And so it begin. // Anastasia
MessageSujet: (#) And so it begin. // Anastasia     Ven 2 Fév - 0:52
« Encore un verre et j’y vais… » L’index pointé en l’air, le barman rigole. « Pfff tu dis toujours ça et à chaque fois je dois quand même appeler Orson parce que tu peux plus aligner deux mots et tes jambes te portent plus ! » Un fou rire général s’empare des clients affalés sur le comptoir : Syjad y compris. Il aimait cette atmosphère. Cela lui rappelait Keller et ces longues soirées où ils abusaient de toutes les bonnes choses de la vie. Sans se soucier de rien. Pour sûr : leur arrivé sur la Flotte avait tout changé et encore aujourd’hui –de temps à autre- il regrettait. Leur vie de pirate, de nomade était ce qu’il avait toujours connu. Changer du tout au tout était perturbant et le laissant encore pantois quotidiennement. En tant que capitaine, il avait entraîné son équipage dans cette aventure sans pour autant être certain du lendemain. L’augmentation de sa consommation d’alcool n’est pas étrangère à cette peur d’avoir pris la mauvaise décision.
Finissant son verre cul-sec, il reposa avec violence ce dernier sur le comptoir avant de se lever. Il avait bien dit que c’était le dernier. En réalité il n’avait pas envie que des membres de son équipage vienne le chercher. Une nouvelle fois. Encore mois qu’Orson ramène sa gueule ici. Il n’avait pas peur de se ridiculiser devant lui mais ça le faisait toujours chier. Syjad leva sa main pour dire au revoir aux autres et sortit du bar en titubant. Le Colossus était à nouveau calme à cette heure-ci. Les mains dans les poches, la tête baissée : balbutiant des phrases sans queue, ni tête ; il sortit de ses songes en entendant :

« Capitaine ! » Jack le siffla, le docker souffla longuement et s’approcha. Il montra fièrement le butin dans une caisse en bois. De l’alcool, des médocs et d’autres denrées appréciés sur le marché noir mais pas que. Il y avait dans cette caisse tout ce dont les Wūtuōbāng apprécient. « C’est pas mal hein ? » Syjad posa fièrement ses mains sur les épaules de Jack et de Iago : « Je savais que vous étiez des bons ! Ça vient de Keller ? » Ils hochèrent tous les deux la tête : « Ça vient d’Elle. » Souriant doucement, il se mit à rire. « Rah je savais qu’on pouvait toujours compter sur la Dame ! » Syjad referma la caisse et tapa dessus : « Ramenons ça chez nous ! »

D’autres membres de l’équipage éméché comme Syjad arrivèrent pour aider à la tâche. Quand soudain Jack vit une femme au loin : « Shit ! » Le capitaine garda son calme et se racla la gorge : prenant de l'avance pour laisser le temps à ses hommes de transporter la caisse. Syjad regarda la femme s’approcher : « Hey honey, tu t’es perdue : tu as besoin d’aide peut-être ? C'est pas recommandé de traîner ici la nuit. »
MessageSujet: (#) Re: And so it begin. // Anastasia     Sam 3 Fév - 18:26
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And so it begin.
Ana & Syjad

Ça arrêtait pas de festoyer. Pourquoi ça arrêtait pas de festoyer putain ? Pourquoi fallait que même après cette remise des diplômes, même après avoir été affecté à un poste quelque part sur la Flotte, tout le monde continuait de fêter l’événement comme s’il s’agissait d’une naissance ? Elle comprend pas. Ou plutôt elle veut pas comprendre Ana, se contentant d’insulter mentalement et parfois ouvertement tous ces connards décérébrés qui avaient eu l’occasion de sucer pour faire ce qu’ils voulaient faire dans la vie. Ô joie, la quasi-totalité de sa promotion avait pu obtenir le travail tant convoité. Mais pas elle. Evidemment. Le pire ça avait sûrement été le regard de ses parents, plein de compassion. Son père qui, en bon milicien qu’il était lui-même alors, lui expliquait que c’était une très bonne position. Elle a essayé de ne pas trop le contredire, consciente qu’elle ne pouvait décemment pas s’attaquer au métier qu’exerçait cet homme qu’elle aimait tant. Mais ça la bouffait, ça l’empêchait pas d’hurler que c’était pas ce qu’elle avait voulu, elle. C’était pas son désir, son souhait, son ambition. Et la compassion des siens lui donnait des envies de meurtre encore plus intenses que si elle s’était heurtée à leur mépris ou leur déception. C’était la rage au ventre que la jeune femme s’était présentée au travail le lendemain d’une soirée bien arrosée, l’alcool n’ayant pas eu le même objectif avec elle qu’avec les autres Stellariens de son âge. Elle avait tenté de faire bonne figure, peu envieuse d’atterrir à un poste encore moins prestigieux, loin du corps militaire qu’elle avait toujours convoité. Mais dès lors qu’elle faisait tomber l’uniforme, la rancœur revenait au grand galop, la haine également, le dégoût, tous ces sentiments ô combien dégueulasses qui la bouffaient de l’intérieur, quand elle ne blessait pas simplement les autres avec. Vie de merde tiens.

