jump in the fire ▬ rhil & orson
MessageSujet: (#) jump in the fire ▬ rhil & orson     Jeu 18 Jan - 22:56


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Tu l’entends presque sous ton poing. Tu le ressens tout du moins. Ce craquement distinctif des os qui s’entrechoquent. Il y a du sang sur tes doigts. Le sien, le tien ? Quelle importance. Tes yeux noirs transpercent le corps s’écrasant contre le sol. Tes muscles se bandent et tu gueules soudain. Hurles. C’est animal, purement instinctif. Primal. C’est ce que tu es en ces moments, où tu laisses toute la violence de ton être s’évacuer furieusement contre un pauvre hère. Pauvre hère ? Oh, non, non pas vraiment. Ce type l’a cherché, c’est lui qui est venu jusqu’ici. C’est lui qui est venu, de plein gré se faire démonter la face. Parce que tu as acquis ta petite réputation ici. On ne t’appelle plus Mad Dog parce que les arrachages de trachée sont pas trop appréciées dans le coin – même les combats illégaux ont leur limite et tu ne voudrais pas obtenir un rancard avec Lady Grace – mais tu n’en restes pas moins un animal sauvage sur le pied de guerre. Tu restes un instant immobile, seule ta cage thoracique se soulève et s’abaisse à un rythme effréné. Il y a cette tension particulière qui émane de la scène, celle du suspens de savoir si le combat s’arrête ici ou non. « Lève-toi putain ! DEBOUT PUTAIN ! » La patience ? Tu ne la connais que trop peu. Il se défendait bien pourtant, non ? Est-ce que tu serais… déçu ? Les seuls qui te font réellement mordre la poussière sont ceux qui s’abaissent à la lâcheté. Les coups à répétition dans ton genou fichu, une fois qu’ils ont compris que ça te fait bien morfler. Ceux qui repère les autres faiblesses de ton corps usé. Ceux qui sont bien plus jeunes et rapides que ton être aussi. Ils n’en auraient pas mené large face à cette version jeune et meurtrière de ton être qu’ils font bien de ne pas connaître. Tu te fais vieux, Orson. Et on ne peut pas vraiment dire que tu as ménagé ton pauvre corps. Il va finir par tomber en miettes. Mais ce n’est pas réellement ton soucis premier à l’instant. Tu t’apprêtes à relever toi-même le bougre encore sonné mais on te déclare soudain vainqueur. L’arbitre qui a bien flairé l’animal que tu es – il a pris l’habitude, c’est un vieux de la vielle, on ne l’a lui fait pas à celui-là –, agrippes ton bras en coupant soudain ton élan et braillant que tu es le gagnant du combat. Tu te retournes vers lui, un peu outré, les yeux ronds comme des billes. Comment peut-il se permettre d’interrompre ton combat ? Tu t’en avais pas fini avec celui-là. Tu jettes un œil à la foule, tes narines se dilatent un peu plus sous le coup de l’énervement. Un, deux, trois. Tu comptes doucement dans le fond de ton crâne, t’as appris à faire ça au fil du temps, pour te calmer. Retour à la réalité. Tu n’es pas en danger ici. Juste en train de combattre en toute illégalité. Il y a eu des paris sur toi et tu vas ramener un peu d’argent pour les adversaires que tu as étalé ce soir. Tu souffles enfin, expulsant la rage qui te restait coincée au fond de la gorge. Tout va bien Orson. Tu souris à pleines dents, avec tout le naturel du monde. Oublié le monstre sanguinaire qui sommeille en toi, chassé l’animal prédateur. Il ne reste plus que l’homme un peu fier, parti en quête de quoi étancher sa soif.

Tes articulations craquent sous le mouvement que tu leur imposes. Tu observes tes mains écorchées, tout le rouge qui s’est étalé sur ta peau. Tu renifles avec toute la grâce du monde, hausses les épaules avant de te diriger vers le bar. Tu prends trois verres : deux pour toi et le dernier pour le bougre que tu viens d’allonger. Tu vides ton premier verre avant de te détourner du comptoir. Tu te mets à chercher du regard le bonhomme, surplombant la foule de ta hauteur. Tu finis par le trouver assez rapidement et, sans attendre, tu te diriges vers lui d’un pas décidé. Sans réellement lui demander son avis, tu lui files le verre entre les pattes avant de lui adresser une bonne grosse tape dans le dos. « Eh bah mon con, je t’aurais bien encore éclaté un peu ta gueule d’ange tu sais. » Heureusement que tu te mets à rire, sinon n’importe qui d’un tant soit peu sensé aurait pu prendre cela pour une menace. Mais pas toi, apparemment. « Mais ce serait dommage de l’abîmer. » Tu acquiesces à tes propres dires, avalant une gorgée sur ces sages paroles.
 
