« J'avais la situation sous contrôle [Joel]
MessageSujet: (#) « J'avais la situation sous contrôle [Joel]     Dim 21 Oct - 22:31
Anastasia Donovan
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J'avais la situation sous contrôle.
Ana & Joel

Rien n’est jamais simple dans la vie, t’avais fini par le comprendre, y a plusieurs mois de cela déjà. T’as les embûches en horreur, n’ayant jamais été du genre à savoir rebondir suite à un échec, contrairement à certaines personnes. Mais c’est pire encore quand cela concerne ton travail ou tes collègues. C’est sûrement pour cela d’ailleurs que tu prends ton travail au sérieux, c’est pour cela que tu réfléchis et que tu mets tout en œuvre pour que chaque opération (même la plus minime) se passe dans les meilleures conditions possibles. Cette fois ci encore, t’y avais réfléchis à deux fois avant de donner tes directives, répartissant tes hommes afin d’occuper l’espace qui entourait la cachette du contrebandier que vous cherchiez à appréhender. Un trafic d’armes, le genre de délits que tu ne laissais certainement pas passer. L’enquête qui avait été menée en ce sens a toutefois rendu le trafiquant méfiant et celui-ci avait fini par comprendre que l’on viendrait bientôt le chercher, le poussant de ce fait à se retrancher quelque part. Outre le temps qu’il vous avait fallu pour le localiser, tu craignais désormais que l’individu profite du marché lucratif qu’il avait tenu jusqu’alors pour s’équiper convenablement et blesser, voire tuer, les miliciens qui interviendraient. Tu sens la pression sur tes épaules, celle qui repose sur tout gradé en charge d’une équipe à un moment crucial. Une pression dont tu te passerais bien à vrai dire, ironisant à chaque fois sur le fait que c’était formidable de décider (plus ou moins) de la façon dont t’allais gérer ta journée et celle de tes collègues, jusqu’au moment où des vies étaient peut-être en jeu. Tu craignais pas pour ta propre santé (ou alors suffisamment pour demeurer prudente) mais bien pour celle des hommes à qui tu imposais tes choix. Balayant le souvenir encore vivace que t’avaient laissés les événements du Jeanne d’Arc, tu te contentais de continuer d’avancer à couvert, ton blaster dégainé, en direction de votre cible.

« Merde, il est en train de filer, par l’arrière du bâtiment ! Les propos émanent de ton terminal de la part d’un des miliciens qui t’accompagnait ce jour là. Des paroles qui avaient suivi des coups que tu avais perçus non sans angoisse. Pas des tirs, ce qui avait eu le mérite de t’apaiser inconsciemment, mais des bruits témoignant d’une lutte tant et si bien que tu abandonnes toute idée de discrétion pour t’élancer vers l’avant, étant la plus proche de la sortie en question. Tu découvres alors l’homme censé couvrir cette issue coincé sous un tas de fer que tu ne parviens pas à analyser vraiment. Un coup d’œil plus loin suffit à témoigner de l’infime hésitation qui te saisit puis le geste que tu entames pour ranger ton blaster (et ainsi venir en aide à ton collègue) tend à prouver que tu as fait ton choix. Une décision rapidement contredit par l’homme à tes pieds. Ça va, fonce ! » Tu cherches pas à savoir s’il te mentait ou non (t’espérais bien que non, car mentir quant à la gravité de blessures était une grave erreur à tes yeux) et tu t’élances à la suite du contrebandier. Il connaît bien les lieux, assurément. Mais tu les connais encore mieux. T’as passé trop de temps sur ce vaisseau et t’as déjà galopé après des petits cons bien trop souvent pour ne pas connaître quelques raccourcis, sans parler de la logique criminelle qui les poussait bien plus souvent qu’ils ne le croyaient à prendre les mêmes décisions. Alors malgré l’avance qu’il avait sur toi, tu parviens à rattraper ton retard, n’hésitant pas à beugler sur les passants qui pouvaient potentiellement freiner ta course et prenant un certain plaisir (inconscient) à te prêter à quelques acrobaties pour grappiller quelques secondes. Toutefois, alors que tu espérais parvenir à rattraper ta cible, ce fut au détour d’une allée que tu découvres celle ci aux côtés de Joel. Une vision qui te cloue sur place. Il te faut une seconde le temps de comprendre que l’un des deux hommes avait probablement heurté l’autre, avant de te ressaisir, braquant ton arme sur le contrebandier. « Vous êtes en état d’arrestation. » Ce ne sera qu’en t’approchant dans l’optique de passer les menottes à l’homme (visiblement non armé) que tu prends conscience du fait que ton mentor (car tu le considérais toujours comme tel bien que cela faisait des années que tu n’étais plus la gamine prise sous son aile) avait joué un rôle plus conséquent que tu ne l’avais cru de prime.

