Do you fear the mad man? - Exvind
MessageSujet: (#) Do you fear the mad man? - Exvind     Mer 17 Oct - 19:48
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Peut-être y avait-il eu quelques jours de calme pour Olwen, peut-être cela n'avait-il été que des heures au contraire. De différence, l'homme ne faisait pas, se contentant d'éprouver chaque chose de la manière distante qui était la sienne, temps y compris.
Il y avait le travail et il y avait le repos. De temps en temps d'autres voix que la sienne, des amis parfois : le parfum fugace de Rosa, les yeux inquisiteurs de Delaani, Jayne et sa voix qui semblait toujours cacher un rire quand il ne riait pas tout court, simplement.... Ils venaient le voir, lui, l'homme ne portant pas de masque mais dont le visage ne pouvait se lire, ou bien était-ce au contraire lui qui venait à eux?
Pour Olwen, ses recherches seules semblaient nécessiter un effort, une concentration. Le reste allait, venait, il y avait des sentiments bien sûr, car il appréciait des personnes ici, cependant cela était comme si l'homme choisissait de ne pas faire partie de leur vie ou pire, de leur univers.
Ne pas s'imposer aux autres, et comment pour eux faire comprendre à cet homme qu'il comptait? Cela en valait-il seulement la peine?
Il était cet être imperturbable que les tragédies ne touchaient pas, il était celui incapable de comprendre vos mots simples, tout autant que vous étiez incapable de le comprendre lui. La tristesse faisait cela, la rage, le chagrin, la colère, des nuances parfois importantes, parfois non, pour remplacer le sang dans ses veines.
Saignait-il seulement ou bien ne vomissait-il qu'une humeur noire, étrangère, à la manière d'un mauvais esprit? Y avait-il en lui quelque chose d'humain, en plus des rêves qu'il disait avoir encore, ou bien n'était-ce qu'un mensonge?
Et Olwen haussait les épaules à tout cela, le regard un peu lointain, retournant à ses recherches, son silence. Il n'y avait rien à dire de plus...
Les rumeurs le suivaient comme une seconde peau, cela suffisaient à certains pour le craindre, à d'autres pour l'ignorer. La solitude était la même, peu importe les regards que l'on portait sur lui ou non.
Le plus étrange était que l'homme, malheureux de beaucoup trop de choses, n'était cependant pas malheureux de cela.

Il avait eu besoin de se changer les idées un peu, là, maintenant. A vrai dire, son corps dû lui envoyer un signal d'alarme douloureux pour qu'Olwen le comprenne, lève le nez de ses travaux et, plutôt que de s'enfermer dans sa cabine, choisisse de sortir un peu.
Sortir, lorsque sortir, on ne le pouvait pas. Pas d'extérieur, juste l'espace, des étoiles de ci de là mais toujours trop loin, aucune terre pour les rêves, il ne s'y habituait pas.
Son bras le lançait, crispé de douleur, comme cela arrivait quand Olwen gardait une mauvaise position pendant quelques heures.
Quand il travaillait, par exemple.
Cela arrivait tout le temps.
Il espérait que marcher un peu, rétablir de fait son équilibre, sa posture, puisse calmer cela. En soi, il espérait beaucoup, Olwen, mais allongé sur sa couchette les douleurs seraient pires encore.
L'homme avançait donc, visage crispé, yeux sombres, solitaire quand d'autres préféraient aller en couple, entre amis, en famille peut-être. Il y avait des familles ici...
Les gens aimaient aller sur l'Helios, du moins le peu de parties leur étant ouvertes. Ce fut ces lieux là, qu'Olwen rejoignit, quittant les endroits interdits au public, les grands laboratoires pour que des gens comme lui puissent mener leurs recherches, les endroits avec des cultures plus sensibles aussi, méritant plus de soins, ce genre de choses.
L'Hélios sur lequel il déambulait à présent lui semblait comme un inconnu, un lieu factice, le genre d'endroit que l'on reconnaissait dans un cauchemar en ayant conscience qu'il était faux cependant...

L'homme prit le temps de s'arrêter, se poussant du passage pour observer quelques fleurs un peu plus loin. Des tâches de couleur, il ne pouvait pas sentir leur parfum, cela le chagrinait. Sur une planète, ses sens auraient été enivrés par bien trop de stimuli visuels, odorants, sonores, pour un pareil environnement.
Ils n'étaient pas sur une planète.

Quelque chose lui chatouilla la nuque, sensation particulière, propre à lorsque l'on vous désigne du bout du doigt. Olwen tourna la tête, un peu. Un enfant, un enfant et son père. Les deux ne se ressemblaient pas, Olwen savait que cela ne voulait rien dire. Lui même n'avait rien eu en commun avec aucun de ses deux parents, fils inconnu né pourtant de leur chair et de leur sang à tous deux. Sans doute le gamin avait-il entendu des choses, des rumeurs sur lui, ou bien était-il imaginatif simplement, prêt à lancer de nouvelles rumeurs et à alimenter la légende. Cela commençait souvent ainsi, par des enfants...