MessageSujet: (#) Re: jump in the fire ▬ rhil & orson     Dim 21 Jan - 23:45
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Debout, putain, debout. Rhil se passe la langue sur sa lèvre explosée, et sent sa bouche envahie du goût immonde du sang, nauséeux. Du sang entre ses dents, à l’intérieur de sa joue, aucune idée de, où, comment, il a le visage en feu et à sang. Il veut se battre. Il veut se relever et donner le meilleur de lui-même, à son corps défendant. La vivacité du corps plein d’adrénaline face au danger sature, il ne reste plus, pendant une minute, deux peut-être, un temps éternel et succinct à la fois, que la douleur. La putain de douleur. Partout à la fois. Sonné. L’astronome est comme prisonnier du vertige de ses sens et de la douleur qui a exposé dans tout son visage, partant de l’os de sa pommette pour saisir son crâne entre des pinces d’acier.
Rhil étrangle un rire, et la douleur traverse sa cage thoracique, sa langue brûle la coupure qui scinde sa lèvre inférieure en deux. Le sentiment est con et plus fort que lui, alors que son corps tressaute, le front contre le sol dégueulasse du vaisseau le plus crade et mal famé de la Flotte. Par rapport à l’Hélios, c’est la débauche de sensations, presque toxique rien qu’à y rôder dans les coins. Une addiction plus dangereuse que l’Astre. L’overdose de sons qui se distordent dans ses oreilles. Il entend son adversaire hurler dans son dos, la foule s’exclamer, encouragements ou moqueries. Rien de tout cela se transforme en mots civilisés, il n’en demande pas tant et est pris d’un frisson dans tout son corps, extase mal placée, alors qu’il s’appuie maladroitement sur ses avant-bras pour se redresser. Trop demandé, apparemment. Il doit se relever, maintenant, il est saisit par l’angoisse de ne pas le faire, de perdre ce combat, juste comme ça. Il peut ignorer la douleur, appuyé sur un poignet fracturé depuis le début du combat, d’un coup de poing porté par lui-même. Il peut l’ignorer, il a continué à se battre, à se défendre, à tenir la distance à défaut de porter de coups. La douleur est une vieille amie, quand les os pètent au moindre choc un peu trop fort, à la moindre chute, et qu’on choisit de participer à des combats illégaux, que bander ses poignets et ses doigts ne vous donne que quelques coups d’avance sur ce qui mine vos os. Il n’arrive pas à s’ordonner de se relever et se sent glissé sur le côté, jusqu’à rouler sur le dos, presque surpris de ne pas sentir son adversaire se ruer sur lui. Sur le dos -  Mauvais choix, quand le sang attiré par la gravité coule jusqu’à son oreille, désagréable.

L’euphorie descend lorsqu’il se rend compte que ce n’est pas le combattant enragé qui le soulève, mais deux hommes qui encadrent les combats. Vieilles connaissances. Rhil va s’appuyer contre un mur, alors que la foule se reforme sur d’autres fous furieux. L’envie ressurgit en lui à voir la danse brutale des corps musclés et l’atmosphère qui fait presque vibrer l’air autour de la foule. Il aimerait tant pouvoir mieux tenir la cadence. Prouver ce qu’il vaut. Son souffle se stabilise dans sa poitrine et il essuie le sang sur son visage avec ses propres vêtements. Il n’a pas besoin d’avoir un médecin pour savoir ce qui l’attend dans le miroir, minois fracassée, pommette et arcade labourées par l’homme qu’il a affronté ce soir.  Il crache enfin le sang qui encombre sa gorge, pour laisser venir un sourire béat sur ses lèvres. Cela fait du bien. Il étire lentement ses muscles pour une fois opérationnels sous l’adrénaline. Il a aimé chaque seconde de cet affrontement, et ce n’est pas les crédits perdus qui contractent son visage douloureusement. Il est triste que ce soit fini « trop » vite.

