The devil is in the details.
MessageSujet: (#) The devil is in the details.     Dim 14 Jan - 12:13
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Anastasia Donovan Les nerfs à fleur de peau, le monde est sur la brèche. A son bon vouloir, à sa merci. Kara trace son sillage fièrement, ses prunelles noires dégommant le moindre obstacle hors de son passage. Les talons de ses bottes résonnent entre les couloirs, annoncent sa présence. Gare à celui qui aurait le malheur de ne pas se trouver à sa place – c'est-à-dire n'importe où, pourvu que ça ne soit pas sur son chemin. Ses mâchoires résolument fermées font blanchir ses joues, les crocs serrés pour éviter de dévorer l'univers.
Elle était en retard. Plus pour longtemps, à ce rythme. Filant dans le dédale de couloirs et de recoins sans fin, elle en venait à détester Tiantang pour être aussi loin de son point de départ. Serrant les poings, cachés dans ses poches, l'adrénaline palpitait sous sa peau de manière désagréable, courrait jusque sous sa langue venimeuse. La fureur à peine voilée sous ses cils était de mauvaise augure – le seul réconfort de la situation était sa destination. En soit, Tiantang n'était historiquement pas le plus joyeux des vaisseaux, mais Kara n'était pas la plus joyeuse des passagères non plus. Peut-être qu'ils s'entendraient bien, ce soir, juste assez pour passer une bonne soirée.
Enfin, elle posa le pied sur le vaisseau. Ana devait déjà l'attendre depuis un bon moment. Bien que Kara n'ait jamais été la plus ponctuelle, même elle trouvait son retard insultant. Elle commanda verbalement un message pour la jeune femme, confirmant sa présence imminente. Sa voix était rauque, ses cordes vocales crispées – mauvais signe. Elle devrait réussir cependant à les assouplir suffisamment en amont pour en tirer quelque chose, ce soir. Ou quelqu'un. Ou sur quelqu'un.
Elle se glissa entre les foules de passagers agglutinés devant les boîtes de nuit et les concerts extérieurs, son rythme de marche soutenu s'accordant avec les différents tempos qui lui parvenaient aux oreilles. Des sons électriques parfaits pour guider son épopée fantastique, qui s'acheva devant la porte du bar karaoké qu'elle aurait dû franchir il y a plus d'une heure de cela. La porte s'ouvrit néanmoins sur quelqu'un en sortant, et Kara s'entendit prononcer – hurler – PUTAIN, BOUGE ! avant même de l'avoir pensé.

C'était un bon début, mais ce n'était pas assez. Il y en avait encore tellement d'autres qui attendaient de sortir, de libérer ses tripes. Plusieurs fois, on lui a demandé si elle n'était pas atteinte du syndrome de Gilles de la Tourette, et plusieurs fois, elle a répliqué que ce n'était pas de sa faute si le monde était aussi con. Prouvant certainement leur point, mais bon. Après avoir roulé des yeux en pressant l'inconnu, elle s'aventura enfin à l'intérieur, son attention focalisée sur le bar. Elle remarqua la silhouette d'Ana a mi-chemin, postée au bar, et changea légèrement sa direction pour venir se poster à ses côtés. Malgré cela, son regard se verrouilla automatiquement sur la personne de l'autre côté du comptoir. Deux shots. annonça-t-elle en abattant son terminal sur le comptoir plus fort qu'elle ne l'avait voulu. Le personnel ne serait pas gêné par son excessive politesse, ce soir.
Elle soupira bruyamment, exultant sa fureur, avant de se tourner vers la silhouette familière, qu'elle enlaça avant de faire quoi que ce soit de stupide. Salut et désolée du retard. Si certaines têtes de pioches n'étaient pas rondes comme des queues de pelles … enfin, tu vois. Elle avait écourté sa plaidoirie par l'arrivée des boissons. Kara prit les deux verres, un dans chaque paume, et vida les deux d'une traite. La même chose. lança-t-elle à l'attention du barman en lui redonnant les verres quelques secondes après. Cette soirée allait déjà lui coûter cher. Elle avait à peine laissé le temps à Ana d'en placer une qu'elle s'adressa de nouveau à elle. Il me reste encore combien de verres à rattraper ?
MessageSujet: (#) Re: The devil is in the details.     Dim 14 Jan - 16:11
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En retard. Comme d’habitude. Cela avait beau ne pas être surprenant, ça n’empêche pas la milicienne de lever les yeux au ciel dans un soupir. Elle avait de nombreux défauts, mais elle mettait un point d’honneur à toujours être ponctuelle. Bien souvent elle était même en avance, en obsédée du contrôle qu’elle pouvait être parfois, éprouvant de ce fait le besoin d’être la première sur les lieux. Elle n’arrivait cependant jamais en avance lorsqu’elle avait rendez-vous avec Kara, justement parce qu’elle avait appris à force de rencontres que ce serait du temps supplémentaire qu’elle passerait à attendre comme une idiote. Lorgnant le shoot de vodka sous son nez, observant son contenu comme si le liquide transparent allait soudainement changer de couleur devant elle, elle souffle à l’attention de ce dernier, dans un sourire moqueur : « Toi au moins tu me laisses pas tomber. T’es fiable petite vodka. » Et petite vodka finit par lui brûler le gosier avant de poursuivre sa route le long de son tube digestif. Quelques copines suivent le mouvement, mais pas trop. Anastasia était peut être une alcoolique, ce qu’elle niait souvent en grognant, mais au moins elle connaissait ses limites et il était hors de question de repousser ces dernières sans la présence de son amie. Alors en attendant, elle profite de l’ambiance, jette quelques regards aux habitués et globalement à l’ensemble des personnes présentes ce soir là. Elle sourit, voire rigole un peu dans son coin, en assistant aux performances de ceux qui osaient se confronter au karaoké. Mais elle ne les siffle pas, ne se moque pas trop ouvertement, pour la simple et bonne raison qu’elle était absolument nulle en chant et que son tour viendrait bien assez tôt. Alors autant éviter de se faire des ennemis d’office. De toute façon, pas le temps de s’y intéresser d’avantage que déjà le terminal vissé à son avant bras lui signalait à voix haute que sa compagne arriverait sous peu. Anastasia commença donc à guetter les jurons au milieu de la foule.