Il tenait quelque chose dans sa main, le petit. Un jouet quelconque, et le scientifique prit soudain conscience que l'autre bras de l'enfant était en écharpe, voilà pourquoi il semblait tenir le jouer avec difficulté, ne pouvant compter que sur cinq doigts plutôt que dix. Cela n'empêchait pas une certaine habileté, les obstacles étaient différents d'avec deux bras cependant. Olwen savait ce genre de chose, comme pour toucher un rêve effacé, il tenta de plier les doigts de son bras gourd. Ils n'obéirent pas, ainsi que l'homme s'en doutait. Cela arrivait, des jours pires que d'autres parfois, et puis des nuits aussi...
Plus loin, l'enfant semblait s'énerver. Il racontait quelque chose à son père, secouait la tête avec véhémence, bougeait la main tenant le jouet, n'y arrivait pas....
(pas à quoi? A tout dire, à parler, à expliquer?)
Bougeait encore, bougeait l'autre bras, celui immobilisé. Sauf que ça faisait mal bien sûr, que dans le spasme de surprise et de douleur, sa main libre se détendit, lâcha la figurine. Que ni l'enfant ni le père ne semblèrent le remarquer : trop d'information d'un coup, le mouvement qui avait été trop fort, la surprise, la douleur qui restait peut-être... Au fond de lui, Olwen cacha un sourire. Il avait connu ce genre de désagrément après tout, s'y laissait encore prendre parfois. Le sol de son bureau était jonché de stylos qu'il ne prenait pas la peine de ramasser, avec ce type d'incident. Une fois, Jayne avait failli rouler sur l'un d'eux et chuter assez lourdement.

Il s'approcha du fils et de son père, pas vraiment sûr de ce qu'il allait dire pourtant mais...mais trop tard, il était devant eux.
Dommage.

D'une main, d'une seule main, il sortit de sa poche une petite boîte de bonbons, de simples pastilles à la menthe, et l'ouvrit, une seule main toujours, avant de la tendre au petit.

”Prends en, c'est efficace contre les douleurs au bras.”

Un simple effet placebo avec la fraîcheur du bonbon, rien de plus, mais parfois cela suffisait quand rien d'autre n'existait. Il rangea la boîte une fois que l'enfant se fut servit, ramassa la petite figurine à terre et se redressa pour la tendre au père.

”Je crois qu'il n'arrivera pas à vous raconter son histoire avec ça entre les doigts. Tenez...”


There should be a science of discontent. People need hard times to develop psychic muscles.
by wiise
MessageSujet: (#) Re: Do you fear the mad man? - Exvind     Sam 3 Nov - 18:13
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« Prends en, c'est efficace contre les douleurs au bras. » Ignorer les gens autour de vous était stupide, mais sur l'Helios, tu ne pensais pas que quelqu'un se risquerait à perdre son temps à vos côtés. Il fallait croire, cependant, que lorsque Valco n'allait pas vers les autres, il faisait tout pour les attirer à lui. Ton regard se posa immédiatement sur l'homme qui se tenait face à vous, oubliant un instant Chef, la petite figurine défigurée qui se trouvait au sol, pour t'intéresser à celui qui venait troubler votre relative quiétude. Tu te retiens de toutes tes forces d'empoigner le gamin – ton gamin – par les épaules et le tirer hors de portée de cet homme qui venait se proposer d'aider par l'offrande de quelques friandises. Entre Nova et celui-là, le benjamin ameutait tous ceux qui se mêlaient par là même trop peu de leurs affaires. Difficile cependant d'interdire au gosse de glisser ses doigts sales dans la boîte et tu grimaces. Tu ne peux pas le forcer à recracher au milieu du vaisseau. « Je crois qu'il n'arrivera pas à vous raconter son histoire avec ça entre les doigts. Tenez … » Tu observes Chef entre ces mains inconnues et il te faut un long moment avant de tendre la main pour prendre le petit soldat. Le regard de l'enfant est tout tourné vers cet homme qu'il t'avait indiqué il y a quelques instants, trop occupé à mastiquer comme un bœuf et dévisager pour parler jusqu'ici.