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MessageSujet: (#) Re: « J'avais la situation sous contrôle [Joel]     Mar 23 Oct - 22:38
Joel Morales
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Joel n’était pas du genre paternel; ou du moins, c’était ce qu’il s’entêtait à faire croire, laconique et bourru, feignant une impatience et une irritabilité qui avait généralement pour résultat de garder les recrues loin de lui. Or, il n’avait pas toujours été comme ça, montrant à l’occasion quelque favoritisme entièrement subjectif sous la forme de conseils avisés et de mentorat officieux. Il avait un talent certain pour la pédagogie qu’il avait mis au service de quelques miliciens au cours de sa carrière, mais aucun ne s’était autant démarqué qu’Anastasia Donovan. Pas parce qu’elle était du genre dépourvue de tout reproche, au contraire – comme les autres, elle était loin d’être parfaite, mais elle avait été la seule à questionner, à mettre en doute la sagesse que Joel lui avait gracieusement insufflée et ça avait rendu l’expérience d’autant plus intéressante. Néanmoins, les oisillons finissent toujours par se jeter en bas du nid et dans la gueule du loup, et s’il avait gardé un œil sur les accomplissements de sa protégée, il ne s’était plus mêlé de ses affaires. C’était contreproductif, et Ana (diminutif qu’il préférait, et de loin, car il s’agissait du prénom de sa propre mère) avait besoin de faire son propre chemin. Elle n’avait pas eu besoin de lui pour acquérir le titre de sergent et les responsabilités qui allaient avec.

C’était son implication dans l’un des dossiers gérés par Anastasia qui lui avait donné envie de savoir comment elle s’en sortait, tant d’années plus tard, sur le terrain. Ayant coaché une recrue dans l’art de l’interrogatoire, des informations qui avaient mené à la mise en place d’une opération pour arrêter une étoile montante du trafic d’armes, Joel avait décidé d’aller jeter un coup d’œil discret à la mission, syntonisant sur son oreillette de service la fréquence utilisée par la brigade de Donovan pour mener leurs affaires. Il n’y avait pas à dire, elle se débrouillait bien – il ne la voyait pas, peu désireux de se montrer un grain de sable dans l’engrenage de son opération, mais il pouvait entendre ses conseils et ses directives, approuvant silencieusement de chacune d’entre elles. Les coups avaient eu le mérite de lui faire tendre l’oreille, le mettant sur ses gardes. Ça va, fonce! Elle s’était arrêtée. Il hoche la tête en silence, désapprobateur, aussitôt tiré de ses pensées par des exclamations venant de la foule non loin de là. Le pas vif, il se dirige vers la source des bruits, l’instinct de milicien reprenant le dessus, décrochant son oreillette pour mieux entendre. Les bruits de course se transforment en tintamarre et il sait qu’il le tient en tenaille, Ana sûrement sur ses talons.