PUTAIN, BOUGE ! « Ah, la voilà. S’amuse la milicienne en se redressant légèrement sur le comptoir du bar. Les beuglements provenaient visiblement de l’entrée mais difficile de ne pas les percevoir lorsque l’on était un tant soit peu attentif. En tous les cas il fallut finalement peu de temps pour que la généticienne arrive et s’installe aux côtés de la milicienne, cette dernière n’ayant même pas le temps de s’offusquer du retard de sa compagne que celle-ci… s’excusait déjà. Entendre Kara Nguyen s’excuser avait toujours quelque chose de fascinant, de quoi tirer un sourire amusé à Anastasia. Celle-ci est toutefois trop occupée à enlacer son amie en guise de salutation pour le souligner. Détend toi darling, si j’étais du genre à tuer les gens en retard, t’aurais pas passé la majorité. Ironise-t-elle avant de suivre du regard les divers verres que s’enfilait déjà la jeune femme. Combien de verres manqués ? Trop pour que ton foie y survive. Nouvelle ironie, un éclat malicieux faisant étinceler les prunelles autrement glacées d’Anastasia, tandis que cette dernière levait deux doigts en l’air pour donner le nombre exact de shoot qu’elle avait avalé en avance. De quoi oublier une journée de merde, pas assez pour perdre le contrôle et oublier la soirée. Pas encore. En tous les cas la jeune femme laisse sa camarade rattraper le temps perdu, un peu trop rapidement d’ailleurs pour que cela soit considéré comme vraiment sain ou judicieux, avant de reprendre la parole. Je crois qu’on se ressemble trop. L’évidence même, annoncée sur un ton semi désespéré, comme si elle n’arrivait pas à digérer l’idée. En vérité elles n’étaient peut-être pas aussi similaires que ça, les nuances existaient et les différenciaient grandement, pourtant le fond restait plus ou moins le même. J’ai passé une journée à rien foutre, du coup j’me suis fait chier. C’est dégueulasse de dire ça mais j’espère des emmerdes quasiment tous les jours, histoire d’avoir une affaire à régler, des dents à péter ou quelque chose dans ce goût là. J’pense que c’est un peu comme toi, tu dois prier pour qu’une meuf se pointe avec une maladie génétique hyper rare, bien pourrie, mais qui te donnera l’occasion de bosser sur quelque chose de sympa. » Evidemment rien ne les obligeait à tenir ce discours devant les victimes, mais au fond… C’était un peu ça la réalité. On compatit deux minutes au sort d’autrui, puis on se réjouit d’avoir l’occasion de sortir de sa routine ô combien ennuyante.

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MessageSujet: (#) Re: The devil is in the details.     Dim 14 Jan - 21:33
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Voir Anastasia encore à leur point de rendez-vous, il faut dire que cela rassura légèrement Kara. Les événements l'avaient pris de court, et le temps avait joué contre elle. Elle espérait que tout rentrerait dans l'ordre, même si son entrée, puis sa commande au bar avaient été remarquées. Si quelqu'un avait la malchance de prononcer un mot trop haut en sa direction, son état nerveux la pousserait sans doute à confronter l'inconscient pendant de longues minutes.
Mais elle n'était pas là pour ça. Elle était là pour retrouver son amie, passer un peu de temps avec elle jusqu'à ce que la réalité ne les rattrape, finir bourrée et chanter le dernier tube qui passait sur les ondes. Alors qu'elle en est encore à lui souhaiter un bonjour / bonne soirée en l'enlaçant, Ana ne tarde pas pour lui rappeler ses bons sentiments, lui décrochant un rire – encore nerveux. Il fallait dire qu'elle s'était excusée pour son retard immense, et que cela n'arrivait pas tous les jours (de s'excuser, pas le fait d'être en retard). Il y avait presque trop d'émotions qui la traversaient à ce moment, elle aurait pu imploser. Heureusement, le barman était réactif – ou sans doute juste apeuré – et les shots arrivèrent devant son nez.
Pas pour très longtemps.
Elle ne trinqua pas, les deux étaient pour elle. Pour compenser – parce qu'il était inconcevable qu'Ana l'ait attendue sans rien pour passer le temps. Elle eut tout de même l'amabilité d'attendre que les deux verres aient descendu son œsophage avant de balancer sa remarque, car Kara n'aurait pas manqué de s'étouffer. Elle esquissa un rire à la place. Bientôt. Bientôt, elle rirait de bon coeur. Il lui fallait encore un peu de temps. Alors elle repoussa les verres, demandant à ce qu'on les remplisse de nouveau. S'inquiétant du nombre qu'elle devrait consommer avant de pouvoir s'estimer au même niveau que son amie, qui lui répondit en levant deux doigts. Il m'en manque encore deux ou bien ? Heureusement pour elle, Ana répliqua qu'elles se ressemblaient sans doute trop quand il en venait à l'alcool. Ouais. Ou pas, Ana. Mais elle eut la bonté de ne pas énumérer ses pensées à voix haute, lui offrant simplement une moue dubitative. Cela en disait aussi long, mais évitait aux oreilles qui traînaient de trop en savoir.