Rhil grimace en sentant le coup porté dans son dos, l’occasion de remarquer qu’aucune de ses côtes n’était totalement fêlée – ce ne serait qu’un corps marbré d’ecchymoses, cette fois-ci. Il déporte son regard vers l’homme qui lui a mis le verre en main. Le chien fou, Mad Dog, l’homme qui lui a fait ça. Le sourire qui s’étend sur les lèvres de Rhil est euphorique, et ses yeux pétillent tandis que l’excitation du combat se love dans sa poitrine, coure encore dans ses veines. « - Je vais prendre le compliment. Merci. » Le clin d'oeil salue le remerciement amusé. N’en était-ce pas un ? Sur sa belle gueule, ou sur l’ardeur du combat, qu’est-ce qu’il s’en fout. Rhil est homme à prendre les deux, et ne craint pas sa menace, alors que tout dans la posture de l’ours gronde le danger. Il est moins terrifiant, vu de près, maintenant que ses traits expriment autre chose que la soif de sang, et l’envie de découdre, force concentrée mais maîtrisée – pour l’instant. Il ne perd pas son caractère fascinant, intéressant aux yeux de Rhil et il l’observe sans le cacher, curieux.
Rhil entrechoque doucement son verre au sien, pas trop fort avant d’y boire une gorgée, laissant l’alcool brûler ses lèvres, se mêler au sang. Cela ne dérange pas Rhil. C’est une sensation qui a son propre plaisir, comme un rituel d’après combat. Il ne vient pas jouer à la dînette à bord du Colossus 5, c’est le sang et le feu qui l’intéressent.  La douleur, aussi. La sensation d’être un avec son corps, à se défendre pour sauver la vie. Le risque est minime en réalité, rare sont les combats qui dégénèrent jusqu’à la mort, mais la douleur et les os brisés sont réels. Et surtout, il n’y a pas à penser, pas à douter. Il existe, il craint les coups et les rend avec une rage, une émotion brûlante, à fleur de peau. Avec ses tripes, pas avec son cerveau. Correction : le risque est minime sur l’échelle de l’inconscience. Le risque est grand, assez pour attirer Rhil comme les anciens papillons de nuit vers la lumière, comme les étoiles sont attirées au centre d’un trou noir.

« - J’espère que vous n’êtes pas trop déçu. Je suis désolé que ça se soit fini comme ça. Je voulais me battre. » Etrange chose à dire à l’homme dont votre sang macule vos mains, mais ce n’était pas un combat qu’il avait eu l’intention de gagner. L’homme était plus dangereux que lui et savait se battre avec une ardeur qui attirait le regard.  Resterait-il assez longtemps pour qu’il puisse soutirer son histoire ? « - Vous êtes… » Spécial. Unique. Particulier. Fascinant. Intéressant.. Trop de mots qui risquent de lui faire se mange un coup trop violent cette fois alors qu’ils recouvrent mieux ce qu’il pense. Il hausse les épaules, buvant une nouvelle gorgé à petits feux, s’appuyant un peu plus contre le mur, nonchalant et les os brisés. Pourtant, Rhil ne le lâche pas des yeux, mesurant la fatigue du combat, celle plus ancienne. « - Intense. » C’était un beau combat. L’un de ceux pour lesquels il descend dans le hangar à demander sa leçon.

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MessageSujet: (#) Re: jump in the fire ▬ rhil & orson     Jeu 1 Fév - 0:33


