ça fait mal, pas vrai ? [Jyreese]
MessageSujet: (#) ça fait mal, pas vrai ? [Jyreese]     Mar 16 Jan - 16:10
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ça fait mal, pas vrai ?
Ana & Jyreese

Une journée de libre. C’était rare, toujours important de ce fait. Anastasia n’a jamais été du genre à se plaindre de ses heures toutefois, du moins tant que la journée était suffisamment mouvementée pour l’empêcher de s’ennuyer. Mais y a pas à dire, pouvoir flâner à sa guise au sein des ruelles des divers vaisseaux avait un petit quelque chose d’apaisant, une tranquillité d’esprit nécessaire de temps à autre. Et puis, surtout, cela lui avait donné l’occasion de retrouver ses parents sur le Columbiad -malgré le fait que leurs enfants aient fini leurs études depuis un moment, ils avaient conservé un appartement, bien que plus modeste, sur ce vaisseau privilégié, ce qui leur convenait très bien-. Comme toujours depuis quelques années, Anastasia s’était assurée que son frère n’avait pas profité d’un jour de congé quelconque pour avoir la même idée qu’elle, avant de rendre visite à ses géniteurs. Ils n’avaient pas parlé d’Aleksandr, bien que les mimiques de sa mère tendaient toujours à démontrer que cette situation entre le frère et la sœur lui pesait encore, mais avaient réussi à passer un bon moment malgré tout. Ce fut finalement sur un repas partagé ensemble que la milicienne avait fini par les laisser, délaissant leur appartement et ne pouvant retenir un soupir une fois à l’extérieur. Elle les aimait, profondément, mais les revoir la renvoyait sans cesse à ce qu’elle détestait le plus dans sa vie : ses échecs. Son père avait beau essayer de la détendre en évoquant ses enquêtes en tant qu’inspecteur de la milice, tentant ainsi de démontrer que les fonctions de la jeune femme au sein de celle ci les rapprochaient encore plus, cela ne suffisait jamais vraiment. La blessure demeurait, béante. Elle ne songeait pas à s’en plaindre auprès d’eux toutefois et ce fut dans l’optique de penser à autre chose que la jeune femme reprit sa route à la recherche d’une façon de passer le reste de la journée.

Ce fut en passant finalement par les ruelles les plus mal famées du vaisseau -pas tant à cause des mauvaises rencontres qu’on pouvait y faire qu’à cause des bruits incessants en provenance des machines des environs- que la jeune femme croisa des miliciens. Elle aurait presque pu être agacée de leur présence mais la jeune femme ne pouvait décemment rien faire contre ça. Après tout, ils faisaient leur métier et la Flotte était sûrement ravie de savoir ces protecteurs du peuple dispersés un peu partout au sein du nœud. S’apprêtant à tracer sa route sans un mot, se contentant de les saluer d’un bref signe de tête, elle capta toutefois une partie de leur conversation. Un doigt désignant un dédale de tuyaux et de machinerie diverse puis quelques mots, lâchés sur un ton presque attristé : C’est dommage quand même d’en être réduit à ça après une carrière pareille. Un simple coup d’œil dans la direction désignée et la jeune femme ne peut s’empêcher de s’arrêter, soudainement curieuse. Ce genre d’informations ne changerait sans doute rien à sa vie mais elle ne pouvait s’empêcher de se pencher sur la question. Faut dire que cela faisait quelque temps qu’elle commençait à s’approcher du marché noir, toujours auprès d’Ethan pour éviter de s’éparpiller,  et elle avait conscience des risques qu’elle prenait vis-à-vis de sa carrière. Aussi, entendre parler de la façon dont celle des autres avait pris fin commençait doucement à devenir une source d’intérêt pour elle. « Il faisait quoi avant ? »  Il. Par défaut, sans même connaître l’identité de la personne dont il était question. En tous les cas Anastasia ne semble pas le moins du monde mal à l’aise à l’idée de se mêler d’une conversation qui ne la concernait pas le moins du monde à la base. Les traits figés en une expression neutre, elle vrille ses prunelles de glace en direction de ses nouveaux interlocuteurs, parfaitement immobile. Elle attendait une réponse et clairement ne faisait pas mine de vouloir partir avant de l'avoir obtenu.

Légionnaire. L’info tombe, après que les deux miliciens se soient jetés un coup d’œil hésitant. Peut être que l’un d’eux a fini par reconnaître Anastasia, voyant en elle une collègue simplement affectée sur un autre vaisseau. En tous les cas, l’annonce de l’ancien métier de la personne se trouvant en train de travailler plus loin suffit à arracher un léger frisson à la jeune femme. Les sentiments se mélangent, provoquant cette habituelle confusion chez elle. D’un côté ça l’amuse, qu’un légionnaire se soit fait griller, qu’il ait pu dire adieu à son poste. De l’autre, et cette partie prédomine largement, elle peut pas s’empêcher de se dire que ce genre de personnes ont été jugées dignes d’intégrer les rangs des légionnaires pour finalement ne pas jouir de ce privilège. Elle, elle aurait tout donné pour y aller. Et on l’a recalé. Tout ça pour que des abrutis bousillent la chance qui leur avait été offerte à eux, et pas à elle. Ce fut donc en hochant la tête, et après un léger grognement, que la milicienne reprit simplement sa route, atteignant la première passerelle à sa portée pour s’arrêter vers cette dernière, tournant son visage vers l’extérieur. Elle aimait ça, passer du temps à observer l’espace. Elle ne s’en lassait pas. Mais cette fois ci, nulle quiétude provenant de cette contemplation. Elle pense trop à l’autre, l’ancien légionnaire. Est-ce que ça le touchait, que de ne plus pouvoir exercer ? Est-ce que lui aussi, dans le fond, a été jugé pour des conneries qui l’ont privé d’un rêve ? Peut-être était-il comme elle finalement. Juste un pion avec lequel on avait trop joué. C’est ce genre de pensées et d’interrogations qui incitent finalement Anastasia à faire demi-tour, passer de nouveau devant ses collègues sans leur adresser un regard, pour finalement s’élancer dans ce dédale de tuyauterie.

Etrangement, c’est plus calme qu’elle ne l’aurait cru. Certes certaines machines grondaient ou sifflaient continuellement, un bruit désagréable auquel elle s’habituera pourtant au bout d’une dizaine de minutes, mais c’était pas aussi terrible qu’elle ne l’aurait pensé. Elle évite de trop s’approcher des engins, la chaleur qui en émanait dissuadait largement de vouloir faire l’idiote, et à force d’avancer elle finit par capter une silhouette dans son champ de vision. Une silhouette qui bosse, du moins elle l’imagine : ses cours en mécanique remontaient à trop longtemps d’autant plus qu’elle n’avait pas cherché à développer ses compétences en la matière, se contentant des bases. Et alors même qu’elle sait qu’elle dérangera sûrement, elle se campe aux côtés de l’homme, aussi sereine qu’avec les miliciens. « C’est toi l’ancien légionnaire ? C’est ce qu’on appelle faire son entrée. Elle a beau ne pas être agressive, et ne pas non plus donner l’impression pour une fois qu’elle exécrait à sa façon cet ordre militaire, ça reste indiscret comme question. D’autant plus que : Désolée, je connais pas ton prénom. » Une façon comme une autre de s’excuser de l’avoir interpellé d’une telle façon. Au moins avait-elle le mérite d’être honnête : elle savait foutrement rien de lui. Peut-être qu’elle irait chercher dans les dossiers de la milice des informations le concernant, une fois qu’elle connaîtrait son identité, et encore rien n’était moins sûr. Elle avait en horreur les dossiers des gens. Presque autant qu’elle détestait son dossier à elle.

- BLACK PUMPKIN


† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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MessageSujet: (#) Re: ça fait mal, pas vrai ? [Jyreese]     Ven 19 Jan - 21:25
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Habitation : Aujourd'hui sur le Columbiad, il vivait auparavant sur l'Argus One et cet endroit lui manque. Cruellement. Par contre, le Lady Grace sur lequel il a passé deux ans ne lui manque absolument pas.
Arrivée : En 2200. Il avait à peine 8 ans quand il a quitté la Terre. On a suivi maman et papa. Les souvenirs de la Terre s'effritent au fil du temps. Un peu trop à son goût.
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ça fait mal, pas vrai ?


« Alors comment cela se passe-t-il ?
- Bien. »

La réponse est trop rapide pour être honnête bien sûr. Bien sûr que non, cela ne se passe pas « bien ». Oh ça pourrait être pire, il en a parfaitement conscience Jyreese mais cela ne se passe pas « bien » non. Parce qu'il ne trouve pas ni ses marques, ni sa place. Parce qu'il a beau être soutenu plus qu'il ne l'aurait cru, il a tellement de mal à se sentir... Lui. Humain. Homme. Tant de chose qu'il est et qu'il n'a pourtant plus l'impression d'être bien qu'il ait quitté le Lady Grace. Alors il répond « bien » parce que c'est la réponse toute faite, attendue par la psychiatre. Qu'il croît. Parce qu'elle n'attend pas la perfection, non. Elle attend la sincérité de la part de Jyreese et elle a bien entendu deviné qu'il ne l'est pas. Sincère. Pas du tout. Alors elle le fixe et lui se contente de baisser le regard et de s'intéresser à son bleu de travail plus si bleu que ça en réalité. Un coup d'oeil aussi au marcel blanc plus si blanc que ça non plus d'ailleurs.

« Jyreese ? »

Toujours pas de contact visuel. Pas l'envie. Ou pas le courage peut-être surtout. Pourtant elle insiste. Elle le fixe et il le sent Jyreese que son regard est insistant. Presque dérangeant. Il finit par soupirer, garde son regard figé sur ses vêtements. Machinalement, sa main vient frotter sa prothèse sous le tissu. Il est bien obligé de se résigner. Bien obligé d'en dire au moins un peu. C'est que ça fait partie du contrat ça.

« J'essaye. De prendre mes marques. J'essaye.
- Et qu'est-ce que ça donne ? »

Question délicate à la réponse délicate.

« Ce n'est pas facile.
- Vous pensiez que ça le serait ? Facile ?
- Non. »

Réponse directe. Non, bien sûr que non. Il avait parfaitement conscience qu'après avoir quitté le Lady Grace, tout serait à refaire et qu'il rencontrerait des difficultés. Jyreese réfléchit. Jyreese songe. Jyreese met ses pensées en ordre afin de pouvoir les formuler à voix haute parce qu'il sait que c'est ce qu'elle attend de lui. Il se force Jyreese. Il faut qu'il soit capable de faire au moins ça. Au moins un peu en tout cas.

« Je savais que ça serait difficile. J'en avais conscience. Et je sais aussi que ça pourrait être pire. J'ai plus de soutien que je ne l'aurais cru mais... Y'a ces autres gens, leurs regards, parfois leurs mots. J'ai du mal à accepter.
- Qu'on vous juge.
- Oui... »

Et la voix se meurt dans sa gorge parce qu'il n'y a pas de ça. Il n'y a pas que la dureté de certaines personnes qu'il a du mal à accepter Jyreese mais il se tait, se renferme dans son mutisme alors que sa main se met à frotter nerveusement sur son genou bionique qu'il sent sous ton bleu de travail. Les sourcils se froncent, les larmes menacent, et voilà que le corps bouge un peu, d'avant en arrière. Parce que ça le ronge Jyreese. Chaque instant ça le ronge. Les lèvres se pincent. La mâchoire se crispe. Et il menace de craquer Jyreese.