Deux verres revinrent s'échouer sur leur morceau de bar, et la généticienne en fit glisser un du côté de la milicienne. Cette fois, elles pouvaient trinquer à cette soirée. Mais avant, le temps que l'alcool poursuive son chemin entre ses organes, elle réussit à se calmer et à se poser sur un tabouret pendant qu'Ana lui racontait sa journée. Au-delà de cette mise à jour express, elle appréciait le fait qu'elle lui laisse du temps pour évacuer son irritabilité. Elle sourit même face aux espoirs de maladie rare. Ouais. C'était la meilleure. Amen. Y'a rien de tel qu'une maladie dominante liée à l'X. Un bon 50/50 selon le sexe du mioche ... y'a plus de suspens qu'au casino. C'était horrible à dire. Et terriblement dur à contrôler, mais bien plus excitant. Changer de mec était, dans cette situation, une bonne solution pour être sûr d'enfanter un bébé sain. Elle leva son verre à ces belles paroles, cruelles mais vraies. Tout ce qui pouvait sortir de l'ordinaire, du quotidien était à chérir. Trinquons aux emmerdes, aux pirates et aux infirmes ? Et à cette soirée ! Soirée déjà bien entamée … C'est le sourire aux lèvres qu'elle vida son verre.
Du coin de l'oeil, elle vit la scène du karaoké se vider du duo qui l'occupait. Elle fit de grands yeux ronds, un rictus déformant ses lèvres. Allez, c'est notre heure de gloire. Et tu choisis la chanson. Elle pouvait au moins lui laisser ce luxe après l'avoir fait poireauter aussi longtemps. Même si ... Même si lui laisser choisir était très risqué.
MessageSujet: (#) Re: The devil is in the details.     Lun 15 Jan - 19:16
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La moue dubitative de sa camarade suffit à lui faire lever les yeux au ciel. « C’est pas ce que… » Se ravisant finalement, non pas de crainte de prononcer des mots qu’elle regretterait mais parce que la conversation n’était peut être pas si importante que cela, Anastasia se contenta de balayer son propre argument d’un revers de main. De toute manière, elle n’avait pas envie de parler de ce que ses proches semblaient considérer comme étant de l’alcoolisme pur et dur (de son côté elle voyait pas bien la différence, tout le monde finissait torché au moins deux fois par semaine et on les traitait pas d’alcoolique pour autant). De même, elle ne voulait pas avoir à évoquer son amour des boissons les plus fortes, celui la même qui l’avait poussé à se procurer ce genre de bien sur le marché noir. Un risque sûrement trop grand pour ce que c’était, mais qu’elle avait pris malgré tout, et qu’elle ne semblait pas regretter jusque-là. Peu importait de toute façon car voilà qu’un des deux verres fraîchement déposés sur le comptoir lui revenait de plein droit, un geste suffisant pour lui arracher un nouveau sourire. La jeune femme avait toutefois entamé sa brève histoire quant à sa journée minable, consciente qu’elle pouvait évoquer ses penchants pour les débordements sans crainte d’être jugée. Kara devait être pareille, à espérer le pire chez certaines personnes juste pour pouvoir s’occuper. Un manque cruel d’empathie qu’elles partageaient, encore un point commun pour les folles furieuses qu’elles étaient. Mais si Anastasia parle en cet instant précis, c’est dans un premier temps parce qu’elle adore ça (on va pas se mentir, elle a une tendance à raconter même les détails les plus insignifiants dès lors qu’elle s’estime en bonne compagnie) mais également pour faire oublier à sa compagne les désagréments qui l’ont contraints à se pointer autant à la bourre à leur rendez-vous. Un subterfuge qui semble fonctionner au vu du sourire qu’arborait de nouveau la généticienne.

Amen. Evidemment, elle comprenait parfaitement et la milicienne ne peut que rire légèrement en l’entendant parler de… Maladie dominante quelque chose ? Difficile de la suivre, la milicienne n’a jamais été particulièrement cultivée ni même intéressée par les sciences durant son cursus scolaire. Autant dire qu’elle était à la ramasse dès lors qu’elle discutait avec les médecins, physiciens, chimistes et autres composantes scientifiques nécessaires à la survie de la Flotte. Elle ne s’en vexait pas toutefois, consciente qu’il fallait de tout pour faire un monde et que ses propres qualités étaient simplement ailleurs. Ailleurs, mais visiblement pas suffisamment explicites et visibles pour qu’on lui accorde le droit d’exercer le métier dont elle rêvait. Mais ça, valait mieux ne pas y penser. Encore moins en parler. Fort heureusement il n’y a pas besoin car c’est avec une seconde de retard qu’Anastasia finit par s’emparer de son verre, trinquant avec sa camarade dans un nouveau rire. « Et à cette soirée ouais, carrément ! Elle relève pas la remarque sur les pirates et les infirmes, une coïncidence qui lui fait penser à un certain abruti, ce qui a le don de l’amuser considérablement. La milicienne préfère toutefois faire honneur à ce discours en vidant son verre d’une traite, ne tiquant même plus face aux brûlures procurées par l’alcool tant son palais semblait anesthésié à force de s’y confronter. Pas le temps de vraiment profiter que déjà Kara la poussait hors de son tabouret, lui désignant la scène qui se vidait du duo de chanteurs -pas très doués mais on les pardonne- . Pour un signal, c’était un signal. Anastasia grogne sur le moment, par principe car tout le monde sait qu’elle ne refusait jamais un défi et qu’elle n’avait rien contre le fait de se ridiculiser sur scène tant qu’elle était accompagnée, mais un nouveau sourire orne bien vite son visage quand on l’invite à choisir la chanson. La confiance c’est la base de toute relation ! » Qu’elle clame avec ferveur, sachant parfaitement que Kara regretterait sa décision à peine verrait-elle le nom du groupe qu’elle avait sélectionné à l’avance.

Montant sur la scène, il suffit de quelques secondes pour qu’elle se connecte à son terminal et sélectionne la chanson. La musique passe donc rapidement en arrière-plan tandis que les paroles furent affichées devant elles ainsi que sur le mur du fond au cas où -sait-on jamais il y avait peut-être des fans dans la salle prêt à s’ambiancer et à hurler également- et ce fut avec un large sourire qu’elle annonça à sa compagne : « Comme j’en ai un peu marre de ta voix de diva, j’ai préféré opter pour une chanson qui nous mettra toutes les deux en valeur. C’était hyper à la mode à une époque apparemment. Elle-même n’était en vérité pas très fan, mais le but en cet instant précis n’était clairement pas de mettre en avant ses goûts musicaux, mais de défier Kara sur un terrain qu’elle ne maîtrisait sûrement pas le moins du monde. Qui plus est, elle-même aurait sûrement moins l’air ridicule en jouant le jeu à fond plutôt qu’en sélectionnant une chanson sublime qu’elle aurait massacré en deux secondes. Et ainsi pouvait débuter le karaoké. Inutile de préciser qu’Anastasia s’en donnait à cœur joie, hurlant à plein poumon en gesticulant avec vigueur, s’octroyant sans trop de difficulté une voix rauque au possible. Si l’on met de côté le moment où elle s’est mise à tousser, en cherchant à récupérer un peu de sa voix qui s’était soudainement éteint tout en faisant signe à Kara de continuer la chanson sans elle même si elle devait en crever, cela s’était… Plutôt bien passé ? Il y avait eu quelques rires dans la salle, quelques personnes qui gueulaient aussi sans trop savoir ce qu’elles criaient, et d’autres qui s’étaient contentées de lever les yeux en priant pour que ces beuglements cessent. J’espère que j’ai pas trop niqué ta réputation. » Lâche-t-elle d’une voix enrouée à sa compagne, tandis qu’elle cherchait à reprendre son souffle après coup. Une lueur de joie faisant étinceler ses prunelles glacées.