Le vaurien a le malheur de tourner dans la direction de Joel, qui accueille chaleureusement sa poire sur son poing fermé, le faisant lâcher son blaster de contrebande aux pieds du barbu. Anastasia ne tarde pas à faire son apparition, visiblement surprise par la tournure des événements; Joel pose son pied sur l’arme échappée, poussant doucement le fugitif qui titube vers la sergente, les mains sur le visage. « Félicitations, sergent, beau travail », qu’il lâche avec fierté alors qu’elle s’approche, passant les menottes à sa prise du jour. « C’est comme s’ils couraient de plus en plus vite, ma foi. » Il badine, lâche un petit rire bonhomme, un peu rauque, alors qu’il détaille les mouvements de sa protégée, frottant momentanément son menton par-dessus sa barbe. Il marque un instant de silence, pensif. « T’auras pas dû t’arrêter, Ana. » Il ne connaissait pas les détails de la situation qui avait porté la sergente à faire une halte, mais il se sent obligé de lui remettre un peu de bon sens entre les deux oreilles. « Tu sais que les secouristes sont jamais loin. Y’a pas de raison de faire leur boulot, c’est pour ça qu’ils ont un opérateur connecté à nos lignes », renchérit-il, moralisateur sans réellement vouloir l’être.




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MessageSujet: (#) Re: « J'avais la situation sous contrôle [Joel]     Mer 24 Oct - 15:07
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Evidemment que l’homme avait été désarmé. On ne tombait pas sur l’inspecteur pour rien et ce dernier n’aurait jamais laissé filer une personne équipée d’un blaster : il faisait son travail même sans être en service. Sur le moment toutefois, ça dérange Anastasia, cette dernière agacée par l’idée de ne pas avoir été celle qui attrapait le criminel. Elle avait beau lui passer les menottes en cet instant précis, relativement brutale et sèche dans ses gestes (signe tant de son agacement que du peu de compassion qu’elle pouvait éprouver pour sa victime au nez ensanglanté), cela ne changeait rien au fait qu’elle n’avait pas eu le privilège de lui mettre véritablement la main dessus. C’est sans nul doute pour cela qu’elle grogne légèrement, récupérant l’arme du contrebandier au passage depuis sous le pied de l’inspecteur, lorsque Joel se permet de la féliciter comme si elle venait de faire la prise du siècle. Elle ne doutait pas du fait qu’elle aurait fini par rattraper ce petit con, mais en l’absence de véritable exploit de sa part, elle supportait difficilement les compliments (abusifs) de son interlocuteur. « Ah ça, faut pas être trop vieux pour ce genre de tâches. » Qu’elle ironise en jetant finalement un coup d’œil à son mentor, une lueur moqueuse au fond des prunelles, avant de se concentrer sur l’homme qu’elle détenait afin de le fouiller et de s’assurer qu’il ne possédait rien d’autre de dangereux sur lui. La pique est petite, sans grand rapport avec la situation actuelle d’ailleurs mais elle n’avait pas pu s’en empêcher, trouvant en cette répartie un moyen efficace de calmer l’affection qu’il semblait lui vouer sous forme de félicitations nullement méritées. La milicienne ne pense toutefois pas que cette simple remarque ait pu ainsi inciter l’inspecteur à lui mettre sous le nez ses erreurs. Enfin, son erreur car elle n’en avait fait qu’une, infime au fond au vu de la brève hésitation qui l’avait étreint. Mais ils le savaient tous les deux, l’hésitation c’est ce qui pouvait faire toute la différence entre le succès et l’échec. L’échec pouvant parfois conduire à des conséquences désastreuses.

