You, me and a bottle of alcool
MessageSujet: (#) You, me and a bottle of alcool     Lun 22 Jan - 18:50
You, me and a bottle of alcool


Je tentais de faire le moins de bruit possible en progressant dans la cabine. J’attrapais un pull qui trainait sur une chaise pour l’enfiler. Puis je partais à la recherche d’un elastique pour cheveux et de mon terminal. Je trouvais assez facilement les deux, tout en marchant sur la pointe des pieds. Je m’attachais les cheveux avant de me tourner vers l’autre occupant de cette cabine. Bon dieu, on était deux dans la cabine. Ca faisait un moment que ça n’était pas arrivé et rien que cela aurait suffit à me perturber. Alors que l’autre soit Caderyn, mon mari que j’avais cru mort mais qui ne l’était finalement pas et avec qui je venais de passer un moment un peu trop plein en émotions, n’aidait pas à ce que je ne sois pas perturbée. Il fallait l’avouer. Je ne pus m’empêcher de sourire en le voyant dormir. Il avait l’air moins apaisé qu’avant c’était sur mais j’avais toujours trouvé quelque chose de tendre à le voir dormir et visiblement ca n’avait pas changé. Je tentais de passer une main dans mes cheveux, ne me souvenant pas que je venais de les attacher, pour essayer de maîtriser toutes les émotions, parfois… non souvent contradictoires, qui me traversaient. Il était en vie. C’était… magnifique. Je l’aimais toujours. Je lui en voulais à mort. Enfin non pas à mort réellement. J’étais déjà veuve une fois, ça me suffisait amplement comme cela. Mais je lui en voulais terriblement. Je savais plus vraiment où j’en étais. J’avais à la fois envie de retrouver notre vie, cette vie que j’aimais avec lui. Mais je savais que je n’allais pas y arriver si vite que cela. Je lui en voulais, j’avais peur, je n’avais pas confiance. Et il m’avait abandonné lui aussi finalement. Je grimaçais. Tout de suite, j’avais beaucoup moins envie de m’extasier sur son air quand il dormait. Mais j’étais stupide, je savais à quoi m’attendre en épousant un militaire. Sauf que… sauf que Caderyn était Caderyn. Soupirant un coup, je sortais de ma cabine. Je me dirigeais vers celle où je savais que je trouverais ma soeur. Entre deux, je m’arrêtais pour me prendre une bar de truc à grignoter dans un distributeur. Je l’engloutissais comme cela, me rendant compte que j’avais beaucoup plus faim que ce que j’aurais cru avant. J’avais encore oublié de manger. J’oubliais tout le temps de manger putain. Je finissais sans trop de mal par arriver devant la porte de Zooey où je frappais jusqu’à ce qu’elle vienne. Coucou soeurette ! Tu viens, on va boire un verre ? Je vois bien son air surpris et perplexe. Surement qu’elle ne m’attendait pas à cette heure ci. Ca devait être le milieu de la nuit encore ou quelque chose du genre. Je lui fis un sourire pour espérer que ça passe mais clairement je voyais bien que ça ne serait pas suffisant. Caderyn a débarqué à ma cabine, donc il est réellement en vie. Donc ce fut compliqué. Donc j’ai grave besoin d’un verre et de ma petite soeur pour me remonter le morale. Je t’aurais bien proposé d’aller se lover devant une série mais il dort. Oui parce que comme on est toujours marié, il vit chez moi… logique. J’avais dit tout cela à une certaine vitesse, trépignant sur place. Soit elle venait boire avec moi, soit j’irais me souler la tronche seule comme une grande. J’avais besoin d’un verre. J’avais besoin de ma soeur. J’avais surtout besoin de pas rentrer trop rapidement à la cabine.

MessageSujet: (#) Re: You, me and a bottle of alcool     Ven 26 Jan - 23:59

« Mais… Mais… Mais non ! » Je lâche un soupir. Assise en tailleur sur mon lit, j’essaye de trouver une place pour mon tournevis sans grand succès. Si on oubliait la place que je prenais sur ce lit double, à peine éclairé par ma lampe de chevet, le reste était rempli de différentes pièces. L’objet, dont j’avais eu la grande idée de démonter et réparer à une heure tardive, était un objet du quotidien. Composé de bien plus de pièces qu’anticipé, je me retrouvais alors en difficulté pour le reconstruire. Je ne savais plus quel composé allait sur quel circuit imprimé et me sentais bien bête. Ce n’était pourtant pas mon genre de ne plus savoir reconstruire un de mes objets. D’un coup, sans réellement comprendre pourquoi, j’entendis des coups contre mon crâne... Alors qu’il n’y avait que moi dans la pièce. Que se passait-il… ?