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MessageSujet: (#) Re: The devil is in the details.     Sam 20 Jan - 22:42
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Le verre glissait entre ses doigts. Un, puis deux. Bientôt plus. Le contact glacé calmait localement ses ardeurs – la rage encore plantée bien au fond de sa chair, elle s'accrochait de ses longs ongles crochus, réduisait sa patience en lambeaux. Enfin, elle n'avait pas à compenser tout de suite, malgré les commentaires d'Ana. Si leurs relations respectives avec l'alcool n'étaient pas très saines, elle éviteraient donc d'en parler un verre d'alcool à la main. C'était sans doute pour le mieux.
La discussion s'épancha sur d'autres sujets, sur les journées monotones et les désirs de les rompre, de ces copié-collé à gerber. Il y avait quelque chose de rassurant, là-dedans, dans cette routine contemplative qui permettait à l'esprit de vagabonder entre les étoiles … Mais il y avait un moment où l'on avait exploré les confins de l'univers, et où avoir quelque chose à faire, n'importe quoi tenait du miracle. Peu importe si l'indécence et le tragique passaient par là pour y offrir des présents. Garder les yeux ouverts et la conscience aux abois en valait la peine.

Alors, elle trinquèrent à tout ça. Aux journées trop longues et à ceux qui les égayait. A cette soirée, surtout, pourvu qu'elle soit encore longue. A tout et n'importe quoi, à l'alcool pour qu'il coule à flot, au karaoké pour exister, à cette amitié pour perdurer. Puis le karaoké se libéra, et l'occasion était trop belle pour la laisser filer entre leurs doigts. Forçant Ana à se bouger les fesses de son tabouret, l'appâtant avec la promesse de lui laisser choisir la chanson en sachant pertinemment qu'elle le regretterait moins de cinq minutes plus tard, Kara forçait son engouement sur son visage. Bientôt, elle serait aidée par la remontée de son niveau d'alcool entre ses veines. J'te fais bouffer de la terre si tu mets Patrick Stellarien. La menace roula sur sa langue ; elle n'était pas d'humeur à ça. Pas lui, pas ses chansons ridicules. Pas maintenant. Un type dans la salle cria quelque chose – visiblement il était d'accord avec elle.
Même si elle pouvait compter sur son amie pour trouver quelque chose de tout aussi nul, hors d'âge et déplacé qui ne soit pas estampillé par l'ennemi public numéro un. Le titre et l'auteur de la chanson élue ne tardèrent pas à s'afficher brièvement sur l'écran, et Kara offrit à la foule de spectateur l'incompréhension la plus totale. Puis un ricanement – si elle n'avait aucune idée de la manière de prononcer le nom du groupe, elle pouvait voir grâce au titre le mot-clé de la recherche de la milicienne. Viens plus jamais me dire que t'es pas alcoolique. Déjà l'intro de la chanson usait les baffes environnantes, les premières paroles – inspirées, les paroles, comme Kara à ce moment – s'affichant déjà devant elles.
N'ayant aucune idée du ton et de la hauteur des notes à prononcer, Kara se retrouva bêtement à répéter « vodka » de la manière la plus insensible qui soit, alors que sa comparse s’époumonait. Après quelques rires et soupirs mécontents de la foule – loin d'être en liesse face à cette prestation inopportune – Kara se retrouva vite à se prendre au jeu et à donner un peu plus de voix, incertaine toutefois d'être dans le bon tempo. Et puis, merde, qu'est-ce qu'elle avait à perdre, de toute façon ? Sa dignité ? Elle la perdait chaque semaine, de toute façon.  
Il y eu un moment de flottement quand Ana fit les percussions en toussant au lieu de respirer, mais dans l'ensemble, au final, elle s'était plutôt bien amusée. La chanson arrivant enfin à son terme, elle se rapprocha de la malade qui l'accueillit d'une remarque acerbe. Quelle putain de réputation ? J'pense que les gens du bar ont toujours la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Comme eux, là. Elle lança un regard à leurs admirateurs d'un soir, sans doute plus admiratifs de leurs physiques que de leurs voix. Je savais pas qu'il fallait aussi faire les percussions pendant le karaoké, t'aurais dû me dire. Elle lui adressa un grand sourire. Un sourire qui voulait dire merci, au final, merci pour lui avoir changé les idées.

Pendant qu'elles libéraient la scène, un type les remplaça et une nouvelle musique ne tarda pas à emplir la salle. Leurs places au bar étant prises d'assauts par d'autres stellariens, Kara scruta les tables disponibles. Près du karaoké pour cracher sur les participants ? Au fond pour ne rien entendre ? On se pose où ? abdiqua-t-elle finalement, un sourcil levé en direction de son amie.
MessageSujet: (#) Re: The devil is in the details.     Lun 22 Jan - 18:08
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Des menaces, toujours des menaces. Anastasia ne rétorque pas toutefois, se contentant d’offrir un large sourire à sa camarade dans l’optique de lui faire un peu plus peur. Après tout, si on lui laisse le choix de la chanson, c’est pas pour que Kara soit à son avantage. Ce serait trop facile sinon. Fort heureusement pour elle toutefois, Ana n’était pas une grande fan de Patrick Stellarien, bien au contraire, aussi n’allait-elle pas mettre en avant une de ses compositions. Elle garde secret son choix pour le moment, se hissant sur la petite scène qui donnait sur l’assemblée et, jouant avec le terminal, elle sélectionne rapidement la chanson, faisant apparaître sous forme d’hologramme les paroles devant elles et dans leur dos pour les plus cinglés. Viens plus jamais me dire que t’es pas alcoolique. Elle tique un peu Ana, par principe. Elle tient toutefois trop à sa compagne pour s’offusquer véritablement aussi se contente-t-elle d’hausser les épaules en guise de réponse. Ce n’était qu’un nom de chanson et ce n’était pas vraiment de sa faute si le groupe avait opté pour celui-ci. « Y en a une qui s’appelle Tequila, si tu veux tout savoir. » Finit-elle malgré tout par signaler, avant que la chanson ne commence et que l’entièreté de sa concentration ne soit dédiée à celle-ci. Elle s’époumone Ana, tout en s’efforçant de ne pas rire en constatant que son amie était encore plus larguée qu’elle à propos de cette chanson dont elle ignorait sûrement tout. Le tempo n’est pas le bon, Kara parce qu’elle ignorait tout de ce dernier et Anastasia parce qu’elle n’avait tout simplement aucun sens du rythme quand il était question de donner de la voix. Au moins les deux jeunes femmes semblent s’amuser, au détriment des autres personnes présentes dans le bar, et c’est bien tout ce qui compte. Une fois que s’achève le morceau, la milicienne ne peut s’empêcher de tousser, de rire également, tout en cherchant à retrouver son souffle. Elle provoque un peu sa camarade également, espérant avoir bousillé un peu de sa réputation.