Aujourd’hui était un nouveau jour, mais il ressemblait étrangement à celui de la veille aux yeux de la milicienne. « Milicienne. Milicienne putain. » Et elle éclate de rire, comme folle, secouant la tête dans l’espoir de chasser un mauvais rêve. Elle ignore les regards interloqués qu’on lui adresse et elle reprend sa route, sans un mot de plus, la rage lui donnant également envie de chialer sans qu’elle ne parvienne à s’expliquer pourquoi. Peut-être parce qu’elle était faible ? C’est pas ce qu’on lui avait fait comprendre, avec des mots doucereux et un vocabulaire plus complexe et moins humiliant ? Si, c’est carrément ce qu’on lui reprochait, sa putain de faiblesse. Alors elle serre les poings Ana en songeant une fois de plus aux reproches qu’on lui avait fait. Ses proches ont tenté de la raisonner, de lui signaler qu’elle n’était pas ce qu’ils pensaient d’elle. Elle les avait tous repoussés, avec véhémence, ayant la soudaine envie de crever toute seule pour éviter d’avoir à affronter leur regard plus longtemps. Elle préférait qu’ils la détestent, tous. Ce serait plus logique que de continuer à apprécier une ratée après tout, non ? Peut être. Peut être pas. Elle n’a pas le temps de se poser plus longtemps la question qu’une voix lui parvient aux oreilles, masculine. Quelques propos qui l’incitent à relever la tête, ses yeux plus alertes que jusqu’alors, afin de fixer l’homme qui semblait visiblement s’adresser à elle. Un simple coup d’œil autour d’elle lui rappelle qu’elle est seule, et qu’elle est donc bien la fameuse honey qu’il interpelle. Pourquoi ? Aucune idée. Mais ça lui plaît pas.

Les poings serrés exercent une pression plus importante encore, faisant blanchir les phalanges alors que sa respiration semble déjà s’exciter. La colère pulse, ayant depuis quelques semaines déjà remplacée le sang dans ses veines. « Honey ; Perdue ; Besoin d’aide ; Pas recommandé. Ça marche encore comme technique de drague ça ? Considérer qu’une femme seule est forcément une biche inoffensive qui attend que le mâle daigne lui expliquer la vie ? L’amertume et le mépris suintent de ses propos, en partie à cause de cette haine au fond des tripes, mais également parce que les propos de l’homme, aussi bien intentionné ait pu être ce dernier, lui donnaient la nausée. Putain on en était encore réduit à ça. Une femme seule, nullement pendue aux bras d’un homme, c’est forcément la cruche paumée qui sait pas ce qu’elle fout ici. Il y a de cela quelques mois, elle aurait peut être roucoulé en battant des cils pour accentuer l’ironie de la situation, faisant ainsi preuve d’une subtilité sûrement plus payante que son agressivité aveugle. Mais aujourd’hui c’est différent. Elle avait changé. Et elle s’en contrefoutait. Au point qu’elle n’hésite pas à s’avancer vers lui, ne s’étant pas interrompue dans sa marche, pour se poster droite comme un i devant lui. Elle le lâche pas des yeux, tendue au possible à cause des sentiments qui l’étreignaient. Visiblement plus vieux qu’elle, l’homme ne l’intimidait pas le moins du monde malgré tout.  J’imagine que toi en revanche t’as le droit d’être ici. T’es trop fort pour laisser quiconque t’intimider ou te foutre une branlée pas vrai ? » Putain, le machisme masculin franchement. Même sous couvert de galanterie, ça la rendait folle.

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† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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MessageSujet: (#) Re: And so it begin. // Anastasia     Lun 5 Fév - 21:57
Syjad avait un peu trop abusé de la boisson. En avait-il seulement honte ? Absolument pas ! En réalité, il en avait besoin. Ce n’était pas la Flotte qui l’avait rendu ainsi : depuis que les premiers membres de l’équipage lui ont donné de l’alcool jusqu’à aujourd’hui il n’a jamais arrêté. Son foie serait probablement bousillé dans quelques années mais il s’en foutait royalement. Avec un peu de chance les docs pourront lui en faire un tout beau, tout neuf avec leurs machines sophistiquées. Le progrès ne semblait pas avoir de limite. C’est ce qu’il avait retenu en arrivant chez les Stellariens.
Malgré son état d’ébriété indéniable : il avait encore toute sa tête le Capitaine. Assez pour admirer à sa juste valeur les denrées arrivées de Keller. Bon sang ce qu’il était content en cet instant. Mine de rien, à chaque fois cela lui rappelait d’où ils venaient. Les Wūtuōbāng étaient des enfants de l’espace. Faire un peu de contrebande et alimenter le marché noir étaient la seule chose maintenant qui les reliait à leurs origines. Syjad avait maintenant hâte de rentrer et de montrer fièrement la caisse à Orson. Pour sûr que son aimé serait dans le même état d'allégresse qu’eux ! Ça allait encore finir qu’ils allaient se coucher a pas d’heure ! Mais après tout ce n’était pas tous les jours que de telles choses arrivaient.
Son regard croisa rapidement un obstacle cependant. Un témoin. Une femme, seule, marchait en leur direction. Si le pirate avait compris une chose en arrivant sur la Flotte s’était qu’il ne fallait faire confiance à personne. Sait-on jamais que cette personne fasse parti de la défense : il n’avait pas envie de passer devant des juges. Syjad et ses hommes avaient toujours réussi à sauver leurs têtes : il n’était pas question de s’arrêter à ce sans-faute ! Alors, il prit les devants et accapara toute l’attention de la jolie demoiselle. Il n’y avait pas cinquante milles solutions : jouer le macho était toujours la carte gagnante. Soit la femme avait de la dignité et répondait ou bien la donzelle n’avait aucune estime d’elle-même et dans ce cas il n’avait qu’à être charmeur. Faut dire que son sourire avait toujours été sa botte secrète. C’est comme jouer à la loterie et pour un Syjad éméché autant dire que cela était du pain bénit !

Satisfait de voir que la brunette montrait les crocs : il étira un sourire. Bon sang la soirée ne faisait que s’améliorer à chaque instant ! Son répondant plaisait au capitaine qui était aussi surpris qu’amuser de cette situation.