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Il a cette étincelle curieuse au fond des yeux. Celle de ceux qui observent le monde avec la passion des gosses. Il a ce sourire aussi, radieux – apparemment, il n’a perdu aucune quenotte durant l’affrontement, c’est un coriace –, éclatant alors que tu viens, ni plus ni moins, de le vaincre. Tu en connais beaucoup qui aurait aboyé farouchement à ta vue, supposant que tu viennes leur ficher sous le nez ton écrasante victoire. Que nenni. Loin de toi une telle idée. Toi, tu es de ceux qui se réjouissent du combat mené, peu importe son issu. Toute occasion est bonne pour se rincer le gosier d’un peu d’alcool. Celui-ci ne semble pas contre – même si tu aurais continué à boire sans sa compagnie. Tu tiques un peu quand le bonhomme reprend la parole cependant. Est-ce qu’il est en train de te vouvoyer ? Et le bougre continue. Tes yeux se plissent, tes sourcils se froncent, attendant la suite de son énigmatique déclaration. Qu’est-ce que tu es, hein ? Tu en as déjà entendu des belles. Animal, bestial, inhumain, brutal, fou furieux. Ici, on te connait bien, on te connait sous tes facettes les plus extrêmes. Mad Dog, ça t'a poursuivi jusqu'ici, et ce n'est pas pour rien. Tu suis son apparente réflexion, la tête penchée, les mâchoires crispées. Tu as beau être plus serein que sur le ring de combat, il n’en reste pas moins que tu peux toujours démarrer au quart de tour. Tu n’es jamais tranquille. L’impulsivité est l’un de tes pires démons. Il déclare après une gorgée bien méritée et une longue lorgnade le fond de sa pensée. Intense. Tout ça pour ça. Est-ce que cela te plait ? Tu n’en es pas réellement sur. Tu te redresses de toute ta hauteur avant de soupirer. Ce n’est ni vraiment positif, ni vraiment négatif. C’est un peu à toi de choisir comment tu décides de le prendre. Bien. Ce serait dommage de s’en reprendre à lui pour si peu. Tu es un peu crevé aussi, tu ne vas pas le cacher. Tu ne serais pas contre un peu de repos avant ton prochain affrontement. Alors tes lèvres s’étirent, jusqu’à t’arracher un rire. Il est marrant celui-là. Un OVNI sympathique débarquant au milieu de cette arène de sueur et de sang.

« Oh, pas de ça avec moi. » Que tu lui lâches soudain, la gueule mi-renfrognée, mi étonnée. Ce n’est pas réellement le genre d’expression verbale à laquelle tu es familier. Ca manque de… mots de liaisons fleuris, quelques insultes peut-être, et d’une bonne dose de familiarité générale. « Putain, d’où c’est que tu viens pour causer ainsi ? » Il ne vient pas du Colossus 5, ça tu en es bien certain. Dix ans que tu arpentes ce vaisseau, jamais tu en as croisé un pareil. Si bien sûr, parmi ces gens qui en savent beaucoup plus que toi, ceux-là dont tu ressens le regard méprisant peser sur ton être. Ceux-là même que tu désires bazarder contre un mur dès qu’ils donnent dans leur grande politesse et leur grand savoir. Que tu te contentes pourtant de fixer d'un mauvais oeil, te rappelant à quel point tu es inculte et te sens incapable face à ces gens-là. Mais celui-là, il n’en est pas. Celui-là, il vient se battre, en découdre avec toi, se mêler à la foule, à la sauvagerie, à la sueur et l'alcool de contrebande. Mais le bougre se ramène quand même avec du vous – putain il va quand même pas t’appeler monsieur. « T’es pas du coin, hein. J’ai pas encore eu la chance de te péter la gueule, ou alors je m’en souviens pas. » Loin de toi l’idée de te vanter, même si cela pourrait être interprété comme tel. Même s’il est vrai que tu ne te souviens pas réellement de tous les adversaires que tu as vaincu ici ou ailleurs. Il y en a trop. Parfois, ceux qui n’y ont pas survécu viennent hanter tes nuits avant que tu ne les oublies à nouveau. C’est comme ça, ça l’a toujours été, et t’as jamais vraiment cherché à changer. Tu t’accommodes vite. On dit que c’est une grande qualité chez toi : l’adaptation. Comme quoi, apprendre à survivre, c’est plutôt utile.

 
MessageSujet: (#) Re: jump in the fire ▬ rhil & orson     Dim 11 Fév - 11:34
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Mad Dog. Un surnom étrange, parmi les aspirations de la fédération, qui n’a pas sa place dans les coursives de la flotte, nulle part ailleurs que dans l’oasis d’interdits qu’est le Colossus. Rhil le regarde, pas vraiment à la dérobée, la discrétion n’est pas son truc, et son cœur bat plus fort à recroiser son regard hors de la frénésie du combat. Le palpitant dans sa cage thoracique, au moins,  est fonctionnel – pas pour les sentiments, case anormal de cochée, mais pour la résistance à l’effort et la tachycardie qui t’envoie l’extase – et il se remet lentement de l’épuisement de la lutte. Lentement, encore essoufflé, encore vite, instinct distordu par le sang que son corps envoie à ses veines, criant la fuite ou le combat, de survivre et de réagir avant sa pensée – elle, encore. Ils disent qu’il a tué, Rhil voit qu’il rit. Et le rire qui sort de sa poitrine musculeuse et large, capable de rugir la mort comme un chien hurle à la lune ou à la gueule de celui qui menace sa famille… Ils n’étaient pas comme le jour et la nuit, qui n’existent pas dans l’espace. Mais Rhil n’est qu’un astéroïde qui passe, qui a horreur de s’attarder, qui brille et rêve de brûler. Farfadet en sang, rencontre la brute, l’ogre, le loup, l’extrême. Un absolu qui s’ignore et qui captive les crétins comme Rhil, qui pensent en absolus, mais ont beau chercher, ne font qu’y rêver sans s’en approcher. Un rire, ça s’écoute, ça ne se conserve pas et Rhil sourit.  

