Baby you turned me on, now don't turn on me ¬ Elie
MessageSujet: (#) Baby you turned me on, now don't turn on me ¬ Elie     Mer 5 Déc - 15:53
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Âge : 44 ans
Occupation : Concepteur de modules spatiaux
Habitation : Columbiad
Arrivée : 2200
Pseudo : Biss
Avatar : Jemaine Clement
Crédits : Bright Star
Ulysse ouvrit et ferma successivement trois nouvelles pages avant de lâcher prise et d’envoyer son stylo atterrir sur un petit monticule de fatras hétérogène. Être bloqué faisait partie des rares choses qu’il détestait vraiment, et là, impossible de nier qu’il était bel et bien bloqué. Une demi-heure à refaire en vain la même esquisse, sans en être satisfait, sans même y trouver une base, sans même comprendre ce qui n’allait pas. Son cerveau tournait en rond et aucune de ses techniques de concentration n’avaient fonctionné. Ni la pause yo-yo. Ni la pause Starchat. Ni la pause distributeur. Ni les exercices de respiration qu’un idéaliste avait un jour essayé de lui apprendre.

Rien.

Dès qu’il essayait de s’y remettre, seul un gargouillis de pensées réussissait à se faire entendre dans le bazar géant de son cerveau.

Il était coincé.

Ce qu’Ulysse pouvait détester cette impression ! Un profond soupir résonna et il se passa une main sur le visage. Une vraie pause. Voilà ce dont il avait besoin. Pas cinq ou dix minutes. Quelque chose de suffisamment long pour le couper de ce qu’il faisait. Qu’il puisse y revenir plus tard, l’esprit calme et détaché.

Fort de ce brillant plan d’attaque qui le dédouanait d’abandonner son poste sans raison, Ulysse se leva, s’étira, et laissa derrière lui l’air sur-utilisé de l’atelier pour aller se balader sans but précis. Il pensait aux jardins de l’Hélios, ou de l’effervescence du Colossus mais seuls ses pieds avaient le pouvoir de choisir. Sans rien programmer, le brun se retrouva à errer dans les couloirs proprets du Tiangtang, pas très loin du bar où travaillait Elie. C’était l’occasion de la voir, surtout qu’avec l’annonce de l’amirale, il avait été plus pris que d’habitude, délaissant un peu la rousse qui venait de perdre son mari dans l’affaire du Jeanne d’Arc. Ulysse vérifia à travers la devanture que son amie était là avant de pousser la porte et de se diriger vers la silhouette bien connue.

— Nǐ hǎo, Elie !

Le premier tabouret venu lui suffit pour s’y affaler de tout son poids et s’accouder au bar, non sans sourire à la charmante barmaid qui se trouvait de l’autre côté. Avec le travail supplémentaire que demandait la mission pour Qiang, le concepteur avait presque l’impression d’être resté cloitré dans son atelier pendant des mois sans en sortir une seule fois pour manger ou ne serait-ce qu’aérer. Il avait presque oublié pour la minerve qui protégeait le cou de la rousse alors que, pourtant, il avait bien passé une heure la dernière fois à jouer les déménageurs dès que l’occasion se présentait pour l’aider. La seule raison pour laquelle il s’en souvenait, c’est qu’il lui avait fallu vingt minutes le lendemain matin pour se lever, tant il avait mal au dos.

— Ils t’la retirent quand la minerve ?

Demanda-t-il avec un mouvement du menton vers l’objet en question. Pas de réponse. Pas un regard même. La rousse semblait être plongée dans son monde, le regard fixé sur un point entre deux univers, déconnectée de celui-ci. La pauvre avait enchaîné les coups durs ces derniers temps. Assez pour avoir la tête ailleurs de temps à autre.

— Elie ?

Dubitatif, il se redressa pour s’accouder au bar et secouer sa main dans le champ de vision de la jeune femme. Pendant quelques instants, il avait hésité à lui offrir un rapatriement express sur la terre ferme avant de se décider. Vivre dans le passé ou dans ses pensées n’était pas forcément bon pour le moral. Sans compter qu’il était là, lui, pour la distraire, autant qu’elle en profite.

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