« Ah bah on n’est pas sur Keller hein. La plupart des Stellariens ne savent pas cogner, ne savent pas se débrouiller. Alors les Stellariennes doivent être encore pires ! C'est un fait et comme on dit : y'a que la vérité qui blesse. » Il croisa ses bras : « Ok, ok… Je te l’accorde : les Légionnaires en jettent et les Miliciennes semblent pas non plus rigoler mais en dehors d’elles : y’a pas à tortiller du cul vous êtes toutes des donzelles en détresse. Il n’y a pas de mal à se réfugier dans les bras d’un homme tu sais hein ? »

Mettre de l’essence sur le feu ? Clairement oui. Mais au moins ses hommes pouvaient se faire la malle et dans le pire des cas revenir. Bien que Syjad pouvait se débrouiller tout seul. La femme devant lui cependant ne semblait pas convaincus. Il se pointa du doigt : le regard surpris.

« Moi ? » Il se mit à rire : « Babe, j’ai été élevé en dehors de la Flotte : j’ai appris à mordre avant de parler. Je ne crois pas que mon cas soit comparable. » Syjad fit un pas en avant, gardant son sourire : « Une femme qui traîne seule dans le Colossus… Avoue que ce n’est pas tous les jours : tu es sûr que tu ne veux pas que je te raccompagne ? » Il leva ses mains : « En tout bien tout honneur, tu n’es pas mon genre de toute façon. »
MessageSujet: (#) Re: And so it begin. // Anastasia     Ven 9 Fév - 2:07
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And so it begin.
Ana & Syjad

Keller ? Mais bon dieu il avait qu’à y rester sur Keller. Pauvre con. Le regard flamboyant de colère, la milicienne n’en démord pas, fièrement campée devant celui qui pensait visiblement soit pouvoir l’impressionner soit pouvoir la dompter à l’aide de quelques remarques sexistes qui n’avaient pas lieu d’être ici, tout du moins le pensait-elle. Et si sa façon de l’aborder avait été déplaisante, ce fut pire désormais que l’homme ne cessait de déblatérer des conneries offensantes pour l’ensemble de la Flotte et, bien évidemment, plus particulièrement pour les femmes résidents sur celle-ci. Les poings se serrent, les phalanges blanchissent et bien que l’ensemble demeure contre le corps de la milicienne, celle-ci sait qu’elle est à bout et qu’il suffirait d’un rien pour qu’elle explose. Véritable bombe à retardement, qui avait toutefois le défaut d’exploser un peu trop souvent. On ne parlait pas de vingt-quatre heures pour pouvoir la désamorcer, si tant est que cela soit possible, mais bien de minutes. Elle aurait été capable d’exploser le nez de cet abruti, faire une dizaine de pas, et s’énerver sur le prochain qu’elle pouvait rencontrer. Inlassablement. Se perdant dans un cercle vicieux, la haine alimentant la rancœur et ainsi de suite. Elle aimerait pouvoir dire que ça la soulage, d’ailleurs c’est l’argument qu’elle offre aux gens dans son entourage, pourtant elle sait que c’est des conneries. A part du sang, des larmes et un cœur sur le point de s’extraire de sa poitrine, cela ne lui apportait rien de bon. C’était juste nocif. Mais elle savait pas comment gérer autrement, ne savait pas quoi faire d’autre. On lui a pas appris la frustration à Ana, on lui a pas appris à la supporter. De même qu’on ne lui a pas appris à supporter les commentaires sexistes des lourdauds comme celui qui se trouvait face à elle. Celui là même qui daigne admettre que les légionnaires et les miliciennes pouvaient valoir le détour -Anastasia se retient de ricaner avec mépris en constatant qu’il ne daignait même pas parler des douanières et avait presque envie d’appeler Rosa pour que cet abruti comprenne un peu la leçon- puis qui conclut en expliquant qu’il n’y avait pas de mal à se réfugier dans les bras d’un homme.

Haussant un sourcil, la jeune femme le jauge dans un sourire en coin, qui témoigne toutefois trop de sa haine pour être parfaitement efficace dans son ironie, signe qu’elle ne semblait pas voir d’homme, de vrai, face à elle. Ce qu’elle voulait être du mépris fut toutefois interprété d’une façon bien différente et voilà que l’inconnu reprenait la parole, se désignant d’un air faussement surpris. Difficile d’ignorer le nouveau surnom dont il l’affuble, le genre de diminutif qu’elle tolérait volontiers de la part de son mec mais sûrement pas de la part d’un parfait étranger. Ça lui donne envie de lui exploser les couilles, juste pour s’assurer qu’il ne puisse pas perpétuer la moindre descendance, mais elle se retient Ana. Suffisamment pour entendre la suite. J’ai appris à mordre avant de parler. Sourire narquois et réplique acide, le venin suintant de chaque mot : « J’imagine que c’est le processus habituel chez les cons, oui. Elle se tend de nouveau en le voyant avancer, la rage au fond des yeux et ses prunelles suivant par ailleurs le moindre de ses mouvements, tel un prédateur à l’affut. Hors de question de le laisser la prendre par surprise. Encore des mots pour parler du fait qu’elle était sûrement perdue et qu’il se portait volontaire pour la raccompagner. Puis vient le moment fatidique, celui où il lève les mains comme en signe de paix, avant de reprendre la parole. Elle n’entend même pas la moitié de ce qu’il dit, ne se souciant de toute manière pas le moins du monde du fait d’être son genre ou pas. Le coup part, naturellement, d’une précision chirurgicale. A hauteur du foie. C’est brutal, c’est sauvage, c’est là pour faire mal. Et elle profite de la douleur, elle profite qu’il soit obligé de se crisper, plié en deux, pour le prendre de haut. J’te fais découvrir tes autres organes, Babe, ou ça ira ? » Siffle-t-elle, méprisante, haineuse. Arrogante, du haut de ses vingt-trois piges et de ses quelques semaines de travail. Mais surtout trop en colère pour songer à fuir un combat, même perdu d’avance. Quitte à ce qu’elle morfle, elle s’assurera que lui aussi. Et si elle aurait pu profiter d’avoir déjà frappé pour poursuivre, elle s’abstient, guettant une réaction et n’éprouvant pour l’heure aucune envie d’enchaîner les coups. Qui sait. Ducon aura peut être compris la leçon.