Il étire un peu les muscles de son dos, sentant une douleur musculaire poindre, maintenant ou au lever, et il n’osera faire appel à aucun médecin, pas même lui ce soir. Le faux mouvement s’accentue quand Rhil sursaute, de manière imperceptible sous sa voix. Il calcule le danger de son grondement, et s’apaise un peu, mais le cœur a monté crescendo pour redescendre avec une vague de froid dans sa poitrine. Il n’a pas peur, il a un instinct de survie.  Peut-être avait-il assez la gueule en sang pour ce soir. D’où est-ce qu’il sort. Rhil savoure son sourire, tiraille sa petite barbe en pointe, grattant le sang qui sèche entre les poils blonds. « - Des étoiles. » Réponse à la con. Réponse bullshit. Pourtant, c’était celle qui plaisait à Rhil, la seule affiliation qui faisait bondir son cœur de manière réciproque. C’était vrai : il vient du Columbiad, il est un gitan de l’espace. Mais un gitan dont les parents ont exploités les promesses de la Fédération ; S’il peut avoir une éducation, il l’aura, et puisqu’il a le cœur dans les étoiles et les pieds sans terre, il faudra qu’il bosse pour que tout le monde sur ce tombeau flottant dans le néant ait une vie meilleure. Il a la nonchalance, le flegme et la vie du Colombiad, mais le parler et la culture de l’Hélios. Rhil n’en rougit plus.

A la place, il cherche dans le blouson de pirate volé à sa mère, volé au père de celle-ci, ses clopes. Les pirates ont été civilisés à devenir astronome au bout de deux générations – et le scientifique se perd ici. Sa mère le tuerait, mais il l’évite comme un lézard dans les coursives. « - Columbiad, Hélios. Ma maman m’a dit de ne pas tutoyer ceux qui ont mon sang sur les doigts. » répond-t-il calmement. Etre poli, c’est un tic chez lui, qui énerve même à l’Hélios, entre collègues. Une cigarette qu’il glisse entre ses lèvres, qu’il allume de ses doigts ensanglantés, laissant leur marque rubis sur la contrebande. Il expire un rire autour de la cigarette. Comme si l’homme à côté de lui se souvenait de chaque combat. Rhil a déjà oublié les siens, concussions obligent bien souvent, et le Mad Dog doit avoir brisé plus d’os qu’il n’y en a dans son corps à lui. Ne lui tirez pas la carte romantisme du guerrier, il n’est plus un enfant. « - Je t’avais pas vu de près non plus. Monsieur. » La provocation s’achève moqueuse dans le titre. Lui l’avait vu, mais de loin, de l’ombre, du comptoir, des paris – il a mis du temps à négocier d’avoir le droit de combattre le monstre, promettre le sang, la sueur, le spectacle. Comme si Rhil ne donnait pas le meilleur de lui-même à chaque fois. « - Toi, tu fais partie des murs, hm ? » Il ne sait pas s’il est le bienvenu, cette autorisation il ne la demandera pas, il est trop attiré par ce vaisseau, il y a laissé du sang, des glaires, des molaires. Il ne vaut pas mieux quand il se regarde dans le miroir de sa cabine. Il tend le précieux paquet de cigarettes sans regarder Orson, laissant la fumer piquer sa lèvre gonflée, ses doigts tenant à la fois la clope, le verre à moitié… plein.  