La réplique ne tarde pas et arrache un sourire amusé à la milicienne. « Bah t’es censée être une bonne chanteuse toi, sauf que là t’étais pas à ton avantage. Moi on s’en fout, je suis nulle peu importe la chanson. Qu’elle se moque, nullement gênée à l’idée de se dénigrer elle-même. Elle avait pas de talent en la matière, c’est un fait, inutile de pleurer à cause de ça. Elle était douée autrement, du moins en était-elle convaincue, et cela lui suffisait. Rigolant légèrement en entendant Kara parler des percussions, Ana lui donne un léger coup de coude entre les côtes en guise de vengeance. Puis la question vient. On se pose où ? Bonne question. La jeune femme remarque tout juste que leurs places au bar ont été revendiquées par d’autres, lui arrachant un léger grognement. Pas à nos places habituelles visiblement. Ils sont pas assez mignons pour que j’éprouve l’envie de m’assoir sur leurs cuisses. Ironise-t-elle avant de laisser son regard vadrouiller sur les seules autres places disponibles, lorgnant quelques sièges à mi-chemin de la scène. On pourra railler les performances sans trop les entendre quand même, là. Indique-t-elle en ponctuant sa phrase d’un signe de tête. Anastasia n’attend toutefois pas l’approbation de son amie pour commencer à descendre de la scène, ses doigts se refermant brièvement autour du poignet de Kara pour l’inciter à la suivre. Inutile de se donner encore plus en spectacle après ce qu’il venait de se passer. Ce ne fut qu’une fois installée dans un siège relativement confortable, jetant un coup d’œil au trio qui venait de débarquer sur scène, que la milicienne commença à se détendre dans un soupir. Elle s’étire lentement, demande à Charlie quelle heure il était avant de sourire en constatant qu’elles avaient clairement du temps devant elle. Suffisamment pour pouvoir se permettre de ne pas rouler sous la table tout de suite. C’est pour ça qu’Ana se permet de relever les yeux vers sa compagne installée face à elle, et de lui demander dans un sourire. Comment va la mioche ? » Elle, cette ado prise en charge par Kara. C’est ironique quand on y pense, pourtant ça a toujours plu à Ana que de savoir son amie dans cette situation, à devoir gérer ce semblant de parentalité. Comme quoi, tout était possible dans la vie.

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† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


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MessageSujet: (#) Re: The devil is in the details.     Jeu 25 Jan - 19:55
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Il y a des « oh » et des « ah », des hauts et des bas. Après avoir atteint des sommets sur la scène, du ridicule plus que du talent, les revoilà sur le plancher du commun des mortels. Une chute, une descente, l'ivresse bientôt. Au moins, elles sont à deux, à se soutenir dans cette épreuve, à se tirer mutuellement dans les pieds pour garder la tête hors de l'eau. D'ici quelques verres, il n'y aurait d'elles que des formes instables et abruties, des cris de joie et des attaches à leurs misérables vies sans gloire, tatouées sur leurs poignets.
Bousculée, physiquement et psychologiquement par Ana, Kara vacille mais ne rompt pas. Elle la laisse dire, plus occupée à chercher un port d'amarrage pour qu'elles puissent s'échouer en toute tranquillité. Quelques tables vides leur tendait les bras, mais la position stratégique située au bar n'était désormais plus une option. Dommage – forcément, elles y perdaient en réactivité de la part des serveurs, mais cela les découragerait peut-être de vider leurs crédits. Elle rit à sa remarque, elle devait reconnaître qu'Ana avait le don de faire apparaître des étincelles dans ses yeux. Ils sont peut-être assez cons pour payer nos tournées ... Son enthousiasme brillait cependant par son absence. Aucune envie pour elle ce soir, de jouer à celle qu'elle n'est pas. De se retrouver à pavaner pour un verre ou deux – ce n'était pas la raison de leur venue ici, ce soir.