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MessageSujet: (#) Re: And so it begin. // Anastasia     Lun 12 Fév - 19:44
Oh boy, la soirée ne fait que s’améliorer. Pensa Syjad en gardant son sourire. L’alcool enivrait son cerveau et lui permettait d’être ignoble sans en avoir honte. Le pire étant que demain il n’aurait même pas l’envie de se répentir de son comportement. Il n’était pas du genre à ne pas assumer ses actions. Le passage de la caisse sous le nez de la femme n’est qu’une excuse parmi tant d’autres pour pousser hors de ses gonds ce joli visage qui semblait déjà sur le point de se déchirer sous le joug de la colère. Il y avait quelque chose dans ses yeux que le Pirate connaissait. Une lueur qui lui était familière. Au fond, n'agissait-il pas de la sorte pour ne pas se voir au travers de ces deux pupilles ? Parce qu'en cet instant elle lui rappelait qu'il avait été comme ça. Qu'importe. Si cette idée à caresser l’esprit de Syjad : elle a dû rapidement se noyer dans l’éthanol car cela faisait longtemps que le Capitaine ne faisait plus d’états d’âme de son passé. Tout du moins… Pas sciemment et encore moins dans une situation aussi tendue que celle dans laquelle il était à l’instant.
La répartit de la jeune femme ne tarde pas à se faire à nouveau attendre et c’est avec un plaisir non caché qu’il l’écoutait. Oui. Il était clairement amusé et nullement offusqué. Probablement parce qu’elle était une inconnue. Que l’opinion de cette dernière : il s’en foutait royalement ! Une midinette qui pensait pouvoir conquérir la terre n’avait que très peu de chance de l’ébranler. Des femmes comme elle : il en avait déjà croisé sur sa route. Une de plus. Une de moins. Quelle est la différence ? Autant que chez les connes et les écervelées gamine. Pensa-t-il sans pour autant juger bon de bouger ses lèvres et lui répondre. Cependant, alors qu’il voulait faire amende honorable –avec ironie cela allait de soit - la dame devant lui brisa la seule règle qui la sauvait de ses poings : attaquer en premier.

L’uppercut dans son estomac surprit Syjad qui se recroquevilla sur lui-même pour encaisser le coup. Serrant les dents : son sourire il l’avait maintenant ravalé. Pendant quelques secondes tout du moins. Juste assez longtemps pour se donner du courage et d’accepter l’idée qu’il allait devoir lui apprendre une leçon. S’il ne le faisait pas : d’autres s’en chargeraient et probablement des gars voir des femmes bien moins cool que lui.

« Oh Honey… » Il se redressa et se força à étirer son torse en grimaçant : il avait l’impression sur son estomac était sur le point de sortir par sa bouche. Heureusement, il avait l’habitude. Le bougre, ce n’était pas la première fois que ses organes étaient touchés de la sorte.  « Tu n’as encore rien vu. » Syjad redessina un sourire sur ses lèvres. Le genre méprisant mais clairement moins fier. Il avait reprenait petit à petit son sérieux. Doucement, mais sûrement.

Elle avait commencé. Il pouvait donc continuer. C’était sa philosophie. Et elle devait apprendre qu’il ne fallait jamais démarrer quelque chose qu’on ne comptait pas finir. Il lui décocha une droite dans sa mâchoire suivi d’un coup de pied dans le torse pour la faire tomber en arrière. Gardant une distance de sécurité il pencha sa tête sur le côté pour la regarder :

« La seule raison pour laquelle j’ai une grande gueule, c’est que je sais esquiver et donner des coups qui mettent réellement KO. En revanche, tu as encore un long chemin à faire. » Il n’avait pas mis toute sa force pour ne pas blesser gravement la demoiselle. Il n’était pas sur un ring et il ne souhaitait pas lui faire plus de mal que nécessaire. Juste lui apprendre une leçon.  « Si tu t’offusques pour quelques échanges comme on a eu : t’as pas fini de te battre contre la flotte entière. Penses-y Kiddo. Il n'y a pas de honte à tourner les talons. La plupart de temps, ça peut te sauver la vie. »
MessageSujet: (#) Re: And so it begin. // Anastasia     Jeu 15 Fév - 17:35
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Difficile de dire ce qui l’avait poussé à frapper, mais surtout ce qui l’avait empêché de poursuivre dans sa lancée. Elle aurait dû enchaîner les coups, lui briser les os et lui faire mal tant et si bien qu’il ne trouverait pas le courage ou l’audace de répliquer. Elle aurait dû le détruire, en quelques frappes bien placées, puis reprendre sa route. C’est ce que la logique et le bon sens auraient voulu en tout cas. Mais elle ne l’a pas fait. Arrogance, colère, mépris, masochisme. Le neutraliser aurait été trop simple, trop rapide. Elle avait besoin d’adrénaline, besoin de sentir que sa fureur la maintenait en vie plus efficacement que le sang dans ses veines. Elle avait besoin de faire mal, de clamer sa supériorité, celle là même dont elle ne doutait pas mais dont personne n’avait pris conscience étant donné qu’on l’avait refourguée à la milice. Faire mal aux autres pour s’élever, les mettre à terre pour avoir la chance d’être au dessus d’eux, même à genoux. Et puis, sûrement qu’elle ne voulait pas qu’il s’en sorte si facilement. Elle voulait l’humilier, dans le fond. Que la pauvre petite chose fragile lui donne la correction de sa vie, qu’il apprenne donc à respecter celles qui se mettaient sur sa route. Alors elle le toise Ana, de haut, un éclat rageur au fond des yeux et un sourire narquois aux lèvres. Alors, babe ? T’en veux encore ? Tu veux prendre conscience de tes muscles, de tes organes ? Tu veux qu’elle t’explose une côte ? Le nez ? Tu veux savoir ce que ça fait, que d’avoir le souffle coupé ? Une rotule brisée ? Elle est là pour ça. Et le sourire odieusement provocant qu’elle arborait s’accentue lorsqu’elle découvre que son adversaire a perdu le sien. Il rigole moins ce con. Et c’était que le début. Du moins c’est ce qu’elle se dit, c’est ce qu’elle croit. Parce qu’il ne lui reste plus que ça à croire.