Alors elle grommelle de nouveau Ana, refermant inconsciemment sa prise sur le contrebandier comme pour le dissuader de commenter la conversation qu’il entendait (bien qu’il semble trop occupé à exprimer sa douleur pour se soucier du reste), avant de jeter un coup d’œil réprobateur à Joel. Il a raison, bien sûr, et elle en avait conscience. D’un autre côté, comme à chaque fois qu’on lui faisait des reproches, la milicienne ne pouvait s’empêcher de trouver des arguments pour défendre son point de vue (ou plutôt pour garder la face). « C’est pas parce que t’espionnes mes communications que tu vois à travers mes yeux Joel. Le doute aurait pu être légitime, secouristes ou non. Cela aurait pu en effet, le genre de situation où intervenir durant le cours laps de temps qui la séparait de l’arrivée des urgences était vital pour la personne. Anastasia sait cependant que cet argument est bancal, pour la simple et bonne raison que cela aurait laissé un criminel dangereux en liberté et bien que ce dernier n’aurait eu aucune raison de s’en prendre gratuitement à des civils, il l’aurait peut être fait en proie à la panique ou pour foutre la pression à ses poursuivants. La milicienne aurait alors échoué à son devoir premier qui était de protéger la population, au détriment de la santé de ses hommes. Elle sait tout ça et c’est bien pour cela qu’elle finit par soupirer en secouant la tête. Qu’importe, j’te laisserais jouer le papa poule qui distribue sa sagesse infinie plus tard. Pour l’instant j’ai un criminel à remettre au QG ». Sans parler de la paperasse qui serait liée à cette arrestation, ou encore celle en lien avec l’arme trouvée qu’il faudrait identifier et tout le toutim. Indéniablement, il s’agissait de la partie de son travail qu’elle aimait le moins, encore que cela lui était utile parfois de parler de l’administratif afin d’avoir une excuse pour éviter de faire quelque chose d’encore plus pénible encore.

Quoi qu’il en soit, la milicienne se décida donc à prendre la direction du bâtiment milicien le plus proche afin de leur remettre sa prise, jetant un bref coup d’œil à son interlocuteur comme si elle l’attendait, signe qu’elle n’était pas contre le fait de supporter sa compagnie plus longtemps. Car peu importait qu’il la complimente ou qu’il lui rappelle ses fautes, il restait l’homme qui s’est occupé d’elle le temps d’un stage et le temps de ses débuts en tant que milicienne. Anastasia sait à quel point elle avait été terrible à cette époque-là, véritable clebs enragé à qui il était difficile d’enseigner quoi que ce soit. Elle sait qu’elle lui en a fait baver, tout comme elle se souvient du nombre de fois où elle l’a détesté pour certaines expériences qu’il lui avait fait vivre. Globalement toutefois, la pédagogie du brun avait payé. Il avait su encaisser sa rage sans broncher, nullement intimidé par ces crocs qu’elle avait continuellement exhibés. Or, comme tout animal qui se montre agressif en vain, elle avait fini par courber l’échine, consciente que son attitude ne l’amènerait nulle part. Alors ils avaient pu progresser, lui en tant que professeur et elle en tant que milicienne. En tant que personne aussi, Anastasia admettant volontiers que l’aptitude de son mentor à s’ouvrir à ses opinions avait rendu leur relation possible et lui avait permis à elle de s’épanouir un minimum au sein d’un métier qu’elle n’avait guère choisi de base. Elle lui devait beaucoup, tout comme elle savait devoir beaucoup à Rosa pour ne jamais l’avoir laissé tomber ou à Ethan pour la pousser continuellement à aller de l’avant même aujourd’hui. « T’excuses pas Miller, on est pas infaillible. Compatis plutôt à mon sort, j’ai Morales qui me fait la leçon. » Ironise-t-elle à l’attention de son terminal qui lui avait fait part des paroles du milicien blessé qu’elle avait laissé le temps de sa course poursuite. Il allait bien, rien de méchant au fond mais il s’excusait pour ce qu’il considérait être sa médiocrité. Elle en avait profité pour bien évidemment expliquer à l’ensemble de l’équipe que le contrebandier venait d’être arrêté, qu’il n’y avait pas eu de dégâts quelconques et qu’elle le remettait à leurs collègues. Elle n’avait pas besoin de voir son équipe ni même de les entendre pour deviner les épaules qui s’affaissent en même temps que la tension s’envole.