« Jyreese, parlez-moi. »

Il a conscience que mettre des mots sur ce mal-là ne peut que l'aider mais c'est tellement difficile. Il a la gorge tellement nouée rien que d'y penser.

« C'est juste... » Il a du mal à articuler. Sa voix est serrée, compressée par ce nœud qu'il a dans la gorge. « Être sur le Lady Grace ne me manque pas parce qu'il faudrait être fou pour vouloir rester dans un tel endroit mais... » Mais ? Le penser est une chose. Le dire à voix haute en est une autre. Parce qu'il se sent tellement coupable de penser de cette façon. Tellement coupable. « Mais là-bas, au moins, j'avais une raison d'y être, vous comprenez ? Ici... » Oui il y a ceux qui comptent et pourtant... « Ce n'est pas ma vie. »

Les mots tombent comme un couperet. Cette vie qu'il mène, il a cette horrible sensation qu'elle n'est pas la sienne, qu'il n'a rien à faire là et c'est difficile de vivre avec ça. Particulièrement difficile.

« Parce que vous n'êtes plus un légionnaire ? »

Elle appuie pile là où ça fait mal. Elle vise juste. Jyreese hoche doucement la tête de haut en bas, confirmant ainsi les dires de la psychiatre.

« C'est votre choix Jyreese. »

Et là le cœur manque un battement avant de s'accélérer, avant de lui faire mal aux côtes. Et là, seulement là, il relève son regard voilé de larmes sur la psychiatre. Il est sans voix. Parce qu'elle dit vrai.

Et elle poursuit.

« Ils étaient prêts à vous rendre votre uniforme, à vous redonner votre grade, votre travail. Vous avez refusé. Vous avez fait ce choix. »

Touché.

« Pourquoi Jyreese ?
- Il faut que j'y aille. »

La fuite. Il ne voit que ça.

« Jyreese...
- J'ai beaucoup de travail. A la semaine prochaine. »

Et sur quoi il se redresse, récupère son matériel qu'il a emmené avec lui pour aller directement bosser et il s'en va sans rien ajouter de plus. La psychiatre non plus par ailleurs. Il essuie les vestiges de ses larmes et visse son bonnet sur la tête, encore et toujours incapable de s'en débarrasser malgré la chaleur dans laquelle il s'apprête à aller travailler, avant d'aller trouver la navette qui doit le ramener sur le Columbiad. Il est songeur Jyreese. Très songeur. Comment va-t-il pouvoir éluder les questions la prochaine fois ? Comment ? Parce que non, il ne veut pas parler de ce choix-là. Il ne veut pas parler de ce qui l'a poussé à refuser cette offre plus qu'appréciable qu'on lui a fait. Il refuse. Songeur donc quand il regagne le Columbiad et qu'il se rend là où on lui a dit de se rendre aujourd'hui. Il se faufile dans les dédales de machines et de tuyauteries pour aller trouver celle qu'on lui a désignée, celle qui doit réparer. Il s'y met rapidement et s'il est concentré, s'il est à ce qu'il fait, son esprit vagabonde pourtant dans d'autres directions. Ceux qui comptent, ceux qui sont là pour lui, comment le vivraient-ils s'ils savaient ? S'ils savaient tout ? Si Whillem savait ? Si Reza savait ? Si Minnie savait ? Si son regard à elle changeait il ne le supporterait pas. Il essuie d'un geste absent la sueur sur son front sous son bonnet avant de le replacer, étale du noir sur son visage sans réellement s'en rendre compte, et la main replonge au cœur de la machine. Et c'est là que la voix sort de nulle part, le faisant sursauter au point qu'il s'en cogne le poignet. Il laisse échapper un grognement de douleur avant de relever son regard bleu azur en direction de la silhouette qui vient de prononcer des mots qui, en réalité, le glacent sur place. « C'est toi l'ancien légionnaire ? » Oui, ça le glace sur place. C'est quoi cette question ? Pourquoi ? Que veut-elle ? Le cœur qui s'emballe un peu. La respiration qui s'accélère. La crise n'est pas très loin. Il le sent. Et pourtant il ne bouge pas, ne se saisit pas de son inhalateur précautionneusement planqué à l'intérieur de son bleu de travail. Il la fixe, les sourcils froncés, encore muet de surprise. Elle enchaîne en s'excusant, disant qu'elle ne connaît pas son prénom. Qu'est-ce que ça peut bien lui faire ?

« Jyreese. » il répond pourtant de but en blanc avec froideur.

Parce qu'il ne sait pas ce qu'elle fait là et n'est pas certain d'avoir envie de le savoir. Est-ce qu'elle est habitée d'une curiosité mal placée et qu'elle veut voir la bête de foire ? L'ancien légionnaire ? C'est ça qu'elle a demandé. Ou est-ce qu'elle est là pour cracher du venin, comme d'autres avant elle et très certainement d'autres après elle ?

« Jyreese Ordo. » qu'il ajoute finalement, sans véritablement savoir pourquoi. « Et je suis un ancien légionnaire oui. »

Comme prononcer ces mots fait mal. Ancien. Légionnaire. Ancien... La respiration devient de plus en plus difficile. Le regard planté dans celui de la jeune femme, Jyreese poursuit rapidement, le souffle un peu plus court.

« Si tu es venue juste pour me cracher des saloperies au visage, je vais te demander de partir s'il te plaît. »

Il reste poli malgré tout. On pourrait lui filer une médaille pour ça.

« J'ai fait mon temps. » qu'il souffle plus bas en détournant finalement le regard, le souffle de plus en plus difficile à récupérer. « Je le fais toujours... »

Voilà ce qu'il ajoute dans un murmure Jyreese parce qu'elle est là la réponse à la psychiatre : son refus de reprendre son ancien métier c'est sa façon de continuer à se punir, tout simplement. Respiration difficile, Jyreese réalise qu'il ne peut pas faire autrement que d'arrêter ce qu'il est en train de faire. Alors, il retire sa main, pose son outil au sol, s'assoit par terre avant de glisser sa main sale dans sa poche pour récupérer son inhalateur qu'il porte à sa bouche. Et ça inspire. Une fois. Deux fois. Trois fois. Et après ça, on essaye de reprendre sa respiration.

Et la jeune femme n'a toujours pas bougé.




(c) sweet.lips


Stitch by stitch I tear apart. If brokenness is a form of art, I must be a poster child prodigy. Thread by thread I come apart. If brokenness is a work of art, surely this must be my masterpiece.
by wiise


"Are you okay brother ?" "No, I'm not...":
 
MessageSujet: (#) Re: ça fait mal, pas vrai ? [Jyreese]     Sam 20 Jan - 19:09
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ça fait mal, pas vrai ?
Ana & Jyreese

Elle sursaute un peu Ana, en même temps que lui à vrai dire, son regard passant rapidement sur le poignet endolori par sa faute. Elle ne s’excuse pas pour autant et relève les yeux pour les ancrer dans ceux de son interlocuteur dès lors que celui-ci daigne la regarder. Elle semble pas gênée Ana, ni mal à l’aise, ni quoi que ce soit que devrait pourtant éprouver un être humain normalement constitué. La froideur à laquelle elle se heurte la laisse également de marbre, faut dire qu’elle s’y était largement attendue, sans parler du fait qu’elle n’avait finalement pas à se plaindre étant donné que l’homme lui révélait malgré tout son identité. Jyreese. Chouette prénom tiens, bien que cela ne lui disait rien du tout. Jyreese Ordo. Ça ne lui parle toujours pas mais vu le ton qu’il emprunte, la jeune femme a l’impression qu’elle aurait dû tiquer face à son identité, comme si c’était ce que tout le monde faisait. Etais-ce parce qu’il avait été particulièrement important avant de se retrouver mécanicien, si bien qu’il espérait la voir réagir à cette renommée passée ? Difficile à dire mais en tout cas elle avait vu juste en s’arrêtant près de lui, il était bien l’ancien légionnaire qu’elle cherchait. Un ancien légionnaire qui a une sale gueule. Il était bel homme certes, pourtant il semble fatigué, agacé, dépité. Beaucoup de sentiments ou de ressentis qui ternissent l’image qu’il pourrait pourtant renvoyer aisément. Et il y a ce souffle court, qui semble rajouter à cette impression d’épuisement, lorsqu’il se défend avec véhémence contre des attaques qui ne sont pas encore venues. Il est poli malgré tout, mais n’a bien évidemment pas la moindre envie de se faire lyncher par une inconnue dans son genre. La milicienne en hausse un sourcil légèrement surpris, ne s’étant pas attendue à ce qu’il s’inquiète des saloperies qu’elle pourrait lui sortir. Est-ce qu’elle faisait aussi peur que ça ? Est-ce qu’elle donnait à ce point l’impression d’être une garce, dès le premier coup d’œil ? Elle n’était quand même pas si terrible…. Hein ?

J’ai fais mon temps. Elle garde le silence Ana, car si elle comprend aisément qu’il a dû finir sur le Lady Grace pour en être réduit à ne pas pouvoir récupérer son poste, elle ne connaissait personne ayant réussi cet exploit chez les militaires, elle ignore tout du temps qu’il a passé là bas. Combien de mois, d’années ? Pour en être à ce point… Traumatisé ? Elle sait pas si c’est vraiment le mot, mais l’homme semblait néanmoins marqué par toute cette affaire et elle en viendrait presque à regretter sa franchise. Mais elle savait pas faire autrement Ana, prendre des pincettes ce n’était pas son truc, elle galérait trop. Alors ce fut en gardant le silence qu’elle observa son interlocuteur cesser son activité, s’assoir par terre sans plus se soucier d’elle, pour ensuite s’emparer de ce qui semblait être un inhalateur dans sa poche. C’est à ce signal qu’elle tente un trait d’humour. « Je sais. J’fais souvent cet effet. Nouveau sourire, avenant, une pointe d’amusement nichée quelque part. Et elle s’installe à son tour, prenant place au sol sans se soucier de l’état dégueulasse de ce dernier, conservant une distance somme toute respectable vis-à-vis de son interlocuteur. Déjà qu’il voulait pas d’elle, autant éviter de le coller comme un clebs le pauvre. Qui plus est, ce serait bizarre. Je sais pas ce qu’on a déjà pu te dire, je m’en fiche un peu. En fait je sais rien de toi, à part ton ancien métier justement. J’risque pas de juger ou de te balancer des saloperies à la gueule dans ces conditions. » Ce serait mentir que de dire qu’elle n’a jamais jugé sans connaître toute l’histoire, tout le monde était plus ou moins comme ça d’après elle. Mais cette fois ci en tout cas, il était certain que ce n’était pas le but de sa présence ici. Autant le rassurer à ce sujet, vu qu’il semblait s’en inquiéter. Et elle ne pouvait que le comprendre, personne n’appréciait de se faire insulter. Sûrement que personne, elle la première, n’appréciait non plus qu’on vienne raviver des souvenirs douloureux ou mettre en avant des échecs. C’est pourtant ce qu’elle s’apprêtait à faire. Douce ironie.