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MessageSujet: (#) Re: jump in the fire ▬ rhil & orson     Jeu 22 Mar - 21:18


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Tu l’as perdu. Il t’a perdu. Des étoiles qu’il te dit. La gueule ouverte et les paupières plissées, tu es en train de te demander si, la prochaine fois, il ne faudrait pas que tu tapes moins fort. Ah, la bonne blague. Même avec toute la volonté du monde, tu n’y arriverais pas, animal sauvage que tu es. Bon sang, ce qu’il est étrange. Te voilà bien désemparé face à un être tel quel lui. Tu demandes ce qu’a pu être son existence pour qu’il ait ainsi gardé l’âme rêveuse d’un gosse. Différente de la tienne, assurément. As-tu seulement eu le temps de posséder, ne fusse qu'un instant, une telle âme ? De regret, de reproches, ni même de jalousie tu ne possèdes pas, chaque existence menée est différente et tu n'échangerais la tienne pour rien au monde. Elle a forgé qui tu es, t'a mené jusqu'ici avec ceux qui sont aujourd'hui et, pour beaucoup, depuis longtemps tes compagnons. L'autre enchaîne sur une vraie réponse, plus tangible cette fois-ci, qui fait enfin sens au fond de ton encéphale surchauffant. Columbiad, Hélios. Pourquoi il t’a pas dit ça en premier, le con. Il te parle de sa mère et tu penses soudain à la tienne. A l’idée d’une mère, à vrai dire. Tu en as passé des nuits entières à farfouiller au plus profond de tes souvenirs afin de saisir, ne fusse que la fragment d’un souvenir. Le néant s’est étalé devant tes pieds, te rappelant cruellement que de mère, tu n’as jamais eu. Tu te réconfortes avec ceux que te considère depuis belles lurettes comme ta famille, ces maudits pirates qui crachent, jurent et t’insultent amoureusement. Ils ne sont pas comme Rhil, eux, non, eux tu les comprends. Vous n’êtes pas du même monde, assurément.

Monsieur. Il récidive. Tu tiques à nouveau avant de comprendre la subtilité ; l’autre se moque gentiment, amène soudainement un sourire par-delà ton visage courroucé. Il maîtrise l’art de la taquinerie. Qu’il se montre prudent. Tu n’es pas des plus expérimentés sur ce genre de terrain, finissant toujours par en explorer un autre que tu maîtrises à merveilles ; celui de la violence. Ils sont bien au courant tes amis les pirates, sont même plutôt nombreux à savoir quand s’arrêter ou où piquer afin d'arriver plus rapidement à la conclusion qu’ils cherchent à provoquer. Comme il est facile de t’avoir Orson, c’en est presque désolant. Mais celui-ci, celui-ci a déjà bien morflé sous tes poings. Comme un phare en pleine tempête, la mise en garde qu’il serait inconvenant de s’en prendre une nouvelle fois à lui, s’impose, omniprésente, au fond  de ton esprit. Pas ici, pas maintenant. Là-bas, dans la cage aux chiens enragés, peut-être, une autre fois. Mais pas ici, pas maintenant. Qu’il ne te donne pas de bonnes raisons pour transgresser cette promesse que tu te fais à toi-même. L’homme préfère te renvoyer la question posée auparavant, plutôt légitime comme attitude. Tu renifles peu gracieusement, avales une gorgée de ton verre se vidant un peu trop vite à ton goût avant de prendre la parole. « On peut dire ça ouais. » Le Colossus 5 t’a adopté à l’instant même où tu as posé un pied en son sein ; comme deux vieux amis qui se retrouvaient, tu t’es toujours senti chez toi ici. « Ca fait, hum… - un petit moment de réflexion, comme si tu comptais réellement alors que tu lâches ça plutôt par habitude de l’avoir entendu autour de toi – dix putain d’années que j’traîne dans le coin. » Ca commence à faire long, pas vrai ? Les années pèsent doucement sur ton être, tu rêves de repartir un jour. Votre vie est certes plus confortable depuis que vous avez cessé d’être de simples pirates arpentant la galaxie, décidant de vous installer sur la Flotte et de vous plier à ses règles - enfin, plus ou moins comme ta présence ici en témoigne. Mais est-ce réellement le genre d’existence que tu souhaites mener jusqu’à ton dernier souffle ? Tu n’es t’es jamais vraiment imaginé vieillir. Sans doute finiras-tu par crever les poings écorchés et la gueule ensanglanté. Mourir comme tu as vécu ; violemment. C’est sans doute le genre de fin à laquelle tu aurais droit.