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MessageSujet: (#) Re: « J'avais la situation sous contrôle [Joel]     Mer 7 Nov - 22:11
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Il accuse un rire bon enfant lorsqu’elle fait un commentaire subtil sur son âge. Il avait le potentiel d’être encore en forme, Joel, mais les dernières années avaient été difficiles, et il s’était laissé aller – il ne prenait guère soin de son allure, sa barbe ne semblait plus vouloir s’arrêter de pousser et, visiblement, il ne faisait pas non plus attention à sa ligne, comme en témoignaient les quelques kilos en trop qui s’accumulaient au niveau de son abdomen. Anastasia avait raison, dans un sens, même s’il savait que le commentaire était une taquinerie gentille et non un reproche. La sergente fouille sommairement le voyou et Joel en profite pour allumer une cigarette bon marché, le genre vendu en distributrice un peu partout sur la flotte et qui n’avaient pour mérite que d’être un peu moins odorantes que les importées, faible compensation pour les Stellariens qui ne touchaient pas au tabac. « J’rajouterai rien parce qu’on sait tous les deux que t’as pas raison et que c’est un argument d’merde. T’es plus brillante que ça, Ana, fais juste assumer ton erreur et passe à autre chose », l’enjoint-il en retirant son oreillette, considérant qu’il n’en aurait plus besoin désormais.

Il ne s’offusquait pas des commentaires vaguement désobligeants de son ancienne protégée tout comme il ne se gênait pas pour lui rendre la pareille, en tout bien tout honneur, loin d’avoir l’intention de lui manquer de respect. D’une part, ils n’étaient plus directement reliés par la hiérarchie, d’une façon ou d’une autre, ce qui retirait l’obligation implicite pour Anastasia de s’adresser à lui par quelque titre ou rang spécifique. Quant à lui, il ne s’était jamais vraiment donné la peine. Il avait été intraitable avec elle, l’avait volontiers faite tourner en bourrique pour la faire décrocher de ses mauvaises habitudes, de la colère qui lui collait à la peau, de son caractère réfractaire et franchement impossible. Un autre mentor lui aurait fait comprendre qu’il valait mieux opter pour une autre carrière. Joel ne voyait qu’un reflet de ce qu’il était gamin, plus jeune – un mélange de l’irrémédiable impétuosité de Ledward et de son propre désir de vouloir bien faire, mais avec plus de potentiel qu’ils n’en auraient jamais. Il n’avait jamais rechigné à prendre des stagiaires, Joel, mais il n’y avait qu’Anastasia qui avait marqué autant son esprit et sa carrière, sans le vouloir.

Il n’avait pas entendu ce que le dénommé Miller avait pu dire à travers les communications miliciennes, mais il ricane en entendant la réponse d’Anastasia. Il avait une sorte de réputation auprès du reste des miliciens; pas mauvaise, nécessairement, juste… une réputation. On parlait de lui d’une façon qui faisait que les recrues étaient soit curieux, soit méfiants, soit l’évitaient carrément jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’il était, finalement, globalement inoffensif. Les miliciens du poste local s’occupent rapidement de mettre le fauteur de trouble hors d’état de nuire, faisant par la même occasion don à Anastasia de paperasse numérique dont elle devrait s’acquitter relativement rapidement. « Inspecteur, je vous met comme officier ayant procédé à l’arrestation avec le sergent Donovan? » que lui demande le bleu derrière le comptoir et Joel demeure de marbre un instant. « Non, j’ai vu de loin. J’vais faire une déposition comme témoin, juste. » Le milicien hoche la tête sans s’obstiner – il n’avait pas de raison de croire que l’inspecteur omettait quelque part de vérité, et Joel doutait fort que quelqu’un aille le contredire. Après tout, ça ne changeait pas grand-chose; un peu moins de paperasse pour lui, plus de reconnaissance pour Anastasia. Tout le monde gagnait, finalement. « Bon travail, chica », qu’il la félicite encore alors qu’ils sortent du poste, laissant le malfaiteur aux bons soins de la milice stellarienne. Il n’en demeurait pas moins qu’elle l’aurait eu, le bougre, même sans son aide. Il avait seulement expédié le processus. « Tu dois t’rapporter aux grosses pointures ou j’peux t’réquisitionner l’temps d’un verre? Ou autre chose, j’juge pas. » Il étouffe un ricanement. Il avait peu de vices, mais ils étaient tous végétaux – il buvait peu, mais fumait beaucoup, et pas que le tabac, essentiellement pour calmer ses terreurs nocturnes, même s’il n’oserait jamais l’admettre.