« En fait… Je voulais te demander comment c’était là-bas. Fin à la légion j’entends. Ce que t’y faisais, comment ça se passait avec les autres. J’en sais rien. N’importe quoi ? Elle est moins assurée, l’espace de quelques secondes, tant son discours et ses questions lui semblent soudainement ridicules. Elle est là, à se pointer pour déranger un mec qui travaillait tranquillement, afin de lui poser des questions sur ce qu’étaient vraiment les légionnaires. Elle a eu le temps d’en voir durant ses stages et ses études, mais ce n’était pas pareil. C’était sûrement pas la réalité, pas tout à fait. Avec le temps, et la rancœur aidant, elle avait fini par ne plus poser de questions et par ne plus chercher à savoir. Tout le monde le lui avait dit de toute façon : fallait qu’elle oublie. C’est pas à la milice qu’elle parviendrait à se distinguer, pas plus qu’elle ne pourrait prouver avoir changé étant donné qu’aucune remise en question n’avait suivi son échec à entrer dans cet ordre militaire tant convoité. Y avait plus que la colère, celle-là même qui s’estompe parfois quand elle passe une bonne journée, se ravive lorsqu’elle s’ennuie. La tue quand on lui rappelle qu’elle a lamentablement échoué. Elle côtoie des légionnaires pourtant, de loin, parfois. Mais elle voulait pas leur poser la moindre question, elle voulait pas qu’ils la voient comme une putain de gamine qui avait toujours des étoiles dans les yeux finalement. Des étoiles rendues sombre par la jalousie, mais des étoiles quand même. Avec … Jyreese, c’était différent. Il n’était plus légionnaire, c’est ce détail qui l’avait fait réfléchir, qui lui avait donné l’impulsion nécessaire pour l’aborder avec toutes ses interrogations en tête. Elle se dit que lui, au moins, ne mentira pas de toute façon. Il peut pas mentir, à quoi bon, vu qu’il n’en fait plus partie. Au pire il sera peut être amer, mais même ça, ça lui convient. Ça lui donnerait l’impression que là bas y avait que des cons, et qu’elle était bien mieux sans eux. Moi c’est Anastasia, au fait. Ana ça me va bien. » Précise-t-elle alors, un peu soudainement, comme si la politesse venait de l’arracher à ses pensées pour lui demander de se rattraper. Il méritait bien ça au moins, un bout de son identité. Mais juste un bout. Elle veut pas donner son nom Ana, au cas où que l’évocation de ce « Donovan » rappelle quelque chose à son interlocuteur. Car s’il y a bien une chose dont elle ne voulait pas non plus parler, c’était bien de son frère.

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MessageSujet: (#) Re: ça fait mal, pas vrai ? [Jyreese]     Dim 21 Jan - 20:37
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ça fait mal, pas vrai ?



Le cercle vicieux de la crise. Le moment où elle débute, où elle couple le souffle, et la panique que cela procure bien malgré soi, même si l'on a conscience que l'inhalateur est juste là, même si l'on a conscience que cela va finir par passer. La panique qui accentue la crise. Il n'y a cependant pas que cela qui aggrave la crise. C'est cette présence, cette jeune femme qui a débarqué de nulle part pour il ne sait quelle raison et c'est tout le problème. Il craint qu'on lui jette encore des horreurs à la figure et il n'en a franchement pas envie. Heureusement cela n'arrive pas tous les jours, ni à chaque coin de rue mais cela arrive malgré tout. Certaines personnes savent, le reconnaissent, et ne manquent pas de lui faire savoir ce qu'ils pensent de lui. Parce que même si toute l'histoire est parue, même si finalement tout a été fait pour bien prouver que c'était de la légitime défense, restent ceux que rien ne pourra jamais convaincre. Restent ceux qui estiment que quand on a fini sur le Lady Grace et qu'on y est resté aussi longtemps, c'est qu'on l'a vraiment mérité et qu'on n'aurait pas dû en sortir. Alors il tente de reprendre sa respiration Jyreese, après avoir fait les trois inspirations requises vu la concentration du produit qui se trouve à l'intérieur de l'inhalateur. Il inspire par le nez, expire par la bouche, et il manque de s'étouffer quand la jeune femme qui est encore là se met à faire de l'humour. Il en tousse une ou deux fois Jyreese avant d'apercevoir le sourire sur le visage de la jeune femme. Et ce sourire, associé à la petite remarque, a au moins le mérite de détendre un peu l'ancien légionnaire. Au point que ses lèvres s'étirent en un petit sourire. Ces fameux sourires qu'il essaye de refaire siens au quotidien, avec du mal certes, mais il s'y évertue. Il aurait préféré en fait, que sa crise vienne du physique de la jeune femme qui cela dit en passant pourrait totalement faire perdre la tête à plus d'une personne. Elle est ravissante et elle a quelque chose dans le regard. Un quelque chose de dur mais d'attirant. Et Jyreese a tout le loisir de s'y attarder puisqu'elle vient prendre place non loin de lui au sol. Les sourcils se haussent sous la surprise parce qu'elle s'installe. Là. Comme ça. Elle s'installe. Et il ne saisit pas trop.

En réalité, il ne saisit pas du tout Jyreese.

La jeune femme ne reste ceci dit pas sans rien dire, au contraire, et bientôt, quelques explications font leur apparition. Et plus elle parle, plus Jyreese se sent soulagé d'un poids. C'est sans doute totalement idiot de réagir de cette façon, oui, totalement idiot, mais qu'elle ne sache pas, qu'elle ne le connaisse pas... C'est un peu comme partir de zéro. C'est un peu comme effacer ce qui a pu se produire, en tout cas face à elle. En tout cas pendant le temps où ce qu'il s'est passé demeurera secret. C'est tellement libérateur de l'entendre dire qu'elle se fiche de ce qu'on a pu lui dire, de l'entendre dire qu'elle ne sait rien de lui si ce n'est son ancien métier. Là encore le terme « ancien » lui fait beaucoup de mal et son cœur se serre mais il n'en dit rien Jyreese. Il se contente de rester silencieux, de l'écouter tout en l'observant. Soulagé qu'elle ne soit pas là pour être monstrueuse avec lui. Soulagé qu'elle n'ait pas la moindre idée de pourquoi il n'est plus légionnaire. Et les explications se poursuivent. Elle vient lui dire que si elle est venue jusqu'à lui, c'est pour qu'il lui dise comment c'était « là-bas ». Il se crispe. Se tend. Alors elle est curieuse de savoir ce que cela fait de se retrouver sur le Lady Grace ? C'est cela ? N'a-t-elle pourtant pas dit qu'elle ne savait pas ? Oui, elle l'a bien dit, et elle ne parle pas du Lady Grace. « La légion » qu'elle ajoute. La légion. Le corps se détend un peu mais pas totalement parce que s'il est rassuré qu'elle ne soit pas là pour évoquer son séjour sur le Lady Grace, savoir qu'elle est là pour qu'il lui parle de ce qu'il faisait quand il était dans la légion n'est pas... Ce n'est pas bien mieux en fait, pas dans son état, pas alors que ça lui fait si mal au quotidien, pas alors qu'il a déjà parlé de ça le matin même avec la psychiatre. Est-ce le karma qui lui revient en pleine face ? Est-ce comme d'un fait exprès pour le pousser à bout ? Le pousser dans ses retranchements ? Il l'ignore mais il a mal. Très, très mal. Rien que d'y penser, rien que d'imaginer les mots sortir de sa bouche. Et en même temps... En même temps, n'est-ce pas l'occasion de s'y raccrocher un peu ? N'est-ce pas l'occasion de se retrouver même l'espace de quelques minutes ? De redevenir celui qu'il était auparavant ?

Si. C'est l'occasion.

Viennent les brèves présentations ensuite. Anastasia. Ana. Et Jyreese hoche un peu la tête et parvient même à offrir à la jeune femme un autre sourire ou, plus exactement, une autre esquisse de sourire mais c'est tout simplement que sa bouche n'est pas réellement capable de faire autrement.

« Ravi de faire ta connaissance Ana. » qu'il souffle finalement avec plus de douceur que les mots prononcés précédemment.

En même temps, pourquoi continuerait-il à se montrer sec et froid ? Il sait maintenant pourquoi elle est là, il sait d'où est venue la question et il ne l'en blâme donc pas. Ou plus. Puis silence de la part de Jyreese alors qu'il observe Ana, alors que ses yeux se plissent tandis qu'il cherche la façon dont il pourrait formuler sa réponse, la façon dont il pourrait lui apporter ce qu'elle est venue chercher. Le regard se détourne alors que le visage s'abaisse un peu, la main fraîchement essuyée sur le t-shirt blanc/gris vient frotter le front et le bout des doigts effleurent le fameux bonnet. Et le sourire qui vient cette fois-ci se peindre sur les lèvres de Jyreese a quelque chose de différent. Véritablement différent. Les doigts se posent sur la laine du bonnet qu'il retire avant de se frotter un peu les cheveux. Le geste peut sembler anodin, banal même. Après tout il fait chaud, c'est déjà totalement fou qu'il le porte ce bonnet. Et pourtant, cela n'a rien d'anodin, bien au contraire. Parce que ce bonnet c'est le nouveau lui, le lui du Lady Grace et de maintenant. Une fois que le bonnet est retiré, face aux autres s'entend, c'est comme s'il redevenait l'ancien lui. En réalité, c'est la première fois qu'il retire son bonnet face à quelqu'un depuis son retour. La première fois qu'il redevient l'ancien lui. Les yeux restent d'abord fixés sur le bonnet qu'il a posé sur sa cuisse. Les doigts triturent un peu la laine.

« J'étais pilote. » qu'il avoue finalement à mi-voix avant de relever enfin son regard azur vers Ana et il n'y a pas que ce petit sourire qui a changé. Son regard aussi s'est modifié, très subtilement mais c'est là. Il y a une petite lueur nouvelle qui n'était pas là quand il a regardé Ana lorsqu'elle a débarqué. Une lueur nouvelle qui en fait était quasi permanente auparavant. « Et mécanicien aussi mais surtout pilote. Plus je passais du temps à piloter mon vaisseau, plus j'étais heureux. »

C'est étrange. Parler de cette façon de son passé. En parler justement au passé. C'est douloureux, bien sûr, mais c'est aussi agréable. Pour le moment, ça l'est. Il repense à ses questions, à ce qu'elle souhaite savoir et poursuit donc.

