Le premier jour du reste de ta vie [Minnie]
MessageSujet: (#) Le premier jour du reste de ta vie [Minnie]     Ven 19 Jan - 0:38
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LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE
MINNIE & JESPER.
(Pourquoi vouloir décrocher la lune quand on a les étoiles ?)
Au début, il n’avait pas compris. Minnie Summers, en rencard avec Lady Grace ? La jeune femme qui, dans ses souvenirs, n’était que gentillesse et gaieté, comme un petit pinson aux babillages heureux, des blagues bordant en permanence ses lèvres, avait été envoyée au bagne ? Jesper avait écarquillé les yeux, incrédule.

Soit il avait été éjecté dans un univers parallèle durant son sommeil, soit il s’était passé quelque chose de grave.

Cela faisait déjà plusieurs mois que Minnie l’avait quitté ; ne restait de leur idylle qu’une certaine gêne empreinte de maladresse, qui se reflétait dans leurs gestes lorsqu’ils se croisaient au détour d’une coursive. Au début, elle lui avait cruellement manqué ; elle était bien plus bavarde et drôle que Charlie, et elle avait l’avantage de tenir chaud, lorsqu’il la serrait dans ses bras et qu'il plongeait le nez dans ses mèches en pagaille. Et puis le temps avait passé et la petite blessure qui avait éraflé son coeur s’était estompée, colmatée par la présence d’Eirian, de Skyler et de toutes ces personnes qui composaient son univers et lui faisaient oublier ses « malheurs » à grands renforts d’éclats de rire et d’accolades tonitruantes.
Sa relation avec Minnie s’était ainsi métamorphosée en souvenir. Parfois, lorsqu’il était affalé sur son lit et fixait son plafond, de la fumée s’échappant en volutes argentées de ses lèvres, il ressentait une pointe de mélancolie en songeant à ses yeux rieurs, à ses sourires et à ses baisers aussi légers que des papillons ; d’autres fois, alors qu’il écumait les boîtes les plus miteuses et les plus mal fréquentées de la flotte, elle ne lui manquait plus du tout, et il songeait qu’elle avait bien fait de rompre avant que l’un d’entre eux ne se mette en tête d’aller plus loin dans leur relation. Il fallait se rendre à l’évidence : ni l’un ni l’autre n’était fait pour signer un morceau de papier en se regardant dans le blanc des yeux et en se promettant respect, fidélité, secours et assistance.

Mais l’annonce de son emprisonnement lui avait fichu un drôle de coup dans l’estomac. Il avait fallu qu’elle se fasse arrêter pour que son cerveau réalise qu’il était toujours attaché à elle ; l’imaginer aux travaux forcé, son petit corps attifé d’une tenue de prisonnier kaki, lui tordait les entrailles, et il avait eu du mal à se faire à cette idée.
Alors lorsqu’il découvrit qu’elle était sortie de l’enfer qu’était le lady Grace, il décida qu’il devait fêter son retour comme il se devait et lui montrer qu'il était toujours là pour elle. Il décida également de mettre définitivement au placard la gêne qui engluait chacun de ses geste lorsqu’il se retrouvait face à elle, cette gêne qui le rendait terriblement pataud, comme s’il avait des mini-saucisses apéritives à la place des doigts. (Okay : agir naturellement avec une personne dont on connaissait par coeur les moindres aspérités, qu’il s’agisse de celles du coeur ou de l’anatomie, n’était pas toujours chose aisée, mais il y arrivait bien avec certaines ; pourquoi pas avec Minnie ?)

Il était vingt et une heures et des poussières. Il avait réussi à se procurer une bouteille d’alcool de prunes (est-ce qu’ils faisaient vraiment pousser des pruniers, sur la flotte, où étaient-ce d’autres fruits qu’il appelaient « prunes » par commodité, afin d'éviter les questions gênantes ?), ainsi que quelques beignets qu’il avait récupéré à la cantine, et une huile au parfum légèrement étourdissant, dont le fournisseur lui avait assuré qu’elle était idéale pour les massages. Il espérait que c’était vrai et qu’on ne lui avait pas refilé une sorte d’acide qui réduirait ses phalanges (et accessoirement la victime de ses massages) en bouillie.