J’ouvre les yeux d’un coup, fixant mon plafond, parfaitement éveillée. Désorientée, je réalise petit à petit trois choses : nous sommes en plein milieu de la nuit, je viens d’être tirée d’un rêve étrange et des coups sont réellement assénés contre ma porte. « Charlie ? Lumière tamisée s’il te plait. », demandé-je à l’IA d’une voix fatiguée. Je sors de mes draps à contre-cœur alors que mes yeux s’habituent à la faible luminosité. Les coups continuent de rebondir contre ma porte alors que je mets mes pieds dans mes chaussons. Je me frotte le visage et retiens un bâillement. Qui peut bien venir me rendre visite à cette heure ? Faisant fi de ma tenue – un magnifique pyjama bleu et blanc à pois – j’ouvre la porte pour faire taire le bruit des coups et suis surprise de voir ma sœur aînée à la porte. « Elis mais qu’est-ce que… » Elis ne me laisse même pas finir ma phrase qu’elle me propose un verre. Pardon ? Un verre ? Alors qu’elle vient littéralement de me tirer du lit ? Un bâillement m’empêche de lui répondre correctement un « Mais tu as vu l’heure ? Et ma tenue ? ». Un sourire étrangement faux se dessine sur son visage. Elle ne se laisse en aucun cas faire par mon état, bien déterminée à me faire sortir de ma cabine. Et pour cause. « Cade… Quoi ?! » Je cligne des yeux, essayant d’assimiler correctement le flot de nouvelles informations. Son mari mort lors d’une mission est en vie ?! Et est de retour dans leur cabine ?!  Il ne m’en faut pas plus pour comprendre que la situation est à la fois inédite et critique. Mon beau-frère est en vie et Elis n’a visiblement pas encore assez bien appréhendé la situation – normal après tout, ce n’est certainement pas tous les jours que l’amour de votre vie revient d’entre les morts. Je me décale pour la laisser entrer, ne souhaitant pas la laisser sur le palier trop longtemps. Si l’idée d’aller boire de l’alcool ne m’enchante guère, je réalise surtout ne pas avoir nécessairement le choix. Elis ne va très certainement pas me lâcher tant que je n’accepterai pas sa proposition. Autant ne pas perdre plus de temps. « Entre. Je me change et on y va. », rétorqué-je résignée. Je laisse à Elis le soin de fermer derrière elle alors que je me précipite en deux enjambées vers mon placard. J’y récupère un jean, un sweat et un haut blanc simple à la va-vite et change de tenue en deux temps trois mouvements. Tant pis pour le manque d’originalité (ou de féminité) de ma tenue. Je récupère mon terminal et me plante devant ma sœur. « Je suis prête, allons-y. » Sur ces paroles, Elis ne se fait pas prier et nous mène jusqu’au Columbiad. C’est elle qui veut boire, c’est donc à elle de choisir l’endroit.
MessageSujet: (#) Re: You, me and a bottle of alcool     Lun 29 Jan - 22:34
You, me and a bottle of alcool