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MessageSujet: (#) Re: « J'avais la situation sous contrôle [Joel]     Sam 17 Nov - 1:21
Anastasia Donovan
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J'avais la situation sous contrôle.
Ana & Joel

Passe à autre chose. Quelle ironie. Joel était probablement l’un des rares (si ce n’est le seul) à pouvoir lui conseiller de tourner la page, surtout dans le cadre du travail, sans se prendre son poing dans la gueule en retour. Encore une fois il était l’exception qui confirmait la règle grâce au formidable travail qu’il avait réalisé en la prenant sous son aile il y a de cela une dizaine d’années. Il savait à quel point c’était dur pour elle que de ne pas ruminer ses fautes ou ses faiblesses, même les plus petites d’entre elles, mais cela ne l’empêche pas de lui donner ce même conseil chaque fois qu’il estimait le moment nécessaire. Et comme à chaque fois elle ne pouvait réprimer un frisson le long de son dos avant de détourner les yeux, signe évident de son envie de fuir le sujet. De toute manière, comme le disait si bien l’inspecteur : il n’y avait rien de plus à dire. Ils connaissaient tous les deux la vérité et il n’était donc pas utile pour Joel de se lancer dans une réprimande en bonne et due forme : cela ne mènerait à rien et il le savait parfaitement. Anastasia préfère de ce fait prendre la direction du bâtiment milicien le plus proche, scrutant soigneusement sa prise du jour afin de s’assurer de ne pas fauter une fois de plus et ce malgré les plaisanteries qu’elle se permettait de souffler à ses collègues via leur transmission, au détriment de l’inspecteur. C’est amusant d’ailleurs, cette réputation qui semblait coller à la peau de tout un chacun. Elle-même devait en posséder une bien qu’elle n’y prêtait pas suffisamment d’attention pour être au courant de tout ce que l’on pouvait dire d’elle. Quant à ce qui pouvait se dire de son mentor, elle en riait toujours pour la simple raison qu’elle n’avait jamais vraiment eu vent de sa réputation avant de quitter le nid. Ce n’était pas plus mal au fond, au moins n’avait-elle eu aucun à priori sur lui (si ce n’est son mépris de départ pour la profession de milicien) mais cela l’amusait en tous les cas.

Le criminel du jour lui échappe alors des mains pour se retrouver entre celles de collègues tandis qu’on lui transmettait déjà à la place de la paperasse virtuelle qu’il lui faudrait remplir au plus vite. Elle avait toujours détesté ça Ana, en grosse partie parce qu’elle détestait l’hypocrisie bien polie qui émanait du moindre rapport. Parce qu’au fond, peu importe ce qui pouvait se passer sur le terrain, fallait toujours faire l’effort de rendre l’événement beau par écrit (tout en évitant de tomber dans le mensonge bien sûr). Or il s’agissait d’un exercice qui ne lui réussissait pas, incapable qu’elle était de trouver les mots adéquats pour faire preuve de tact ou d’élégance et préférant de loin les papiers virtuels qui impliquaient qu’elle n’ait qu’à cocher des cases. Dans un soupir, la sergente jette un coup d’œil à son terminal pour vérifier qu’elle possédait bien tout ce qu’il lui fallait tandis que l’officier qui lui fait face questionne Joel afin de connaître son degré d’implication. Bien évidemment, l’inspecteur nie avoir joué un quelconque rôle dans l’arrestation et si Ana se retient de faire le moindre commentaire elle n’en est pas moins intérieurement gênée, tentant de ne pas songer à ce mélange de malaise et d’agacement en parcourant les quelques lignes affichées sous ses yeux. Rapidement, le mentor et sa protégée se retrouvent dehors et la milicienne feint de ne pas entendre les nouvelles félicitations que lui prodigue l’homme à ses côtés. C’est toujours bizarre avec Joel. D’un côté elle aimerait lui dire d’arrêter de la féliciter pour quelque chose d’aussi basique, encore plus quand on songe au fait qu’elle avait techniquement eu besoin de son aide, de l’autre ça lui faisait toujours quelque chose que d’être l’objet de la fierté qu’il pouvait éprouver. Il avait cru en elle, depuis toujours et faisant fi de tout ce qu’il y avait eu de plus teigneux en elle. D’autres auraient abandonné, se seraient contenté du strict minimum sans se soucier plus avant de cette sale gosse ingrate. Pas lui. Alors ça lui importe toujours un peu, au fond, que d’être à la hauteur des espérances de l’inspecteur.