Il se souvenait de l’adresse de Minnie : elle vivait sur le Colossus 5, c’est-à-dire au beau milieu d’un vaisseau qui ressemblait à un joyeux bordel. Un sourire fiché au coin des lèvres (il trouvait l’endroit bien plus rafraîchissant que l’Argus One, dont la moitié de la population semblait avoir un marteau à la place du cerveau et un balai dans l'estomac), Jesper traversa les coursives jusqu’à se retrouver face à la porte de son ex-copine-coucou-aujourd’hui-notre-relation-est-un-peu-malaisante.

Il hésita puis tambourina contre le panneau métallique. Il attendit que celui-ci s’entrebâille pour lever sa bouteille et son sac plein de victuailles, montrant ainsi patte blanche, et esquissa un sourire.  « Heeey Minnie. Euh… Surprise ? »
Il espérait qu’elle ne lui claquerait pas la porte au nez. Dans ses souvenirs, ce n’était pas son genre, mais on ne savait jamais : la prison, ça vous changeait un homme, disait toujours son père. Alors une petite souris…
 « Hé, t'as vraiment bonne mine, je m'attendais à pire. Euh... J-je… euh… je peux entrer ? Je ne te dérange pas ? Tu vas bien ? » Nonobstant le fait que tu sortes de prison ? faillit-il ajouter, mais sa langue eut le réflexe de rester bien au chaud au fond de sa bouche, derrière ses dents qui s'étaient soigneusement serrées, formant un nouveau sourire.


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MessageSujet: (#) Re: Le premier jour du reste de ta vie [Minnie]     Ven 19 Jan - 17:18
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Le premier jour du reste de ta vie

« we were together. we were, until i runaway, not from you, but for me. and then i was alone, so alone and empty. only now, i realise how much i miss you. »
Le silence. Il peut-être ton meilleur ami comme ton pire ennemi. En ce moment, allongée en chien de fusil sur la couchette de ta cabine, tu apprécies ce silence, Minnie. Car il est familier, et accompagne l’odeur réconfortante de l’oreiller dans lequel tu enfouis ton visage. C’est un silence rassurant, reposant. A mille lieux du silence qui t’entourait froidement toutes les nuits passées sur le Lady Grace. Il te rendait folle, ce silence. Nourrissant les cauchemars et les pires angoisses, et pourtant, il fallait affronter chaque matin avec ton éternel sourire. Ce sourire que les gardes tant que les codétenus trouvaient étrange, déplacé en un tel lieu. Mais il ne t’as pas quitté, ton sourire, pendant trois mois, en tout cas pas en public. Pourtant dès le début, les surveillants s’amusaient à prendre des paris sur la durée de ta ténacité. Tu les as tous bluffé, Minnie. Qu’importe le froid, qu’importe les douleurs, qu’importe les conditions, tu es repartie la tête haute et le sourire pas terni pour un sous. Parce que c’était juste impensable que tu craques devant ces gens-là. Pas pour seulement trois petits mois. Car trois mois, c’est quoi au fond ? Pas grand-chose.