« J'vous entends ! Puis j'arriverais à raconter mon histoire parce que Szill eh bah elle dit que je suis super super fort ! J'ai même pas pleuré pour mon bras, enfin pas trop, juré, croix de fer ! » Tu serres la pauvre figurine entre tes doigts et tu te tournes à demi vers le gamin qui s'est déjà lancé dans un autre diatribe. « C'est quoi ? C'est bon ! Mais je préfère genre carrément plus plus plus la fraise, la vraie ! Mais c'est bon aussi, mais c'est pas de la fraise. Vous connaissez la fraise ? Pourquoi vous êtes tout droit et crispé, vous avez une crampe ? Faut boire de l'eau quand on a une crampe, c'est Szill qui le dit, mais elle le tient de Maggie qui le tient de euh... je sais pas, mais elle était instructatrice de défense avant d'exploser ! Enfin, elle a pas vraiment explosé mais elle a fait boom avec le Colossus alors elle était très triste et elle est partie en vacances sur Byblos. J'espère qu'elle revient bientôt. Dis, elle revient bientôt Maggie, p'pa ? » Tu clignes des yeux, ouvrant la bouche avant de la refermer. Comment expliquer au môme que la figure maternelle qui l'a bercé jusqu'ici avait quitté la flotte pour des contrées plus sableuses sans le faire à nouveau éclater en sanglots. « Szill elle dit que non et elle est genre su-per vé-nè-re quand on en parle, mais j'pense qu'elle ment parce qu'elle a ses ragnagna. Dis, toi tu sais pourquoi on peut pas avoir de ragnagna ? » Déjà passé au tutoiement, le gamin ne tournait pas encore autour de l'inconnu probablement stoppé uniquement par le mastiquage intense et les grandes inspirations qu'il devait prendre entre deux phrases. « Parce que les garçons aussi ça fait des bébés ! Pas pareil, mais aussi ! »


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The enemy ? His sense of duty was no less than yours. You wonder what his name is, where he came from and if he was really evil at heart ▬ What lies or threats led him on this march from home ?
MessageSujet: (#) Re: Do you fear the mad man? - Exvind     Mar 6 Nov - 17:52
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Le gamin parlait, encore et encore, aussi Olwen fit la seule chose logique en ce monde : il regarda Exvind, un respect nouveau dans les yeux. Respect d'être le père de ce truc, respect de devoir l'écouter, lui répondre, l'élever... Olwen n'avait pas cette patience. Il regarda tour à tour la grande main sur l'épaule du gosse, puis les yeux bleu acier de l'autre homme. Des yeux soucieux, pas à la recherche de menaces mais d'issues.
Le jacassement ne s'arrêtait pas, en bon scientifique Olwen triait et compulsait les données orales tout en prêtant attention aux détails visuels. Les jointures plus blanches de la main paternelle lorsque l'enfant abordait certains sujets, ce genre de choses... Le spectacle avait quelque chose de fascinant, non pas en terme d'émotions mais de réactions. Tout semblait fait pour subir l'analyse du scientifique, pas sa compassion.
Tant mieux, la compassion n'était pas une chose qu'Olwen prenait la peine de donner. Comme tout le monde, il pouvait avoir des moments d'empathie, cependant il s'en désintéressait bien vite. Le gamin n'avait pas si mal au bras que cela, Olwen s'apercevait qu'il n'avait voulu y voir que le miroir de sa propre souffrance quand l'enfant était pourtant différent. Qu'importe....

Il rangea la boîte de bonbons et bien que l'enfant ne laissait pas de temps pour les réponses, et que le regard de l'autre adulte semblait comme enjoindre Olwen à partir, parla.
Sa voix avait quelque chose de rauque et de profond, de minéral et d'animal tout à la fois, de violent aussi dans les mots comme dans les silences.

”Si tu veux tant que cela des réponses mais que tu n'as pas envie d'écouter les autres, alors ouvre un livre au moins.... “

Pas vraiment un pédagogue, donc.
Le scientifique hocha la tête légèrement vers Ekvind les conventions d'usage lui passant bien au dessus du nez.
Il avait mal au bras encore, sentit que cela ne passerait pas. Heureusement, il avait un banc près du père et du fils, où Olwen pu s'asseoir.
Son visage était en sueur, il avait chaud, il avait froid, le bras qu'il tentait de porter le long du corps semblait à présent égal à de la pierre. Douloureux aussi, tellement douloureux...
Pire que tout : le gamin lui avait donné envie de fraises. Pas celles cultivées dans les terres maraîchères, plutôt celles à chercher à l'ombre des sous-bois, petites, savoureuses, parfum de terre et de forêt. Cela existerait-il encore un jour pour lui? Non, sans doutes que non...
L'homme ferma les yeux, calquant sa respiration sur un rythme lent. Il les rouvrit ensuite, plus pâle qu'il y a quelques instants, réveillé malgré tout.
Explosée, hein? C'était difficile de revenir quand on explosait, du moins de corps. De l'âme, ça arrivait parfois, même si on y laissait toujours quelques morceaux aussi. Pourquoi il pensait à ça de toutes façons? Pas ses affaires, pas son histoire.

”Attention avec son plâtre surtout s'il a mis les mains dans la terre, nettoyez-le et vérifiez qu'il ne s'est pas irrité la peau, on ne sait jamais.”

Parce qu'à force de vivre dans un vaisseau, on pouvait oublier le danger des plantes. On pouvait beaucoup de choses, oui, en bien comme en mal...


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MessageSujet: (#) Re: Do you fear the mad man? - Exvind     

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