Les questions naissent l’une après les autres au fond de son esprit, venant s’échouer contre ta raison et faner rapidement. Tu t’intéresses rarement beaucoup à tes semblables, trop occupé à contenir tes propres démons. Mais celui-ci a capté ton attention. Te voilà quelque peu désemparé. Quel curieux spectacle que vous offrez ; l’un comme l’autre, vous observant mutuellement. Toi sans doute un peu plus farouchement que lui. Animal sauvage que tu es, comme si tu n’apprendras jamais que tout le monde entier n’est pas contre ton être. Le monde entier s’en fiche bien de toi, il a plus important à penser. Tu vides ce qu’il reste au fond de ton verre d’une traite avant de reprendre la parole. « Qu’est-ce que tu fous ici ? Tu t’es perdu entre l’Hélios et le Columbiab ? » Tu ne dis pas cela d’un air vraiment méchant – ni vraiment sympa, à vrai dire. C’est à mi-chemin entre la pique et la réelle question, parce c’est cela qui se repose en une boucle infinie au fond de ton esprit : mais qu’est-ce qu’il fout là, bon sang ? Aucune réponse imaginée ne t'a satisfait jusqu'ici. Autant lui demander. Bien sûr les habitants des autres vaisseaux ne fuient guère le Colossius 5 mais ils sont peu nombreux à s’aventurer jusqu’aux combats illégaux et ceux qui vont jusqu’à y participer se font encore plus rare. Alors, en soi, la question te semble des plus légitimes.
MessageSujet: (#) Re: jump in the fire ▬ rhil & orson     Sam 26 Mai - 22:43
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Jump in the fire.

C’est sûr, peut-être qu’on l’a cogné trop fort : une chute quand il était gamin, un coup de Maggie lorsqu’ils étaient jeunes et qu’ils n’avaient pas encore craché leur propre sang, pleuré par peur de crever, peur de perdre leurs chances, peut-être qu’une de ses multiples fractures, celles qui maculent son corps comme tant d’étoiles dans un ciel de douleur, se trouve en fait dans son crâne, dérègle tout. Pour tout son intellect, tous les livres bouquinés jusqu’à pas d’heure, dans le mépris des relations humaines, Rhil a le regard trop vif, trop plein d’étoiles après avoir mangé le sol du hangar, après avalé son sang et senti la mort prendre de près le visage de l’homme qu’il ose appeler monsieur. Malgré son inconscience, il n’est pas suicidaire, téméraire mais tenant à la vie, voulant simplement en repousser les limites. Esprit d’initiative, curiosité scientifique, chance insolente.  Il a l’air innocent parfois, malgré l’œil qu’il lutte pour garder ouvert, et les tatouages visibles sur sa peau ; bien sûr, le mettre côte à côte avec le chien fou renforce l’impression trop proprette du type en sang. Pourtant, il n’est pas certain que Orson soit le seul adulte de la pièce, Rhil le seul gosse au trop grand cœur, aux trop grands yeux. Il aimerait le savoir, ce qu’il cache sur son visage fermé et qui en a trop vu, sous les rires et sourire qui surgissent comme des rugissements, des vagues de violence. Il ne peut pas avoir connu que ça, que les légendes qui trainent à ses basques, et les murmures dans l’ombre, le sang et la mort au bout des doigts, les accès de rage. Ce serait à devenir fou, l’abysse de violence qui hypnotise Rhil. Ce n’est pas une question de côté doré de la crasse, de rédemption ou de sauvetage, autres conneries qui ne passent pas l’esprit du stellarien. Il est juste curieux en diable, il se demande ce qui se cache derrière l’homme ce qu’il a en face de lui. Sa vie et ses pensées.