Emboîtant le pas de la milicienne vers un emplacement stratégique, elle éparpille sa mauvaise humeur un peu partout, dans l'espoir de s'en débarrasser, au moins pour le reste de la soirée. Elle tâche les chaises qu'elle effleure, recouvre le sol de sa démence. Crachera bientôt ses poumons en direction du prochain pseudo-chanteur. Se laissant guider, elle s'affale finalement dans un siège qu'elle ne qualifierait pas de confortable, et ce, face à une table bien trop vite. Elle croise le regard de son amie, se demandant un instant si celle-ci allait hurler que la prochaine tournée était pour elle, avant que la réalité, un peu plus décevante, ne la rattrape. Kara dut se retenir de lâcher un soupir, qui aurait été mal vu étant donné la nature de la question qu'elle venait de lui poser. Et moi qui pensais que t'allais m'offrir un verre ! Avec un sourire amusé, elle fit glisser un doigt sur la table, faisant apparaître l'hologramme de la carte des boissons disponibles. Bien sûr, elle n'était pas très longue mais elle permettait surtout de commander directement. La même chose ? Posant un regard interrogateur sur elle, elle joua quelques instants avec la carte avant de valider leur commande.
La mioche va … bien, je suppose. Elle te dirait sans doute le contraire, et que, putain, être adulte ça craint, en fait. Elle fit rouler ses épaules, les yeux clos et un léger sourire qui animait ses lèvres. Dans ces moments-là, la gamine, ou plutôt la presque jeune femme, l'amusait. Une drôle de réflexion sur sa propre adolescence – comme se regarder à travers les éclats brisés d'un miroir. Similaire, et pourtant inexact, imparfait. Le drôle de contrat qu'elles entretenaient, elle devait l'avouer, lui apprenait énormément sur elle-même et ses propres capacités. Je crois qu'elle aime trop les cours – ou sécher les cours – pour accepter le fait que bientôt, elle aura un vrai métier, des responsabilités et que … Je ne sais pas, qu'on la perçoive différemment, je pense. Comme tout un chacun, l'étape était pourtant obligatoire, peu importait si l'on appréciait les changements ou non. La roue du temps avançait, entraînant tout le monde sur son passage, massacrant des rêves et réalisant des espoirs. Simplement, elle ne le voyait pas encore.
Un changement eu pourtant lieu sur la scène, et le fond musical changea radicalement. Une différence qui n'était pas au goût de la chercheuse, qui coula un regard dédaigneux en direction de l'origine du massacre. Mais ta gueule ! réagit-elle, pas assez fort cependant pour être entendue de l'interprète.
MessageSujet: (#) Re: The devil is in the details.     Sam 27 Jan - 12:53
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The devil is in the details.
Ana & Kara

Ils sont peut être assez cons pour payer nos tournées. L’éclat de rire suit de près cette remarque ô combien pragmatique et pertinente. Ça aurait pu valoir le coup de vérifier, dans d’autres circonstances, dans le cadre d’une autre soirée qui se prêtait peut être plus à ce genre de jeux de séduction puérils. Mais cette fois ci, ce n’est pas le moment, et ce malgré le coup d’œil qu’Anastasia jette en direction des concernés, un sourire amusé aux lèvres. Rapidement elle préfère toutefois agripper en douceur le poignet de son amie pour l’entraîner dans son sillage jusqu’à une table relativement éloignée de la scène. Elle s’y sent bien, s’étire un bref instant avant d’interroger son interlocutrice quant à la gamine dont elle avait la charge. Encore que, le termine de mioche n’était sûrement plus adapté depuis le temps mais au moins se comprenaient-elles aisément dans ce genre de cas. Anastasia ne l’avait croisé qu’à de rares occasions et avait oublié son nom très rapidement. Depuis c’était restée la mioche, ou la gosse, ou le boulet parfois, pour plaisanter. Sa question semble toutefois offusquer Kara, pour des raisons relativement futiles étant donné que cette dernière était simplement déçue de ne pas s’être vu offrir un verre. La remarque arrache un nouvel éclat de rire à Ana qui rétorque rapidement, dans un clin d’œil amusé. « Que dalle. Tu peux rien me demander ce soir, t’avais une heure de retard. » Le large sourire qu’elle arborait témoignait toutefois largement du fait qu’elle ne lui en voulait pas. Elle profitait simplement de cette possibilité pour ne pas avoir à épuiser ses crédits en une seule soirée simplement au nom de leur amitié. Finissant par hocher doucement la tête pour confirmer son choix de boisson, elle observa la table tactile par défaut, le regard perdu dans le vague jusqu’à ce que Kara daigne s’intéresser de nouveau à elle une fois la commande passée.

Enfin on répond à sa question et le sourire de la milicienne ne peut que demeurer, doux, en parfait écho à celui qui semblait étirer les lèvres de la généticienne. Evidemment, comme toute foutue ado il fallait qu’elle se plaigne et se rebelle. Tout le monde passait plus ou moins par là. La crise d’adolescence d’Ana a toutefois eu lieu des années après, plutôt à la remise des diplômes. Mais il était inutile d’en reparler, surtout avec Kara, celle là même qui l’avait suffisamment supportée durant cette sale période. Une loyauté jamais oubliée. Quoi qu’il en soit Anastasia n’ose pas évoquer le fait que de ne pas aller en cours, pour se taper des travaux d’intérêt généraux, n’avait rien d’une bonne idée. Elle s’abstient toutefois du moindre commentaire, estimant que Kara faisait au mieux avec les moyens du bord pour se faire écouter d’une jeune femme somme toute aussi capricieuse qu’elle. « Ouais… Puis après elle se plaindra de son travail, estimera que l’école c’était mieux et on pourra officiellement l’accueillir dans le monde des adultes. Ironise-t-elle dans un sourire, songeant à sa propre scolarité. Il s’agissait indéniablement de la meilleure période de sa vie. Insouciance, fierté, beaucoup d’alcool et d’amis, la sensation d’être libre, autonome et ce genre de conneries. Puis elle était tombée de haut. D’une certaine façon, ils finissaient tous par tomber de haut. Sûrement la faute à cette chienne de vie. J’ai pas souvenir d’avoir eu peur ceci dit… Ou d’avoir l’impression de grandir trop vite ou je sais pas quoi. J’avais hâte. » Inutile de préciser qu’elle avait eu beaucoup moins hâte à la fin. Ana n’a toutefois pas vraiment le temps de s’épancher sur la question, ni même de simplement méditer sur le sujet, que déjà Kara s’exclamait, la faisant sursauter au passage. Un joli ta gueule adressé à l’interprète du moment.

Elles furent toutefois toutes les deux interrompues par l’arrivée d’un serveur et, surtout, de leurs boissons. Remerciant brièvement ce dernier, Ana s’empara de son nouveau verre dont elle ne but qu’une petite gorgée cette fois, n’oubliant pas qu’elle avait déjà de nombreux shot à son actif. Après avoir reposé l’objet sur la table, Ana ne put que froncer les sourcils en songeant à ce qui la turlupinait soudainement. « Pourquoi cette humeur de chien, d’ailleurs ? » Qu’elle demande simplement en relevant les yeux vers sa camarade. Certes Kara était un condensé de vulgarité et de colère également, toutefois il était facile de différencier son tempérament naturel d’une véritable agressivité quand on finissait par la connaître. Et cela couplé à son retard fait que la milicienne commence tout naturellement à s’interroger.  