Se contentant d’abandonner dans un coin de son esprit les émotions que lui font éprouver les quelques mots de l’inspecteur, Anastasia trouve finalement refuge dans les nouveaux propos offerts par son interlocuteur. « Un verre ça se refuse pas. Pour le reste, ils devront se contenter de mon rapport et du sublime talent d’écriture qui va avec. Ironise-t-elle dans un sourire. Elle avait plusieurs fois dans sa carrière songé à se faire relire voire carrément aider par un collègue, mais elle avait rapidement compris que rare étaient les personnes qui appréciaient se coltiner la paperasse… Alors se coltiner celle des autres. Tu sais, j’éprouve pas le besoin d’épater la galerie hein. Les mots lui échappent peu de temps après qu’ils aient commencé à s’éloigner en direction d’un bar. Toutefois, un coup d’œil en direction de son interlocuteur suffit à lui faire comprendre qu’il lui faudra préciser sa pensée si elle ne voulait pas passer pour une sacrée menteuse. Fin… J’veux dire, cherchant ses mots, elle passe sa langue le long de ses lèvres, brièvement pensive. Evidemment, qu’elle aimait épater la galerie. Depuis toujours et d’après certains c’est pour de mauvaises raisons. Elle a toujours voulu montrer ce qu’elle valait, se surpasser pour faire regretter aux autres leur décision de l’éloigner de la légion. Avec le temps elle avait fini par comprendre que ce n’était pas spécialement utile : si elle était bonne, on la ferait prendre en grade au sein de la milice dans le meilleur des cas, mais il y avait peu de chances qu’on se décide à faire d’elle une légionnaire pour autant. Cela n’avait rien changé à la taille de son égo et à son envie d’en découdre. Toutefois… J’ai pas besoin qu’on mente pour gonfler mon CV. Conclut-elle simplement. Elle n’en voulait pas à Joel, consciente qu’il ne s’agissait pas de grand-chose, toutefois elle préférait être clair sur la question : ce qu’elle était, ce qu’elle devenait, elle ne le devrait qu’à elle-même. Et non pas à des mensonges plus ou moins grossiers quant à son travail ou ses capacités. D’ailleurs, maintenant qu’elle en venait à penser à ces petits coup de pouce que semblait vouloir lui offrir l’inspecteur, une question franchit le barrage de ses lèvres. Tu fais ça avec tous tes anciens stagiaires ou je suis la seule à en avoir besoin ? » L’ironie est présente, de même que ce léger sourire amusé. Toutefois un œil aiguisé saurait capter la légère crispation qui habite ce sourire, de même que le choix des mots qu’elle avait employé. Besoin. La vraie question, finalement, c’était de savoir si elle était la seule qu’il jugeait médiocre au point d’éprouver le besoin de couvrir ses arrières même dix ans après.