La porte s’ouvrit sur le visage de ma soeur qui n’avait pas l’air d’attendre de la visite. Et même si j’étais un peu à côté de mes pompes je remarquais son pyjama et son air endormi. Je devais venir de la réveiller. Quelle idée de débarquer à cet heure là chez elle. Néanmoins, je lui laissais à peine le temps d’en caser une que je lui proposais d’aller boire un verre. Parce que j’avais besoin de sortir. J’étais au bord de l’implosion ou de l’explosion. J’avais besoin de boire un coup, de me souler pour réussir à tenir comme je l’avais fait quand il était parti. J’avais besoin de boire. Je voulais aussi parler mais pour le moment j’en étais pas encore capable. J’étais trop secouée, trop à maitrise la moindre chose que je ressentais. Je savais que quand j’allais ouvrir les vannes, ça serait un tsunami. J’étais pas encore bien se voir. Et les questions de ma soeur me laisse à penser que cela ne doit pas suffisamment se voir. Alors je balançais la bombe. Caderyn en vie. Caderyn qui est entrain de dormir chez moi. Je vois ma soeur cligner des yeux et je comprends que pour elle aussi l’information ne doit pas être si facile que cela a digérer. Elle devait avoir quoi ? Huit ans quand j’avais rencontré Caderyn. A peine plus quand on avait commencé à se rencontrer. Je savais que sa mort et son retour à la vie devait avoir aussi un certain impact sur ma soeur. Mais même si je savais que cela devait faire quelque chose… j’étais incapable de réfléchir à quoi pour le moment. J’étais juste trop secouée pour penser à quelqu’un d’autres. Je rentrais dans la chambre de ma soeur quand elle me dit qu’elle va se changer et qu’on va y aller. Je claque la porte derrière moi. Je me rappelle y a quelques heures avoir poussé Caderyn contre une porte quasi identique. Je me mords la lèvre et commence à faire les cent pas tout en me passant une main dans les cheveux, la bloquant rapidement à cause de l'élastique. Je le retire pour le remettre, le serrant un peu plus fort. Elle est bientôt prête et on sort de sa cabine quand elle me dit de choisir le bar. Doucement je nous dirige vers le Columbiad. Il y avait là bas un bar que je commençais à bien connaitre. Il était souvent ouvert et je passais y boire un coup quand je ne voulais pas rentrer et me retrouver seule chez moi, depuis le début de l’absence de Caderyn. On m’avait dit qu’il était de retour mais j’y croyais pas… J’avais l’impression que c’était un mauvais rêve. Jusqu’à ce qu’il frappe, qu’il revienne chez nous. Et… Je haussais les épaules alors que des larmes s’échappèrent de mes yeux à nouveau. Je frottais mes joues. Je n’avais pas vraiment envie qu’elle me voit pleurer, encore. Mais je doutais qu’elle ne pouvait pas y échapper. Ni moi échapper à montrer à ma petite soeur que sous ma carapace, j’étais aussi humaine qu’on pouvait l’être. Avec des émotions, des émotions qui faisaient mal. Bientôt on passait la porte du bar. Je me posais à la première table que je trouvais, cachais mon visage dans mes mains. J’ai juste aucune idée de ce que je vais pouvoir faire. Je relevais la tête vers Zooey. J’ai envie qu’il reste, qu’il soit là, que tout soit comme avant. Mais je lui en veux tellement. Il… Oh putain. Je n’y arrivais pas. J’arrivais même pas à en parler. Soupirant, et me retenant de me montrer violente avec la pauvre chaise qui n’avait rien fait, je levais la main pour interpeller le serveur.