« C'était... Je ne peux pas te dire que c'était parfait parce que rien ne l'est jamais vraiment mais ça s'en rapprochait. De la perfection. Pour moi en tout cas. J'aimais mon travail. C'était plus qu'un travail. » qu'il ajoute rapidement, réalisant de lui-même que le mot employé n'est effectivement pas le bon. « C'était une vocation. Je ne me suis jamais imaginé faire autre chose de ma vie. »

C'est là que ça devient plus douloureux qu'agréable. Bien plus douloureux. Alors la lueur se ternit un peu. Le sourire s'attriste pour se faner. Et le regard se détourne bien malgré lui pour jeter un coup d'oeil à la machine qui attend après lui d'être réparée. Il ferme les yeux Jyreese, crispe la mâchoire, renifle un peu et prends une profonde inspiration avant de réussir à poursuivre. Il rouvre les yeux, les repose sur Ana. Elle attend d'autres réponses, il le sait, parce qu'elle a posé d'autres questions.

« Et avec les autres ça se passait plutôt bien. On a tous des caractères différents et il faut apprendre à faire avec. Je m'entendais très bien avec certains, moins bien avec d'autres, surtout avec les têtes brûlées. J'étais sergent. » qu'il précise soudain pour justifier ce qui va suivre. « Et j'avais des officiers sous mon commandement et je ne supportais pas l'insubordination alors forcément, ça faisait parfois des étincelles mais... » Mais ? Le regard s'assombrit. Par la douleur. Par la tristesse. Par le manque. « C'était une seconde famille pour moi. »

C'était. Le regard se détourne de nouveau, il laisse échapper un soupir et renfile son bonnet sur sa tête. Là encore c'est loin d'être anodin pour qui sait. Pour qui saurait.

« Pourquoi ? » qu'il lâche soudain alors qu'il reporte son attention sur Ana. « Toutes ces questions. Pourquoi tu t'intéresses autant aux légionnaires ? Tu t'es découverte une vocation tardive ? »

Il est en droit de les poser ces questions, non ? Puisqu'il a répondu aux siennes. Ce n'est pas de la curiosité mal placée : il veut juste comprendre pourquoi elle est si curieuse. Et puis...

« Pourquoi tu es venu me demander à moi ? »

Elle est là, la véritable question : pourquoi venir le trouver lui alors qu'elle aurait pu aller poser toutes ces questions à des légionnaires qui le sont toujours ?






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MessageSujet: (#) Re: ça fait mal, pas vrai ? [Jyreese]     Lun 22 Jan - 0:17
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ça fait mal, pas vrai ?
Ana & Jyreese

Au moins, elle a réussi à le faire sourire, si on met de côté le fait qu’il a manqué de s’étouffer également. Peut-être que cela lui a permis de comprendre qu’elle n’avait rien d’une garce finie, qu’elle n’était pas là pour ça. De toute manière, il aurait pu mal réagir à la boutade que cela n’aurait sûrement pas empêché la milicienne de s’asseoir non loin de lui, peu soucieuse de l’état du sol ou du fait qu’elle était en train de prendre ses aises pour discuter avec quelqu’un qui, visiblement, avait du travail. Elle espérait d’ailleurs qu’il ne lui signalerait pas qu’il n’avait pas de temps à lui consacrer, car Ana n’était pas sûre de trouver de nouveau le courage de retourner le voir à un autre moment de la journée. Elle avait agi sur le moment, sans chercher à y réfléchir à deux fois, et son cerveau ne lui redonnerait probablement pas cette même impulsion plus tard. C’est donc en partie pour éviter de donner le temps à son interlocuteur de la rembarrer, mais également pour enfin l’apaiser quant aux raisons qui la poussent à lui parler, que la jeune femme se décide à s’expliquer. Elle le rassure, lui dit la vérité : non elle ne le connaît pas, ignorant tout de son dossier car ne s’étant pas donnée la peine de chercher. Alors non elle ne va pas lui balancer des saloperies gratuites au visage. Ce qui l’intéresse, c’est les légionnaires. C’est ce qu’il a été avant, c’est ses collègues, ses supérieurs, ses souvenirs. Elle veut décortiquer ses sentiments, puiser dans sa mémoire un ressenti qu’elle pourrait utiliser… Pour quoi d’ailleurs ? Elle sait pas trop. Elle sait pas vraiment en quoi ça va l’aider que d’adresser la parole à Jyreese, ce sera sûrement pire. Mais ce qui est certain, c’est qu’il est le seul à sa connaissance avec qui elle peut parler justement. Alors autant se jeter à l’eau, non ?

Anastasia lui pose donc toutes ses questions, d’une voix un peu moins assurée que précédemment, et sûrement que beaucoup d’autres interrogations fourmillent sous son crâne sans qu’elle ne parvienne à mettre de mots dessus dans l’immédiat. Et puis tout ceci lui semble si ridicule qu’elle n’ose pas trop en demander non plus, peu envieuse qu’elle était de noyer l’homme face à elle sous ses questions. Elle ne voulait pas non plus qu’il capte trop facilement son intérêt, pour ne pas dire son obsession, vis-à-vis de cet ordre militaire qu’il avait côtoyé de près. Alors elle s’arrête là, et elle attend une réponse. Il n’a pas cessé de la regarder et elle n’a pas cessé de l’observer en retour, prenant note de ses tensions passagères sans jamais les commenter toutefois. Elle se doute qu’elle ravive peut être pas de bons souvenirs, mais elle s’en fiche. Un peu. Elle pense à elle avant tout, pour une fois. Et il n’a pas l’air si mal finalement, quand il reprend la parole en commençant par quelques politesses, signalant qu’il était ravi de la rencontrer. Ça l’amuse d’ailleurs, parce qu’il avait pas eu l’air si ravi que ça il n’y a même pas cinq minutes. Mais elle ne rétorque rien, gardant le sarcasme dans un coin de son crâne, s’estimant déjà bien heureuse de ne pas se faire envoyer sur les roses directement. Peut être prend-il simplement son temps, si on y réfléchit. Parce qu’il est là, à la fixer sans que cela ne la gêne, puis il retire son bonnet dont elle semble seulement prendre conscience. Pourquoi un bonnet ? Il doit mourir de chaud avec. Mais elle ne demande pas, bien qu’elle ne comprenne pas, ses prunelles glacées attirées par ce faciès qui semblait avoir changé désormais le couvre-chef de laine retiré. Il est fatigué, sali par le cambouis dans lequel il plonge continuellement les mains, pourtant, ce changement et ce sourire qu’elle perçoit, lui permettent presque de visualiser l’homme qu’il a pu être à une époque. Un homme bien différent, sûrement. Peut être pas en mieux ceci dit, elle avait fini par apprendre que les légionnaires étaient tous incroyablement arrogants et peut être que l’homme qui lui faisait face avait été de ces gros cons. Avant que la vie ne le mate d’une façon ou d’une autre.

Pilote, qu’il explique et alors même qu’il relève les yeux vers elle, ce qui aurait pu la dissuader d’être elle-même expressive, la milicienne ne peut retenir l’esquisse d’un sourire. Un doux sourire, teinté d’une certaine nostalgie, d’une pointe de tristesse aussi. Elle aussi, elle aurait voulu être pilote. Sûrement. Faut dire qu’elle avait suivi des cours en ce sens, qu’elle avait adoré ça. Le pilotage avait beau être quelque chose de sérieux, elle s’était toujours sentie comme une gamine. Une gamine qui réalise un rêve. Elle a toujours rêvé d’être douée dans ce qu’elle faisait, mais elle avait surtout rêvé de devenir une formidable pilote. Comme ceux qu’on voit dans les films, qui osent des manœuvres incroyables quand ils n’ont pas d’autre choix : et qui réussissent. Elle avait pu dire adieu à tout ça. Et voilà que lui l’avait été, vraiment été. Ça l’amuse, l’ironie de la situation, et ça lui fait mal aussi. Pourtant elle n’éprouve pas d’amertume, contrairement à ce qu’elle s’était attendu. Ça faisait mal, c’est tout. Mais elle le laisse poursuivre, l’écoutant sans jamais le lâcher des yeux, suspendue à ses lèvres. Elle s’en serait voulue de toute manière, que de briser cette petite étincelle de vie qui semblait avoir animé son interlocuteur. Ce quelque chose qui avait changé, sans qu’elle ne parvienne à l’expliquer ou à dire en quoi cela avait changé. Le changement lui paraissait juste beau. Tout simplement. Alors elle ose à peine respirer. Elle ose pas bousiller ses souvenirs tandis qu’il évoque le plaisir qu’il prenait à piloter, du sentiment qu’il avait éprouvé d’être parfaitement à sa place. Vocation. Ça résumait bien. Elle aussi elle s’était dit ça, durant toute sa scolarité. Elle avait jamais pu savoir ce que ça faisait, que de suivre sa voie, que d’avoir l’impression de suivre un chemin qui nous était parfaitement adapté. Elle voit que les embûches. Et ça la tue à petit feu.

Lui aussi ça semble le tuer, progressivement, tandis qu’elle le voit détourner les yeux. La mâchoire se crispe, le sourire a disparu et cette étincelle qu’elle avait refusé de perturber s’éteint également. Mais elle dit toujours rien Ana, parce que c’est pas à elle de parler. Aussi parce que c’est agréable de l’entendre parler, lui. Il est agréable, tout simplement. Pas con, pas méchant, pas mesquin qu’elle dirait aussi. Alors elle se montre patiente, pour une fois. Sûrement ce côté contemplatif chez elle qui ressort et qui la pousse à simplement l’observer. Jusqu’à ce qu’il poursuive. Elle sourit de nouveau, toujours avec cette tristesse nichée quelque part bien que cette fois le sourire se teinte d’ironie. Parce qu’il avait été sergent, un rang équivalent au sien actuellement. C’est du foutage de gueule. Le destin se foutait d’elle, tout simplement. Il se foutait sûrement de lui aussi. Elle l’entend à peine parler des soucis d’insubordination, des têtes brûlées. Tout ça, elle connaissait un peu, elle s’en doutait. Mais elle s’était pas attendue à la conclusion. C’était une seconde famille pour moi. Et ça lui fait mal à Ana. Ça lui fait mal parce qu’elle pense à son frère, légionnaire, et elle se dit que si elle avait pu aussi faire partie de cet ordre, alors elle aurait non seulement conservé ses liens avec sa famille véritable mais aussi pu en prime s’en constituer une seconde. Comme lui. Sauf que ça s’est pas fait, et qu’elle se retrouve amputée d’un membre important : son frère. Elle en vient à culpabiliser, d’avoir ignoré ce dernier tout ce temps, d’avoir passé des années à lui en vouloir, à le blâmer et à se détester pour ça au passage. Elle voudrait balayer tout ça, là tout de suite, d’un revers de main. Mais c’est pas possible, et sûrement qu’elle ne le souhaitera plus dès demain. Alors elle dit rien Ana, mais ça fait mal quand même.

