Six years later / Emmerich
MessageSujet: (#) Six years later / Emmerich     Sam 3 Nov - 22:42
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Cela faisait trois jours que David n’arrivait pas à trouver le sommeil. Chaque fois qu’il s’allongeait dans son lit dans l’espoir que le temps passe plus vite, il regardait la date tant attendu et redouté affichée sur son terminal. Il allait revoir son père. Dès lors qu’il y pensait, le temps se figeait. C’était une torture que de jongler entre impatience insoutenable et doute constant. Et plus la fatigue s’accumulait, moins les émotions de David n’avaient de sens. Heureusement pour lui, sa récente cohabitation avec Damian lui avait permis de se changer les idées. Le byblien avait plus d’un tour dans son sac pour se faire et de l’énergie à revendre pour deux. Il espérait réellement pouvoir lui rendre la pareil un jour. A défaut, le remercie comme il se doit d’avoir été le soutien nécessaire.

Damian ne pouvait néanmoins pas être partout. Et lorsque vint le jour J, David fut victime de terrible maux de ventre. Même les examens finaux de l’Académie ne lui avaient pas causé autant de stresse. On lui avait refusé sa journée (ce qui l’avait mis dans une rare colère), aussi il se devait d’affronter une dernière journée de travail insupportable. Son manque de concentration et de sommeil perdu depuis quelques jours eut raison de son efficacité sur le terrain. La moitié de son service passé, il avait succombé à la tentation et regardait désormais son terminal toutes les cinq minutes dans l’attente d’un message d’Evelyn. Une bonne heure avant la fin de sa journée, il eut raison des nerfs du Sergent Donovan, et c’est en soupirant qu’elle le laissa filer plus tôt que les autres après des explications.

De retour à la brigade, dans les vestiaires, la terrible question se posa à lui : le retourner avec ou sans uniforme. Il se repassait mentalement la réaction violente de Lanzo lorsque ce dernier avait appris son changement de parcours. David n’imaginait pas son père avoir les mêmes mots mais sûrement qu’il aurait la même déception. Là était sa plus grosse crainte lors de ces retrouvailles à venir. Assis sur le banc vide, incapable de prendre une décision, son terminal tinte joyeusement. Le message tant attendu est arrivé.

***


David s’était approché deux fois de la porte avant de se rabattre. La troisième fois fut la bonne lorsqu’il sentit le regard interrogateur d’un scientifique de passage. Il avait fait son choix et s’était présenté à la porte de son père dans sa tenue de civil. Celle-ci glissa dans une feinte et il apparut enfin devant lui. « J'espérais te ressembler un peu plus maintenant mais c’est toujours loupé. » Il eut un sourire maladroit alors qu’il faisait référence à toutes les fois où, petit, il se plaignait de ne pas lui ressembler physiquement. Terrible introduction, pensait-il aussitôt. Il se mordait les lèvres, honteux. Il aurait simplement dû foncer dans ses bras. « Salut papa. » Finit-il par se rattraper.



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MessageSujet: (#) Re: Six years later / Emmerich     Dim 4 Nov - 23:24
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Evelyn avait laissé beaucoup à penser à Emmerich, en le laissant seul. Sa nouvelle cabine lui apparaissait bien vide et extrêmement silencieuse, mais pour tout un tas de raisons, il pouvait apprécier ça à sa juste valeur. Sans attendre plus longtemps, il fit le tour des placards, voyant ce qu’on lui avait donné, trouvant un uniforme auquel il ne toucha pas, ainsi que quelques sous-vêtements de rechange. Pas d’autres vêtements de civils que ce qu’il avait sur le dos, mais ils devaient considérer qu’il n’avait pas besoin de plus. Un pyjama était également présent. La mentalité du gouvernement n’avait donc pas évolué tant que ça, finalement. Toujours cette austérité omniprésente et la platitude du vaisseau.

Cependant, ça n’était pas aujourd’hui qu’il s’en plaindrait. Aujourd’hui, cette austérité, cette platitude et même le faible nombre de chaussettes et caleçons qui lui avait été attribué avaient des airs de grand luxe et il s’était rarement senti aussi bien qu’en ce moment même. Sa destination suivante fut la salle de bain et il ne pu s’empêcher de pousser un grognement de plaisir en apercevant la douche avec le nécessaire à toilette qui allait avec. Le grand luxe, vraiment. Sans plus hésiter, il se débarrassa de ses vêtements, prendre sa première douche d’homme libre étant définitivement une priorité qu’il ne souhaitait pas repousser plus longtemps, comme s’il pouvait ainsi laver les six ans passés dans la sueur et l’environnement vicié du vaisseau prison.

Il resta sous l’eau aussi longtemps qu’on le lui permis, c’est à dire jusqu’à ce qu’on lui indique qu’il avait épuisé sa réserve d’eau allouée pour la journée et il sortit pour se sécher avec une serviette qui lui semblait plus douce encore que dans ses souvenirs. Puis, cela étant fait, il enfila des sous-vêtements propres, remis une partie de ses habits de civil, puis il alla s’asseoir sur son lit, complètement désœuvré. Il savait ce qu’il voulait faire, mais il savait qu’il ne pouvait pas accélérer le temps dans ce but. Il ne voulait pas sortir. Il ne voulait pas voir ses parents. Il ne voulait que son fils et il savait que c’était son fils qui viendrait à lui, que s’il essayait de sortir le trouver, il ne ferait le rater et retarder le moment où il le verrait.