Et puis tu es rentrée, Minnie. Elara et Rhil t’attendaient. Tu revois encore la scène au ralenti, quelques jours plus tôt. Ton corps entier est douloureux, et tu t’avances vers tes amis comme si de rien n’était. Pour ne rien laisser transparaître. Mais y a ta douce Elara, qui saute à ton cou pour te prendre dans ses bras. Et t’as l’odeur de son parfum, mélangé à celle de ses cheveux. Sa chaleur humaine. Sa voix dont tu n’arrives même pas à comprendre les mots. Alors tu ne souris plus, Minnie. Tu craques, Minnie. T’éclates en sanglots rauques, sourds et pourtant déchirants. Tu pleures parce qu’elle t’as manquée, beaucoup trop, ta belle blonde. Elle aussi, les larmes remplissent ses yeux clairs, renforçant les tiennes. Tu ne remarques même pas que son étreinte se défait, rapidement remplacée par celle de Rhil. Ferme, puissante. Il garde la tête haute, le Rhil, mais ça l’empêche pas de venir embrasser le haut de ton crâne alors que tu t’accroches désespérément à sa veste. Tu l’entends se racler la gorge avec fierté et ça transforme peu à peu tes larmes en rires. Brouillons, et progressivement, vous riez tous les trois sans même savoir pourquoi. Juste parce que vous êtes heureux. Juste parce que tu les couvres de baisers en te mettant sur la pointe des pieds. Juste parce que tu les aimes plus grand que l’univers. Juste parce que ton coeur explose, Minnie, et que vous avez tant à rattraper.

Inutile de dire que les retrouvailles avec ta mère ont été du même acabit, n’est-ce pas. Et comme on dit, il faut que la vie reprenne son cours. Mais c’est encore trop tôt. T’es encore trop fatiguée, Minnie. Parce que t’as beau être solide, petite mécanicienne, personne ne peut nier que le Lady Grace a bien failli t’achever physiquement. C’est pas un endroit pour une petite souris comme toi. Malgré les gants, le froid n’as pas épargné tes mains, pleines de craquelures rougeâtres car jusqu’au sang. Tes bras tremblent encore, et t’as perdu du poids, toi qui n’étais déjà pas bien grosse. Sans parler des bleus un peu partout, et de la fatigue psychologique. Au fond, tu ne sais pas si tu aurais tenu si tu n’avais pas rencontré Jyreese. Jyreese, que ça te rends malade de savoir encore coincé là-bas, alors tu préfères éviter d’y penser. Pourtant, tu ne peux pas effacer le souvenir de ses lèvres sur les tiennes, simplement posées en un baiser chaste, sage. Tu ne sais pas ce qu’il signifie, ce qu’il termine, ce qu’il promet. Tu n’en sais rien, alors ça aussi, tu préfères éviter d’y penser. En tout cas, tu essaies.

C’est à ce moment que quelques coups résonnent contre la porte métallique de ta cabine, te faisant ainsi presque sursauter. Ce n’est clairement pas Alcyone, absente pour un temps, et Elara ou Rhil savent très bien qu’ils n’ont plus à frapper pour entrer. Curiosité piquée au vif -et parce qu’il faut aussi bien ouvrir par politesse- tu extirpes tant bien que mal ta carcasse encore douloureuse de la couchette. Un coup d’oeil au miroir un peu crasseux et tu tires la grimace. Tu ne ressemble à rien, non pas que d’ordinaire si, mais tu ne te reconnaîtrais presque pas. Tu nages encore plus dans tes vêtements, et enfile un pull large qui traîne par là pour cacher la misère. Lorsque tu entrebâilles la porte, tu es surprise de voir, derrière une bouteille et un sac de nourriture, le visage famillier de Jesper. « Ils veulent tous me faire chialer ? » que tu penses intérieurement en retenant un soupir. Non pas parce que tu n’es pas contente de le voir, au contraire, parce que tu es un peu trop heureuse qu’il soit là. Jesper, ton dernier petit copain en date, que tu as quitté peu avant vos six mois, et surtout une semaine avant de finir sans préméditation en prison. Pourquoi tu l’as quitté ? Parce que t’as pris peur, Minnie, comme d’habitude quand les relations sont un peu trop longues. Parce que t’es pas prête, parce que tu te vois pas passer ta vie avec lui. Cela ne t’as pas empêché de l’aimer sincèrement, et quelque part, de toujours l’aimer d’une certaine manière. Parce que Jesper n’a jamais rien fait de mal, parce qu’il est au final l’une de tes meilleures relations, sous tous les plans.