Honey. Elle hausse un sourcil, visiblement blasée. Il avait pas compris la leçon. Parfait. Elle n’aurait qu’à continuer. Lui faire ravaler ces surnoms ô combien déplaisants, lui péter les dents ensuite pour s’assurer qu’il ne les prononce plus. Un bon plan en quelque sorte. Et le voilà en train de se redresser, de s’étirer avec négligence bien que l’absence d’amusement au fond de ses yeux et de son sourire tendait à prouver qu’elle l’avait bel et bien blessé. Au moins dans son ego de male arrogant. Tu n’as encore rien vu. Ouais. Jusque là elle était d’accord, elle avait rien vu. Juste de la prétention, juste des beuglements de clebs en rut. Rien d’impressionnant en soit, le genre de comportement puéril qui l’aurait fait ricaner quelques mois plus tôt. Elle lui aurait conseillé d’aller aux putes, puis serait partie, sûrement. Ou bien peut être aurait-elle été plus futée, surtout, et aurait compris que ça cachait quelque chose. Mais là elle était trop en colère, trop furieuse, pour se dire que tout ça n’était peut être qu’une comédie, ou qu’au pire l’alcoolique qui lui faisait face ne méritait pas qu’elle perde son temps avec lui. Mais voilà, on était pas quelques mois plus tôt. C’était ici et maintenant, avec leur arrogance à tous les deux. Et voilà qu’il passe à l’attaque à son tour. Coup de poing dans la mâchoire, qui lui arrache un grondement rageur en même temps qu’elle sent le sang inonder l’intérieur de sa bouche. Un être humain, ça saigne vite, et facilement. La première chose qu’on lui avait appris c’était de ne pas être impressionnée par ça. Sans aller jusqu’à être suffisamment idiote pour ignorer des blessures graves. Elle a pas le temps de s’en soucier, ni même de contre attaquer qu’un coup de pied la cueille désormais au ventre, la repoussant en arrière. Elle chute Ana, atterrissant sur le dos. Furieuse, elle s’accorde néanmoins quelques secondes d’immobilité, jouant légèrement avec les muscles de ses épaules comme pour s’assurer que tout allait bien malgré tout. Elle tente de retrouver son souffle aussi bien qu’il n’ait pas forcé.

Et elle ricane Ana. Méprisante et ironique à la fois, tandis que le beau parleur poursuit ses beaux discours. Il savait esquiver qu’il disait, pourtant il s’est en bouffé une qu’il a pas vu venir. Il savait mettre KO, qu’il se vantait, pourtant elle était déjà à se redresser en un bond, atterrissant sur ses pieds, accroupie, avant qu’elle ne se redresse entièrement pour se retrouver debout. Elle fait glisser ses doigts le long de son menton, ignorant la douleur qui y pulsait, faible écho de la haine qui l’habitait, une lueur furieuse au fond des yeux. Mais le sourire demeure, narquois. « J’pense plutôt que t’as une grande gueule pour compenser l’absence de couilles. T’as peur de pas réussir à dormir la nuit, Kellari » Siffle-t-elle, méprisante. De belles paroles, des provocations, des promesses creuses et un manque de volonté flagrant. Il lui semblait évident que l’homme face à elle était juste incapable de vraiment faire mal, incapable d’oser quoi que ce soit. Il aurait trop peur que sa conscience le tourmente. C’était pas un défaut en soi, mais ça le devenait lorsque l’homme se vante d’être un gros dur. Il est beau tiens, le bad boy de Keller, qui finalement préférait faire la leçon aux demoiselles prétendument en détresse. Machisme ou déni, mensonge pour elle ou pour lui-même, qu’importe. Il allait devoir faire mieux que ça. Alors c’est sans hésiter qu’elle repart à l’assaut. Un nez qu’elle explose d’un coup de tête, une frappe dans les côtes, une tentative pour lui déboîter l’épaule qui n’aboutit pas. Elle essaye, elle y va, elle fonce. Elle touche, parfois. Elle esquive, souvent. Elle s’en prend une en retour, de temps en temps. Suffisamment pour que du sang se mette à orner le sol, leurs vêtements. Du sang qui dégueulasse les visages, rougit les phalanges. Grondements, insultes peut être aussi. Et la colère, toujours. Cette même colère qui fait qu’elle n’arrive pas à analyser sa propre douleur, qui fait qu’elle n’a pas la lucidité pour arrêter, reculer, fuir peut être. Il était plus fort, tout simplement, même si elle se défendait. Mais elle était encore inexpérimentée, un détail que son arrogance et sa rancœur lui ont fait occulter. Elle aurait pu crever ce jour là, peut-être, si elle avait été face à quelqu’un d’autre. Car si désormais des cris se faisaient entendre au loin, signe que la milice approchait, cela n’aurait peut être pas été suffisant si on avait vraiment voulu attenter à sa vie. Mais cette milice, elle ne l’entend même pas, trop furieuse, trop obnubilée par l’envie de foutre des coups, encore et encore. Elle devrait s’inquiéter pourtant. Se battre de la sorte, avec un civil qui n’a rien demandé, c’était bon pour mettre un terme à sa carrière tout juste entamée.