Et c’est parce que ça fait mal que sa vue se trouble un peu, qu’elle devient absente alors même qu’elle n’avait pas arrêté d’observer Jyreese pour autant. C’est parce que ça fait mal qu’elle a pas compris qu’il avait fini de parler et que désormais c’était à son tour de poser les questions. Alors la première la prend au dépourvue, la fait légèrement sursauter avant qu’elle ne secoue légèrement la tête comme pour quitter un mauvais rêve, focalisant de nouveau son attention sur l’homme qui se trouvait à ses côtés.  Il avait remis son bonnet. Il lui demande pourquoi. Il parle de vocation tardive et ce terme la fait soudainement glousser. Le sourire est large, elle est marquée par l’ironie de la question, mais on sent bien que le cœur n’y est pas. C’est comme une blague, une blague qu’elle est la seule à comprendre pour l’instant. Elle aurait pu être la seule à comprendre pendant un long moment, car la milicienne n’avait pas prévu de s’épancher sur sa propre vie en retour. Elle avait pas prévu tout ça : la gentillesse de Jyreese,  la justesse et la précision de ses réponses, sa façon de tout lui dire sans se cacher de quoi que ce soit. Elle avait pas prévu qu’il s’ouvre à elle, qu’il lui exhibe ses putains de plaies. Et elle avait pas souvenir d’avoir déjà connu quiconque capable de faire ça. Tous ses proches sont plus ou moins inaccessibles, ont leurs secrets, leurs blessures dont elle a certes eu vent mais dont elle ne parle jamais. Et le voilà, lui, en train de se dévoiler à une inconnue, une putain de cinglée qui vient le déranger pendant son travail pour venir lui piétiner le cœur. C’est pour toutes ces raisons, qu’elle se sent en confiance. C’est pour tout ça qu’elle trouve le courage de ne pas se dérober, le courage de se dévoiler. Pourtant tout le monde sait qu’elle parle pas de son ressenti sur les légionnaires. Elle parle jamais de son échec Ana, bien qu’il ait forgé une bonne partie de son identité actuelle.

« Je suis milicienne. Qu’elle entame finalement après s’être assis plus confortablement, à savoir en s’adossant contre une machine qui risquait pas de la brûler au centième degré, les jambes étendues devant elle et ses mains liées reposant entre ses cuisses. Sergent. Précise-t-elle dans un sourire moqueur en jetant un coup d’œil amusé à son interlocuteur. J’ai passé toute mon enfance à vouloir faire une carrière militaire, comme mon père. Je voulais être légionnaire. J’ai suivi mes cours, rajouté le pilotage à l’équation, puis j’ai fais mes stages. Et lors de la remise des diplômes… On m’envoie à la milice. Elle s’interrompt brièvement, le regard perdu dans le vague tandis qu’elle visualisait de nouveau la scène. Elle s’était pas attendue à cette gifle mentale. On m’a fait comprendre que je prenais trop de risques et surtout que je me la jouais trop perso. Elle ricane, amère. Y en a qui se foutent sur la gueule à longueur de temps, qui sont pas capables de garder leur sang-froid dans une situation délicate, mais on les prend et moi on me rembarre car j’ai pas assez l’esprit d’équipe. » Au pire, elle voyait pas bien où était le problème. Après tout elle n’a jamais flirté avec l’insubordination, elle avait juste tendance à vouloir montrer ce qu’elle avait dans le ventre. Dans le pire des cas, si elle en fait trop, c’est elle qui crève non ? Pas les autres. Alors elle comprend pas Ana, elle comprend pas ce qu’on lui reproche, voit pas en quoi son caractère est moins compatible avec la fonction de légionnaire comparé à celui de certains fous furieux de la gâchette. Elle avait arrêté de chercher à comprendre, mais la rancœur demeure, la haine des hautes sphères qui lui ont refusé le rêve de toute une vie. Qui lui ont refusé sa vocation.

La jeune femme conserve le silence un instant, puis plante à nouveau ses prunelles de glace dans celles de son interlocuteur. Le sourire a disparu, elle semble plus… Inquiète, presque. Comme une gosse prise en flagrant délit à qui on demande de dire la vérité à ses parents. « Comment tu veux que j’en parle à un légionnaire de ça ? Que j’aille lui demander à quel point sa vie est formidable, à quel point il aime ce qu’il fait. J’veux pas me bouffer leur épanouissement personnel dans la gueule. Elle baisse de nouveau les yeux, observe ses mains qui s’agitent légèrement, dans un tic nerveux, et dont elle ne sait que faire. Elle s’apaise, inspire et expire profondément pendant un bref instant, avant de reprendre sur un ton très sérieux, observant de nouveau Jyreese pour ça. C’est pour ça, que je suis venu te voir toi. Parce que peu importe ce que tu pouvais me dire, c’est du passé. Tu peux pas me narguer. Et je peux pas te détester pour ce que t’es. » Voilà. Sa conclusion à elle, la vérité absolue quant aux raisons qui l’ont poussées à aborder cet homme précisément, même sur un coup de tête. Lui il pouvait pas lui gerber sa fierté ou son bonheur au visage, il pouvait pas lui faire du mal en lui rappelant ses échecs et en jouant avec les plaies que cela a provoqué. Il pouvait pas non plus la regarder d’un œil totalement compatissant, paternaliste. Il serait jamais un foutu tuteur, ou un conseiller. Il était dans la merde, comme elle. Peut être pire qu’elle, même.

- BLACK PUMPKIN


† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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MessageSujet: (#) Re: ça fait mal, pas vrai ? [Jyreese]     Jeu 25 Jan - 18:35
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Occupation : Mécanicien. Fut-ce un temps où l'armée était sa vie. Piloter aussi. Fut-ce un temps.
Habitation : Aujourd'hui sur le Columbiad, il vivait auparavant sur l'Argus One et cet endroit lui manque. Cruellement. Par contre, le Lady Grace sur lequel il a passé deux ans ne lui manque absolument pas.
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ça fait mal, pas vrai ?



Bien sûr qu'il se demande ce qui a pu pousser Ana à venir s'adresser à lui en particulier. Finalement, il ne pense pas être le mieux placé pour parler de tout ceci parce qu'il ne fait plus partie de la légion et parce qu'il n'en fait plus partie depuis un petit peu plus de deux ans. C'est loin maintenant. Très loin. Même si dans son esprit et dans son cœur la blessure est encore très, très vive, même si les souvenirs sont ancrés jusqu'à ce qu'il perde l'esprit ou avant si la mort l'arrache à son existence. Pourquoi ? Pourquoi venir trouver un de ceux qui n'a plus l'honneur de faire partie de la légion ? Pourquoi venir trouver un homme qui n'en est plus digne ? La réponse se fait attendre, elle est tardive. Peut-être qu'elle hésite, il n'en sait trop rien. Elle commence alors par dire qu'elle est milicienne. Sur le moment, Jyreese ne saisit pas bien où est le rapport avec ses questions sur la légion. Il remarque qu'elle s'installe un peu plus confortablement au sol, il s'imagine que c'est pour se confier davantage et cela ne manque pas. Elle ajoute qu'elle est sergent. Comme moi avant. Bien sûr qu'il le pense, comment ne pourrait-il pas y penser ? Et elle a comme lui fait le lien entre leurs grades respectifs et similaires, vu le sourire moqueur qu'elle arbore. Un sourire qu'il tente de lui rendre et il aurait pu perdurer ce semblant de sourire. Il aurait pu. Mais les mots d'Ana font trop écho à sa propre existence en réalité, beaucoup trop pour lui permettre de rester souriant. Il ne peut qu'avoir mal à l'évocation du père d'Ana qui était légionnaire. Il ne peut qu'avoir mal à l'évocation de ce que la vocation de son père a éveillé chez elle. Il ne peut qu'avoir mal parce que ça a été exactement la même chose pour lui. Et ça se tord dans les tripes de Jyreese quand elle ajoute qu'elle voulait être pilote. Oh que oui ça se tord, ça fait mal au point que les larmes lui en montent aux yeux. Ils ne sont que deux inconnus l'un pour l'autre et ils ont pourtant tellement de points en commun... C'en est troublant. Déstabilisant. Et douloureux aussi. Très douloureux. Et quand elle ponctue en disant qu'à la remise des diplômes elle a été envoyée à la milice, il comprend mieux Jyreese. Bien mieux. Il aurait pu essayer de se mettre à sa place, de comprendre ce qu'elle a ressenti -et ce qu'elle ressent encore- mais il n'aurait pas pu. Aujourd'hui il peut. Parce que ce qu'elle n'a pas et qu'elle veut... C'est la même chose pour lui même si les raisons sont différentes.

La même chose. Les mêmes regrets. La même douleur.

C'est cette douleur qu'il voit dans le regard voilé d'Ana. Avant que les explications ne se poursuivent. Jyreese détourne un peu le regard en l'entendant lui dire qu'ils ont estimé qu'elle était trop « personnelle » et qu'elle prenait trop de risques. Il détourne le regard parce qu'il comprend le choix des supérieurs si elle est véritablement ainsi. Parce que même si certains ont le sang chaud et se « foutent sur la gueule » comme elle le dit, cela ne les empêche pas d'avoir l'esprit d'équipe et de veiller les uns sur les autres. On ne peut pas penser en « je » au cœur de la légion, c'est un fait. Jyreese peut-il cependant se permettre de lui dire ce genre de choses ? Peut-il se permettre de ne faire que confirmer ce qu'on a déjà pu lui dire alors qu'elle vient justement parce que ça lui fait beaucoup de mal ? Il devrait. Parce qu'il n'est pas là pour mentir, ni pour faire semblant. Elle est venue à lui pour avoir des réponses et il ne peut pas faire comme s'il ne les avait pas ces réponses-là. Même si elle n'a sans aucun doute pas véritablement envie de les entendre. Sauf qu'au moment où Jyreese prend une profonde inspiration pour s'oser à lui dire tout ça, Ana poursuit et il se fige Jyreese. Il se fige un instant, avant de se décomposer doucement, tout doucement, au fur et à mesure que les mots franchissent les lèvres d'Ana. Voilà qu'il détourne son regard brouillé de larmes qu'il parvient à contenir avec un certain mal Jyreese. Elle ne le fait sans doute pas exprès et elle ne fait jamais que dire la vérité mais la façon dont elle la dit est... C'est... Terriblement blessant. Elle est venue le voir, lui, parce qu'elle savait que non seulement sa vie est loin d'être formidable mais parce qu'elle était certaine qu'il ne risque pas de briller par son épanouissement face à elle. Et si elle s'arrêtait là mais non, elle poursuit. Elle écorche la plaie déjà sanguinolente. Elle appuie avec terriblement de force là où ça fait très mal. Les larmes, finalement, il n'est même plus capable de les retenir bien qu'elle ne s'en aperçoive sans doute pas puisqu'il a détourné le visage. Ou peut-être les devine-t-elle. Peut-être, mais ça ne l'empêche pas de terminer par ce qu'elle pouvait dire de pire.

« Je peux pas te détester pour ce que t'es. »

Est-ce qu'elle se rend seulement compte de ce qu'elle lui dit ? Est-ce qu'elle se rend seulement compte de la portée de ses mots ? Sans doute pas. Jyreese ne laisse finalement pas le silence s'installer. Il vient essuyer tant bien que mal son visage baigné de larmes avant d'oser reporter son regard sur Ana, de nouvelles larmes ne tardant cependant pas à travers de nouveau un sillon au cœur de la crasse laissée par la manipulation des machines qui les entoure sur le visage de Jyreese.