Bonne mine ? Ah, c’est uniquement parce qu’il ne t’as pas encore vue à la pleine lumière de ta cabine, cette dernière ayant déjà la mauvaise habitude de donner un teint horrible et d’accentuer les cernes lorsque tu es au meilleur de ta forme. « Non, non, entre, » que tu invites Jesper en te raclant la gorge, terminant d’ouvrir la porte et de t’effacer de l’encadrement pour le laisser rentrer. « Désolée pour le bordel, je… Enfin, tu me connais. » Tu refermes la porte avec un petit rire un peu gêné, pas bien sûr d’ensuite savoir où te placer, alors tu t’y adosses un peu maladroitement. Tu ne sais pas trop où en est le malaise entre vous, celui qui a suivi la fin de votre relation. Machinalement, tu tripotes tes doigts en désignant la pièce d’un signe de tête, l’air de dire « fais comme chez toi ». T’oserais à peine lever les yeux vers lui, mais tu le fais pourtant, Minnie, sachant très bien que ça risque de te faire pleurer comme une enfant. Parce que bordel, qu’est-ce que tu es heureuse qu’il soit là. Malgré tout, malgré ce que tu lui as fait, malgré le temps. Malgré l’absence. Parce que t’as besoin de gens comme Jesper dans ton existence. Des moments passés avec lui, qui sont devenus des souvenirs merveilleux, uniquement ternis par ta fuite. Cette réalisation se fait doucement dans ton esprit et rapidement, tu viens essuyer les larmes qui perlent aux coins de tes yeux sombres. « Hm, désolée… Ça va ? Depuis… La dernière fois ? » La dernière fois, tu sais Minnie, celle où tu l’as laissé tomber comme une vieille chaussette. Parce que t’es pas capable de t’engager, parce que t’as trop la frousse. Et tu t’étais même pas excusée, en plus, lui sortant juste que tu ne voulais plus continuer, que c’était trop pour toi. Tu avais agis avec un égoïsme certain, et c’est simplement aujourd’hui que tu le réalises. Lâche. « Désolée... » Et tu t’excuse encore une fois, Minnie, difficile seulement de dire si c’est à cause des larmes que tu dois encore essuyer avant qu’elles ne coulent sur tes joues amaigries, ou si ce sont les mots que tu n’as pas réussi à prononcer il y a un peu plus de trois mois.

cabine de minnie, octobre 2226.
minnie et jesper parlent en steelblue ces gros thugs.
(c) DΛNDELION


† oh who decides from where up high? i couldn't say i need more time, oh grant that I can stay the night or one more day inside this life


les bonus:
 
MessageSujet: (#) Re: Le premier jour du reste de ta vie [Minnie]     Ven 19 Jan - 22:23
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LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE
MINNIE & JESPER.
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Peut-être avait-il été un peu optimiste en lui affirmant qu’elle avait bonne mine. Plus il la regardait, ses yeux cavalant sans scrupule le long de sa fine silhouette, et plus elle lui semblait mince, chétive, fragile. Elle lui faisait penser à ces poupées en porcelaine que collectionnaient les petites filles, des centaines d’années auparavant ; une minuscule matriochka qui avait perdu ses grandes soeurs et grelottait dans son coin, son beau visage creusé par la fatigue et la tristesse.

Frappé par cette vision, Jesper se retint de poser la main sur sa hanche et de l’attirer contre lui pour vérifier que son sang était toujours chaud et que son pouls battait toujours aussi fort qu’auparavant. Mais à la place, il resta immobile, la bouche entrouverte, incapable de trouver une réplique intelligente, continuant de brandir sa bouteille et son sac de nourriture. Le « Bah dis donc, t’as grave changé depuis que tu m’as largué ! » restait coincé au fond de sa gorge. Bizarrement, il lui semblait que ce genre de réplique sonnerait mieux dans sa tête que contre les murs blafards de sa cabine. (Pour une fois qu'il faisait preuve d'un minimum de bon sens, autant s'y accrocher !)