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MessageSujet: (#) Re: And so it begin. // Anastasia     Dim 18 Fév - 17:50
Il semblerait que la petite altercation que Syjad désirait histoire de couvrir le passage de la contrebande prennait une toute autre tournure. Il ne s’en sortirait pas si facilement. Un mal pour un bien ? Que serait une bonne soirée sans un combat ? Si c’est ce que la demoiselle désirait : en parfait gentleman il devait répondre. Il était très certainement fautif mais quelque chose lui disait que la jeune femme devant lui avait eu son rôle à jouer dans l’enveniment de la situation. Après tout il n’avait pas eu des paroles sexistes envers toutes les dames de la flotte… Oui pour lui ce petit détail comptait. Mais apparemment pas pour la demoiselle. Le Capitaine n’était pas dans un mauvais jour, il acceptait donc qu’elle lui réponde sur ce ton ; qu’elle le toise avec son air hautain et provocateur. Si cela pouvait lui faire plaisir. Cependant, il ne s’attendait pas à ce qu’elle lève la main sur lui. Syjad avait été surpris et il ne tentait même pas de le cacher. Le coup qu’elle avait porté dans son estomac lui montrait que finalement quelques femmes, autres que celles en uniformes, savent frapper. Fort heureusement, il n’en était pas à sa première lutte. Sa vie entière pouvait être résumée par un interminable combat. Que cela soit durant son enfance pour survivre, puis pour gagner sa liberté avant de lever les poings pour imposer le respect dans le cœur de son équipage : Syjad n’avait jamais eu un instant de paix. Il avait accepté depuis longtemps ce fait. Naïvement il avait espéré un tant soit peu que la Flotte lui apporterait du repos mais depuis les premiers jours il avait compris que ce ne serait qu’un leurre quand bien même il atteindrait cet objectif. Il attirait les emmerdes. Devait-il blâmer sa gueule ou bien son comportement ? Le capitaine ne s’était jamais assez remis en question pour trouver une réponse à cette question. Il n’en avait ni l’envie, ni le temps.

S’il avait perdu le sourire sur son visage, il n’en restait pas moins taquin en l’appelant ‘Honey’. Histoire de lui montrer qu’elle avait beau le frapper : elle ne pourrait pas changer le bonhomme. Syjad ne mangeait pas de ce pain-là. Jusqu’à son dernier souffle il garderait cet air provocateur. L’alcool dans son système aidait très certainement à ce qu’il garde les pieds sur terre. Il aurait été si facile de s’enflammer et de refaire le portrait de la jeune femme. Ce n’était pas l’envie qui lui manquait : mais la décence qui le retenait de faire une telle chose. Jusque-là il s’était bien tenu, n’avait pas fait parler de lui alors il voulait garder cette même routine. Pourtant, il ne pouvait pas la laisser s’en tirer si facilement. Alors il visa sa mâchoire avant de la faire tomber sur le dos. Le but n'étant pas de la blessre. Juste de lui apprendre une leçon. Syjad espérait que cela soit suffisant. Depuis le coup qu’elle lui avait donné : il avait le cœur au bord des lèvres et la seule chose qu’il voulait c’était rentrer au vaisseau. L’arrogance de la jeune femme brûlait encore dans ses yeux, suintait dans ses paroles si bien que Syjad se retrouva à rire tout en soufflant longuement. Bon sang que cette gamine avait encore tout à apprendre.

« Penses ce que tu veux Honey, ce n’est pas comme si les paroles d’une femme comme toi pouvait m’atteindre. » Dans sa voix, il y avait maintenant du dédain et un certain agacement. Perdait-il légèrement sa patience ?

Telle une lionne, la jeune femme se jeta sur lui visant des points stratégiques. Le nez, les côtes : tout ce qui était douloureux et pouvait mettre KO même le plus fort des hommes. Elle semblait connaître les bases et cela était surprenant. Syjad ne se laissa cependant pas impressionner et décida de traiter la dame comme un adversaire lambda. Bientôt ses poings frappèrent à son tour tout en esquivant et contre-attaquant. Chaque geste lui faisait amèrement regretter d’avoir trop bu. Son état d’ébriété était maintenant un fardeau plus qu'une aide. L'alcool n'aidait pas le capitaine à faire bonne figure quand il devait se battre. Se reculant pour ne plus être à la portée de l’inconnue : il entendit finalement des pas et des voix. Il tourna brièvement la tête et remarqua un groupe de milicien. Syjad se prit une nouvelle droite à cause de son inatention et réagit immédiatement. Il se glissa derrière la femme et bloqua sa bouche tout en la forçant à reculer pour ce caché derrière des caisses. À l’abri des regards, il la garda contre lui : serrant les dents en la sentant se débattre.

« On reprendra le combat plus tard. En attendant ferme-la ok ?! » Il regarda par-dessus les caisses, les miliciens s’étaient arrêtés. « Fais moi confiance. Joue le jeu. »

Syjad s’éloigna finalement et se mit à courir vers la patrouille. Essoufflée, la gueule amochée :

« On… On a été attaqué… » Le Capitaine jouait parfaitement la comédie pour berner les miliciens. « Ils sont partis par-là ! » Il montra du doigt le couloir opposé à la position de la jeune femme.