« C'est sûr que tu ne peux pas me détester pour ce que je suis. » qu'il lui dit la mâchoire crispée, les dents serrées. C'est un sourire amer et douloureux qui vient finalement étirer ses lèvres. « Je suis ravi que mon propre échec fasse mieux passer le tien. » qu'il siffle presque entre ses dents avec douleur. « C'est très sympathique de me rappeler que je ne risque pas de briller par mon épanouissement personnel. Merci. Vraiment. »

C'est que ça lui reste en travers de la gorge. A raison même si elle ne pensait clairement pas à mal. Pourtant du mal elle en a fait : en venant poser des questions avant de lui rappeler ce qu'il est et ce qu'il ne sera plus jamais. Cependant, à peine les mots sont-ils prononcés qu'il les regrette presque dans leur intégralité ou en tout cas dans la façon de les dire. Il ferme les yeux, recommence à frotter son visage en le secouant de droite à gauche avant de laisser échapper un profond soupir.

« Je suis désolé. Pardon. Ce n'est pas contre toi c'est juste... » Il marque un silence, prend sur lui pour cesser de pleurer comme un gosse et retire ses mains de son visage pour relever son regard vers Ana. « Ce que tu dis est tellement criant de vérité que ça fait super mal, c'est tout. Mais c'est pas ta faute. Je comprends. » qu'il ajoute très, très rapidement. « Je comprends ce que tu ressens. Et je comprends que tu sois venue me voir moi. »

Ombre d'un sourire. Un soupçon de compassion mais pas non plus de la pitié. C'est juste... Il comprend. Elle comprend. Voilà tout. Il essuie, il l'espère pour la dernière fois face à elle, le coin de ses yeux avant de s'adosser à son tour à une machine, jambes allongées à l'instar d'Ana. Jambes allongées juste à côté des siennes par ailleurs. Une proximité qui ne le dérange pas. Après tout, ne sont-ils pas en train de parler de choses mine de rien particulièrement intimes ? Si. Ils le sont bel et bien. Il soupire brièvement avant de poursuivre.

Les réponses. Encore les réponses. Toujours les réponses.

« Il y a une chose qu'il faut que tu comprennes à propos de la légion. C'est un « nous », pas un « je. » Ce que je veux dire par là c'est que même si certains sont comme tu le dis de sacrés numéros, même s'ils se foutent sur la gueule, à la fin de la journée, en mission, quand il faut, on peut compter sur eux. Je ne dis pas qu'on ne peut pas compter sur toi au quotidien, ce n'est pas ça mais... » Il marque un silence, cherche ses mots non pas pour la consoler mais pour lui expliquer pourquoi elle s'est retrouvée dans cette situation-là. « Mais j'aurais pris un tir de blaster bien volontiers même pour un légionnaire que je ne pouvais pas encadrer Ana. » Le regard de Jyreese est sérieux, résolu et surtout empreint d'une réelle sincérité. « Et peut-être qu'ils n'ont pas vu ça chez toi. Peut-être qu'ils auraient pu te laisser une chance, oui, mais c'était prendre un risque qu'ils ne pouvaient pas se permettre. C'est rageant, mais c'est comme ça. Parfois ce qu'on veut n'est pas forcément ce qu'on peut et inversement. » Et ça, c'est pour lui. Vraiment pour lui. « Et ce que je retiens dans toute cette histoire, c'est que tu n'est pas légionnaire, c'est vrai, mais tu es milicienne. » La commissure des lèvres qui s'étire un peu. « Ils auraient pu totalement te recaler, t'éloigner de l'armée de manière définitive mais ils t'ont confiée ce poste et aujourd'hui tu es sergent. Tu veilles à l'ordre au sein de la flotte, tu veilles à la sécurité des Stellariens. Ce n'est pas rien. Ce n'est pas rien. » qu'il répète une seconde fois en insistant sur les deux derniers mots. « Ils t'ont fait assez confiance pour ça alors c'est vrai que ce n'est pas autant d'adrénaline que quand on pilote un vaisseau et je sais bien que certains légionnaires pètent plus haut que leurs culs et considèrent les miliciens comme de la merde mais... » Voilà que la langue se délie un peu plus. Assez incroyable et pourtant... « Accroche-toi à cette certitude que la flotte a besoin de toi, que ce que tu fais est essentiel même si ce n'est pas ce que tu voulais à la base. Même si ton rêve t'a été arraché. Je sais que ça fait mal... » qu'il ajoute finalement en posant doucement sa main sur la cheville d'Ana qui est à sa portée. Peut-être un geste de trop mais un geste instinctif auquel il ne songe même pas en fait tant cela lui vient avec un naturel assez déconcertant.





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MessageSujet: (#) Re: ça fait mal, pas vrai ? [Jyreese]     Ven 26 Jan - 16:07
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ça fait mal, pas vrai ?
Ana & Jyreese

Le regard un peu dans le vague, la jeune femme ne peut s’empêcher de prêter attention à ses propres paroles. Ça tourne dans sa tête, en boucle, comme un disque rayé. Et dieu sait qu’il est rayé le disque, salement amoché, incapable de jouer convenablement son morceau. Elle ne sait pas trop ce qu’elle éprouve en cet instant précis, après s’être confiée véritablement quant aux raisons qui l’ont poussée à approcher Jyreese. Elle n’avait pas prévu d’évoquer ses échecs, sa honte, sa frustration et sa colère. Pourtant elle a la sensation qu’il le mérite bien, ne serais ce que pour la gentillesse dont il lui fait preuve. Malheureusement il était impossible d’attendre d’elle qu’elle se contente d’offrir des réponses toutes faites, faciles ou encore des mensonges. Si elle daignait lui parler ouvertement de sa vie et de ses blessures, il était certain qu’elle ne chercherait pas à l’épargner en retour. Il avait posé une question, elle comptait bien y répondre, aussi sincèrement que possible et ce malgré le mal que cela pouvait potentiellement lui causer. Elle est vulgaire, comme d’habitude. On ne lui a jamais demandé pourquoi elle l’était autant, lui signalant au pire qu’il était dommage d’entendre de si vilains mots dans une si jolie bouche, mais si la question était posée elle évoquerait sûrement l’impact qu’ont les mots crus à ses yeux. Elle trouve cela plus compréhensible, estime que ça rend hommage au bordel dans sa tête et à la dureté des sentiments qu’elle éprouve. C’est pour cela qu’elle parle de cet épanouissement personnel qu’elle veut pas se prendre dans la gueule, c’est pour ça qu’elle grogne un peu, avant de conclure avec un air grave en expliquant qu’elle ne pouvait pas le détester. Tout simplement car il n’incarnait plus ce qu’elle pouvait justement mépriser et envier. Et tandis qu’elle achevait son discours, la jeune femme semble se connecter à nouveau avec la réalité et le fait qu’elle venait sûrement de poignarder un homme en plein cœur. Par égoïsme.

C’est pour cela qu’elle se crispe, imperceptiblement, en l’entendant rétorquer. Elle découvre ses dents serrées, ses muscles tendus, ses yeux rendus humide par l’émotion. Il s’offusque d’une certaine façon, lui rappelle avec ses propres mots qu’elle vient simplement piétiner quelqu’un déjà au sol pour se sentir mieux elle-même. Ça lui rappelle quelque chose d’ailleurs. Mais elle veut pas y penser, alors elle détourne soudainement les yeux, sa langue passant férocement le long de ses dents comme pour trouver une occupation qui lui éviterait de penser aux vérités que lui balançait le mécanicien. Est-ce que ça marchait d’ailleurs ? Est-ce que l’échec de son interlocuteur rendait plus acceptable le sien ? Non. Ce n’était qu’une maigre consolation, que de savoir qu’elle n’était pas la seule à avoir merdé. Encore que lui avait eu la chance d’être intégré auprès des légionnaires. Elle, non. Elle avait pas franchi la première étape, trébuchant dès la première marche. Ana a envie de s’offusquer, quand il se plaint de s’être vu rappeler qu’il ne pourrait pas s’épanouir pleinement dans sa nouvelle profession. C’est pour cela qu’elle daigne le regarder à nouveau, une étincelle furieuse au fond des yeux. Elle s’apprêtait à rétorquer, à lui signaler que c’était une évidence et qu’il ferait bien de commencer à faire avec. A vivre avec. Un peu comme elle. Elle vivait avec le poids de sa médiocrité depuis plus de dix ans. Dix ans qu’elle s’entend rappeler, d’une façon ou d’une autre, qu’elle n’avait pas été assez bien, assez bonne, pour faire ce qu’elle désirait de son avenir. Alors elle fut tentée de lui dire d’aller se faire foutre. Juste pour la forme.

Elle n’en aura pas le temps. Il s’excusait déjà et cela suffit à la figer dans son attitude furibonde. Il lui faut quelques secondes, le temps de brèves mais profondes inspirations, pour se détendre. Il faut toujours un certain temps à Ana pour comprendre que la personne d’en face abdiquait, un temps pour comprendre qu’elle n’avait plus besoin de défendre ce qu’il pouvait lui rester d’ego. Alors elle s’apaise, doucement, progressivement, sans jamais cesser de l’écouter. Elle se dit qu’il est meilleur qu’elle, à ainsi revenir sur ses propos alors même qu’elle les méritait. Elle aurait sûrement mérité un bon coup de poing dans la gueule également. Mais au vu du discours de Jyreese, la jeune femme ne peut qu’hocher doucement la tête, pour faire signe qu’elle comprenait son énervement au même titre qu’il disait comprendre ses paroles à elle. Elle comprend, ne s’offusque pas, ou plus, et elle se contente de s’adosser de nouveau contre la machine derrière elle. Elle s’en était imperceptiblement éloignée, se redressant dans un élan de colère désormais passée. La milicienne observe par ailleurs son interlocuteur faire de même, baissant brièvement les yeux en direction de leurs jambes presque collées l’une à l’autre désormais. Ça pourrait presque la faire sourire. Elle a toujours aimé ça, s’assoir au sol avec un proche, se toucher à moitié tout en parlant. Elle avait l’impression de pouvoir refaire le monde ainsi, elle avait aussi la sensation d’être au creux d’une bulle protectrice. Comme si plus rien ne pouvait lui arriver, ou l’atteindre d’une quelconque manière. Son frère avait incarné cette bulle de douceur, pendant une éternité. Elle comptait plus le nombre de fois où ils s’étaient assis l’un à côté de l’autre, juste ainsi ou autrement parfois. De temps à autre c’était juste une main qu’elle serrait entre ses doigts, ou inversement. C’était à l’époque où ils se juraient de toujours être là l’un pour l’autre, sans même user de mots pour ça. Putain de gâchis.