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† Tu sais, ce soir j'ai lu dans mon corps relâché le manuel torturé de cette danse exaltée. J'ai même glissé ma langue dans des bouches saliveuses, dans de tout petits angles où l'on voit qu'les muqueuses. Puis là je suis rentré bel et bien les mains nues, avec cet air déjà vu et l'envie de surplus.


Rosa, love of my life:
 
MessageSujet: (#) Re: The devil is in the details.     Dim 28 Jan - 21:32
The devil is in the details.


Son retard, énervée. La marche, forcée. Le type, à l'entrée. Les shots, consommés. La chanson, désastreuse.
Kara avait enduré tout cela pour finir dans ce siège pourri ? Elle se tournait et se retournait, incapable de trouver une position confortable. Les mots d'Anastasia tournaient encore et encore, en rond sous son crâne tempête, alors qu'elle essayait de garder, difficilement, la tête droite. Elle savait qu'elle était en retard, et elle savait que ce n'était pas quelque chose qu'on garderait contre elle. Mais tout de même – c'était un désagrément qui aurait pu être évité.
Tout comme elle évitait de continuer cette conversation, en se focalisant à la place sur le rudimentaire menu. Elle valida les commandes en quelques mouvements, avant de reprendre le sujet inoffensif qui l'intéressait ; à savoir sa pupille. A l'instar de bon nombre d'adolescent, elle avait ses phases, ses crises selon certains, ses révélations diraient d'autres. Quand les murs de l'enfance devenaient soudain trop petits pour nous enfermer, quand on réussissait enfin à voir au-delà, au-dessus de cette réalité claustrophobe. Chacun réagissait différemment, mais tous réagissaient. Tandis que Kara faisait de son mieux pour rester hors de son chemin – tout en étant là pour la guider. Un jeu, une danse bien complexe qui amenait à des désarrois convexes. Elle n'était pas à sa place, elle ne pouvait qu'interpréter ce que l'adolescente laissait entrevoir. Anastasia devrait comprendre ce sentiment. Elle l'espérait, en tous cas. Il était si simple de généraliser, de falsifier. Rien ne pourrait réellement rendre justice à l'adolescente.

Kara s'autorise un sourire en réponse à sa comparse. Le monde des adultes – quel grand mot. Merdique, c'était plus court. Se plaindre, leur passe-temps préféré. Elle le démontra d'ailleurs quelques secondes à peine plus tard, quand un type fraîchement monté sur scène commença à leur casser les tympans. L'insulte fusa avant même qu'elle eut le temps d'y penser. Elle devrait apprendre à contrôler sa langue … mais c'était tellement plus drôle quand elle ne le faisait pas.
J'espère qu'elle ne sera pas adulte trop vite … L'enfance a du bon. Ce que Kara ne disait pas, c'était qu'au fond, elle aimait la présence de l'adolescente. Elle aimait rentrer chez elle et voir son visage, elle aimait rentrer chez elle et voir quelqu'un. Elle n'était pas prête à la voir grandir, pour partir et prendre son indépendance. Ce n'était pas sa fille biologiquement parlant, mais pour le reste … elle l'était quand même un peu. Cette idée sinueuse, cette pensée maudite, qui l'amenait à croire que quand Leeloo ne serait plus là,
il n'y aurait
plus
personne.

Le serveur choisit ce moment pour arriver entre elles, et déposer leurs verres sur la table. Pas de shot, mais quelque chose qu'elles pourraient boire un peu plus en longueur. Elle avait à peine trempé ses lèvres dans la boisson, qu'elle faillit s'étrangler avec le contenu, sous la question de la brune … rousse … rah, elle n'avait jamais vraiment discerné la couleur de cheveux qu'arborait Anastasia de toute façon, qui étaient d'une couleur quand elle était de bonne humeur, de l'autre quand Uranus, la Terre et la voie lactée étaient miraculeusement alignés, et il y avait une bonne chance pour qu'ils changent de couleur en fonction de son taux d'alcoolémie. Ce qui importait, c'était que sa question avait touché le point sensible ; ce qui signifiait que l'énervement de Kara devait avoir suffisamment descendu pour qu'elle s'y ose.
Tu fais chier ... … Mais Kara n'avait d'autre choix que de répondre. Et puis, au fond, elle n'était pas vraiment en tort, dans cette histoire. C'était plutôt même l'inverse. … parce que je sais que tu vas vouloir tous les détails. Accroche-toi à ton verre. Par où commencer ? Putain.
17:28. Deux minutes avant de pouvoir partir du boulot. L'heure du crime dans le laboratoire. Est-ce qu'elle avait toute son attention ? Imagine la scène. Deux rangées complètes d'échantillons qui recouvrent le sol, un microscope, recouverts d'un acide du plus bel effet, en bref, notre travail depuis un mois et toute chance de prime avec. On pouvait déjà entendre l'hymne à notre enterrement. On ? Moi, le jeune stagiaire, et mon crétin de supérieur. La suite était plutôt simple à imaginer. Néanmoins, cela ne suffirait pas à son auditoire. Aussi reprit-elle le fil de son histoire. Bien sûr, je te laisse imaginer la personne innocente dans cette histoire - Kara elle-même, donc - et celle qui a dû tout nettoyer. Sans grande surprise, Kara, toujours.

Donc, le stagiaire transportant un microscope, rencontre le chef bougon, fait tomber son microscope, le chef recule, glisse, se pète la gueule contre les armoires, et, à deux minutes de débaucher, on se retrouve avec un tas de merde à n'en plus finir. Elle lui offrit une expression de consternante et blasée, puisque cela ne s'arrêtait pas là. J'ai à peine eu le temps de sortir trois sacredieu que l'chef nous obligea à fermer nos gueules et à nettoyer, je cite, « parce que personne ne doit savoir que ces échantillons sont perdus ! » Mec, t'es le putain d'idiot qui nous a foutu dans la merde !? Et la voilà qui reprenait allègrement ses trois kilos de tension et de colère. Elle agitait ses doigts pour mimer les guillemets. Donc il est 17:30, le stagiaire ne peut pas rester plus longtemps, donc il rentre chez lui, le chef doit passer « quelques coups de téléphone » pour « régler tout ça » et qui se retrouve à nettoyer tout ce merdier ? Elle répond à sa question rhétorique par une grande rasade d'alcool. Ses yeux exprimaient toutes les insultes qu'elle avait dû intérioriser.
MessageSujet: (#) Re: The devil is in the details.     Mar 30 Jan - 18:00
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Ana & Kara