Beaucoup de doutes l’assaillaient quant à leurs retrouvailles. Il ne doutait pas être plus que ravi de le revoir, mais il craignait sa réaction, malgré les paroles rassurantes qu’Evelyn avait daigné lui adresser. David avait autant envie de le revoir que lui. Mais comment verrait-il son père en sachant que celui-ci avait passé tant de temps à l’ombre ? Emmerich n’avait jamais cherché autre chose que le bonheur de David, essayé de le rendre fier et le garder en dehors du danger auquel il s’exposait en luttant à sa façon contre l’ordre en place.  Lui en voudrait-il d’avoir prit tant de risques ? D’avoir poussé ses convictions au point de les éloigner ainsi pendant tant de temps ? Lui reprocherait-il de l’avoir abandonné malgré son envie de le revoir ?

Ces questions tournaient, tournaient, tournaient dans sa tête, sans cesse, sans pause, mélangées à d’autres de même nature, le frappant aussi régulièrement que les foutues machine du Lady Grace qui semblaient encore lui scier le crâne à présent qu’il n’avait rien d’autre à faire qu’attendre et penser. Il en deviendrait fou. Il finit par chercher à s’occuper avec l’aide de Charlie, lui demandant les archives des dernières années de journalisme de la flotte, tâchant de compléter les quelques informations que lui avait déjà donné sa femme lorsqu’il lui avait posé des questions. Ce travail de lecture fut presque suffisant pour le distraire, aussi il le compléta en demandant à Charlie de prendre des notes sur ce qu’il lui dictait afin de synthétiser lui-même les informations. C’était une occupation longue et laborieuse, mais intéressante et c’est au bout d’un temps que Emmerich ne saurait déterminer que Charlie lui annonça enfin que quelqu’un l’attendait à la porte.

Retirant ses lunettes d’une main tremblante, Emmerich les posa sur la table et se précipita vers la porte, le cœur battant. Il savait qui se trouvait derrière. Il n’avait pas besoin de Charlie pour le lui confirmer, mais il le lui confirma quand même. Il ouvrit la porte et découvrit un beau jeune homme, visiblement en pleine santé, qui avait prit autant de sa mère que de son père physiquement mais qui avait décidément dans le regard une gentillesse et une humilité qui n’appartenaient qu’à lui. Il ne réussit pas à prononcer une seule parole. Il ne réussit pas à bouger un seul muscle alors qu’il se tenait devant l’homme qu’était devenu son fils. Un homme, oui. Six ans suffisaient à produire ce genre de transformation. La joie qu’il ressentit immédiatement, la fierté, fut bien trop forte, bien trop intense pour que le moindre sourire ose se manifester sur ses traits, pour que même des larmes de bonheur n’aient le courage de dévaler ses joues. Il restait donc ainsi de marbre devant son fils qui lui parlait pour la première fois en six ans, qui lui souriait pour la première fois en six ans et pour finir, qui l’appelait Papa pour la première fois en six ans.

Il n’eut pas besoin de sourire, pas besoin de pleurer pour que la seule chose qui lui tenait vraiment à cœur pour le moment ne se produise. Son bras droit se détendit pour se poser sur l’épaule de David qu’il pressa avec force, cherchant à résister un instant de plus pour l’observer, le détailler ne serait-ce que quelques secondes encore avant de finalement craquer et de l’attirer fermement à lui pour le serrer de ses deux bras contre lui, encore incapable de prononcer une seule parole. Il y avait des émotions trop intenses pour pouvoir poser des mots dessus. Celle de retrouver son fils en était définitivement une. Comme si ce contact prolongé avait alors raison de ce roc de sentiments qu’il était devenu, Emmerich sentit qu’il se mettait à pleurer, de joie, de tristesse aussi de se rendre compte plus intensément que jamais qu’il avait tant loupé de sa vie à présent qu’il l’avait contre lui.

Il finit par se détacher de David à regret, attrapant son visage à deux mains pour mieux l’observer à nouveau, souriant enfin à travers ses larmes alors qu’il scrutait une nouvelle fois son fils. Il avait changé oui, il avait grandi, mais Emmerich ne regrettait en rien que ne lui soit pas plus semblable physiquement. David était son seul enfant. Il était sa fierté. Sa plus belle œuvre. Il était parfait.

-David, articula-t-il difficilement. Mon fils. Tu ne peux pas savoir à quel point j’ai rêvé de ce moment. Viens, entre.

Il le lâcha enfin pour le laisser passer, s’écartant de lui avant de demander à Charlie de fermer la porte. Il savait qu’il ne voudrait pas rester enfermé ici trop longtemps, mais il avait également tant de choses à demander à David, tant de choses à apprendre de lui, qu’il préférait encore partager ces moments uniquement avec lui, pour l’instant. Il s’essuya les yeux d’un revers de la main et lui désigna la seule chaise disponible dans sa cabine au cas où il souhaitait s’asseoir, ayant pour sa part du mal à le quitter des yeux.

-Tu as tellement changé, j’arrive pas à le croire, murmura-t-il. T’es devenu costaud !

Il avait quitté un adolescent, il avait eu le temps de s’étoffer en devenant le jeune adulte qu’il était. Il n’était pas au fait de son métier, mais Evelyn avait parlé de quart de travail, ce qui lui laissait plus ou moins présager la suite.

-J’ai tellement de questions à te poser, je ne saurais pas par où commencer, poursuivit-il avant de s’asseoir sur son lit. Est-ce que tu es heureux ?

C’était la question qui lui semblait la plus importante pour le moment. Savoir que son fils était heureux dans sa vie, qu’il n’avait manqué de rien à part d’un père et, dans une moindre mesure, d’une mère, puisque celle-ci s’était trouvée plus présente qu’il ne l’aurait pensé.

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