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MessageSujet: (#) Re: « J'avais la situation sous contrôle [Joel]     Mer 12 Déc - 21:53
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Il y avait une bienveillance un peu rude derrière ce que Joel pouvait dire à Anastasia, tout simplement parce qu’il savait que c’était ce qui marchait. La milicienne avait été son plus intensif jeu d’essai-erreurs, au début, alors que chaque mot de trop qu’il disait pouvait lui revenir au centuple en plein dans sa gueule imberbe de l’époque. « Ça vaut la peine de t’appliquer, Ana », répète-t-il, comme si elle était encore une recrue tempétueuse, « comme ça t’es sûre d’pas avoir à r’donner des détails par la suite. L’faire qu’une fois et bien l’faire. » Il lui rabâche les oreilles avec le même mantra professionnel depuis des années, une fois de plus ou de moins ne changerait sûrement rien considérant les circonstances. Anastasia était une milicienne accomplie, gradée, responsable. Elle n’avait plus besoin des conseils d’un vieux grincheux. Ils se mettent donc en route, s’éclipsant du poste local de la milice en laissant derrière eux le malheureux qui avait eu la mauvaise idée de se faire attraper aux bons soins de leurs collègues. Les bars du Colossus n’étaient pas les préférés de Joel, mais faute d’avoir envie de se rendre plus loin, ça ferait l’affaire.

La remarque d’Ana lui arrache un regard incrédule. Son désir de se voir reconnue et valorisée n’était pas étranger à Joel, aussi le commentaire le fait-il sourciller avant qu’elle ne se reprenne, constatant visiblement l’expression peu convaincue de son ancien mentor. La rectification a du sens, toutefois, et il secoue la tête alors qu’il passe le pas de la porte du pub. « C’est pas mentir, chica, c’est juste simplifier les faits. Pis, t’as fait tout l’travail, j’étais au bon endroit au bon moment, c’ma seule qualité dans c’t’histoire. » L’invitant à prendre place au bar, il se pose à sa gauche, prenant l’initiative de commander deux bières – ce n’était pas la variété qui saturait la plupart des bars de la flotte, de toute façon. Joel laisse échapper un ricanement amusé à l’interrogation de la blonde, posant simultanément les doigts sur son verre, qu’il entame sans plus attendre. « T’en as pas b’soin, sinon j’t’aurais jamais donné une bonne référence pour ta promotion », souligne-t-il, avant de réaliser qu’il n’avait peut-être jamais parlé de sa participation à ce processus. Une affaire de rien, à son sens – il suffisait d’assurer avec assez de crédibilité qu’Anastasia avait le profil et les capacités pour passer sergent –, mais qui avait sans doute été un point tournant dans la carrière d’Ana. « Pis j’ferais la même chose si tu d’vais passer lieutenant, mais ça s’rait une vraie perte de plus t’avoir sur le terrain. » Pas qu’il était au fait de tout, lui-même rarement à faire appliquer la loi dans les coursives, mais la réputation d’un milicien le devançait parfois d’une bonne distance.

Il noie sa moustache dans la mousse de sa bière, pensif. Anastasia n’était pas parfaite, mais elle saurait tirer son épingle du jeu si elle devait monter en grade encore une fois. Peut-être que ça n’était pas pour bientôt, mais elle aurait suffisamment raffiné sa connaissance du service pour faire un lieutenant plus que respectable. « J’en prends plus, des recrues », finit-il par admettre, les lèvres à moitié dans son verre, comme s’il espérait qu’elle n’entende que les remous du liquide ambré dans son verre. Il n’espérait pas spécialement que la blonde remette ses motivations en question. Il disait peut-être ça juste pour qu’elle se sente un peu plus spéciale, comme si elle faisait partie du club sélect des gamins à qui Joel avait métaphoriquement botté le cul. Il se frotte la barbe pour éponger la mousse qui s’y était accrochée, le regard sondant ce qui se trouvait de l’autre côté du bar.




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i'd find rough justice is a long lifeline, back and forth between the desert and the sea, who i was and i will always be
MessageSujet: (#) Re: « J'avais la situation sous contrôle [Joel]     

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