Le plus haut gradé donna l’ordre d’un coup de menton à deux miliciens de vérifier avant de s’avancer vers le dit lieu de l’altercation. Il regarda Ana en souriant :

« Donovan, je ne pensais pas te trouver ici à cette heure. » Il fronça les sourcils : « Tu sais qui a fait ça ? Tu te souviens de leur visage ? »

Maintenant derrière l’homme, Syjad se plongea dans son regard et hocha sa tête de droite à gauche pour lui intimer de jouer le jeu.
MessageSujet: (#) Re: And so it begin. // Anastasia     Jeu 22 Fév - 23:36
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And so it begin.
Ana & Syjad

Une grande gueule, c’est tout ce qu’il avait. Ça et son machisme pour lui donner des airs de mâle dominant. Quelqu’un devrait peut être lui expliquer que ce n’était pas ainsi qu’on arrivait à impressionner. Malheureusement ce n’était pas elle qui risquait de faire la leçon, bien trop furieuse et elle-même trop ancrée dans ce processus qui consiste à provoquer et chercher la merde pour se permettre de faire la moindre remarque. Qu’il continue donc de l’appeler par tous les surnoms qu’il désirait, tant qu’il le pouvait encore, tant qu’il possédait encore assez de dents pour le faire. Parce qu’elle frappe, comme une furie, plus énervée que véritablement concentrée sur ce qu’elle faisait. Heureusement pour elle, l’individu qui lui faisait face n’avait rien d’un militaire, ou d’un homme rompu au combat et sûrement est ce pour cela qu’elle s’en sort pas trop mal, malgré son inexpérience, malgré la différence d’âge ou de sexe. Dans tous les cas, Anastasia est bien trop focalisée sur ses assauts, du sang perlant de ses lèvres et de son nez désormais, pour remarquer l’arrivée de la milice. Tout ce qu’elle voit, c’est une opportunité supplémentaire lorsque le manque d’attention de son interlocuteur lui offre la possibilité de le frapper à nouveau. Ce qu’elle s’empresse de faire, avant de froncer les sourcils, prise au dépourvu en le voyant fuir. Ou plutôt non, c’est pas qu’il fuit, c’est qu’il se barre et finalement l’attrape une fois dans son dos, plaquant férocement une main contre sa bouche pour l’attirer plus loin. Bien évidemment, elle en est déjà à se débattre, tentant de balancer son pied en arrière pour lui exploser une rotule, ou pire, tout en remuant le haut de son corps comme une diablesse. Elle s’apprêtait à trouver un moyen de le mordre lorsque les mots de l’homme lui parvinrent aux oreilles. Ça la fait ricaner contre cette main qui fait office de muselière, toujours cette furie au fond des yeux, alors qu’Anastasia tenait à lui dire qu’elle en avait rien à foutre des petits problèmes personnels qui pouvaient l’attendre. C’est ce qu’elle se dit au début en tout cas, avant qu’elle ne daigne relever les yeux pour capter la présence d’une patrouille de la milice.

Le sang de la milicienne se glace et elle se fige sur place, cessant soudainement de batailler. Le problème n’était pas qu’elle se souciait de son adversaire, bien au contraire il aurait pu se faire arrêter que cela l’aurait sûrement mise en joie. Sauf que s’il se faisait prendre, elle risquait également de même. Or des emmerdes pareilles sur son dossier, et elle pouvait dire adieu à sa vie de militaire. Certes, ne pas être légionnaire la tuait. Certes, la milice lui donnait envie de vomir et elle ne prenait pas le moindre plaisir à effectuer ses patrouilles. Cela n’en restait pas moins le seul métier qu’elle pouvait un tant soit peu désirer. Que ferait-elle, si jamais on lui refusait de foutre à nouveau les pieds dans l’armée ? Elle ferait quoi de sa vie ? Elle en sait rien, et cela la terrifie que de s’imaginer serveuse ou barmaid ou toute autre connerie du genre alors qu’elle n’avait déjà pas réussi à atteindre ses objectifs initiaux. Alors elle ferme sa gueule, l’écoute quand il lui parle de confiance. Elle retient un ricanement bien sûr, cette simple remarque suffisant à la ramener à la réalité. Elle devait prendre les devants, faire croire que ce fils de pute l’avait agressé. Entre sa parole et celle de cet idiot, l’on pencherait sûrement en sa faveur à elle. Mais il fut plus rapide, et elle demeure dans l’ombre, comme une parfaite idiote, tandis qu’il s’élançait. Elle tend le bras, vainement, comme dans l’espoir de le retenir, puis le ramène doucement contre elle en entendant le Kellari évoquer leur agression à tous les deux. Anastasia fronce les sourcils, brièvement, se demandant pourquoi diable il tentait de les épargner tous les deux, pourquoi il ne la balançait pas comme elle s’était apprêtée à le faire avec lui ? Sûrement parce qu’il était coupable de quelque chose, peut-être qu’il avait déjà un casier judiciaire, et qu’il craignait de se faire arrêter pour récidive. Ça renforce son amertume, et elle s’en veut de ne pas avoir réagi en premier, de ne pas avoir donné l’opportunité aux miliciens présents de s’assurer que ce Kellari grande gueule n’avait rien à cacher. Pour l’heure, elle ne peut donc que jouer le jeu.