MessageSujet: (#) Re: You, me and a bottle of alcool     Dim 11 Fév - 20:05

En sortant de ma cabine de douche, aussi prête que je peux l’être pour sortir avec sa sœur ayant retrouvé son mari disparu et qui venait de faire les cent pas à ne pas en douter, je récupère ma tablette et la laisse nous guider dans les couloirs, passant de l’Argus One au Columbiad. Alors que nous nous dirigeons en silence vers le Columbiad, je sonde en détails le visage de ma sœur. J’essaye de deviner ses pensées les plus profondes et ses émotions, dans l’espoir de pouvoir réussir à la dompter un peu une fois attablées au bar. Mais rien n’y fait. Si je peux imaginer Elis dans son tourbillon de pensées – ce même tourbillon qui m’absorbe bien trop souvent, Elis n’est clairement pas ma demi-sœur pour rien – je ne peux cependant pas me mettre à sa place. Caderyn était – est, plutôt – dans ma vie depuis mon enfance. Cette figure fraternelle, avec son sourire d’ange et son amour inconditionnel pour Elis. Ce serait mentir si je ne disais pas que durant un bref moment de ma pré-adolescence, je n’étais pas tombée légèrement amoureuse de mon beau-frère. Mais Caderyn restait Caderyn. Il restait ce grand-frère que je n’ai pas eu. Cette seconde figure masculine après mon père. Ce beau-frère cher à mon cœur, qui a disparu. Car désormais, Caderyn était lié au chagrin d’Elis. A son état lamentable après sa disparition. Et en cet instant, je ne sais comment réagir à la nouvelle. A-t-il fait exprès de disparaître ? Pourquoi revient-il parmi les siens maintenant ? Tant que je n’ai pas toutes les pièces entre les mains, je me permets de le haïr un peu. Pour le bien d’Elis, pour son état et pour avoir dû l’aider à se relever, jour après jour, pas à pas, difficulté après difficulté. Cette réaction est sûrement débile, bien trop liée à cette surprotection envers ma sœur, mais je ne peux pas l’accueillir les bras ouverts comme si de rien n’était. Surtout en cet instant, alors qu’Elis fond à moitié en larmes dans le couloir.
Alors que la première larme touche le sol, et malgré le fait qu’Elis se frotte les yeux pour cacher sa vulnérabilité, je la prends dans mes bras et dépose un baiser dans ses cheveux. A force, elle ne peut plus me la faire, à moi sa petite sœur. Cela fait bien longtemps que j’ai percé sa carapace de sentiments. « Ça va aller, ça va aller. », me contenté-je de dire, ne sachant pas quoi rajouter d’autre tout en continuant d’avancer, Elis dans mes bras. Je sais que rien n’empêchera Elis d’ingurgiter de l’alcool alors notre pas de décélère pas. Au contraire.
Nous arrivons bien trop vite à mon goût au bar du Columbiad choisi par ma sœur. Je m’assois à sa suite, sans un mot. Ce n’était pas à moi de débuter cette conversation, sous peine de me prendre ses foudres. J’attends alors qu’elle parle, chose qu’elle fait rapidement, dans le désarroi le plus total. Désarroi qui me fait mal au cœur. Je pose ma main sur un de ses avant-bras et le caresse doucement, en signe de compassion. « Je comprends, ça va aller. C’est normal que tu ne saches pas quoi faire de la situation, il vient à peine de réapparaître ! » La tête d’Elis émerge quelques instants pour faire venir un serveur avant de retrouver sa position : cachée derrière ses mains. «  T’a-t-il donné ses motifs, quelque chose ressemblant à une explication, un pardon ? » Le serveur, visiblement ultra réactif – et qui surtout a flairé à des kilomètres que ma sœur serait, pour ce soir, une excellente cliente – se précipite à notre table, un sourire mielleux sur le visage. « Alors mesdemoiselles, qu’est-ce que je vous sers ? » Je retiens un grognement insatisfait dans ma gorge avant d’imiter son sourire hypocrite. « Je prendrai une boisson ga– » Je n’ai pas le temps de terminer ma phrase qu’Elis prend les rênes de la commande et demande deux boissons alcoolisés. Evidemment. Le serveur part tout sourire alors que mon sourire se crispe. « Je te préviens, chagrin ou pas, situation plus que difficile et inédite ou pas, tu ne finiras pas torchée dans ce bar. Et moi non plus. » Je te laisse uniquement faire pour cette fois parce que je suis ta petite sœur, que je t’aime et que je ne supporte pas de te voir dans cet état, mais seulement ectte fois, pensé-je en regardant Elis. Ça allait être une longue soirée.
MessageSujet: (#) Re: You, me and a bottle of alcool     Mar 13 Fév - 12:22
You, me and a bottle of alcool