Il ne sait pas sur quel pied danser face à l’homme en face lui, mais c’est bien ce qu’il est venu chercher dans ces bas-fonds édulcorés ; non pas l’exotisme, ou un danger contrôlé, non pas tremper ses pattes sans se mouiller, prendre goût à un peu d’adrénaline avant de retourner dans ses coursives immaculées, remettre sa blouse blanche sur ses bleus, et sourire poliment aux gradés. Oui et non. Oui, mais pas que, c’est ce qu’il se dit, et il y a la sincérité derrière chacun de ses actes, la culpabilité de se sentir étranger, décalé dans ce vaisseau. Il renierait pourtant son existence, ses parents et chacune de ses chances pour lesquelles il s’était décarcassé, pour rien au monde. Rhil fait la moue, pensif et réfléchissant aux propos d’Orson ; dix ans. Moins long que lui, une marge pour la sauvagerie. Le bras replié contre son torse, il laisse le reste du liquide jouer de ses reflets, entre le maigre éclairage et la réverbération du verre. Il n’a d’intérêt pour l’alcool que pour la vertu désinfectante lorsqu’il l’approche par intermittence et petites gorgées de ses lèvres tuméfiées. Rajouter l’ivresse à la migraine, à l’inconscience, aux douleurs qui s’amènent progressivement et aux mots qui provoquent déjà assez le taureau était la recette pour un désastre. Cette fois, le risque envisagé donne la nausée de tutoyer la mort. Rhil s’intéresse peu aux autres, aux êtres de chair et de sang, aux histoires qu’ils ont a raconté, mais lorsque cela le pique, il ne peut plus lâcher prise.
Il fixe Orson, le regard gourmand, hypnotisé, fasciné par la manière qu’il a de se tenir, de le fixer comme perdu face à une énigme, la manière qu’il a de former les mots ou de descendre son verre.  Animal sauvage à apprivoiser dans la pénombre, ne pas l’effaroucher, ne pas rompre l’espace entre eux, ne pas ruiner ce moment suspendu après le sang et le déchainement par un mot maladroit. Rhil sait qu’il a une trop grande gueule, qu’il parle trop vite, trop. Ils ne parlent pas le même langage, alors il se mord la lèvre inférieure un peu plus, se forçant au silence. Il doit faire attention, il en a conscience. Pas de s’en prendre un, puis deux, puis trois, puis la pluie enragée qui l’emmènerait flotter pour toujours dans l’immensité de l’espace, scientifique trois étoiles explosé sur le sol. Il condamnerait Orson. Mais ce n’est pas ça qui lui fait peur, mais de ne plus avoir les réponses aux questions qu’il a sur le bout de la langue, et que la morsure de ses plaies s’apaise pour effacer cette nuit dans ses souvenirs couleur grisaille du quotidien.

Il le regarde toujours tandis qu’il s’allume sa cigarette, réussissant le miracle de tout tenir dans ses doigts abîmés sans baisser les yeux. Il pouffe légèrement, expirant la fumée âcre en même temps que l’air de ses poumons. Il rit « - Je ne pensais pas avoir réussi à te frapper assez fort pour que tu oublies ça. » remarque-t-il avec amusement, mais avant que le doute ne s’installe il désigne de la clope la relève : les deux types qui se foutent à mort sur la gueule, dans les hurlements et les encouragements, dans les paris et l’enthousiasme qui électrise la pièce à quelques mètres de leur recoin plus tranquille. C’est surréel. Et la poitrine de Rhil se gonfle brusquement, inspirant profondément, le regard perdu sur les mouvements des combattants. « - Je suis là pour ça. » La pointe d’envie, de désir ressurgit dans sa voix et il s’appuie un peu plus contre le mur, passant le poids de son corps d’une hanche à l’autre, sans repos à nouveau.   « - Je ne suis pas… » Il s’arrête de lui-même, mesurant la connerie qui risque de tomber dans les oreilles d’Orson. Il voudrait dire : Je ne suis pas un touriste en manque d’exotisme et du goût du sang. C’était exactement ce qu’il était. Il a eu de la chance dans la vie, malgré son opiniâtreté à déjouer le sort, et à se retrouver dans la merde, à se faire mal, à se détruire. Il déteint par son sourire malgré le sang qui a coulé entre ses dents. Mélange d’assurance factice et de son propre naturel, de sa propre dégaine qui lui fait traverser l’Hélios plus comme un vilain garçon que comme un scientifique perdu dans ses modèles théoriques, et qui a peine l’air d’une graine de gamin ici. Il expire, s’appuie sur le mur d’une épaule tout en se frottant le nez malgré l’élancement qui irrigue tout son visage. « - Je sais, j’ai pas l’air du coin et je suis maladif comme un con. Tu as failli me tuer. Mais ici… c’est spécial. » Il essaie de ne pas sonner comme un privilégié de petit merdeux. Ce qu’il était à bien des égards.  Rhil plisse un peu les yeux, et c’est son tour d’aborder la question de la présence d’Orson, du pourquoi du chien fou, du pourquoi il s’est fait défoncer la gueule. « - Tu as été au-dehors. Tu n’en as jamais assez d’ici ? De ça ? Pourquoi tu es là ? » Il le désigne de sa cigarette et explicite plus calmement, l’excuse présente dans sa voix. « - Ici. Pas là en général, ce ne sont pas mes oignons. »


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MessageSujet: (#) Re: jump in the fire ▬ rhil & orson     

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