quiet lies ⊹ minnie
MessageSujet: (#) quiet lies ⊹ minnie     Dim 21 Jan - 15:41
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Âge : cinquante-deux ans.
Occupation : archiviste de la flotte, tu as quitté en douceur, en lenteur ton poste de capitaine du regina mercy après dix ans de bons et loyaux services, saisissant l'occasion d'être au plus près du pouvoir de la nouvelle amirale.
Habitation : l'argus one t'a accueilli, laissant ton étroite cabine du regina mercy.
Arrivée : depuis vingt-sept ans, sans jamais hésiter, sans jamais regarder en arrière, prêt à tout pour suivre un rêve fou, démesuré, celui de l'humanité.
Pseudo : lionheart.
Avatar : mads mikkelsen.
Crédits : LΛZΛRE(avatar)
MINNIE&ISAAC | quiet lies


L'illégalité laisse toujours courir un frisson d'excitation. Un semblant d'hésitation bien vite balayée s'égare, comme pressé par la promesse d'alcool, de fruits frais et du sourire de l'extractrice. L'estomac se serre à la pensée de sa joie, de l'éclat brillant d'envie dans ses yeux, signant ses aveux. Tu aimes la rendre heureuse. Comme toutes les autres. Comme seule elle peut l'être en dévorant une orange. Un sourire doux se dessine, se devine. Il traîne un peu sur les rides, court après la dérive, ta dérive. Et puis sans vraiment s'en apercevoir, sans tellement y croire, ça détraque l'âme, ça éloigne les drames.

« Bonjour, lâches-tu au marchand du Colossus 5, sous un air de confidence, caressant sa confiance. Ça faisait longtemps qu'on vous avait pas vus, Cap', lâche le vieux édenté, dans un sourire, un rire. Il a sûrement rencontré trop de poings dans sa jeunesse pour ce soit réparable, pour qu'il ne soit pas reconnaissable. J'ai été pas mal occupé, Riley, les yeux sont de glace, le regard s'ancre pourtant au sien, prêt à faire affaire, à faire ton affaire. Mais vous savez bien que vous êtes mon préféré pour ces choses là, l'humour lui tire un rire machinal, banal. Il n'y croit pas. Peut-être parce qu'on ne t'imagine pas en homme expert en cuisine. Il est dommage de douter de ma bonne foi envers votre commerce, un pique. J'irai peut-être chez votre concurrent la prochaine fois. » Tu fermes les yeux, le sens blêmir, pâlir avant de ronchonner : « Que tout est mieux ici plutôt que chez l'autre voleur de Lancaster. » Même sur le marché noir, la concurrence est rude.

« Oh vraiment ? », un semblant d'intérêt qui se dilue déjà sur l'éternelle ritournelle d'un commerçant vexé et prêt à tout pour maintenir son affaire à flot : « Vous comprenez, mh, non, tu ne comprends pas vraiment. Ton travail à toi est honnête, il ne dévie pas des lois, de ce que tu es toi. Les petites gué-guerres au marché noir ne t'intéressent pas particulièrement, ne réveillent pas les instincts de prédation de l'élection. Ce voleur empêche les honnêtes gens – et tu te retiens de souffler qu'il n'y a rien d'honnête à vendre des fruits sous le manteau, au nez et à la barbe de la Fédération, de travailler convenablement ! Il a déjà racheté deux amis avec ses méthodes de vaurien ! J'vous jure c'est pas commercial, tout ça ! » Un crachat signant son mépris, scellant les délits et les fruits passent de main en main, alors que les crédits sont versés. « Tout l'bordel habituel. Tout y est, normalement, Captaine ! Je sais, Riley. Au moins, avec le vieux marchand, il n'y avait jamais d'arnaque et l'assurance de produits alliant qualité et fiabilité. Tu restes sûr que l'escroquerie n'est pas dans les veines de celui-là. C'est peut-être pour ça que tu retournes le voir à chaque fois. Sinon, je ne vous serai pas fidèle. » Il s'empourpre, sûrement gêné de voir qu'un capitaine de vaisseau reste parmi ses clients les plus prisés et privilégiés. « Je reviendrai peut-être la semaine prochaine pour d'autres oranges. Je vous préviendrai. », glisses-tu, le laissant juste ronchonner un aurevoir quasi mortifié de plaisir face à tes serments de toujours venir consommer, acheter chez lui. « Passez une bonne journée. Ouai, Captaine, à la prochaine. » Derrière l'aigreur, il y a toujours bon coeur.

Le sac est plein de victuailles, les oranges roulent paresseusement dans leur filet alors que tu effectues quelques pas hors de l’entrepôt. Tu te baisses pour le fermer, cacher ce qui ne doit pas être remarqué, regardé. Mais il est déjà trop tard. Déjà, une figure familière se glisse jusqu'à toi. Déjà des craintes s'impriment sur la rétine, bouffant le myocarde. La situation t'échappe, dérape.

« Bonjour Mademoiselle Summers, tes yeux rencontrent les siens, tu te redresses doucement, prudemment. Le contrôle s'enfuit déjà, le pouvoir s'égare, moqueur de tes rages, des orages qui crépitent entre tes doigts. Tu balances sur ton épaule le sac bien lourd, essayant de noyer l'évidence, d'endormir sa méfiance. En quoi puis-je vous être utile ? » Si tu n'as jamais porté l'enfant du Colossus dans ton coeur, tu sais qu'elle s'imprime en redoutables fidélités, en promesses de toujours protéger ceux qui lui sont chères. Elle l'a suffisamment prouver, payer pour que tu lui accordes au moins ça. Mais tu n'es pas sûr de vouloir qu'elle te voit ici, en compagnie de ce festin qui peut signer là l'arrêt de ton destin. « Lyra ne m'accompagne pas. », juges-tu bon d'ajouter puisque ta fille s'en est faite une amie, et toi, une méfiance tenue à bonne distance. « Si vous souhaitez la voir, je vous conseille l'Argus One. » Comme si elle allait laisser passer cette chance. Comme si tu allais t'en sortir avec facilité, comme si de rien n'était. « Si vous voulez bien » j'ai autre chose à foutre que de discuter pluie et beau temps avec vous. Toi, qui a toujours refusé de te laisser prendre au piège, il semble que la roue tourne.

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