Alors que je tente de refouler les larmes qui s’échappent de mes yeux sans mon autorisation, je sens ma soeur passait ses bras autour de mes épaules et déposer un baiser sur mes cheveux. Cela me rassure un peu, me réconforte légèrement. Mon monde a beau être chamboulé, détruit à nouveau, elle reste là. Elle est là, toujours là quand j’ai besoin d’elle et elle n’ira nulle part. C’était une des pensées qui m’avaient maintenue à la surface quand je sombrais après la disparition de Caderyn, vu que mort n’était clairement plus le terme approprié. Zooey était là quoiqu’il arrive et elle, elle ne m’avait jamais abandonnée. Cela ne m’empêchait pas de détester qu’elle me voit dans ce genre d’état. Déjà, je me serais bien passée d’être dans ce genre d’état tout simplement. Ensuite, même si je l’étais, même si c’était un peu inévitable, je me serais bien passée qu’elle le voit, qu’elle sache tout simplement. J’aurais simplement pu rester dans ma cabine pour éviter ça. Mais rester dans ma cabine c’était restée dans les bras de Caderyn, là où clairement je ne pouvais pas craquer non plus. Et où je n’allais pas vraiment y voir plus clair dans tout ce qui me passait par la tête en ce moment. J’aurais aussi pu aller boire seule mais je savais bien que ce n’était pas non plus une bonne idée. Parce que j’aurais pas pu parler. J’étais pas le genre de personne à raconter ses problèmes au barman, déjà pas forcément le genre de personne à raconter ses problèmes tout court de base. Alors, je savais que j’avais choisi la meilleure solution en allant réveiller ma soeur. Mais j’étais pas tout à fait prête à l’admettre. Quand je me laisse tomber sur une chaise, la tête entre les mains ce qui dissimule au moins mes yeux brillant de larme, je commence à parler. Je parle mais ça n’a pas vraiment de sens non ? Puis ça ne reflète pas la tempête stellaire qui se déroule dans ma tête. J’entends la voix de Zooey et je sais qu’elle a raison même si je n’arrive pas à me l’avouer. Je sais qu’elle a raison quand elle dit que je ne peux pas encore savoir ce qui va se passer, que c’est trop récent pour ça. J’adresse un signe au serveur avant de me demander si ma tête ne pourrait pas fusionner avec la table. J’entends la question de ma soeur et je me mords les lèvres, tentant de me remémorer ce que m’avait dit Caderyn avant que… J’inspire un coup, sachant d’avance qu’il ne sert à rien de lutter contre les tremblements de ma voix. Mission, embuscade, pirate, capture, torture… Erreur informatique, il aurait jamais du être déclaré mort. Je relève la tête et regarde Zooey. Je me doute bien que mon visage ne doit rien inspiré de bien joyeux pour le moment. Surement même une certaine forme d’effroi. Il est recouvert de cicatrices qu’il n’avait pas avant. Ils l’ont… Je ne finis pas ma phrase, sachant même pas ce que je comptais dire. Ils l’ont brisés ? Je savais que ça non, ça m’était malheureusement réservé. Torturé ? Je l’avais déjà dit. Abimé ? Les cicatrices parlaient déjà pour dire cela. Le serveur arrive et nous demande, un grand sourire au lèvre que j’ai envie d’effacer, ce que l’on va prendre. Deux scotch. Je regarde Zooey quand elle me dit que je ne finirais pas bourrée et j’ai presque envie de rigoler. Tu te souviens que c’est moi l’aînée ? Et puis… t’as déjà réussi à m’empêcher de me coller une cuite ? Elle avait du réussir à quelques occasions, c’était vrai. Mais probablement moins nombreuses que celles où j’avais réussi à la convaincre de me laisser faire ou que j’avais échappé à sa surveillance pour boire. Mais en soit, même si je voulais ce premier verre d’alcool, je n’étais même pas sure de vouloir me coller la cuite du siècle. Ca allait pas vraiment arranger mes affaires. J’attend que le serveur nous ramène nos verres et lui jette un regard noir comme je sais faire dans ce genre de situation quand il a l’air de vouloir s’attarder. C’est pas pour lui faire la causette que je suis venue ici. Je porte la liqueur à mes lèvres, ressentant une forme de soulagement quand elle chauffe ma bouche, ma gorge puis mon ventre. J’ai été… horrible avec lui, vraiment horrible. Je l’ai giflé. J’ai pas souvenir d’avoir jamais giflé quelqu’un dans ma vie avant. J’avais beau cherché j’étais à peu près sure de ne jamais avoir fait ça. J’étais plus du genre à ne pas faire de mal à une mouche. Il s’est fait torturé, il revient, me dit qu’il m’aime et… et moi je me comporte comme la dernière de salope en lui disant que c’est sa faute. Cette fois-ci c’est mort. Je n’arrive plus à retenir les larmes qui coulent sur mes joues. Je me sens bien trop coupable. Coupable de ne pas avoir été à la hauteur, coupable de ne pas être celle qu’il mérite, coupable de l’avoir fait souffrir.


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