Anastasia reprend toutefois contact avec la réalité lorsque l’homme à ses côtés reprend la parole. Ça l’inquiète d’ailleurs, cette façon de commencer, cette façon de lui dire que quelque chose lui avait probablement échappé avec la Légion. Elle se crispe instinctivement, agacée de constater qu’on avait toujours quelque chose à lui expliquer. Trop conne Ana, toujours trop conne. Y a tant de trucs qui t’échappent pas vrai ? A entendre les autres te reprendre continuellement, c’en est parfois à se demander si t’as pas un problème logé dans le fond de ton crâne. Ou à a se demander comment t'as fait pour t'adapter à la société. C’est un ‘nous’ par un ‘je’. Elle esquisse un sourire amer et détourne les yeux, ce qui l’empêche pas d’écouter ce qu’il a à dire. Ça l’amuse presque que de l’entendre se rattraper à chaque phrase, tentant péniblement de justifier qu’il ne pensait pas le moindre mal d’elle, mais tentant malgré tout d’expliquer la décision de leurs supérieurs hiérarchiques. On pourrait presque croire qu’il essayait de rompre avec elle, en disant qu’elle était sûrement exceptionnelle, mais juste pas faite pour lui. C’était un peu ça finalement. Elle était sûrement une chouette fille, avec des capacités indéniables. Mais elle était pas faite pour la légion, ou celle-ci n’était pas faite pour elle, ce qui revenait au même. Et elle enrage, intérieurement, de l’entendre lui dire qu’il n’aurait pas hésité à se prendre un tir pour un camarade, même un con. Ça l’enrage parce qu’elle avait essayé de s’adapter à la mentalité d’un bon militaire durant toute sa scolarité. « La mission. La mission c’est ce qui compte. J’ai appris à faire ce qu’il fallait. Toujours ce qu’il fallait. » Qu’elle gronde entre ses dents serrées. C’était peut être ça le pire. C’est qu’elle avait fait des efforts, des putains d’efforts. Elle avait assimilé qu’il pouvait y avoir des pertes, des sacrifices dans l’intérêt du plus grand monde également. Elle avait appris qu’on ne pouvait pas toujours sauver tout le monde. Tout du moins, elle a essayé d’apprendre. Ça bouffe une partie de ce que vous êtes, c’est ce qu’elle se dit. Alors ça la tue, que de savoir qu’elle a fait tout ça pour rien, de savoir que malgré ses efforts ça avait pas suffit. On avait pas assez vu de bonnes choses en elle, de choses utiles.

Tu es milicienne. Elle ricane légèrement, a l’impression qu’on se fout de sa gueule, et c’est dans un sourire narquois qu’elle daigne relever les yeux vers Jyreese. Elle dit rien pourtant, se contente de l’écouter sans jamais cesser d’arborer cet air moqueur. Il n’a pas tort malgré tout, elle sait qu’elle peut s’estimer chanceuse d’avoir pu rejoindre une branche militaire malgré tout. Mais c’est pas assez. Ça le serait sûrement jamais. Le sourire s’efface peu à peu alors qu’elle l’entend lui rappeler que tout ceci, ce n’était pas rien. Elle veillait à la sécurité de personnes. Ce n’était peut être pas aussi jouissif que des sorties en extérieur mais ça n’en était pas moins gratifiant dans le fond, non ? Un peu. Parfois. Mais une part d’elle refuse toujours de prendre trop de plaisir dans ce qu’elle fait, justement parce que ce n’était pas ce qu’elle désirait à la base. C’était une deuxième voie, un deuxième souhait. Alors elle pouvait pas prendre son pied. Elle se l’interdisait. Ana ne relève pas le fait que d’autres corps militaire rabaissaient plus ou moins ouvertement les miliciens, tout le monde le sait, mais elle peut pas s’empêcher de sourire de nouveau, avec beaucoup plus de douceur quand il conclut en lui disant que la Flotte avait besoin d’elle et qu’elle restait utile malgré tout. Sourire qui disparaît brutalement quand il la touche. Elle s’y était pas attendue et ce simple geste la meurtrie plus que toutes les paroles qu’il avait pu lui offrir jusque-là. C’est pas de la pitié, juste de la compassion. C’est déjà trop pour elle. Elle sait pas quoi en faire, sait qu’il n’y a pas de raisons de s’en offusquer comme une sale gosse, qu’elle peut juste y être sensible et accepter le geste tout comme lui acceptait plus ou moins sereinement tout ce qu’elle disait. Mais c’est dur.

Laissant un bref silence suivre ces propos, la jeune femme finit par redresser doucement une main, donnant de légers coups dans la machine derrière elle à l’aide de son index, comme si elle toquait à une porte. « T’arrives à te le dire toi ? Que tu restes utile à la Flotte ? Un nouveau sourire naît, léger, amusé aussi bien que teinté d’une pointe de tristesse. C’était plus facile à dire qu’à faire tout ça, pas vrai Jyreese ? Ramenant sa main contre elle, Anastasia attend encore un moment avant de soupirer, comme si cette simple expiration lui permettrait de détendre ses muscles. Ça marche un peu. Pas assez. Je crois que j’me suis pas assez bouffée de baffes gamine. J’réussissais tout, on me félicitait, j’étais l’ainée censée montrer la voie au frangin. Quelque chose dans ce goût là, je crois. J’ai jamais…. J’ai jamais pensé qu’on pouvait me refuser quoi que ce soit. Avoue-t-elle dans un souffle, la gorge nouée en repensant à toutes ces années. Elle avait été invincible Ana. Rarement effrayée, courageuse lorsqu’elle l’était. Même pas méchante comme gosse, certes un peu moqueuse, toujours à vouloir rigoler sur plein de choses même ce qui n’est pas franchement drôle pour tout le monde. Mais pas méchante. Les échecs l’ont rendue amère, aigrie, agressive. Le temps a réussi à atténuer les blessures mais elles n’ont jamais cicatrisées. Elle en oubliait ce qu’elle avait été, ce qu’elle était. Elle aimait croire qu’elle était une chouette fille qu’on essayait juste de convaincre du contraire. C’est plus aussi facile désormais. Tu regrettes ? Demande-t-elle alors, après avoir pris quelques secondes pour elle. Je sais pas… Si t’es vraiment censé regretter quelque chose mais… On se comprend. » Elle voulait pas lui demander ce qu’il avait pu faire pour ne plus pouvoir être légionnaire. Elle voulait juste savoir si cela en avait valu la peine, d’une façon ou d’une autre.

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† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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MessageSujet: (#) Re: ça fait mal, pas vrai ? [Jyreese]     Lun 5 Fév - 18:20
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ça fait mal, pas vrai ?



Oui, il sait que ça fait mal. Il préférerait de pas savoir en réalité, ne rien savoir de cette souffrance-là seulement elle lui colle à la peau et il doute pouvoir jamais s'en défaire un jour. Il doute véritablement. Et si elle, Ana, est là aujourd'hui, si après tout ce temps elle a encore mal, cela ne peut que le faire douter davantage. Comment fait-elle ? Comment vit-elle ? Avec cette souffrance, comment y parvient-elle au quotidien ? Alors que son rêve lui a été arraché, alors que le futur qu'elle avait imaginé pour elle a été rendu impossible ? La question lui brûle les lèvres mais elle ne sort pas. Elle ne sort pas parce que la question qu'Ana pose ensuite le pousse à redevenir silencieux, tout simplement parce qu'il n'a rien à répondre qui pourrait l'apaiser elle. Parce que non, il n'arrive pas à se dire qu'il reste utile à la Flotte. Il n'est que mécanicien mais il doute... Il doute que son sentiment aurait été différent s'il avait choisi de rejoindre la milice si on le lui avait proposé. Il ne peut s'imaginer être utile autrement qu'en étant légionnaire alors non, la réponse est non, et il ne peut décemment pas la lui donner même si finalement son silence parlera davantage que ce fameux « non ». Il détourne le regard quand il aperçoit le sourire à la fois amusé et teinté de tristesse d'Ana, et la main de Jyreese retrouve sa propre jambe, frotte de manière absente à la naissance de la prothèse sous son pantalon. Un soupir, à l'instar d'Ana qui soupire également. N'ont-ils pas l'air de deux sombres idiots ? Peut-être oui, mais deux idiots qui contre toute attente se sont trouvés et se comprennent. Et c'est étrange car si l'entrevue est douloureuse à bien des égards, elle est tout autant libératrice pour Jyreese. Jyreese qui esquisse bien malgré lui un petit sourire quand Ana termine par reprendre la parole pour dire qu'elle ne s'est pas assez prise de baffes quand elle était gamine. Il relève doucement son regard vers elle et secoue presque imperceptiblement la tête car non, il ne croît pas qu'il s'agisse de cela. Il ne pense pas que la souffrance qui accompagne Ana n'est due qu'au fait qu'on lui ait refusé quelque chose alors qu'elle n'était pas habituée aux refus. Non, ce n'est pas un simple caprice, loin de là. Elle avait une voie toute tracée, une vocation et on l'a empêchée de suivre cette vocation. Difficile de ne pas souffrir, de ne pas ressasser. Très difficile. Le regard de Jyreese se détourne de nouveau d'elle alors qu'un petit silence s'installe mais le silence est vite brisé.

« Tu regrettes ? »

Le visage qui se retourne vers Ana alors que le cœur se serre.

« Je sais pas... Si t'es vraiment censé regretter quelque chose mais... On se comprend. »

Oui. Ils se comprennent. Et oui, il a tant de regrets... Et tout lui revient. C'est avec lui au quotidien mais là, en cet instant, c'est différent. C'est plus vif. Plus douloureux. Quelques secondes passent alors qu'il observe Ana en silence, alors que la douleur se fait de plus en plus oppressante. Et c'est finalement les larmes aux yeux qu'il parvient à formuler une réponse.

« Chaque jour. » qu'il souffle tout bas en hochant la tête de haut en bas. « Je regrette tout chaque jour. » qu'il ajoute finalement avant que sa main tremblante ne vienne frotter nerveusement sa barbe et qu'il vienne pincer ses paupières pour essayer de contenir ses larmes. Quelques secondes encore de silence, un profond soupir et sa main quitte son visage. Les yeux se rouvrent se posent sur le bas plafond rempli de tuyaux métalliques. Faire ce bilan est d'une tristesse infinie. Il regarde où il en est et il est rongé par les regrets oui. Et comme les mots lui viennent pourtant facilement, face à elle qu'il ne connaît que si peu. Quelques minutes partagées, quelques mots échangés et pourtant, le voilà capable de se mettre plus à nu qu'il n'a été capable de le faire depuis... Depuis ce jour-là. « C'est que je n'ai pas perdu que la légion, qu'une carrière. J'ai perdu ma vie ce jour-là. » Le regard qui se voile de nouveau de larmes, la voix qui se serre alors que la gorge se noue. La main se crispe sur la prothèse. « Quand j'ai... » Le cœur s'emballe, la respiration est difficile mais pas besoin de prendre l'inhalateur non. Besoin de parler. De le dire. Il faut qu'il le dise et il en a parfaitement conscience, que seuls les mots prononcés pourront avoir ne serait-ce que l'ombre d'un apaisement sur lui. « Quand j'ai pris la vie de cet homme, c'est ma vie qui s'est terminée également. Légitime défense. » qu'il ajoute très rapidement en osant enfin reporter son regard voilé de larmes sur Ana. Le besoin de se justifier est là. « Je me battais pour ma vie ce jour-là. Je sens encore ses mains autour de ma gorge. » Et c'est la première fois qu'il a ces mots-là, la toute première fois qu'il parle de ce qu'il s'est passé depuis le jugement où il a raconté les faits. Et ça lui fait tellement mal... Parce que... « Mais ça ne change rien. Une vie est une vie et même si je me suis juste défendu, ça ne change rien à ce que j'ai fait. » La vérité est là : il a failli y passer, c'est un fait, mais il a perdu le contrôle. Peut-être aurait-il pu faire autrement et... Peut-être mais c'est fait. C'est fait. « Quand j'ai brisé sa nuque, c'est la mienne que j'ai brisée aussi. » Des mots durs mais des mots vrais. Trop peut-être pour Ana mais impossible pour Jyreese de ne pas poursuivre car elle a réussi à ouvrir une porte qui est restée fermée si longtemps... « J'ai passé deux ans sur le Lady Grace pour ça et maintenant que je suis rentré, mes proches s'attendent à ce que je sois cet homme-là, l'homme d'avant, sauf qu'il existe plus. Il a disparu mais je sais pas comment leur expliquer ça, tu comprends ? Je sais juste pas comment leur faire comprendre que ça... C'est pas ma vie. » Il secoue la tête, un sourire triste étirant ses lèvres. « C'est pas ma vie. Et je sais pas quoi en faire. »

