pourquoi ces qu..questions ? »
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MessageSujet: (#) Re: Elle aime à rire, elle aime à boire (Tiaan)     

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