Se redressant péniblement, des difficultés qu’elle ne mimait qu’à moitié, Anastasia passe alors une main sur son menton, redessinant ensuite sa mâchoire amochée. Elle saignait encore et en vient donc à essuyer son nez d’un revers de main, grondant en se rendant compte qu’elle ravivait au passage une douleur fulgurante. « Nan je sais pas, qu’elle grommelle alors, ses doigts déviant désormais le long de son front, tandis que son autre main s’apposait sur son ventre tout aussi endolori. Le milicien insiste bien sûr, bien qu’avec une certaine douceur. Est-ce qu’elle était sûre ? N’avait-elle aucun indice ? Non bordel ! J’ai rien vu, sinon c’est avec plaisir que j’aurais balancé ces connards. Siffle-t-elle de nouveau, hargneuse comme d’ordinaire, avant de capter le regard surpris de son interlocuteur. La milicienne hausse alors les épaules, baissant brièvement les yeux, une excuse silencieuse qui semble être suffisante pour le milicien en service. Elle était connue pour sa colère qu’elle peinait à maîtriser après tout. Les patrouilleurs leur posèrent en tous les cas quelques questions, auxquelles les deux combattants répondirent de concert, poursuivant cette petite comédie ô combien grotesque. Lorsque ceux qui étaient parti à la recherche des pseudos criminels revinrent les mains vides, il fallut discuter encore un moment supplémentaire, et Anastasia se faisait de plus en plus nerveuse, la colère faisant encore bouillir le sang dans ses veines. Elle s’agite surplace, tente de calmer les saignements à hauteur de son nez grâce à un mouchoir qu’on lui offre. Et lorsqu’enfin elle parvint à convaincre ses interlocuteurs qu’elle allait bien, qu’elle avait vu pire et qu’elle n’avait pas besoin ni du Regina ni d’aide pour rentrer chez elle, et que ces derniers finirent par s’éloigner, la jeune femme pivota alors en direction du Kellari. Bref silence. Puis l’agressivité, de nouveau. Pourquoi t’as fait ça ? »

- BLACK PUMPKIN


† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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MessageSujet: (#) Re: And so it begin. // Anastasia     Dim 4 Mar - 15:48
Bon sang ce qu'il lui était difficile de ne pas répondre pleinement. L’envie grandissante de la frapper, de la mettre au sol et lui apprendre les dures lois de la réalité le titillait de plus en plus. Une petite merdeuse comme ça qui ne semblait pas avoir le sens de l’humour, qui prenait tout au premier degré et qui semblait être à prendre avec des pincettes : autant lui donner une correction. Syjad, malgré tout, se retenait. Il préférait s’en prendre qu’en donnée. Il s’était adouci depuis son arrivée. Il pouvait déjà entendre Orson lui faire des remarques. Mais il s’en moquait. Disons qu’il ne voulait pas être une pourriture finie comme ceux qui étaient à la tête de l’équipage avant. Agir sur un coup de tête n’apportait jamais rien de bon notamment dans le cas où on voulait survivre. Au final il n’y avait pas d'âge pour changer et seuls les cons restaient sur leurs positions. Syjad ne l'était pas à ce point. Tout comme il ne l’est pas suffisamment pour laisser une possible merde atteindre la jeunette. Car contrairement à la harpie devant lui : il avait entendu des pas. Il se doutait que les carottes allaient rapidement être cuites si jamais des miliciens se pointaient. Dans le meilleur des cas ce n’était que des Stellariens lambdas. Malheureusement, le pire scénario se réalisa alors Syjad pris les choses en mains. Peut-être qu’elle se fichait d’avoir des soucis, mais pas lui ! Et puis elle se calma après s’être moquée de lui : lui permettant d’expliquer son plan sans avoir à utiliser plus de forces. Sans même donner la possibilité à l’inconnue de donner son avis, il prit les devants et alla à la rencontre de la milice. Le but étant de les sauver tous les deux et non de sauver seulement sa peau.

La suite se déroula encore mieux que son plan initial. La jeune femme jouait le jeu et ses propos corroborent son discours. Comme quoi : on pouvait s’allier avec n’importe qui, quand il était question de se protéger. Il était trop tard pour faire marche arrière de toute façon. Ils devaient continuer cette mascarade. Pour le meilleur et pour le pire. S’appuyant sur le conteneur près d’eux, Syjad reprenait petit à petit ses esprits et serrait les dents à chaque respiration. Il n’avait pas probablement de côtes fêlées mais aurait certainement des hématomes dès demain matin. Les questions des miliciens restaient basiques, pour ne pas dire normales. Mentir était une seconde nature quand cela lui était nécessaire. Ne s’attendant pas à les voir revenir pour les interroger de nouveau, il ne montra pas sa surprise et après avoir répété une énième fois la même réponse : la milice partie enfin. Il souffla longuement et passa sa main sur son crâne rasé. Surpris de l'agressivité de la demoiselle, il haussa son sourcil droit.

“Mais de rien.” Grogna-t-il avant de masser ses mains. “J’ai fait ça pour ne pas qu’on est des emmerdes tous les deux. T’as peut-être envie d’avoir à faire à eux mais pas moi.” Non pas qu’il est quelque chose à cacher mais pour l’avenir de la contrebande il devait se garder de faire parler de lui. “Et pour ton information, quand j’ai un problème : je le règle par moi-même je ne demande pas de l’aide et ne mêle pas un parti tiers.” Syjad avait un honneur.

Le capitaine souffla longuement et regarda autour d’eux.

“Tu ferais mieux de rentrer. Les bars vont bientôt fermer.” Il glissa ses mains dans ses poches. “Et t’en fais pas va, y’a peu de chances pour qu’on se croise à nouveau et si jamais c’est le cas : fais moi un faveur et prétends que tu ne me connais pas.”

Avec la pointe de son pied, il tapota ceux de la jeune femme.

“Tu devrais bouger plus quand tu te bats au corps-à-corps. Ta mobilité te sauvera toujours. La force ne fait pas tout.”

Et sur ce mots il tourna les talons pour rentrer vers son vaisseau.

MessageSujet: (#) Re: And so it begin. // Anastasia     

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