Elle est là la vérité : il aurait pu reprendre son poste mais il se juge indigne de le faire. Il se punit parce qu'il a pris une vie. En tout cas, c'est ce qu'il a cru jusqu'à cet instant, jusqu'à cet échange avec Ana parce que même s'il se punit, il n'y a pas que ça. Non, pas que ça. La vérité, c'est qu'il ne peut pas retourner auprès de la légion car il n'est plus l'homme qu'il était. Il ne peut plus être légionnaire. Il ne peut plus. Le regard se détourne une nouvelle fois et il vient se frotter le visage. Et c'est là que la fameuse question sort.

« Comment tu fais ? » Une profonde inspiration, il s'essuie encore un peu le visage avant de replanter son regard azur dans celui d'Ana. « Pour vivre avec avec ça, pour vivre avec ce que tu n'as pas eu et que tu n'auras jamais. Pour vivre cette vie qui dans le fond est pas vraiment la tienne. Comment tu fais ? Parce que je t'avoue que si tu as un solution pour y parvenir, je serais pas contre la connaître... »

Paumé qu'il est Jyreese.




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MessageSujet: (#) Re: ça fait mal, pas vrai ? [Jyreese]     Lun 5 Fév - 22:50
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ça fait mal, pas vrai ?
Ana & Jyreese

La question est rhétorique bien sûr. Est-ce que lui réussissait à se convaincre qu’il restait utile à la Flotte ? Bien sûr que non. Il était comme elle au moins sur ce point, à devoir se contenter d’un travail qui n’égalait en rien ses ambitions premières. En vérité, elle juge la situation de Jyreese pire que la sienne. Lui avait pu être légionnaire, il s’était fait une place là bas, sûrement qu’il était bon dans ce qu’il faisait à l’époque. Peut être. Puis la chute. Douloureuse. Quoi qu’il en soit c’est parce qu’elle comprenait parfaitement, et parce qu’elle n’attendait aucune réponse, que la milicienne se contenta de ramener sa main contre elle. Un silence, bref, puis une nouvelle question. Regrettait-il ? Regrettait-il ce qu’il avait pu faire ou dire pour ne plus pouvoir exercer ses fonctions ? Sûrement, pourtant elle voulait l’entendre le lui dire. Besoin égoïste qui pourtant se teinte d’une certaine compréhension, une certaine douceur. C’est qu’elle se sent presque mal, à lui demander tout ça. Mal à l’idée de le faire saigner pour tenter d’apaiser ses propres blessures. Peut être de l’altruisme, chez elle, qu’elle niait toujours avec plus ou moins de vigueur. Un peu. Suffisamment pour qu’elle culpabilise de poser ses questions. Pas assez pour la retenir de les poser. Alors c’est en silence qu’elle l’observe, semblant presque percevoir l’étau qui devait lui broyer la poitrine, captant la douleur au fond de ses yeux, sur chaque tiraillement de son visage, le moindre tic. Les larmes aux yeux, puis un souffle, une évidence. Chaque jour. Elle détourne les yeux. Elle n’a plus la force, soudainement, de soutenir son regard et de le porter tandis qu’il saigne. Elle a plus la force de lui prouver qu’elle était là, qu’elle était apte à encaisser et soutenir. Anastasia ne ressent plus que sa propre peine, toujours teintée de compassion. Elle se dit simplement qu’elle s’était doutée de la réponse avant même de l’entendre. Evidemment, chaque jour. Comment pouvait-il en être autrement, alors qu’il avait tant vanté les mérites des légionnaires ? Cela devait lui manquer, terriblement. Beaucoup plus qu’elle, qui n’avait jamais eu la chance de goûter aux plaisirs de la camaraderie au sein de la Légion. Il n’y avait eu que les stages, c’était assez pour la faire rêver, pas assez pour la bousiller autant que lui.

J’ai aussi perdu ma vie. La curiosité se voit ravivée, exprimée à travers ce regard qu’elle lui jetait, cette attention presque nouvelle et ces sourcils presque froncés. Elle écoute, plus attentive que jamais et enfin les explications tombent. Elle n’avait rien demandé pourtant, et une part d’elle-même s’amuse du fait qu’on lui expliquait malgré tout. L’amusement est de très courte durée toutefois, rapidement remplacé par le sérieux, et de nouveau une pointe de compréhension fichée quelque part. Il avait tué. Un léger sourire, doux, orne toutefois rapidement les lèvres de la milicienne lorsqu’il précise que c’était de la légitime défense. Il veut pas qu’elle le juge, voudrait pas qu’elle lui crache à la gueule elle aussi. Ça la prend aux tripes, cette impression de voir un reflet d’elle-même. Ce besoin qu’il avait de ne pas être blâmé, jugé, détesté. Tout comme elle ne supportait pas de ne pas être aimée, appréciée, valorisée. Malgré ses échecs à elle. Malgré son meurtre à lui. Alors elle sourit, hoche doucement la tête sans dire un mot de plus, de façon presque imperceptible. Pourtant elle ne comprend qu’à moitié. Elle n’a jamais eu à tuer, pas même sous le coup de la légitime défense. Elle n’avait jamais tué. On lui avait appris, comme à tout militaire. La théorie, la pratique sous forme de tir de blaster sur des cibles fictives. Des séances avec des psychologues, régulièrement, pour leur éviter de péter des câbles dans le cadre de leur fonction. Mais elle sait pas ce que ça fait, que d’avoir du sang sur les mains. Elle se plaît à croire qu’elle saurait ranger cet événement à sa juste place, sans minimiser mais sans chercher à dramatiser non plus. Mais elle sait qu’au fond, elle ne peut pas prévoir. Elle verrait comment elle gérerait une telle situation si celle-ci devait se produire un jour. Pas avant.

Elle avait envie de lui dire que ça changeait tout, mais elle n’ose pas l’interrompre, préférant ramener ses jambes contre elle afin de les enlacer avec ses bras, reposant son menton sur ses genoux. Deux ans sur le Lady Grace, pour ce crime. Et ses proches qui ne comprenaient pas à quel point cela avait dû le briser. Elle en fronce les sourcils Ana, tant cela lui semble évident à elle. Mais elle ne commente toujours pas, se contentant d’hocher une nouvelle fois la tête lorsqu’il lui demande si elle comprenait. Elle ne comprenait que trop bien. Ce n’était peut être pas à la même échelle, mais elle aussi avait changé. Elle aussi avait pété des câbles après ses études, devenant une espèce de folle furieuse frustrée et agressive. Les gens n’avaient pas compris, pas tous. Certains étaient restés, l’avaient raisonnée et avaient également accepté ces changements chez elle. Pas tous. Peu importait, elle ne regrettait en rien cette réduction de son cercle social.  Comment tu fais ? La question la surprend quelque peu, mais elle demeure toujours aussi silencieuse tandis qu’elle le laissait développer sa pensée. Jusqu’à ce moment où elle finit par glousser, un large sourire aux lèvres bien que l’on sentait qu’il n’avait rien de joyeux. Si seulement elle avait eu une solution miracle, elle s’en serait emparée depuis bien longtemps, et elle se serait fait un plaisir que de partager ses découvertes. « Y a des jours avec, et des jours sans. Explique-t-elle simplement, dans un haussement d’épaules. L’on sent toutefois qu’elle n’a pas tout à fait fini, cherchant à mettre des mots sur ce qu’elle éprouvait depuis des années sans jamais oser le formuler à voix haute. J’crois que… Je refuse de profiter. Parce que c’est pas si mal, parce que même si c’est pas parfait ça reste une vie enviable. Il y a même des bons moments, mais lorsque j’en ris, lorsque je savoure, je me sens coupable. Comme si j’avais pas le droit de renoncer, pas le droit de me contenter de cette voie qu’on m’a imposée. Y a toujours mon cerveau pour me rappeler mes échecs, pour me… Punir. » Elle fronce les sourcils, peinant à comprendre pourquoi son propre esprit lui infligeait un tel calvaire. Est-ce que c’était normal, au moins ? Elle sait pas trop. Les rendez-vous avec les psychologues n’avaient pas donné grand-chose. Elle avait encore les conseils en tête, mais entre la théorie et la pratique il y avait tout un gouffre. Un gouffre qu’elle n’arrivait pas à franchir.

« T’as pas à t’adapter aux désirs des autres. Elle reprend rapidement la parole, semblant revenir sur les propos précédents du mécanicien, l’observant avec un éclat presque rageur au fond des yeux. Farouche, protectrice, comme si elle n’appréciait pas l’idée qu’il puisse se sentir mal ou se forcer pour faire plaisir aux autres. Evidemment que t’es plus le même homme, ils devront faire avec. Ou peut être qu’ils n’arriveront pas à faire avec, mais tu trouveras d’autres personnes. T’es pas un connard antipathique après tout. Elle sourit de nouveau, plus doucement, plus sincèrement. Des gens qui te permettront d’oublier deux secondes ton travail. Elle dit ça, mais elle y croit qu’à moitié. Elle a connu trop de personnes, trop d’hommes surtout, obnubilés par leur travail au point de ne plus se soucier du reste. Mais elle se dit que si Jyreese n’aime pas sa vie de mécanicien, alors peut-être parviendra-t-il à profiter du reste. C’est ce que je me dis, tous les jours. J’me dis que la vie a autre chose à offrir qu’un travail, et que j’peux en tirer autre chose que de la rancœur et des regrets. C’est pas simple à chaque fois mais… Après tout, est ce qu’on a vraiment le choix ? » Nouveau sourire, léger. Non, ils avaient pas le choix. C’était faire avec, essayer du moins, parce qu’ils avaient une vie à vivre malgré tout.

- BLACK PUMPKIN


† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


Rosa, love of my life:
 
MessageSujet: (#) Re: ça fait mal, pas vrai ? [Jyreese]     

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