L’enfance a du bon. Elle peut qu’approuver Ana, hochant doucement la tête et levant brièvement son verre comme pour rendre hommage à cette remarque ô combien véridique. C’était plus simple à l’époque et même si la jeune femme appréciait son indépendance et certains plaisirs propres à la vie d’adulte, elle ne pouvait s’empêcher de songer à sa propre enfance avec une certaine nostalgie. Tout était mieux durant ce temps-là. Elle avait été invincible, drôle, nullement souillée par les remarques des autres ou brisée par la vie. Pas le temps de haïr quiconque, encore moins son frère y compris lorsqu’il le méritait pourtant. Elle n’avait eu qu’à profiter, de Lupine puis de la Flotte une fois arrivée, se faisant aisément une place au milieu de tout ce bordel, pas inquiète pour un sou. Quand elle y pense la milicienne, elle se dit que grandir ne lui a pas vraiment réussi, à aucun niveau, si l’on mettait de côté les belles rencontres qu’elle avait pu faire durant sa scolarité bien sûr, à commencer par Kara. Elle se dit aussi qu’elle aimerait bien une gamine justement, une gamine peut être un peu comme elle, qu’elle pourrait protéger, comme une louve avec ses petits, avec sa meute. L’envie d’offrir à quelqu’un les chances et les occasions qu’elle n’a pas eues ou qu’elle a manquées. Quelque chose dans ce goût là. Mais pour ça faudrait-il encore un père, à vite se trouver pour pas devenir trop vieille. On lui a expliqué qu’à une époque les femmes enfantaient terriblement jeunes, n’ayant pas à se soucier d’une carrière quelconque et n’étant utilisées que pour la vie de famille. C’était plus comme ça aujourd’hui, pourtant une voix lui souffle qu’il fallait voir à pas trop déconner, à pas tenter le diable en laissant le temps lui filer entre les doigts. Une autre voix lui souffle ensuite que c’était plus facile ainsi, solution de facilité que de laisser le temps décider pour elle. Ça aussi, ça a changé. Ana prenait des décisions, jeune. Elle ose plus en prendre aujourd’hui. Plus vraiment.

Les deux jeunes femmes changent finalement de sujet, sous l’impulsion de la milicienne qui interrogeait déjà la généticienne, cherchant une excuse à cette humeur merdique qui la consumait encore. Trop agressive, trop touchée par des choses insignifiantes, incapable de se focaliser sur elle et sur leur soirée qui aurait dû être un moment agréable à passer ensemble. L’ensemble de ces signes incitent la jeune femme à la questionner, sans trop hésiter. Après tout elles n’en étaient plus là. Kara était l’une des rare à pouvoir évoquer les sujets qui dérangeaient Ana sans se faire sauter à la gorge et l’inverse était tout aussi vrai. C’était ça, des amis. Tu pouvais parler des choses qui fâchent sans que cela ne change grand-chose au fond. Un moyen de parler, d’extérioriser et Anastasia avait fini par comprendre avec le temps à quel point c’était important pour elle. Cela l’était sûrement pour Kara aussi. Et c’est pour ça qu’elle s’offusque pas de l’entendre lui dire qu’elle faisait chier, bien au contraire étant donné que l’esquisse d’un sourire orne de nouveau ses lèvres, un sourire mi amusé mi navré. Mais elle ne revient pas sur sa question pour autant. S’installant confortablement dans son fauteuil, calant sa main et le verre qui se trouvait dedans contre elle comme on l’y incitait, la jeune femme croise les jambes et continue de fixer son amie dans l’attente du discours et des explications qui allaient suivre. Le sourire s’étire légèrement lorsque l’histoire commence, le ton faussement dramatique emprunté par la jeune femme ne pouvant que l’amuser. Elle ne dit rien toutefois, prête à écouter jusqu’au bout et sachant pertinemment que son amie n’apprécierait pas d’être coupée. Inutile d’être voyante pour comprendre rapidement où celle-ci voulait en venir, un bouffon de supérieur, un stagiaire visiblement pas encore suffisamment talentueux pour prétendre à un poste fixe après ses études, et une Kara devant se bouffer une injustice dégueulasse. L’injustice, c’était peut être pas le pire ceci dit.

Ana attend la chute, puis attend que son interlocutrice se soulage avec une grande lampée d’alcool, pour reprendre la parole en secouant la tête d’un air navré. « Putain, le stagiaire qui rentre chez lui alors qu’il a merdé. Si j’avais dû m’occuper de ce merdeux il aurait goûté aux joies des heures supplémentaires j’te le dis. Elle grince des dents, toujours horriblement agacée à l’idée qu’on puisse ne pas chercher à pousser les étudiants dans leurs retranchements. C’était plus des gosses à cet âge là, et ils étaient sur le point de se faire embaucher définitivement aussi trouvait-elle ridicule qu’on puisse encore les autoriser à rentrer pile à l’heure convenue, surtout lorsqu’ils étaient coupables d’un gâchis monstrueux. J’dirais ça à la prochaine personne dans la merde que j’croiserai durant mon service tiens. ‘Navrée j’ai fini mes heures, fallait te faire agresser plus tôt’ L’ironie suinte salement de ses propos et elle noie cette dernière en s’octroyant à son tour une gorgée d’alcool. Muette pendant encore quelques secondes, la milicienne songe à ce travail gâché, quelque chose qui devait sûrement tenir à cœur à Kara, sans parler de la prime qui allait visiblement avec. Mais tu pourrais, devenir le big boss ? Fin je sais pas trop comment ça marche dans le milieu pour que justement tu n’aies plus à te taper un supérieur de merde. En vrai j’croyais que tu bossais presque plus ou moins seule. Dans la tête de la jeune femme, généticienne c’était un peu comme tous les chercheurs. Ils sont tous plongés dans leurs propres recherches, ayant parfois à remettre des dossiers ou des rapports à des gens prétendument meilleurs qu’eux. Mais le travail d’équipe ou la notion de hiérarchie lui avait toujours semblée surfaite dans ces domaines. Faut croire qu’elle se plantait largement. Et il finit quand son stage à l’autre ? » Histoire de se rassurer tiens.

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