Il se détendit légèrement lorsque Minnie lui dit d’entrer et il s’exécuta, la frôlant maladroitement.  « Oh mais non, c’est très bien… rangé… ugh, je crois que j’ai écrasé un truc » lui répondit Jesper en esquissant une grimace désolée, sentant un obstacle sous la semelle de sa chaussure. Il retira son pied de là, espérant n’avoir pas trop amoché ledit obstacle.

Il hésita à s’asseoir par terre, puis décida qu’il y avait une couchette dans la cabine et qu’elle serait bien plus douillette qu’un sol aussi dur et froid que le canon d’un revolver. Il s’y réfugia donc et entreprit d’ouvrir sa bouteille d’alcool de prune à l'aide de ses ongles, produisant quelques crissements désagréables dans la manoeuvre.  « Hm, désolée… Ça va ? Depuis… La dernière fois ? »  « La dernière fo- oh, ah, oui. » La dernière fois remontait à l’après-rupture, cette période pleine de malaise durant laquelle il lui aurait été plus simple de faire rentrer simultanément trois beignets dans sa bouche plutôt que de regarder Minnie Summers droit dans les yeux.  « Ç-ça va.» Il haussa les épaules avec une désinvolture feinte, espérant ainsi noyer le poisson.

Mais le poisson semblait encore bien vivace.  « Désolée... » L’excuse le fit presque sursauter. Pendant quelques secondes, il crut avoir rêvé, comme si ce mot n’avait été qu’un bruissement dans l’air, un murmure soyeux qui s’était évaporé avant d’avoir eu le temps d’imprimer sa marque dans son esprit.

Mais non : ce n’était pas un rêve. Minnie s'était réellement excusé. Elle avait prononcé ce mot qui, durant leur rupture, n'avait frôlé ni ses lèvres, ni les siennes ; ce mot inscrit aux abandonnés absents, et qui pourtant avait flotté dans l'air, alourdissant leurs coeurs alors qu'il refusait de franchir leurs bouches.

Avec l’impression que ce simple mot avait crevé quelque chose dans sa poitrine, Jesper abandonna momentanément sa bouteille sur le lit et rejoignit Minnie, se redressant pour l’envelopper de ses bras.  « Minnie… » L’étreinte fut naturelle. Dépouillée de cet empressement amoureux qui s’attachait autrefois à ses gestes, lorsqu’ils étaient encore ensemble et que son corps s’écrasait contre le sien entre deux éclats de rire. Il n’y avait plus de désir ; seulement une profonde affection qui guidait ses gestes et le conduisait à la serrer contre lui, de toutes ses forces, sa main remontant le long de sa nuque sans pour autant chercher à presser son visage contre le sien. Cette époque était révolue, et il avait suffit d’un simple « désolée » pour qu’il le comprenne -et l’accepte- enfin.  « N-ne sois pas désolée, d’accord ? C’est moi qui le suis. Et puis j’ai pas non plus cherché à te retenir… » Il l’avait plutôt fuie, faisant preuve d’un courage relativement inexistant.  « J’aurais peut-être dû… je sais pas, essayer de te parler. De te comprendre. » Il resta encore quelques secondes ainsi, avant de relâcher son étreinte, avec toute la douceur dont il était capable.  « Mais je pensais pas que tu disparaitrais comme ça. Qu’est-ce que t’es allée faire sur le lady Grace ? T’as tué quelqu’un ? Notre rupture t’as donné des envies de meurtre ? » ne put-il s'empêcher de demander, retrouvant son sourire en coin.

Il y avait presque de l’espoir dans sa voix. Il l’imaginait bien abattre un homme à grands renforts de coups de pieds et de clés à molette, échaudée par une rupture récente.

En attendant sa réponse, il la désenlaça complètement et se remit à s’acharner sur sa bouteille pour réussir à l’ouvrir.

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